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Ethnothéogonie ou la guerre victorieuse d’Osiris contre le dieu impie Yahvé-Sabaoth alias Saturne :

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Ethnothéogonie ou la guerre victorieuse d’Osiris contre le dieu impie Yahweh-Sabaoth alias Saturne beau-fils du dieu Janus (Janvier) chez les romains du Latium et les juifs ou hébreux, aussi appelé Kronos des idéens crétois, ou Sabazios des phrygiens ancêtres des irano-arméniens, ancêtres des berbères blancs et des hébreux ou juifs

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COMMENT S’UNIR AVEC LES RITES AFRICAINS DIVERGENTS : LE PROBLEME NE SE POSE PAS POUR LES KAMITES, C’EST POUR REPONDRE AUX ALIENES
Osiris vient de Nyse en Ethiopie Hespérienne (Afrique de l’Ouest)
Les déluges des mythes grecs sont locaux selon Platon, Flavius, théophile et Julius : Noé n’est ni le père de Ham ou Cham ni celui de Japhet

Ethnothéogonie ou la guerre victorieuse d’Osiris contre le dieu impie Yahweh-Sabaoth aussi appelé Kronos des idéens crétois, Saturne des romains du Latium ou Sabazios des phrygiens ancêtres des irano-arméniens ancêtres berbères blancs et des hébreux ou juifs

THEOLOGIE KAMITE

THEOLOGIE KAMITE DE LA RELIGION PRIMORDIALE MONOTHEISTE D’OSIRIS :

Dieu est Un, Dieu est Unique. Les noms utilisés pour dire Dieu en Egypte antique et chez les divers peuples d’Afrique et du monde sont des Attributs, ce qui fait que le mot qu’une des nomes utilise pour dire Dieu peut être le nom d’un dieu dans un autre nome, mais chacune des cosmogonies du Soudan et de l’Egypte antique reconnaissent un Etre Suprême Originel Unique connu sous son principal nom de Amon-Rè. Ce nom caractérise à la fois la dimension transcendante et insondable de Dieu (Amon = le caché) mais aussi sa manifestation créatrice (Rè = Dieu Créateur manifesté). C’est pour ça que les textes sacré africains Kamite s’appellent Medou-Neter (Parole de Dieu) et non parole des Dieux (Elohim). Ainsi, quel que soit les différents noms utilisés pour désigner Dieu parmi les diverses peuples d’Afrique et du monde, Dieu est un et unique. Les divers noms de Dieu sont Amon, Atum, Ptah, Rè, Osiris, Amon-Rè etc. Le mot ‘Osiris’ qui signifie ‘Ancien’ est aussi le nom de Dieu Suprême dans certaines cosmogonies Kamite. Il faut donc distinguer Dieu (Osiris) de l’ancêtre divinisé Osiris d’origine soudanaise qui est le premier prophète mondial de Dieu et premier législateur d’Afrique et du monde qui a enseigné la religion primordiale, la science et l’agriculture aux hommes.

Dans la tradition kémite, seule les traditions cosmogoniques racistes et intolérantes abrahamiques sont l’œuvre du Diable ou de Satan et doivent être combattues sans complaisance. Le kamite croit que les traditions des divers peuples africains, les traditions chinoise, japonaise, indienne etc sont des traditions données par Dieu du moment où elles ne sont pas porteuse de racisme directement ou indirectement, car Dieu est Dieu de tous les peuples du monde.

Dans la religion primordiale d’Osiris, Dieu n’est ni iconoclaste, ni jaloux. Les kémites adorent donc Dieu, les dieux (anges ou fils de Dieu) et les ancêtres divinisés selon l’ordre de Dieu (Ptah) lui-même sur la Stèle de Chabakka.

Les textes sacrées kamites et la source de la tradition kamite se nomment Medu Neter c’est-à-dire Parole de Dieu ou Sainte Ecriture de Dieu ou Bible de Dieu. Elle trouve dans les papyrus et les stèles antiques du soudan ancien, de l’Egypte ancienne, sur les murs dans les temples et pyramides, dans les textes classiques grecs (Hérodote, Diodore, Euseb etc).

Le Plan de Salut :

Il s’agit d’appendre et de vivre selon la sainte loi de la Maat. A la fin donc du cycle de réincarnation, la balance penche du bon côté et on est purifié et on devient un Osiris, l’être perpétuellement bon, c’est alors qu’on rentre au paradis en prononçant les saintes paroles de la sainte Maat. On fusionne enfin dans la divinité suprême.

LE MOT KAMITE

La thèse de Cheikh Anta Diop faisant de Kemet un peuple d’hommes et de femmes noirs, rapportée notamment par le Dictionnaire de l’Afrique de Bernard Nantet38, s’appuie sur la graphie « insolite »39 de Kemet désignant une collectivité humaine. Pour lui, le mot Kemet serait à l’origine étymologique de « la racine biblique kam », de « Cham » ou « Ham »40 et il considère que les traditions juive et arabe classent l’Égypte comme un des pays de « Noirs », dans les livres saints des trois religions révélées, l’Égypte porte le nom de MisraïmMisraïm étant un des fils de Cham, l’ancêtre des Noirs pour les religions abrahamiques. En outre, selon lui, la racine kem aurait proliféré dans de nombreuses langues « négro-africaines » où elle aurait conservé le même sens de « noir, être noir » ; notamment dans sa langue maternelle, le wolof où khem signifie «charbonner par excès de cuisson » (et donc noir par extension), ou en pulaar où kembu signifie « charbon ». Dans les textes para-biblique copte, le mot Kem signifie noir comme on peut le voir dans le Synaxarium copte.

Pour Théophile Obenga, égyptologue africain contemporain, Kemet devrait se traduire par « Le Pays Noir », avec le même sens de « géographie humaine » que l’Afrique Noire qui « désigne dans l’un et l’autre cas le pays par la couleur raciale des habitants ». Il donne également l’exemple de l’arabe bilad es-Sudan qu’il traduit en « Le pays des Noirs »41.

Synaxarium Copte

« On this day died John Kama (John, the Black). This holy man was from the city of Sabra, of the country of Mansis (Mansurah) in the north of Egypt, and his parents were Godfearing believers; and they had no other son, ad they wished to rejoice in him in this world. »

LE MONOTHEISME PRIMORDIAL KAMITE CONTRE LES MONOLATRIES ‘ABRAHAMIQUES’ :

Dans la tradition kamite primordial il y a un Etre Supreme unique, un Dieu unique qui a créé ou engendré les autres dieux ou divinités appelés anges chez les abrahamisés, les éléments de la nature sont la manifestation visible de Dieu (représenté notament par la puissance créatrice matériel du Soleil) et des divinités (qui sont manifesté par d’autres éléments de la Nature). Dans la tradition kamite ancestrale, Dieu n’a besoin de rien et ne resent aucun besoin. C’est pour ca que la notion de jalousie du dieu abrahamique est inadmissible chez les kamites, Dieu n’est pas un roi humain avec deux fesses posées dans un trone qui a besoin obsessionnellement de la fidélité et de l’adoration absolue de ses sujets. Tout comme un grand père infiniment riche ne trouverait pas d’objection que ses petits fils honnorent aussi ses fils à lui, c’est-à-dire leurs pères, leurs mères, leurs oncles et tantes ou meme leur adressent des requettes. Dieu ne se sent pas en insécurité comme un roi ou chef humain ayant ses deux fesses collées à un trone qui a vitalement besoins de la mono-serviabilité absolue de ses sujets. Dieu ne resent aucun besoin d’aucune sorte, il ne peut donc aucunement etre jaloux de qui que ce soit. Dieu a donc créé les hommes pour manifester sa puissance créatrice féconde mais pas parce qu’il ressent le besoin obsessionnel d’etre adoré sous menace de bruler en enfer ceux qui ne lui vouent pas un culte exclusiviste. La monolatrie des réligions abrahamiques avec une conception anthropomorthe et monarchique d’un Dieu jaloux n’est donc pas à confondre avec le monothéisme primordiale kamite de Dieu révélé au peuple ainé de l’humanité que sont les kamites africains animistes. Cette tradition monothéiste animiste se retrouve aussi chez les japonnais et les chinois qui sont à 80% animistes et non boudistes comme beaucoup le croient.

Les kémites n’adorent pas le Soleil, mais ils adorent Ra qui est le Ka du soleil matériel, ce Ka étant un attribut de Dieu, une manifestation de Dieu. C’est pour ça que les textes antiques africains disent que Dieu habite la lumière du ciel, mais que son emblème est sur la terre. Aussi, selon la science moderne qui confirme l’hymne à Aton, les phénomènes de supernova, de nucléosynthèse et de photosynthèse prouvent que le soleil est un véritable créateur au sens matériel du terme. Ainsi le soleil a créé tout ce que nous voyons à l’exception des autres étoiles qui sont aussi des millions de soleils. Ainsi Amon-Rè dit qu’il créé des millions de forme de lui-même tout en demeurant Un sans que personne ne sache sa véritable forme qui est caché et insondable. La spiritualité africaine procède donc de la science et de la connaissance hautement scientifique de Dieu. Ainsi, si Yahvé et allah était des dieux intélligents, ils aurait du dire qu’ils ont créé le monde par le soleil. Mais dommage, Yahveh et allah pensent que le monde est une tente bédouine qu’ils ont monté, c’est pour ça que ces dieux des peuples incultes de bédouins antiques (hébreux et arabes) ne connaissent Dieu et son messager le soleil dans leur juste mesure.

Par ailleurs, ce sont les hommes qui ont besoin donc d’adorer Dieu, les dieux (anges et bon génies) et les ancêtres pour que ces derniers leur viennent en aide dans leur besoin de la vie d’ici-bas.

Concernant la question de savoir si Dieu peut engendre ou pas, selon la tradition kamite primordiale de Dieu, les hommes sont à la fois décrit comme ‘les enfants de Dieu’ et ‘les créatures de Dieu’, la même description est faite des dieux (ou anges). Ainsi il est dit dans les textes sacrés africains au sujet de Dieu : ‘tu es le Père et la Mère des hommes’.Même dans la bible, les anges sont décrits comme des fils de Dieu des Elohims ou des bené Elobim. C’est le radicalisme du coran qui a rejeté cette idée pour contrer la théologie christologique des abrahamiques chrétiens. Les musulmans (le coran) quand à eux objectent que Dieu n’ayant pas de compagne, ne peut donc pas avoir d’enfants. Déjà, cette conception est due à l’ignorance d’Allah (ou des auteurs humains inculte du coran) qui ne savaient pas que les escargots, les dragons de Comodo etc font des enfants en solo sans besoin de se mettre en couple ou s’accoupler. Le problème des religions abrahamiques est qu’ils ignorent la nature immanente de Dieu, Dieu est la Nature Naturante. Dieu n’est pas un potier qui fabrique des jarres comme le pensent les auteurs des textes sacrés abrahamiques. Ainsi, la tradition kamite africaine considère le Dieu unique primordial, l’Etre Suprême comme le premier ancêtre. Il faut donc comprendre le mot engendrer comme ‘créer au sein de soi et fait exister au sein de soi’. Dieu étant la totalité de ce qui est, c’est-à-dire ‘’l’Univers en puissance’’ ou ‘’la Nature en puissance’’ dans la tradition primordiale africaine de Dieu. Cette tradition se retrouve en partie avec plus ou moins d’altération dans le platonisme des grecs qui ont été à l’école des africains en Egypte à Sais. C’est Dieu qui a envoyé au différents peuples leurs diverses et variées traditions. Tout autant qu’il a créé les peuples les ethnies les langues les couleurs de peaux et les caractères diverses et variés, il a aussi donné aux peuples des traditions diverses. Dieu inspire donc un fond philosophique commun à toutes les traditions qui viennent de lui car Dieu est le Père et la Mère de tous les hommes. Dieu n’est pas et ne peut donc pas être raciste, ce qui prouve que la tradition des fables abrahamiques de la bible Gn 9v20-27 et du talmud ne viennent pas de Dieu.

Enfin, Aucun kamite n’adore les idoles et statue, nous adorons ce que les images représentent, l’accusation d’idolâtrie n’est qu’une propagande démagogique infondée.

Abraham n’était ni juifs, ni chrétien, ni mahométan, il était dans la tradition kamite primordiale monothéiste d’Osiris à lui enseigné par Melchisédek, le roi-pretre kamite de Jérusalem Genèse 14:18-22, Abraham n’a jamais eu de rite propre à lui contrairement à ce que dit le coran 2v127-128, il suivit le rite kamite cananéenne du pain et vin de la sainte religion monothéiste d’Osiris. Melchisédek, prètre du vrai Dieu appelé El Elyon chez les africains cananéens, apporta le pain et le vin, les symboles d’Osiris le grand divin prophète ancestral de Dieu. Devant El-Elyon, Yahveh n’est qu’un petit dieu subalterne (Dt 32v7-9). Abraham était soumis au vrai Dieu dans la vraie religion primordiale. Les premiers hébreux civilisé par les kamites aussi pratiquaient la religion kamite jusqu’au sommet de l’Etat. C’est biens après la mort d’Abraham et après l’exil de Babylone qu’Esdras a inventé la première thora en l’an 354 av EC. Par la suite, les rabbins ont créé de nombreuses sectes, ont composé les fables mythologiques contradictoires qu’ils ont mélangées dans les 4 thoras et les traditions du talmud. Chaque groupe de rabbins (samaritains, saducéens, pharisien et nazaréens) avait pondu sa propre thora à l’image des dogmes de sa secte. Le coran n’est que le plagiat des cinq. Sortez donc de vos hérésies mentales et retournez à la vraie religion primordiale de Dieu.

Les religions abrahamiques ne sont pas monothéistes, elles sont desmonolâtrie avec une conception anthropomorphe monarchique de Dieu. Dieu est au-dessus de tout. Les hommes doivent retourner à la tradition monothéiste primordiale de Dieu et sortir des hérésies mentales.

THEOLOGIE KAMITE DE LA RELIGION PRIMORDIALE MONOTHEISTE D’OSIRIS :

C’est quoi le kamitisme ? Le kémitisme ou religion monothéiste d’Osiris est la religion la plus ancienne du monde que Dieu a donné aux africains, les ainés du monde. Cette religion a plus de 7000 ans. Elle fut partiellement interrompu par les religions barbares abrahamique au 4 ème siecle pour le Soudan et au 6 ème siecle en Egypte. Le kamitisme moderne est une restauration de cette première religion du monde par les haïtiens, qui, après avoir vaincu la France chrétienne raciste esclavagiste de Napoléon grâce au Vaudoun, ont voulu unir les africains avec leur religion kamite primordiale. Ainsi, Antony Firmin a écrit le livre ‘’ de l’égalité des races’’. Par la suite Marcus Garvey, le fondateur de l’UNIA, institue la religion kamite moderne par la phrase suivante :

MARCUS GARVEY

« Laissons le Dieu d’Isaac et le Dieu de Jacob exister pour la race qui croit en Dieu d’Isaac et de Jacob. Nous, les nègres, croyons au Dieu (Amon) d’Éthiopie (le Soudan ancien), le Dieu éternel, Dieu le Fils, Dieu le Saint-Esprit, Dieu de tous les âges. C’est le Dieu auquel nous croyons, et nous l’adorerons à travers les lunettes de l’Éthiopie (Soudan Antique). »

« Considérons l’histoire de l’humanité en général, l’homme noir n’était-il pas grand autrefois ? Ne détenait il pas la puissance ? Quiconque a étudié honnêtement l’histoire, se souvient du jour où l’Egypte, l’Ethiopie et Tombouctou, étaient à l’apogée de leur civilisation, bien au-dessus de l’Europe, bien au-dessus de l’Asie. Quand l’Europe était habité par une race de cannibales, une race de sauvages, d’hommes nus, de barbares et de païens, l’Afrique était déjà peuplé par une race de noirs cultivés, maitres en matière d’art, de science et de littérature, les africains étaient des hommes cultivés et raffinés, des hommes dont on disait qu’ils étaient semblables aux dieux. Les grands poètes du passé, s’asseyaient pour chanter en vers majestueux, le plaisir que les dieux prenaient en compagnie des éthiopiens. Pourquoi donc perdrions-nous espoir ? Hommes de la race noire, vous avez été grand, vous le serez à nouveau selon le cycle de l’histoire, ne perdez pas courage, ne perdez jamais la foi. Avancez, ce qu’il faut. C’est s’organiser, si vous restez isolés, vous serez exploités, dépouillé, humiliés tué. Organisez-vous, vous obligerez le monde à vous respecter, et si le monde ne vous accorde pas toujours la considération que vous méritez, parce que vous êtes des noirs, des nègres, alors 400 millions d’entre nous à travers l’organisation ébranlerons les piliers de l’univers et la création s’écroulera tel le temple sur la tête de Samson et des Philistins. »Tamery Garvey Part 1 , minutes 1:16:20 ‘’Marcus Garvey, Un homme et sa pensée’’.

« Si d’autres se moquent de vous, moquez-vous d’eux en retour. S’ils vous singent, retournez le compliment avec la même force. Ils n’ont pas plus le droit de vous déshonorer, de vous manquer de respect et mépriser votre âme et votre humanité que vous n’avez à le faire quand vous interagissez avec eux. Honorez les quand ils vous honorent, manquez leur de respect et d’égard quand ils vous traitent vilement. Ils ont l’arrogance dans la peau alors que cela n’a aucun fondement dans la morale ou la loi.

Ils descendent du même arbre de famille arriérée que nous. Leur histoire est aussi rude dans sa primitivité que la notre. Leurs ancêtres couraient nus et sauvages, vivaient dans des grottes et sur des branches d’arbre, à la manière des singes, comme les nôtres. Ils faisaient des sacrifices humains, mangeaient la chair de leurs morts et la viande crue des animaux sauvages pendant des siècles même s’ils nous accusent de l’avoir fait. Leur cannibalisme a duré plus longtemps que le notre.

Quand nous embrassions les arts et les sciences sur les berges du Nil, leurs ancêtres buvaient toujours du sang humain et mangeaient dans les crânes de leurs ennemis morts. Quand notre civilisation atteignait le zénith du progrès, ils continuaient à courir nus et à dormir dans des grottes avec des rats, des chauves-souris et autres insectes et animaux. Alors que nous avions déjà percé les mystères des étoiles et réduit les constellations célestes en minutes et calculs réguliers, ils étaient toujours des hommes arriérés dans les bois, vivant dans l’ignorance et la criante obscurité. Le monde nous doit la civilisation. Ils ont volé nos arts et nos sciences d’Afrique, alors pourquoi devrions-nous avoir honte de nous ? »».

Ainsi, le premier prophète au sens formel du kémitisme moderne (nommé éthiopianisme au temps de Garvey), c’est bel et bien Marcus Garvey, qui est aussi considéré comme le premier prophète du rastafarisme. Cheick Anta Diop est un scientifique, il n’est donc pas l’initiateur du kamitisme, il a juste gagné le débat scientifique du Colloque du Caire pour renforcer le kamitisme avec les arguments scientifiques.

Dieu est Un, Dieu est Unique. Les noms utilisés pour dire Dieu en Egypte antique et chez les divers peuples d’Afrique et du monde sont des Attributs, ce qui fait que le mot qu’une des nomes utilise pour dire Dieu peut être le nom d’un dieu dans un autre nome, mais chacune des cosmogonies du Soudan et de l’Egypte antique reconnaissent un Etre Suprême Originel Unique connu sous son principal nom de Amon-Rè. Ce nom caractérise à la fois la dimension transcendante et insondable de Dieu (Amon = le caché) mais aussi sa manifestation créatrice (Rè = Dieu Créateur manifesté). C’est pour ça que les textes sacré africains Kamite s’appellent Medou-Neter (Parole de Dieu) et non parole des Dieux (Elohim). Ainsi, quel que soit les différents noms utilisés pour désigner Dieu parmi les diverses peuples d’Afrique et du monde, Dieu est un et unique. Les divers noms de Dieu sont Amon, Atum, Ptah, Rè, Osiris, Amon-Rè etc. Le mot ‘Osiris’ qui signifie ‘Ancien’ est aussi le nom de Dieu Suprême dans certaines cosmogonies Kamite. Il faut donc distinguer Dieu (Osiris) de l’ancêtre divinisé Osiris d’origine soudanaise qui est le premier prophète mondial de Dieu et premier législateur d’Afrique et du monde qui a enseigné la religion primordiale, la science et l’agriculture aux hommes.

Dans la tradition kémite, seule les traditions cosmogoniques racistes et intolérantes abrahamiques sont l’œuvre du Diable ou de Satan et doivent être combattues sans complaisance. Le kamite croit que les traditions des divers peuples africains, les traditions chinoise, japonaise, indienne etc sont des traditions données par Dieu du moment où elles ne sont pas porteuse de racisme directement ou indirectement, car Dieu est Dieu de tous les peuples du monde.

Dans la religion primordiale d’Osiris, Dieu n’est ni iconoclaste, ni jaloux. Les kémites adorent donc Dieu, les dieux (anges ou fils de Dieu) et les ancêtres divinisés selon l’ordre de Dieu (Ptah) lui-même sur la Stèle de Chabakka.

Les textes sacrées kamites et la source de la tradition kamite se nomment Medu Neter c’est-à-dire Parole de Dieu ou Sainte Ecriture de Dieu ou Bible de Dieu. Elle trouve dans les papyrus et les stèles antiques du soudan ancien, de l’Egypte ancienne, sur les murs dans les temples et pyramides, dans les textes classiques grecs (Hérodote, Diodore, Euseb etc).

Le Plan de Salut :

Il s’agit d’appendre et de vivre selon la sainte loi de la Maat. A la fin donc du cycle de réincarnation, la balance penche du bon côté et on est purifié et on devient un Osiris, l’être perpétuellement bon, c’est alors qu’on rentre au paradis en prononçant les saintes paroles de la sainte Maat. On fusionne enfin dans la divinité suprême.

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MONOTHEISME MAATIQUE SOLAIRE CONTRE MONODULISME TONITRUANT 

Chaque peuple reçoit donc la révélation de sa cosmogonie pour créer sa propre divinité de la foudre, dans les religions Abrahamiques, le dieu de la foudre est aussi le créateur du monde, c’est le cas de Yahvé, le Zeus des Hébreux et d’Allah le clown de Yahvé, le Zeus des arabes. Chez nos ancêtres Yoruba, c’est Shango (qui est une divinité mais pas le Créateur), chez les fon, c’est Hèbio-So, un ange de Dieu (Mahou-Lissa), Hèbio-So estaussi une divinité mais pas le Créateur du Monde. Le monothéisme des grandes civilisations (kamite, Japon, subsahariens, Fon etc) sont des monothéismes Solaires contrairement aux monothéismes Abrahamiques qui sont des monothéismes tonitruants (liés au tonnerre, où le dieu foudre est le Créateur). En fait, les peuples abrahamiques, romains (Edom selon le talmud et 1 Maccabées 12) et bedouins (hébreux et arabes) croyaient que la foudre orageuse est supérieure au Soleil car en temps d’orage, le ciel s’assombrit, le soleil se cache dans son gîte et il fait nuit (selon la bible et le coran).C’est pour ça que les monothéismes bédouines et ariens sont des monothéismes tonitruants. Dieu donne des langues différentes aux divers peuples, il leur donne aussi des cultures et des cosmogonies différentes. Selon les traditions africaines, c’est généralement plusieurs hommes et femmes qui sont créé simultanément à l’origine ! Mais certaines cosmogonies parlent d’un homme androgyne (ou en couple)unique au départ, il s’appelle Maa dans la cosmogonie bambara du Mali ou Tèm dans la cosmogonie Alédjo du Togo. Dans le Livre de la Sortie à la Lumière du Jour, il est explicitement dit d’Osiris (formule 273-274, n°397) : « Tu es le Père et la Mère des hommes, ils vivent de Ton Souffle, ils mangent la chair de Ton Corps ». Cependant, les cosmogonies raciste abrahamiques n’ont rien à avoir avec Dieu est sont des œuvres de composition diabolique d’Esdras, l’inventeur de la thora, qui était à la solde du roi perse Artaxerces 3 et ses successeurs scribes à la solde des Ptolémées.

Le monothéisme primordial est solaire en général alors que le monothéisme ou monodulisme Hébreux (Yahvéh et son clown arabe allah) et indo-européen (Zeus des grecs, Haddad des akkadiens, Yahveh des hébreux, God ou Vatan des anglais, etc) est tonitruant. Le nucléaire (le soleil) produit l’électricité (la foudre), mais l’électricité ne peut jamais produire le nucléaire. Allah lui-même reconnaît qu’il est une lampe qui tire son carburant, une huile lumineuse d’un arbreexceptionnel. Alors si allah est Dieu, l’arbreexceptionnel serait quoi? Les dieux abrahamiques Allah et Yahvé ne sont donc pas Dieu le Créateur. C’est Amon-Rè le Ptah qui est Dieu véritable Créateur.

Nous savons que, selon les textes classiques grecs, le prophète du monde venu de l’Afrique, Osiris a parcouru le monde et a prêché le monothéisme primordial solaire dans le monde entier y compris en Arabie. Nous avons aussi la preuve que les anciens arabes considéraient Allah comme un Dieu solaire, c’est après l’invention du monothéisme tonitruant abrahamique par Esdras sous contrôle perse que les arabes ont refabriqué allah mille ans après pour le transformer en clown du dieu orage Yahveh ou dieu foudre.

Gloire à Imana !

Hotep !

MONOTHEISME MAATIQUE SOLAIRE CONTRE MONODULISME TONITRUANT 

Chaque peuple reçoit donc la révélation de sa cosmogonie pour créer sa propre divinité de la foudre, dans les religions Abrahamiques, le dieu de la foudre est aussi le créateur du monde, c’est le cas de Yahvé, le Zeus des Hébreux et d’Allah le clown de Yahvé, le Zeus des arabes. Chez nos ancêtres Yoruba, c’est Shango (qui est une divinité mais pas le Créateur), chez les fon, c’est Hèbio-So, un ange de Dieu (Mahou-Lissa), Hèbio-So estaussi une divinité mais pas le Créateur du Monde. Le monothéisme des grandes civilisations (kamite, Japon, subsahariens, Fon etc) sont des monothéismes Solaires contrairement aux monothéismes Abrahamiques qui sont des monothéismes tonitruants (liés au tonnerre, où le dieu foudre est le Créateur). En fait, les peuples abrahamiques, romains (Edom selon le talmud et 1 Maccabées 12) et bedouins (hébreux et arabes) croyaient que la foudre orageuse est supérieure au Soleil car en temps d’orage, le ciel s’assombrit, le soleil se cache dans son gîte et il fait nuit (selon la bible et le coran).C’est pour ça que les monothéismes bédouines et ariens sont des monothéismes tonitruants. Dieu donne des langues différentes aux divers peuples, il leur donne aussi des cultures et des cosmogonies différentes. Selon les traditions africaines, c’est généralement plusieurs hommes et femmes qui sont créé simultanément à l’origine ! Mais certaines cosmogonies parlent d’un homme androgyne (ou en couple)unique au départ, il s’appelle Maa dans la cosmogonie bambara du Mali ou Tèm dans la cosmogonie Alédjo du Togo. Dans le Livre de la Sortie à la Lumière du Jour, il est explicitement dit d’Osiris (formule 273-274, n°397) : « Tu es le Père et la Mère des hommes, ils vivent de Ton Souffle, ils mangent la chair de Ton Corps ».

Les cosmogonies sont à l’image des conceptions philosophiques et du milieu géographique de vie des peuples …

  • En Egypte antique, il est question du Noun, les eaux primordiales d’où est jaillie la création à l’image des inondations du Nil qui apporte vie et végétation (renouvellement de la création). Les égyptiens étant des scientifiques, ont compris que tout prend vie à la lumière du soleil ! C’est pour ça que le Soleil est le Dieu suprême chez eux car ils ont compris que le rythme de la nature, des saisons etc est gouverné par le mouvement apparent du soleil dans le ciel et que donc cet astre commande tout. Le soleil est donc pour eux la manifestation visible de Dieu Amon qu’ils estiment caché.
  • Chez les fons du Dahomey, l’acte central de la cosmogonie est quand Dieu Lissa donne aux hommes la technologie de la métallurgie pour créer des outils afin de défricher la terre pour installer les habitations et faire le champ. En milieu de forêt dense comme dans le sud du Bénin, défricher la terre est une problématique fondamentale pour l’installation des villages et des champs, c’est pour ça que le mythe du Dahomey en a parlé
  • Dans la bible des peuples nomades éleveurs de chèvres, hébreux et arabes qui vivent dans des milieu quasiment désertique, faire pousser des arbres ou retrouver des oasis est une problématique central, c’est pour ça qu’il est dit dans genèse 2 que la terre était désert et que Yahvé a fait pleuvoir pour créer un oasis. Trouver de l’eau est aussi un gros problème dans le désert, c’est pour ca que Jésus dit qu’il est l’eau qui donne la vie alors que l’eau et la végétation sont gratuitement abondantes chez nous en Afrique noire.C’est cette problématique de l’eau qui a fait que le dieu orage est le dieu créateur dans la bible.

Il serait totalement ridicule pour un digne fils d’Afrique et d’Abomey comme moi de croire à une mythologie des peuples du désert.

Cependant, les cosmogonies raciste abrahamiques n’ont rien à avoir avec Dieu est sont des œuvres de composition diabolique d’Esdras, l’inventeur de la thora, qui était à la solde du roi perse Artaxerces 3 et ses successeurs scribes à la solde des Ptolémées.

Le monothéisme primordial est solaire en général alors que le monothéisme ou monodulisme Hébreux (Yahvéh et son clown arabe allah) et indo-européen (Zeus des grecs, Haddad des akkadiens, Yahveh des hébreux, God ou Vatan des anglais, etc) est tonitruant. Le nucléaire (le soleil) produit l’électricité (la foudre), mais l’électricité ne peut jamais produire le nucléaire. Allah lui-même reconnaît qu’il est une lampe qui tire son carburant, une huile lumineuse d’un arbre exceptionnel. Alors si allah est Dieu, l’arbre exceptionnel serait quoi? Les dieux abrahamiques Allah et Yahvé ne sont donc pas Dieu le Créateur. C’est Amon-Rè le Ptah qui est Dieu véritable Créateur.

Nous savons que, selon les textes classiques grecs, le prophète du monde venu de l’Afrique, Osiris a parcouru le monde et a prêché le monothéisme primordial solaire dans le monde entier y compris en Arabie. Nous avons aussi la preuve que les anciens arabes considéraient Allah comme un Dieu solaire, c’est après l’invention du monothéisme tonitruant abrahamique par Esdras sous contrôle perse que les arabes ont refabriqué allah mille ans après pour le transformer en clown du dieu orage Yahveh ou dieu foudre.

Gloire à Imana !

Hotep !

MA PROFESSION DE FOI

Oui je suis vitaliste (animiste), Je crois au vrai être suprême qui n’est ni jaloux ni iconoclaste,

Je ne crois ni en la version occidentale de l’être suprême appelé Dieu(dei, dios).

Ni en la version arabe appelée Allah.

Ni en la version hébreux-isarelistes appelée yhwh sabaoth.

Ni en leurs prophètes et messagers d’Arabie, de Jérusalem, ou du Vatican.

Je crois en la version seerer, peul, Akan, Ibo, kikongo, Fang, Fon, Zoulou, Bamiléké, Dogon, senoufo… , kèmtiyu (Egypte antique), Nahasiyu (Soudan ou Nubie ancienne), ect de l’Être suprême…

Je crois en la nature, je la respecte et je la vénère.

Je crois en l’humanité, je respecte la vie, je respecte le travail honnête, je respecte la femme, je crois en l’amour 💕 en l’intégralité, au respect, je crois en moi.

je crois que mes ancêtres ne sont pas juste morts et partis.

Je crois qu’ils vivent en moi, ils me guident et éclairent mes pas.

Je suis vitaliste (animiste) je suis en paix avec moi.

Je suis heureux de profiter de chaque instant sur la terre de mes ancêtres.

Je suis fier de mon héritage.

Anti-ethno

COMMENT S’UNIR AVEC LES RITES AFRICAINS DIVERGENTS : LE PROBLEME NE SE POSE PAS POUR LES KAMITES, C’EST POUR REPONDRE AUX ALIENES

Les grecs avaient plusieurs mythes cosmogoniquescontradictoires, mais ils étaient unis, ils ont même dominé le monde ! Les romains aussi, pareils. Les Israélite, petit peuple qu’ils sont, avaient au moins deux récits cosmogoniques contradictoires Gn 1 pour les samariens et Gn 2 pour les judéens, mais ils ont mis tous ces mythes contradictoires dans la même bible pour s’unir. Les arabes avaient un seul coran, mais ils se sont divisé en chiites, sunnites, Alawites, Houthis etc et se font sauvagement la guerre. Avant eux, les juifs avaient une seule thora fabriquée par Esdras, mais ils se sont divisés en 4 sectes (samariens, saducéens, pharisiens et nazaréens) et chaque secte a réinventé sa thora à l’image de ses propres dogmes, ce qui fait 4 thoras contradictoires aujourd’hui.

Donc pour s’unir, les Africains n’ont qu’à mettre leurs mythes contradictoires dans un même livre et prendre la religion primordiale d’Osiris comme socle oureligion commune, tout en gardant les rites et les spiritualités particulières de leurs villages pour la sphère strictement familiale ou privée.

Car les indiens adorent 233 millions de dieux, mais ils sont uni et sont la 10 ème puissance économique du monde, les Japonais adorent 8 millions de dieux, mais ils sont uni et sont 3 ème puissance économique. Les chinois ont des milliers de religions folkloriques chez eux, le taoïsme n’étant qu’une philosophie mais ils sont unis et 1 ère puissance du monde.

Même si les Africains mettent tous leurs dieux dans un même livre, ça n’atteindra même pas un million de dieux. Donc rien n’empêche les africains de s’unir sur la base de leur propre tradition.

Ceux qui utilisent des fables ou traditions ethnologiques pour se diviser sont simplement stupides et sont des enfants du diable. La diversité des traditions est une richesse pour l’Afrique car toutes les traditions africaines ont un fond commun depuis l’antiquité à nos jours, c’est la philosophie vitaliste. Des temples kamite se créent partout dans le monde en Amérique, Europe en France, Afrique (Cote d’Ivoire, Cameroun etc) et les africains se réunissent sans jamais avoir besoin de provenir d’un même village ou ethnie en Afrique.

LE PASSE GLORIEUX

Les juifs se sont inventé un faux passé glorieux mythologique (peuple élu de dieu, Salomon avec sa sagesse inégalée et son grand royaume imaginaire qui allait du Nil à l’Euphrate etc) alors qu’ils étaient des vauriens pendant l’antiquité (Discours véritable de Celsius et Julien l’apostat etc), aujourd’hui ils sont glorieux ! Le contribuable américain leur donne même gratuitement de l’argent (des milliards de dollars) car le dieu des américains est le juif palestinien Jésus !

Notre but en tant que Kamites, c’est de nous baser sur notre passé glorieux réel prouvé et documenté, pour redevenir glorieux et autodéterminé. C’est aussi d’unir les africains autour de valeurs fortement communes.

VOICI LA PREUVE QUE LA BIBLE EST TOTALEMENT FAUSSE :

Voici des gens qui sont sensés etres des descendants de Cham qui exitaient deja des milliers d’années avant lui et sont loin de l’irak où était regroupé tout l’humanité selon la mythologie biblique. Le pharaon Khéops (-4481) a vécu avant Adam (-3760), Noé, Cham (-2200) et la tour de Babel (-2100) à en croire la chronologie donné lors de la compilation des archives égyptienne pas Manéthon.

Chronologie africaine de kémet sur la base des archives ancienne par le savant égyptien Manéthon confirmé par Diodore.

> 5319 av EC (3200 selon les occidentaux chrétiens) : 1ere dynastie avec Ménéi comme premier Pharaon (pareil chez Diodore)

> 4481 av EC (2574 selon les occidentaux chrétiens) : Le pharaon Khéops de la grande pyramide

> 2750 av EC : construction du temple cananéen de Tyr (rapporté par Hérodote, confirmé par l’archéologie)

La chronologie selon la bible Gn 5v, Gn 11v, 12v4, Exode 12v40, Gal 3v17 et 1 Rois 6v1 (en l’an 828 av EC selon le Seder Olam Rabbah) etc : auteur de la bible : Esdras

> 3760 av EC création d’Adam

> 2200 av EC Déluge mondiale de Noé

> 2100 av EC Tour de Babel avec première dispersion des humains depuis l’Irak

En conclusion, les anciens egyptiens, soudanais et cananéens ne se reconnaissent pas dans les mythes de la bible inventés par Esdras vers l’an -350 et complètée à 90% par les scribes pharisiens entre l’an -50 et +20 pour le compte de la géopolitique des empereurs perses de Babylon. Pourtant ces africains (soudanais, égyptiens et cananéens) sont les plus anciens peuples du monde ayant légué l’écriture et la civilisation au monde. Si Noé, Cham et Adam avaient existé, les africains (égyptiens soudanais et cananéens) les auraient connu.

LA TRADITION DES ANCIENS

Le résumé schématique de la généalogie ethnothéogonique des anciens

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Osiris vient de Nyse en Ethiopie Hespérienne (Afrique de l’Ouest)

Institution du culte des ancetres par Osiris

Diodore Livre 1 Section I

XXXVII. Origine du temple de l’oracle d’Hammon.

On dit qu’avant le combat, les Africains assurèrent à Bacchus (Osiris ou Dionysos en grec) que, dans le temps qu’Hammon (Ham dans la bible) fut chassé de son royaume, il avait prédit que son fils ayant recouvré les états de son père et étendu sa domination par toute la terre, serait mis enfin au rang des dieux. Bacchus ajoutant foi à cette prédiction bâtit une ville et un temple à son père. Il l’adora comme un dieu et établit des prêtres qui devaient rendre ses oracles. La statue d’Hammon qu’on plaça dans ce temple avait une tête de bélier, parce que ce prince portait au combat un casque orné de cette figure. Quelques‑uns prétendent cependant qu’il avait naturellement deux cornes à la tête et que son fils Bacchus lui ressemblait en cela. Bacchus fut le premier qui consulta l’oracle de son père sur ses entreprises. On dit que son père lui prédit qu’il acquerrait l’immortalité par ses bienfaits envers les hommes. …

Diodore Livre 1 Section I

Ch. VIII. Osiris, Isis, et Mercure.

Du mariage de ces deux derniers naquirent cinq dieux dont la naissance tomba dans chacun des cinq jours intercalaires de l’année des Égyptiens. Ces dieux font Osiris, Isis, Typhon, Apollon et Vénus. Osiris a été appelé Dionysos et Isis Déméter ou Cérès. Osiris ayant épousé Isis et succédé au trône de son père fit plusieurs choses utiles à la société humaine. Il abolit la coutume exécrable qu’avaient les hommes de se manger les uns les autres, et établit à sa place la culture des fruits. Isis de son côté leur donna l’usage du froment et de l’orge qui croissent auparavant dans les champs comme des plantes inconnues et négligées. Leurs sujets furent charmés de ce changement et par la douceur qu’ils trouvèrent dans cette nouvelle nourriture et par l’horreur qu’ils conçurent eux-mêmes de l’ancienne. Pour autoriser cette origine on rapporte une pratique dont les Égyptiens se sont fait une loi : Dans le temps de la moisson ceux qui recueillent les premiers blés en mettent debout une gerbe autour de laquelle ils pleurent en invoquant Isis et célèbrent ainsi la mémoire de sa découverte dans le temps le plus convenable. Outre cela il y a quelques villes où dans les fêtes d’Isis on porte des épis de blé en reconnaissance du grand bienfait dont on le croit redevable à cette déesse. On dit de plus qu’Isis a donné les premières lois aux hommes et leur a enseigné à se rendre justice les uns aux autres, et à bannir d’entre eux la violence par la crainte du châtiment. C’est pour cela que les Grecs ont nommé Cérès Thesmophore ou Législatrice. Suivant les mêmes auteurs Osiris bâtit dans la Thébaïde d’Égypte une ville à cent portes qu’il appela du nom de Junon sa mère, mais que ses descendants ont nommée Diospolis ou ville de Zeus connue aussi sous le nom de Thèbes. Au reste l’origine de cette ville est incertaine non seulement dans les auteurs, mais encore parmi les prêtres d’Égypte, car plusieurs d’entre eux soutiennent que Thèbes a été bâtie, non par Osiris, mais plusieurs années après lui, par un roi dont nous raconterons les actions en leur lieu. Osiris éleva un temple merveilleux par sa grandeur et par sa somptuosité à Zeus et à Junon qu’il regardait comme ses ancêtres. Il en dédia deux autres tous d’or sous le nom de Zeus mais le plus grand était consacré au dieu Zeus et le plus petit à son propre père qui se nommait de même mais qui fut surnommé Ammon. Il bâtit des temples de même matière aux autres dieux dont nous avons parlé plus haut ; il régla leur culte et établit des prêtres pour le maintenir. Outre cela Osiris et Isis ont chéri et protégé les inventeurs des arts et des autres choses utiles à la vie. C’est pour cela que la fabrique de l’or et de l’argent ayant été trouvée dans la Thébaïde, on en fit des armes pour exterminer les bêtes féroces, des instruments pour travailler la terre et, la nation se polissant de plus en plus, des statues et des temples entiers dignes des dieux auxquels on les dédiait. Osiris aima aussi l’agriculture comme ayant été élevé à Nysa ville de l’Arabie heureuse et voisine de l’Égypte où cet art était en honneur. C’est du nom de Zeus son père joint à celui de cette ville que les Grecs ont fait Dionysyus qui est chez eux le nom d’Osiris. Le poète fait mention de Nysa dans un de ses hymnes, où il dit :

« Nysa assise sur une colline verdoyante, loin de la Phénicie et près des fleuves de l’Égypte. »

« Assise entre les bois qui couvrent la montagne, »

X. Osiris passe jusqu’aux Indes d’où il revient en Asie et même en Europe, selon quelques-uns.

Osiris étant arrivé aux confins de l’Éthiopie fit border le Nil de part et d’autre de puissantes digues, afin que dans ses crues il ne ravageât plus les campagnes et qu’il ne s’étendit pour les arroser dans le besoin qu’à proportion qu’on ouvrirait les écluses qu’il avait fait faire avec beaucoup d’art. Il traversa ensuite l’Arabie le long de la mer Rouge et continua sa route jusqu’aux Indes et aux extrémités de la terre. Il bâtit dans les Indes de grandes villes et entre autres Nysa, à laquelle il donna ce nom en mémoire de la ville d’Égypte où est élévé. …

DIODORE DE SICILE, BIBLIOTHÈQUE HISTORIQUE ; TOME PREMIER : LIVRE I

Traduction française : FERD. HOEFER

XIX. Il arriva alors que le Nil, au lever du Sirius (époque de la crue), rompit ses digues et inonda toute l’Égypte et particulièrement la partie dont Prométhée était gouverneur. Peu d’habitants échappèrent à ce déluge. Prométhée faillit se tuer de désespoir. L’impétuosité et la force du fleuve lui fit donner le nom d’aigle. Mais Hercule, entreprenant et hardi, répara les digues rompues et fit rentrer le fleuve dans son lit. C’est ce qui explique le mythe grec d’après lequel Hercule tua l’aigle qui rongeait le foie de Prométhée. Le nom le plus ancien de ce fleuve est Okéanés qui signifie en grec Océan. Depuis cette inondation, on l’avait appelé Aëtos (Aigle) ; ensuite Aeyptus (20) du nom d’un roi du pays. C’est ce que confirme le poète qui dit : « Je mis à l’ancre les légers navires dans le fleuve Aegyptus. (21)» Car ce fleuve se jette dans la mer près du lieu appelé Thonis, ancien entrepôt de l’Égypte. Enfin il a reçu du roi Niléus le nom de Nil qu’il garde encore aujourd’hui.

Arrivé aux confins de l’Éthiopie Orientale (le Soudan), Osiris fit border le Nil de digues, afin que ses eaux n’inondassent plus le pays au delà de ce qui est utile, et qu’au moyen d’écluses on pût en faire écouler la quantité nécessaire au sol. Il traversa ensuite l’Arabie le long de la mer Rouge (22), et continua sa route jusqu’aux Indes et aux limites de la terre. Il fonda dans l’inde un grand nombre de villes, et entre autres Nysa, ainsi appelée en mémoire de la ville d’Égypte où il avait été élevé. Il y planta le lierre, qui ne croît encore aujourd’hui dans les Indes que dans ce seul endroit. Enfin il laissa encore d’autres marques de son passage dans cette contrée ; c’est ce qui a fait dire aux descendants de ces Indiens, qu’Osiris est originaire de leur pays.

XIX. Iles du Nil. Méroé. Le Delta, les bouches du Nil. Le canal le communication de la Méditerranée au golfe Arabique. Diverses plantes du fleuve.

LE NIL embrasse plusieurs îles surtout dans l’Éthiopie : mais la plus grande de toutes est celle où Cambyse bâtit une ville fameuse à laquelle il donna le nom de sa mère Meroé, lequel est demeuré à toute l’île : outre sa capitale elle enferme plusieurs autres villes considérables. L’île entière a la forme d’un bouclier et l’on dit que sa largeur est de mille stades et sa longueur de trois mille. Elle est défendue du côté de la Libye par des sables immenses et du coté de l’Arabie par des rivages inaccessibles. On y trouve des mines d’or, d’argent, de fer et de cuivre, une grande abondance de bois d’ébène et toutes sortes de pierres rares et précieuses. Le nombre des îles du Nil est presque incroyable ; car on en compte plus de sept cents, outre celles qui composent le Delta. Les Éthiopiens en ayant desséché plusieurs y sèment du millet et quelques autres petits grains. Mais il y en a dont les serpents à tête de chien et d’autres monstres interdisent l’entrée aux hommes. Le Nil se partageant dans l’Égypte, et sur la fin de son cours en plusieurs canaux forme le Delta, lieu ainsi nommé de la lettre grecque qu’il représente par sa figure. Deux grands bras du Nil en font les côtés et la mer où il se jette par sept bouches en fait la base. 

Denys de Millet dans Diodore Livre 3 Tome 1 er Ch.

XXXV. Opinion particulière des Africains occidentaux qui croient aussi que Dionysos (Osiris) est né chez eux dans une autre ville de Nyse dont l’auteur décrit la situation. (Athéna est Africaine).

Je n’ignore pas que les Africains (Libyens) qui habitent les côtes de l’océan soutiennent aussi que Bacchus est né parmi eux. Ils prétendent que tous les exploits qu’on raconte de ce dieu se sont faits dans leur pays. Ils ont même une ville appelée Nyse, à laquelle ils appliquent l’histoire de la naissance de Bacchus. Plusieurs anciens mythologistes ou poètes de la Grèce et même quelques écrivains plus récents ont été de cet avis. C’est pourquoi, afin de ne rien omettre de ce qui concerne Bacchus, nous rapporterons en peu de mots ce que les Africains en disent conformément à ce qu’en ont écrit les Grecs et surtout Dionysius qui nous a conservé l’ancienne mythologie. Cet auteur traite de Bacchus, des Amazones et des Argonautes, de la guerre de Troie et de plusieurs autres particularités. Il avait aussi ramassé dans son livre les témoignages des anciens poètes et mythologistes. Il dit que Linus fut le premier d’entre les Grecs qui inventa les vers et la musique, comme Cadmus a introduit le premier dans la langue grecque les lettres qui n’étaient connues que des Phéniciens. Il leur donna leurs noms et forma les caractères dont on s’est servi depuis. On appela ces lettres phéniciennes parce qu’elles avaient été apportées de Phénicie en Grèce et ensuite pélagiennes parce que les Pélagiens sont les premiers chez qui elles aient été en usage. Linus, dit‑il, homme admirable pour la poésie et pour la musique eut plusieurs disciples, et trois entre autres qui ont été très célèbres, savoir Hercule, Thamyris et Orphée. Hercule apprenait à jouer de la lyre, mais comme il n’avançait point à cause de la pesanteur de son esprit, son maître s’avisa de le frapper ; Hercule en colère se leva et tua Linus d’un coup de son instrument. Thamyris avait de plus heureuses dispositions. Il s’exerça à la musique, mais la perfection où il parvint lui inspira la vanité de se mettre au‑dessus des Muses mêmes. Ces déesses jalouses lui ôtèrent la vue avec la voix, ainsi qu’Homère le témoigne lorsqu’il dit :

C’est ici que les Muses

Au Thrace Thamyris firent perdre la voix.

Et ensuite :

Dans ce combat fatal, irritant tous les dieux ,

Il perdit et le prix, et la voix et les yeux.

Pour Orphée, troisième disciple de Linus, nous en parlerons assez au long en racontant les autres aventures de sa vie. On dit que Linus écrivit en lettres pélagiennes les actions du premier Bacchus et qu’il avait laissé dans ses commentaires plusieurs autres fables. On prétend que c’est des caractères pélagiens que se sont servis Orphée, Pronapidès, précepteur d’Homère, excellent musicien, et Thymoetès, fils d’un Lacédémonien de même nom qui vivait du temps d’Orphée. Thymoetès voyagea en diverses parties du monde, et enfin, étant arrivé vers les côtes occidentales de l’Afrique (Afrique de l’Ouest), il y vit la ville de Nyse dont les habitants disent qu’ils ont élevé Bacchus. Les Nyséens lui apprirent une grande partie des actions de ce dieu qu’il rédigea par écrit dans un poème intitulé la Phrygie, ouvrage recommandable par l’ancienneté de son dialecte et de son écriture. Il rapporte entre autres choses qu’Hammon (Ham ou Cham) roi de la partie africaine (Libyenne) du Ciel, épousa Rhéa, soeur de Saturne et des autres Titans. Ce prince visitant son royaume trouva dans les plaines voisines des monts Cérauniens une fille singulièrement belle qui s’appelait Amalthée. En étant devenu amoureux, il en eut un enfant d’une beauté et d’une force admirables. Il laissa ensuite à Amalthée le gouvernement de cette province qui avait la figure d’une corne de bœuf (la région de Dakar) et qu’on appelait pour cette raison la corne hespérienne (Dakar au Sénégal). Cette contrée est très fertile et produit non seulement des vignes mais aussi toutes sortes d’arbres fruitiers. Amalthée ayant pris en main le gouvernement de cette province, lui donna le nom de corne d’Amalthée, on a depuis appelé de ce même nom tous les pays fertiles. Cependant Ammon craignant la jalousie de sa femme Rhéa, cacha avec soin cet enfant et le fit élever secrètement dans la ville de Nyse (Kano ou civilisation Nok du Bénin au Nigéria) qui était fort éloignée de son royaume. Cette ville est située dans une île formée par le fleuve Triton ; elle est prodigieusement escarpée de tous les côtés et l’on ne peut y entrer que par un passage étroit qu’on nomme les portes Nyséennes. L’île est très abondante, il y a d’agréables prairies et des jardins délicieux arrosés d’eaux vives. Elle est couverte d’arbres de toute espèce et de vignes qui viennent d’elles‑mêmes. Il y règne un vent frais qui la rend extrêmement saine ; aussi ceux qui l’habitent vivent beaucoup plus longtemps qu’aucun de leurs voisins. On trouve d’abord une vallée étroite, remplie de grands arbres si touffus qu’ils ne laissent aucun passage aux rayons du soleil et l’on ne s’y conduit que par un faux jour. Cette vallée est entrecoupée par des sources d’une eau excellente et qui invite les passants à s’arrêter dans ce lieu‑là. On trouve ensuite une caverne de forme ronde d’une beauté et d’une grandeur extraordinaire. Elle est couverte d’une voûte naturelle fort élevée dont les pierres brillent des couleurs les plus éclatantes, comme le pourpre, le bleu et autres semblables. Chaque pierre a la sienne et l’on ne saurait en imaginer aucune qui ne s’y rencontre. A l’entrée de cette caverne, il y a de grands arbres dont les uns portent des fruits, les autres sont stériles, mais toujours verts et semblent n’avoir été produits par la nature que pour le plaisir de la vie. Ces arbres cachent les nids de quantité d’oiseaux remarquables par la rareté de leur plumage et par la douceur de leur chant dont l’agréable mélange surpasse l’art et les accords de la musique humaine. Plus avant, la caverne est entièrement découverte et reçoit les rayons du soleil. Il y croît une infinité d’espèces de plantes mais surtout la cannelle et plusieurs autres dont l’odeur ne se perd jamais. C’est dans cet antre que sont les lits des Nymphes, formés de toutes fortes de fleurs non par la main des hommes mais par la nature. Il est impossible de voir dans cette île une fleur flétrie ou une feuille tombée. C’est pourquoi, outre le plaisir de la vue, on a toute l’année celui de l’odorat. Ce fut dans cet antre qu’Ammon envoya son fils, il le donna à nourrir à Nyse fille d’Aristée. Et il établit pour son gouverneur Aristée même, homme recommandable par son esprit, par sa sagesse et par toute sorte de connaissances. Afin qu’il fût plus en sûreté contre les entreprises de Rhéa sa marâtre, Ammon le recommanda à Athéna qui était alors fort jeune. Elle était fille du fleuve Triton et fut pour cette raison appelée Tritonide. On dit que cette déesse fit voeu de garder une virginité perpétuelle et qu’avec beaucoup de sagesse, elle avait l’esprit si industrieux qu’elle inventa plusieurs sortes d’arts. Comme elle était de plus très courageuse elle s’adonna aussi au métier des armes et elle fit plusieurs actions mémorables. Elle tua l’Egide qui était un monstre horrible et tout à fait indomptable. II était sorti de la terre et sa gueule vomissait une épouvantable quantité de flammes. II parut d’abord dans la Phrygie et il brûla toute la partie de ce pays qui a tiré son nom de ce désastre. Il alla ensuite vers le mont Taurus et il réduisit en cendres tous les bois qui se trouvèrent entre cette montagne et les Indes. Retournant du côté de la mer, il entra dans la Phénicie et mit en feu la forêt du Liban. Ayant ensuite parcouru l’Égypte et traversé l’Afrique, il se rabattit du côté de l’occident ; enfin, il s’arrêta vers les monts Cérauniens sur lesquels il fit le même ravage. Ayant désolé toute cette contrée, il s’attaqua aux habitants mêmes dont il fit périr les uns et effraya tellement les autres qu’ils abandonnèrent leur patrie et s’enfuirent en des pays éloignés. Mais Athéna qui surpassait le commun des hommes en prudence et en courage tua enfin ce montre. Elle porta toujours depuis la peau de l’Égide sur sa poitrine comme une arme défensive et comme une marque de sa valeur et de sa victoire. La Terre, mère de ce monstre, irritée de sa mort, enfanta les Géants qui furent enfin vaincus par Jupiter avec l’aide de Athéna, de Bacchus et des autres dieux.

XXXVI. Exploits et bienfaits de Bacchus fils d’Ammon selon les Africains.

Dionysos (Osiris) ayant été nourri à Nyse et instruit dans toutes sortes de sciences, était non seulement d’une force et d’une beauté plus qu’humaines, mais il communiqua aux hommes plusieurs inventions. Dans son enfance, il découvrit la nature du vin et son utilité en s’amusant à écraser des raisins qui croissent naturellement à Nyse. Il remarqua aussi qu’on pouvait faire sécher les raisins mûrs et les garder pour le besoin, et il rechercha avec attention quel terroir convenait à chaque plante. Il résolut de faire part aux hommes de ces découvertes, persuadé qu’il était qu’en reconnaissance d’un si grand bienfait, ils lui rendraient des honneurs divins. Ses vertus et sa réputation étant venues à la connaissance de Rhéa, sa belle‑mère, cette femme en conçut de la haine contre Ammon et elle résolut de se saisir de Dionysos. Mais n’en pouvant venir à bout, elle se sépara d’avec son mari. Étant retournée chez les Titans ses frères, elle épousa un d’entre eux appelé Saturne. Celui‑ci, à la persuasion de sa femme, déclara la guerre à Ammon et le vainquit en bataille rangée (Juges 3v13, 10v6, 11v14-24). Ammon pressé par la famine fut obligé de se retirer en Crète. Là, il prit pour femme Crète, l’une des soeurs des Curètes qui en étaient alors souverains et il fut reconnu roi de cette île. Elle se nommait avant lui l’île d’Idée, mais il voulut qu’on l’appelât l’île de Crète du nom de sa femme. Cependant Saturne s’étant emparé des pays qui appartiennent à Hammon (Ham ou Cham), traitait ses sujets durement. Il alla ensuite à Nyse attaquer Dionysos avec une grande armée. Mais Dyonysos ayant appris la défaite de son père et sachant que les Titans venaient le combattre, leva une armée dans Nyse. Elle était composée surtout de deux cents hommes qui ayant été nourris avec le jeune prince, lui portaient une véritable affection et qui de plus étaient d’un courage extraordinaire. Outre cela, il appela des contrées voisines les Africains et les Amazones, ces femmes célèbres dont nous avons parlé assez au long. On dit qu’elles furent portées à cette guerre par les avis d’Athéna qui avait choisi le même genre de vie et qui avait embrassé comme elles la virginité et le métier des armes. Dionysos (Osiris) s’étant mis à la tête des hommes et Athéna à la tête des femmes, ils tombèrent tous ensemble sur l’armée des Titans. Le combat fut sanglant, et il y eut un grand carnage de part et d’autre. Mais enfin, Saturne fut blessé et Bacchus (Dionysos) gagna la bataille. Les Titans s’enfuirent dans les pays qu’ils avaient conquis sur Ammon. Bacchus s’en retourna à Nyse avec un grand nombre de prisonniers. Peu après, les ayant fait assembler et entourer par ses soldats, il rappela hautement devant eux tous les crimes des Titans et donna lieu à ces captifs de croire qu’il les allait tous condamner à la mort ; mais il leur fit grâce, et leur laissa la liberté de s’en retourner ou de l’accompagner à la guerre. Ils s’attachèrent tous à lui et en reconnaissance de ce qu’il les avait épargnés contre leur attente, ils l’adorèrent comme un dieu. Ensuite, Bacchus les ayant appelés l’un après l’autre et leur ayant donné du vin, il les fit jurer qu’ils le serviraient fidèlement contre les Titans et qu’ils combattraient pour lui jusqu’à la fin de leur vie. Comme ces soldats furent nommés hypospondes, c’est‑à‑dire, qui se sont engagés par des libations, les descendants de Bacchus appelèrent spondes ou libations, les traités conclus avec l’ennemi. Bacchus ayant fait sortir ses troupes de la ville de Nyse dans le dessein d’aller combattre Saturne, on dit qu’Aristée, son gouverneur, lui offrit un sacrifice et que ce fut lui qui donna à son égard le premier exemple de cet honneur excessif. On raconte aussi que Bacchus mit dans son armée les Silènes qui étaient les plus nobles des Nyséens, car le premier roi de cette ville fut Silène, dont l’origine nous est inconnue à cause de son ancienneté. Il avait une queue au bas du dos et ses descendants participant de sa nature en avaient tous comme lui. Bacchus ayant traversé à la tête de ses troupes plusieurs pays qui manquaient absolument d’eau et quantité d’autres qui étaient déserts et incultes, assiégea enfin Zabirne ville d’Afrique. Il tua devant cette place un monstre né de la terre qui s’appelait Campé et qui avait dévoré beaucoup d’habitants. Cet exploit le mit en grande réputation parmi eux. Voulant en laisser la mémoire dans le pays, il fit élever sur le corps de cette bête un grand tertre, et il n’y a pas longtemps que ce monument subsistait encore. Bacchus alla ensuite à la rencontre des Titans. Il eut soin que son armée ne commît aucun désordre dans sa marche et il se montra doux et affable à tout le monde. Il déclara même qu’il n’avait entrepris cette expédition que dans le dessein de punir les méchants et de répandre ses bienfaits sur le genre humain. Les Africains admirant la discipline qu’il maintenait parmi ses soldats et charmés de sa magnanimité, fournirent abondamment des vivres à son armée et le suivirent avec joie. Cependant, les troupes de Bacchus approchant toujours de la ville des Ammoniens, Saturne livra bataille devant cette place, mais ayant eu le dessous, il commanda qu’on y mît le feu pendant la nuit dans le dessein de détruire entièrement la maison paternelle de Bacchus. Ensuite, emmenant avec lui Rhéa, sa femme, et quelques‑uns de ses amis, il abandonna la ville et s’enfuit. Ce fut alors que Dionysos (Osiris) fit voir qu’il agissait par des principes fort différents de ceux de ses ennemis, car ayant fait prisonniers peu de temps après Saturne et Rhéa, non seulement il leur pardonna à cause de la parenté qui était entre eux, mais il les pria même de vouloir le regarder comme leur fils et même d’accepter les marques d’honneur et d’attachement qu’il avait dessein de leur donner. Rhéa l’aima toute sa vie comme s’il eût été son fils, mais Saturne ne lui pardonna jamais sincèrement. Dans ce temps‑là, Saturne eut un fils appelé Jupiter à qui Bacchus porta toujours beaucoup de respect et qui enfin devint le maître du monde par sa vertu.

XXXVII. Origine du temple de l’oracle d’Ammon.

On dit qu’avant le combat, les Africains assurèrent à Bacchus que, dans le temps qu’Ammon fut chassé de son royaume, il avait prédit que son fils ayant recouvré les états de son père et étendu sa domination par toute la terre, serait mis enfin au rang des dieux. Bacchus ajoutant foi à cette prédiction bâtit une ville et un temple à son père. Il l’adora comme un dieu et établit des prêtres qui devaient rendre ses oracles. La statue d’Ammon qu’on plaça dans ce temple avait une tête de bélier, parce que ce prince portait au combat un casque orné de cette figure. Quelques‑uns prétendent cependant qu’il avait naturellement deux cornes à la tête et que son fils Bacchus lui ressemblait en cela. Bacchus fut le premier qui consulta l’oracle de son père sur ses entreprises. On dit que son père lui prédit qu’il acquerrait l’immortalité par ses bienfaits envers les hommes. Cette réponse lui ayant élevé le coeur, il entra d’abord avec son armée dans l’Égypte. Il y établit pour roi Jupiter fils de Saturne et de Rhéa et lui donna Olympe pour gouverneur. Jupiter ayant appris sous celui‑ci la vertu et les belles‑lettres en fut surnommé Olympien. Bacchus enseigna aux Égyptiens la culture de la vigne et de tous les fruits comme il l’avait enseignée aux autres nations. Sa réputation s’étant répandue partout, aucun peuple n’osa lui résister, mais ils se soumirent tous à lui volontairement et lui offrirent des sacrifices. Il parcourut ainsi toute la terre plantant des vignes dans toutes les provinces et comblant tous les hommes de bienfaits. Il reçut de tous les mêmes actions de grâces et les mêmes honneurs. En effet, les divers peuples ont des opinions différentes sur le sujet des dieux et des héros mis au rang des dieux, mais ils conviennent tous de l’immortalité de Dionysos (Osiris) parce qu’il a répandu également ses bienfaits sur les Grecs et sur les barbares. Il a même enseigné à ceux qui habitent des contrées sauvages et peu propres à la vigne, à faire un breuvage d’orge qui n’est guère moins agréable que le vin. Bacchus après avoir porté ses armes jusque dans les Indes revint promptement du côté de la Méditerranée, car les Titans ayant ramassé leurs forces étaient venus dans l’île de Crète pour attaquer Ammon. Jupiter envoya des soldats égyptiens au secours de ce prince, et la guerre s’allumant de plus en plus dans cette île, Bacchus, Athéna et quelques autres dieux y accoururent. Il se donna là une grande bataille qui fut gagnée par le parti de Bacchus et où tous les Titans furent tués. Cependant, Ammon et Bacchus ayant passé de cette vie humaine au séjour des dieux, Jupiter régna sur tout le monde d’autant plus que la destruction des Titans l’avait délivré des seuls ennemis qui eussent osé lui en disputer l’empire. Voilà les actions que les Libyens attribuent au premier Bacchus (Osiris ou Dionysos) fils d’Ammon et d’Amalthée. Ils disent que le second fut fils de Jupiter et d’Io, fille d’Inachus, qu’il fut roi d’Égypte et qu’il enseigna aux hommes les sacrés mystères. Selon eux, le troisième naquit en Grèce de Jupiter et de Sémélé. Celui‑ci fut zélé imitateur des vertus des deux premiers. Il parcourut toute la terre à la tête d’une armée et il marqua les endroits où il termina ses différentes expéditions par plusieurs colonnes. Mais de plus il défricha quantité de pays incultes. A l’exemple du premier Bacchus qui s’était servi des Amazones, celui‑ci mena aussi des femmes avec lui. Il travailla beaucoup sur les mystères sacrés dont il perfectionna quelques parties et institua lui‑même quelques autres. Ce dernier Bacchus recueillit pour ainsi dire la gloire des deux premiers que le temps avait effacés de la mémoire des hommes. Cela est arrivé non seulement à l’égard de Bacchus, mais encore à l’égard d’Hercule. Car ce nom a été d’abord porté par deux hommes dont le plus ancien naquit en Égypte et dressa une colonne dans l’Afrique après avoir soumis à sa puissance la plus grande partie de la terre. Le second était de l’île de Crète et il fut un des Dactyles Idéens. Il était devin et il commandait des armées ; ce fut lui qui institua les jeux olympiques. Mais il y en a eu un troisième peu de temps avant la guerre de Troie qui fut fils de Jupiter et d’Alcmène. Il parcourut presque toute la terre pour obéir aux ordres d’Eurysthée. Ayant réussi dans toutes ses entreprises, il éleva une colonne en Europe. La ressemblance de nom et de moeurs qui était entre ce dernier et les autres fut cause qu’on lui attribua les actions des deux premiers et qu’on ne fit qu’un seul des trois. Entre les autres preuves qu’on allégue pour démontrer qu’il y a eu plusieurs Bacchus, celle qu’on tire de la guerre ces Titans me semble la plus forte. Tout le monde avoue que Bacchus fut d’un grand secours à Jupiter dans cette guerre. Or il n’est pas raisonnable de placer la naissance des Titans dans le temps que vivait Sémélé et de dire Cadmus, fils d’Agénor, père de Sémélé, plus ancien que les dieux. Voilà tout ce que les Africains rapportent de leurs divinités. Nous finirons ici le troisième livre ayant entièrement rempli le plan que nous en avons donné au commencement de cet ouvrage.

XXXVI. Exploits et bienfaits de Bacchus fils d’Ammon selon les Libyens.

Bacchus ayant été nourri à Nyse et instruit dans toutes sortes de sciences, était non seulement d’une force et d’une beauté plus qu’humaines, mais il communiqua aux hommes plusieurs inventions. Dans son enfance, il découvrit la nature du vin et son utilité en s’amusant à écraser des raisins …

C:\Users\Hp\Documents\DOSSIER KAMITE ANTI RELIGION ABRAHAMIQUE\IMAGES\kamite image\Libye afrique antique\Prométhée et Atlas - Copie.png LIII. On rapporte qu’aux confins de la terre et à l’occident de la Libye habite une nation gouvernée par des femmes, dont les moeurs sont toutes différentes des nôtres.Selon la tradition, les Amazones habitaient une île appelée Hespéra, et située à l’occident, dans le lac Tritonis. Ce lac, qui est près de l’Océan, qui environne la terre, tire son nom du fleuve Triton, qui s’y jette. Le lac Tritonis se trouve dans le voisinage de l’Ethiopie (72) au pied de la plus haute montagne de ce pays-là, que les Grecs appellent Atlas, et qui touche à l’Océan. L’île Hespéra est assez spacieuse, et pleine d’arbres fruitiers de toutes espèces, qui fournissent aux besoins des habitants. Ces derniers se nourrissent aussi du lait et de la chair de leurs chèvres et de leurs brebis, dont ils entretiennent de grands troupeaux ; mais ils n’ont pas encore appris l’usage du blé. Entraînées par leurs instincts guerriers, les Amazones soumirent d’abord par leurs armes toutes les villes de cette île, excepté une seule nommée Méné, qu’on regardait comme sacrée. Cette ville était habitée par des Éthiopiens ichthyophages ; on y voyait des exhalaisons enflammées, et on y trouvait quantité de pierres précieuses, du genre de celles que les Grecs appellent escarboucles, sardoines et émeraudes. Après cela, les Amazones subjuguèrent dans les environs, beaucoup de tribus de Libyens nomades et bâtirent, dans le lac Tritonis, une ville qu’elles appelèrent Cherconèse (presqu’ile) d’après son aspect. …

LIX. Ramenée dans le palais du roi, elle fut d’abord reçue comme une vierge par le père et la mère. Sa faute ayant été ensuite découverte, le père fit tuer les bergères qui l’avaient nourrie ainsi qu’Attis, et laissa leurs corps sans sépulture. Transportée d’amour pour ce jeune homme et affligée du sort de ses nourrices, Cybèle devint folle ; elle parcourut le pays, les cheveux épars, en gémissant et en battant du tambour. Marsyas, saisi de commisération, se mit à la suivre volontairement, en souvenir de l’amitié qu’il lui avait autrefois portée. Ils arrivèrent ainsi ensemble chez Bacchus à Nyse, et ils y rencontrèrent Apollon, alors célèbre par le jeu de la cithare. On prétend que Mercure a été l’inventeur de cet instrument ; mais qu’Apollon est le premier qui s’en soit servi avec méthode. Marsyas étant entré en lutte avec Apollon pour l’art de la musique, ils choisirent les Nysiens pour juges. Apollon joua le premier sur la cithare, sans accompagnement de chant (80) ; mais Marsyas, prenant sa flûte, frappa davantage les auditeurs par la nouveau …

XXXI. Descendants d’Uranus et d’Atlas son fils.

Après la mort d’Hypérion, les enfants d’Uranus partagèrent le royaume entre eux. Les deux plus célèbres furent Atlas et Saturne. Les lieux maritimes étant échus par le sort à Atlas, ce prince donna son nom aux Atlantes ses sujets et à la plus haute montagne de son pays. On dit qu’il excellait dans l’astrologie et que ce fut lui qui représenta le monde par une sphère. C’est pour cette raison qu’on a prétendu qu’Atlas portait le monde sur ses épaules, cette fable faisant une allusion sensible à son invention. II eut plusieurs enfants, mais Hespérus se rendit le plus remarquable de tous par sa piété, par sa justice et par sa bonté. Celui‑ci étant monté au plus haut du mont Atlas pour observer les astres, fut subitement emporté par un vent impétueux et on ne l’a pas vu depuis. Le peuple, touché de son sort et se ressouvenant de ses vertus, lui décerna des honneurs divins et consacra son nom en le donnant à la plus brillante des planètes. Atlas fut aussi père de sept filles qui furent toutes appelées Atlantides mais dont les noms propres furent Maïa, Électre, Taygète, Astérope, Mérope, Alcyone et Célaeno. Elles furent aimées des plus célèbres d’entre les dieux et les héros et elles en eurent des enfants qui devinrent dans la suite aussi fameux que leurs pères et qui furent les chefs de bien des peuples. Maïa, l’aînée de toutes, eut de Jupiter un fils appelé Mercure, qui fut l’inventeur de plusieurs arts. Les autres Atlantides eurent aussi des enfants illustres. Car les uns donnèrent l’origine à plusieurs nations et les autres bâtirent des villes. C’est pourquoi non seulement quelques barbares mais même plusieurs Grecs font descendre leurs anciens héros des Atlantides. On dit qu’elles furent très intelligentes, et que c’est pour cette raison que les hommes les regardèrent comme déesses après leur mort, et les placèrent dans le ciel sous le nom de Pléiades. Les Atlantides furent aussi nommées Nymphes parce que dans leur pays on appellent ainsi toutes les femmes.

Diodore de Sicile (III, 53,6) raconte, d’après le mythographe Dionysos de Mytilène (iie avec J.-C), que les Éthiopiens Ichtyophages (“mangeurs de poisson”) habitaient la ville sacrée (hiéra) de Mēnē (ou Mēnēs) dans une île de l’Océan, au couchant du monde habité, nommée Hespéra. Cette île se trouvait elle-même dans le lac Tritonis. Il y a beaucoup à tirer de ce trait d’exocéanisme qui exile Meninx dans le lointain océan Atlantique par un rapprochement entre la disposition compliquée des lieux et les golfes gigognes du Périple d’Hannon (14 et 18).

Pline Livre VI

[18] D’après Agrippa, le pays entier des Éthiopiens avec la mer Rouge, a en long 2.170.000 pas; en large, avec l’Égypte supérieure, 1.298.000. Quelques uns ont détaillé ainsi la longueur : de Meroé à Sirbitum, une navigation de douze jour-nées; de là aux Davelles, douze; des Davelles à l’océan Éthopique, six jours de marche; en somme la plupart des auteurs s’accordent à compter, de l’Océan à Méroé, 625.000 pas; de là à Syène il y a la distance que nous avons indiquée (VI, 35, 6). L’Éthiopie est orientée du levant d’hiver au couchant d’hiver; la partie qui est au midi a de vastes forêts ou l’ébène domine; dans son milieu, une haute montagne, penchée sur la mer, brûle de feux éternels; les Grecs l’ont appelée Théon ochéma (Char des dieux). De là, en quatre jours de navigation, on arrive au promontoire nommé Hesperion ceras (Corne occidentale), touchant à l’Afrique, près des Éthiopiens hespériens. Quelques-uns placent aussi dans ces parages des collines d’une médiocre hauteur, couvertes d’ombrages agréables, et séjour des Aegipans et des Satyres (V, 8).

2Ptolémée (Géogr. IV, 8,2, C. Müller, p. 789) signale sur les rives d’un grand golfe tourné vers l’océan Occidental, ou golfe Hespérien (Id., IV, 6,2, p. 733) ces Éthiopiens Ichtyophages, voisins septentrionaux des Hesperii* et donc de la Corne de l’Occident (Id., IV, 6,2, p. 734).

Athéna l’africaine de Tritonis

Denys de Millet dans Diodore Livre 3 Tome 1 er Ch XXXV montre que Dionysos et Athéna sont des divinités de l’Afrique de l’ouest ou Ethiopie hespérienne. Athéna était à la tete des amazones dans l’Armée d’Osiris. Une armée que Osiris a levé depuis l’Afrique occidentale pour aller vaincre le dieu démoniaque Cronos (Sabaoth ou Yahvéh dieu de la bible hébraique).

Selon l’Énéide[5] entre autres, Athéna serait née sur ses bords, sortant du crâne de son père Zeus (ayant avalé sa mère, Métis) fendu par Héphaïstos, d’où le surnom de « Tritonide » ou de « Tritogénie » qu’elle porte parfois.

Virgile, Énéide [détail des éditions] [lire en ligne [archive]] (II, 170).

Pline Livre V :Chapitre X. [4] Tant d’îles en parsèment le lit, et quelques-unes si étendues, que, malgré sa course rapide, il ne lui faut pas moins de cinq jours pour les dépasser. A Méroé, la plus célèbre de ces îles, le bras gauche est appelé Astabores, c’est-à-dire, branche d’une eau tenant les ténèbres; le bras droit s’appelle Astusapes, mot qui emporte l’idée d’eau cachée. Il n’est pas le Nil avant d’avoir réuni dans un seul lit ses eaux réconciliées; et même il porte encore, pendant quelques milles au-dessous comme au-dessus, le nom de Siris. Homère a donné au fleuve entier le nom d’Égyptus (Od. IV, 477) ; d’autres, celui de Triton. De là il se heurte contre des îles qui semblent l’irriter dans sa marche; enfin, resserré par les montagnes, il n’est nulle part plus torrentueux; il roule ses eaux impétueuses jusqu’au lieu d’Éthiopie qu’on appelle Catadupe; et dans cette dernière cataracte, au milieu des écueils qui l’arrêtent, il semble, non pas couler, mais se précipiter avec un horrible fracas:

Pline Livre Chapitre IV . [3] Au fond du golfe, sur la côte, furent jadis les Lotophages (XIII, 32), appelés par quelques-uns Alachroens, jusqu’aux autels des Philènes; ces autels sont en sable. De ce côté, et peu avant dans les terres, est un vaste marais qui reçoit le fleuve Triton et qui en porte le nom; il a été appelé Pallantias par Callimaque; on dit qu’il est placé en deçà de la petite Syrte, mais beaucoup le mettent entre les deux Syrtes. Le promontoire qui borne la grande Syrte s’appelle Borion; au delà est la province Cyrénaïque.

Il a été décrit par des historiens grecs tels Hérodote2 et Diodore de Sicile3, qui le placent en Libye (territoire des Libyens).

C’est en 1988 que les eurocentristes qui veulent transformer les berberes numides en libyens antique pour la première fois, vont déplacer triton qui est en Afrique Occidentale vers la région qui correspond au Sud tunisien selon Jean Peyras et Pol Trousset qui l’identifient au Chott el-Jérid1.

  1. Jean Peyras et Pol Trousset, « Le lac Tritonis et les noms anciens du chott el Jérid », Antiquités africaines, no 24,‎ 1988, p. 149-204 (lire en ligne [archive], consulté le 3 avril 2020).

L’avoeu des occidentaux meme les plus racistes des temps modernes

Les têtes d’Ife, chefs-d’œuvre de l’art nigérian

Il y a près de mille ans, les artisans d’Ife sculptaient des têtes en bronze et en terre cuite, dont le réalisme et la beauté continuent d’étonner et d’émerveiller.

https://www.nationalgeographic.fr/les-tetes-dife-chefs-doeuvre-de-lart-nigerian

DE ERIC GARCÍA

PUBLICATION 14 SEPT. 2021, 09:27 CEST

Bronze Ooni Head

Tête d’Ooni en bronze, 12e-15e siècle. Musée national d’Ife, Nigéria.

PHOTOGRAPHIE DE ANDREA JEMOLOSCALAFLORENCE

Les Yoruba, peuple vivant au Nigeria, tient Ife pour une ville sacrée fondée par les dieux, et pour le berceau de l’humanité. Située à 215 kilomètres au nord-est de la ville nigériane de Lagos, Ife est le lieu où des archéologues ont découvert une série de sculptures qui ont révélé au monde la riche histoire de l’art de la culture yoruba.

En métal ou en terre cuite, les têtes d’Ife montrent un goût prononcé pour la symétrie. Certains visages sont ornés de lignes et de motifs, et des coiffures élaborées surmontent ces têtes majestueuses.

Quand il a observé pour la première fois ces œuvres d’art en 1910, l’ethnologue allemand Leo Frobenius ignorait tout de l’importance accordée aux visages dans la cosmologie yoruba. Bien qu’ancrées dans un profond racisme, ses théories sur les origines de ces têtes et la fascination qu’elles ont suscité chez lui a initié un changement dans la façon dont le monde occidental considérait les cultures africaines.

 

LIEU SACRÉ

Né dans une famille bourgeoise à Berlin en 1873, alors capitale du nouvel empire allemand, Frobenius passa son enfance et sa jeunesse à lire les chroniques d’explorateurs du 19e siècle, nourrissant sa fascination pour le continent africain. À partir de 1904, Frobenius voyagea en Afrique, rapportant de ses voyages des milliers d’objets culturels qu’il vendit aux musées allemands.

En 1910, il entama sa quatrième expédition, en passant par le territoire des Yoruba, alors contrôlé par le Nigeria britannique. Apparue il y a environ 1 000 ans, la culture yoruba a fleuri dans la région et ses habitants ont fondé de nombreux royaumes et villes. Aujourd’hui, les Yoruba constituent toujours l’un des plus grands groupes ethniques du Nigeria.

Frobenius a passé environ trois semaines dans la ville d’Ife. Fondée au 11e siècle, Ife était connue pour le savoir-faire de ses artisans. Frobenius connaissait la riche culture de la région au sens large, car en 1897, les Britanniques avaient rapporté du royaume du Bénin des bronzes élaborés.

Bien que la connaissance de la culture locale de Frobenius soit mince, il avait entendu parler d’une œuvre d’art à Ife qu’il croyait être dédiée au dieu Olokun, une divinité marine yoruba. Il demanda à la voir et fut escorté jusqu’à une palmeraie sacrée, où l’objet avait été rituellement enterré. On l’exhuma pour qu’il puisse l’inspecter.

Il le décrivit comme « une tête d’une beauté merveilleuse, merveilleusement coulée dans du bronze antique, fidèle à la réalité, incrustée d’une patine d’un vert foncé splendide ». Nommant la « tête d’Olokun », Frobenius a fait pression sur les locaux pour qu’ils le vendent, pour la somme de six livres sterling.

Olokun Head

Photographiée en 1910, la tête d’Olokun a été perdue après que Leo Frobenius a été contraint de la rendre à Ife.

PHOTOGRAPHIE DE FROBENIUS INSTITUTE

La vente provoqua la consternation parmi les anciens Yoruba, et l’affaire remonta au sommet de l’administration britannique. Comme l’Allemagne était une puissance coloniale rivale en Afrique de l’Ouest, les activités de Frobenius attirèrent l’attention. Il fut contraint de rendre la tête d’Olokun à Ife. Il réussit cependant à rentrer en Allemagne avec plusieurs têtes en terre cuite.

Terra-cotta head Malgré son admiration pour ces sculptures, Frobenius ne pouvait accepter qu’elles aient été faites par des Africains. Son racisme l’amena à une théorie ridicule, selon laquelle les survivants de la légendaire Atlantis avaient apporté des savoir-faire de leur civilisation grecque en Afrique. Le dieu yoruba Olokun, n’était autre, disait-il, que le dieu grec de la mer Poséidon.

La tête d’Olokun, écrivait-il, avait « une symétrie, une vitalité, rappelant la Grèce et une preuve que, autrefois, une race, bien supérieure en tension aux Noirs, s’était installée ici ». Ces idées étaient représentatives de la pensée européenne du début du 20e siècle. L’archéologue nigérian Ekpo Eyo écrivit plus tard que les notions préconçues de la soi-disant civilisation occidentale ont aveuglé les chercheurs non-africains sur le fait que des œuvres d’art et de culture complexes et sophistiquées pouvaient provenir être l’œuvre d’artistes africains.

« Ceux qui étaient au pouvoir en Europe au cours des siècles précédents ont eu recours à la division, ils ont nié à l’art africain la place qui lui revenait dans l’histoire de l’effort créatif humain universel. »

Terra-cotta male head

Gauche:

Tête en terre cuite. 12e-15e siècle. Commission nationale des musées et monuments, Nigéria.

PHOTOGRAPHIE DE BRIDGEMANACI

Droite :

 

Copper-alloy head Tête en terre cuite. 12e-15e siècle. Le musée ethnologique de Berlin. Collection de Leo Frobenius.

PHOTOGRAPHIE DE BPKSCALAFLORENCE

La tête d’Olokun ayant disparu après son retour, il est difficile de connaître avec certitude sa datation. Les chercheurs pensent qu’elle date probablement de 1 350.

Les chercheurs européens sont retournés à Ife, espérant mettre au jour plus de bronzes. Ils déterrèrent sans déférence de nombreuses têtes en terre cuite, dont beaucoup furent acheminées dans des musées. 

La découverte la plus importante eut lieu en 1938, lorsque plus d’une douzaine de têtes furent mises au jour. Comme la tête perdue d’Olokun, celles-ci étaient faites d’un alliage de cuivre mais furent largement documentées comme des bronzes. Beaucoup peuvent être observées aujourd’hui dans le musée des antiquités d’Ife. En 1948, les archéologues avaient accepté que les têtes étaient l’œuvre d’artisans yorubas et non de personnes de l’Atlantide.

Tête en alliage de cuivre. 14e-15e siècle. British Museum, Londres. 

PHOTOGRAPHIE DE BRIDGEMANACI

Les chefs-d’œuvre d’Ife ont joué un rôle clé dans le renversement des préjugés selon lesquels l’Afrique ne produisait que de l’art « primitif ». En réponse à une exposition des têtes de 1948 au British Museum, une publication londonienne déclarait : « Cet art africain est digne de figurer parmi les plus belles œuvres d’Italie et de Grèce. »

L’étude a montré que les chefs royaux représentés n’étaient pas des dieux mais des hommes – les ooni, souverains des royaumes yoruba. Les riches ooni ont obtenu les métaux pour les œuvres d’art en échangeant de l’or et de l’ivoire le long des routes sahariennes vers l’Europe. Pour les Yoruba, les têtes sont plus que de beaux objets. Dans la croyance yoruba, la tête est la demeure des Ori, le siège de l’âme et le lieu où le destin d’une personne est déterminé.

En raison de la profonde signification spirituelle de ces objets produits à Ife, de nombreux Nigérians plaident pour le rapatriement des têtes d’Ife, dans le cadre d’un débat plus large réclamant le retour des artefacts africains sur les terres qui les ont créés.

Cet article a initialement paru sur le site nationalgeographic.com en langue anglaise.

L’ethnothéogonie des anciens ou Dionysus-Sanchoniaton-Hésiode : qui étaient Noé et ses fils (Cham, Japhet et Sem) dans les anciennes bibles des grecs et des africains antérieures à la genèse composé par Esdras à Babylone en l’an -354 et complètée les sassudéens et finalisée par les pharisiens au 1 er siècle ?

GENERALITE

Présentation des auteurs : Sanchoniaton (vers l’an -1500) est phéniciens (Cananéen) mais une partie des mythes qu’il rapporte vient d’un prètre juif de iao (Yahvéh Sabaoth). Dionysus (vers l’an -500) est un auteur de langue grecque, il est probablement d’origine africaine comme Manéton car on imagine mal comment il a put rapporter la version africaine éthiopienne des mythes à la manière de Manéton qui a rapporté en grec, la version africaine égyptienne de l’exode des juifs. A en croire son nom Dionysus, il est probablement de Nyse d’Ethiopie hespérienne (Kano au Nigéria). Hésiode (vers l’an -700) est d’origine Anatolienne (Cymé) par son père. Les phrygiens idéens qui sont aussi des anatoliens, sont les ancètres des idéens crétois selon Ephore qui est aussi un phrygien. Selon Tacite, les spartiates (crétois) sont les ancètres des juifs. Les phrygiens adorent comme Dieu suprème Sabazios qui est donc le meme que Saturne ou le iao Sabaoth de la bible ou encore le Sabbati-Saturne des romains (le Samedi Saturday se dit Sabbati-di en Latin). Les crétois présentent le texte de Hésiode comme étant le livre de leur histoire (voir Diodore). Flavius Joseph lui-même (AJ Livre 1 « CHAP III. 9), compare Noé aux personnages de la théogonie d’Hésiode. Flavius va jusqu’à dire que (AJ Livre 1 Chap XV) Hercule est le beau-fils d’Abraham. Hercule ou Hérakles (du Pont ?) est fils de Jupiter (et d’Alcmène) et petit-fils de Saturne-Sem et Abraham lui-même descendant de Sem-Saturne fils de Noé-Uranos. Selon l’ancien testament des bibles orthodoxe et catholique (1 Maccabées 12v et 14v, 2 Maccabbées 6v), le Talmud et Flavius : les juifs, les spartiates et les romains sont des frères et descendent du meme patriarche Abraham qui signifie père des nations. La bible hébraique donne à deux reprise une origine indo-européenne phrygienne (Hittite) aux juifs (Ezéchiel 16v3,45) alors que selon les livres de la genèse-jéhoviste et genèse-élohiste-Deuteronome, Sarah et Abraham sont tantot d’origine chaldéenne Gn 11v7 et tantot d’origine syro-arménienne Dt 26v5, Gn 24v2-4, 25v20, 28v5, 31v20,24. Paul de tarse et Eusèbe de Césarée sont d’origine Hittite, c’est-à-dire Cappadocienne et donc grecs. Les cappadociens étaient appelés Leuco-syriens (syriens blancs dans l’antiquité). Sur le plan sceintifique, l’Haplogroupe J2 de la génétique des populations est remarquablement commun au crétois actuels, aux juifs et aux romains notament ceux des cotes du Latium. Saturne ou štrny, signifiant « époux astartéen » et faisant allusion peut-être au mariage sacré originaire avec Astarté.

La théogonie d’Hésiode en continuité avec Sanchoniaton, plagié et modifié dans le pentateuque par Esdras[1], les scribes sadducéens et surtout pharisiens entre l’an -50 et +20 : en effet, le lien entre la Genèse (9v20-27 et 10v1-32) et Hésiode est suggéré par Flavius lui-même pour expliquer certains aspects incroyables sur les personnages de Noé et ses fils … Le tohu-bohu et les ténèbre du livre de la genèse Gn 1v1-2 ne sont rien d’autre que le Chaos et le Erèbe dans Hésiode. Dans la genèse, c’est la Terre v24 et l’Océan v20 qui a engendré les animaux de la meme facon que la déesse Terre Géa a engendré les ancètres primordiaux : son fils-époux Uranos et ses enfants Okéanos, Japhet, Saturne etc dans la théogonie d’Hésiode …

Sanshoniaton et Denys de Millet qui présentent les versions plus africaine des mythes parlent de deux familles :

  • Dans Sanchoniaton : la famille dont descent Misor et Taaut d’un coté et la famille des descendant de Uranos de l’autre coté
  • Dans Denys de Millet : il y a la famille africaine ou libyenne de Ammon, Osiris, Minerve etc et de l’autre coté, la famille de Uranus ou des Titans

Par contre, Hésiode et le pentateuque met tous les ancetres divinisés dans la famille des descendants de Uranos :

Uranos (Sanchoniaton ou Hésiode) ou El (Deut 32v6-14) est en fait Noé de la genèse élohiste 9v1 à 10v32. Le récit d’Uranus qui se met en colère quand ses fils (dont Saturne) ont eu des rapports sexuel avec la déesse encore humaine Aphrodite ou Cythérée et de ses fils qui devinrent ainsi les coupable Titans est assez comparable à Gn 6v1,2,4 où Elohim se mets en colère contre les Elohim-anges (fils de Elohim) qui ont eu des rapports érotiques avec les filles des hommes. On sait que les élohim sont des mortels meme dans la bible Ps 82v5-7,82v1, Jean 10v33-35. Le mythe de l’Amour entre Aphrodite et Adonis (Yahweh) est aussi une autre version des relations érotiques entre Saturne (Yahweh Adonai) et Aphrodite. Yahweh (Saturne ou Adonis) est connu dans tous les mythes comme amant de la fameuse Aphrodite. Aphrodite est aussi à l’oriigine de la naissance de la fille de Dercète appelé Sémiramis rène des assyriens venu de Damas comme les ancètres des juifs qui sont aussi originaire de Damas selon Trogue-Pompée. Dans Hésiode, le déluge était forcéement local car tous les hommes ne descendent pas de Deucalion. C’est le cas entre autre des africains (libyens) Gorgones et les Hespérides (africains ou libyens éthiopiens vivant dans la région des fleuves Niger-Congo). Le Noé biblique est donc créé en mélangeant l’histoire Uranus (père des différents patriarches des diverses races humaines) avec l’histoire de l’homme du déluge local grec Deucalion (Xisuthros pour les assyriens). Deucalion du déluge grec est l’arrière arrière petit fils d’Uranus (Noé) et petit fils de Japet (Japheth). Xisustros qui est le Deucalion des assyro-babylonien n’est pas Uronos père de Japhetos mais a vécu longtemps après Uranos et son fils Cronos car c’est Cronos (Sem Siracide 49v16) qui est la divinité qui a dit à Xisuthros-Noé de construire un bateau pour échapper au déluge. Les choses sont donc un peu complexes car l’histoire de Noé est construite à partir de celui de Xisuthrus père de Sim (Sem), Damacus et Darpan combinée à celle de Uronos père de Cronos (Yhwh Sabaoth), Japhetos et okéanos. Ainsi, Sem est à la fois fils de Noé et Dieu-Sem, Dieu de Noé.

On remarque que les grecs placent le déluge non pas au temps de Japhet (et de son père Noé = Uranos) mais au temps d’un arrière petit fils de Japheth. De meme les assyro-babyloniens et les Elamites placent le déluge non pas au temps de Cronos (Sem) et Uranos (Noé) mais au temps d’un arrière petit fils de Cronos appelé Xisuthrus. Il en est de meme pour l’égyptien Abydene qui rapporte aussi le déluge de Xisusthrus, mais le déluge est local et a eu lieu uniquement en eurasie selon les égyptiens et le déluge n’a jamais affecté l’Egypte ou l’Afrique (voir le Timée de Platon). La bible qui place le déluge au temps de Noé (Uranos) père des patriarches des races humaines (Japhet, Sem et Cham) est constuite sur le modèle de la version Arménienne ou araméenne de Catina (voir de Khorenatsi) où Xisuthros n’est pas un lointain descendant ou adorateur de Cronos, mais Xisuthrus est le père de Japhet et donc le père de Cronos (Zérouan=Cronos=Sem dans les textes classique selon Champollion) dans la version arménienne. On sait que le Deuteronome (qui est le plus ancien livre du pentateuque) dit que les juifs sont des arméniens Dt 26v5 aussi appelés araméens selon Flavius.

  • Kronos-Sabaoth ou Saturne ou Yahvé est Sem fils de Noé, diminutif de Samedi de Sambati du Latin qui désigne Saturne ou Cronos, c’est donc Sem qui a castré son père Uranos-Noé. Sem est entre autre l’ancètre des lacédémoniens ou spartiates, des latins ou romains et des juifs ou araméens de Palestine. Le texte sacerdotal de Genèse 9 verset 26 et l’Encyclopedia Universalis à l’article SEM écrit par André PAUL disent clairement que Sem est Yahvé car c’est yahvéh qui recoit la bénédiction, ce qui prouve que l’identité entre Yahvéh et Sem était trivial. Tous les descendants de Sem sont d’origine phrygienne dans les textes classiques grecs. Sem, c’est Saturne. Sem, c’est donc Yahveh Sabaoth (l’Eternel des armées) lui-même Gn 9v26, c’est lui qui est le Sabazi (Sabazios des phrygiens), le Sabbato des Lacédémoniens ou spartiates et des crétois, c’est le Sambati de Sambati die des Latins ou romains. En phénicie (Judée, Canaan etc), deux noms sont utilisé pour désigner Saturne ou Kronos, il s’agit de Sabaoth (Philon de byblos par jean Lydus) ou Baal (Théophile livre 3 Ch XXIX). C’est deux noms désignent Yahveh dans la bible hébraique isaie 54v5, Osée 2v16-18, 2 Sam 5v20, 1 Chrn 9v39-40. En plus, dans le judaisme Rabbinique, le nom Yahweh est substitué à haSèm comme pour confirmer la traduction mot à mot de Gn 9v26. Dans le judaisme samaritain, le nom de Yahweh est Shèma. Mais, les choses sont plus complexes car l’histoire de Noé est construite à partir de celui de Xisuthrus père de Sim (Sem), Damacus et Darpan et Uronos père de Cronos (Yhwh Sabaoth), Japhetos et okéanos. Ainsi, Sem est à la fois fils de Noé et Dieu-Sem, Dieu de Noé.
  • Okéanos (Osiris) ou Olokun (Yoruba) est Cham fils de Noé. Okéanos identifié à Osiris (voir Plutarque) est l’ancètre des éthiopiens hespérides (afrique Ouest-Sub-Saharienne +Cameroun, Equateur, Gabon, Congo-Ouest) etc. Hésiode fait d’Atlas un fils de Japet (Japheth) et d’une Océanide, mais en réalité, dans les autres textes (Dionysus ou Sanchoniaton), Atlas est frère de Kronos, c’est-à-dire assimilable à Okéanos lui-même. Atlas, c’est le mont Cameroun appelé Char des Dieux par les phéniciens comme Hannon. Cham-Okéanos est l’ancètre des africains car le mot africain se dit Libyens en grecs, c’est ce mot qui est Punt fils de Cham dans la bible (Selon Flabius). Les Soudanais (Ethiopie Sub-égyptienne et) et les égyptiens sont des colonies des éthiopiens hespériens depuis le temps d’osiris. La théogonie des africains commence généralement par l’océan primordial chez les yoruba (Nana Bulukun), chez les egyptiens (le Noun) etc. En Yoruba, Okùn = Okéanos (Tékun en Haoussa) et en Fon du Dahomey, ‘kon’ signifie déverser faisant penser aux vagues de l’Océan, ‘nou’ signifie boire (de l’eau). On sait qu’Osiris le premier a vécu à Kano (Nyse) dans la culture Nok à en croire Denys de Millet rapporté par Diodore. L’ethnologue allemand Leo Frobenius a reconnu le lien indéniable entre le Poséidon dieu-Okéanos de la théogonie des anciens et le dieu Yoruba d’ifè appelé Olokun. La seule chose qui a échappé à Léo Frobénus qui était aveuglé par le racisme occidentale du 19 ème siècle est que le pays des Atlantes des textes grecs est en Afrique de l’Ouest. Ce ne sont pas les atlantes qui ont visité les Yoruba de la civilisation ifè ou les Haoussa de la civilisation Nok. Les Youruba et les Haoussa de Nok et d’ifè sont les atlantes. Le lien avec le dieu de la forge Ogun est assez frappant ! Dans la tradition fon, Le Dieu Supreme Lisa coté masculin de Mahou est la divinité qui a enseigné la métalurgie aux hommes, or Ogun est le dieu de la forge et de la métalurgie. Ce constat sugère donc un lien entre Lisa, Okun et Ogun qui symbolisent l’ancètre des africains. Les dahoméens ne jurent que par Ogun, ‘’Ogun di é oun hloué nou wé é !’’ signifie ‘’ Voici que je te le jure par Ogun (que je dis la vérité) !’’ Il y a meme une ethnie au Bénin et au Nigéria appelés les Ogun (èthnie de l’ancien président nigérian ObaSandjo). Le mot Olokun se vocalise aussi Olohoun ou Olohou, c’est ce mot qui adonné le mot en langue Fon ‘Hou’ qui signifie Océan, et le mot ‘Houn’ qui a la meme signification que le mot ‘Vodoun’. Dans la langue des fon et des Ogun très proche du fon, feu se dit Zo, le dieu foudre-feu se dit aussi So ou èbi-o-so (père ou ancètre So). En grec, le nom Zeus veut dire aussi chaleur, du verbe zeô, chauffer, brûler. C’est pour ca que les grecs eux meme donne une origine africaine à leur divinités majeurs. Ammon père d’Osiris est le Zeus des africains. Meme le nom du dieu Kronos semble avoir une origine africaine car le mot Aklounon ou Oklounon en fon du Dahomey ou en Goun est associé à Dieu. Notez qu’en Fon, la consonne R n’existe pas et est muté en L. Ainsi, on comprend pourquoi les descendants de phrygiens : les phéniciens proto-juifs, les lacédémoniens et les romains ont assocé leur Sabaoth, leur Sabbato ou leur Saturne à Kronos. Les grecs ont associé le Sabazios des phrigiens à Zeus (dieu-Foudre), tout comme Yahveh est clairement un dieu-Foudre dans la bible. On ne saura jamais si cette association entre Sabazios et Zeus est pour signifier ‘Roi des dieux’ ou pour signifier que Sabazios est aussi un dieu-Foudre comme Yahveh dans la bible. Les deux possibilités sont totalement envisageables. En effet, chez les chaldéens d’origine égypto-nubienne, la planète Kronos (Saturne) est appelé Soleil (Shamash) et est associé à Dieu (Selon Diodore confirmé par l’archéologie) comme en Afrique où Dieu est associé au Soleil. Pour faire la distinction entre le Kronos africains et le Kronos judéo-romains, nous les appellerons respectivement Kronos-Shamash et Kronos-Sabaoth à l’image de la distinction entre les Zeus dans l’antiquité où Zeus-Amon est le Dieu-Soleil des africains alors que le Zeus fils de Saturne des grecs est le dieu-Foudre.
  • Japet est Japheth, il est unanimement l’ancètre des grecs athéniens, macédoniens, ioniens (Yavan, Kittim dans la bible) etc, Dagon est Dagon, le dieu principale du panthéon des philipstins qui sont aussi des grecs d’origine crétoise, mais meme dans la bible, les philistins sont aussi un peuple de Yahveh comme les romains (fils d’Esau), les ammonites, les araméens ou arméniens sorti de Kir par Yahveh. Dans la mythologie grecque, le déluge est un déluge locale et non mondiale, qui a eu lieu, non pas au temps de Uranus (Noé Gn 6v1 à 9v19) mais au temps de Deucalion chez les assyro-babyloniens (comparable à Pélèg Gn 10v25,32), petit-fils de Japet fils de Uranos-Noé. Chez les perses et les assyro-babyloniens, le Déluge a eu lieu non pas au temps de Uranos et ses fils mais longtemps après au temps de Xisutros (Noé). Le dieu Cronos (Yahweh) fils de Uranos est le dieu qui a conseigné à Xisustros (Noé) de construire un bateau.

Sabbati porte donc aussi le titre Saturne ou ‘štrny, signifiant « époux astartéen » et faisant allusion peut-être au mariage sacré originaire avec Astarté. Astarté était la déesse principale du panthéon syrien, phénicien et cananéen antique. Les Phénicians l’appelaient Astarté, les Assyriens Ishtar et les Philistins Achéra (1 Samuel 31.10). Du fait qu’Israël n’a pas achevé la conquête de Canaan, le culte d’Astarté a survécu et continué à troubler Israël, dès la mort de Josué (Juges 2.13).

Jean Haudry propose de reprendre une ancienne étymologie qui rapproche le nom de Saturne de celui du dieu védique Savitar avec une base *sa(e)tori-no- signifiant « qui se manifeste dans l’impulsion ». Saturne serait originellement comme Savitar un impulseur des biens, aspect que l’on retrouve dans les réjouissances et les cadeaux des Saturnales, d’où son rôle de civilisateur et de fondateur3. Ce n’est que secondairement qu’il aurait été lié à l’activité agricole.

Astarté était représentée sous la forme d’un tronc d’arbre sans branches planté dans le sol, dans lequel était généralement gravé un symbole représentant la déesse. Du fait de son association avec les arbres gravés, les lieux de culte d’Astarté étaient généralement appelés « poteaux » et le terme hébreux « achera » (pluriel « acherim ») pouvait faire référence à la fois à la déesse ou au poteau sacré. Un des crimes de Manassé a été de « m[ettre] la statue [littéralement le poteau gravé] d’Astarté qu’il avait fabriquée dans le temple » (2 Rois 21.7).

Astarté, considérée comme la déesse de la lune, était souvent présentée comme l’épouse de Baal, (Juges 3.7, 6.28, 10.6, 1 Samuel 7.4, 12.10). Mais en réalité Baal n’est rien d’autre que Yahveh lui-même comme on peut le prouver avec la bible. L’archéologie prouve que Achéra était l »pouse de Yahveh. Elle était aussi considérée comme la déesse de l’amour et de la guerre et parfois associée à Anath, une autre déesse cananéenne. Le culte d’Astarté était caractérisé par la sensualité et impliquait la prostitution sacrée. Les prêtres et prêtresses d’Astarté pratiquaient aussi la divination.

L’Éternel Dieu, par la Loi de Moïse pseudographique inventée par Esdras, interdit le culte d’Astarté. La Loi dit qu’il ne doit pas y avoir de « poteau sacré en bois » à côté de l’autel de Jéhovah (Deutéronome 16.21). Malgré cette interdiction claire, le culte d’Astarté aurait été un problème récurrent en Israël. Quand Salomon est tombé dans l’idolâtrie, une des divinités païennes qu’il a faites entrer dans son Royaume était Astarté, « la divinité des Sidoniens » (1 Rois 11.5, 33). Par la suite, le culte d’Astarté s’est davantage répandu sous l’influence de la reine Jézabel, avec 400 prophètes d’Astarté qui mangeaient à la table royale (1 Rois 18.19). Par moment, Israël passait par une vague de réveil. D’importantes croisades contre le culte d’Astarté ont été menées par Gédéon (Juges 6.25-30), le roi Asa (1 Rois 15.13) et le roi Josias (2 Rois 23.1-7). C’est de cette facon que les auteurs biblique ont voulu présenter Achéra qui était en fait l’épouse de Yahveh, la déesse Rhéa épouse et sœur de Saturne dans la théogonie d’Hésiode.

HESIODE TRADUIT PAR M. PATIN de l’Académie Française [1]

Commençons notre chant par les Muses, habitantes du haut et divin Hélicon, qui, près d’une noire fontaine, devant l’autel du puissant fils de Cronos, mènent des danses légères ; qui, après avoir baigné leur beau corps dans les eaux du Permesse, de l’Hippocrène, du divin Olmeios, couronnent de chœurs gracieux, ravissants, les sommets de la montagne sacrée et les foulent sous leurs pieds agiles. C’est de là qu’elles descendent, lorsque, la nuit, dans un nuage, elles s’en vont parcourir la terre, faisant retentir au loin leur voix harmonieuse. Elles chantent Zeus qui s’arme de l’égide, Héra qui règne dans Argos et marche sur une chaussure dorée, la fille du roi des dieux, Athéné aux yeux d’azur, Apollon et sa sœur la chasseresse Arthémis, Poséidon, ce dieu dont les eaux embrassent la terre, dont le sceptre l’ébranle, la vénérable Thémis, Aphrodite aux doux regards, Hébé à la couronne d’or, la belle Dioné, l’Aurore, le grand Hélios, la brillante Séléné, et Latone, et Japet, et Cronos aux rusés conseils, la Terre, le vaste Océan, la Nuit obscure, la race des autres dieux immortels.

Elles-mêmes elles enseignèrent leurs beaux chants à Hésiode, tandis qu’il paissait son troupeau au pied du divin Hélicon ; et voici comme me parlèrent ces déesses de l’Olympe, ces filles de Jupiter :

« Pasteurs qui dormez dans les champs, race grossière et brutale, nous savons ces histoires mensongères qui ressemblent à la vérité ; nous pouvons aussi quand il nous plaît, en raconter de véritables. »

Ainsi dirent les filles éloquentes du grand Zeus, et elles placèrent dans mes mains un sceptre merveilleux, un verdoyant rameau d’olivier ; elles me soufflèrent une voix divine, pour annoncer ce qui doit être et ce qui fut ; elles m’ordonnèrent de célébrer la race des immortels, les bienheureux habitants du ciel, elles surtout, dont la louange devait toujours ouvrir et terminer mes chants.

Mais c’est assez discourir, comme l’on dit, sur le chêne et sur la pierre.

Commençons donc par les Muses, qui, dans l’Olympe, charment la sublime intelligence de leur père, lorsqu’unissant leurs voix, elles disent et le présent, et l’avenir, et le passé. De leurs lèvres coulent avec une douceur infinie d’inépuisables chants : ils réjouissent le palais de Zeus, le maître de la foudre, où ils se répandent en accents harmonieux, et ils résonnent sur les sommets neigeux de l’Olympe, demeure des immortels. Cependant leur bouche céleste s’ouvre pour chanter et cette famille divine que Géa (la terre), et le vaste Ouranos (le ciel), engendrèrent, et les enfants qui en naquirent, les dieux auteurs de tous biens : elles chantent Zeus, le père des dieux et des hommes, commençant, finissant par ses louanges, célébrant en lui le plus fort, le plus puissant des dieux ; elles chantent la race des humains et celle des redoutables géants. Ainsi charment dans l’Olympe le cœur de Zeus ces divinités de l’Olympe que Zeus fit naître, que dans la Piérie lui donna Mnémosyne, souveraine des coteaux fertiles d’Éleuthère, ces filles de la déesse de mémoire, qui font oublier les maux et calment la douleur. Zeus, durant neuf nuits, avait visité leur mère, montant, loin du regard des immortels, dans sa couche sacrée ; et, quand l’année s’approcha de son terme, que les mois furent accomplis, que les jours marqués arrivèrent, elle mit au jour neuf vierges, qu’un même esprit anime, le cœur libre de soucis, sans autre soin que de chanter. Ce fut non loin de la dernière cime et des neiges de l’Olympe, où sont les brillants palais, théâtre de leurs jeux, où près d’elles ont leur demeure les Grâces et le Désir. Là, dans la joie des festins, leur voix ravissante chante les lois de l’univers et la vie divine des immortels. De ces lieux elles montent vers le sommet de l’Olympe avec leurs accents mélodieux, leurs célestes chansons. Tout à l’entour, les échos de la noire terre les répètent, et sous leurs pas cadencés naît une aimable harmonie, tandis qu’elles s’avancent vers leur père. Au haut du ciel règne ce dieu, qui, maître du tonnerre et de la foudre étincelante, vainqueur de son père Cronos, régla souverainement les rangs et les honneurs des immortels.

Voilà ce que chantent les Muses, habitantes des palais de l’Olympe, les neuf filles du grand Zeus, Clio, Euterpe, Thalie, Melpomène, Terpsichore, Érato, Polymnie, Uranie, Calliope, la première entre ses sœurs, car elle habite avec les rois. Si, parmi ces nourrissons de Zeus, il en est un que les déesses ses filles protègent, et qu’elles aient regardé à sa naissance d’un œil favorable, elles répandent sur sa langue une douce rosée ; de sa bouche les paroles coulent comme le miel ; les peuples le contemplent, lorsqu’il juge les différents et prononce ses équitables arrêts ; il parle avec autorité, et devant ses discours tombent aussitôt les plus vives discordes. Car c’est en cela que se montre la sagesse d’un roi, qu’aux peuples opprimés ses jugements rendus sur la place publique assurent de justes réparations, et que l’on cède facilement à ses persuasives paroles. Marche-t-il par la ville, on l’adore comme un dieu, avec respect et amour ; il paraît le premier au milieu de la foule qui l’entoure. Tels sont pour les humains les célestes présents des Muses. Des Muses et d’Apollon viennent les poètes, les maîtres de la lyre ; de Zeus viennent les rois. Heureux le mortel aimé des Muses ! Une douce voix coule de sa bouche. Quand vous êtes dans le malheur, dans l’affliction, que votre cœur se sèche de douleur, si un serviteur des Muses vient à chanter l’histoire des premiers humains et des bienheureux habitants de l’Olympe, vous oubliez vos chagrins, vous n’avez plus souvenir de vos maux, et soudain vous êtes changé par le divin bienfait de ces déesses.

Filles de Zeus, je vous invoque. Donnez-moi des chants dignes de plaire. Dites cette race divine et immortelle, qui naquit de la terre, du Ciel étoilé, de la Nuit obscure, ou sortit du sein de l’onde amère ; dites comment furent avant le reste et la terre, et les fleuves, et l’immense mer, dont les flots se gonflent et s’agitent, et les astres rayonnants et au delà le vaste ciel, et les enfants de ces dieux, les dieux auteurs de tous biens ; dites quelles possessions, quels honneurs ils obtinrent en partage, comment pour la première fois ils occupèrent l’Olympe aux sinueux replis ; dites-moi toutes choses, ô Muses, dont l’Olympe est le séjour, et, les reprenant dès l’origine, enseignez-moi d’abord par où tout a commencé.

Au commencement donc fut le Chaos, puis Géa au vaste sein, éternel et inébranlable soutien de toutes choses, puis, dans le fond des abîmes de la terre spacieuse, le ténébreux Tartare, puis enfin l’Amour, le plus beau des immortels, qui pénètre de sa douce langueur et les dieux et les hommes, qui dompte tous les cœurs, et triomphe des plus sages conseils.

Du Chaos et de l’Érèbe naquit la noire Nuit ; de la Nuit, l’Éther et le Jour, fruits de son union avec l’Érèbe. À son tour, Géa engendra d’abord, égal à elle-même en grandeur, Ouranos, qui devait la couvrir de toutes parts de sa voûte étoilée, et servir éternellement de séjour aux bienheureux immortels. Elle engendra les hautes Montagnes, demeure des Nymphes qui habitent leurs riants vallons ; elle produisit, sans l’aide de l’amour, la Mer au sein stérile, aux flots qui se gonflent et s’agitent. D’elle et d’Ouranos naquirent le profond Océan, Cœus, Crios, Hypérion, Japet, Théa, Rhéa, Thémis, Mnémosyne, et Phébé à la couronne d’or, et l’aimable Thétis, Cronos enfin, après tous, le rusé Cronos, de leurs enfants le plus terrible, qui, dès le jour de sa naissance, haïssait déjà son père. Géa enfanta encore les durs Cyclopes, Brontès, Stéropès, Argès, qui ont donné à Zeus sa foudre, qui ont forgé son tonnerre. Semblables en tout le reste aux autres dieux, ils n’avaient qu’un œil au milieu du front : mortels nés d’immortels, ils reçurent le nom de Cyclopes, à cause de cet œil unique, qui, au milieu de leur front, formait un cercle immense. Ils eurent en partage la force et excellèrent dans les arts. De Géa et d’Ouranos naquirent encore trois autres enfants, énormes, effroyables, qu’on n’ose nommer : c’étaient Cottos, Briarée, Gyas, race orgueilleuse ; de leurs épaules sortaient cent invincibles bras, et de là aussi, au-dessus de leurs robustes membres, s’élevaient cinquante têtes ; leur force était extrême, immense comme leur corps.

Or de tous ces rejetons que produisirent Géa et Ouranos, ils furent les plus terribles, et dès l’origine, en horreur à leur père. À peine ils étaient nés, qu’il les cachait au jour dans les profondeurs de la terre, semblant se plaire à ces détestables œuvres. Cependant Géa, que remplissait leur masse, gémissait amèrement au-dedans d’elle-même. Elle médite une ruse cruelle, engendre le fer, en forge une immense faux et, le cœur plein de tendresse, tient à ses enfants ce langage audacieux :

« Ô mes enfants, vous que fit naître un père dénaturé, si vous voulez m’en croire, nous nous vengerons de ses outrages, car, le premier, il vous a provoqués par ses forfaits. »

Elle dit, mais la crainte les saisit tous ; aucun n’élève la voix ; seul, prenant confiance, le grand, le prudent Cronos répond en ces mots à sa mère vénérable :

« Ma mère, j’accepte cette entreprise et je l’accomplirai. Je me soucie peu d’un odieux père, car, le premier, il a médité contre nous de détestables actes. »

Il dit, et l’immense Géa se réjouit en son cœur. Elle le cache dans un lieu secret, arme sa main de la faux aux dents acérées, et le prépare à la ruse qu’elle a conçue. Bientôt Ouranos descend avec la Nuit ; il vient s’unir à Géa, et s’étend de toutes parts pour l’embrasser. Alors, s’élançant de sa retraite, Cronos le saisit de la main gauche, et, de la droite, agitant sa faux immense, longue, acérée, déchirante, il le mutile, et jette au loin derrière lui sa honteuse dépouille. Ce ne fut pas vainement qu’elle s’échappa des mains de Cronos. Les gouttes de sang qui en coulaient furent toutes reçues par Géa, et, quand les temps furent arrivés, son sang fécond engendra les redoutables Érinnyes, les énormes Géants, couverts d’éclatantes armures, portant dans leurs mains de longues lances, les Nymphes habitantes de la terre immense, que l’on nomme Mélies. Cependant ces divins débris, que le tranchant du fer avait détachés, étaient tombés dans la vaste mer ; longtemps, ils flottèrent à sa surface, et, tout autour, une blanche écume s’éleva, d’où naquit une jeune déesse. Portée d’abord près de Cythère, puis vers les rivages de Chypre, ce fut là qu’on vit sortir de l’onde cette déesse charmante ; sous ses pas croissait partout l’herbe fleurie. Les dieux et les hommes l’appellent Aphrodite, parce qu’elle naquit de la mer ; Cythérée à la belle couronne, parce qu’elle s’approcha de Cythère ; Cypris, parce qu’elle parut pour la première fois sur les rivages de Cypre ; amie de la volupté, en souvenir de son origine. Dès sa naissance, lorsqu’elle allait prendre sa place dans l’assemblée des dieux, l’Amour et le bel Liméros (le Désir) marchèrent à sa suite. Elle eut dès l’abord en partage, entre tous les immortels, et tous les humains, les entretiens séducteurs, les ris gracieux, les doux mensonges, les charmes, les douceurs de l’amour.

Irrité contre ses enfants, contre ceux qu’il avait fait naître, Ouranos les appela Titans, exprimant par ce mot leur œuvre coupable, et les menaçant pour l’avenir d’un châtiment.

Et la Nuit engendra le triste Sort, la sombre destinée, la Mort, le Sommeil, la troupe des Songes ; la Nuit les engendra seule, sans s’unir à aucune autre divinité. Ensuite elle fit naître Momus, et la cruelle Douleur, enfin les Hespérides, gardiennes de ces beaux fruits, de ces fruits d’or, qui croissent aux confins de l’Océan : elle enfanta les Parques, ces sévères ministres de la destinée, Clotho, Lachésis, Atropos, qui président à la naissance des mortels, et leur distribuent les biens et les maux, qui, chargés de poursuivre les attentats des hommes et des dieux, ne laissent point reposer leur courroux que le coupable, quel qu’il soit, n’ait reçu son châtiment. De la funeste Nuit sortit encore Némésis, le fléau des humains, puis la Fraude et la Débauche, l’affreuse Vieillesse, l’ardente Discorde.

À son tour l’affreuse Discorde produisit le pénible Travail, l’Oubli, la Faim, les Douleurs, sources de larmes amères, les Combats, les Meurtres, les Massacres, les Disputes, le Mensonge, l’Équivoque, l’Anarchie et l’Injure, son habituelle compagne, le Serment enfin, si fatal à l’homme, quand il ne craint pas de se parjurer.

La Mer donna le jour au véridique Nérée : c’est l’aîné de ses enfants ; on célèbre le vieillard parce qu’il est sincère et bon, que jamais il n’oublie les lois de l’équité, qu’il n’a que des pensées de justice et de douleur. La Mer eut encore de son union avec la Terre le grand Thaumas, le fier Phorcys, la belle Céto, Eurybie dont la poitrine enferme un cœur de fer.

De Nérée et de la blonde Doris, fille de l’immense Océan, naquit dans la mer stérile une aimable postérité : Proto, Eucranté, Sao, Amphitrite, Eudore, Thétis, Galéné, Glaucé, Cymothoé, Spéio, Thoé, la charmante Halie, la gracieuse Mélite, Eulimène, Agavé, Pasithée, Érato, Eunice aux bras de rose, Doto, Proto, Phérusa, Dynamène, Nésée, Actée, Protomédie, Doris, Panopée, et la belle Galathée, et l’aimable Hippothoé, Hipponoé aux bras de rose, Cymodocé qui, avec Cymatolège et la légère Amphitrite, apaise d’un mot les vagues courroucées de la sombre mer et le souffle furieux des vents ; Cymo, Eioné, Halimède à la brillante couronne, Glauconome au doux sourire, Pontoporie, Leiagore, Évagore, Laomédie, Polynome, Autonoé, Lysianasse, Évarné, dont le port est aimable et la beauté parfaite, Psamathée si remplie de grâce, la divine Ménippe, Néso, Eupompe, Thémisto, Pronoé, Némertès enfin, qu’anime l’esprit véridique de son immortel père. Telles furent les cinquante filles qui naquirent de l’irréprochable Nérée, déesses irréprochables comme le dieu qui les fit naître.

Thaumas s’unit à Électre, fille du profond Océan ; il en eut la rapide Iris, les Harpyes à la belle chevelure, et Aello, et Ocypète, qui d’une aile légère suivent dans leur vol les vents et les oiseaux, qui jamais ne quittent la région de l’air.

Phorcys eut de Céto les belles Grées ; ainsi les nomment, à cause des cheveux blancs qui dès leur naissance ombragèrent leur front, et les dieux immortels et les hommes, habitants de la terre. C’est Péphrédo, au riche voile, Ényo, au voile doré. Après elles naquirent les Gorgones, qui habitent au delà de l’illustre Océan, aux extrémités de la terre, près de la Nuit, avec les Hespérides à la voix éclatante. C’est Sthéno, Euryale, Méduse, qui souffrit des maux si cruels. Méduse était mortelle, tandis que ses sœurs n’étaient sujettes ni à la vieillesse ni à la mort. Elle seule pourtant reçut, sur une molle prairie, parmi les fleurs du printemps, les embrassements du dieu à la chevelure azurée. Lorsque Persée eut coupé sa tête, de son sang s’élancèrent le grand Chrysaor et le cheval Pégase ; celui-ci ainsi nommé des sources de l’Océan près desquelles il reçut la naissance, et l’autre, de l’épée d’or qu’il portait dans ses mains. Prenant son vol loin de la terre féconde, Chrysaor s’alla joindre aux immortels : il habite le palais de Zeus et au prudent Zeus il apporte sa foudre.

De Callirhoé, fille de l’illustre Océan, Chrysaor eut Géryon, aux trois têtes. Hercule vainquit ce monstre dans l’île d’Érythie, près de ses bœufs au pied flexible, au large front, le jour où, les enlevant, après avoir tué, au fond de leur étable obscure, ceux qui les gardaient, le chien Orthros et le pasteur Eurityon, il les chassa devant lui, à travers les flots de l’Océan, et les conduisit dans la ville sacrée de Tirynthe.

Callirhoé enfanta encore dans une caverne un être monstrueux, auquel rien ne ressemble chez les dieux et chez les hommes, la divine, la redoutable Échidna. C’est dans la partie supérieure de son corps une jeune nymphe au doux regard, au beau visage, et dans le reste un énorme et affreux serpent, tout couvert d’écailles aux couleurs changeantes, qui se repaît d’une nourriture sauvage dans les entrailles de la terre. Là, dans un antre, sous des rochers, loin des immortels et des mortels, est l’illustre demeure que lui ont assignée les dieux. Ainsi, près des monts Arimes, sous la terre a été reléguée la triste Échidna, nymphe immortelle, à jamais exempte de la vieillesse.

On dit que de Typhon, le plus impétueux, le plus terrible des vents, cette nymphe aux beaux yeux conçut une formidable race : d’abord le chien Orthros, que posséda Géryon ; puis l’horrible, le dévorant Cerbère, le gardien des demeures d’Hadès, le monstre aux cinquante têtes, à la voix d’airain, au corps énorme, à la force indomptable ; enfin, la cruelle Hydre de Lerne, que nourrit Héra dans son implacable haine contre Héraclès, mais qu’immola de son épée d’airain l’héritier d’Amphitryon, le fils de Zeus, aidé du courage d’Iolas et des conseils de la guerrière Athéné. Enfin c’est la Chimère, vomissant d’invincibles feux, la terrible, l’immense, la rapide et indomptable Chimère. Ce monstre avait trois têtes, une de lion, une de chèvre sauvage, une de serpent ; son encolure était d’un lion, sa croupe d’un serpent ; le reste d’une chèvre sauvage. Prodige affreux, de sa bouche s’échappaient des torrents de feu. Pégase et l’intrépide Bellérophon la firent périr. Du commerce de ce monstre avec Orthros sortit le Sphinx, fléau des Thébains, et ce lion qu’éleva l’auguste épouse de Zeus, et qu’elle lança sur les fertiles plaines de Némée pour le malheur de leurs habitants. Cet hôte terrible les dévorait en foule ; il régnait sur le Trétos de Némée, sur Apésas : mais enfin il périt, dompté par les bras vigoureux d’Héraclès.

Le dernier des enfants que Céto eut de Phorcys fut ce redoutable serpent, qui vit dans une caverne aux extrémités de la terre, et garde les fruits d’or du jardin des Hespérides. Telle est la postérité de Phorcys et de Céto.

De Téthys et de l’Océan sortirent les fleuves rapides, et le Nil, et l’Alphée, avec le profond Éridan, et le Strymon, et le Méandre, avec le limpide Ister, le Phase, le Rhésus, l’Achéloüs qui roule des flots d’argent, le Nessus et le Rhodius, l’Haliacmon et l’Heptapore, le Granique, l’Æsépos, le divin Simoïs, le Pénée, l’Hermos, le Caïcos au tranquille cours, le vaste Sangarios, et le Ladon, et le Parthénios, et l’Événos, et l’Adrescos, et le divin Scamandre.

Téthys donna encore le jour à ces filles divines, auxquelles en tous lieux, comme à Apollon, comme aux fleuves, les hommes sacrifient leur chevelure. C’est Pitho, Admète, Ianthe, Électre, Doris, Prymmo, et Uranie, belle comme les déesses ; c’est Hippo, Clymène, Rhodia, Callirhoé, Zeuxo, Clytie, Idya, Pasithoé, Plexaure, Galaxaure et l’aimable Dioné ; c’est Mélobosis, Thoé, la belle Polydore, la séduisante Cercéis, Plouto aux grands yeux, et Perséis, et Ianira, et Acaste, et Xanthé ; c’est Pétrée qui charme les cœurs, Ménestho, Europe, Métis, Eurynome, Télesto au voile couleur de safran, Chryséis, Asie, l’aimable Calypso ; c’est Eudore, c’est Tyché, c’est Amphirhoé, c’est Ocyrhoé, c’est la nymphe Styx, la première parmi toutes ses sœurs. De l’Océan et de Téthys naquirent d’abord ces filles et ensuite beaucoup d’autres : car il est trois mille Océanides aux pieds gracieux, répandues sur la terre et présidant partout aux sources profondes, race brillante et divine. Autant de fleuves roulent à grands bruits leurs ondes, tous fils de l’Océan, tous issus de la vénérable Téthys ; une bouche mortelle ne saurait les nommer tous ; mais ceux-là connaissent leurs noms qui habitent près de leurs rives.

Théia fut mère du Soleil immense, de la Lune brillante, de l’Aurore, qui luit aux yeux des habitants de la terre et des habitants du large ciel. Elle les eut de son commerce avec Hypérion.

Unie à Crios, Eurybie, la première des nymphes, mit au jour le grand Astræos, et le grand Pallante, et Persès, dont nul n’égalait la science.

D’Astræos l’Aurore eut la race impétueuse des vents, et le violent Zéphyre, et le rapide Borée, et le Notus, fruits des amours d’un dieu et d’une déesse. Ensuite la déesse matinale produisit le brillant Héosphore, et les astres étincelants dont le ciel se couronne.

La nymphe Styx, fille de l’Océan, eut de son union avec Pallante le Zèle et la Victoire, la Puissance et la Force, illustres enfants. Ce n’est pas loin de Zeus que sont leurs palais et leurs trônes ; toujours ils siègent aux côtés, partout ils marchent à la suite du dieu qui fait gronder la foudre. Ainsi s’accomplirent les prudents conseils de Styx, l’immortelle Océanide, le jour où, sur les sommets de l’Olympe, le maître de l’Olympe, dieu aux flamboyants éclairs, convoqua tous les immortels. « Celui-ci, dit-il, qui viendra combattre avec moi contre les Titans ne perdra rien de ses divins attributs ; tous conserveront les honneurs dont ils jouissaient auparavant parmi les dieux, et si quelqu’un, sous le règne de Cronos, n’avait obtenu ni honneur ni récompense, il recevra l’un et l’autre comme le veut la justice. » Alors, vint la première sur l’Olympe, par le conseil de son père, l’immortelle nymphe Styx avec ses enfants. Zeus l’honora du prix le plus glorieux ; il voulut que jurer par ses eaux fût pour les dieux le plus redoutable des serments ; il ordonna que ses enfants habitassent éternellement avec lui. Il remplit également envers tous toutes ses promesses, possédant lui-même une puissance sans bornes et un empire souverain.

Phœbé entra dans la couche fortunée de Cœos, et des amours de ce dieu et de cette déesse naquit Latone au voile d’azur, à l’inaltérable douceur, qui jamais ne s’irrite contre les hommes ou contre les dieux, la plus gracieuse, la plus riante des habitantes de l’Olympe. Phœbé eut encore de Cœos l’illustre Astérie, que Persès conduisit dans son superbe palais et nomma son épouse.

D’Astérie naquit Hécate, favorisée par Zeus entre toutes les divinités, comblée par lui de magnifiques dons, qui en reçut une part de la terre et de la mer, qui déjà, sous le règne d’Ouranos, jouissait d’un sort glorieux, que révèrent les immortels eux-mêmes. Quelqu’un parmi les humains offre-t-il, selon les rites sacrés, un sacrifice expiatoire, c’est Hécate qu’il invoque ; à celui-là viennent aussitôt la grandeur et la fortune, dont la puissante Hécate reçoit favorablement les prières.

Aux attributs répartis entre les enfants de la Terre et du Ciel Hécate avait participé. Zeus ne lui a rien ravi de ce qu’elle obtint autrefois parmi les premiers dieux, parmi les Titans ; elle possède encore tout ce que lui a donné cet antique partage. Pour être seule de sa race, ses honneurs n’en sont pas moindres sur la terre, sur la mer et dans le ciel ; au contraire, ils se sont accrus, parce que Zeus l’honore. Elle peut, comme elle le veut, prêter son aide puissante aux humains : à son gré, elle leur accorde l’empire dans les assemblées des peuples ; lorsqu’ils se précipitent au milieu de la mêlée meurtrière, elle est là, qui leur distribue à son gré la victoire et la renommée. Dans les jugements elle s’assied auprès des rois, sur leur auguste tribunal. C’est elle qui préside aux jeux de la lice, et le mortel qu’elle favorise, vainqueur de ses rivaux par la force et par le courage, emporte sans peine le prix du combat, et, le cœur plein de joie, couronne de sa gloire ceux qui l’ont fait naître. C’est elle qui préside aux courses de char, aux travaux de la mer orageuse. Les matelots l’invoquent ainsi que le dieu qui ébranle à grand bruit la terre. Elle peut, à sa volonté, envoyer au chasseur une riche proie, ou la lui ravir. C’est elle encore, qui, dans les étables, préside, avec Hermès, à la prospérité des troupeaux ; par elle par sa volonté, se multiplient ou dépérissent et les bœufs, et les chèvres, et les brebis à l’épaisse toison. Ainsi quoique seule de sa race, quoique l’unique fruit des amours de sa mère, elle a part à tous les honneurs des dieux. Le fils de Cronos confia en outre à ses soins les premières années de tous les hommes qui après elle ouvriraient les yeux à la lumière de l’éclatante Aurore ; elle dut être dès l’origine leur nourrice et leur mère. Voilà les glorieuses fonctions qui lui furent départies.

Cédant à l’amour de Cronos, Rhéa eut de lui d’illustres enfants, Hestia, Déméter, Héra à la chaussure d’or, le redoutable Hadès aux demeures souterraines, au cœur inflexible, l’impétueux et bruyant Poséidon, le sage Zeus, père des dieux et des hommes, qui de sa foudre ébranle la vaste terre. À peine sortis des entrailles sacrées de leur mère et déposés sur ses genoux, le grand Cronos engloutissait dans son sein tous ses enfants : c’était pour qu’aucun des glorieux descendants du ciel ne pût un jour lui ravir le sceptre. Car il avait appris d’Ouranos et de Géa, que le sort le condamnait à passer, malgré sa puissance, sous le joug d’un de ses fils, à succomber sous les conseils de Zeus. Ne perdant pas de vue ce danger, attentif à le prévenir, Cronos dévorait ses propres enfants (Actes 17v18, Esaie 48v11), et Rhéa était en proie à la douleur. Le moment venu de donner le jour à Zeus, elle supplie ses antiques parents, Géa et Ouranos couronné d’astres, elle implore leurs conseils pour cacher la naissance de son fils, pour que ce fils puisse un jour punir les fureurs d’un père cruel, de ce grand et rusé Cronos qui avait dévoré ses propres enfants. Ils l’entendent et l’exaucent ; ils lui révèlent ce que les destins ont décidé et de Cronos et de son fils au cœur indomptable ; ils l’envoient à Lyctos, dans la riche terre de Crète, lorsqu’elle est près d’enfanter le dernier de sa race, le grand Zeus ; l’immense Géa le reçoit, se charge de l’élever et de le nourrir dans les vastes campagnes de la Crète. D’une course rapide, au milieu des ombres de la nuit, la déesse se rend à Lyctos ; elle y porte le fruit de ses entrailles, que recueille Géa, et qu’elle cache dans un antre profond, sous les épaisses forêts du mont Égée. Enveloppant de langes une énorme pierre, Rhéa la présente au puissant fils d’Ouranos, au précédent roi des dieux. Il la prend et l’engloutit aussitôt ; insensé, qui ne sait pas qu’au lieu de cette pierre un fils lui est conservé, un fils qui ne connaîtra ni la défaite ni les soucis, qui bientôt doit le dompter par la force de son corps, le dépouiller de ses honneurs, et régner à sa place sur les immortels.

Cependant le nouveau dieu s’élevait rapidement ; ses forces s’augmentaient avec son courage. Le temps venu, surpris par les ruses de Géa, vaincu par les bras et les conseils de son fils, le rusé Cronos rendit à la lumière ces dieux issus de son sang, qu’il avait engloutis. Et d’abord il vomit la pierre engloutie après eux. Zeus la fixa sur la terre, dans la divine Pytho, au pied du Parnasse, pour être un jour, aux yeux des mortels, le monument de ces merveilles.

Par lui furent ensuite délivrés les Ouranides, ses oncles, que, dans sa fureur insensée, son père avait chargés de chaînes. En reconnaissance de ce bienfait, ils lui donnèrent la foudre ardente, le tonnerre, les éclairs, jusqu’alors enfermés dans le vaste sein de la Terre. C’est par ces armes qu’il règne sur les hommes et sur les dieux.

Pour femme, Japet se donna la belle Clymène, fille de l’Océan. Avec elle il entra dans la même couche et elle lui donna pour fils l’indomptable Atlas, l’orgueilleux Ménétios, Prométhée au génie subtil et artificieux, l’imprudent Épiméthée, le premier auteur de nos maux, si funeste aux humains, car c’est lui qui reçut cette vierge que Zeus avait formée. Zeus au perçant regard frappa de sa foudre et précipita dans l’Érèbe Ménétios, indigné de son arrogance et de son audace. Par une dure loi relégué aux extrémités de la terre, non loin des harmonieuses Hespérides, Atlas soutient de sa tête et de ses infatigables mains la voûte immense du ciel. C’est le prudent Zeus qui lui assigna cette destinée. Le même dieu chargea d’indissolubles liens et enchaîna fortement à une colonne le rusé Prométhée ; il lui envoya un aigle aux ailes étendues, qui se repaissait de son foie immortel. Autant le monstre ailé en avait dévoré pendant le jour, autant il en renaissait pendant la nuit. Mais le fils de la belle Alcmène, le courageux Héraclès, délivra Prométhée de son bourreau et termina ses souffrances. Ainsi le permit le dieu qui règne au sommet de l’Olympe, afin que la gloire du héros thébain s’accrût encore sur cette terre, féconde nourrice des êtres. Il voulut honorer par cette nouvelle victoire son illustre fils et calma en sa faveur le courroux qu’il avait autrefois conçu contre Prométhée, parce que celui-ci avait osé entrer en lutte avec les conseils du puissant fils de Cronos. Dans le temps que se jugeait, à Mécone, la dispute des dieux et des hommes, Prométhée servit à Zeus, pour surprendre sa prudence, un bœuf immense dont il avait d’avance fait le partage : une part contenait, renfermées dans la peau de l’animal, la chair, les grasses entrailles : dans une autre les os artistement disposés étaient recouverts d’une graisse épaisse :

« Fils de Japet, le plus illustre des rois, s’écria le père des dieux et des hommes, cher Prométhée, tu as fait là un partage bien inégal. »

Ainsi parla, pour le railler, Zeus aux conseils éternels. Le rusé Prométhée lui répondit avec un léger sourire, l’esprit toujours occupé de son artifice :

« Glorieux Zeus, le plus grand des immortels, choisis de ces deux portions celle qui t’agréera le plus. »

Il dit, pensant tromper Zeus ; mais le dieu aux conseils éternels n’était point abusé par sa ruse ; il la connaissait ; déjà, il méditait en lui-même contre les mortels une funeste vengeance, qui devait être accomplie. De ses mains il enleva l’enveloppe de graisse, et un violent courroux s’éleva dans son cœur à la vue des blancs ossements que sous une trompeuse apparence elle recelait. C’est depuis ce temps que sur la terre, chez toutes les races humaines, on brûle les os des victimes sur les autels fumants des dieux.

Cependant Zeus irrité s’écrie :

« Fils de Japet, dont nul n’égale l’adresse, cher Prométhée, tu n’as pas, on le voit, renoncé à la ruse ! »

Ainsi parla, dans sa colère, Zeus aux conseils éternels. Depuis, gardant le souvenir de son injure, il refusa aux mortels, aux malheureux habitants de la terre, le feu, ce puissant et actif élément. Mais il fut encore trompé par l’industrieux fils de Japet, qui sut le lui dérober, en refermant dans la tige d’une férule ses rayons éclatants. Cependant le cœur de Zeus est rongé par le dépit, la colère s’empare de son âme, lorsqu’il voit au loin, dans la demeure des humains, briller le feu qui lui est ravi. Pour se venger, il leur prépare aussitôt un fléau fatal. Par ordre du fils de Cronos, l’illustre boiteux façonne avec de l’argile la pudique image d’une vierge. Athéné aux yeux d’azur la revêt elle-même d’une blanche tunique, et elle-même lui attache sa ceinture ; elle jette sur sa tête un voile d’un merveilleux travail ; elle orne ses cheveux de fleurs fraîchement écloses, de gracieuses guirlandes ; enfin, elle place sur son front une couronne d’or, chef-d’œuvre de l’illustre Boiteux. Ce dieu l’avait travaillée de ses mains, pour complaire aux désirs de Zeus, de son illustre père. On y voyait, en grand nombre, ciselés avec un art admirable, les monstres que nourrissent la terre et la mer ; une grâce divine brillait dans cet ouvrage ; ces figures semblaient vivre et respirer.

Lorsque le dieu a ainsi préparé ce fléau décevant, ce présent fatal, il amène la jeune fille, parée des dons de la déesse aux yeux d’azur, au père tout-puissant, dans l’assemblée des dieux et des hommes. Les dieux et les hommes admirent ce piège cruel à l’attrait duquel la race mortelle n’échappera pas.

C’est d’elle que vient la race des femmes ; c’est d’elle que viennent ces funestes compagnes de l’homme, qui s’associent à sa prospérité et non à sa misère. On voit les abeilles nourrir sous l’abri de leurs ruches de méchants et parasites frelons ; tandis qu’elles s’empressent tout le jour, jusqu’au coucher du soleil, pour composer leur miel, et remplir leurs blancs rayons, ceux-ci, à l’ombre des cellules, recueillent à loisir une moisson étrangère, et s’engraissent du labeur d’autrui. Telles sont les femmes que le dieu à la foudre retentissante a données aux hommes pour partager les fruits de leurs pénibles travaux. Bien des maux nous viennent de ce cruel présent que nous a fait Zeus au bruyant tonnerre. Si nous fuyons l’hymen et le commerce inquiet des femmes, nous n’avons, aux jours de la triste vieillesse, personne qui nous soutienne et nous console : en vain nous sommes dans l’abondance ; à notre mort, des parents éloignés se partagent entre eux notre héritage. Le sort nous a-t-il unis à une épouse vertueuse et chère, le mal se mêle encore au bien dans toute notre vie. Mais s’il nous fait rencontrer quelque femme d’une race perverse, alors nous vivons dans l’amertume, portant au fond de notre cœur un éternel ennui, un chagrin que rien ne peut guérir.

Ainsi nul ne trompe l’esprit pénétrant de Zeus, nul ne lui échappe. Lui-même, le bienfaisant Prométhée, le fils de Japet, n’évita point la terrible atteinte de son courroux ; tout habile qu’il était, une invincible nécessité le fit tomber et le retint dans les fers.

Lorsqu’autrefois Briarée, Cœos et Gyas excitèrent le courroux d’un père, jaloux de leur force prodigieuse, de leurs formes gigantesques, de leur immense stature, il les chargea de liens et les enferma dans le sein de la vaste terre. Longtemps ils habitèrent au fond de ses derniers abîmes, livrés à la douleur, au désespoir. Mais Zeus et les autres immortels, fils de Rhéa et de Cronos, les rendirent enfin au jour, par le conseil de Géa. Elle leur avait découvert l’ordre des destinées, leur avait promis qu’avec l’aide de ses enfants ils remporteraient sur leurs ennemis une victoire éclatante. Depuis longtemps combattaient les uns contre les autres et se fatiguaient dans cette pénible lutte la race des Titans et les fils de Cronos. Au sommet du mont Othrys étaient postés les illustres Titans, et sur l’Olympe les dieux, auteurs de tous biens, nés de Cronos et de Rhéa à la belle chevelure. Depuis dix ans entiers, ils se faisaient avec succès égaux une guerre furieuse, acharnée, sans repos et sans trêve, dont le terme s’éloignait sans cesse. Mais quand les nouveaux alliés des dieux se furent rassasiés de nectar et d’ambroisie, et qu’avec cette céleste nourriture, ils se furent remplis d’une nouvelle audace, le père des dieux et des hommes leur tint ce discours.

« Écoutez, illustres enfants de la Géa d’Ouranos, ce que mon cœur me presse de vous dire. Voilà bien des années que combattent ensemble pour la victoire et l’empire, et les Titans et nous tous, qui sommes nés de Cronos. Venez dans la triste mêlée montrer aux Titans votre force terrible et vos redoutables bras. Souvenez-vous de l’amitié qui nous unit, des maux que vous avez soufferts, et qu’ont fait cesser mes conseils, de ces liens, de ces ténèbres, dont je vous ai retirés pour vous rendre à la lumière. »

Ainsi parla Zeus ; le noble Cottos lui répond à son tour.

« Tu n’as rien dit, auguste Zeus, qui ne soit nouveau pour nous. Nous aussi, nous connaissons ton intelligence suprême, ta sagesse que rien n’égale, et nous avons éprouvé combien, dans d’affreuses calamités, les dieux te trouvent secourable. Par toi, par tes prudents conseils, sortant enfin de ses ténèbres épaisses, de ces liens douloureux où nous étions retenus, nous reparaissons contre toute espérance, puissant fils de Cronos. C’est donc avec un cœur résolu, un zèle opiniâtre, que nous soutiendrons ton empire dans ce terrible conflit, engageant le combat avec les formidables Titans. »

Il dit, et à ces paroles applaudissent les dieux auteurs des biens. Une ardeur impatiente s’empare des cœurs. Tous, en ce jour, appelaient la guerre, et les dieux, et les déesses, et les Titans, et les fils de Cronos, et ces fiers et indomptables combattants à la force immense, ramenés par Zeus du fond de l’Érèbe et des abîmes de la Terre. Cent bras sortaient de leurs épaules, et de là aussi, au dessus de leurs robustes membres, s’élevaient cinquante têtes. Armés d’énormes rocs, ils se placent en face des Titans, dont les phalanges se rassemblent et se serrent ; des deux parts, ils ont une égale ardeur à montrer ce que peut la force de leurs bras. Soudain retentissent d’un bruit affreux la mer immense, la vaste terre ; le ciel ébranlé gémit ; le haut Olympe tremble jusque dans ses fondements, quand se heurtent les immortels ; au sombre Tartare même parvient le bruit du choc terrible, des pas qui se précipitent, de l’indicible mêlée, des coups violemment portés ; de tous côtés volent les lamentables traits ; la voix des deux partis qui s’animent au combat frappent le ciel étoilé ; du champ de bataille s’élève une immense clameur. Zeus ne contint pas longtemps dans son âme le courroux belliqueux dont elle était remplie : bientôt il fit paraître toute sa puissance. Il allait, lançant le tonnerre du haut de l’Olympe, du haut du ciel. De sa main infatigable partaient sans cesse, avec leurs roulements et leurs éclairs, les carreaux enflammés. La terre féconde brûle en frémissant ; les vastes forêts éclatent ; tout bouillonne et la terre entière, et les courants de l’Océan, et la mer immense ; autour des Titans infernaux se répand une vapeur étouffante, un air embrasé ; leurs audacieux regards sont éblouis, aveuglés par les lueurs de la foudre. L’incendie gagne jusqu’au Chaos ; et, à ce que voient les yeux, à ce qu’entendent les oreilles, on eût dit que la terre et le ciel se confondaient, l’une ébranlée sur sa base, l’autre tombant de sa hauteur. Tel était le fracas de ce combat que se livraient les dieux ! En même temps, les vents soulèvent d’épais tourbillons de poussière, et les transportent, avec les éclairs et les tonnerres, ces traits du grand Zeus, avec les clameurs et le tumulte de la bataille, au milieu des deux armées. Du sein de l’affreuse mêlée s’élève un bruit effroyable ; la force et le courage s’y déployant de part et d’autre, font pencher la balance. Longtemps on avait lutté avec une ardeur obstinée ; mais, au premier rang, avaient livré un combat terrible Cottos, Briarée, le belliqueux Gyas. Trois cents rochers, lancés à la fois par leurs robustes bras, tombaient sans cesse sur les Titans et les couvraient comme d’une nue obscure. Ils les vainquirent enfin, malgré leur orgueilleux courage, et, chargés de durs liens, les envoyèrent au fond des abîmes de la terre, aussi loin de sa surface que la terre l’est du ciel ; car le même espace qui sépare le ciel de la terre sépare aussi la terre du Tartare. Tombant du ciel, une enclume d’airain roulerait pendant neuf jours et pendant neuf nuits, et, seulement à la dixième aurore, toucherait la terre ; tombant de la terre, elle descendrait neuf autres jours, neuf autres nuits, et, à la dixième aurore seulement, entrerait dans le Tartare. Autour du Tartare s’étend un mur d’airain, se répand, dans sa partie la plus élevée, une triple nuit ; au-dessus naissent les racines de la terre et de la mer ; c’est là, dans d’épaisses ténèbres, d’infectes vapeurs, aux dernières bornes du monde, que, par la volonté du roi des cieux, sont ensevelis les Titans. Ils ne peuvent sortir de leur prison ; des portes de fer, qu’y plaça Poséidon, en ferment l’entrée ; d’impénétrables remparts l’investissent ; et là habitent Gyas, Cottos et Briarée, gardes fidèles du redoutable Zeus. Là commencent la terre obscure, le noir Tartare, la mer stérile, le ciel étincelant ; là se touchent les sources, les limites : région affreuse, désolée, que détestent les dieux, gouffre immense et profond. Entré dans son enceinte, on ne pourrait, dans le cours d’une année entière, en atteindre l’extrémité ; on irait, on irait sans cesse, emporté çà et là par d’impétueux tourbillons. Au sein de ces étranges lieux, redoutés même des immortels, s’élève le triste palais de la Nuit, toujours enveloppé de sombres nuages. Devant se tient debout le fils de Japet, soutenant de sa tête et de ses mains, sans jamais se lasser, la voûte immense du ciel. Sur le large ciel d’airain se rencontrent et conversent ensemble le Jour et la Nuit. L’une sort lorsque entre l’autre, car jamais leur demeure ne les renferme ensemble. Tandis que l’une s’en élance pour commencer son cours autour de la terre, l’autre s’y retire pour y attendre le moment d’entrer ensemble dans la même carrière. C’est le Jour, portant la lumière aux mortels ; c’est la Nuit, la lugubre, la triste Nuit, menant avec elle le Sommeil, frère de la Mort.

Là ont leurs demeures le Sommeil et la Mort, ces enfants de la sombre Nuit, dieux puissants que jamais le brillant Hélios n’éclaire de ses rayons, soit qu’il monte dans les cieux, soit qu’il en descende. L’un est favorable aux humains ; il parcourt d’un vol paisible la terre, la vaste mer, pour leur verser ses doux présents. L’autre enferme dans sa poitrine une âme de bronze, un cœur d’airain ; on ne peut lui ravir celui des mortels qu’il a choisi pour victime ; c’est l’ennemi même des immortels.

Là aussi est le palais retentissant du dieu des enfers ; le puissant Hadès y habite avec la dure Perséphone. Un chien redoutable veille à la porte ; ce monstre farouche, par un instinct perfide, flatte tous ceux qui s’en approchent, il les attire par le mouvement de sa queue et de ses oreilles. Mais, une fois entrés, il ne leur permet plus de sortir, et, attentif à leurs mouvements, il dévore aussitôt quiconque veut repasser le seuil du puissant Hadès et de la dure Perséphone.

Là enfin fait son séjour une divinité odieuse aux immortels ; c’est la redoutable nymphe Styx, fille aînée de l’Océan, ce fleuve dont le courant revient sur lui-même. Elle s’y tient, loin des dieux, dans un palais superbe, dont de hauts rochers forment le faîte, et que, de tous côtés, élèvent vers le ciel des colonnes d’argent. Parfois arrive en ces lieux, après avoir effleuré dans sa course le dos de la plaine liquide, la fille de Thaumas, la rapide Iris, chargée d’un message de Zeus. Elle vient par son ordre, lorsqu’une dispute s’est élevée parmi la troupe céleste, et qu’on y a trahi la vérité, chercher dans un vase d’or l’onde fameuse sur laquelle jurent les dieux. De la crête d’un rocher s’échappe goutte à goutte cette eau glacée. Sous la vaste terre dans l’antre de la nuit noire, coule en flots abondants, détaché du fleuve sacré, un bras de l’Océan. Une dixième partie en a été réservée, tandis que les neuf autres, roulant en bouillons argentés tout autour de la terre, de la mer au vaste dos, s’en vont tomber dans celle-ci. Elle seule coule du rocher, objet d’effroi pour les dieux. Celui des immortels, habitant la cime neigeuse de l’Olympe, qui a profané par un parjure la libation sacrée, perd pendant une année entière l’usage de ses sens ; il n’approche plus de ses lèvres ni le nectar ni l’ambroisie ; sans haleine et sans voix, il reste étendu sur sa couche et plongé dans un mortel accablement. Puis, quand ce mal a fini, après une longue année, il passe d’épreuves en épreuves toujours plus rudes. Il est neuf ans séparé des dieux, exclu neuf ans de leurs assemblées et de leurs festins, et ne rentre qu’au dixième dans la compagnie des immortels, des habitants de l’Olympe. Tel est le pouvoir attaché par les dieux à ce gage de leurs serments, à ces antiques et inépuisables eaux du Styx, qui roule à travers une âpre contrée.

Là commencent la terre obscure, le noir Tartare, la mer stérile, le ciel étincelant ; là se touchent les sources, les limites : région affreuse, désolée que détestent les dieux. On y voit des portes brillantes, un seuil d’airain, solide, inébranlable, attaché par de profondes racines, qui de lui-même a pris naissance. Devant, loin de tous les dieux, au delà du noir Chaos, habitent les Titans. Aux fondements même de l’Océan ont leurs demeures les illustres alliés de Zeus à la foudre retentissante, Cottos et Gyas. Pour Briarée, le dieu qui ébranle la terre, le bruyant Poséidon en a fait son gendre, à cause de son courage ; il lui a donné pour femme sa fille Cymopolée.

Lorsque Zeus eut chassé du ciel la race des Titans, un dernier enfant naquit de la vaste Terre, unie aux Tartares par la belle Vénus. C’était Typhée, dieu terrible, aux bras indomptables, aux infatigables pieds. Sur ses épaules se dressaient cent têtes de serpents, d’affreux dragons, dont les gueules effroyables dardaient toutes de noires langues. Le feu brillait dans ses yeux, au-dessous de ses sourcils. De chacune de ses têtes partaient des regards enflammés ; de chacune sortaient des voix confuses, un incroyable mélange des sons les plus divers. C’était tantôt le langage que comprennent les dieux, tantôt les rugissements d’un taureau indompté, les rugissements d’un lion farouche, les cris plaintifs de jeunes chiens. Quelquefois il poussait des sifflements dont retentissaient les hautes montagnes. Sans doute qu’en ce jour une inévitable révolution se fût accomplie, et que ce monstre eût régné sur les mortels et sur les immortels, sans l’active prévoyance du père des hommes et des dieux. Il fait gronder son tonnerre, et à ce bruit formidable répondent aussitôt la terre, le ciel, la mer, les flots de l’Océan, les profondeurs du Tartare. Sous les pieds immortels de Zeus tressaille le grand Olympe, tandis que se lève son roi ; la terre gémit ; la mer azurée s’échauffe tout entière aux feux dont s’arment les deux combattants, ceux de la foudre et des éclairs, ceux que vomit le monstre ; tout bouillonne, et la terre, et le ciel, et la mer ; sur ses rivages bondissent avec furie les flots soulevés par l’approche des deux divinités ; un long ébranlement agite la nature. Hadès lui-même frémit d’effroi au sein de l’empire des ombres ; les Titans tremblent au fond du Tartare, autour de Cronos, lorsqu’ils entendent l’horrible tumulte du combat. Zeus a rassemblé ses forces ; il a saisi ses armes, son tonnerre, ses éclairs, ses brillants carreaux ; il s’élance et frappe du haut de l’Olympe. Toutes les têtes du monstre s’embrasent ; lui-même il tombe sous les coups pressés du dieu, tout mutilé, et la Terre immense en gémit. Des torrents de flamme s’échappaient de ce corps consumé par la foudre et précipité par elle au fond d’une obscure et sauvage vallée ; tout autour, la vapeur de l’incendie, s’échauffait et fondait la terre immense, comme coule l’étain dans le creuset du fondeur, comme s’amollit le fer, le plus dur des métaux, dompté par la main d’Héphæstos, sur ses fourneaux brûlants, au sein des montagnes d’une contrée divine. Ainsi fondait la Terre à l’ardeur de l’incendie. Pour Typhée, Zeus indigné le jeta dans le vaste Tartare.

C’est de Typhée que viennent les vents aux humides haleines, moins Notos, Borée, Argestès et Zéphyre. Ceux-ci sont de race divine ; ils servent aux mortels ; les autres soufflent au hasard sur la vaste mer, faisant sur les flots assombris, pour la perte des mortels, de furieuses tempêtes ; leurs souffles, qui se précipitent de tous les points de l’horizon, dispersent les vaisseaux, abîment les nautoniers ; malheur à quiconque se rencontre sur leur passage ! Ils parcourent aussi la terre immense et fleurie, détruisant les doux fruits du travail des humains, les enveloppant à grand bruit d’épais tourbillons de poussière.

Quand les dieux eurent accompli leur œuvre et conquis sur les Titans les honneurs du ciel, ils portèrent, par le conseil de Géa, au commandement, à l’empire des immortels, le maître de l’Olympe, Zeus, dont les regards embrassent tout ce qui existe. C’est lui qui fit entre eux le partage des divins honneurs.

Zeus, roi des dieux, prit d’abord pour épouse Métis (la Sagesse), qui savait plus de choses que tous les dieux et tous les humains. Mais comme elle allait mettre au jour la déesse aux yeux d’azur, Athéné, Zeus, trompant son cœur avec de douces paroles, l’enferma dans ses propres entrailles. C’était par le conseil de Géa et d’Ouranos ; ils le lui avaient conseillé, dans la crainte qu’à sa place quelque autre d’entre les dieux immortels ne s’emparât de l’empire ; car de Métis, ainsi l’avaient annoncé les destins, devaient sortir des enfants d’une intelligence profonde : d’abord cette fille aux yeux d’azur, cette Tritogénie, qui égala son père en force et en sagesse ; puis un fils au cœur magnanime qui règnerait sur les dieux et sur les hommes. Prévenant ce danger, Zeus enferma dans ses entrailles sa jeune épouse, pour que, cachée en lui-même, elle lui révélât la connaissance du bien et du mal.

Sa seconde épouse fut la brillante Thémis ; il en eut les Heures, et ces déesses qui président aux bonnes lois, à la justice, à la paix, Eunomie, Dicé, Irène, et par qui s’embellissent les œuvres des mortels ; il en eut encore les Parques, honorées par le dieu très sage des plus glorieux attributs, Clotho, Lachésis, Atropos, chargées par lui de distribuer aux hommes les biens et les maux.

La fille de l’Océan, la ravissante Eurynome, lui donna ensuite les trois Grâces, charmantes divinités : c’est Aglaé, Euphrosyne ; c’est l’aimable Thalie ; de leurs paupières coulent avec leurs regards les douces langueurs de l’amour ; sous leurs sourcils s’échappent de leurs yeux de doux regards.

Reçu dans le lit de la nourricière Déméter, Zeus fit naître la belle Proserpine, ravie bientôt à sa mère par Aïdoneus, auquel l’accorda plus tard le sage Zeus.

Ensuite il aima Mnémosyne à la belle chevelure ; d’elle naquirent les neuf Muses, que couronne une bandelette dorée, et dont le cœur se plaît aux destins et aux chansons.

De son union avec le dieu qui tient en main la tempête, Latone eut Apollon et la chasseresse Artémis, couple charmant parmi tous les habitants du ciel.

Héra, la dernière, devint la brillante épouse de Zeus ; Hébé, Arès, Ilithye, durent le jour à l’union de cette déesse avec le roi des dieux et des hommes.

Seul il fit sortir de sa tête la vierge aux yeux d’azur, Tritogénie, divinité auguste, terrible, indomptable, qui anime la guerre, qui guide les armées, que charment les cris et le tumulte du combat.

À son tour, entrant en lutte, dans sa colère, avec son époux, Héra, sans s’unir à lui, engendra l’illustre Héphæstos, le plus industrieux des habitants du ciel.

D’Amphitrite et de Poséidon, qui ébranle à grand bruit la terre, naquit le grand, le puissant Tithon. Au fond des eaux, près de sa mère, près de son glorieux père, habite dans un palais d’or ce redoutable dieu.

Arès, dont le glaive perce les boucliers, eut de la déesse de Cythère l’Épouvante et l’Effroi, divinités horribles, qui, dans l’affreuse mêlée, marchant aux côtés de leur père, le destructeur des villes, dissipent les épais bataillons ; il eut encore d’elle Harmonie, que le magnanime Cadmus choisit pour épouse.

Reçue dans la couche sacrée de Zeus, la fille d’Atlas, Maïa, mit au jour l’illustre Hermès, le messager céleste. La fille de Cadmus, Sémélé, conçut de ses embrassements un illustre fils, Dionysos, qui produit la joie. Mère mortelle d’un immortel enfant, elle est maintenant comme lui parmi les dieux. Alcmène enfin, unie au souverain des nuages, enfanta le puissant Héraclès.

L’illustre boiteux, Héphæstos, prit pour sa brillante épouse Aglaé, la plus jeune des Grâces. Dionysos à la chevelure dorée épousa la blonde, la florissante Ariadne, la fille de Minos, que Zeus, en sa faveur, exempta de la vieillesse et de la mort. Le généreux fils de la belle Alcmène, Héraclès, quitte enfin de ses douloureuses épreuves, s’unit sur la cime neigeuse de l’Olympe à une pudique épouse, Hébé, fille du grand Zeus et d’Héra à la chaussure d’or ; fortuné mortel qui, après avoir accompli sur la terre de grands travaux, habite éternellement parmi les dieux, sans connaître jamais ni la douleur ni la vieillesse.

L’infatigable dieu du jour, Hélios, eut d’une illustre Océanide, de Perséis, et Circé et le roi Æétès. Cet Æétès, ce fils du Soleil qui éclaire les humains, s’unit par la volonté des dieux à une autre fille de l’Océan, le fleuve sans fin, à la fraîche Idye. Vaincue par l’amour, subissant le joug doré de Vénus, la nymphe devint mère de Médée aux pieds charmants.

Adieu maintenant, ô vous qui occupez les célestes palais, qui régnez sur les îles, sur les continents, sur cette onde amère qu’ils enferment ! C’est la race des déesses que vous devez chanter désormais, Muses au doux langage, habitantes de l’Olympe, filles du maître des tempêtes. Dites quelles furent, parmi les immortelles, celles qui, s’alliant à des mortels, en eurent des fils semblables aux dieux.

Déméter, cette déesse auguste, donna le jour à Plutus. Il naquit d’un héros, d’Iasos, dont elle reçut les embrassements dans un sillon fraîchement creusé, au sein de la fertile Crète ; Plutus, dieu bienfaisant, qui parcourut la terre et la vaste mer, distribuant à ceux qu’il rencontre et qui peuvent s’arrêter, les richesses et le bonheur.

Harmonie, fille d’Aphrodite, donna à Cadmus Ino et Sémélé, puis Agavé, puis Autonoé, qu’Aristée à l’épaisse chevelure eut pour épouse, puis enfin Polydore ; ils naquirent dans les remparts dont Thèbes se couronne.

Unie par l’amour au magnanime Chrysaor, Callirhoé, fille de l’Océan, enfanta le plus robuste des mortels, ce Géryon que tua Héraclès dans l’île d’Érythie, pour lui ravir ses bœufs au pied flexible.

L’Aurore eut de Tithon Memnon au casque d’or, roi des Éthiopiens, et un autre roi, Hémation. Céphale la rendit mère d’un illustre fils, du vaillant Phaéton, mortel semblable aux dieux. Dans ses jeunes années, lorsque la fleur délicate de l’adolescence brillait sur son visage, que les douces pensées de cet âge occupaient son cœur, la riante Aphrodite le ravit, l’attacha à son culte, et le chargea, génie divin, du service nocturne de ses temples.

Le fils d’Éson, par la volonté des dieux, enleva du palais de son père la fille du roi Æétès, nourrisson de Zeus. Ce fut après avoir accompli les pénibles et si nombreux travaux que lui avaient imposés un roi orgueilleux, l’injuste, le violent Pélias, cet artisan de crimes. Sorti de ces épreuves, après mille dangers et mille maux, il revint à Iolcos, emmenant sur sa nef rapide la jeune fille aux doux regards, dont il fit son épouse. Cédant à l’amour de Jason, pasteur des peuples, Médée le rendit père de Médéos, que nourrit dans les montagnes Chiron, fils de Philyre. Ainsi l’avaient voulu les conseils du grand Zeus.

Parmi les nymphes de la mer, filles du vieux Nérée, Psamathée, l’une des plus illustres, obtint de l’amour d’Éaque, grâce aux bienfaits d’Aphrodite, un fils nommé Phocos. Unie à Pelée, Thétis aux pieds d’argent fut mère d’Achille, au bras meurtrier, au cœur de lion.

Énée naquit de Cythérée à la brillante couronne, que mit l’Amour entre les bras d’Anchise, sur la cime de l’Ida, dans ses forêts profondes.

Circé, fille d’Hélios, petite-fille d’Hypérion, eut du patient Ulysse Agrios et le vertueux, le vaillant Latinus ; enfin, grâce aux bienfaits d’Aphrodite, Télégonos, qui tous bien loin, dans les îles sacrées, régnèrent sur l’illustre nation des Tyrrhéniens. La divine Calypso eut du même Ulysse deux fils, Nausithoos et Nausinoos.

Telles furent, parmi les immortelles, celles qui, s’alliant aux mortels, en eurent des fils semblables aux dieux. Chantez maintenant la race des femmes de la terre, Muses au doux langage, habitantes de l’Olympe, filles du maître des tempêtes.

La nouvelle version de la Théogonie a été revue sur l’édition du texte grec donnée, en 1836, à Berlin, par Édouard Gerhard. Accommodée, autant qu’il se pouvait, aux exigences de la critique moderne par une scrupuleuse reproduction des noms propres et des formules familières à la vieille poésie épique, elle conserve néanmoins un caractère surtout littéraire. Comme on n’y joignait point de notes, on n’a pas voulu non plus y tenir compte des transpositions ou suppressions de vers que peut suggérer une étude de ce poème au point de vue mythologique ; on n’a songé qu’à mettre aux mains des amateurs une version fidèle du texte tel que l’a conservé la tradition des manuscrits. (Note de M. Egger.)

Dernière modification il y a 3 ans par Jahl de Vautban

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SANCHONIATON dans EUSÈBE DE CÉSARÉE, PRÉPARATION ÉVANGÉLIQUE, LIVRE I

Présentation de Sanchoniaton : Sanchuniathon, (florit au XVe siècle AVANT JC), ancien écrivain phénicien.  Toutes les informations le concernant proviennent des travaux de traduction de Philon de Byblos (a vécu 50 ap EC). Des fouilles à Ras Shamra (ancienne Ougarit) en Syrie en 1929 ont révélé des documents phéniciens étayant une grande partie des informations de Sanchuniathon sur la mythologie et les croyances religieuses phéniciennes. Ces informations de la théogonie de Sanchoniaton sont aussi confirmées indirectement dans la bible hébraique (Dt 32v6-12, Ps 82v6-7, 89v6-8, 107v10-16). Sanchoniaton a pris ces informations d’un prètre de Yaho (Yahveh) donc d’un juif ou plutôt un proto-juif. Selon Philon, Sanchuniathon tirait le savoir sacré des inscriptions sur les Ammouneis (c’est-à-dire les images ou les piliers de Baal Amon), qui se trouvaient dans les temples phéniciens. Nous savons que les ammoniens c’est-à-dire les habitants de Siwa encore aujourd’hui sont génétiquement lié aux noirs africains Sub-Sahariens à travers les haplogroupes R-V88 et A/B. Ils sont noirs de peau ou mulatres.

Chose étonnante, Sanchoniaton dit que le mot israel est un épitète de Saturne. Le texte élohiste de Gn 33 prouve que isréel était vraiment un nom de Yahveh car Jacob n’était pas encore prénommé israel quand il a nommé son élohé par l’épitète israel dans l’expression ‘’èl élohé israel’’. Ainsi, Dans le texte de Gn 33v20, c’est clairement l’élohé qui s’appelle israel, ce qui confirme les affirmations bizzare de Sanchoniaton.

Cette dernière a été utilisée par Eusèbe de Césarée, dans sa Préparation évangélique (I, 9-10 et IV, 16), comme source sur la religion des anciens Phéniciens, et il en a cité d’importants fragments. Philon affirmait qu’il s’agissait d’une traduction (du phénicien en grec) qu’il avait effectuée de l’ouvrage sur l’histoire et la religion des Phéniciens écrit par un certain Sanchuniathon3, qui aurait vécu avant l’époque de la guerre de Troie (vers l’an -1300). Sur ce dernier, Eusèbe cite aussi le philosophe Porphyre, qui écrivit (dans le livre IV de son Contre les Chrétiens) qu’il était natif de Beyrouth, contemporain de la reine Sémiramis, et de peu postérieur à Moïse (qui a vécu vers l’an -1650); qu’il avait dédié son ouvrage à Abibalos, roi de Beyrouth, et qu’il avait utilisé comme sources des chroniques de cités, des registres et des inscriptions de temples, et aussi des traditions recueillies auprès d’un certain Hiérombalos (= Jérubaal), prêtre du dieu Ieuo (= Yahweh), qui l’avait informé sur l’histoire et la religion des Hébreux4Eusèbe cite de longs passages du texte sur la religion polythéiste des Phéniciens pour dénigrer cette dernière ; en fait, on a parfois du mal à faire le départ entre le texte de Philon et celui d’Eusèbe.

Moise de Khorène Livre 1 : « Ch XIX Or, après la mort de Sémiramis, tuée par son fils Zamassis,[132] c’est-à-dire Ninyas, né après le meurtre d’Ara, nous savons avec certitude l’ordre des faits. Ninyas règne, après avoir fait périr sa mère voluptueuse (Sémiramis), et vit en paix. Sous Ninyas, Abraham termina ses jours. »

Contenu de la bible de Sanchoniaton :

… Arrivons maintenant aux récits de Sanchoniaton (vers l’an -1500), auteur très ancien, et qui, assure-t-on, vivait avant la guerre de Troie, et a écrit l’histoire de Phénicie avec autant d’exactitude que de véracité. Philon de Byblos, et non Philon l’Hébreu, a traduit toute cette histoire de la langue phénicienne (Esaie 19v18) en grec. Elle est citée aussi par celui qui a composé contre nous un écrit insidieux ; voici ce qu’il atteste dans le quatrième livre de cet écrit ; nous citerons ses propres expressions :

« Sanchoniaton de Béryte a composé une histoire des Juifs, qui présente tous les caractères de la vérité, et s’accorde parfaitement avec leurs noms et leurs localités : il avait, à cet égard, reçu des mémoires d’Hiérombale, prêtre du dieu Yévo. Il dédia cette histoire à Abibale, roi de Béryte, qui l’approuva beaucoup, ainsi que ceux qu’il avait chargés de constater l’exactitude des faits qu’elle renferme. L’époque où vivaient ce monarque et les examinateurs de l’ouvrage est antérieure à la guerre de Troie, et se rapproche même du temps où vivait Moïse (-1650 selon Flavius), comme le prouve la série successive des rois de Phénicie. Sanchoniaton, qui a écrit en idiome phénicien l’histoire ancienne avec la plus grande exactitude, d’après les mémoires qu’il avait recueillis en partie dans les archives des villes, et en partie dans celles qui étaient conservées dans les temples, vécut sous le règne de Sémiramis, reine d’Assyrie, que l’on dit avoir existé avant les événements de Troie, ou du moins à leur époque. Philon de Byblos a traduit en langue grecque l’histoire de Sanchoniaton. »

« …Cependant, en remontant de Moïse à la 1ere année de la vie d’Abraham, vous trouverez 505 ans : or, en additionnant un pareil nombre d’années, à remonter depuis le règne de Cécrops, vous parviendrez à Ninus, l’Assyrien, qui le premier, dit-on, domina sur toute l’Asie, à l’exception des Indes : la ville de Ninus,son éponyme, est nommée Ninive par les Hébreux. C’est de son temps que le mage Zoroastre régnait en Bactriane : Ninus eut pour femme et successeur dans son empire Sémiramis : Abraham a donc été leur contemporain….  »

https://remacle.org/bloodwolf/historiens/eusebe/preparation10.htm#57

Porphyre, dans le quatrième livre, écrit en propres termes ce qui suit :

« Sanchoniathon de Beryte raconte, avec la plus exacte vérité, tout ce qui a rapport aux Juifs, étant d’accord avec eux tant pour les lieux que pour les noms. Il avait eu en communication des mémoires écrits par Hiérombal, prêtre du Dieu Jeno, qui ayant dédié son histoire à Abibal, roi de Beryte, a reçu, tant de sa part que de celle des critiques par lesquels ce prince l’avait fait examiner, le témoignage d’une entière véracité. Les temps où ces hommes vécurent précèdent ceux de Troie, et se rapprochent à peu près de ceux de Moïse comme le démontrent les tableaux de succession des rois de Phénicie. Sauchoniathon, dont le nom, dans l’idiome Phénicien, signifie ami de la vérité, et qui a recueilli et composé toute l’histoire ancienne sur les documents tirés des archives des villes, et sur les annales conservées clans les temples, naquit sous Sémiramis, reine des Assyriens (57). »

Il (Sanchoniathon vers l’an -2000) ajoute

« Hypsuranius habita Tyr, et il inventa l’art de construire des cabanes avec des roseaux, des joncs et du papyrus; il vécut en discorde avec son frère Usoüs, qui, le premier, trouva le moyen de se couvrir le corps avec les peaux des bêtes qu’il avait prises. Des vents épouvantables et des pluies abondantes étant survenus, le feu prit aux arbres situés à Туr, qui s’étaient embrasés paг le frottement, et consuma la forêt qui se trouvait dans le même lieu. Usoüs ayant saisi un arbre, en ôta les branches, en forma une espèce de navire, et osa ainsi le premier se mettre en mer. Il érigea deux colonnes en l’honneur du feu et du vent; il se prosterna devant elles, et leur offrit le sang des bêtes qu’il avait prises à la chasse. Aussitôt que ces hommes furent morts, ceux qui leur avaient survécu leur consacrèrent des branches d’arbres, adorèrent leurs colonnes, et célébrèrent des fêtes annuelles en leur honneur. Longtemps après, de la race d’Hypsuranius, naquirent Chasseur et Pécheur : ce sont eux qui inventèrent la pêche et la chasse, et qui donnèrent leurs noms aux chasseurs et aux pêcheurs ; d’eux naquirent deux frères qui firent la découverte du fer et des moyens de le travailler; l’un d’eux, nommé Chrysor, s’adonna à l’éloquence, à l’art des enchantements et à la divination : c’est lui qu’on appelle Vulcain ; il inventa aussi l’hameçon, l’amorce, la ligne et le filet. Il fut le premier de tous les hommes qui se livra à la navigation; c’est pourquoi, après sa mort, ses compatriotes l’honorèrent comme un dieu, on lui donna le nom de Diamichius. On dit que ses frères découvrirent la manière de construire des murailles avec des briques. Plus tard, de leur race naquirent deux jeunes gens dont l’un fut nommé Artisan, et l’autre Terrestre Autochtone; ils trouvèrent l’art de faire du mortier avec de la boue de brique, de le sécher au soleil, et d’élever des toits sur les maisons. Ces deux hommes en engendrèrent deux autres dont l’un se nommait Champ, et l’autre Rustique ou Agricole ; on lui érigea, en Phénicie, une statue très révérée, et un temple traîné par deux bœufs. Dans les livres, il est désigné par excellence comme le plus grand des dieux. Les deux frères inventèrent l’art de garnir les maisons de cours, d’enceintes et de réduits souterrains; c’est d’eux que proviennent les agriculteurs et les chasseurs qui se servent de chiens. On les appelle aussi Errants et Titans. Ils donnèrent naissance à Amynus et à Magus, qui apprirent à construire des villages et à nourrir des troupeaux. De ces derniers naquirent Misor et Sydec (Melchisédek) c‘est-à-dire, facile à délier et juste. Ils trouvèrent l’usage du sel. De Misor provint Taaut qui inventa les premiers éléments de l’écriture : c’est lui que les Égyptiens ont nommé Thoor, les habitants d’Alexandrie Thoyt, et les Grecs Mercure. De Sydec naquirent les Dioscures, autrement dits Cabires, ou Corybantes, ou Samothraces. Les deux frères, dit l’historien, furent les premiers inventeurs de la navigation: ils donnèrent naissance à d’autres individus qui découvrirent la vertu des plantes, la guérison des morsures et les enchantements. De leur temps naquit un certain Elian (Elyon), nommé Très-Haut, et une femme nommée Beruth ; ils habitèrent aux environs de Bуblos, ils donnèrent naissance à Épigée ou Autochtone, qu’ils appelèrent ensuite Uranus, c’est de son nom qu’on donna celui d’Uranus (ciel ou El ) à l’élément qui est au-dessus de nous, en raison de l’excellence de sa beauté ; il eut des deux parents prémentionnés une sœur qu’on appela Terre : c’est en raison de la beauté de cette femme que la terre fut appelée du même nom. Leur père (Elyon), appelé Très-Haut, ayant péri (Ps 82v6-7, Dt 32v8-12, Michée 4v5) dans un combat contre des bêtes féroces, reçut les honneurs de l’apothéose : ses enfante l’honorèrent par des libations et des sacrifices. Uranus (le ciel) ayant succédé à l’empire de son père, épousa la Terre, sa sœur, et il en eut quatre enfants, savoir : Ilus, appelé aussi Saturne (Cronos, IsraelSabaoth, Yhwh-Sabaoth ou Azrael en hébreu), Betylus, Dagon, appelé aussi Siton, et Atlas. Uranus eut encore d’autres femmes une nombreuse progéniture. C’est pourquoi Terre, indignée et emportée par la jalousie, accabla Uranus de reproches, et ils se séparèrent; Uranus qui l’avait quittée, la violait encore toutes les fois qu’il en avait le désir, et après l’avoir approchée, il s’en éloignait de nouveau ; il essaya de faire périr les enfants qu’il avait eus d’elle, mais Terre s’étant environnée d’auxiliaires, repoussa souvent ses attentats. Saturne (Israel) parvenu à l’âge viril, et aidé par les conseils et l’assistance de Mercure Trismégiste, qui était son secrétaire, résista à Uranus, son père, pour venger l’outrage fait à sa mère. Saturne (Israel) eut pour enfants Proserpine et Minerve (Athéna) : la première mourut vierge, d’après les conseils de Minerve et de Mercure (Hermès), il fabriqua une faux et une lance avec du fer; ensuite, Mercure, ayant employé les secours de la magie à l’égard des auxiliaires de Saturne (Israel), leur inspira la plus vive ardeur pour combattre contre Uranus en faveur de Terre. Saturne (Israel) en étant ainsi venu aux prises avec Uranus, le dépouilla de l’empire dont il s’empara pour son propre compte ; une concubine qu’Uranus aimait passionnément fut prise dans le combat ; elle était enceinte, Saturne (Israel) la donna pour épouse à Dagon qui en reçut un fils dont Uranus était l’auteur, et qui fut nommé Demaroon. Ensuite Saturne entoura de murailles son habitation, et il bâtit la ville principale de la Phénicie, qu’on appelle Byblos ; puis Saturne ayant conçu des soupçons contre son frère Atlas, l’enfouit dans la terre à une grande profondeur, d’après le conseil de Mercure. Vers celle époque, les descendants des Dioscures ayant construit des radeaux et des navires, se livrèrent à la navigation ; jetés contre le mont Cassius, ils y consacrèrent un temple. Les alliés d’Ilus ou Saturne furent appelés Eloïm ou Saturniens (Croniens), parce qu’ils étaient contemporains de Saturne (Cronos). Ce dernier avait un fils nommé Sadid ; ayant conçu des soupçons contre lui, il lui plongea un glaive dans la gorge et lui arracha ainsi la vie; il trancha également la tête à sa propre fille, de manière que tous les dieux furent étonnés de celle résolution de Saturne. Au bout de quelque temps, Uranus qui avait été contraint de prendre la fuite, chargea Astarté, sa fille, vierge encore, et ses deux autres sœurs, Rhéa et Dioné, de tuer Saturne en trahison; mais celui-ci ayant trouvé le moyen de les séduire, épousa ses propres sœurs. Uranus informé de cette circonstance, envoya Destinée et Beauté faire la guerre à Saturne avec d’autres auxiliaires ; mais Saturne les ayant amadouées les retint également auprès de lui. Ce fut alors qu’Uranus inventa les Bétyles, sorte de pierres animées qu’il trouva moyen de créer. Saturne eut d’Astarté sept filles appelées Titanides ou Artémides (Dianes), et il eut encore de Rhéa sept enfants mâles, dont le plus jeune fut consacré dès sa naissance ; il eut aussi des filles de Dioné; il eut encore d’Astarté deux fils, Désir et Amour. Dagon, après avoir découvert le blé et inventé la charrue, fut nommé Jupiter Agricole. Une des Titanides ayant eu commerce avec Sydec surnommé le Juste, donna naissance à Esculape. Saturne eut encore trois enfants à Pérée, savoir : Saturne du même nom que lui, Jupiter-Belus et Apollon. De leur temps naquirent aussi Pontus, Typhon et Nérée, père de Pontus ; de Pontus naquirent Poséidon et Sidon : le dernier chantait d’une manière si ravissante qu’il passe pour avoir inventé la mélodie. De Demaroon naquit Mélicarthe, appelé aussi Hercule. Ensuite Uranus s’étant séparé de Pontus, lui fit de nouveau la guerre, et s’attacha au parti de Demaroon ; celui-ci fit une irruption contre Pontus, qui le mit en déroule; Demaroon voulant au moins être heureux dans sa fuite, fit vœu d’offrir un sacrifice. Après avoir exercé pendant trente-deux ans le pouvoir suprême, Ilus, c’est-à-dire Saturne, ayant tendu des embûches à Uranus, son père, dans un certain endroit placé au milieu de la terre, se saisit de sa personne, et lui coupa les parties honteuses, dans ce même endroit entouré de fontaines et de fleuves; c’est là qu’Uranus fut honoré plus tard, son esprit se dissipa et le sang de ses blessures s’écoula dans les fontaines et dans les eaux des fleuves : on montre encore aujourd’hui l’endroit qui fut le théâtre de cet événement. »

Telles sont les actions merveilleuses de ce Saturne si vanté par les Grecs, et de ceux qui vécurent avec lui, dans cet âge tant chanté par les Grecs ;

« car c’est au temps de cette première race d’hommes qu’ils assignent l’époque de l’âge d’or, »

le type de la félicité chez les anciens. L’auteur ajoute de nouveaux détails à ceux qui précèdent, en disant :

« Astarté-la-Grande, Jupiter Démaroon et Adod, roi des dieux, régnèrent dans le pays du consentement de Saturne. Astarté plaça sur sa tête une tête de taureau comme insigne de la royauté; elle trouva une étoile tombée du ciel; s’en étant emparée, elle la consacra dans la sainte île de Туг : les Phéniciens prétendent que cette Astarté n’est autre que Vénus. Saturne, partant pour faire le tour du monde, remit à Minerve, sa fille, le royaume d’Athènes. La peste et la mort avant désolé le pays, Saturne sacrifia son fils unique à son père Uranus, il se coupa les parties génitales et força ses compagnons à en faire autant. Peu de temps après, il divinisa un autre de ses enfants nommé Muth, qu’il avait eu de Rhéa, et qui était mort. Les Phéniciens lui donnent indistinctement les noms de Mort et de Pluton. Ensuite, Saturne donna la ville de Byblos à la déesse Baallis, qu’on appelle aussi Dioné; il donna aussi celle de Béryle à Neptune et aux Cabires, agriculteurs et pécheurs, qui consacrèrent dans la même ville les restes de Pontus. Avant ces événements, le dieu Taaut, qui avait dessiné le portrait d’Uranus, dessina aussi ceux des dieux Saturne et Dagon, ainsi que les sacrés caractères des éléments. Il inventa aussi pour Saturne un insigne de royauté : c’étaient quatre yeux placés (Ezéchiel 1v18, Ap 4v6, 5v6) devant et derrière la figure; deux étaient immobiles et fermés; quatre ailes étaient attachées aux épaules (Ps 61v4, 17v8, 18v11, 36v7, 55v6, 57v1, 63v7, 91v4) : deux prenaient leur vol, les deux autres étaient abaissées. Il faisait entendre par ce symbole, que Saturne voyait en dormant, et dormait en veillant; et quant aux ailes, ce symbole signifiait également que Saturne volait en se reposant, et se reposait en volant. Quant aux autres dieux, il leur avait attaché à chacun deux ailes aux épaules, attendu qu’ils devaient suivre Saturne dans son vol. Il avait encore placé deux ailes sur la tête de Saturne : l’une indiquait l’âme qui gouverne, et l’autre la sensibilité. Saturne s’étant rendu dans les contrées méridionales, accorda toute l’Égypte au dieu Taaut, qui devait en être le roi. »

« Voilà les faits que les sept enfants de Sydec, nommés Cabires, et le huitième, qui était leur frère, nommé Esculape, ont consigné dans des mémoires, ainsi que le dieu Taaut le leur avait ordonné. Le fils de Thabiou, qui, de mémoire d’homme, fut le premier hiérophante chez les Phéniciens, donna à tous ces faits des formes allégoriques, et les réduisant aux phénomènes physiques qui ont lieu dans l’univers, il transmit ses Allégories aux prophètes qui célébraient les orgies et présidaient aux sacrifices. Ces derniers ayant pris beaucoup de peine pour amplifier ces vaines et pompeuses allégories, les transmirent à leurs successeurs et à leurs initiés. L’un d’eux fut Isiris, qui inventa trois lettres. Il était frère de Chnès, qui le premier reçut le nom de Phénicien. »

L’auteur ajoute ensuite :

« Les Grecs, qui l’emportaient sur toutes les autres nations par la fécondité de leur génie, commencèrent par s’approprier la plupart de ces fables; ils les diversifièrent à l’infini par les additions qu’ils y firent, voulant captiver les hommes par les charmes de leurs fictions : leur exagération en ce genre ne connut pas de bornes. Il arriva de là qu’Hésiode et les autres poètes cycliques composèrent à leur tour des théogonies, des combats de géants et de Titans, et d’autres fictions particulières; en les répandant partout, ils parvinrent à étouffer la vérité. Nos oreilles, bercées de ces fables et séduites depuis un grand nombre de siècles, conservent comme un dépôt ces œuvres de mensonge qui leur ont été transmises, ainsi que je l’ai dit, dans le commencement; affermies par le temps, il est très difficile de les faire disparaître, de manière qu’aujourd’hui la vérité paraît une rêverie, et la fable semble avoir revêtu tous les caractères de la vérité. »

Contentons-nous de ces extraits des ouvrages de Sanchoniaton, traduits par Philon de Byblos, et dont les récits sont attestés comme véritables par le philosophe Porphyre, qui, dans un écrit sur les Juifs, s’exprime ainsi à l’égard de ce qui concerne Saturne :

« Taaut, renommé chez les Phéniciens par sa sagesse, fut le premier qui, vengeant la religion de l’ignorance des hommes vulgaires, l’arrangea en corps de doctrine. Plusieurs générations s’étant écoulées après lui, le dieu Surmubel et la déesse Thuro, qui changea son nom pour celui de Chusartis, marchant sur ses traces, jetèrent du jour sur la théorie de Taaut, qui était couverte du voile de l’allégorie. »

Il dit un peu plus bas :

« Il existait une coutume chez les anciens, en vertu de laquelle, dans les grandes calamités et les grands périls, pour empêcher la destruction générale, les chefs d’une ville ou d’une nation égorgeaient leur enfant le plus chéri, et le sacrifiaient aux génies vengeurs comme victime expiatoire. Ceux qui étaient destinés à subir ce sort étaient égorgés au milieu de cérémonies mystérieuses. Or il arriva que Saturne (Yahvéh Sabaoth), que les Phéniciens (juifs) appellent Israël (Act 15v14, Esaie 63v19, 65v1, Ezéchiel 36v20, Gn 32v28), et qui après sa mort (Ps 82v6-7) fut divinisé et devint l’étoile du même nom, régna dans le pays : il eut un fils unique (Gn 22v2,12,15) d’une nymphe indigène appelée Anobret ; cet enfant reçut le nom de Ieoud (Gn 22v2,12,15), qui, chez les Phéniciens (juifs), signifie encore aujourd’hui fils unique. Comme une guerre menaçait le pays des plus grands dangers, après avoir revêtu son fils d’ornements royaux, il le sacrifia sur un autel qu’il avait érigé lui-même. »

Voyons maintenant ce que dit Philon, en traduisant l’ouvrage que Sanchoniaton a écrit sur la nature des reptiles venimeux, qui, au sentiment du philosophe phénicien, loin d’être de quelque utilité pour l’homme, portent au contraire la destruction et la mort dans son sein, lorsqu’ils y répandent leur poison meurtrier. Voici en quels termes il s’exprime à ce sujet:

« Taaut lui-même a attribué un caractère divin à la nature du dragon et des serpents; après lui, les Phéniciens et les Égyptiens pensèrent de même. En effet, cette espèce l’emporte sur tous les autres reptiles sous le rapport de l’abondance des esprits animaux et de sa nature ignée. C’est à raison de ces esprits animaux que son agilité est incomparable, quoique ce reptile soit dépourvu de pieds, de mains et de tout autre membre extérieur au moyen desquels les autres animaux exécutent leurs mouvements. Il se multiplie sous les formes les plus variées, et, au moyen de ses replis sinueux, il s’élance dans sa marche avec toute la rapidité qu’il lui plaît. Il vit très long temps; non seulement il rajeunit en se dépouillant de sa vieille peau, mais il en reçoit encore de nouvelles forces et un accroissement nouveau ; et quand le terme de son existence est accompli, il se détruit lui-même, ainsi que Taaut l’a également observé dans les monuments sacrés. C’est pour cela que cet animal a été employé dans les sacrifices et dans la célébration des mystères. Nous en avons parlé amplement dans nos commentaires intitulés Ethothies, où nous avons démontré qu’il était immortel, et qu’il se détruit lui-même, comme on vient de le dire; car cet animal ne périt jamais d’une mort naturelle, à moins qu’il n’ait reçu un coup violent. Les Phéniciens l’appellent bon génie; les Égyptiens lui donnent également le nom de Cneph, ils lui appliquent une tête d’épervier, en raison de la vivacité de ce volatile. Epeïs, renommé chez eux comme hiérophante suprême et scribe sacré, dont Arius d’Héracléopolis a traduit l’ouvrage en grec, s’exprime ainsi, mais dans une forme allégorique :

Le serpent le plus divin est celui à la tête de Milan, l’aspect en est très agréable: aussitôt qu’il ouvrait les yeux, il répandait la lumière dans le lieu de sa naissance ; s’il venait à les fermer, les ténèbres succédaient.

Epéis lui donne évidemment la nature du feu : car il se sert du mot διηύγασε (il éclaira) : or le propre de la lumière est d’éclairer. Phérécyde, saisissant l’occasion de parler de ce serpent en parlant des Phéniciens, a débité ses opinions théologiques au sujet du dieu qu’il appelle Ophion, et des Ophionides : nous en parlerons plus tard. Les Égyptiens, peignant le monde d’après cette idée, ont représenté un cercle aérien et enflammé au milieu duquel est placé un serpent qui a la forme d’un épervier; toute la figure ressemble à notre Θ (thêta); le cercle signifie la forme circulaire du monde, et le serpent qui est au milieu indique un génie bienfaisant.

Le mage Zoroastre s’exprime ainsi dans son Commentaire sur les doctrines sacrées des Perses : Dieu porte une tête d’épervier; il est le premier des êtres, incorruptible, éternel, incréé, indivisible, n’ayant personne qui lui ressemble, auteur de tout bien, très intègre, le meilleur de tous les êtres bons, le plus prudent des prudents ; il est le père de l’équité et de la justice; il s’est instruit lui-même; il est parfait, sage et conforme à la nature dont il a seul inventé les saintes lois.

Ostanes s’exprime de même au sujet de ce serpent, dans son ouvrage intitulé Octateuque. Tous ceux qui ont eu les occasions d’en parler ont énoncé leurs opinions philosophiques dans le sens que l’on vient d’indiquer. Ils représentèrent les premiers éléments sous des formes de serpents; i!s leur dédièrent des temples, leur offrirent des sacrifices, célébrèrent des fêtes et des orgies en leur honneur, les regardant comme les plus grands des dieux, et les modérateurs de l’univers. Mais nous en avons dit assez au sujet des serpents. »

Tels sont les points dans lesquels est renfermée la théologie des Phéniciens, théologie absurde que la voix salutaire de l’Évangile est venue nous apprendre à abandonner sans retour, en nous présentant la guérison de toutes ces folies des anciens peuples. Et qu’on ne dise pas que ce sont là des fables qu’on leur prête, ou des fictions imaginées par les poètes, cachant la vérité sous le voile de l’allégorie : car ce sont les doctrines authentiques des plus anciens et des plus graves auteurs qui ont traité les matières religieuses et que l’on appelait théologiens; doctrines antérieures à tous les poètes et à tous les historiens ; et ce qui est une preuve irrécusable de leur authenticité, c’est que ces doctrines sur les mœurs et l’histoire des dieux dominent encore aujourd’hui dans les villes et les villages de la Phénicie, et qu’elles sont le fondement des mystères qui y sont célébrés. C’est donc là une chose tellement évidente qu’il n’en faut pas chercher des explications forcées dans la nature, puisque les faits portent en eux-mêmes la preuve la plus convaincante. Telle est la théologie des Phéniciens; passons maintenant à celle des Égyptiens.

https://remacle.org/bloodwolf/historiens/eusebe/preparation1.htm

ALEXANDRE POLYHISTOR le Phrygien (vers l’an -50) sur l’histoire des juifs dans Euseb préparation évangélique livre IX

Contenu du texte :

Chapitre XVII « Car les Babyloniens disent que le premier homme était Bélus, qui est Kronos (Shamash ou Soleil ou Ra selon les chaldéens) ; et de lui naquirent un fils, Bélus et Chanaan ; et que ce Chanaan engendra le père (Chnès) des Phéniciens, et que son fils était Ham, appelé par les Grecs Asbolus, et qui est le père des Éthiopiens, et un frère de Mestraim, le père des Égyptiens. Mais les Grecs disent qu’Atlanta (un éthiopien) a inventé l’astrologie, et qu’Atlanta est le même qu’Enoch ; et qu’Enoch a eu un fils Mathousálan, qui a tout appris par les anges de Dieu, et c’est ainsi que nous avons acquis notre connaissance.

https://catholiclibrary.org/library/view?docId=/Fathers-EN/EusebiusofCaesarea.PreparatioEvangelica.en.html;chunk.id=00000008

https://remacle.org/bloodwolf/historiens/eusebe/preparation9grec.htm#XVII

SANCHONIATON dans EUSÈBE DE CÉSARÉE, PRÉPARATION ÉVANGÉLIQUE, LIVRE I

Présentation de Sanchoniaton : Sanchuniathon, (florit au XVe siècle AVANT JC), ancien écrivain phénicien.  Toutes les informations le concernant proviennent des travaux de traduction de Philon de Byblos (a vécu 50 ap EC). Des fouilles à Ras Shamra (ancienne Ougarit) en Syrie en 1929 ont révélé des documents phéniciens étayant une grande partie des informations de Sanchuniathon sur la mythologie et les croyances religieuses phéniciennes. Ces informations de la théogonie de Sanchoniaton sont aussi confirmées indirectement dans la bible hébraique (Dt 32v6-12, Ps 82v6-7, 89v6-8, 107v10-16). Sanchoniaton a pris ces informations d’un prètre de Yaho (Yahveh) donc d’un juif ou plutôt un proto-juif. Selon Philon, Sanchuniathon tirait le savoir sacré des inscriptions sur les Ammouneis (c’est-à-dire les images ou les piliers de Baal Amon), qui se trouvaient dans les temples phéniciens. Nous savons que les ammoniens c’est-à-dire les habitants de Siwa encore aujourd’hui sont génétiquement lié aux noirs africains Sub-Sahariens à travers les haplogroupes R-V88 et A/B. Ils sont noirs de peau ou mulatres.

Chose étonnante, Sanchoniaton dit que le mot israel est un épitète de Saturne. Le texte élohiste de Gn 33 prouve que isréel était vraiment un nom de Yahveh car Jacob n’était pas encore prénommé israel quand il a nommé son élohé par l’épitète israel dans l’expression ‘’èl élohé israel’’. Ainsi, Dans le texte de Gn 33v20, c’est clairement l’élohé qui s’appelle israel, ce qui confirme les affirmations bizzare de Sanchoniaton.

Cette dernière a été utilisée par Eusèbe de Césarée, dans sa Préparation évangélique (I, 9-10 et IV, 16), comme source sur la religion des anciens Phéniciens, et il en a cité d’importants fragments. Philon affirmait qu’il s’agissait d’une traduction (du phénicien en grec) qu’il avait effectuée de l’ouvrage sur l’histoire et la religion des Phéniciens écrit par un certain Sanchuniathon3, qui aurait vécu avant l’époque de la guerre de Troie (vers l’an -1300). Sur ce dernier, Eusèbe cite aussi le philosophe Porphyre, qui écrivit (dans le livre IV de son Contre les Chrétiens) qu’il était natif de Beyrouth, contemporain de la reine Sémiramis, et de peu postérieur à Moïse (qui a vécu vers l’an -1650); qu’il avait dédié son ouvrage à Abibalos, roi de Beyrouth, et qu’il avait utilisé comme sources des chroniques de cités, des registres et des inscriptions de temples, et aussi des traditions recueillies auprès d’un certain Hiérombalos (= Jérubaal), prêtre du dieu Ieuo (= Yahweh), qui l’avait informé sur l’histoire et la religion des Hébreux4Eusèbe cite de longs passages du texte sur la religion polythéiste des Phéniciens pour dénigrer cette dernière ; en fait, on a parfois du mal à faire le départ entre le texte de Philon et celui d’Eusèbe.

Moise de Khorène Livre 1 : « Ch XIX Or, après la mort de Sémiramis, tuée par son fils Zamassis,[132] c’est-à-dire Ninyas, né après le meurtre d’Ara, nous savons avec certitude l’ordre des faits. Ninyas règne, après avoir fait périr sa mère voluptueuse (Sémiramis), et vit en paix. Sous Ninyas, Abraham termina ses jours. »

Contenu de la bible de Sanchoniaton :

… Arrivons maintenant aux récits de Sanchoniaton (vers l’an -1500), auteur très ancien, et qui, assure-t-on, vivait avant la guerre de Troie, et a écrit l’histoire de Phénicie avec autant d’exactitude que de véracité. Philon de Byblos, et non Philon l’Hébreu, a traduit toute cette histoire de la langue phénicienne (Esaie 19v18) en grec. Elle est citée aussi par celui qui a composé contre nous un écrit insidieux ; voici ce qu’il atteste dans le quatrième livre de cet écrit ; nous citerons ses propres expressions :

« Sanchoniaton de Béryte a composé une histoire des Juifs, qui présente tous les caractères de la vérité, et s’accorde parfaitement avec leurs noms et leurs localités : il avait, à cet égard, reçu des mémoires d’Hiérombale, prêtre du dieu Yévo. Il dédia cette histoire à Abibale, roi de Béryte, qui l’approuva beaucoup, ainsi que ceux qu’il avait chargés de constater l’exactitude des faits qu’elle renferme. L’époque où vivaient ce monarque et les examinateurs de l’ouvrage est antérieure à la guerre de Troie, et se rapproche même du temps où vivait Moïse (-1650 selon Flavius), comme le prouve la série successive des rois de Phénicie. Sanchoniaton, qui a écrit en idiome phénicien l’histoire ancienne avec la plus grande exactitude, d’après les mémoires qu’il avait recueillis en partie dans les archives des villes, et en partie dans celles qui étaient conservées dans les temples, vécut sous le règne de Sémiramis, reine d’Assyrie, que l’on dit avoir existé avant les événements de Troie, ou du moins à leur époque. Philon de Byblos a traduit en langue grecque l’histoire de Sanchoniaton. »

« …Cependant, en remontant de Moïse à la 1ere année de la vie d’Abraham, vous trouverez 505 ans : or, en additionnant un pareil nombre d’années, à remonter depuis le règne de Cécrops, vous parviendrez à Ninus, l’Assyrien, qui le premier, dit-on, domina sur toute l’Asie, à l’exception des Indes : la ville de Ninus,son éponyme, est nommée Ninive par les Hébreux. C’est de son temps que le mage Zoroastre régnait en Bactriane : Ninus eut pour femme et successeur dans son empire Sémiramis : Abraham a donc été leur contemporain….  »

https://remacle.org/bloodwolf/historiens/eusebe/preparation10.htm#57

Porphyre, dans le quatrième livre, écrit en propres termes ce qui suit :

« Sanchoniathon de Beryte raconte, avec la plus exacte vérité, tout ce qui a rapport aux Juifs, étant d’accord avec eux tant pour les lieux que pour les noms. Il avait eu en communication des mémoires écrits par Hiérombal, prêtre du Dieu Jeno, qui ayant dédié son histoire à Abibal, roi de Beryte, a reçu, tant de sa part que de celle des critiques par lesquels ce prince l’avait fait examiner, le témoignage d’une entière véracité. Les temps où ces hommes vécurent précèdent ceux de Troie, et se rapprochent à peu près de ceux de Moïse comme le démontrent les tableaux de succession des rois de Phénicie. Sauchoniathon, dont le nom, dans l’idiome Phénicien, signifie ami de la vérité, et qui a recueilli et composé toute l’histoire ancienne sur les documents tirés des archives des villes, et sur les annales conservées clans les temples, naquit sous Sémiramis, reine des Assyriens (57). »

Il (Sanchoniathon vers l’an -2000) ajoute

« Hypsuranius habita Tyr, et il inventa l’art de construire des cabanes avec des roseaux, des joncs et du papyrus; il vécut en discorde avec son frère Usoüs, qui, le premier, trouva le moyen de se couvrir le corps avec les peaux des bêtes qu’il avait prises. Des vents épouvantables et des pluies abondantes étant survenus, le feu prit aux arbres situés à Туr, qui s’étaient embrasés paг le frottement, et consuma la forêt qui se trouvait dans le même lieu. Usoüs ayant saisi un arbre, en ôta les branches, en forma une espèce de navire, et osa ainsi le premier se mettre en mer. Il érigea deux colonnes en l’honneur du feu et du vent; il se prosterna devant elles, et leur offrit le sang des bêtes qu’il avait prises à la chasse. Aussitôt que ces hommes furent morts, ceux qui leur avaient survécu leur consacrèrent des branches d’arbres, adorèrent leurs colonnes, et célébrèrent des fêtes annuelles en leur honneur. Longtemps après, de la race d’Hypsuranius, naquirent Chasseur et Pécheur : ce sont eux qui inventèrent la pêche et la chasse, et qui donnèrent leurs noms aux chasseurs et aux pêcheurs ; d’eux naquirent deux frères qui firent la découverte du fer et des moyens de le travailler; l’un d’eux, nommé Chrysor, s’adonna à l’éloquence, à l’art des enchantements et à la divination : c’est lui qu’on appelle Vulcain ; il inventa aussi l’hameçon, l’amorce, la ligne et le filet. Il fut le premier de tous les hommes qui se livra à la navigation; c’est pourquoi, après sa mort, ses compatriotes l’honorèrent comme un dieu, on lui donna le nom de Diamichius. On dit que ses frères découvrirent la manière de construire des murailles avec des briques. Plus tard, de leur race naquirent deux jeunes gens dont l’un fut nommé Artisan, et l’autre Terrestre Autochtone; ils trouvèrent l’art de faire du mortier avec de la boue de brique, de le sécher au soleil, et d’élever des toits sur les maisons. Ces deux hommes en engendrèrent deux autres dont l’un se nommait Champ, et l’autre Rustique ou Agricole ; on lui érigea, en Phénicie, une statue très révérée, et un temple traîné par deux bœufs. Dans les livres, il est désigné par excellence comme le plus grand des dieux. Les deux frères inventèrent l’art de garnir les maisons de cours, d’enceintes et de réduits souterrains; c’est d’eux que proviennent les agriculteurs et les chasseurs qui se servent de chiens. On les appelle aussi Errants et Titans. Ils donnèrent naissance à Amynus et à Magus, qui apprirent à construire des villages et à nourrir des troupeaux. De ces derniers naquirent Misor et Sydec, c’est-à-dire, facile à délier et juste. Ils trouvèrent l’usage du sel. De Misor provint Taaut qui inventa les premiers éléments de l’écriture : c’est lui que les Égyptiens ont nommé Thoor, les habitants d’Alexandrie Thoyt, et les Grecs Mercure. De Sydec naquirent les Dioscures, autrement dits Cabires, ou Corybantes, ou Samothraces. Les deux frères, dit l’historien, furent les premiers inventeurs de la navigation: ils donnèrent naissance à d’autres individus qui découvrirent la vertu des plantes, la guérison des morsures et les enchantements. De leur temps naquit un certain Elian (Elyon), nommé Très-Haut, et une femme nommée Beruth ; ils habitèrent aux environs de Нуblos, ils donnèrent naissance à Épigée ou Autochtone, qu’ils appelèrent ensuite Uranus, c’est de son nom qu’on donna celui d’Uranus (ciel ou El ) à l’élément qui est au-dessus de nous, en raison de l’excellence de sa beauté ; il eut des deux parents prémentionnés une sœur qu’on appela Terre : c’est en raison de la beauté de cette femme que la terre fut appelée du même nom. Leur père (Elyon), appelé Très-Haut, ayant péri (Ps 82v6-7, Dt 32v8-12, Michée 4v5) dans un combat contre des bêtes féroces, reçut les honneurs de l’apothéose : ses enfante l’honorèrent par des libations et des sacrifices. Uranus (le ciel) ayant succédé à l’empire de son père, épousa la Terre, sa sœur, et il en eut quatre enfants, savoir : Ilus, appelé aussi Saturne (Cronos, IsraelSabaoth en hébreu), Betylus, Dagon, appelé aussi Siton, et Atlas. Uranus eut encore d’autres femmes une nombreuse progéniture. C’est pourquoi Terre, indignée et emportée par la jalousie, accabla Uranus de reproches, et ils se séparèrent; Uranus qui l’avait quittée, la violait encore toutes les fois qu’il en avait le désir, et après l’avoir approchée, il s’en éloignait de nouveau ; il essaya de faire périr les enfants qu’il avait eus d’elle, mais Terre s’étant environnée d’auxiliaires, repoussa souvent ses attentats. Saturne (Israel) parvenu à l’âge viril, et aidé par les conseils et l’assistance de Mercure Trismégiste, qui était son secrétaire, résista à Uranus, son père, pour venger l’outrage fait à sa mère. Saturne (Israel) eut pour enfants Proserpine et Minerve : la première mourut vierge, d’après les conseils de Minerve et de Mercure, il fabriqua une faux et une lance avec du fer; ensuite, Mercure, ayant employé les secours de la magie à l’égard des auxiliaires de Saturne (Israel), leur inspira la plus vive ardeur pour combattre contre Uranus en faveur de Terre. Saturne (Israel) en étant ainsi venu aux prises avec Uranus, le dépouilla de l’empire dont il s’empara pour son propre compte ; une concubine qu’Uranus aimait passionnément fut prise dans le combat ; elle était enceinte, Saturne (Israel) la donna pour épouse à Dagon qui en reçut un fils dont Uranus était l’auteur, et qui fut nommé Demaroon. Ensuite Saturne entoura de murailles son habitation, et il bâtit la ville principale de la Phénicie, qu’on appelle Byblos ; puis Saturne ayant conçu des soupçons contre son frère Atlas, l’enfouit dans la terre à une grande profondeur, d’après le conseil de Mercure. Vers celle époque, les descendants des Dioscures ayant construit des radeaux et des navires, se livrèrent à la navigation ; jetés contre le mont Cassius, ils y consacrèrent un temple. Les alliés d’Ilus ou Saturne furent appelés Eloïm ou Saturniens, parce qu’ils étaient contemporains de Saturne. Ce dernier avait un fils nommé Sadid ; ayant conçu des soupçons contre lui, il lui plongea un glaive dans la gorge et lui arracha ainsi la vie; il trancha également la tête à sa propre fille, de manière que tous les dieux furent étonnés de celle résolution de Saturne. Au bout de quelque temps, Uranus qui avait été contraint de prendre la fuite, chargea Astarté, sa fille, vierge encore, et ses deux autres sœurs, Rhéa et Dioné, de tuer Saturne en trahison; mais celui-ci ayant trouvé le moyen de les séduire, épousa ses propres sœurs. Uranus informé de cette circonstance, envoya Destinée et Beauté faire la guerre à Saturne avec d’autres auxiliaires ; mais Saturne les ayant amadouées les retint également auprès de lui. Ce fut alors qu’Uranus inventa les Bétyles, sorte de pierres animées qu’il trouva moyen de créer. Saturne eut d’Astarté sept filles appelées Titanides ou Artémides (Dianes), et il eut encore de Rhéa sept enfants mâles, dont le plus jeune fut consacré dès sa naissance ; il eut aussi des filles de Dioné; il eut encore d’Astarté deux fils, Désir et Amour. Dagon, après avoir découvert le blé et inventé la charrue, fut nommé Jupiter Agricole. Une des Titanides ayant eu commerce avec Sydec surnommé le Juste, donna naissance à Esculape. Saturne eut encore trois enfants à Pérée, savoir : Saturne du même nom que lui, Jupiter-Belus et Apollon. De leur temps naquirent aussi Pontus, Typhon et Nérée, père de Pontus ; de Pontus naquirent Neptune et Sidon : le dernier chantait d’une manière si ravissante qu’il passe pour avoir inventé la mélodie. De Demaroon naquit Mélicarthe, appelé aussi Hercule. Ensuite Uranus s’étant séparé de Pontus, lui fit de nouveau la guerre, et s’attacha au parti de Demaroon ; celui-ci fit une irruption contre Pontus, qui le mit en déroule; Demaroon voulant au moins être heureux dans sa fuite, fit vœu d’offrir un sacrifice. Après avoir exercé pendant trente-deux ans le pouvoir suprême, Ilus, c’est-à-dire Saturne, ayant tendu des embûches à Uranus, son père, dans un certain endroit placé au milieu de la terre, se saisit de sa personne, et lui coupa les parties honteuses, dans ce même endroit entouré de fontaines et de fleuves; c’est là qu’Uranus fut honoré plus tard, son esprit se dissipa et le sang de ses blessures s’écoula dans les fontaines et dans les eaux des fleuves : on montre encore aujourd’hui l’endroit qui fut le théâtre de cet événement. »

Telles sont les actions merveilleuses de ce Saturne si vanté par les Grecs, et de ceux qui vécurent avec lui, dans cet âge tant chanté par les Grecs ;

« car c’est au temps de cette première race d’hommes qu’ils assignent l’époque de l’âge d’or, »

le type de la félicité chez les anciens. L’auteur ajoute de nouveaux détails à ceux qui précèdent, en disant :

« Astarté-la-Grande, Jupiter Démaroon et Adod, roi des dieux, régnèrent dans le pays du consentement de Saturne. Astarté plaça sur sa tête une tête de taureau comme insigne de la royauté; elle trouva une étoile tombée du ciel; s’en étant emparée, elle la consacra dans la sainte île de Туг : les Phéniciens prétendent que cette Astarté n’est autre que Vénus. Saturne, partant pour faire le tour du monde, remit à Minerve, sa fille, le royaume d’Athènes. La peste et la mort avant désolé le pays, Saturne sacrifia son fils unique à son père Uranus, il se coupa les parties génitales et força ses compagnons à en faire autant. Peu de temps après, il divinisa un autre de ses enfants nommé Muth, qu’il avait eu de Rhéa, et qui était mort. Les Phéniciens lui donnent indistinctement les noms de Mort et de Pluton. Ensuite, Saturne donna la ville de Byblos à la déesse Baallis, qu’on appelle aussi Dioné; il donna aussi celle de Béryle à Neptune et aux Cabires, agriculteurs et pécheurs, qui consacrèrent dans la même ville les restes de Pontus. Avant ces événements, le dieu Taaut, qui avait dessiné le portrait d’Uranus, dessina aussi ceux des dieux Saturne et Dagon, ainsi que les sacrés caractères des éléments. Il inventa aussi pour Saturne un insigne de royauté : c’étaient quatre yeux placés (Ezéchiel 1v18, Ap 4v6, 5v6) devant et derrière la figure; deux étaient immobiles et fermés; quatre ailes étaient attachées aux épaules (Ps 61v4, 17v8, 18v11, 36v7, 55v6, 57v1, 63v7, 91v4) : deux prenaient leur vol, les deux autres étaient abaissées. Il faisait entendre par ce symbole, que Saturne voyait en dormant, et dormait en veillant; et quant aux ailes, ce symbole signifiait également que Saturne volait en se reposant, et se reposait en volant. Quant aux autres dieux, il leur avait attaché à chacun deux ailes aux épaules, attendu qu’ils devaient suivre Saturne dans son vol. Il avait encore placé deux ailes sur la tête de Saturne : l’une indiquait l’âme qui gouverne, et l’autre la sensibilité. Saturne s’étant rendu dans les contrées méridionales, accorda toute l’Égypte au dieu Taaut, qui devait en être le roi. Voilà les faits que les sept enfants de Sydec, nommés Cabires, et le huitième, qui était leur frère, nommé Esculape, ont consigné dans des mémoires, ainsi que le dieu Taaut le leur avait ordonné. Le fils de Thabiou, qui, de mémoire d’homme, fut le premier hiérophante chez les Phéniciens, donna à tous ces faits des formes allégoriques, et les réduisant aux phénomènes physiques qui ont lieu dans l’univers, il transmit ses Allégories aux prophètes qui célébraient les orgies et présidaient aux sacrifices. Ces derniers ayant pris beaucoup de peine pour amplifier ces vaines et pompeuses allégories, les transmirent à leurs successeurs et à leurs initiés. L’un d’eux fut Isiris, qui inventa trois lettres. Il était frère de Chnès, qui le premier reçut le nom de Phénicien. »

L’auteur ajoute ensuite :

« Les Grecs, qui l’emportaient sur toutes les autres nations par la fécondité de leur génie, commencèrent par s’approprier la plupart de ces fables; ils les diversifièrent à l’infini par les additions qu’ils y firent, voulant captiver les hommes par les charmes de leurs fictions : leur exagération en ce genre ne connut pas de bornes. Il arriva de là qu’Hésiode et les autres poètes cycliques composèrent à leur tour des théogonies, des combats de géants et de Titans, et d’autres fictions particulières; en les répandant partout, ils parvinrent à étouffer la vérité. Nos oreilles, bercées de ces fables et séduites depuis un grand nombre de siècles, conservent comme un dépôt ces œuvres de mensonge qui leur ont été transmises, ainsi que je l’ai dit, dans le commencement; affermies par le temps, il est très difficile de les faire disparaître, de manière qu’aujourd’hui la vérité paraît une rêverie, et la fable semble avoir revêtu tous les caractères de la vérité. »

Contentons-nous de ces extraits des ouvrages de Sanchoniaton, traduits par Philon de Byblos, et dont les récits sont attestés comme véritables par le philosophe Porphyre, qui, dans un écrit sur les Juifs, s’exprime ainsi à l’égard de ce qui concerne Saturne :

« Taaut, renommé chez les Phéniciens par sa sagesse, fut le premier qui, vengeant la religion de l’ignorance des hommes vulgaires, l’arrangea en corps de doctrine. Plusieurs générations s’étant écoulées après lui, le dieu Surmubel et la déesse Thuro, qui changea son nom pour celui de Chusartis, marchant sur ses traces, jetèrent du jour sur la théorie de Taaut, qui était couverte du voile de l’allégorie. »

Il dit un peu plus bas :

« Il existait une coutume chez les anciens, en vertu de laquelle, dans les grandes calamités et les grands périls, pour empêcher la destruction générale, les chefs d’une ville ou d’une nation égorgeaient leur enfant le plus chéri, et le sacrifiaient aux génies vengeurs comme victime expiatoire. Ceux qui étaient destinés à subir ce sort étaient égorgés au milieu de cérémonies mystérieuses. Or il arriva que Cronos (Yahvéh Sabaoth), que les Phéniciens (juifs) appellent Israël (Azraël ?, Act 15v14, Esaie 63v19, 65v1, Ezéchiel 36v20, Gn 32v28), et qui après sa mort (Ps 82v6-7) fut divinisé et devint l’étoile du même nom, régna dans le pays : il eut un fils unique (Gn 22v2,12,15) d’une nymphe indigène appelée Anobret ; cet enfant reçut le nom de Ieoud (Gn 22v2,12,15), qui, chez les Phéniciens (juifs), signifie encore aujourd’hui fils unique. Comme une guerre menaçait le pays des plus grands dangers, après avoir revêtu son fils d’ornements royaux, il le sacrifia sur un autel qu’il avait érigé lui-même. »

Voyons maintenant ce que dit Philon, en traduisant l’ouvrage que Sanchoniaton a écrit sur la nature des reptiles venimeux, qui, au sentiment du philosophe phénicien, loin d’être de quelque utilité pour l’homme, portent au contraire la destruction et la mort dans son sein, lorsqu’ils y répandent leur poison meurtrier. Voici en quels termes il s’exprime à ce sujet:

« Taaut lui-même a attribué un caractère divin à la nature du dragon et des serpents; après lui, les Phéniciens et les Égyptiens pensèrent de même. En effet, cette espèce l’emporte sur tous les autres reptiles sous le rapport de l’abondance des esprits animaux et de sa nature ignée. C’est à raison de ces esprits animaux que son agilité est incomparable, quoique ce reptile soit dépourvu de pieds, de mains et de tout autre membre extérieur au moyen desquels les autres animaux exécutent leurs mouvements. Il se multiplie sous les formes les plus variées, et, au moyen de ses replis sinueux, il s’élance dans sa marche avec toute la rapidité qu’il lui plaît. Il vit très long temps; non seulement il rajeunit en se dépouillant de sa vieille peau, mais il en reçoit encore de nouvelles forces et un accroissement nouveau ; et quand le terme de son existence est accompli, il se détruit lui-même, ainsi que Taaut l’a également observé dans les monuments sacrés. C’est pour cela que cet animal a été employé dans les sacrifices et dans la célébration des mystères. Nous en avons parlé amplement dans nos commentaires intitulés Ethothies, où nous avons démontré qu’il était immortel, et qu’il se détruit lui-même, comme on vient de le dire; car cet animal ne périt jamais d’une mort naturelle, à moins qu’il n’ait reçu un coup violent. Les Phéniciens l’appellent bon génie; les Égyptiens lui donnent également le nom de Cneph, ils lui appliquent une tête d’épervier, en raison de la vivacité de ce volatile. Epeïs, renommé chez eux comme hiérophante suprême et scribe sacré, dont Arius d’Héracléopolis a traduit l’ouvrage en grec, s’exprime ainsi, mais dans une forme allégorique :

Le serpent le plus divin est celui à la tête de Milan, l’aspect en est très agréable: aussitôt qu’il ouvrait les yeux, il répandait la lumière dans le lieu de sa naissance ; s’il venait à les fermer, les ténèbres succédaient.

Epéis lui donne évidemment la nature du feu : car il se sert du mot διηύγασε (il éclaira) : or le propre de la lumière est d’éclairer. Phérécyde, saisissant l’occasion de parler de ce serpent en parlant des Phéniciens, a débité ses opinions théologiques au sujet du dieu qu’il appelle Ophion, et des Ophionides : nous en parlerons plus tard. Les Égyptiens, peignant le monde d’après cette idée, ont représenté un cercle aérien et enflammé au milieu duquel est placé un serpent qui a la forme d’un épervier; toute la figure ressemble à notre Θ (thêta); le cercle signifie la forme circulaire du monde, et le serpent qui est au milieu indique un génie bienfaisant.

Le mage Zoroastre s’exprime ainsi dans son Commentaire sur les doctrines sacrées des Perses : Dieu porte une tête d’épervier; il est le premier des êtres, incorruptible, éternel, incréé, indivisible, n’ayant personne qui lui ressemble, auteur de tout bien, très intègre, le meilleur de tous les êtres bons, le plus prudent des prudents ; il est le père de l’équité et de la justice; il s’est instruit lui-même; il est parfait, sage et conforme à la nature dont il a seul inventé les saintes lois.

Ostanes s’exprime de même au sujet de ce serpent, dans son ouvrage intitulé Octateuque. Tous ceux qui ont eu les occasions d’en parler ont énoncé leurs opinions philosophiques dans le sens que l’on vient d’indiquer. Ils représentèrent les premiers éléments sous des formes de serpents; i!s leur dédièrent des temples, leur offrirent des sacrifices, célébrèrent des fêtes et des orgies en leur honneur, les regardant comme les plus grands des dieux, et les modérateurs de l’univers. Mais nous en avons dit assez au sujet des serpents. »

Tels sont les points dans lesquels est renfermée la théologie des Phéniciens, théologie absurde que la voix salutaire de l’Évangile est venue nous apprendre à abandonner sans retour, en nous présentant la guérison de toutes ces folies des anciens peuples. Et qu’on ne dise pas que ce sont là des fables qu’on leur prête, ou des fictions imaginées par les poètes, cachant la vérité sous le voile de l’allégorie : car ce sont les doctrines authentiques des plus anciens et des plus graves auteurs qui ont traité les matières religieuses et que l’on appelait théologiens; doctrines antérieures à tous les poètes et à tous les historiens ; et ce qui est une preuve irrécusable de leur authenticité, c’est que ces doctrines sur les mœurs et l’histoire des dieux dominent encore aujourd’hui dans les villes et les villages de la Phénicie, et qu’elles sont le fondement des mystères qui y sont célébrés. C’est donc là une chose tellement évidente qu’il n’en faut pas chercher des explications forcées dans la nature, puisque les faits portent en eux-mêmes la preuve la plus convaincante. Telle est la théologie des Phéniciens; passons maintenant à celle des Égyptiens.

https://remacle.org/bloodwolf/historiens/eusebe/preparation1.htm

CHAMPOLLION BLAVATSKI IBN EZRA

On page 578 – Blavatsky says:

« Now we have to remember that Siva and the Palestinian Baal, or Moloch, and Saturn are identical ; … that Abraham is held until the present day by the Mohammedan Arabas as Saturn in the Kaaba; that Abraham and Israel were names of Saturn ». »

Abraham ibn Ezra (1092-1167)

« Grâce à la prévenante bonté de Dieu, les justes et le peuple d’Israël échappent au mal que marquait leur constellation. La planète à laquelle Israël est soumise est Saturne et sa constellation est le Verseau. » https://www.persee.fr/docAsPDF/rjuiv_0484-8616_1930_num_89_177_5674.pdf

Champollion dans son livre « Nouvelle recherche sur l’Histoire Ancienne »

« L’analogie ou plutôt l’identité d’Abraham et de Saturne ne se borne pas à ce trait. «Les plus savants

auteurs persans, dit le docteur Hyde,[108] assurent que dans les anciens livres chaldéens, Abraham porte le nom de Zerouan et Zerban, qui signifie riche en or, gardien de l’or (il est remarquable que la Genèse appelle Abraham, très-riche en or et en argent;[109] elle l’appelle aussi prince très-puissant,[110] ce qui se retrouve dans les anciens livres où il est appelé roi); ces mêmes livres l’appellent encore Zarhoun et Zarman,[111] c’est-à-dire vieillard décrépit. Les Perses lui appliquent l’épithète spéciale de grand, et il est de tradition antique que l’on voyait son tombeau à Cutha en Chaldée. Sa réputation ne se bornait pas à la Judée, elle était dans tout l’Orient.»

Maintenant rappelons-nous que le nom de Zerouan se trouve dans la Sibylle bérosienne, et dans le fragment de Mar I Bas, cités au 5e siècle de notre ère, par Moïse de Chorène, et copiés par le livre chaldéen traduit par ordre d’Alexandre. Déja la bonne information des auteurs persans est prouvée: ajoutons qu’une autre sibylle, dans la même circonstance, au lieu de Zerouan, nomme Saturne; qu’Abydène associe Saturne au lieu de Zerouan à Titan;[112] l’identité de Saturne, de Zerouan et d’Abraham devient palpable. Les accessoires cités complètent la démonstration: Abraham est nommé Zerouan, Zerban, riche en or; Saturne fut le roi de l’âge d’or: Abraham est nommé Zarhoun et Zarman, vieillard décrépit; Saturne, dans les légendes grecques, est un vieillard, emblème du temps que sa planète mesure par la marche la plus lente et la carrière la plus longue de toutes les planètes. L’on a donné à ce vieillard le caractère habituel de son âge; on l’a peint avare, aimant l’or et entassant l’or: on lui a aussi donné la faux, parce qu’il moissonne tous les êtres, et qu’il fait mourir tout ce qu’il fait naître; c’est sous ce rapport que, de temps immémorial, les Arabes et les Perses l’ont appelé l’ange de la mort, Ezrail: or Israël, chez les Phéniciens, était le nom de Saturne, dit

Sanchoniaton: l’une des épithètes d’Abraham, en Bérose, est Mégas[113], grand; son épithète spéciale chez les Perses, est Buzoug, qui signifie aussi grand. Sa femme Sarah portait primitivement le nom d’Ishkah, signifiant belle et beauté: la Genèse en fait la remarque spéciale (chap. 12, v. 14); et dans le fragment de Sanchoniaton[114], Saturne épouse la beauté que son père avait envoyée pour le séduire. Enfin le nom primitif d’Abram[115] désigne Saturne; car il est composé de deux mots, Ab-ram, signifiant père de l’élévation; et dans l’hébreu, comme dans l’arabe, c’est la manière d’exprimer le superlatif très-élevé, très-haut, tel qu’est Saturne, la plus élevée, la plus distante des planètes.

Tout s’accorde donc à démontrer qu’Abraham n’a point été un individu historique, mais un être mythologique, célèbre sous divers noms chez les anciens Arabes que nous nommons Phéniciens et Chaldéens, et chez leurs successeurs, les Mèdes et les Perses. Si l’auteur juif de la Genèse en a fait un personnage purement historique, c’est parce que voulant faire remonter l’origine de sa nation jusqu’aux temps les plus reculés, il a, sciemment ou par ignorance, commis une méprise qui se retrouve à d’autres égards chez la plupart des historiens de l’antiquité.

Mais, nous dira-t-on, si l’histoire d’Abram-Zérouan n’est réellement qu’une légende astrologique, comme celle d’Osiris, d’Hermès, de Mênou, de Krishna, etc., l’histoire de son fils Isaak, de son petit-fils Jacob, et même des 12 fils de celui-ci, tombera dans la même catégorie; alors où s’arrêtera la mythologie des Hébreux? à quelle époque commencera leur histoire véritable, et comment expliquerez-vous la tradition immémoriale d’après laquelle ils se sont appelés enfants de Jacob, d’Israël et d’Abram? » https://www.gutenberg.org/cache/epub/40025/pg40025-images.html#FNanchor_164_164

La GENEALOGIE UNIVERSELLE AFRICAINE

ALEXANDRE POLYHISTOR le Phrygien (vers l’an -50) sur l’histoire des juifs dans Euseb préparation évangélique livre IX

Contenu du texte :

Chapitre XVII « Car les Babyloniens disent que le premier homme était Bélus, qui est Kronos (Shamash ou Soleil ou Ra selon les chaldéens) ; et de lui naquirent un fils, Bélus et Chanaan ; et que ce Chanaan engendra le père (Chnès ou Kéni ou Solymes éthiopiens de la race de Melchisédek) des Phéniciens, et que son fils était Cham, appelé par les Grecs Asbolus, et qui est le père des Éthiopiens, et un frère de Mestraim, le père des Égyptiens. Mais les Grecs disent qu’Atlanta (un éthiopien) a inventé l’astrologie, et qu’Atlanta est le même qu’Enoch (descendants de Cain) ; et qu’Enoch a eu un fils Mathousálan, qui a tout appris par les anges de Dieu, et c’est ainsi que nous avons acquis notre connaissance.

https://catholiclibrary.org/library/view?docId=/Fathers-EN/EusebiusofCaesarea.PreparatioEvangelica.en.html;chunk.id=00000008

https://remacle.org/bloodwolf/historiens/eusebe/preparation9grec.htm#XVII

Diodore Bibliothècque historique Livre 2

XXX. Les Chaldéens enseignent que le monde est éternel de sa nature, qu’il n’a jamais eu de commencement et qu’il n’aura pas de fin. Selon leur philosophie, l’ordre et l’arrangement de la matière sont dus à une providence divine ; rien de ce qui s’observe au ciel n’est l’effet du hasard ; tout s’accomplit par la volonté immuable et souveraine des dieux. Ayant observé les astres depuis les temps les plus reculés, ils eu connaissent exactement le cours et l’influence sur les hommes, et prédisent à tout le monde l’avenir. La doctrine qui est, selon eux, la plus importante, concerne le mouvement des cinq astres que nous appelons planètes (76), et que les Chaldéens nomment interprètes. Parmi ces astres, ils regardent comme le plus considérable et le plus influent, celui auquel les Grecs ont donné le nom de Kronos (77), et qui est connu chez les Chaldéens sous le nom de Hélus (Soleil ou Shamash). Les autres planètes sont appelées, comme chez nos astrologues, Areus, Aphrodite, Hermès, Zeus. Les Chaldéens les appellent interprètes, parce que les planètes, douées d’un mouvement particulier déterminé que n’ont pas les autres astres qui sont fixes et assujettis à une marche régulière, annoncent les événements futurs et interprètent aux hommes les desseins bienveillants des dieux. Car les observateurs habiles savent, disent-ils, tirer des présages du lever, du coucher et de la couleur de ces astres ; ils annoncent aussi les ouragans, les pluies et les chaleurs excessives. L’apparition des comètes, les éclipses de soleil et de lune, les tremblements de terre, enfin les changements qui surviennent dans l’atmosphère, sont autant de signes de bonheur ou de malheur pour les pays et les nations aussi bien que pour les rois et les particuliers.

147 Au-dessous du cours des cinq planètes sont, continuent les Chaldéens, placés trente astres, appellés les dieux conseillers ; une moitié regarde les lieux de la surface de la terre ; l’autre moitié, les lieux qui sont au-dessous de la terre ; ces conseillers inspectent à la fois tout ce qui se passe parmi les hommes et dans le ciel. Tous les dix jours, un d’eux est envoyé, comme messager des astres, des régions supérieures dans les régions inférieures, tandis qu’un autre quitte les lieux situés au-dessous de la terre pour remonter dans ceux qui sont au-dessus ; ce mouvement est exactement défini et a lieu de tout temps, dans une période invariable. Parmi les dieux conseillers il y a douze chefs dont chacun préside à un mois de l’année et à un des douze signes du zodiaque. Le soleil, la lune et les cinq planètes passent par ces signes. Le soleil accomplit sa révolution dans l’espace d’une année, et la lune dans l’espace d’un mois.

Moise de Khorène, Livre 1

Ch V

Car Mesdraïm est Medzraim, qui signifie Egypte;[22] et beaucoup de chronologistes, en disant que Nemrod, c’est-à-dire Bel, était Ethiopien,[23] nous ont persuadé que le fait est certain, l’Ethiopie étant limitrophe avec l’Egypte. …

Mais il nous paraît étrange et mensonger que certaines personnes disent que Ninus est fils de Bel ou Bel lui-même; car ni la généalogie, ni la somme des années, n’autorisent [à le faire]. Sans doute quelqu’un, avide de renommée et de célébrité, aura voulu rapprocher ce qui est éloigné. Tous ces renseignements, nous les avons vraiment découverts dam la littérature des Grecs; car, bien que ceux-ci les aient traduits du chaldéen dans leur propre langue, et de plus qu’un Chaldéen,[28] spontanément ou par l’ordre des rois, ait entrepris un semblable travail, comme firent Arius[29] et beaucoup d’autres, — cependant nous attribuons tout aux Grecs, ayant tout appris d’eux.

CH. VII.

Démontrer brièvement que l’homme du nom de Bel [mentionné] par les écrivains profanes est bien le Nemrod des divines Écritures.

On raconte de Bel, sous qui vivait notre ancêtre Haïg, beaucoup d’histoires différentes; mais je dis que celui qu’on appelle Chronos et Bel est bien Nemrod. Ainsi les Egyptiens s’accordent avec Moïse en dénombrant Héphaïstos, le Soleil, Chronos, c’est-à-dire Chant, Chus et Nemrod; en négligeant Mesdraïm, car ils disent qu’Héphaïstos fut leur premier homme et l’inventeur du feu.[48]

Pourquoi inventeur du feu, et pourquoi dit- on que Prométhée déroba le feu aux dieux pour le livrer aux hommes? C’est une allégorie que le plan de notre histoire n’autorise pas à rapporter ici.

Diodore Livre 1 – XXVIII. Selon leur histoire, les Egyptiens ont disséminé un grand nombre de colonies sur tout le continent. Bélus, que l’on dit fils de Poséidon et de Libye, conduisit des colons à Babylone. Etabli sur les rives de l’Euphrate, il institua des prêtres, qui étaient, comme ceux d’Egypte, exempts d’impôt et de toute charge publique ; les Babyloniens les appellent Chaldéens. Ils s’occupent de l’observation des astres, à l’imitation des prêtres et physiciens de l’Egypte ; ils sont aussi astrologues. Danaüs partit également de l’Egypte avec une colonie, et fonda la plus ancienne des villes grecques, Argos. Les Colchidiens du Pont et les Juifs, placés entre l’Arabie et la Syrie, descendent aussi de colons égyptiens. C’est ce qui explique l’usage qui existe depuis longtemps chez ces peuples de circoncire les enfants ; cet usage est importé de l’Egypte. Les Egyptiens prétendent que les Athéniens eux-mêmes descendent d’une colonie de Saïs, et ils essaient de démontrer ainsi cette opinion : Les Athéniens, disent-ils, sont les seuls Grecs qui appellent leur ville Asty, nom emprunté à l’Asty d’Egypte ; de plus, leur organisation politique a le même ordre, et divise, comme chez les Egyptiens, les citoyens en trois classes. La première se compose des eupatrides, qui, comme les prêtres en Egypte, sont les plus instruits et dignes des plus grands honneurs. La seconde classe comprend les possesseurs de terres, qui devaient avoir des armes et défendre l’Etat, comme en Egypte les cultivateurs qui fournissent des soldats. La dernière classe renferme les ouvriers occupés à des arts manuels et payant les charges publiques les plus nécessaires ; un ordre semblable existe aussi chez les Egyptiens. Les Athéniens ont eu des généraux d’origine égyptienne ; tel était Pétés, père de Ménesthé, qui avait été de l’expédition de Troie, et qui avait régné ensuite sur Athènes. [On dit la même chose de Cécrops], qui avait une double nature ; les Athéniens n’ont jamais pu donner les véritables raisons de ce phénomène. Il est pourtant évident pour tout le monde que, puisqu’il se trouvait citoyen de deux Etats, l’un grec et l’autre barbare, on lui attribua une double nature, moitié bête et moitié homme.

LV. Après ces dispositions, il dirigea d’abord son armée vers les Ethiopiens, qui habitent au midi de l’Egypte ; ils les défit et leur fit payer des tributs consistant en bois d’ébène, en or et en dents d’éléphant. Il détacha ensuite vers la mer Rouge une flotte de quatre cents navires, et fut le premier Egyptien qui eût construit des vaisseaux longs. Cette flotte prit possession des îles situées dans ces parages, ainsi que de tout le pays littoral jusqu’à l’Inde. Lui-même, se rendant en Asie, à la tête de son armée, soumit tout ce pays ; il pénétra non seulement dans les pays qui furent plus tard conquis par Alexandre le Macédonien, mais encore il aborda des contrées et des nations que celui-ci n’atteignit pas. Car, il passa le Gange, et s’avança dans l’Inde jusqu’à l’Océan, et du côté de la Scythie jusqu’au Tanaïs, fleuve qui sépare l’Europe de l’Asie. On raconte même, qu’un certain nombre d’Egyptiens, laissés aux environs du Palus-Méotide, donnèrent naissance au peuple des Colchidiens. On cite comme preuve une coutume égyptienne, la circoncision, qui s’y pratique comme en Egypte ; cette coutume subsiste chez tous les colons égyptiens, comme chez les Juifs (Hyksos égyptianisant chassés). Sesoosis subjugua ainsi le reste de l’Asie et la plupart des îles Cyclades. Il passa en Europe, et en traversant la Thrace il faillit perdre son armée, tant par défaut de vivres que par la rigueur du climat. C’est dans la Thrace qu’il mit un terme à son expédition et qu’il éleva sur plusieurs points des colonnes, monuments de ses conquêtes. Ces colonnes portaient l’inscription suivante, tracée en caractères égyptiens dits sacrés : Le roi des rois, le seigneur des seigneurs, Sesoosis, a soumis cette contrée par ses armes. On avait représenté, sur ces colonnes, chez les peuples guerriers, les parties sexuelles de l’homme ; et celles de la femme chez les tribus lâches et efféminées, afin d’indiquer, par cette partie importante du corps, le caractère le plus saillant de chaque population. Dans quelques endroits, Sesoosis avait fait élever sa propre statue, qui ie représentait tenant l’arc et la lance ; elle était de quatre palmes plus haute que la taille naturelle de ce roi, laquelle était de quatre coudées. Enfin, se montrant humain envers tous ses sujets, et ayant terminé son expédition au bout de neuf ans, il ordonna à toutes les nations soumises d’envoyer en Egypte, chacune selon ses facultés, un tribut annuel. Rassemblant une quantité prodigieuse de prisonniers de guerre et d’autres dépouilles, il retourna dans sa patrie, après avoir accompli ce qu’aucun de ses prédécesseurs n’avait fait. Il orna tous les temples de l’Egypte de monuments et de dépouilles magnifiques. Il récompensa les soldats, chacun selon sa bravoure. En résumé, non seulement toute l’armée revint riche et triomphante, mais encore toute l’Egypte retira de cette expédition toutes sortes d’avantages.

XCIV. Il faut maintenant parler des législateurs égyptiens qui ont institué des lois si extraordinaires et si singulières. Après la constitution ancienne qui fut faite, selon la tradition, sous le règne des dieux et des héros, le premier qui engagea les hommes à se servir de lois écrites fut Mnévès, homme remarquable par sa grandeur d’âme, et digne d’être comparé à ses prédécesseurs. Il fit répandre que ces lois, qui devaient produire tant de bien, lui avaient été données par Mercure. C’est ainsi que chez les Grecs, Minos en Crète et Licurgue à Lacédémone prétendirent, que les lois qu’ils promulguaient leur avaient été dictées par Jupiter ou par Apollon. Ce genre de persuasion a été employé auprès de beaucoup d’autres peuples, et a présenté de grands avantages. En effet, on raconte que, chez les Arimaspes, Zathrauste avait fait croire qu’il tenait ses lois d’un bon génie ; que Zamolxis vantait aux Gètes qui croient à l’immortalité de l’âme, ses communications avec Vesta, et que, chez les Juifs, Moïse disait avoir reçu les lois du Dieu appelé Iao ; soit que ces législateurs regardassent leur intelligence, mise au service de l’humanité, comme quelque chose de miraculeux et de divin, soit qu’ils supposassent que les noms des dieux qu’ils empruntaient seraient d’une grande autorité dans l’esprit des peuples. Le second législateur de l’Egypte a été Sasychès, homme d’un esprit distingué. Aux lois déjà établies il en ajouta d’autres, et s’appliqua particulièrement à régler le culte des dieux. Il passa pour l’inventeur de la géométrie et pour avoir enseigné aux Egyptiens la théorie de l’observation des astres. Le troisième a été Sesoosis, qui, non seulement s’est rendu célèbre par ses grands exploits, mais qui a introduit dans la classe des guerriers une législation militaire, et a réglé tout ce qui concerne la guerre et les armées. Le quatrième a été Bocchoris, roi sage et habile : on lui doit toutes les lois relatives à l’exercice de la souveraineté, ainsi que des règles précises sur les contrats et les conventions. Il a fait preuve de tant de sagacité dans les jugements portés par lui que la rnémoire de plusieurs de ses sentences s’est conservée jusqu’à nos jours. Mais on rapporte qu’il était faible de corps et très avide d’argent.

La guerre entre les dieux (Ammon ou Ham et Osiris) et les démons de type titan (Yahvéh Sabaoth alias Saturne): Osiris (Bacchus) et les raisons de la haine de l’impie yahveh (Saturne)

Denys de Millet par Diodore BH Livre III, Traduction française : FERD. HOEFER : Osiris est né à Dakar au Sénégal et a Grandi à Kano (Nyse dans la culture Nok) au Nigéria au bord du fleuve du Lac Tchad.

Histoire des temps anciens

I. Nous n’ignorons pas que ceux qui écrivent l’histoire des temps fabuleux, sont exposés à omettre dans leur description beaucoup de faits ; car il est bien difficile de fouiller dans les ténèbres de l’antiquité. Les lecteurs ne font aucun cas de l’histoire qui ne peut être exactement fixée par la chronologie. De plus, la tâche de l’historien est rendue difficile par la variété et le grand nombre de demi-dieux, de héros, et d’hommes célèbres dont il a à parler. Mais ce qu’il y a de plus embarrassant, c’est que ceux qui ont écrit sur l’histoire la plus ancienne et la mythologie ne s’accordent pas entre eux. Aussi, par la suite, les principaux historiens n’ont-ils point touché au récit des mythes et ont essayé de raconter des faits plus récents. Ephore de Cumes (01), disciple d’Isocrate, ayant entrepris d’écrire une histoire universelle, passe sous silence tout ce qui tient à la mythologie ancienne, et il ne commence son ouvrage qu’au retour des Héraclides. De même aussi, Callisthène (02) et Théopompe, con- 260 temporains d’Euphore, ont passé sous silence les anciens mythes. Quant à nous, nous avons suivi une route contraire, et nous avons jugé convenable au plan de notre ouvrage de ne pas négliger l’histoire de l’antiquité. Car bien des choses mémorables ont été accomplies par les héros, par les demi-dieux et par beaucoup d’autres hommes de bien. En reconnaissance des bienfaits reçus d’eux, la postérité a honoré les uns par des sacrifices divins, et les autres par des sacrifices héroïques, et l’histoire leur doit à tous des louanges éternelles.

Nous avons rapporté dans les trois livres précédents les traditions mythologiques des autres nations, nous avons donné la topographie des pays habités par chaque peuple ; nous avons parlé des bêtes féroces, et d’autres animaux qui y naissent ; en un mot nous avons traité de toutes les choses remarquables et dignes de mémoire. Nous exposerons dans le présent livre ce que les Grecs racontent des temps primitifs ; nous y parlerons des demi-dieux et des plus célèbres héros, et en général de tous ceux qui se sont rendus fameux dans la guerre par leurs exploits, ou dans la paix par des inventions utiles et leur législation.

Nous commencerons par Bacchus, tant à cause de son origine antique, qu’à cause des immenses services qu’il a rendus au genre humain. Nous avons déjà dit dans les livres précédents que plusieurs nations barbares revendiquent la naissance de ce dieu. Les Egyptiens disent que le dieu qui porte chez eux le nom d’Osiris est le Bacchus des Grecs ; selon leur mythologie, ce dieu a parcouru toute la terre, et enseigné aux hommes à cultiver la vigne ; enfin, en reconnaissance de ce bienfait, il a, d’un commun accord, reçu l’immortalité. Les Indiens placent à leur tour chez eux le berceau de ce dieu ; ils racontent qu’il s’est livré à la culture de la vigne, et qu’il a enseigné aux hommes l’usage du vin. Comme nous avons déjà ailleurs fait connaître les opinions des Barbares, nous n’exposerons ici que les traditions des Grecs.

II. Cadmus, fils d’Agénor, fut envoyé, par le roi de Phénicie, 261 à la recherche d’Europe, avec défense de revenir en Phénicie sans ramener cette fille avec lui. Cadmus parcourut bien des pays sans la trouver, et ne pouvant la rencontrer nulle part il renonça à retourner dans sa patrie ; il arriva dans la Béotie, où il fonda Thèbes, selon l’ordre d’un oracle. Il y établit sa résidence et épousa Harmonia, fille de Vénus ; il en eut Sémélé, Ino, Autonoé, Agavé et Polydore. Sémélé, qui était très belle, fut aimée de Jupiter. Mais comme Jupiter ne la voyait qu’en secret, elle se crut méprisée ; et elle le pria de la visiter avec toute la pompe qui l’entoure, lorsqu’il s’approche de Junon. Jupiter s’avança donc armé du tonnerre et de la foudre ; Sémélé, qui était enceinte, ne put soutenir cet éclat : elle avorta et fut elle-même brûlée. Jupiter prit l’enfant et le remit à Mercure, avec ordre de le porter dans une grotte à Nyse, située entre la Phénicie et le Nil, et de le donner à nourrir aux Nymphes, qui devaient en prendre un soin extrême. Bacchus, ayant été élevé à Nyse, fut appelé Dionysus d’un nom composé de Dios (03) et de Nyse. Ainsi que le témoigne Homère, lorsqu’il dit dans ses hymnes : «Nyse, montagne élevée, toujours verdoyante, loin de la Phénicie et près des ondes de l’Egyptus (04).». Après avoir été ainsi élevé par les Nymphes, Bacchus découvrit le vin, et enseigna aux hommes la culture de la vigne. Il parcomrut presque toute la terre, répandit dans beaucoup de pays la civilisation, et recueillit partout de grands honneurs. Il inventa aussi une boisson préparée avec de l’orge, et que quelques-uns appellent zythus ; cette boisson est presque aussi bonne que le vin (05). Il en enseigna la préparation à ceux qui habitent les contrées impropres à la culture de la vigne. Il était accompagné d’une armée, composée non seulement d’hommes, mais aussi de femmes : elle lui servait à punir les méchants et les impies. Bienfaisant envers sa patrie, il rendit libres toutes les villes de 262 la Béotie, et il en fonda une qui fut appelée Eleuthera, nom qui rappelle sa constitution libérale.

III. Bacchus employa trois ans entiers à son expédition dans l’Inde ; il revint en Béotie, chargé de riches dépouilles. Monté sur un éléphant indien, il obtint le premier l’honneur du triomphe. Les Béotiens, les Thraces, et les autres Grecs ont institué en mémoire de cette expédition dans l’Inde les fêtes de Bacchus qu’on appelle triétérides (triennales) ; Bacchus passe alors pour un dieu qui se montre aux hommes. Dans beaucoup de villes grecques les femmes se rassemblent tous les trois ans pour célébrer les bacchanales ; il est alors de coutume que les filles portent des thyrses, et que saisies d’enthousiasme, elles chantent les louanges de Bacchus. Les femmes se réunissent par troupes pour lui offrir des sacrifices ; et supposant dans leurs hymnes la présence de ce dieu, elles imitent les Ménades qui l’avaient jadis accompagné. Bacchus châtia dans son expédition tous ceux qui passaient pour impies ; les plus fameux étaient Penthée et Lycurgue. Comme la découverte du vin est un grand bienfait pour les hommes, non seulement à cause du plaisir qu’il leur procure, mais aussi parce que l’usage du vin fortifie le corps, ou invoque le bon génie, lorsque, pendant les repas, on donne, à tous les convives, du vin pur. Mais lorsque après le repas on leur donne du vin mêlé d’eau, on invoque Jupiter Sauveur. Le vin pur rend l’homme furieux ; mais quand il est tempéré par la pluie de Jupiter, il ne leur procure que du plaisir, en corrigeant le principe maniaque et corrupteur. Bacchus et Cérès sont les deux divinités auxquelles les hommes rendent les plus grands honneurs, en souvenir des bienfaits qu’ils en ont reçus. Car l’un a inventé une boisson très agréable, et l’autre a gratifié les hommes du meilleur aliment sec.

IV. Selon quelques mythologues, il y a eu un autre Bacchus beaucoup plus ancien que celui-là. Il naquit de Jupiter et de Proserpine ; quelques-uns lui donnent le nom de Sabazius. On célèbre sa naissance ; mais on ne lui offre des sacrifices, et on ne lui rend les honneurs divins que la nuit et clandestinement, à cause 263 de la honte qui s’attache à ces assemblées. Il avait, dit-on, l’esprit très inventif ; il attela le premier des boeufs à la charrue pour ensemencer le sol. C’est pourquoi on le représente cornu. Bacchus, fils de Sémélé, naquit longtemps après celui-ci. Le fils de Sémélé était luxurieux, délicat de corps, et surpassait tous les autres hommes par sa beauté. Il était aussi fort adonné aux plaisirs vénériens, et se faisait suivre par un grand nombre de femmes armées de lances en forme de thyrses. Il fut accompagné dans ses courses par les Muses, filles instruites, et qui le divertissaient par leurs chants, par leurs danses, et d’autres amusements. Il avait aussi dans son armée Silène, son nourricier et son précepteur ; Silène avait beaucoup contribué à la gloire de son disciple. Dans les combats, Bacchus était couvert d’armes guerrières et de peaux de panthère. Mais en temps de paix, pendant les solennités publiques et les fêtes, il était vêtu d’étoffes fines, belles comme les fleurs (06). Son front était serré d’un bandeau, pour se garantir des maux de tête, causés par l’excès du vin : c’est pourquoi on l’a appelé Mithrophore. On dit que ce bandeau est l’origine du diadème des rois. Bacchus est aussi appelé Dimeter, parce que les deux Bacchus sont nés d’un seul père, et de deux mères. Le plus jeune a hérité des exploits de son aîné. De là vient que la postérité, ignorant la vérité, et trompée par la ressemblance du nom, a pensé qu’il n’y avait eu qu’un Bacchus. On donne à Bacchus une baguette comme attribut, par la raison que nous allons dire. Comme primitivement on n’avait pas encore songé à mélanger le vin avec de l’eau, on le buvait pur. Il arrivait donc souvent que dans les assemblées et les festins, les convives enivrés entraient en fureur, et se frappaient les uns les autres avec des bâtons. Les uns étaient blessés, et les autres mouraient de leurs blessures. Pour remédier à ces choses, Bacchus ne condamna pas les hommes 264 à s’abstenir entièrement du plaisir de boire du vin pur, mais il ordonna qu’au lieu de bâtons, ils se servissent de baguettes.

V. Les hommes ont donné à Bacchus plusieurs épithètes, rappelant différents événements. Ils l’ont appelé Bacchéus, à cause des Bacchantes qui l’accompagnaient ; Lénéus, parce qu’on écrase les raisins dans le pressoir (07) ; Bromius à cause du bruit qu’on entendit au moment de sa naissance. C’est pour une raison semblable qu’on l’a appelé aussi Pyrigène (09). Il fut nommé Thriambus, parce que, revenant de l’Inde chargé de riches dépouilles, ii obtint le premier, dans sa patrie, l’honneur du triomphe. On explique de la même façon les autres épithètes qu’on lui donne. Il serait trop long, et bois de notre sujet, de nous y arrêter davantage. On le représente dimorphe parce qu’il y a eu deux Bacchus ; l’ancien était barbu, car tous les anciens laissaient croître leur barbe ; le plus jeune était beau et voluptueux, comme nous l’avons déjà dit. Quelques-uns prétendent qu’on lui a attribué deux formes à cause du caractère différent des gens ivres, dont les uns sont furieux, les autres gais. Bacchus avait aussi avec lui les Satyres qui l’amusaient par les danses et par les jeux tragiques (09). Les Muses le délassaient par la variété de leurs connaissances, et l’égayaient par leurs divertissements. Les Satyres lui faisaient passer une vie heureuse. Enfin, Bacchus est regardé comme l’inventeur des représentations scéniques et des théâtres. Il établit même des écoles de musique. Il exempta de toute charge, ceux qui, dans ses expéditions militaires, s’étaient rendus habiles dans l’art musical. C’est pourquoi on a depuis lors fondé des sociétés de musiciens qui ont joui d’immunités. Ce que nous avons dit de Bacchus suffit dans l’ordre de notre plan.

VI. Nous allons maintenant joindre à l’histoire de Bacchus 265 celle de Priape. Selon les anciens mythologues, Priape est fils de Bacchus et de Vénus ; et ils expliquent cette naissance eu disant que le vin porte naturellement aux plaisirs de Vénus. Quelques-uns prétendent que les anciens mythologues désignaient par le nom de Priape les parties génitales de l’homme. Il y en a même qui disent qu’on a décerné à ces parties les honneurs divins, comme étant le principe de la génération et de la conservation perpétuelle du genre humain. Les mythologues égyptiens qui ont parlé de Priape, racontent que les Titans dressèrent des embûches à Osiris et le massacrèrent ; qu’après avoir divisé son corps en plusieurs parties égales, ils les emportèrent secrètement hors du palais ; que les seules parties génitales furent jetées dans le fleuve, parce que personne ne voulait les conserver. Isis ayant recherché les meurtriers de son mari, et fait périr les Titans, rassembla les autres parties du corps d’Osiris et leur donna une figure humaine ; puis elle confia aux prêtres le soin de les enterrer et leur commanda de vénérer Osiris comme un dieu. Mais ne pouvant retrouver les parties génitales, elle leur fit rendre les honneurs divins et en déposa l’image dans un temple. Voilà ce que les anciens Egyptiens racontent de Priape et des honneurs qu’on lui rend. Quelques-uns donnent à ce Dieu le nom d’Ithyphallus, et d’autres celui de Tychon. On lui offre des sacrifices non seulement dans les villes, mais encore dans les campagnes ; et on le regarde comme le gardien des fruits de la vigne et des jardins. Ceux qui par sortilège détruisent quelque bien, reçoivent de lui leur punition. On rend quelques honneurs à Priape non seulement dans les mystères de Bacchus, mais aussi dans presque tous les autres mystères, en le célébrant par le rire et le jeu. L’origine d’Hermaphrodite, fils de Mercure et de Vénus est, suivant les mythologues, analogue à celle de Priape. Ce Dieu fut appelé Hermaphrodite d’un nom composé de celui de son père et de celui de sa mère (10). Quelques-uns prétendent que ce Dieu se montre aux hommes à certaines époques ; que son corps est un mélange 266 d’homme et de femme ; en effet, il a toute la beauté et la mollesse du corps d’une femme, en même temps que son aspect a quelque chose de mâle et de rude. D’autres considèrent ces productions comme des monstruosités rares, et qui présagent tantôt des biens, tantôt des maux. Mais ces détails doivent suffire (11).…

LXI. Suivant le récit des mythologues, Saturne (Yahvéh), fière d’Atlas, se fit, au contraire, remarquer par son impiété et son avarice (Actes 17v18, Esaie 48v11). Il épousa sa soeur Rhéa, et en eut Jupiter (Zeus), surnommé par la suite l’Olympien. Il y a eu un autre Jupiter, frère d’Uranus et roi de Crète, mais il fut inférieur en gloire à celui qui naquit plus tard, car le dernier fut maître du monde entier. Jupiter, roi de Crète, eut dix enfants nommés Curètes ; il appela l’île de Crète Idéa, du nom de sa femme ; il y fut enterré, et on montre encore aujourd’hui le lieu de son tombeau. Cependant les Crétois racontent ces choses différemment ; nous y reviendrons en parlant de l’histoire de la Crète. Saturne régna sur la Sicile, la Libye, et même l’Italie ; en un mot, il étendit son empire sur tous les pays de l’Occident. Il construisit dans ces pays des forteresses confiées à des gardes, en même temps qu’il fortifia tons les points élevés. C’est pourquoi on appelle encore aujourd’hui Saturniens les lieux élevés qu’on voit en Sicile et dans les pays occidentaux. Jupiter (Zeus), fils de Saturne (Yahveh), mena une vie tout opposée à celle de son père ; il se montra doux et bienveillant envers les hommes. C’est pourquoi les peuples lui donnèrent le nom de Père (Patéra). Il succéda à l’empire, soit que Saturne le lui eût cédé volontairement, soit qu’il y eût été contraint par ses sujets, auxquels il était odieux. Jupiter vainquit son père, qui était venu l’attaquer avec les Titans, et demeura maître du trône. Il parcourut ensuite toute la terre pour répandre ses bienfaits sur la race des hommes. Doué d’une grande force ainsi que de beaucoup d’autres qualités, il devint bientôt le maître du monde entier. Il s’efforçait de rendre ses sujets heureux ; et il punissait sévèrement les impies et les méchants. Aussi, après sa mort, les hommes lui donnèrent le nom de Zeus, parce qu’il leur avait enseigné à bien vivre (83). Ils le placèrent par reconnaissance dans le ciel, et lui décernèrent le titre de dieu et de maître 243 éternel de tout l’univers. Telles sont en abrégé les traditions des Atlantes, relatives à l’origine des dieux.

LXII. Dans notre histoire des Egyptiens, nous avons rapporté les traditions de cette nation sur la naissance et les exploits de Bacchus ; nous croyons devoir placer ici ce que les Grecs racontent de ce dieu. Comme les anciens mythologues et les poètes diffèrent entre eux au sujet de Bacchus, et mêlent à leurs récits beaucoup de merveilleux, il est fort difficile de démêler la vérité de l’origine et des actions de Bacchus. Les uns ne reconnaissent qu’un seul Bacchus ; d’autres en admettent trois. Quelques-uns même soutiennent que ce Dieu n’a jamais apparu sous forme humaine, et que par le nom de Bacchus il faut entendre le vin. Nous rapporterons succinctement les différentes opinions émises à ce sujet. Ceux qui parlent de ce dieu en physiciens, et qui nomment Bacchus le fruit de la vigne, soutiennent que la terre, entre antres fruits, produisit d’elle-même primitivement la vigne, qui n’a point été découverte. Ils en donnent comme preuve, qu’on trouve encore aujourd’hui, dans beaucoup d’endroits, des vignes sauvages, portant des fruits semblables à ceux de la vigne cultivée. Ils ajoutent que Bacchus a été nommé Déméter par les anciens, comptant pour une première naissance le moment de la germination de la plante, et regardant comme une seconde naissance l’époque où la vigne perte des grappes ; de cette manière Bacchus aurait eu deux naissances, l’une en sortant du sein de la terre, l’autre en produisant le fruit de la vigne. Quelques mythologues lui attribuent encore une troisième naissance : ils racontent que Bacchus, né de Jupiter et de Cérès, fut déchiré par les enfants de la terre, qui le mirent en pièces et le firent bouillir ; mais que Cérès ramassa ses membres et lui rendit la vie. On donne une interprétation physique de ce mythe, en disant que Bacchus, fils de Jupiter et de Cérès, signifie que la vigne s’accroît, et que son fruit, qui fournit le vin, mûrit par le moyen de la terre (Cérès), et par la pluie (Jupiter). Bacchus, déchiré dans sa jeunesse par les enfants de la terre, signifierait la vendange que font les cultivateurs ; car les hommes 244 considèrent Cérès comme la terre. Les membres qu’on a fait bouillir indiqueraient l’usage assez général de faire cuire le vin pour le rendre meilleur et lui donner un fumet plus suave. Les membres déchirés par les enfants de la terre et remis dans leur premier état par les soins de Cérès, expriment qu’après qu’on a dépouillé la vigne de son fruit, et qu’on l’a taillée, la terre la met à même de germer de nouveau selon la saison de l’année. En général, les anciens poètes et les mythologues appellent la terre, en tant que mère, du nom de Cérès, (Déméter). Tout cela est conforme à ce qu’en disent les chants d’Orphée, et aux cérémonies introduites dans les mystères dont il n’est pas permis de parler à ceux qui n’y sont pas initiés. C’est aussi par des raisons physiques que d’autres expliquent comment Bacchus est fils de Sémélé ; car ils disent que la terre fut nommée par les anciens Thyoné ; qu’on lui avait donné le nom de Sémélé à cause de la vénération qu’on avait pour cette déesse, et Thyoné, à cause des sacrifices qu’on faisait en son honneur. Selon la tradition, Bacchus naquit deux fois de Jupiter, parce que le déluge de Deucalion ayant fait périr la vigne, celle-ci reparut bientôt après la pluie. Bacchus s’étant montré ainsi aux hommes une seconde fois, avait été, selon le mythe, gardé dans la cuisse de Jupiter. Telles sont les opinions de ceux qui n’entendent par Bacchus que l’usage et la découverte du vin.

LXIII. Les mythologues qui reconnaissent un Bacchus de forme humaine, lui attribuent d’un commun accord la découverte de la culture des vignes et de tout ce qui concerne la fabrication du vin. Mais ils ne s’accordent pas s’il y a eu plusieurs Bacchus ou s’il n’y en a eu qu’un seul. Les uns disent qu’il n’y a eu qu’un seul Bacchus qui enseigna aux hommes à faire du vin, et à recueillir les fruits des arbres ; qui fit une expédition dans toute la terre, et qui institua les mystères sacrés et les Bacchanales. Les autres, comme je l’ai déjà dit, prétendent qu’il y a eu trois Bacchus ayant vécu à des époques différentes, et ils attribuent à chacun d’eux des actions particulières. Ils assurent que le plus ancien était Indien de nation, que son pays pro- 245 duisant spontanément la vigne, il s’avisa le premier d’écraser des grappes de raisin et d’inventer ainsi l’usage du vin. Il eut également soin de cultiver les figuiers et d’autres arbres à fruit ; enfin il fut l’inventeur de tout ce qui concerne la récolte. C’est pourquoi il fut appelé Lénéus (84). On lui donne aussi le nom de Catapogon (85), parce que les Indiens ont la coutume de laisser croître leur barbe jusqu’à la fin de leur vie. Ce même Bacchus parcourut toute la terre à la tête d’une armée, et enseigna l’art de planter la vigne et de presser le raisin, ce qui lui fit donner le nom de Lénéus. Enfin, après avoir communiqué aux hommes plusieurs autres découvertes, il fut mis, après sa mort, au rang des immortels par ceux qu’il avait comblés de ses bienfaits. Les Indiens montrent encore aujourd’hui l’endroit de sa naissance, et ils ont plusieurs villes qui portent dans leur langue le nom de ce dieu. Il nous reste encore beaucoup d’autres monuments remarquables qui attestent que Bacchus est né chez les Indiens : nais il serait trop long de nous y arrêter.

LXIV. Selon ces mêmes mythologues, le second Bacchus naquit de Jupiter et de Proserpine ; quelques-uns disent de Cérès. Ce fut lui qui le premier attela des boeufs à la charrue ; car auparavant les hommes travaillaient la terre avec leurs mains. Il inventa plusieurs autres choses utiles à l’agriculture, et qui soulagèrent beaucoup les laboureurs de leurs fatigues. C’est pourquoi les hommes, n’oubliant point ces bienfaits, lui décernèrent les honneurs divins et lui offrirent des sacrifices. Les peintres ou les sculpteurs représentent ce Bacchus avec des cornes, tant pour le distinguer de l’autre que pour indiquer de quelle utilité a été aux hommes l’invention de faire servir le boeuf au labourage (86). Le troisième Bacchus naquit, selon la tradition, à Thèbes, en Béotie, de Jupiter et de Sémélé, fille de Cadmus. Epris de Sémélé, qui était très belle, Jupiter eut avec elle des rapports fréquents. Junon en devint jalouse, et, 246 voulant se venger de sa rivale, elle prit la figure d’une des confidentes de Sémélé et lui dressa un piège. Sous ce déguisement, elle lui persuada qu’il serait plus convenable, que Jupiter vînt la trouver avec la même pompe que lorsqu’il allait voir Junon. S’étant ainsi laissé séduire, Sémélé exigea de Jupiter les mêmes honneurs qu’il rendait à Junon. Jupiter se présenta donc armé de la foudre et du tonnerre ; Sémélé, qui ne put soutenir l’éclat de cette apparition, accoucha avant terme et mourut. Jupiter cacha aussitôt le foetus dans sa cuisse, et, lorsque ce foetus eut pris tout le développement d’un enfant à terme, il le porta à Nyse, en Arabie. Là, cet enfant fut élevé par les Nymphes, et appelé Dionysus (87), nom composé de celui de son père et de celui du lieu où il avait été nourri. Il était d’une beauté remarquable, et passa sa jeunesse parmi des femmes, en festins, en danses et en toutes sortes de réjouissances. Composant ensuite une armée avec ces femmes, auxquelles il donna des thyrses pour armes, il parcourut toute la terre. Il institua les mystères, et n’initia dans les cérémonies que des hommes pieux et d’une vie irréprochable. Il établit partout des fêtes publiques et des luttes musicales. Il apaisa les différends qui divisaient les nations et les villes, et substitua aux troubles et à la guerre l’ordre et une paix durable.

LXV. La renommée avant partout annoncé la présence du dieu, divulgué les bienfaits de la civilisation qu’il apportait, tout le monde courait au-devant de lui ; on le recevait partout avec de grandes marques de joie. Un petit nombre d’hommes le méprisaient par orgueil ou par impiété. Ils disaient que c’était par incontinence qu’il menait les Bacchantes avec lui, et qu’il n’avait inventé les mystères et les initiations que pour corrompre les femmes d’autrui. Mais Bacchus s’en vengea immédiatement ; car quelquefois il se servait de son pouvoir surnaturel pour rendre ces impies tantôt insensés, tantôt pour les faire déchirer par les mains des femmes qui le suivaient. Quelquefois il usait d’un stratagème pour se défaire de ses ennemis : au lieu de thyrses, il donna à ses Bacchantes des lances dont la pointe acérée  247 était cachée sous les feuilles de lierre. Les rois, ignorant ce stratagème, méprisaient ces troupes de femmes, et, n’étant protégés par aucune arme défensive, ils étaient blessés contre leur attente. Les plus célèbres de ceux qui furent ainsi punis, sont : Penthée, chez les Grecs, Myrrhanus, roi chez les Indiens, et Lycurgue, chez les Thraces. Au sujet de celui-ci, la tradition rapporte que Bacchus, voulant conduire son armée d’Asie en Europe, contracta une alliance avec Lycurgue, roi de la Thrace sur l’Hellespont. Il avait déjà fait entrer l’avant-garde des Bacchantes dans ce pays allié, lorsque Lycurgue commanda à ses soldats de faire une attaque nocturne, et de tuer Bacchus et toutes les Ménades. Averti de cette trahison par un Thrace appelé Tharops, Bacchus fut terrifié, parce que son armée était encore sur l’autre rive, et qu’il n’avait passé la mer qu’accompagné d’un très petit nombre d’amis. C’est pourquoi il repassa secrètement la mer pour aller rejoindre ses troupes. Lycurgue attaqua les Ménades dans un lieu appelé Nysium, et les tua toutes. Mais Bacchus, franchissant l’Hellespont avec son armée, défit les Thraces en bataille rangée, et fit prisonnier Lycurgue, auquel il fit crever les yeux ; et, après lui avoir fait subir toutes sortes de tourments, il le fit enfin mettre en croix. Ensuite, pour témoigner à Tharops sa reconnaissance, il lui donna le royaume des Thraces, et lui enseigna les mystères Orgiaques. Oeagre, fils de Tharops, succéda à son père, et apprit de lui les mystères, auxquels il initia plus lard son fils Orphée. Surpassant tous ses contemporains par son génie et son instruction, Orphée changea plusieurs choses dans les Orgies. C’est pourquoi on appelle Orphiques les mystères de Bacchus. Quelques poètes, au nombre desquels est Antimaque (88), disent que Lycurgue était roi, non de la Thrace, mais de l’Arabie ; et que ce fut à Nyse, en Arabie, qu’il avait attaqué Bacchus et les Bacchantes. Châtiant ainsi les impies et accueillant avec douceur les autres hommes, Bacchus revint des Indes à Thèbes, où il fit son entrée sur un éléphant. Il employa en tout trois ans à cette expédition ; c’est pourquoi les Grecs appellent 248 Triétérides les fêtes Dionysiaques. Les mythologues prétendent encore que Bacchus, chargé des dépouilles qu’il avait recueillies dans une si grande expédition, conduisit le premier triomphe en revenant dans sa patrie. …

LXVI. Telles sont les origines de Bacchus sur lesquelles on est le plus d’accord chez les anciens. Mais beaucoup de villes grecques se disputent l’honneur d’avoir donné le jour à Bacchus. Les Eliens, les Naxiens, les habitants d’Eleuthère, les Teïens, et beaucoup d’autres encore essaient de prouver que Bacchus est né chez eux. Les Teïens donnent pour preuve une source qui, à des époques fixes, laisse couler naturellement un vin d’un parfum exquis. Les uns allèguent que leur pays est consacré à Bacchus ; d’autres appuient leur prétention sur les temples, et les enceintes sacrées, qui sont de temps immémorial dédiées à ce dieu. En général, comme Bacchus a laissé, en beaucoup d’endroits de la terre, des marques de sa présence bienfaisante, il n’est pas étonnant que tant de villes et de contrées le réclament. Le poète confirme notre récit, lorsque, dans ses hymnes, il parle ainsi des villes qui se disputent la naissance de Bacchus ; et en même temps, il le fait naître à Nyse, en Arabie : «Les Dracaniens, les habitants d’Icare exposés aux tempêtes, les Naxiens, la race divine des Iraphiotes, ceux qui habitent les rives de l’Alphée aux tournants profonds, les Thébains, réclament, ô Seigneur, ta naissance. Ils se trompent. Tu naquis du père des dieux et des hommes, loin des mortels et à l’insu de Junon aux bras blancs. [Tu reçus le jour] à Nyse, sur une montagne élevée, couverte de bois fleuri, loin de la Phénicie, et près des ondes de l’Egyptus (89)». Je n’ignore pas que les Libyens, qui habitent les bords de l’Océan, revendiquent aussi la naissance de Bacchus. Ils prétendent que la plupart des choses que les mythes racontent de ce dieu, se sont passées dans leur pays ; ils ont même une ville appelée Nyse, et citent beaucoup d’autres vestiges qui, à ce qu’on dit, s’y voient encore aujourd’hui. De plus, ils s’appuient sur ce 249 que beaucoup d’anciens mythologues et poètes de la Grèce, et même quelques écrivains plus récents, ont adopté cette opinion. Aussi, pour ne rien omettre relativement à l’histoire de Bacchus, rapporterons-nous succinctement les traditions des Libyens, conformes à celles que racontent Tite-Live et les historiens grecs, et surtout Dionysius (90), qui a mis en ordre les anciens mythes. Cet auteur a rassemblé tout ce qui concerne Bacchus, les Amazones, les Argonautes, la guerre de Troie et plusieurs autres choses ; il y a joint les chants des anciens mythologues ou poètes.

LXVII. Les sources confirmant de Denys de Millet :

Conformément au récit de Dionysius (Denys de Millet V av EC), Linus inventa le premier, chez les Grecs, le rythme et la mélodie ; de plus, après que Cadmus eut apporté de la Phénicie les lettres, Linus les appliqua le premier à la langue grecque, donna à chacune son nom, et fixa leur forme. Ses lettres furent appelées, d’une dénomination générale, phéniciennes, parce qu’elles avaient été apportées de la Phénicie en Grèce ; elles portaient plus particulièrement le nom de pélasgiennes, parce que les Pélasgiens se sont les premiers servis de ces caractères transportés (91). Linus, admiré pour sa poésie et son chant (92), eut un grand nombre de disciples, dont trois très célèbres, Hercule, Thamyris et Orphée. D’une intelligence lente, Hercule ne fit point de progrès dans l’art de jouer de la lyre, qu’il apprenait ; son maître s’avisa alors de le frapper. Hercule, transporté de colère, tua Linus d’un coup de sa lyre. Thamyris avait des dispositions plus heureuses. Il se livra à la musique ; mais la perfection où il parvint lui inspira la prétention de mieux chanter que les Muses. Ces déesses, irritées, le privèrent de son talent pour la musique, et lui ôtèrent la vue, ainsi qu’Homère le témoigne, lorsqu’il dit : 250 «C’est ici que les Muses, irritées, firent taire le chant de Thamyris le Thrace (93)». Il dit encore : «Les déesses, irritées, l’aveuglèrent. Elles le privèrent de sa voix et lui firent perdre la mémoire du jeu de la lyre». Quant à Orphée, troisième disciple de Linus, nous en parlerons en détail, en racontant les aventures de sa vie. On rapporte que Linus (94) écrivit en lettres pélasgiennes l’histoire du premier Bacchus, et plusieurs autres mythes, qu’il a laissés dans ses commentaires. Orphée et Pronapidès (95) maître d’Homère, doués l’un et l’autre de grands talents pour la composition du chant, se sont également servis des lettres pélasgiennes. Enfin Thymoetès, fils de Thymoetès, descendant de Laomédon, qui vivait du temps d’Orphée, parcourut une grande partie du monde, et arriva vers les côtes occidentales (espéran = ἑσπέραν) de la Libye (de l’Afrique) ; il y vit la ville de Nyse, où, selon la tradition des habitants, fut élevé Bacchus. Les Nyséens lui apprirent en détail l’histoire de ce dieu. Thymoetès composa ensuite un poème surnommé Phrygien, écrit en langue et en caractères antiques.

LXVIII. Histoire Africaine d’Osiris : victoire d’Osiris contre Yahveh Sabaoth alias éloim iao …

Selon le récit de cet écrivain, Hammon, roi de la partie Libyenne du Ciel (Carte d’Afrique avec Sud en Haut), épousa Rhéa, soeur de Saturne-Yahvéh et des autres Titans. En visitant son royaume, Ammon trouva, près des monts Cérauniens, une fille singulièrement belle, qui s’appelait Amalthée. Il en devint amoureux, et en eut un enfant d’une beauté et d’une force admirables. Il donna à Amalthée la souveraineté de la contrée voisine, dont la configuration rappelle la corne d’un boeuf, et qu’on appelait la corne d’Hespérus  (96) (la région de Dakar au Sénégal). Cette contrée, en raison de la fertilité de son sol, produit non seulement beaucoup de vignes, mais encore toutes sortes d’arbres fruitiers. Amalthée prit donc le gouvernement de cette  251 contrée, à laquelle elle laissa le nom de corne d’Amalthée, et on a depuis lors appelé Amalthées tous les pays fertiles. Craignant la jalousie de Rhéa, Ammon cacha avec soin cet enfant, et le fit transporter secrètement dans la ville de Nyse (La ville de Kano), qui était fort éloignée de là. Cette ville est située dans une île environnée par le fleuve Triton (bassin du Lac Tchad); elle est très escarpée, et l’on ne peut y entrer que par un passage étroit qu’on nomme les portes Nyséennes. L’île est formée d’une terre très fertile, garnie de prairies charmantes, de jardins cultivés, et arrosée de sources abondantes ; elle est couverte d’arbres fruitiers de toute espèce, et de vignes sauvages, la plupart sous forme d’arbrisseaux. Toute cette région est bien exposée aux vents et extrêmement saine ; aussi ceux qui l’habitent vivent-ils beaucoup plus longtemps que leurs voisins. L’entrée de cette île se présente d’abord sous la forme d’une vallée, ombragée d’arbres élevés et touffus, qui laissent à peine y pénétrer un faible rayon du soleil.

LXIX. Partout les bords des chemins sont arrosés par de sources d’une eau excellente et qui invite les passants à s’y reposer. En avançant, on rencontre une grotte arrondie d’une grandeur et d’une beauté extraordinaires. Cette grotte est surmontée d’un rocher escarpé d’une hauteur prodigieuse, et dont les pierres brillent des couleurs les plus éclatantes, semblables à la pourpre marine, à l’azur et autres nuances resplendissantes ; enfin ou ne pourrait imaginer aucune couleur qui ne se trouvât pas là. A l’entrée de cette grotte, il y a des arbres énormes dont les uns portent des fruits ; les autres, toujours verts, semblent n’avoir été produits par la nature que pour réjouir la vue. Là nichent des oiseaux de toute espèce, remarquables par la beauté de leur plumage et par la douceur de leur chant ; aussi ce lieu est-il fait non seulement pour les jouissances de la vue, mais encore pour celles de l’oreille, ravie par les sons des chanteurs naturels qui surpassent la mélodie même des artistes. Derrière l’entrée, la grotte est entièrement découverte et reçoit les rayons du soleil. Il y croît des plantes de toute espèce, mais surtout la casie et d’autres végétaux dont l’odeur se conserve pendant 252 des années. On voit aussi dans cette grotte plusieurs lits de Nymphes, formés de toutes sortes de fleurs, oeuvre non pas de l’homme, mais de la nature. Tout à l’entour, on n’aperçoit point de fleurs flétries ni de feuilles tombées. C’est pourquoi, outre le plaisir que procure la vue, on a encore celui de l’odorat.

LXX. Ce fut dans cette grotte qu’Ammon déposa son Fils, et qu’il le donna à nourrir à Nysa, fille d’Aristée (97). Il désigna, pour surveiller l’éducation de cet enfant, Aristée, homme remarquable par son esprit, par sa sagesse, et par son instruction variée. Afin de le garantir contre les embûches de Rhéa, sa marâtre, Ammon en confia la garde à Minerve (Athéna), qui venait de naître de la Terre, sur les rives du fleuve Triton, d’où elle fut surnommée Tritonis. Selon le récit des mythologues, cette déesse fit voeu de garder une virginité perpétuelle, et à tant de sagesse, elle joignit un esprit si pénétrant, qu’elle inventa un grand nombre d’arts. Robuste et très courageuse, elle s’adonna aussi au métier des armes, et elle fit beaucoup d’exploits mémorables. Elle tua l’Aegide, monstre terrible et tout à fait indomptable ; il était né de la Terre et vomissait de sa gueule une masse de flammes. Ce monstre parut d’abord dans la Phrygie, et brûla toute la contrée qui, encore aujourd’hui, s’appelle la Phrygie brûlée. Il infesta ensuite le mont Taurus, et incendia toutes les forêts jusqu’à l’Inde. Après cela, retournant vers la mer, il entra dans la Phénicie, et mit en feu les forêts du Liban. Ayant ensuite traversé l’Egypte et parcouru les régions occidentales (espéran ἑσπέραν) de la Libye, il tomba, comme la foudre, sur les forêts des monts Cérauniens. Il mettait en feu toute la contrée, faisant périr les habitants, ou les forçant à s’expatrier, lorsque parut Minerve qui, surpassant les hommes en prudence et en courage, tua ce monstre. Depuis lors elle porta toujours la peau de l’Aegide sur sa poitrine, soit comme une arme défensive, soit comme un souvenir de sa valeur et de sa juste renommée (98). La Terre, mère de ce 253 monstre, en fut irritée : elle enfanta les géants qui furent plus tard vaincus par Jupiter (Zeus) avec le secours de Minerve (Athéna), de Bacchus (Dyonisos) et des autres dieux. Ainsi donc, Bacchus ayant été nourri à Nyse et instruit dans les plus belles sciences, était non seulement d’une force et d’une beauté remarquables, mais il aimait les arts et inventa plusieurs choses utiles. Etant encore enfant, il découvrit la nature et l’usage du vin, en écrasant des raisins de vignes sauvages. Il trouva aussi qu’on pouvait faire sécher les fruits mûrs, et les conserver utilement. Il inventa ensuite la culture la plus convenable à chaque plante. Il résolut de faire part aux hommes de ces découvertes, espérant qu’ils lui accorderaient, en mémoire de ces grands bienfaits, les honneurs divins.

LXXI. La renommée de Bacchus s’étant ainsi répandue, Rhéa, irritée contre Ammon, résolut de s’emparer de Bacchus. Mais, ne réussissant pas dans son entreprise, elle quitta Ammon, et, retournant auprès des Titans, ses frères, elle épousa son frère Saturne (Yahvéh Sabaoth). Celui-ci, à l’instigation de Rhéa, marcha contre Ammon et le défit en bataille rangée. Pressé par la famine, Ammon se réfugia en Crète. Là il épousa Créta, l’une des filles des Curètes, alors régnant, et il fut reconnu roi de cette île, qui, nommée auparavant Idéa, reçut le nom de Crète, du nom de la femme du roi. Saturne-Yahvéh s’empara des pays d’Ammon, y régna avec cruauté, et marcha à la tête d’une nombreuse armée contre Nyse et Bacchus. Mais Bacchus, instruit de la défaite de son père, et de la marche des Titans, leva des troupes dans Nyse. Au nombre de ces guerriers étaient deux cents jeunes gens, tous élevés avec lui, d’une bravoure et d’un attachement à toute épreuve ; il fit venir des contrées voisines les Libyens et les Amazones qui, comme nous l’avons dit, célèbres par leur courage, avaient les premières entrepris une expédition lointaine, et soumis par leurs armes une grande partie de la terre. Ce fut à l’instigation de Minerve, animée des mêmes goûts guerriers, que les Amazones devinrent les auxiliaires de Bacchus. Comme ces femmes, elle s’était vouée au métier des armes et à la virginité. L’armée se partagea en deux corps ; Bacchus (Osiris ou Dionysos) commanda les hommes, et Minerve (Athéna) les femmes ; ils attaquèrent ainsi la troupe des Titans. Le combat fut sanglant, et il tomba beaucoup de monde de part et d’autre ; enfin Saturne-Yahvéh fut blessé, et Bacchus (Osiris) remporta la victoire. Les Titans s’enfuirent dans les pays jadis occupés par Ammon ; Osiris (Baccus ou Dionysos) revint à Nyse avec un grand nombre de prisonniers. Là, entourant les captifs avec toute son armée sous les armes, il reprocha aux Titans leur conduite, et leur fit croire qu’il allait les faire périr ; mais il leur fit grâce, et les laissa libres de partir ou de l’accompagner à la guerre. Ils devinrent tous ses compagnons d’armes ; et en reconnaissance de leur salut inespéré, ils l’adorèrent comme un dieu. Osiris, appelant les prisonniers l’un après l’autre, et leur offrant une coupe de vin pour faire une libation, leur fit jurer de servir fidèlement, et de combattre courageusement pour lui jusqu’à la fin de leur vie. Ces soldats ainsi engagés furent nommés Hypospondes ; de là on appela plus tard, en mémoire de ce fait, Spondes, les trèves conclues avec l’ennemi.

LXXII. Au moment où Osiris allait marcher contre Yahvéh, et faire sortir ses troupes de Nyse, Aristée, son précepteur, lui offrit un sacrifice, et fut ainsi le premier homme qui rendit à Osiris des honneurs divins. Les plus distingués des Nyséens prirent part à cette expédition. On les appelait Silènes, du nom de Silénus, premier roi de Nyse, et dont l’origine antique est inconnue. Ce Silénus avait une queue au bas du dos, et ses descendants, participant de la même nature, portaient tous ce signe distinctif. Bacchus se mit en route à la tête de son armée, et après avoir traversé beaucoup de pays privés d’eau, et d’autres qui étaient déserts et incultes, il s’établit devant la ville libyenne Zabirna. Là, il tua un monstre, né de la Terre ; ce monstre s’appelait Campé, et avait dévoré beaucoup d’habitants. Cet exploit lui acquit une grande réputation auprès des 255 indigènes. Pour y perpétuer sa mémoire, il fit élever, sur le corps de ce monstre, un tertre énorme, monument qui a subsisté jusqu’à des temps assez récents. Bacchus se porta ensuite à la rencontre des Titans. Dans sa marche, il maintint parmi les troupes une discipline sévère, et se montra doux et humain envers les habitants. Enfin il déclara qu’il n’avait entrepris cette expédition que pour châtier les impies (Yahveh Saturne avec Jésus Actes 17v18 sont des démons ou titans étrangers) et répandre ses bienfaits sur le genre humain. Les Libyens, admirant la discipline de ses troupes et sa magnanimité, fournirent abondamment des vivres aux soldats et les suivirent avec joie. Lorsque l’armée de Bacchus (Osiris) se fut approchée de la ville des Ammoniens, Saturne (Yahvéh Sabaoth) lui livra bataille en dehors des murs ; ayant été vaincu, il fit, pendant la nuit, incendier la ville, afin de détruire le palais paternel de Bacchus. Emmenant avec lui Rhéa, sa femme, et quelques-uns de ses amis, il abandonna la ville clandestinement. Cependant Bacchus eut une conduite toute différente ; car, ayant fait prisonniers Saturne (Yahvéh) et Rhéa (Ashéra), non seulement il leur pardonna, en considération des liens de parenté, mais il les pria même de le regarder à l’avenir comme leur fils, et de le laisser vivre avec eux, en les honorant. Rhéa l’aima toute sa vie comme un fils ; mais Saturne ne lui fut jamais sincèrement attaché. A cette même époque, Saturne eut un fils appelé Jupiter, que Bacchus honorait beaucoup, et qui devint, par la suite, roi du monde.

LXXIII. Avant le combat, les Libyens avaient raconté à Bacchus qu’à l’époque où Ammon fut chassé de son royaume, il avait été prédit aux habitants du pays, que, dans un temps déterminé, viendrait son fils, pour prendre possession du trône de son père, et que, maître de toute la terre, il serait considéré connue un dieu. Bacchus ajouta foi à cette prédiction, et institua un oracle en honneur de son père, fonda une ville, lui décerna les hoimeurs divins et établit des prêtres pour l’oracle qu’il avait institué. Ammon y est représenté avec une tête de bélier, insigne que ce roi portait sur son casque, dans la guerre. Quelques mythologues prétendent qu’il avait naturellement une véritable 256 corne sur chaque côté des tempes, et que son fils Bacchus avait le même aspect. C’est ce qui accrédita la tradition que Bacchus était né cornu. Après la fondation de la ville et l’établissement de l’oracle d’Ammon, Bacchus fut, dit-on, le premier qui consulta l’oracle de son père ; et il obtint pour réponse qu’il acquerrait l’immortalité par ses bienfaits envers les hommes. C’est pourquoi, rempli d’espérance, il envahit d’abord avec son armée l’Egypte, et y établit pour roi Jupiter, fils de Saturne et de Rhéa. Comme celui-ci était encore fort jeune, il lui donna Olympus pour gouverneur. Nommé ainsi dans la vertu, par les préceptes de son maître, Jupiter fut surnommé Olympien. Bacchus enseigna aux Egyptiens la culture et l’usage de la vigne, la conservation du vin, du fruit des arbres, et d’autres produits. Sa réputation s’étant répandue partout, personne n’osa lui résister ; tous les hommes se soumirent volontairement, et vénérèrent Bacchus comme un dieu par des louanges et des sacrifices. Bacchus parcourut ainsi toute la terre, plantant la vigne, et comblant les nations de ses bienfaits, dont le souvenir est éternel. Aussi ces hommes, qui n’accordent pas également les mêmes honneurs aux autres divinités, sont presque tous unanimes sur le culte de Bacchus. Car ce dieu a répandu ses biens sur les Grecs aussi bien que sur les Barbares. Et il a même appris à ceux qui habitent des contrées sauvages et peu propres à la culture de la vigne, à composer, avec de l’orge, une boisson qui, pour le goût, ne le cède guère au vin. On raconte que Bacchus, revenant de l’Inde, descendit vers la côte de la Méditerranée, et fut obligé de combattre les Titans, dont les troupes réunies avaient pénétré dans l’île de Crète pour attaquer Ammon. Jupiter envoya des soldats égyptiens au secours d’Ammon, et la guerre s’allumant dans cette île, Bacchus, Minerve, et quelques autres dieux, y accoururent. Il se livra une grande bataille ; Bacchus resta vainqueur, et tous les Titans furent tués. Après cela, Ammon et Bacchus échangèrent le séjour terrestre contre la demeure des immortels. Jupiter régna, selon la tradition, sur tout l’univers ; car, après le châtiment 257 des Titans, personne ne fut assez sacrilège pour lui disputer l’empire.

LXXIV. Telle est, d’après la tradition des Libyens (négro-africaine), l’histoire du premier Bacchus, fils d’Ammon et d’Amalthée. Quant au second, qui était fils de Ioús fille d’Inachus, il fut roi d’Egypte, et enseigna les mystères sacrés. Enfin, le troisième, né de Jupiter et de Sémélé, fut, chez les Grecs, l’émule des deux précédents, imitant les deux premiers, il parcourut tonte la terre à la tête d’une armée ; il éleva plusieurs colonnes pour marquer les termes de son expédition ; il répandit la culture de la terre ; il menait avec lui des femmes armées, comme l’ancien Bacchus avait à sa suite les Amazones. Il s’occupa beaucoup des Orgies, perfectionna quelques cérémonies, et en inventa de nouvelles. Ce dernier Bacchus recueillit ainsi la gloire des deux premiers, que la longueur du temps avait presque effacés de la mémoire des hommes. La même chose est arrivée non seulement à Bacchus, mais encore à Hercule. En effet, il y a eu plusieurs héros de ce nom. Hercule, le plus ancien, est, selon la tradition, d’origine égyptienne ; après avoir subjugué une grande partie de la terre, il éleva une colonne sur la côte de la Libye. Le second, originaire de la Crète, l’un des Dactyles idéens, se livra à la magie et à l’art de la guerre, et institua les jeux olympiques. Enfin, le dernier Hercule (idéen phrygien de pont en Bytinie : ville nommée de son nom Héraclès), né de Jupiter (frère d’Uranus) et d’Alcmène (beau-fils d’Abraham et d’Apher), peu de temps avant la guerre de Troie, parcourut, obéissant aux ordres d’Eurysthée, une grande partie de la terre. Après avoir heureusement achevé ses travaux, il érigea en Europe la colonne qui porte son nom. A cause de la ressemblance de nom et de moeurs, on attribua à ce dernier les actions des deux Hercule plus anciens ; confondant les temps, de trois, on n’en fit qu’un. Parmi les diverses preuves qu’on allègue pour démontrer qu’il y a eu plusieurs Bacchus, il y en a une qu’on tire de la guerre des Titans. Tout le monde est d’accord que Bacchus fut l’auxiliaire de Jupiter, dans la guerre contre les Titans. Or, il est absurde de placer la race des Titans dans le temps où vivait Sémélé, et de faire Cadmus, fils d’Agénor, plus ancien que 258 les dieux de l’Olympe. Telles sont les traditions mythologiques des Libyens au sujet de Bacchus. Nous terminons ici le troisième livre, d’après le plan que nous nous étions tracé au commencement.

La premère ville du monde nommée du nom d’Hercule est en Phrygie (Bytinie)

Héraclée du Pont ou Héraclée Pontique (en grec ancien Ηράκλεια Ποντική, et en latin Heraclea Pontica) était une ville grecque de Bithynie située sur le Pont-Euxin. Sur ses ruines se dresse l’actuelle ville de Karadeniz Ereğli (Ereğli de la Mer Noire) dans la province de Zonguldak en Turquie.

Histoire

Située à environ 200 km à l’est du Bosphore, la ville fut fondée vers le vie siècle av. J.-C. (560 / 558 av. J.-C.) par des colons de Mégare1 et de Béotie2 et fut nommée d’après Héraclès. Cité de faible importance, Héraclée disposa cependant d’une flotte capable de prendre part à divers combats3, en particulier contre les princes du Bosphore cimmérien : un grand nombre de trières purent être armées grâce aux services de la population indigène des Maryandines, à titre d’esclaves volontaires, au prix de l’aide et de la protection que la cité leur accordait4.

  1. Anabase de Xénophon, livre VI, ch. II.
  2.  Sur la colonisation béotienne, voir PausaniasDescription de la Grèce [détail des éditions] [lire en ligne [archive]], 5, 26,7.

Selon Pline l’Ancien, une expédition de Maurétaniens envoyée par Juba II sur l’archipel visite les îles : lorsque le roi Juba II a envoyé un contingent pour rouvrir une production de colorant à Mogador (nom historique d’EssaouiraMaroc) au début du 1er siècle de notre ère, la flotte de Juba a par la suite été envoyée pour explorer les Îles CanariesMadère et probablement les îles du Cap Vert, utilisant Mogador comme base de départ.

Il est historiquement constaté que, selon Pline l’Ancien, le Grec Xénophon de Lampsacus a déclaré que les « Gorgades » (les îles du Cap Vert) sont situées à environ deux jours de « Hesperu Ceras » (Dakar au Sénégal), la partie la plus occidentale du continent africain, montrant ainsi une connaissance de la région par les Romains.

En outre, selon Pline l’Ancien et via sa citation par Gaius Julius Solin, le temps pour naviguer en mer des Gorgades (Cap Vert) vers les îles des Dames de l’Ouest (« les Hespérides »[10], actuelles São Tomé et Príncipe et Fernando Po) est d’environ 40 jours : ce fait a conduit les débats académiques à envisager la possibilité de la poursuite des voyages romains vers la Guinée et même le golfe de Guinée. Une pièce de monnaie romaine de l’empereur Trajan a été trouvée en République démocratique du Congo[11]. D’autres pièces de monnaie romaines ont été trouvées au Nigeria et au Niger, mais aussi en Guinée, au Togo et au Ghana. Cependant, il est beaucoup plus probable que toutes ces pièces ont été introduites à une date ultérieure plutôt qu’à la suite d’un rapport direct des Romains avec la côte ouest. Pas un seul article incontestablement originaire de l’Afrique au sud de l’Équateur n’a été découvert dans le monde gréco-romain ou en Arabie contemporaine, il n’y a aucune mention d’un tel article dans les écrits ; tandis que les pièces de monnaie sont les seuls articles anciens européens ou arabes qui aient été trouvés dans les régions du sud de l’Afrique[12].

  1. Pline l’Ancien. « Naturalis Historia », V, 5.36
  2.  Cambridge History of Africa; p. 286 [archive]
  3.  Certains historiens estiment que les « Hespérides » de Solinus pourraient être les Antilles orientales.
  4.  Kelly Christopher. Republic of Congo (« Italy invades » section)

La culture Nok, une culture ancienne a dominé la plupart de ce qui est aujourd’hui le nord du Nigeria à l’époque préhistorique, son héritage sous forme de statues en terre cuite et de mégalithes a été découvert à SokotoKanoBirinin Kudu, Nok et Zaria . La culture Kwatarkwashi, une variante de la culture Nok centrée principalement autour de Zamfara dans la province de Sokoto, est considérée par certains comme la même ou une ramification des Nok3.

  1. « The History of Northern Nigeria. – Opera News [archive] », ng.opera.news (consulté le 19 mai 2021)

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La Bible dans Deuteronome, Psaumes 82, 89 107 et les prophètes antérieurs (Josué, Juges, Samuel et Rois)

YAHVÉH A UN PAPA, YAHVEH ETAIT UN HOMME, UN MORTEL !

SANCHONIATON, DENYS DE MILLET, HÉSIODE ET TACITE SONT TOUS CONFIRMÉS PAR LES LIVRES LES PLUS ANCIENS DE LA BIBLE À SAVOIR LE DEUTÉRONOME, CERTAINS PSAUMES 82, 89, 107 ET LES PROPHÈTES ANTÉRIEURS (JUGES, SAMUEL, ROIS, …), LE PENTATEUQUE ETANT UNE INVENTION DES PHARISIENS ENTRE L’AN -50 et +20 :

EN EFFET, YAHVÉ OU IAO (CRONOS EN GREC OU SATURNE EN LATIN) A UN PÈRE NOMMÉ URANUS (EL) ET UN GRAND PÈRE NOMMÉ ELIAN (OU ELYON), ISRAËL ETAIT SIMPLEMENT UN AUTRE NOM DE YAHVÉH, AVANT DE DEVENIR UN SURNOM DE JACOB :

YAHVÉH AINSI QUE TOUS LES ELOHIM FILS DE ELYON, Y COMPRIS SON PERE EL ET ELYON LUI-MEME SONT DE SIMPLE MORTELS

Psaumes 82:6-7

[6] J’avais dit : Vous êtes des Élohim, Vous êtes tous des fils de Elyon. [7] Cependant vous mourrez comme des hommes, Vous tomberez comme un prince quelconque. Voir aussi Jean 10v33-36

YAHVÉH A UN GRAND PÈRE APPELÉ ELYON ET UN PÈRE APPELÉ EL

Deutéronome 32:8-9 Septante ou Qumran

[8] Quand Elyon donna un héritage aux nations, Quand il sépara les enfants d’Adam, Il fixa les limites des peuples D’après le nombre des enfants de El, [9] Car la portion de Yahweh, c’est son peuple, Jacob est la part de son héritage. 10 Il l’a trouvé dans une contrée déserte, Dans une solitude aux effroyables hurlements ; Il l’a entouré, il en a pris soin, Il l’a gardé comme la prunelle de son oeil, 11Pareil à l’aigle qui éveille sa couvée, Voltige sur ses petits, Déploie ses ailes, les prend, Les porte sur ses plumes. 12 Yahweh seul a conduit son peuple, Et il n’y avait avec lui aucun dieu (El) étranger.

Michée 4:5

[5] Tandis que tous les peuples marchent, chacun au nom de son Elohim, Nous marcherons, nous, au nom de Yahvéh, notre Elohim, A toujours et à perpétuité.

Michée 7 : 18 Quel Dieu (‘El) est semblable à toi, Qui pardonnes l’iniquité, qui oublies les péchés Du reste de ton héritage ? Il ne garde pas sa colère à toujours, Car il prend plaisir à la miséricorde.

Daniel 11 : 36 Le roi fera ce qu’il voudra ; il s’élèvera, il se glorifiera au-dessus de tous les dieux (‘El), et il dira des choses incroyables contre le Dieu (‘El) des dieux (‘El); il prospérera jusqu’à ce que la colère soit consommée, car ce qui est arrêté s’accomplira. Juges 9 : 46 ; Psaumes 44 : 20 ; Psaumes 81 : 10

Yahveh est un homme, les hébreux adorent Yahveh car il est leur ancètre :

Yahveh lui-même était un ancètre (Dt 32v6, Esaïe 45:9-11), c’est l’ancetre des peuples nomade d’arabie pétrée que les anciens égyptiens nommaient Shassou de Yahwah. Yahveh était un homme guerrier divinisé en Cronos ou Saturne après sa mort (Selon Sanchoniaton et l’universitaire de Moor), un héro à qui ont a dressé une statue cultuelle vaudoun en forme de moloch devant lequel (2 Sm 6v14,20) David danse tout nu (comme Noé Gn 9v21). Yahveh, un vaudoun ancètre moloch qui se nourrit de sang humain pour avoir la puissance Juge 11 et Nbr 21 et 31:

Moise, Samuel déjà mort et David sont des dieux selon la bible elle-même. Ainsi, tout comme Moise, Samuel et David Exode 4:16 et 7:1, I Samuel 28:13, Psaume 2:7, 45:6-7. Yahveh et ses frères kamosh Jg 11 et Dagon etc ainsi que leur père El et leur grand-père Elyon sont tous des mortels dont les esprits de defunts sont divinisés après leurs morts. Ce fait est confirmé dans Sanchoniaton, la plus ancienne bible juive. Tous les élohim appelés titans chez les grecs étaient des hommes mortels u des esprits d’ancètres morts. C’est le cas de Yahvéh, El, Elyon, Moise et Samuel. Ps 82v6-7 est claire sur le mot Elohim, il s’agit des élohim fils de Elyon, c’est-à-dire de divinités ethniques ou tribaux au sens propre Dt 32v8-12.

Genèse 18v1,2,10,14 Yahveh, sous la forme d’un homme visite Abraham en compagnie de deux autres anges en apparence humaine.

Exode 15 : 3 Yahveh est UN HOMME de guerre ((‘IYSH)) ; Yahveh est son nom.

Psaume 24 v 7 Portes, élevez vos linteaux; Elevez-vous, portes éternelles ! Que le roi de gloire fasse son entrée !- 8 Qui est ce roi de gloire ?- Yahveh fort et puissant, Yahveh puissant dans les combats. 9 Portes, élevez vos linteaux; Elevez-les, portes éternelles ! Que le moloch de gloire fasse son entrée !- 10 Qui donc est ce moloch de gloire ?- Yahveh des guerriers : Voilà le moloch de gloire !-Pause.

Esaïe 45:9-11 [9] Malheur à qui conteste avec son créateur! -Vase parmi des vases de terre ! -L’argile dit-elle à celui qui la façonne : Que fais-tu ? Et ton œuvre : Il n’a point de mains ? [10] Malheur à qui dit à son père : Pourquoi m’as-tu engendré ? Et à sa mère : Pourquoi m’as-tu enfanté ? [11] Ainsi parle l’Éternel, le Saint d’Israël, et son créateur : Veut-on me questionner sur l’avenir, Me donner des ordres sur mes enfants et sur l’oeuvre de mes mains ?

L’ARMÉE DE YAHVÉH EST CONSTITUÉ DES ENEMIS DE EL v2 : DES EXILÉS v3 ET DES REBELLES EMPRISONNÉS PAR EL FILS DE ELYON POUR SÉDITION v10, CE SONT CEUX LÀ QUE YAHVÉH SABAOTH A RASSEMBLÉ POUR RENVERSER SON PÈRE EL ET A FINI PAR COUPER LES PARTIES GÉNITALES DE EL SON PÈRE EN DEVENANT ROI À LA PLACE DE SON PÈRE MORT COMME LE RAPPORTE SANCHONIATON

Psaumes 107:2-16

[2] Qu’ainsi disent les rachetés de Yahvéh, Ceux qu’il a délivrés de la main de l’ennemi, [3] Et qu’il a rassemblés de tous les pays, De l’orient et de l’occident, du nord et de la mer ! [4] Ils erraient dans le désert, ils marchaient dans la solitude, Sans trouver une ville où ils pussent habiter. [5] Ils souffraient de la faim et de la soif ; Leur âme était languissante. [6] Dans leur détresse, ils crièrent à Yahvéh, Et il les délivra de leurs angoisses ; [7] Il les conduisit par le droit chemin, Pour qu’ils arrivassent dans une ville habitable. [8] Qu’ils louent Yahvéh pour sa bonté, Et pour ses merveilles en faveur des fils de l’homme ! [9] Car il a satisfait l’âme altérée, Il a comblé de biens l’âme affamée. [10] Ceux qui avaient pour demeure les ténèbres et l’ombre de la mort Vivaient captifs dans la misère et dans les chaînes, [11] Parce qu’ils s’étaient révoltés contre les paroles de El, Parce qu’ils avaient méprisé le conseil de Elyon. [12] Il humilia leur coeur par la souffrance ; Ils succombèrent, et personne ne les secourut. [13] Dans leur détresse, ils crièrent à Yahvéh, Et il les délivra de leurs angoisses ; [14] Il les fit sortir des ténèbres et de l’ombre de la mort, Et il rompit leurs liens. [15] Qu’ils louent Yahvéh pour sa bonté, Et pour ses merveilles en faveur des fils de l’homme ! [16] Car il a brisé les portes d’airain, Il a rompu les verrous de fer.

C’EST QUI LE PLUS BEAU ?

Psaumes 89:6-8

[6](89:7) Car qui, dans le ciel, peut se comparer à Yahvéh ? Qui est semblable à toi parmi les fils de El ? [7](89:8) El est terrible dans la grande assemblée des saints, Il est redoutable pour tous ceux qui l’entourent. [8](89:9) Yahvéh, Élohim Sabaoth ! qui est comme toi puissant, ô Yāh ? Ta fidélité t’environne.

YAHVÉH PARLE AVEC SON FRÈRE SATAN ET SES AUTRES FRÈRES FILS DES ÉLOHIM

Job 2:1-2

[1]Or, les fils des Elohim vinrent un jour se présenter devant Yahvéh, et Satan vint aussi au milieu d’eux se présenter devant Yahvéh.

[2] Yahvéh dit à Satan: D’où viens-tu? Et Satan répondit à Yahvéh : De parcourir la terre et de m’y promener.

YAHVÉH EST LUI MEME LE GRAND SATAN DES SATANS

1 Chroniques 21:1 et 2 Samuel 24:1 prouve que Yahveh est Satan

Actes 17 v 18 Quelques philosophes épicuriens et stoïciens se mirent à parler avec lui. Et les uns disaient : Que veut dire ce discoureur ? D’autres, l’entendant annoncer Jésus et la résurrection, disaient : Il semble qu’il annonce des démons étrangers.

DE LA FAUSSETÉ DE LA THORA (la Bible ou le Pentateuque) :

1- Seul le Deutéronome aurait été composé par Moïse (-1500) selon les premiers juifs et chrétiens et ce livre ne recommande jamais la circoncision au contraire l’interdit, pareil pour l’interdiction de l’homosexualité. La circoncision et l’interdiction de l’homosexualité sont des traditions africaines de l’Egypte antique. Par contre, l’aniconisme qui est une tradition scytho-perse (Celsius) adoptée par les juifs dans la période perse babylonienne figure dans le Deuteronome !

2-Hérodote (-450) dit que les juifs (syriens de Palestine) se font circoncire par imitation des Egyptiens de leur propre avoeu ! Ce qui prouve que le pentateuque n’existait pas encore vers l’an -450 au temps d’Hérodote.

3-Le Pentateuque est composé par Esdras (-354) selon la bible hébraïque (Esdras 7v12), la bible orthodoxe (Esdras 7v12 et 2 Esdras 14), le Talmud, la patrologie etc. Selon le Talmud donc, la 1ère Thora (la première ou le Deutéronome) fut donnée en Hébreu à Moïse et la 2 ème thora (la seconde ou le Pentateuque) FUT DONNÉE À NOUVEAU EN LANGUE CHALDÉENNE ET EN ÉCRITURE CHALDÉENNE À ESDRAS.

4-Le Pentateuque est en écriture ou alphabet babylonienne achourri ou Chaldéenne (écriture carrée) et non en Daatz qui est sensé est l’écriture plus ancienne dérivée du Cananéen que Moïse aurait pu connaître.

5-Le première version de Deuteronome qui seul était la Loi de Moise sur toute la terre était en Chaldéen avec une écriture chaldéenne (achourri ou carrée) et était l’œuvre d’Esdras (Sources : Néhémie 8, Philon, Talmud, béreshit Rabbah), la thora-pentateuque en hébreu avec écriture carrée est une traduction faite au 3 ème siècle ap EC.

CONCLUSION : le Pentateuque est une grossière invention des politiciens babyloniens de l’Empire perses de Babylone. Seul l’influence perse explique l’apparition de l’aniconisme chez les juifs. La circoncision et l’interdiction de l’homosexualité sont simplement le fait inévitable de la forte influence séculaire de la tradition africaine égyptienne.

Saturne dieu des juifs selon Tacite Livre 5 Ch 2 :

II. Au moment où nous allons retracer le jour suprême d’une ville si fameuse, il paraît convenable d’en exposer aussi l’origine (1). Les Juifs, dit-on, fuyant de l’île de Crète, occupèrent les dernières terres de Libye (l’Ethiopie est une région de la Libye Sophonie 3v10), à l’époque où Saturne (Yahvé), vaincu par Jupiter (Zeus avec l’aide d’Osiris), fut chassé de ses États. On tire un argument de leur nom : Ida est une célèbre montagne de Crète, habitée par les Idaei mot dont l’addition barbare d’une lettre aura fait Judaei. Quelques-uns prétendent que, sous le règne d’Isis, l’Égypte regorgeant d’un excès de population s’en déchargea sur les terres voisines, et que la migration eut pour chefs Hiérosolymus et Juda. Beaucoup font des Juifs une race d’Éthiopiens (leuco-éthiopiens anciens peuples de la mer), que la crainte et la haine forcèrent, sous le roi Céphée (fils de Bélos roi d’Egypte), à changer de demeures; d’autres un assemblage d’Assyriens qui, faute de champs à cultiver, s’emparèrent d’une partie de l’Égypte, puis, se rapprochant de la Syrie, se bâtirent des villes et s’approprièrent les terres des Hébreux. Il en est enfin qui leur donnent une origine illustre; selon eux, les Solymes, nation célébrée dans les chants d’Homère (2), fondèrent une ville, et, de leur nom, l’appelèrent Hiérosolyma.

Tacite et l’origine du peuple juif

Au moment d’aborder le récit du siège de Jérusalem par Titus Tacite consacre à l’histoire du peuple juif une longue digression commençant par l’exposé des thèses contradictoires qui, à sa connaissance, avaient cours au sujet de l’origine de la nation vaincue. Il n’en énumère pas moins de six (1).

1. Les Juifs seraient venus de Crète au moment où Saturne, chassé par Jupiter, cessa de régner; le nom des Judéens, corruption d’Idéens, rappellerait le séjour de leurs ancêtres autour du Mont Ida. Un peu plus loin, traitant des institutions religieuses, Tacite revient sur l’origine idéenne (*): « suivant certains, le sabbat serait célébré en l’honneur de Saturne (Yahvéh), parce que la religion juive remonte aux Idéens qui partirent pour l’exil en même temps que le roi détrôné ». Un jeu étymologique analogue à celui par lequel Cl. Iolaos expliquait Judée par Oudaios, (1 Macb 12v6) nom d’un Sparte de Thèbes compagnon de Dionysos (3), est donc associé à une théorie de l’origine du sabbat fondée sur l’assimilation, bien connue ($), du jour juif du repos au jour de Kronos (Saturne). Tacite fournit la plus ancienne attes- tation en langue latine (après celle de Frontin) de la synonymie de sabbat et de Saturni dies (5); l’historiette evhémérisante bâtie autour des noms de l’Ida et de Saturne ne se lit nulle part ailleurs : elle ne saurait être antérieure au 1er siècle av. J.C., et on ne peut dire où et par qui elle a été imaginée.

(1) TACITE, Histoires, V, 2-3 (-Th. REINACH, Textes d’auteurs grecs et ro- mains relatifs au judatsme, p. 301).

(2) TACITE, V, 5.

(3) ÉTIENNE DE BYZANCE, s.v. ‘Iovdala ( Th. REINACH, Textes, p. 215). 

(4) FRONTIN, Strateg. II, 1, 17; DION CASSIUS, XXXVII, 16; XLIX, 22; LXVI, 7.

(5) On a parfois cherché chez Tibulle (Eleg., I, 3) la plus ancienne allusion à un jour de Saturne qui serait le sabbat (Th. REINACH, Textes, p. 247). Mais rien n’indique que le poète songe à l’institution juive: il s’agit du Saturni dies de la semaine planétaire, jour néfaste (SCHÜRER, Zeitschr. neut. Wiss., VI, p. 25; BOLL, art. Hebdomas de PAULY-WISSOWA, c. 2573).

Dans l’Antiquité, le nom Kronos (latin Saturnus) était universellement appliqué au Dieu juif par les païens4.

  1. (en) Daniel E. Gershenson, « The Name Satan » [archive], Zeitschrift für die alttestamentliche Wissenschaft, volume 114, numéro 3, août 2002.

Tacite Livre V https://remacle.org/bloodwolf/historiens/tacite/histoires5.htm

II. Au moment où nous allons retracer le jour suprême d’une ville si fameuse, il paraît convenable d’en exposer aussi l’origine (1). Les Juifs, dit-on, fuyant de l’île de Crète, occupèrent les dernières terres de Libye, à l’époque où Saturne, vaincu par Jupiter, fut chassé de ses États. On tire un argument de leur nom : Ida est une célèbre montagne de Crète, habitée par les Idaei mot dont l’addition barbare d’une lettre aura fait Judaei. Quelques-uns prétendent que, sous le règne d’Isis, l’Égypte regorgeant d’un excès de population s’en déchargea sur les terres voisines, et que la migration eut pour chefs Hiérosolymus et Juda. Beaucoup font des Juifs une race d’Éthiopiens, que la crainte et la haine forcèrent, sous le roi Céphée, à changer de demeures; d’autres un assemblage d’Assyriens qui, faute de champs à cultiver, s’emparèrent d’une partie de l’Égypte, puis, se rapprochant de la Syrie, se bâtirent des villes et s’approprièrent les terres des Hébreux. Il en est enfin qui leur donnent une origine illustre; selon eux, les Solymes, nation célébrée dans les chants d’Homère (2), fondèrent une ville, et, de leur nom, l’appelèrent Hiérosolyma.

III. La plupart des auteurs s’accordent à dire qu’une maladie contagieuse qui couvrait tout le corps de souillure s’étant répandue en Égypte, le roi Bocchoris en demanda le remède à l’oracle d’Hammon, et reçut pour réponse de purger son royaume et de transporter sur d’autres terres, comme maudits des dieux, tous les hommes infectés. On en fit la recherche, et cette foule misérable, jetée dans un désert, pleurait et s’abandonnait elle-même, lorsque Moïse, un des exilés, leur conseilla de ne rien espérer ni des dieux ni des hommes, qui les avaient également renoncés, mais de se fier à lui comme à un guide céleste, le premier qui jusque-là eût apporté quelque secours à leurs misères. Ils y consentirent, et, sans savoir où ils allaient, ils marchèrent au hasard. Mais rien ne les fatiguait autant que le manque d’eau. Tout prés d’expirer, ils s’étaient jetés par terre et gisaient dans ces vastes plaines, lorsqu’ils virent un troupeau d’ânes sauvages, revenant de la pâture, gagner une roche ombragée d’arbres. Moïse les suit, et, à l’herbe qui croit sur le sol, il devine et ouvre de larges veines d’eau. Ce fut un soulagement ; et, après six jours d’une marche continuelle, le septième ils chassèrent les habitants de la première terre cultivée, s’y établirent et y fondèrent leur ville et leur temple.

IV. Moïse, pour s’assurer à jamais l’empire de cette nation, lui donna des rites nouveaux et un culte opposé à celui des autres mortels. Là est profane tout ce qui chez nous est sacré, légitime tout ce que nous tenons pour abominable. L’effigie de l’animal qui leur montra la route et les sauva de la soif est consacrée dans le sanctuaire, et ils sacrifient le bélier comme pour insulter Hammon. Ils immolent aussi le boeuf, que les Égyptiens adorent sous le nom d’Apis. Ils s’abstiennent de la chair du porc, en mémoire de la lèpre qui les avait jadis infectés, et à laquelle cet animal est sujet. Des jeûnes fréquents sont un aveu de la longue faim qu’ils souffrirent autrefois, et leur pain sans levain rappelle le blé qu’ils ravirent à la hâte. S’ils consacrent le septième jour au repos, c’est, dit-on, parce qu’il termina leurs misères ; séduits par l’attrait de la paresse, ils finirent par y donner aussi la septième année. Suivant d’autres, cet usage fut établi pour honorer Saturne, soit qu’ils aient reçu les principes de la religion de ces Idéens qu’on nous montre chassés avec Saturne et fondant la nation des Juifs, soit parce que, des sept astres qui règlent la destinée des mortels, celui dont l’orbe est le plus élevé et la puissance la plus énergique est l’étoile de Saturne, et que la plupart des corps célestes exercent leur action et achèvent leur course par nombres septénaires.

Discours véritable de Celcius : (contre selce Origène) Yahveh est un démon

« Une autre de leurs erreurs impies née de leur extrême ignorance et de leur inintelligence des mythes, est de prétendre que Dieu a pour adversaire le diable, le même qu’en hébreu ils nomment Satan. Or, c’est une étrange sottise ou plutôt une grande impiété que de dire que le grand Dieu voulant faire quelque bien aux hommes, rencontre un être qui rompt son dessein et le réduit à l’impuissance.

Le Fils de Dieu est donc vaincu par le diable ? Tourmenté par lui, il leur enseigne [disent-ils] à mépriser les épreuves qu’il leur infligera à eux aussi ; car il annonce que Satan viendra à son tour sur la terre et y accomplira de grands prodiges, s’appropriant la gloire de Dieu, mais que c’est un séducteur, aux prestiges duquel il faut se garder de se laisser prendre, mais qu’il ne faut croire qu’en lui seul. Ce sont là manifestement les paroles d’un charlatan qui prend toutes les précautions qu’il peut contre ceux qui voudraient introduire des dogmes contraires aux siens et le supplanter 295. L’idée de ce Satan est du reste prise de vieux mythes mal entendus sur une guerre divine dont parlent les anciennes traditions. Héraclite y fait allusion quand il écrit : « Il faut savoir qu’il y a une guerre universelle, que la discorde fait la fonction de la justice, et que c’est selon ses lois que toutes choses naissent et périssent. » Et Phérécyde bien plus ancien qu’Héraclite, représente dans un mythe deux armées ennemies, dont l’une a pour chef Cronos, et l’autre Ophionée (Ammon père d’osiris ou Mito-lonphion de la mythologie Danhoméenne), raconte leurs défis, leurs combats et cette convention que celui des deux partis qui serait jeté dans l’Océan s’avouerait vaincu, et que celui qui y aurait précipité l’autre posséderait le ciel pour prix de sa victoire. Les histoires de la guerre des Titans (les démons étrangés Actes 17v18 ou démon hote Rm16v23 des corps) et des géants contre les Dieux, et celles que racontent les Égyptiens au sujet de Typhon (le dieu Seth), d’Horos et d’Osiris, appartiennent à la même famille de mythes.

Voilà ce qu’ils ont trouvé chez nous et mal compris ; car c’est tout autre chose que leurs inventions sur le démon diable, lequel, à proprement parler, est plutôt un autre imposteur courant sur les brisées du premier. Homère est dans le même courant d’idées que Phérécyde et Héraclite et les auteurs de la guerre des Titans, quand il met ces paroles dans la bouche d’Héphaïstos, s’adressant à Héra : « Jadis, lorsque je m’élançai pour te défendre, il me saisit par le pied et me précipita du seuil divin 296. » Et celles-ci, dans la bouche de Zeus à la même Héra : « Ne te souvient-il plus du jour où lancé dans les airs, une enclume à chaque pied, les mains enchaînées dans des liens d’or inextricables, ton corps était suspendu au milieu de l’éther et des nuées ? Les divinités du vaste Olympe s’indignaient, mais rassemblées autour de toi, elles ne pouvaient rien pour te délivrer. Celui qui l’osait, je l’arrachais du seuil divin et le précipitais sur la terre où il tombait à demi-mort 297. »

Les déluges des mythes grecs sont locaux selon Platon, Flavius, théophile et Julius : Noé n’est ni le père de Ham ou Cham ni celui de Japhet

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Julius Sextus l’africain dans Euseb, Préparation évangélique livre 10 : Le 1er déluge est local vers l’an -2000 au temps d’Ogygès fils de Poséidon

CHAPITRE X. TIRE DU TROISIÈME LIVRE DES CHRONOGRAPHIES D’AFRICANUS.

« Jusqu’aux Olympiades, on ne trouve rien de bien certain dans l’histoire grecque ; tous les faits y sont confondus, et le désaccord le plus complet règne dans tout ce qui les a précédées. Les Olympiades, au contraire, ont été traitées avec exactitude par beaucoup d’historiens, parce que le court intervalle qui les divise, n’étant que de quatre années, a permis aux Grecs de rédiger des annales. Je ne veux donc, parcelle raison, faire autre chose que parcourir rapidement, et cueillir parmi les fables et les merveilles qui remplissent l’histoire des temps anciens, qui descendent jusqu’à la première Olympiade; quant aux faits advenus depuis, je veux enchaîner, chacun dans sa période, les récits Grecs et ceux des Hébreux, autant qu’ils seront dignes de mémoire, cherchant à expliquer les uns par les autres. Voici de quelle manière je compte m’y prendre : Ayant mis la main sur un fait historique des Hébreux, contemporain d’un récit bien reconnu des Grecs, m’en emparant, retranchant, ajoutant, faisant connaître que tel Grec, tel Persan, ou tel homme célèbre quelconque, était contemporain de cet événement des Hébreux, peut-être atteindrai-je le but que je me propose.

« Rien n’est plus avéré que la translation des Hébreux hors de leur patrie, lorsqu’ils furent conduits à Babylone, en captivité, par le roi Nabuchodonosor; elle dura 70 ans, suivant la prophétie de Jérémie (Bérose, le Babylonien, parle de Nabuchodonosor ). Après les70 ans de la captivité, Cyrus devint roi de Perse, dans l’année où commença la 55e Olympiade, comme on peut le trouver relaté dans la bibliothèque de Diodore, dans les histoires de Thallus et de Castor, aussi dans celles de Polybe, de Phlégon, et de tous ceux qui ont rédigé leur histoire d’après les Olympiades : tous sont unanimes sur cette époque. Cyrus, dans la première année de son règne, qui était aussi la première dé la 55e Olympiade, renvoya la première portion du peuple Juif en Judée, sous la conduite de Zorobabel, lorsque Jésus, fils de Josédec, était grand-prêtre. Alors fut accompli le terme de 70 ans, comme cela est rapporté dans le livre d’Esdras, chez les Hébreux. Voici donc des faits coïncidents: le règne de Cyrus et la fin de la captivité; et nous trouverons le même synchronisme dans les Olympiades. Partant de ce point, nous nous proposons de traiter de la même manière les autres histoires, en les adaptant entre elles. Quant à celles qui ont précède cette période, si nous, devons nous en rapporter aux calculs tels quels, de la chronographie attique, en réunissant toutes les années écoulées depuis Ogygès, qui passe chez les Athéniens pour Autochthon, sous lequel arriva le premier grand cataclysme, dans l’Attique, Phoronée étant alors roi d’Argos, à ce que dit Acusilas: nous trouvons jusqu’à la première Olympiade, sous laquelle les temps furent plus rigoureusement comptés, une période de 1,020 années; ce qui est en harmonie avec ce que nous venons de dire, comme nous en donnerons la preuve dans ce qui suivra. Hellanicus, en effet, et Philochore qui ont composé des histoires de l’Attique, Castor et Thallus qui ont écrit celle de Syrie, Diodore qui a embrassé l’histoire universelle dans sa bibliothèque, Alexandre Polyhistor et quelques-uns des nôtres, qui ont apporté un soin curieux à notre histoire, aussi bien que tous les Athéniens, ont dit la même chose. Si donc, dans cette période de 1,020 années, il s’est passé quelque fait d’histoire éclatant, nous le recueillerons suivant le besoin. »

Après un court intervalle, il ajoute :

« Nous disons (60) à l’égard de cette première partie, qu’Ogygès (fils de Poséidon et Alistra selon Tzetzès sur Lycophron, 1206), qui a donné son nom au premier déluge, ayant été sauvé parmi un grand nombre de victimes, vécut à l’époque où le peuple Hébreu conduit par Moïse faisait sa sortie de l’Égypte, et je le constate ainsi. Je montrerai que 1020 ans se sont écoulés depuis Ogygès jusqu’à la première Olympiade; or, depuis la première Olympiade jusqu’à la première année de la 55e, c’est-à-dire sous le roi Cyrus, qui est aussi la fin de la captivité, nous comptons 217 ans; donc, depuis Ogygès, nous trouvons 1237 ans. Si, par le comput, on remontait de la fin de la captivité à un nombre d’années égal de 1237 ans, on trouverait pour résultat une durée de temps jusqu’à la première année de la sortie d’Egypte du peuple d’Israël sous la conduite de Moïse, égale à celle qui s’est écoulée en remontant de la 55e Olympiade à Ogygès, qui fonda, Éleusis. Ce qu’il y a donc de plus rationnel est d’admettre la chronographie athénienne. »

Puis, après autres choses :

« Voici les événements qui ont précédé Ogygès. C’est vers ce temps que Moïse sortit de l’Égypte ; et voici de quelle manière nous démontrons que cette opinion n’est pas déraisonnable. Depuis la sortie de Moïse jusqu’à Cyrus, qui régnait à la fin de la captivité, il a dû s’écouler 1237 ans; Moïse vécut encore 40 ans; Jésus, qui gouverna après lui, le fit pendant 25 ans ; les vieillards ou juges, qui succédèrent à Jésus, gouvernèrent pendant 30 ans ; les années réunies de tous les juges qui suivirent et sont compris dans la Bible, donnent un total de 490 ans. Les grands-prêtres Heli et Samuel, 90 ans. Toutes les années réunies des rois de Judas donnent 490 ans (61) (à quoi ajoutons 70 ans de la captivité, dont le dernier correspond au premier du règne de Cyrus, comme nous l’avons dit en commençant; en descendant de Moïse à la première Olympiade (62), nous trouvons 1020 ans, puisque la première de la 55e nous donne 1237, et notre temps concourt avec celui des calculs grecs. Après Ogygès, le pays qui compose maintenant l’Attique demeura sans roi, à cause de la destruction produite par le déluge, jusqu’à Cécrops, pendant 189 ans; car Philochore nie qu’il ait existe un Actœus après Ogygès, non plus qu’aucun des noms de rois forgés qu’on lui donne pour successeurs. »

Puis, de nouveau :

« Depuis Ogygès donc jusqu’à Cyrus, nous trouvons le même nombre de 1237, comme depuis Moïse. Il est même des écrivains Grecs qui déclarent que Moïse vécut vers cette époque. Polémon, dans la première partie de ses histoires grecques, dit que sous Apis, fils de Phoronée, une partie de l’armée des Égyptiens sortit de l’Égypte, et se retira dans la Syrie, appelée Palestine, pour se fixer non loin de l’Arabie; il est évident que ce sont les compagnons de Moïse. Apion, fils de (63) Plistonicès, le plus minutieux des grammairiens, dans son livre contre les Juifs et dans la quatrième partie de ses histoires, dit : que lorsque Inachos était roi d’Argos et qu’Amosis régnait sur les Égyptiens, les Juifs désertèrent sous la conduite de Moïse. Hérodote rappelle celte défection et nomme Amosis dans son second livre; (64) et en quelque sorte il parle des Juifs eux-mêmes, lorsqu’il les compte au nombre de ceux qui employaient la circoncision, on les nommant Assyriens de la Palestine, peut-être à cause d’Abraham. Ptolémée de Mendès, remontant aux premiers temps de l’histoire des Égyptiens, est d’accord avec tous ceux-ci; en sorte qu’il est impossible qu’une différence un peu sensible (65) dans les temps, ait lieu entre eux. On doit remarquer que tout ce que les fables de la Grèce nous citent comme antiquité, ne prend place dans l’ordre des temps qu’après Moïse ; savoir : les déluges elles embrasements, Prométhée, Io, Europe, les Spartes de Cadmus, (hommes nés des dents du serpent) l’enlèvement de Coré (Proserpine) les mystères, les législations, les guerres de Bacchus, Persée, les travaux d’Hercule, les Argonautes, les Centaures, le Minotaure, la guerre d’Ilion, le retour des Héraclides, l’émigration des Ioniens, les Olympiades. Il m’a donc paru convenable d’adopter la chronologie ci-dessus relatée du royaume d’Athènes, dans mon dessein de comparer l’histoire de la Grèce à celle des Hébreux. Il sera facile à quiconque voudra prendre le même point de départ, de faire les mêmes calculs que moi : ainsi, des 1020 années écoulées (66) depuis Moïse et Ogygès jusqu’à la première Olympiade, dans la première, se trouve placée, la Pâque et la sortie des Hébreux d’Égypte; dans l’Attique, le déluge sous Ogygès. Et cela est fondé en raison; car les Égyptiens ayant reçu en châtiment, de la colère de Dieu, les grêles et les orages, il était naturel que certaines portions de terre fussent atteintes de celle calamité, et que les Athéniens y participassent plus que d’autres, étant supposés descendre de ces mêmes Égyptiens, comme l’enseignent d’autres historiens, et entre autres, Théopompe dans le Tricarenus (67).

« Le temps qui suit immédiatement est passé sous silence, comme ne contenant aucun fait important en Grèce. Vient ensuite, après 94 ans, Prométhée, que quelques mythologues ont donné pour avoir façonné les hommes, parce que, à l’aide de sa sagesse, il les avait fait passer d’une excessive brutalité à l’instruction et à la civilisation. »

Voici ce que dit l’Afrcain. Passons à un autre.

Flavius, Contre Apion Livre 1 : les déluges chez les grecs sont récents et locaux

II Sur les choses de l’antiquité les Grecs ne sont pas dignes de foi.

6 Et d’abord le suis saisi d’un grand étonnement à voir les gens qui croient nécessaire, dans l’étude des événements les plus anciens, de s’attacher aux Grecs seuls et de leur demander la vérité, sans accorder créance ni à nous ni aux autres hommes. Pour ma part, je vois qu’il en va tout autrement, Si l’on rejette, comme il convient, les vains préjugés, et Si l’on s’inspire des faits eux-mêmes pour être juste. 7 En effet, j’ai trouvé que tout chez les Grecs est récent et date, pour ainsi parler, d’hier ou d’avant-hier: je veux dire la fon¬dation des villes, l’invention des arts et la rédaction des lois; mais de toutes choses la plus récente, ou peu s’en faut, est, chez eux, le souci d’écrire l’histoire. 8 Au contraire, les événements qui se sont produits chez les Égyptiens, les Chaldéens et les Phéniciens – pour l’instant je n’ajoute pas notre peuple à la liste -, de l’aveu même des Grecs, ont été l’objet d’une transmission historique très ancienne et très durable. 9 En effet, tous ces peuples habitent des pays qui ne sont nullement exposés aux ravages de l’atmosphère, et leur grande préoccupation a été de ne laisser dans l’oubli aucun des événements accomplis chez eux, mais de les consacrer toujours par des annales officielles, oeuvre des plus savants d’entre eux. 10 Au contraire, le pays de Grèce a essuyé mille catastrophes (déluges d’Ogygès et Deucalion) [4] qui ont effacé le souvenir des événements passés ; et à mesure qu’ils instituaient de nouvelles civilisations, les hommes de chaque époque croyaient que toute chose commençait avec la leur ; c’est tardivement aussi et difficilement qu’ils connurent l’écriture ; en tout cas ceux qui veulent en reculer l’usage le plus loin se flattent de l’avoir apprise des Phéniciens et de Cadmos. 11 Pourtant, même de cette époque on ne saurait montrer aucune chronique conservée dans les dépôts soit sacrés, soit publics, puisque, au sujet des hommes mêmes qui marchèrent contre Troie tant d’années plus tard, on est fort embarrassé et l’on fait force recherches pour savoir s’ils connaissaient l’écriture[5]. Et l’opinion prévalente c’est plutôt qu’ils ignoraient l’usage actuel des lettres. 12 Nulle part d’ailleurs en Grèce on ne trouve un écrit reconnu plus ancien que la poésie d’Homère. Or, il est clair que ce poète est encore postérieur à la guerre de Troie. Et lui-même, dit-on, ne laissa pas ses poèmes par écrit ; mais, transmis par la mémoire, ils furent plus tard constitués par la réunion des chants ; de là les nombreuses divergences qu’on y constate[6]. 13 Quant aux Grecs qui ont entrepris d’écrire l’histoire, comme Cadmos de Milet, Acousilaos d’Argos et ceux qu’on cite après lui, ils n’ont vécu que peu de temps[7] avant l’expédition des Perses contre la Grèce. 14 Mais bien certainement les premiers philosophes grecs qui aient traité des choses célestes et divines, comme Phérécyde de Syros[8], Pythagore et Thalès[9] furent, tout le monde s’accorde là4essus, les disciples des Égyptiens et des Chaldéens avant de composer leurs courts ouvrages, et ces écrits sont aux yeux des Grecs les plus anciens de tous ; à peine même les croient-ils authentiques.

Théophile d’Antioche à Autolyue, Livre 3, XVIII

XVIII. Platon ; en effet, comme nous l’avons déjà dit, reconnaît un déluge, mais un déluge partiel, qui ne couvrit que la plaine en sorte que ceux qui se réfugièrent sur les hautes montagnes ne périrent point. D’autres prétendent que Deucalion et Pyrrha existaient alors, et qu’ils furent sauvés dans une arche ; que Deucalion, étant ensuite sorti de l’arche, jeta derrière lui des pierres qui se convertirent aussitôt en hommes. C’est pourquoi, disent-ils, les hommes réunis ou les peuples ont été appelés, « laoï ». D’autres encore veulent que Clymène ait existé lors du second déluge.

Pseudo-Appologore Livre 1

CHAPITRE VII.

§ 1. Prométhée (01), ayant formé les hommes avec de la terre et de l’eau, leur donna le feu, à l’insu de Jupiter, l’ayant dérobé dans tine tige de férule. Jupiter s’en étant aperçu, ordonna à Vulcain de le clouer sur le Caucase, qui est une montagne de la Scythie (02). Prométhée y demeura attaché un grand nombre d’années, et un aigle venait lui manger chaque jour le foie, qui renaissait pendant la nuit. Ce fut ainsi que Prométhée fut puni d’avoir dérobé le feu, jusqu’à l’époque à laquelle il fut délivré par Hercule, comme on le verra par la suite.

§ 2. Prométhée eut pour fils Deucalion (03), qui régna sur la Phthiotide, et épousa Pyrrha, fille d’Epiméthée et de Pandore, la première femme que les Dieux créèrent. Jupiter voulant détruire l’espèce des hommes d’airain, Deucalion se fabriqua, par le conseil de Prométhée, un coffre, dans lequel il mit toutes les choses nécessaires à la vie, et s’y retira avec Pyrrha. Jupiter ayant fait tomber beaucoup de pluie du Ciel, la plus grande partie de la Grèce fut inondée (04), et tous les hommes périrent, à l’exception de quelques-uns qui se réfugièrent sur les hauteurs des montagnes voisines. Ce fut alors que se séparèrent les montagnes de la Thessalie (05). Toute la partie de la Grèce, en dehors du Péloponnèse et de l’Isthme, fut inondée. Deucalion ayant été ballotté par la mer pendant neuf jours et neuf nuits, aborda enfin au Parnasse ; la pluie ayant cessé alors, il sortit de son coffre, et offrit un sacrifice à Jupiter Phyxius. Jupiter ayant envoyé Mercure vers lui, lui permit de demander ce qu’il voudrait. Deucalion le pria de repeupler la terre ; alors} d’après l’ordre de Jupiter, ils jetèrent des pierres derrière eux; celles que Déucalion jetait se changeaient en hommes, celles que Fyrrha jetait se changeaient en femmes. C’est de là que les peuples furent appelés, par métaphore, Λαοὶ de Λάας, pierre.

Déucalion eut de Pyrrha plusieurs enfants, Hellen fut le premier ; quelques-uns le disent fils de Jupiter (06). Le second fut Amphictyon (07), qui régna sur l’Attique après Cranaiis ; il eut pour fille Protogénie (08), qui eut de Jupiter un fils nommé Aëthlius. D’Hellen et de la nymphe Orséide naquirent Dorus, Xuthus et Æolus (09).

§ 3. Ce fut d’Hellen que les Grecs 10 prirent le nom d’Hellènes. Il divisa ce pays à ses enfants, et Xuthus ayant pris pour sa part le Péloponnèse 11, eut de Creüse, fille d’Erechthée, deux fils, Achæus et Ion, qui donnèrent aux habitants de ce pays les noms d’Achéens 12 et d’Ioniens 13, Dorus ayant pris le pays vis-à-vis le Péloponnèse 14, donna le nom de Doriens à ceux qui l’habitaient. Enfin Æolus régnant sur la Thessalie et les pays circonvoisins 15, fit porter le nom d’Æoliens aux peuples qui les habitaient. Ayant épousé Enarète, fille de Déimaque, il eut d’elle sept fils, savoir : Créthée, Sisyphe, Athamas, Salmonée, Déionée, Magnés et Périérès; et cinq filles, savoir : Canacé, Alcyone, Pisidice, Calyce et Périmède. De Périmède et du fleuve Achéloüs 16, naquirent Hippodamas et Orestes. De Pisidice et de Myrmidon 17, naquirent Antiphus et Actor.

Le Timée de Platon

[21e] En Égypte, dit Critias, dans le Delta formé par le Nil qui, se divisant au sommet du triangle, l’enveloppe de ses bras, on trouve le Nome Saïtique dont la plus grande ville, Sais, est la patrie du roi Amasis (16). Les habitants ont pour protectrice de leur ville une déesse dont le nom égyptien est Neïth, et qui, suivant eux, est la même que l’Athéné (17) des Grecs. Ils aiment beaucoup les Athéniens, et ils se disent de la même origine. Arrivé à Sais, Solon, comme il nous l’a raconté lui-même, [22a] fut fort bien reçu; il interrogea les prêtres les plus instruits sur l’histoire des temps anciens, et il reconnut qu’on pouvait presque dire qu’auprès de leur science, la sienne et celle de tous ses compatriotes n’était rien. Un jour, voulant engager les prêtres à parler de l’antiquité, il se mit à leur raconter ce que nous savons de plus ancien, Phoronée dit le Premier, 107 Niobé, le déluge de Deucalion [22b] et de Pyrrha, leur histoire et leur postérité, supputant le nombre des années et essayant ainsi de fixer l’époque des événements. Un des prêtres les plus âgés lui dit : O Solon, Solon, vous autres Grecs vous serez toujours enfants ; il n’y a pas de vieillards parmi vous. — Et pourquoi cela? répondit Solon. — Vous êtes tous, dit le prêtre, jeunes d’intelligence; vous ne possédez aucune vieille tradition ni aucune science vénérable par son antiquité. En [22c] voici la raison. Le genre humain a subi et subira plusieurs destructions, les plus grandes par le feu et l’eau, et les moindres par mille autres causes. Ce qu’on raconte chez vous de Phaéton, fils du Soleil, qui, voulant conduire le char de son père et ne pouvant le maintenir dans la route ordinaire, embrasa la terre et périt lui-même frappé de la foudre, a toute l’apparence d’une fable; ce qu’il y a [22d] de vrai, c’est que dans les mouvements des astres autour de la terre, il peut, à de longs intervalles de temps, arriver des catastrophes où tout ce qui se trouve sur la terre est détruit par le feu. Alors les habitants des montagnes et des lieux secs et élevés périssent plutôt que ceux qui habitent près des fleuves et sur les bords de la mer. Pour nous, le Nil nous sauve de cette calamité comme de beaucoup d’autres, par le débordement de 108 ses eaux. Quand les dieux purifient la terre par un déluge, les bergers et les bouviers font à l’abri sur leurs montagnes, tandis que les habitants de vos villes [22e] sont entraînés par les torrents dans la mer. Chez nous, au contraire, jamais les eaux ne descendent d’en haut pour inonder nos campagnes : elles nous jaillissent du sein de la terre. Voilà pourquoi nous avons conservé les monuments les plus anciens. En tout pays, le genre humain subsiste toujours en nombre plus ou moins considérable, [23a] à moins qu’un froid ou une chaleur extrême ne s’y oppose. Tout ce que nous connaissons, chez vous ou ici ou ailleurs, d’événements glorieux, importants ou remarquables sous d’autres rapports, tout cela existe chez nous, consigné par écrit et conservé dans nos temples depuis un temps immémorial. Mais en Grèce à peine a-t-on constaté vos actions et celles des autres peuples, soit par écrit, ou par tout autre moyen en usage dans des états civilisés, que les eaux du ciel viennent périodiquement fondre sur vous comme un fléau, ne laissant survivre que des, hommes sans lettres [23b] et sans instruction ; de sorte que vous voilà de nouveau dans l’enfance, ignorant ce qui s’est passé dans l’antiquité chez vous aussi bien que chez nous. Vraiment, Solon, les généalogies que tu viens d’énumérer diffèrent peu de fables 109 puériles. D’abord, vous ne parlez que d’un seul déluge, quoiqu’il y en ait en plusieurs auparavant ; puis, la plus belle et la plus vaillante race qui ait jamais existé dans votre pays, vous n’en faites pas mention, bien que toi-même et [23c] tous tes compatriotes aujourd’hui vous tiriez votre origine d’un des germes de cette race échappé au commun désastre. Vous ignorez tout cela, parce que les survivants et leurs descendants demeurèrent longtemps sans avoir la connaissance des lettres. Car déjà autrefois, Solon, avant la grande destruction opérée par le déluge, la ville qui est aujourd’hui Athènes, excellait dans la guerre; elle était renommée par la perfection de ses lois; et ses actions et son gouvernement l’élevaient au-dessus de toutes les cités que nous ayons connues sous [23d] le ciel.

Solon nous raconta qu’étonné de ce discours, il conjura les prêtres de lui apprendre exactement tout ce qu’ils savaient de l’histoire de ses aïeux. Je ne t’en ferai pas un secret, Solon, répliqua le vieux prêtre ; je satisferai ta curiosité, par égard pour toi et pour ta patrie, et surtout pour honorer la déesse, notre commune protectrice, qui a élevé et institué votre ville ainsi que la nôtre, [23e] Athènes issue de la Terre et de Vulcain et Saïs mille ans après. Depuis l’établissement de notre ville, nos livres sacrés parlent d’un 110 espace de huit mille années. Je vais donc t’entretenir sommairement des lois et des plus beaux exploits des Athéniens pendant ces neuf mille ans. Une autre fois, quand nous en aurons le loisir, nous suivrons dans les livres [24a] mêmes les détails de cette histoire. En premier lieu, si tu compares vos lois avec les nôtres, tu verras qu’un grand nombre de celles qui existaient autrefois chez vous sont aujourd’hui en vigueur parmi nous. D’abord, la classe des prêtres (18) séparée des autres classes; puis celle des artisans dans laquelle chaque profession travaille à part, sans se mêler avec aucune autre; enfin la classe des bergers, celle des chasseurs [24b] et celle des laboureurs. Et tu le sais, la classe des guerriers est également séparée de toutes les autres, et la loi ne lui impose d’autre soin que celui de la guerre. De plus, les premiers en Asie, nous nous sommes servis des mêmes armes que vous, de la lance et du bouclier, instruits par la déesse qui vous les a données et ensuite les introduisit parmi nous. Quant à la science, tu vois qu’ici dès l’origine la loi en a réglé [24c] l’étude, depuis les connaissances qui ont pour objet la nature entière jusqu’à la divination et la médecine, allant ainsi des sciences divines aux sciences humaines, et étendant son 111 empire sur toutes celles qui dépendent de celles-là. Ainsi cette belle constitution, la déesse l’a établie d’abord parmi vous; elle a choisi pour votre ville le lieu où vous êtes né, sachant bien que la bonne température du pays produirait des hommes d’une heureuse intelligence. Aimant la guerre [24d] et la science, elle a fait choix d’un pays qui pût porter des hommes tout-à-fait semblables à elle-même. Sous ces lois et d’autres meilleures encore, vos ancêtres ont surpassé en vertu tous les hommes, comme il convenait à des fils et à des élèves des dieux. Or, parmi tant de grandes actions de votre ville, dont la mémoire se conserve dans nos livres, il y en a une surtout [24e] qu’il faut placer au-dessus de toutes les autres. Ces livres nous apprennent quelle puissante armée Athènes a détruite, armée qui, venue à travers la mer Atlantique, envahissait insolemment l’Europe et l’Asie; car cette mer était alors navigable, et il y avait au devant du détroit, que vous appelez les Colonnes d’Hercule, une île plus grande que la Libye et l’Asie (19). De cette île on pouvait facilement passer aux autres îles, et de celles-là [25a] à tout le continent qui borde tout autour la nier intérieure ; car ce qui est en deçà du détroit dont nous parlons 112 ressemble à un port ayant une entrée étroite: mais c’est là une véritable mer, et la terre qui l’environne, un véritable continent. Dans cette île atlantide régnaient des rois d’une grande et merveilleuse puissance; ils avaient sous leur domination l’île entière, ainsi que plusieurs autres îles et quelques parties du continent. En outre, en deçà du détroit, ils régnaient encore [25b] sur la Libye jusqu’à l’Égypte, et sur l’Europe jusqu’à la Tyrrhénie. Toute cette puissance se réunit un jour pour asservir, d’un seul coup, notre pays, le vôtre et tous les peuples situés de ce côté du détroit. C’est alors qu’éclatèrent au grand jour la vertu et le courage d’Athènes. Cette ville avait obtenu, par sa valeur et sa supériorité dans l’art militaire, [25c] le commandement de tous les Hellènes. Mais, ceux-ci ayant été forcés de l’abandonner, elle brava seule les plus grands dangers, arrêta l’invasion, érigea des trophées, préserva de l’esclavage les peuples encore libres et rendit à une entière indépendance tous ceux qui, comme nous, demeurent en deçà des Colonnes d’Hercule. Dans la suite de grands tremblements de terre et des inondations engloutirent, en un seul [25d] jour et en une nuit fatale, tout ce qu’il y avait chez vous de guerriers ; l’île atlantide disparut sous la mer; aussi depuis ce temps la mer est-elle devenue inaccessible et a-t-elle cessé d’être 113 navigable par la quantité de limon que l’île abîmée a laissé à sa place.

Polyhistor Abydène, le déluge selon les babyloniens : Xisutros est Deucalion et non Uranos père de Cronos car Cronos est le dieu qui a conseigné Xisutros dans la version Babylonienne, Polyhistor et Abydene

Voici d’abord la plus développée. L’auteur vient de parler des neuf premiers rois antédiluviens, auxquels la tradition babylonienne attribuait des périodes fabuleuses de dizaines de milliers d’années :

« Otiartès étant mort, son fils Xisuthrus régna dix-huit sares (64.800 ans). C’est sous lui qu’arriva le grand déluge, dont l’histoire est ainsi rapportée dans les documents sacrés. Cronos lui apparut dans son sommeil et lui annonça que le 15 du mois de dæsius (au solstice d’été) tous les hommes périraient par un déluge. Il lui ordonna donc de prendre le commencement, le milieu et la fin de tout ce qui était consigné par écrit et de l’enfouir dans la ville du Soleil à Sippara, puis de construire un navire et d’y monter avec sa famille et ses amis les plus chers ; de déposer dans le navire des provisions pour la nourriture et la boisson, et d’y faire entrer les animaux, volatiles et quadrupèdes ; enfin de tout préparer pour la navigation. Et quand Xisuthrus demanda de quel côté il devait tourner la marche de son navire, il lui fut répondu vers les dieux, et de prier pour qu’il en arrivât du bien aux hommes.

Xisuthrus obéit et construisit un navire long de cinq stades et large de deux ; il réunit tout ce qui lui avait été prescrit et embarqua sa femme, ses enfants et ses amis intimes.

Le déluge étant survenu et bientôt décroissant, Xisuthrus lâcha quelques-uns des oiseaux. Ceux-ci n’ayant trouvé ni nourriture ni lieu pour se poser, revinrent au vaisseau. Quelques jours après, Xisuthrus leur donna de nouveau la liberté ; mais ils revinrent encore au navire avec les pieds pleins de boue. Enfin, lâchés une troisième fois, les oiseaux ne retournèrent plus. Alors Xisuthrus comprit que la terre était découverte ; il fit une ouverture au toit du navire et vit que celui-ci était arrêté sur une montagne. Il descendit donc avec sa femme, sa fille et son pilote, adora la Terre, éleva un autel et y sacrifia aux dieux ; à ce moment il disparut avec ceux qui l’accompagnaient.

Cependant ceux qui étaient restés dans le navire, ne voyant pas revenir Xisuthrus, descendirent à terre à leur tour et se mirent à le chercher en l’appelant par son nom. Ils ne revirent plus Xisuthrus ; mais une voix du ciel se fit entendre, leur prescrivant d’être pieux envers les dieux ; qu’en effet il recevait la récompense de sa piété en étant enlevé pour habiter désormais au milieu des dieux, et que sa femme, sa fille, et le pilote du navire partageaient un tel honneur. La voix dit en outre à ceux qui restaient qu’ils devaient retourner à Babylone et, conformément aux décrets du destin, déterrer les écrits enfouis à Sippara pour les transmettre aux hommes. Elle ajouta que le pays où ils se trouvaient était l’Arménie. Ceux-ci, après avoir entendu la voix, sacrifièrent aux dieux et revinrent à pied à Babylone. Du vaisseau de Xisuthrus, qui s’était enfin arrêté en Arménie, une partie subsiste encore dans les monts Gordyéens, en Arménie, et les pèlerins en rapportent l’asphalte qu’ils ont raclé sur les débris ; on s’en sert pour repousser l’influence des maléfices. -Quant aux compagnons de Xisuthrus, ils vinrent à Babylone, déterrèrent les écrits déposés à Sippara, fondèrent des villes nombreuses, bâtirent des temples et restituèrent Babylone. »

Cette rédaction est celle d’Alexandre Polyhistor.

Le récit d’Abydène est plus abrégé, mais précise davantage les circonstances relatives à l’envoi des oiseaux.

  • Abydenus (Ancient Greek: Αβυδηνός Avydinós) was a Greek historian, and the author of a History of the Chaldeans and Assyrians, of which some fragments are preserved by Eusebius in his Praeparatio Evangelica, and by Cyril of Alexandria in his work against Julian. Several other fragments are preserved by Syncellus. These were particularly valuable for chronology. An important fragment, which clears up some difficulties in Assyrian history, has been discovered in the Armenian translation of the Chronicon of Eusebius. It is uncertain when he lived, but he is to be distinguished from Palaephatus Abydenus, who lived in the time of Alexander the Great; for this Abydenus mentions Berosus, who lived at a later period. He probably wrote around 200 BC and, as Cyril states, in the Ionic dialect. (en)
  • Abydenus (grec ancien : Αβυδηνός Avydinós) était un historien grec et l’auteur d’une Histoire des Chaldéens et des Assyriens, dont certains fragments sont conservés par Eusèbe dans sa Praeparatio Evangelica, et par Cyrille d’Alexandrie dans son ouvrage contre Julien. Plusieurs autres fragments sont conservés par Syncellus. Ceux-ci étaient particulièrement précieux pour la chronologie. Un fragment important, qui éclaircit certaines difficultés de l’histoire assyrienne, a été découvert dans la traduction arménienne du Chronicon d’Eusèbe. On ne sait pas avec certitude quand il vécut, mais il faut le distinguer de Palaephatus Abydenus, qui vécut au temps d’Alexandre le Grand ; car Abydenus mentionne Bérose, qui vécut plus tard. Il a probablement écrit vers 200 avant JC et, comme le dit Cyrille, dans le dialecte ionique. (fr)

« Après Évedoreschus, il y eut plusieurs rois, et enfin Sisithrus, à qui Cronos annonça que le 15 du mois de dæsius il y aurait une grande abondance de pluies. Le dieu lui ordonna donc de cacher tout ce qui composait les écritures dans la ville du Soleil à Sippara. Sisithrus, ayant accompli ces prescriptions, navigua bientôt vers l’Arménie, car aussitôt la prédiction du dieu se réalisa. Le troisième jour après que la pluie eut cessé, il lâcha plusieurs oiseaux pour voir s’ils découvriraient quelque terre déjà sortie des eaux. Mais ces oiseaux, n’ayant trouvé partout qu’une mer prête à les engloutir, et ne pouvant se poser nulle part, revinrent auprès de Sisithrus ; il en renvoya d’autres. Ayant enfin réussi à la troisième fois dans son dessein, car les oiseaux étaient revenus avec les pieds couverts de limon, les dieux l’enlevèrent à la vue des hommes. Et du bois de son navire, qui s’était arrêté en Arménie, les habitants du pays font des amulettes qu’ils suspendent à leur col contre les maléfices. »

 

https://www.mediterranee-antique.fr/Auteurs/Fichiers/JKL/Lenormant/Civilisations/T2/Civ_2_31.htm

EUSÈBE DE CÉSARÉE, Préparation évangélique, LIVRE IX

CHAPITRE XII.

DE L’HISTOIRE D’ABYDÈNE CONCERNANT LE DÉLUGE.

Après avoir passé en revue ce que l’ouvrage d’Abydène renferme concernant l’histoire de Médie et d’Assyrie, je vais vous citer les propres paroles de cet auteur, sur la même histoire (24).

« Après lui d’autres régnèrent, au nombre desquels figure Sisithros, à qui Cronus (Saturne) prédit qu’une abondance extraordinaire de pluie tomberait le 12 du mois Désius, il lui ordonna de cacher tout ce qu’il possédait d’écritures dans l’Héliopolis de Syparéens (25). Sisithros ayant exécuté cet ordre, mit aussitôt à la voile pour l’Arménie, et là, les desseins de Dieu s’accomplirent incontinent. Le troisième jour après que la pluie eût cessé (26), il lâcha des oiseaux comme épreuve, pour savoir s’ils découvriraient une terre sans eau. Ceux-ci ayant traversé un océan sans bornes sans trouver où se poser, revinrent vers Sisithros. Après les premiers, il en lâcha d’autres, cet essai ne lui réussit qu’à la troisième fois, car ils revinrent avec les pattes pleines de boue (27). Les dieux l’ont enlevé du milieu des hommes; son navire resté en Arménie, offre aux habitants du voisinage des amulettes faites avec ses bois, qui leur servent de préservatifs contre les maladies (28). »

Abydène sur le déluge en Mésopotamie

EUSÈBE DE CÉSARÉE, Préparation évangélique, LIVRE IX

CHAPITRE XII.

DE L’HISTOIRE D’ABYDÈNE CONCERNANT LE DÉLUGE.

Après avoir passé en revue ce que l’ouvrage d’Abydène renferme concernant l’histoire de Médie et d’Assyrie, je vais vous citer les propres paroles de cet auteur, sur la même histoire (24).

« Après lui d’autres régnèrent, au nombre desquels figure Sisithros, à qui Cronus (Saturne) prédit qu’une abondance extraordinaire de pluie tomberait le 12 du mois Désius, il lui ordonna de cacher tout ce qu’il possédait d’écritures dans l’Héliopolis de Syparéens (25). Sisithros ayant exécuté cet ordre, mit aussitôt à la voile pour l’Arménie, et là, les desseins de Dieu s’accomplirent incontinent. Le troisième jour après que la pluie eût cessé (26), il lâcha des oiseaux comme épreuve, pour savoir s’ils découvriraient une terre sans eau. Ceux-ci ayant traversé un océan sans bornes sans trouver où se poser, revinrent vers Sisithros. Après les premiers, il en lâcha d’autres, cet essai ne lui réussit qu’à la troisième fois, car ils revinrent avec les pattes pleines de boue (27). Les dieux l’ont enlevé du milieu des hommes; son navire resté en Arménie, offre aux habitants du voisinage des amulettes faites avec ses bois, qui leur servent de préservatifs contre les maladies (28). »

Molon, Le déluge local de Xisuthros : Noé (Xisuthrus) uniquemnt ancètre des fils d’Abraham en tout cas pas l’ancètre de toute l’humanité

EUSEB PREPARATION EVANGELIQUE LIVRE IX CHAPITRE XIX.

TIRÉ DU MÊME AUTEUR (POLYHISTOR), EXTRAIT DE MOLON.

« Molon (41), qui a écrit un ouvrage contre les Juifs, dit :

« Après le déluge, l’homme (Xisuthrus-Noé), qui avait été sauvé avec ses enfants, revint d’Arménie[2], puis ayant été expulsé de ses propriétés par les habitants du lieu, traversa tout le pays intermédiaire, et se rendit dans la partie montagneuse de la Syrie, qui était alors déserte. Après trois générations[3], naquit Abraham, nom qu’on peut traduire par l’ami de son père, lequel s’étant adonné à la sagesse, parcourut toute cette solitude (Ezéchiel 33v24). Il prit deux femmes, l’une du lieu et sa parente, l’autre d’Égypte, qui lui appartenait comme sa servante. De l’Égyptienne il eut douze enfants, lesquels s’étant en allés en Arabie, se distribuèrent le pays, et en furent les premiers rois. C’est la cause pour laquelle, jusqu’à ce jour, on compte douze rois en Arabie, qui ont les mêmes noms que ces premiers rois. De son épouse, Abraham n’eut qu’un seul fils (Jacob Esaie 41v8), dont le nom peut se traduire en grec par Γέλως (le rire = Isaac surnom de Jacob selon le talmud et Amos 7v9,16). Abraham mourut de vieillesse. Gélos (Isaac qui est Jacob, Esaie 63v16) prit pour épouse une fille de ce pays, dont il eut 11 enfants, et pour douzième Joseph ; Moïse en descend à la troisième génération. » Ici, s’arrête Polyhistor

Bérose, Noé-Xisuthrus est seulement l’ancètre de la race des juifs mais pas de l’humanité, Flavius Contre Apion 1 : XIX Les Chaldéens parlent aussi des Juifs. Témoignage de Bérose.

 

128 Je vais maintenant parler des faits consignés et racontés à notre sujet dans les annales chaldéennes; ils sont, même sur les autres points, tout à fait conformes à notre Écriture. 129 Ils sont attestés par Bérose[74], Chaldéen de naissance, connu pourtant de tous ceux qui s’occupent d’érudition, car lui-même a introduit chez les Grecs les ouvrages des Chaldéens sur l’astronomie et la philosophie. 130 Ce Bérose donc, se conformant aux plus anciennes annales, raconte comme Moïse le déluge et l’anéantissement des hommes dans cette catastrophe et il parle de l’arche dans laquelle Noé (Xisuthre selon Flavius et Khorenatsi), le père de notre race, fut sauvé quand elle fut portée sur les cimes des montagnes d’Arménie [75]. 131 Puis il énumère les descendants de Noé, dont il donne aussi les époques, et arrive à Nabopalassar, roi de Babylone et de Chaldée. …

Trogue Pompée : le fondateur de Damas, le roi Damacus fils ou petit-fils de Xisuthrus-Noé selon Molon et Trogue ?

« 2.1 En réalité, à l’origine les Juifs sont de Damas, la plus fameuse ville de Syrie, d’où vient aussi la lignée des rois assyriens descendants de la reine Sémiramis. 2.2 Le nom de la ville a été donné à partir [de celui] du roi Damas (Damascus), en l’honneur duquel les Syriens vénèrent comme un temple la sépulture de son épouse Arathis[4] qu’ils considèrent depuis lors comme la déesse de la plus sacrée des religions. 2.3 Après Damas régnèrent Azaël [5] ensuite Adores[6] , Abraham et Israhel. »

D’après le pentateuque pharisien de jérusalem (Flavius), le fondateur de Damas, c’est Ous ou Uts fils d’Aram fils de Sem fils de Noé, les berbères blancs étant des arméniens sont aussi des peuples descendants de Sem par Aram.

Genèse 10:22 [22] Les fils de Sem furent: Élam, Assur, Arpacschad, Lud et Aram. 23 et les fils d’Aram ; Ouz, et Oul, et Gether, and Mash.

Deutéronome 26 : 5 Tu prendras encore la parole, et tu diras devant l’Eternel, ton Dieu : Araméen (ărm) misérable était mon père; il descendit en Egypte avec peu de gens, et il y fixa son séjour; là, il devint une nation grande, puissante et nombreuse.

Flavius, AJ Livre 1 CHAP VI4 [140]. [143] Sem, le troisième fils de Noé (Xisuthre), eut cinq fils, qui habitèrent l’Asie jusqu’à l’océan Indien, en commençant à partir de l’Euphrate. Élam(os) eut pour descendants les Élaméens, ancêtres des Perses. Assour(as) fonde la ville de Ninos et donne son nom a son peuple, les Assyriens, qui eurent une fortune exceptionnelle. Arphaxad(ès) nomma ses sujets Arphaxadéens ; ce sont les Chaldéens d’aujourd’hui. Aram(os) fut le chef des Araméens, que les Grecs appellent Syriens ; ceux qu’ils appellent aujourd’hui Lydiens étaient autrefois les Loudiens, fondés par Loud(as)[141]. Des quatre fils d’Aram(os), l’une Ous(os), fonde la Trachonitide et Damas, située entre la Palestine et la Cœlé-Syrie. Oul(os) fonde l’Arménie, Gather(os) les Bactriens (centre Turkmenistan), Mésas[142] les Mésanéens (Sud-Est Irak); leur ville s’appelle aujourd’hui Spasinou Charax.

Khorenatsi, Moise de Korenatsie Livre 1, es fils de Xisuthros-Noé : Sim, Darpan

Mais relativement à ces anciens discours tenus autrefois par les sages de la Grèce et transmis jusqu’à nous par les [hommes] appelés Gorgias (?), Korki, Panan et par un autre nommé David [7],[42] il convient, quoique brièvement, de les redire. Un d’eux, profond philosophe, parlait ainsi: « Vieillards, lorsque je cultivais la science, au milieu des Grecs, il arriva qu’un jour il y eut entre ces sages et ces savants une discussion touchant la géographie et la division des nations. Les uns d’une manière, les autres d’une autre, citaient les livres; or, le plus profond de tous, Olympiodore,[43] s’exprima ainsi: « Je vous rapporterai, dit-il, les discours non écrits, parvenus par la tradition, discours que répètent encore aujourd’hui beaucoup de paysans. Il existe un livre relatif à Xisuthre et à ses enfants, livre qu’on ne voit plus nulle part, où l’ordre des faits se trouve ainsi fixé: «  Après la navigation de Xisuthre en Arménie et son débarquement sur la terre ferme, un de ses fils, appelé Sim, s’en va, est-il dit, au nord-ouest pour reconnaître la contrée. Arrivé au pied d’une montagne à la large base qui forme une plaine arrosée par des fleuves qui se rendent en Assyrie, il s’arrête sur les rives de ce fleuve [l’espace de] deux heures, et appelle la montagne de son nom, Sim;[44] puis il retourne au sud-est, d’où il était parti. Un de ses plus jeunes fils, nommé Darpan, avec ses trente fils, ses quinze filles et leurs époux, s’étant séparé de son père, retourne s’établir sur les rives du fleuve. Sim, du nom de son fils, appelle cet endroit Daron,[45] et le lieu où il n habité lui-même Tzéronk (dispersion), car ce fut là que pour la première fois ses enfants se séparèrent de lui.[46] Ayant gagné les confins du pays des Bactriens, il y séjourna, dit-on, quelques jours; mais un de ses fils s’y fixa, car les contrées de l’Orient appellent Sim, Zerouant, et son pays Zarouant,[47] jusqu’à présent. Cependant souvent, très souvent, les anciens descendants d’Aram redisent ces traditions populaires au son du pampirn dans leurs ballades et leurs danses. » Que ces traditions soient vraies ou fausses, peu importe; mais pour t’instruire de tout ce qui se trouve dans la tradition et les livres, je rassemble tout dans cet ouvrage, afin que tu apprécies pleinement la sincérité de mon dévouement envers toi.

Coran : Mission globale ou locale ? Noé du coran n’est pas l’ancètre de l’humanité mais seulement l’ancètre des juifs et des peuples cousins des juifs

Autrement formulé, le Déluge a-t-il été universel, la terre a-t-elle été entièrement submergée ou bien ce phénomène ne concerna-t-il qu’une zone géographiquement limitée ?

– Sur ce point, le texte coranique ne présente ni di culté ni ambiguïté, un exemple  : « Nous avons certes envoyé Noé à son peuple. Il dit  : Ô mon peuple, adorez Dieu  ! Qu’il n’y ait pour vous d’autre divinité que Lui. En vérité, je crains à votre encontre le châtiment d’un jour terrible. », S7.V59.

L’on note donc que Noé s’adresse uniquement à son peuple  : « Ô mon peuple  » et il en est systématiquement de même dans les nombreuses reprises coraniques de l’histoire du prophète Noé, à savoir  : S11.V25  ; S23.V23 ; S29.V14 ; S71.V1. Cette insistance est destinée à déconstruire le mythe biblique du Déluge universel que le Coran conçoit donc seulement comme un phénomène local ayant concerné le seul peuple de Noé. En effet, cette narration introduit en la Sourate 7 une série de cinq récits où chaque prophète-messager est envoyé spéci quement à son peuple et où tous prononcent la même phrase : « Ô mon peuple  », chaque récit se terminant par l’anéantissement dudit peuple. Il en est donc de même pour Noé, le déluge qui a anéanti son peuple fut rationnellement circonscrit à la région ou localité où ils résidaient. Autrement dit, pour le Coran le “déluge” du temps de Noé n’était pas universel et nous signalerons qu’une partie des exégètes classique soutenait cette même conclusion.

– Comme de règle lorsqu’il s’agit d’intertextualité, le Coran propose des contre-récits. À cette À cette fin, il déconstruit et rectifie les récits bibliques ou autres et, à l’inverse de ce que fit l’Exégèse, il ne faut donc pas lire et interpréter ce contre-récit coranique en recourant au texte biblique et ses interprétations, qu’elles soient juives ou chrétiennes. L’arrière-fond de la rectification coranique est d’ordre théologique. En effet, le récit biblique indique pour quelle raison Dieu décide d’anéantir l’espèce humaine et toute forme de vie : « L’Eternel vit que la méchanceté des hommes était grande surla terre, et que toutes les pensées de leur cœur se portaient chaque jour uniquement vers le mal. L’Eternel se repentit d’avoir fait l’homme sur la terre, et il fut afligé en son cœur. Et l’Éternel dit : J’exterminerai de la face de la terre l’homme que j’ai créé, depuis l’homme jusqu’au bétail, aux reptiles, et aux oiseaux du ciel ; car je me repens de les avoir faits. », Genèse : VI, 5-7.D’une part, quelles que soient les interprétations plus ou moins embarrassées que les biblistes en donnent, le repentir de Dieu est une notion coraniquement inconcevable. Pour le Coran Dieu est Omniscient et Omnipotent, Il ne peut regretter d’une manière ou d’une autre ce qu’Il a créée en toute connaissance de cause pour, qui plus est, recommencer peu ou prou la même chose… D’autre part, cette supposée extermination de massere pose sur une démarche de purifcation, ici par l’eau, et donc d’impureté,deux concepts qui ne sont pas coraniques,[2] mais qui dans l’esprit ethnique des rédacteurs juifs de cette partie de la Bible faisaient sens. Coraniquement, il n’y a aucune raison pour que Dieu ait eu à recommencer la création des Hommes et de tout ce qui peuple la terre, et aucun verset ne vient contredire cette théologie. Le Déluge ne fut donc pas universel et tout comme, nous le justifierons plus avant, cette catastrophe ayant anéanti le seul peuple de Noé ne fut pas unilatéralement décidée par Dieu afin de les punir pour leurs péchés. Nous voici voguant dès à présent loin des eaux bibliques.

La bible, le coran et la tradition islamique : les hébreux étaient blancs et les israélites blancs, les descendants de Cham sont les noirs etc

La bible hébraique

Genèse 9 v 18Les fils de Noé, qui sortirent de l’arche, étaient Sem, Cham et Japhet. Cham fut le père de Canaan. 19Ce sont là les trois fils de Noé, et c’est leur postérité qui peupla toute la terre. 20Noé commença à cultiver la terre, et planta de la vigne. 21Il but du vin, s’enivra, et se découvrit au milieu de sa tente. 22Cham, père de Canaan, vit la nudité de son père, et il le rapporta dehors à ses deux frères. 23Alors Sem et Japhet prirent le manteau, le mirent sur leurs épaules, marchèrent à reculons, et couvrirent la nudité de leur père; comme leur visage était détourné, ils ne virent point la nudité de leur père. 24Lorsque Noé se réveilla de son vin, il apprit ce que lui avait fait son fils cadet. 25Et il dit: Maudit soit Canaan! qu’il soit l’esclave des esclaves de ses frères! 26Il dit encore: Béni soit l’Eternel, dieu Sem, et que Canaan soit leur esclave! 27Que Dieu étende les possessions de Japhet, qu’il habite dans les tentes de Sem, et que Canaan soit leur esclave! 28Noé vécut, après le déluge, trois cent cinquante ans. 29Tous les jours de Noé furent de neuf cent cinquante ans; puis il mourut.

Le verset Job 30v28-30 ne prouve pas que Job était noir, les traductions grecs de la septante et de la bible de Crampon ne contient aucun mot qui signifie noir ou noirci : c’est à se demander si ces fausses traductions n’ont pas été faite pour empecher les africains de prendre conscience de la soufrance que l’occident leur inflige en s’identifiant au personnage fictif de Jod reconnu tel par les érudi juifs comme Maimounide ?

Septante, Job 30v28-30

στένων πεπόρευμαι ἄνευ φιμοῦ, ἕστηκα δὲ ἐν ἐκκλησίᾳ κεκραγώς. ἀδελφὸς γέγονα σειρήνων, ἑταῖρος δὲ στρουθῶν. τὸ δὲ δέρμα μου ἐσκότωται μεγάλως, τὰ δὲ ὀστᾶ μου ἀπὸ καύματος.

Je vais en deuil sans soleil : je me lève dans l’assemblée et j’appelle au secours. Je suis devenu le frère des dragons, et le compagnon des hiboux. mais ma peau est grandement meurtrie, et mes os brûlent.

https://theotex.org/septuaginta/job/job_30.html

Bible catholique de Crampon, 1923, Job 30v28-30

28. Je marche dans le deuil (qō·ḏêr voir Ps 35v14, 38v6, 42v9, 43v2),[122] sans soleil ; si je me lève dans l’assemblée, c’est pour pousser des cris. 29. Je suis devenu le frère des chacals, le compagnon des filles de l’autruche. 30. Ma peau livide tombe en lambeaux, mes os sont brûlés par un feu intérieur.  

https://fr.m.wikisource.org/wiki/Bible_Crampon_1923/Job#Bible_Crampon_1923/JobCH30

La tradition hébraique

Flavius Joseph AJ Livre 1 ; les peuples descendants du mythique Sem sont des indo-européens

Flavius Livre 1 CHAPITRE VI

Chaque race reçoit son nom d’après son fondateur.

1. Peuples issus de Japheth. – 2. Peuples issus de Cham. – 3 Malédiction de Cham. – 4. Peuples issus de Sem. – 5. Origine des Hébreux.

1[110]. [122] Les enfants de Noé[111] eurent des fils qu’on honora en donnant leurs noms aux pays[112] où l’on venait s’établir. Japheth, fils de Noé, eut sept fils ; ils commencèrent à habiter depuis les monts Tauros et Amanos et s’avancèrent en Asie jusqu’au fleuve Tanaïs et en Europe jusqu’à Gadeïra (Cadix), occupant le territoire qu’ils rencontraient et où personne ne les avait précédés ; ils donnèrent leurs noms à ces contrées. Ceux que les Grecs appellent aujourd’hui Gaulois, on les nomma Gomariens, parce qu’ils avaient été fondés par Gomar(ès)[113]. Magog(ès) fonda les Magogiens, appelés ainsi de son nom, et que les Grecs nomment Scythes. Deux autres fils de Japheth, Javan(ès) et Mados[114], donnèrent naissance, celui-ci aux Madéens, – les Mèdes selon les Grecs, – celui-là à l’Ionie et à tous les Grecs. Thobel(os) fonde les Thobéliens, qu’on appelle aujourd’hui Ibères. Les Mosochènes, fondés par Mosoch(os)[115], s’appellent aujourd’hui Cappadociens ; de leur ancienne dénomination un vestige subsiste : ils ont encore une ville du nom de Mazaca, ce qui indique, pour qui comprend, que tel était autrefois le nom de tout le peuple. Thiras[116] donna son nom aux Thiriens, qu’il gouvernait ; les Grecs en ont fait les Thraces. Telles sont les nations fondées par les fils de Japheth. Gomar(ès) eut trois fils : Aschanaz(os) fonda les Aschanaziens, que les Grecs aujourd’hui appellent Réginiens (?) ; Riphath(ès) les Riphathéens, aujourd’hui Paphlagoniens ; Thorgam(ès)[117], les Thorgaméens, qu’il plut aux Grecs d’appeler Phrygiens. Javan, fils de Japheth, eut aussi trois fils : Élisas donna son nom aux Eliséens, qu’il gouvernait, – ils s’appellent aujourd’hui Eoliens ; Tharsos[118] aux Tharsiens ; c’était le nom antique de la Cilicie : la preuve en est que la plus importante de ses villes, qui en est la capitale, s’appelle Tarse, par le changement du Th en T. Chéthim(os)[119] eut l’île de Chéthima, aujourd’hui Cypre ; de là le nom de Chéthim donné par les hébreux à toutes les îles et à la plupart des contrées maritimes ; j’invoque en témoignage l’une des villes de Cypre qui a réussi à garder cette appellation ; ceux qui l’ont hellénisée l’ont appelée Kition, ce qui diffère à peine du nom de Chetim[120]. Telles sont les contrées possédées par les fils et les petits-fils de Japhet. Une chose que les Grecs ignorent sans doute et que j’ajoute avant de reprendre mon récit où je l’ai laissé, c’est que ces noms sont arrangés à la façon des Grecs, pour l’agrément de mes lecteurs ; dans notre pays, ils n’ont pas cette forme-là : leur structure et leur terminaison reste toujours semblable à elle-même ; ainsi Nôchos se dit Noé[121], et le nom conserve la même terminaison à tous les cas.

2. [130] Les enfants de Cham occupèrent les pays qui s’étendent depuis la Syrie et les monts Amanos et Liban jusqu’à la mer (Méditerranée) d’une part, et jusqu’à l’Océan de l’astre. Les noms de quelques-uns de ces pays se sont perdus tout à fait ; d’autres, altérés ou changés en d’autres noms sont méconnaissables ; peu se sont gardés intégralement. Des quatre fils de Cham, l’un, Chous(os), a vu son nom épargné par les siècles : les Éthiopiens, ses sujets, s’appellent eux-mêmes encore aujourd’hui et sont appelés par tout le monde en Asie Chouséens. Les Mestréens, eux aussi, ont vu leur nom demeurer, car nous appelons tous, dans ces pays, l’Égypte Mestré et les Égyptiens Mestréens. Phout(ès)[122] fonda la Libye et nomma de son nom les habitants Phoutiens. Il y a même un fleuve dans le pays des Maures qui a ce nom : plusieurs historiens grecs en font mention, ainsi que du pays qu’il baigne, la Phouté. Mais ce pays a changé de nom ; celui qu’il a aujourd’hui vient d’un des fils de Mestraïm[123], Libys[124] ; je dirai prochainement pourquoi on en est venu à l’appeler aussi Afrique. Chanaan(os)[125], quatrième fils de Cham, s’établit dans le pays qui est aujourd’hui la Judée ; il l’appela de son nom Chananée. Ces fils de Cham eurent des fils à leur tour. Chous en eut six : Sabas donna naissance aux Sabéens, Évilas aux Éviléens, les Gétules d’aujourd’hui ; Sabath(ès)[126] aux Sabathéniens, que les Grecs appellent Astabariens ; Sabacathas[127] aux Sabacathéniens ; Regmos[128] fonda les Regméens ; il eut deux fils : Joudad(as)[129] qui fonda les Joudadéens, peuple de l’Éthiopie occidentale, auxquels il donna son nom ; Sabéos les Sabéens. Nemrod, fils de Chous, resta parmi les Babyloniens, dont il fut le tyran, comme je l’ai déjà indiqué antérieurement. Mestraïm eut huit fils, qui occupèrent tous les pays qui s’étendent depuis Gaza jusqu’à l’Égypte; Phylistin(os) est le seul dont le pays ait conservé le nom ; les Grecs appellent, en effet, Palestine la part qui lui échut. Quant aux autres, Loudiim(os), Enémétiim(os) et Labiim(os)[130], qui seul s’établit en Libye et donna ainsi son nom à la contrée, Nédem(os)[131], Phéthrosim(os)[132], Chesloïm(os) et Chephthorim(os)[133], on ne sait rien d’eux, hormis leurs noms ; car la guerre éthiopienne dont nous parlerons plus tard[134] a ruiné leurs villes, Chanaan eut aussi des fils : Sidon, qui bâtit en Phénicie une ville, à laquelle il donna son nom et que les Grecs encore aujourd’hui nomment Sidon ; Amathous[135], qui bâtit Amathous, que ses habitants appellent encore aujourd’hui Amathe (Hamath) ; les Macédoniens l’ont appelée Épiphanie du nom d’un des épigones. Aroudaios eut l’île d’Arados[136] ; Arucéos[137] habitait Arcé dans le Liban. Des sept autres, Evéos, Chetlaios[138], Jebouséos, Amorréos, Gergéséos, signés dans les Saintes Écritures : les hébreux détruisirent leurs villes, et voici la raison de leurs malheurs.

3[139]. [140] Après le déluge, la terre étant revenue à sa nature primitive, Noé se mit à l’œuvre et y planta la vigne. Quand les fruits parvinrent à maturité, il les vendangea au moment opportun ; le vin étant prêt, il fit un sacrifice et se livra à de grands festins. Ivre, il s’endort et reste étendu dans un état de nudité indécente. Le plus jeune de ses fils l’aperçoit et le montre en raillant à ses frères ; ceux-ci enveloppent leur père d’une couverture. Noé, ayant appris ce qui s’était passé, fait des promesses de bonheur à ses deux fils aînés ; quant à Cham, à cause de sa parenté avec lui il ne le maudit pas, mais il maudit ses descendants. La plupart des fils de Cham échappèrent cependant à cette malédiction ; seuls les fils de Chanaan furent atteints par Dieu. C’est de quoi je parlerai par la suite.

4[140]. [143] Sem, le troisième fils de Noé, eut cinq fils, qui habitèrent l’Asie jusqu’à l’océan Indien, en commençant à partir de l’Euphrate. Élam(os) eut pour descendants les Élaméens, ancêtres des Perses. Assour(as) fonde la ville de Ninos et donne son nom a son peuple, les Assyriens, qui eurent une fortune exceptionnelle. Arphaxad(ès) nomma ses sujets Arphaxadéens ; ce sont les Chaldéens d’aujourd’hui. Aram(os) fut le chef des Araméens, que les Grecs appellent Syriens ; ceux qu’ils appellent aujourd’hui Lydiens étaient autrefois les Loudiens, fondés par Loud(as)[141]. Des quatre fils d’Aram(os), l’une Ous(os), fonde la Trachonitide et Damas, située entre la Palestine et la Cœlé-Syrie. Oul(os) fonde l’Arménie, Gather(os) les Bactriens (centre Turkmenistan), Mésas[142] les Mésanéens (Sud-Est Irak); leur ville s’appelle aujourd’hui Spasinou Charax. Arphaxadès fut père de Salès[143] et celui-ci d’Hébér(os). D’après son nom, les Judéens étaient appelé Hébreux dans le principe. Hébér fut père de Jouctas et de Phaléc(os), qui fut appelé ainsi parce qu’il naquit lors du partage des territoires : phalec, Hébreu, veut dire partage. Ce Jouctas, fils d’Hébér, eut pour fils Elmôdad(os), Saléph(os), Azermôth(ès)[144], Iraês[145], Adôram(os), Aizèl(os), Déclas, Ebal(os)[146], Abimaë(los), Sabeus, Ophairès, Evilalès, Jôbab(os). Ceux-ci, à partir du fleuve Côphen, habitent quelques parties de l’Inde et de la Sérique, qui y confine.

Voilà ce qu’on peut rapporter des enfants de Sem.

5[147]. [148] Je vais maintenant parler des Hébreux. Phalec, fils d’Hébér, eut pour fils Ragav(os)[148] ; de Ragav naquit Séroug(os), de Séroug Nachôr(ès), de Nachôr Tharros[149] ; celui-ci devint père d’Abram (Abramos)[150], qui est le dixième à partir de Noé et qui naquit 992 ans[151] après le déluge. 

Genèse 10:22 [22] Les fils de Sem furent: Élam, Assur, Arpacschad, Lud et Aram.

Voici un aperçu chez les anciens rabbins :

« Nos Rabbins nous ont enseigné : trois ont copulé dans l’arche et tous trois furent punis, le chien, le corbeau et Cham. Le chien fut condamné à rester attaché, le corbeau à expectorer (sa semence dans le bec de sa compagne) et Cham fut frappé dans sa peau » (Sanh 108b).

Chiza bar Abba (Les mythes hébreux) :

—-« Désormais, je ne peux plus engendrer le quatrième fils dont j’aurai donné ordre (…) que les enfants te servent, toi et tes frères ! Il faut donc que ce soit Canaan, ton premier né, qu’ils prennent pour esclave. Et comme tu m’as rendu incapable de faire de vilaines choses au plus noir de la nuit, les enfants de Canaan naîtront vilains et noirs ! De plus, puisque tu t’es contorsionné pour voir ma nudité, les cheveux de tes petits enfants s’entortilleront jusqu’à devenir crépus et ils auront les yeux rouges, en outre, puisque tes lèvres ont plaisanté sur mon infortune, les tiennes vont enfler et puisque tu as manqué d’égards pour ma nudité, ils iront tout nus et leur membre viril s’allongera ignominieusement ».

(Cf. Robert Graves et Raphaël Pataï, Les mythes hébreux, Fayard)

Midrash Rabba (Berechit Rabah, Noa’h, paracha 36, alinéa 7):

—-« Tu m’as empêché de mettre au monde un enfant qui s’occuperait de moi, c’est pour cela que cet homme (il s’agit de Canaan, le fils de Cham) sera un serviteur de ses frères, qui sont mes serviteurs. »

Midrash Rabba, Rav Huna dit (que Noé a dit) :

—-« Tu m’as empêché de faire une chose qui se fait dans l’obscurité, c’est pour cela que ta postérité (c’est-à-dire ta descendance) sera laide et noire de peau

R. Chiza (Hiya) bar Rabba dit:

—-« Cham et le chien ont eu des relations avec leur conjoint dans l’arche (pendant le déluge), c’est pour cela que Cham est sorti noirci, et le chien a ses relations en publique. »

Sous la plume de Jérémie on peut encore lire :

Jérémie ch.13 v.23

—-« Un Koushite peut-il changer de couleur, un léopard ses taches ? De même, pourriez-vous faire le bien, vous qui êtes accoutumés à faire le mal ? (…) Vivez et végétez sur votre sol comme les Koushites, comme des éléments déterminés de la nature, vous ne cesserez pas d’être à moi ».

Les vieilles éditions du Talmud (Sanhédrin) mentionnent que :

—-« Coush, descendant de Cham, deviendra noir à cause de la malédiction (…) Le corbeau, le chien et le Coushite seront noirs à cause de leurs méfaits ».

Dans Le Guide des égarés, livre III, chap 51, le rabbin Maïmonide considéré par les Juifs comme l’un des plus grands philosophes religieux, nous dit ceci du peuple noir que:

—-« Leur nature est semblable à celle des animaux muets, et selon mon opinion, ils n’atteignent pas au rang d’êtres humains ; parmi les choses existantes, ils sont inférieurs à l’homme mais supérieur au singe car ils possèdent dans une plus grande mesure que le singe l’image et la ressemblance de l’homme.»

La tradition islamique

AL-TABARI, Vol.1, p.107

—« Les trois fils que laissa Noé étaient: le premier, Sem, de la race duquel sont venus les Arabes, les prophètes et les gens de bien; le second, Cham, c’est de lui que sont sortis les Nègres et les Éthiopiens qui ont produit des descendants infidèles. Or, les enfants de Cham devinrent noirs parce que leur père s’approcha de sa femme, dans l’arche, malgré la défense de Noé, qui le maudit; et le Dieu très-haut changea (en noir) la semence (sperme)de ses reins.»

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AL-TABARI, Vol. 2, p. 11

—« Sem, fils de Noé était le père des Arabes, des Perses et des Grecs ; Ham était le père des Africains noirs ; et Japhet était le père des Turcs et de Gog et Magog qui étaient cousins des Turcs. Noé priait pour que les prophètes et les apôtres soient les descendants de Sem et les rois soient de Japhet. Il a prié pour que la couleur des africains changent de sorte que leurs descendants soient les esclaves des Arabes et les Turcs

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AL-TABARI, Vol.2, p.21

—« Ham a engendré tous ceux qui sont noir aux cheveux bouclés, tandis que Japhet [Turc] engendra tous ceux qui sont full- face avec de petits yeux, et Sem [Arabes] a engendré ceux qui ont un beau visage avec de beaux cheveux. Noé priait pour que les cheveux des descendants de Ham ne poussent pas au-delà de leurs oreilles, et que chaque fois que ses descendants rencontreront Shem, ce dernier les asservira . serait les asservir »

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AL-TABARI, Vol.9, p.69

—« Les Arabes sont les personnes les plus nobles dans la lignée, le plus important, et le meilleur dans les faits, nous étions les premiers à répondre à l’appel du Prophète Nous sommes les alliés d’Allah et les vizirs de Son Messager Nous combattons les gens jusqu’à ce qu’ils croient en Allah. Celui qui croit en Allah et son Messager a protégé sa vie et ses biens de nous. Quant à celui qui ne croit pas , nous allons le combattre à jamais dans la cause d’Allah . Le tuer est peu de chose pour nous.

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MISHKAT UL-MASABIH Volume III, Page 117

Abu Darda a rapporté que le prophète (Mahomet) a dit:

—« Allah a créé Adam quand il l’a créé. Alors il a frappé son épaule droite et en a sorti la race blanche comme si c’était des graines, et il a frappé son épaule gauche et en a sorti la race noire comme si c’étaient du charbon. Alors il a dit à ceux qui étaient à son coté droit : Du coté du paradis et je ne m’en soucie pas. Il a dit à ceux qui étaient sur son épaule gauche : Du coté de l’enfer et je ne m’en soucie pas.»

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ISHAQ. 243

—« Quiconque veut voir Satan devrait regarder ce Nabtal. Oui, regardez cet homme noir avec ses cheveux flottants, les joues sombres et rugueuses et ses yeux aussi enflammés que deux pots de cuivre! Son cœur est aussi grossier que celui d’un âne. Même l’archange Gabriel m’a dit de me méfier de lui, car tout ce qu’il entend ici, il part le répéter aux hypocrites”. Nabtal, l’inoffensif, fut tué.

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ISHAQ : 450

—« Le Prophète dit  » Nous les avons collectés là-bas, esclaves noirs, hommes sans descence.

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SAHIH MUSLIM 5:2334

—« Le Prophète dit  » Le plus détesté parmi la création d’Allah est un homme noir parmi eux (Khwarij). Une de ses mains est comme la trayon d’une chèvre ou le téton de la poitrine.

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IBN MUSA AL-YAHSUBI – QADI IYAD, page 375:

—« Quiconque osera dire que notre Prophète était noir, sera tué!”

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BUKHARI 1:11:664

—« Le Prophète a dit à Abu-Dhar :  » Écoutez et obéis (ton chef) même s’il est un éthiopien avec une tête comme un raisin. »

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IBN QOUTAYBAKITAB AL-MA’ÂRIF :

—« Wahb Ibn Munabbih a dit : Cham, le fils de Noé, était un homme blanc, beau de visage et de stature et Dieu Tout-Puissant changea sa couleur et la couleur de ses descendants en réponse à la malédiction de son père. Il partit, suivi de ses fils, et ils s’installèrent près du rivage où Dieu les multiplia. Ce sont les Noirs [sûdan] »

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ABDULLAH IBN MUGHAFFAL a rapporté:

—« Le prophète a dit: si les chiens n’étaient pas une espèce de créature, j’aurai ordonné qu’ils soient tous tué; mais tuer tous ceux qui sont noirs.

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SAHIH JAMI AT-TIRMIDHI Vol. 3 – hadith 1239

—« Jabir a rapporté que: Un homme vient prêter serment devant Mahomet qui ne sait pas que c’est un esclave. Lorsque son propriétaire vient le récupérer le prophète des musulmans se rend compte de sa condition. Il propose donc à son propriétaire de lui racheter. Et pour ce faire, l’échange contre deux esclaves noirs qu’il possédait.

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SAHIH-MUSLIM 32

—« Le prophète (Mahomet) a dit : « Quand l’esclave s’enfuit loin de son maître, sa prière n’est pas acceptée ; il est un infidèle. »

En effet,

1-Yahveh Sabaoth ou Sabbato ou Sambati ou Yahweh est Sem car en Gn 9v25-27, la traduction mot à mot de Gn 9v26 prouve que c’est Yahweh qui est Sem car c’est ‘’Yahweh est Elohé Sem’ qui est écrit et on sait que Sem était vénéré comme une divinité Siracide 49v16. Dans Deuteronome 32v6-14, nous voyons que Yahweh (Cronos) a un père El (Uranos) et un grand père Elyon (Elian) exactement comme dans Sanchoniaton. Ainsi, dans le passage de Gn 9v25-27 :

  • Genèse 9v25 : Cham recoit de Noé sa prière de malédiction sur son fils Canaan
  • Genèse 9v26 : Yahveh (Sem ?) recoit de noé sa prière de bénédiction donc Yahveh = Sem
  • Genèse 9v27 : Japhet recoit de Noé sa prière de bénédiction d’expansion colonial

Et comme c’est le supérieur qui bénit l’inférieur Hbr 7v7, Noé est le père de Yahweh qui est en fait Sem

2- Dans la bible ‘’Yahweh-Sabaoth = Satan’’ 2 Sam 24v1 et 1 Chrn 21v1. En plus dans Catina ‘’Satan = père de l’ancètre Piourasb des perses’’ dans la bible ‘’Sem = père de l’ancètre Elam des perses’’ d’où Satan = Sem, donc Yahweh Sabaoth = Satan = Sem. Dans les documentations ancienne, Sem correspond à Cronos qui est Yahveh.

En conclusion : L’étude sérieuse de la bible prouve que Yahvéh Sabaoth était un homme Ancêtres des Perses (Elam), Yahvé est en fait Sèm. En phénicien, Cronos (Saturne) se dit Sabaoth, ce qui a donné Sambati ou Samedi ou Saturday le fameux jour de Sabbat des juifs. On voit donc clairement que Yahweh est Cronos ou Sabaoth en hébreux (dialecte phénicien). Il suffit de lire la bible dans le contexte culturelle des mythologies de l’antiquité pour s’en rendre compte Yahweh Sabaoth est Sem qui est Cronos.

YAHVÉH A UN GRAND PÈRE APPELÉ ELYON ET UN PÈRE APPELÉ EL ET UN GRAND PERE ELYON

Deutéronome 32:8-9 Septante ou Qumran

[8] Quand Elyon donna un héritage aux nations, Quand il sépara les enfants d’Adam, Il fixa les limites des peuples D’après le nombre des enfants de El, [9] Car la portion de Yahweh, c’est son peuple, Jacob est la part de son héritage. 10 Il l’a trouvé dans une contrée déserte, Dans une solitude aux effroyables hurlements ; Il l’a entouré, il en a pris soin, Il l’a gardé comme la prunelle de son oeil, 11Pareil à l’aigle qui éveille sa couvée, Voltige sur ses petits, Déploie ses ailes, les prend, Les porte sur ses plumes. 12 Yahweh seul a conduit son peuple, Et il n’y avait avec lui aucun dieu (El) étranger.

Michée 4:5 [5] Tandis que tous les peuples marchent, chacun au nom de son Elohim, Nous marcherons, nous, au nom de Yahvéh, notre Elohim, A toujours et à perpétuité.

Gn 9v26 :« Il (Noé) dit encore: Béni soit Yahweh, Elohé Sèm, et que Canaan soit leur esclave! »

Psaumes 89:6-8 [6](89:7) Car qui, dans le ciel, peut se comparer à Yahvéh ? Qui est semblable à toi parmi les fils de El ? [7](89:8) El est terrible dans la grande assemblée des saints, Il est redoutable pour tous ceux qui l’entourent. [8](89:9) Yahvéh, Élohim Sabaoth ! qui est comme toi puissant, ô Yāh ? Ta fidélité t’environne.

Psaumes 82:6-7 [6] J’avais dit : Vous êtes des Élohim, Vous êtes tous des fils de Elyon. [7] Cependant vous mourrez comme des hommes, Vous tomberez comme un prince quelconque. Voir aussi Jean 10v33-36

Michée 7 : 18 Quel Dieu (‘El) est semblable à toi, Qui pardonnes l’iniquité, qui oublies les péchés Du reste de ton héritage ? Il ne garde pas sa colère à toujours, Car il prend plaisir à la miséricorde.

Euseb PE CHAPITRE X

Théologie des Phéniciens.

« Il suppose que le principe de l’universalité des êtres consiste dans un air épais et venteux, ou dans un vent d’air épais, et dans un chaos obscur comme l’Erèbe. Cet air et ce chaos, dit-il, s’étendent à l’infini, et ce ne fut qu’après une longue série de siècles qu’ils ont trouvé des bornes. Car, lorsque l’esprit conçut de l’amour pour ses propres principes, et qu’il se fit entre eux un mélange, celle union reçut le nom de désir, et ce désir fut le principe de la création de tous les êtres; l’esprit n’a point connu sa propre origine. De l’union de cet esprit avec ses propres principes fut formé Mot. Les uns disent que c’est un limon, d’autres une corruption d’un mélange aqueux, de laquelle résultèrent toute semence de création et la production de tous les êtres. Il y avait certains animaux insensibles desquels naquirent des animaux intelligents : on les appelait zophasemin, c’est-à-dire contemplateurs du ciel. Ils étaient formés sur un même modèle. On vit briller en même temps que Mot le soleil, la lune, les étoiles et les grands astres. »

Telle est la cosmogonie des Phéniciens, qui introduit évidemment l’athéisme. Voyons maintenant de quelle manière ils entendent la création des animaux ; voici en quels termes s’explique Sanchoniaton.

« Aussitôt que l’air eut brillé d’un vif éclat, l’échauffement de la mer et de la terre fit naître les vents, les nuages et les pluies qui tombèrent du ciel en abondance. Ensuite lorsque ces éléments, séparés l’un de l’autre et chassés de leur propre demeure par l’ardeur du soleil se rencontrèrent de nouveau dans l’espace, et vinrent à se heurter, il en résulta des tonnerres et des éclairs au bruit des tonnerres, les animaux dont nous avons parlé s’éveillèrent ; le fracas les remplit d’épouvante; les mâles et les femelles commencèrent alors à se mouvoir, tant sur la terre que dans la mer. »

C’est ainsi qu’il explique la création des animaux. Le même historien fait ensuite ces observations :

« Voilà ce que l’on a trouvé écrit dans les mémoires de Taaut sur l’origine du monde; toute sa cosmogonie est fondée sur les preuves et les conjectures que la pénétration de son esprit lui avait fait apercevoir; il a fait ensuite briller à nos yeux le flambeau de ses découvertes. »

Puis, après avoir donné le nom à l’auster, à borée et aux autres vents, il poursuit en ces termes :

« Mais ces hommes furent les premiers qui consacrèrent les productions de la terre, les regardèrent comme des dieux, et rendirent les honneurs divins aux substances dont eux, leurs descendants et leurs aïeux soutenaient leur vie, les premiers qui firent des libations et des sacrifices ».

Il ajoute :

« Telles étaient leurs pensées sur le culte religieux, conformes à la faiblesse et à la timidité de leur esprit. Il observe ensuite que du vent nommé Colpia et de sa femme nommée Baan, nom qui veut dire nuit, naquirent deux hommes que l’on appelle Eon et Protogone ; Eon découvrit dans les arbres des moyens de subsistance. Ceux qui naquirent de ces deux hommes furent appelés Race et Famille ; ils habitèrent la Phénicie. De vives chaleurs étant survenues, ils élevèrent les mains vers le ciel et vers le soleil; car, dit l’auteur, ils le regardent comme un dieu, seul souverain du ciel; ils l’appellent Beelsamen, qui, en phénicien, signifie souverain du ciel; c’est le même que les Grecs appellent Jupiter. »

Après cela, il accuse l’erreur des Grecs, en disant :

« Ce n’est pas en vain que nous avons expliqué ces choses de plusieurs manières différentes, et que nous nous sommes attachés aux divers sens des noms donnés aux choses dans cette matière. Comme les Grecs ignoraient ces divers sens, ils leur en ont substitué de faux, trompés en cela par la double signification que l’interprétation présentait. »

Il ajoute

« De la race d’Éon et de Protogone provinrent encore des enfants sujets à la mort, nommés Lumière, Feu et Flamme. En frottant des morceaux de bois l’un contre l’autre, ils trouvèrent le feu, et en enseignèrent l’usage. Ils engendrèrent des fils d’une grosseur et d’une grandeur extraordinaires qui donnèrent leurs noms aux montagnes dont ils s’étaient emparés. C’est d’eux que tirèrent leurs noms les monts Cassius, Liban, Antiliban et Brathyus. C’est aussi d’eux que naquirent Memrumus et Hypsuranius; ceux-ci reçurent leurs dénominations de leurs mères, femmes impudiques, qui se prostituaient alors aux premiers venus. »

Il ajoute

« Hypsuranius habita Tyr, et il inventa l’art de construire des cabanes avec des roseaux, des joncs et du papyrus; il vécut en discorde avec son frère Usoüs, qui, le premier, trouva le moyen de se couvrir le corps avec les peaux des bêtes qu’il avait prises. Des vents épouvantables et des pluies abondantes étant survenus, le feu prit aux arbres situés à Туr, qui s’étaient embrasés paг le frottement, et consuma la forêt qui se trouvait dans le même lieu. Usoüs ayant saisi un arbre, en ôta les branches, en forma une espèce de navire, et osa ainsi le premier se mettre en mer. Il érigea deux colonnes en l’honneur du feu et du vent; il se prosterna devant elles, et leur offrit le sang des bêtes qu’il avait prises à la chasse. Aussitôt que ces hommes furent morts, ceux qui leur avaient survécu leur consacrèrent des branches d’arbres, adorèrent leurs colonnes, et célébrèrent des fêtes annuelles en leur honneur. Longtemps après, de la race d’Hypsuranius, naquirent Chasseur et Pécheur : ce sont eux qui inventèrent la pêche et la chasse, et qui donnèrent leurs noms aux chasseurs et aux pêcheurs ; d’eux naquirent deux frères qui firent la découverte du fer et des moyens de le travailler; l’un d’eux, nommé Chrysor, s’adonna à l’éloquence, à l’art des enchantements et à la divination : c’est lui qu’on appelle Vulcain ; il inventa aussi l’hameçon, l’amorce, la ligne et le filet. Il fut le premier de tous les hommes qui se livra à la navigation; c’est pourquoi, après sa mort, ses compatriotes l’honorèrent comme un dieu, on lui donna le nom de Diamichius. On dit que ses frères découvrirent la manière de construire des murailles avec des briques. Plus tard, de leur race naquirent deux jeunes gens dont l’un fut nommé Artisan, et l’autre Terrestre Autochtone; ils trouvèrent l’art de faire du mortier avec de la boue de brique, de le sécher au soleil, et d’élever des toits sur les maisons. Ces deux hommes en engendrèrent deux autres dont l’un se nommait Champ, et l’autre Rustique ou Agricole ; on lui érigea, en Phénicie, une statue très révérée, et un temple traîné par deux bœufs. Dans les livres, il est désigné par excellence comme le plus grand des dieux. Les deux frères inventèrent l’art de garnir les maisons de cours, d’enceintes et de réduits souterrains; c’est d’eux que proviennent les agriculteurs et les chasseurs qui se servent de chiens. On les appelle aussi Errants et Titans. Ils donnèrent naissance à Amynus et à Magus, qui apprirent à construire des villages et à nourrir des troupeaux. De ces derniers naquirent Misor et Sydec, c’est-à-dire, facile à délier et juste. Ils trouvèrent l’usage du sel. De Misor provint Taaut qui inventa les premiers éléments de l’écriture : c’est lui que les Égyptiens ont nommé Thoor, les habitants d’Alexandrie Thoyt, et les Grecs Mercure. De Sydec naquirent les Dioscures, autrement dits Cabires, ou Corybantes, ou Samothraces. Les deux frères, dit l’historien, furent les premiers inventeurs de la navigation: ils donnèrent naissance à d’autres individus qui découvrirent la vertu des plantes, la guérison des morsures et les enchantements. De leur temps naquit un certain Elian, nommé Très-Haut, et une femme nommée Beruth ; ils habitèrent aux environs de Нуblos, ils donnèrent naissance à Épigée ou Autochtone, qu’ils appelèrent ensuite Uranus, c’est de son nom qu’on donna celui d’Uranus (ciel ) à l’élément qui est au-dessus de nous, en raison de l’excellence de sa beauté ; il eut des deux parents prémentionnés une sœur qu’on appela Terre : c’est en raison de la beauté de cette femme que la terre fut appelée du même nom. Leur père, appelé Très-Haut, ayant péri dans un combat contre des bêtes féroces, reçut les honneurs de l’apothéose : ses enfante l’honorèrent par des libations et des sacrifices. Uranus (le ciel) ayant succédé à l’empire de son père, épousa la Terre, sa sœur, et il en eut quatre enfants, savoir : Ilus, appelé aussi Cronos, Betylus, Dagon, appelé aussi Siton, et Atlas. Uranus eut encore d’autres femmes une nombreuse progéniture. C’est pourquoi Terre, indignée et emportée par la jalousie, accabla Uranus de reproches, et ils se séparèrent; Uranus qui l’avait quittée, la violait encore toutes les fois qu’il en avait le désir, et après l’avoir approchée, il s’en éloignait de nouveau ; il essaya de faire périr les enfants qu’il avait eus d’elle, mais Terre s’étant environnée d’auxiliaires, repoussa souvent ses attentats. Cronos parvenu à l’âge viril, et aidé par les conseils et l’assistance de Mercure Trismégiste, qui était son secrétaire, résista à Uranus, son père, pour venger l’outrage fait à sa mère. Cronos eut pour enfants Proserpine et Minerve : la première mourut vierge, d’après les conseils de Minerve et de Mercure, il fabriqua une faux et une lance avec du fer; ensuite, Mercure, ayant employé les secours de la magie à l’égard des auxiliaires de Cronos, leur inspira la plus vive ardeur pour combattre contre Uranus en faveur de Terre. Cronos en étant ainsi venu aux prises avec Uranus, le dépouilla de l’empire dont il s’empara pour son propre compte ; une concubine qu’Uranus aimait passionnément fut prise dans le combat ; elle était enceinte, Cronos la donna pour épouse à Dagon qui en reçut un fils dont Uranus était l’auteur, et qui fut nommé Demaroon. Ensuite Cronos entoura de murailles son habitation, et il bâtit la ville principale de la Phénicie, qu’on appelle Byblos ; puis Cronos ayant conçu des soupçons contre son frère Atlas, l’enfouit dans la terre à une grande profondeur, d’après le conseil de Mercure. Vers celle époque, les descendants des Dioscures ayant construit des radeaux et des navires, se livrèrent à la navigation ; jetés contre le mont Cassius, ils y consacrèrent un temple. Les alliés d’Ilus ou Cronos furent appelés Eloïm ou Cronides (Saturniens), parce qu’ils étaient contemporains de Cronos. Ce dernier avait un fils nommé Sadid ; ayant conçu des soupçons contre lui, il lui plongea un glaive dans la gorge et lui arracha ainsi la vie; il trancha également la tête à sa propre fille, de manière que tous les dieux furent étonnés de celle résolution de Cronoq. Au bout de quelque temps, Uranus qui avait été contraint de prendre la fuite, chargea Astarté, sa fille, vierge encore, et ses deux autres sœurs, Rhéa et Dioné, de tuer Cronos en trahison; mais celui-ci ayant trouvé le moyen de les séduire, épousa ses propres sœurs. Uranus informé de cette circonstance, envoya Destinée et Beauté faire la guerre à Cronos avec d’autres auxiliaires ; mais Cronos les ayant amadouées les retint également auprès de lui. Ce fut alors qu’Uranus inventa les Bétyles, sorte de pierres animées qu’il trouva moyen de créer. Cronos eut d’Astarté sept filles appelées Titanides ou Artémides (Dianes), et il eut encore de Rhéa sept enfants mâles, dont le plus jeune fut consacré dès sa naissance ; il eut aussi des filles de Dioné; il eut encore d’Astarté deux fils, Désir et Amour. Dagon, après avoir découvert le blé et inventé la charrue, fut nommé Jupiter Agricole. Une des Titanides ayant eu commerce avec Sydec surnommé le Juste, donna naissance à Esculape. Cronos eut encore trois enfants à Pérée, savoir : Cronos du même nom que lui, Jupiter-Belus et Apollon. De leur temps naquirent aussi Pontus, Typhon et Nérée, père de Pontus ; de Pontus naquirent Poséidon et Sidon : le dernier chantait d’une manière si ravissante qu’il passe pour avoir inventé la mélodie. De Demaroon naquit Mélicarthe, appelé aussi Hercule. Ensuite Uranus s’étant séparé de Pontus, lui fit de nouveau la guerre, et s’attacha au parti de Demaroon ; celui-ci fit une irruption contre Pontus, qui le mit en déroule; Demaroon voulant au moins être heureux dans sa fuite, fit vœu d’offrir un sacrifice. Après avoir exercé pendant trente-deux ans le pouvoir suprême, Ilus, c’est-à-dire Cronos, ayant tendu des embûches à Uranus, son père, dans un certain endroit placé au milieu de la terre, se saisit de sa personne, et lui coupa les parties honteuses, dans ce même endroit entouré de fontaines et de fleuves; c’est là qu’Uranus fut honoré plus tard, son esprit se dissipa et le sang de ses blessures s’écoula dans les fontaines et dans les eaux des fleuves : on montre encore aujourd’hui l’endroit qui fut le théâtre de cet événement. »

Telles sont les actions merveilleuses de ce Cronos si vanté par les Grecs, et de ceux qui vécurent avec lui, dans cet âge tant chanté par les Grecs ;

« car c’est au temps de cette première race d’hommes qu’ils assignent l’époque de l’âge d’or, »

le type de la félicité chez les anciens. L’auteur ajoute de nouveaux détails à ceux qui précèdent, en disant :

« Astarté-la-Grande, Jupiter Démaroon et Adod, roi des dieux, régnèrent dans le pays du consentement de Cronos. Astarté plaça sur sa tête une tête de taureau comme insigne de la royauté; elle trouva une étoile tombée du ciel; s’en étant emparée, elle la consacra dans la sainte île de Туг : les Phéniciens prétendent que cette Astarté n’est autre que Vénus. Cronos, partant pour faire le tour du monde, remit à Minerve, sa fille, le royaume d’Athènes. La peste et la mort avant désolé le pays, Cronos sacrifia son fils unique à son père Uranus, il se coupa les parties génitales et força ses compagnons à en faire autant. Peu de temps après, il divinisa un autre de ses enfants nommé Muth, qu’il avait eu de Rhéa, et qui était mort. Les Phéniciens lui donnent indistinctement les noms de Mort et de Pluton. Ensuite, Cronos donna la ville de Byblos à la déesse Baallis, qu’on appelle aussi Dioné; il donna aussi celle de Béryle à Neptune et aux Cabires, agriculteurs et pécheurs, qui consacrèrent dans la même ville les restes de Pontus. Avant ces événements, le dieu Taaut, qui avait dessiné le portrait d’Uranus, dessina aussi ceux des dieux Cronos et Dagon, ainsi que les sacrés caractères des éléments. Il inventa aussi pour Cronos un insigne de royauté : c’étaient quatre yeux placés devant et derrière la figure; deux étaient immobiles et fermés; quatre ailes étaient attachées aux épaules : deux prenaient leur vol, les deux autres étaient abaissées. Il faisait entendre par ce symbole, que Cronos voyait en dormant, et dormait en veillant; et quant aux ailes, ce symbole signifiait également que Cronos volait en se reposant, et se reposait en volant. Quant aux autres dieux, il leur avait attaché à chacun deux ailes aux épaules, attendu qu’ils devaient suivre Cronos dans son vol. Il avait encore placé deux ailes sur la tête de Cronos : l’une indiquait l’âme qui gouverne, et l’autre la sensibilité. Cronos s’étant rendu dans les contrées méridionales, accorda toute l’Égypte au dieu Taaut, qui devait en être le roi. Voilà les faits que les sept enfants de Sydec, nommés Cabires, et le huitième, qui était leur frère, nommé Esculape, ont consigné dans des mémoires, ainsi que le dieu Taaut le leur avait ordonné. Le fils de Thabiou, qui, de mémoire d’homme, fut le premier hiérophante chez les Phéniciens, donna à tous ces faits des formes allégoriques, et les réduisant aux phénomènes physiques qui ont lieu dans l’univers, il transmit ses Allégories aux prophètes qui célébraient les orgies et présidaient aux sacrifices. Ces derniers ayant pris beaucoup de peine pour amplifier ces vaines et pompeuses allégories, les transmirent à leurs successeurs et à leurs initiés. L’un d’eux fut Isiris, qui inventa trois lettres. Il était frère de Chnès, qui le premier reçut le nom de Phénicien. »

L’auteur ajoute ensuite :

« Les Grecs, qui l’emportaient sur toutes les autres nations par la fécondité de leur génie, commencèrent par s’approprier la plupart de ces fables; ils les diversifièrent à l’infini par les additions qu’ils y firent, voulant captiver les hommes par les charmes de leurs fictions : leur exagération en ce genre ne connut pas de bornes. Il arriva de là qu’Hésiode et les autres poètes cycliques composèrent à leur tour des théogonies, des combats de géants et de Titans, et d’autres fictions particulières; en les répandant partout, ils parvinrent à étouffer la vérité. Nos oreilles, bercées de ces fables et séduites depuis un grand nombre de siècles, conservent comme un dépôt ces œuvres de mensonge qui leur ont été transmises, ainsi que je l’ai dit, dans le commencement; affermies par le temps, il est très difficile de les faire disparaître, de manière qu’aujourd’hui la vérité paraît une rêverie, et la fable semble avoir revêtu tous les caractères de la vérité. »

Contentons-nous de ces extraits des ouvrages de Sanchoniaton, traduits par Philon de Byblos, et dont les récits sont attestés comme véritables par le philosophe Porphyre, qui, dans un écrit sur les Juifs, s’exprime ainsi à l’égard de ce qui concerne Cronos:

« Taaut, renommé chez les Phéniciens par sa sagesse, fut le premier qui, vengeant la religion de l’ignorance des hommes vulgaires, l’arrangea en corps de doctrine. Plusieurs générations s’étant écoulées après lui, le dieu Surmubel et la déesse Thuro, qui changea son nom pour celui de Chusartis, marchant sur ses traces, jetèrent du jour sur la théorie de Taaut, qui était couverte du voile de l’allégorie. »

Il dit un peu plus bas :

« Il existait une coutume chez les anciens, en vertu de laquelle, dans les grandes calamités et les grands périls, pour empêcher la destruction générale, les chefs d’une ville ou d’une nation égorgeaient leur enfant le plus chéri, et le sacrifiaient aux génies vengeurs comme victime expiatoire. Ceux qui étaient destinés à subir ce sort étaient égorgés au milieu de cérémonies mystérieuses. Or il arriva que Cronos, que les Phéniciens appellent Israël (Azraël), et qui après sa mort fut divinisé et devint l’étoile du même nom, régna dans le pays : il eut un fils unique d’une nymphe indigène appelée Anobret; cet enfant reçut le nom de Ieoud, qui, chez les Phéniciens, signifie encore aujourd’hui fils unique. Comme une guerre menaçait le pays des plus grands dangers, après avoir revêtu son fils d’ornements royaux, il le sacrifia sur un autel qu’il avait érigé lui-même. »

Voyons maintenant ce que dit Philon, en traduisant l’ouvrage que Sanchoniaton a écrit sur la nature des reptiles venimeux, qui, au sentiment du philosophe phénicien, loin d’être de quelque utilité pour l’homme, portent au contraire la destruction et la mort dans son sein, lorsqu’ils y répandent leur poison meurtrier. Voici en quels termes il s’exprime à ce sujet:

« Taaut lui-même a attribué un caractère divin à la nature du dragon et des serpents; après lui, les Phéniciens et les Égyptiens pensèrent de même. En effet, cette espèce l’emporte sur tous les autres reptiles sous le rapport de l’abondance des esprits animaux et de sa nature ignée. C’est à raison de ces esprits animaux que son agilité est incomparable, quoique ce reptile soit dépourvu de pieds, de mains et de tout autre membre extérieur au moyen desquels les autres animaux exécutent leurs mouvements. Il se multiplie sous les formes les plus variées, et, au moyen de ses replis sinueux, il s’élance dans sa marche avec toute la rapidité qu’il lui plaît. Il vit très long temps; non seulement il rajeunit en se dépouillant de sa vieille peau, mais il en reçoit encore de nouvelles forces et un accroissement nouveau ; et quand le terme de son existence est accompli, il se détruit lui-même, ainsi que Taaut l’a également observé dans les monuments sacrés. C’est pour cela que cet animal a été employé dans les sacrifices et dans la célébration des mystères. Nous en avons parlé amplement dans nos commentaires intitulés Ethothies, où nous avons démontré qu’il était immortel, et qu’il se détruit lui-même, comme on vient de le dire; car cet animal ne périt jamais d’une mort naturelle, à moins qu’il n’ait reçu un coup violent. Les Phéniciens l’appellent bon génie; les Égyptiens lui donnent également le nom de Cneph, ils lui appliquent une tête d’épervier, en raison de la vivacité de ce volatile. Epeïs, renommé chez eux comme hiérophante suprême et scribe sacré, dont Arius d’Héracléopolis a traduit l’ouvrage en grec, s’exprime ainsi, mais dans une forme allégorique :

Le serpent le plus divin est celui à la tête de Milan, l’aspect en est très agréable: aussitôt qu’il ouvrait les yeux, il répandait la lumière dans le lieu de sa naissance ; s’il venait à les fermer, les ténèbres succédaient.

Epéis lui donne évidemment la nature du feu : car il se sert du mot διηύγασε (il éclaira) : or le propre de la lumière est d’éclairer. Phérécyde, saisissant l’occasion de parler de ce serpent en parlant des Phéniciens, a débité ses opinions théologiques au sujet du dieu qu’il appelle Ophion, et des Ophionides : nous en parlerons plus tard. Les Égyptiens, peignant le monde d’après cette idée, ont représenté un cercle aérien et enflammé au milieu duquel est placé un serpent qui a la forme d’un épervier; toute la figure ressemble à notre Θ (thêta); le cercle signifie la forme circulaire du monde, et le serpent qui est au milieu indique un génie bienfaisant.

Le mage Zoroastre s’exprime ainsi dans son Commentaire sur les doctrines sacrées des Perses : Dieu porte une tête d’épervier; il est le premier des êtres, incorruptible, éternel, incréé, indivisible, n’ayant personne qui lui ressemble, auteur de tout bien, très intègre, le meilleur de tous les êtres bons, le plus prudent des prudents ; il est le père de l’équité et de la justice; il s’est instruit lui-même; il est parfait, sage et conforme à la nature dont il a seul inventé les saintes lois.

Ostanes s’exprime de même au sujet de ce serpent, dans son ouvrage intitulé Octateuque. Tous ceux qui ont eu les occasions d’en parler ont énoncé leurs opinions philosophiques dans le sens que l’on vient d’indiquer. Ils représentèrent les premiers éléments sous des formes de serpents; i!s leur dédièrent des temples, leur offrirent des sacrifices, célébrèrent des fêtes et des orgies en leur honneur, les regardant comme les plus grands des dieux, et les modérateurs de l’univers. Mais nous en avons dit assez au sujet des serpents. »

Tels sont les points dans lesquels est renfermée la théologie des Phéniciens, théologie absurde que la voix salutaire de l’Évangile est venue nous apprendre à abandonner sans retour, en nous présentant la guérison de toutes ces folies des anciens peuples. Et qu’on ne dise pas que ce sont là des fables qu’on leur prête, ou des fictions imaginées par les poètes, cachant la vérité sous le voile de l’allégorie : car ce sont les doctrines authentiques des plus anciens et des plus graves auteurs qui ont traité les matières religieuses et que l’on appelait théologiens; doctrines antérieures à tous les poètes et à tous les historiens ; et ce qui est une preuve irrécusable de leur authenticité, c’est que ces doctrines sur les mœurs et l’histoire des dieux dominent encore aujourd’hui dans les villes et les villages de la Phénicie, et qu’elles sont le fondement des mystères qui y sont célébrés. C’est donc là une chose tellement évidente qu’il n’en faut pas chercher des explications forcées dans la nature, puisque les faits portent en eux-mêmes la preuve la plus convaincante. Telle est la théologie des Phéniciens; passons maintenant à celle des Égyptiens.

  1. Esdras est contemporain d’Artaxercès 3 et d’Alexandre le grand, Esdras est mort vers l’an -321 selon la tradition juive du livre Sefer Olam Rabbah

  2. Aramy ou Aram ancètre des arméniens Dt 26v5 et Flavius AJ (Antiquités Judaiques) Livre 1

  3. Noé>Sem>Damas>Azaë>Adores>Abraham, Trogue pompée 2.3

  4. Astarthé ou Isth-Arathé dieux de leurs ancètre aramy-Syriens, Juges 10v6

  5. Uza fils d’Aram fils de Sem ? Dt 26v5, Gn 24v2-4, 25v20, 28v5, 31v20,24

  6. Azar selon le coran avec mutation de ‘d’ en ‘Z’ comme Zeus devenu Déus

  7. Un Gorgias d’Athènes, auteur d’un livre Intitulé peri etairwn, est cité par Athénée, XIII, p. 583.— Cf. Ch. Müller, Fragm. hist. graec., t. IV, p. 410. Il est douteux qu’il soit ici question de David le philosophe surnommé l’invincible, car il était disciple de Moïse de Khorène.

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