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Histoire des peuples d’Afrique dans l’antiquité : les nations libyennes, les nations éthiopiennes, les phéniciens et les numides

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LES LIBYENS, ÉTHIOPIENS ET LES TROGLODYTES : LES AFRICAINS ANTIQUES
Les cananéens ou phéniciens étaient noirs d’origine est-africaine càd Troglodyte ou Erythréenne:
La géographie générale de l’Afrique, les troglodytes, les maures, les Sahariens, les Sahéliens et les carthaginois puniques des textes classiques grecs et romaine étaient tous des noirs et non des berbères blancs
Les Libyens des textes classiques (égyptiens, grecs, hébreux etc) étaient des noirs
Les lybiens et éthiopiens sont noirs : les vrais kémites rémétus libyès thébaios du Sud du Delta et les faux vrais égyptiens perso-assyro-grècque du delta

LES LIBYENS, ÉTHIOPIENS ET LES TROGLODYTES : LES AFRICAINS ANTIQUES

Diodore de Sicile cherche à aborder une histoire universelle dans sa Bibliothèque historique et récapitule dans ses premiers livres les diverses données de la mythologie en les historicisant. Il situe les Éthiopiens en Nubie, à l’emplacement de l’actuel Soudan2.

« On soutient que les Éthiopiens sont les premiers de tous les hommes, et que les preuves en sont évidentes. D’abord, tout le monde étant à peu près d’accord qu’ils ne sont pas venus de l’étranger, et qu’ils sont nés dans le pays même, on peut, à juste titre, les appeler Autochtones ; ensuite il paraît manifeste pour tous que les hommes qui habitent le Midi sont probablement sortis les premiers du sein de la terre. Car la chaleur du soleil séchant la terre humide et la rendant propre à la génération des animaux, il est vraisemblable que la région la plus voisine du soleil a été la première peuplée d’êtres vivants. On prétend aussi que les Éthiopiens ont les premiers enseigné aux hommes à vénérer les dieux, à leur offrir des sacrifices, à faire des pompes, des solennités sacrées et d’autres cérémonies, par lesquelles les hommes pratiquent le culte divin. Aussi sont-ils partout célèbres pour leur piété ; et leurs sacrifices paraissent être les plus agréables à la divinité. À l’appui de cela nous avons le témoignage du poète presque le plus ancien et le plus admiré des Grecs, qui nous représente, dans son Iliade, Zeus et les autres immortels se rendant en Éthiopie pour recevoir les offrandes et les festins que les Éthiopiens leur offrent tous les ans : « Zeus a traversé hier l’Océan pour se rendre chez les braves Éthiopiens qui lui prépaient un festin. Tous les dieux le suivaient ». On remarque que les Éthiopiens ont recueilli, de la part des dieux, la récompense de leur piété, en n’ayant jamais essuyé le joug d’aucun despote étranger. En effet, de tout temps ils ont conservé leur liberté ; et, grâce à leur union, ils n’ont jamais été soumis par les souverains qui ont marché contre eux, et dont aucun n’a réussi dans son entreprise. »

— Diodore de Sicile, Bibliothèque historique, III, 2 [lire en ligne [archive]]

…vous naviguez douze jours ; puis vous arrivez à une grande ville appelée Méroé. On dit qu’elle est la capitale du reste des Éthiopiens (africains). Zeus (Amon-Rè) et Bacchus (Osiris) sont les seuls dieux qu’adorent ses habitants ; les cérémonies de leur culte sont magnifiques :

— Hérodote Livre II v XXIX

« Ils disent, en outre, que la plupart des coutumes égyptiennes sont d’origine éthiopienne, en tant que les colonies conservent les traditions de la métropole ; que le respect pour les rois, considérés comme des dieux, le rite des funérailles et beaucoup d’autres usages, sont des institutions éthiopiennes ; enfin, que les types de la sculpture et les caractères de l’écriture sont également empruntés aux Éthiopiens. Les Égyptiens ont en effet deux sortes d’écritures particulières, l’une, appelée vulgaire, qui est apprise par tout le monde ; l’autre, appelée sacrée, connue des prêtres seuls, et qui leur est enseignée de père en fils, parmi les choses secrètes. Or, les Éthiopiens font indifféremment usage de l’une et de l’autre écriture. »

— Diodore de Sicile, Bibliothèque historique, III, 3 [lire en ligne [archive]]

Flavius Joseph

3[139]. Après le déluge, la terre étant revenue à sa nature primitive, Noé se mit à l’œuvre et y planta la vigne. Quand les fruits parvinrent à maturité, il les vendangea au moment opportun ; le vin étant prêt, il fit un sacrifice et se livra à de grands festins. Ivre, il s’endort et reste étendu dans un état de nudité indécente. Le plus jeune de ses fils l’aperçoit et le montre en raillant à ses frères ; ceux-ci enveloppent leur père d’une couverture. Noé, ayant appris ce qui s’était passé, fait des promesses de bonheur à ses deux fils aînés ; quant à Cham, à cause de sa parenté avec lui il ne le maudit pas, mais il maudit ses descendants. La plupart des fils de Cham échappèrent cependant à cette malédiction ; seuls les fils de Chanaan furent atteints par dieu (Yahvéh). C’est de quoi je parlerai par la suite.

Flavius Josèphe ANTIQUITES JUDAÏQUES Chapitre VI «3

LE CULTE DU MONOTHEISME D’OSIRIS

Osiris mit fin au cannibalisme de l’espèce humaine.

Quand Isis eut découvert la récolte du blé et de l’orge qui poussaient avec les autres plantes que les hommes ne connaissaient pas… Osiris révéla aux hommes son utilisation afin d’aboutir à la galette de pain. »

Diodore de Sicile citant les historiens de son époque écrit :

 » Les historiens affirment que c’est chez les Éthiopiens que pour «LA PREMIÈRE FOIS» on a enseigné à rendre un culte aux divinités. La piété des Éthiopiens est réputée auprès de l’humanité entière. Les sacrifices qu’ils offrent passent pour être les plus agréables à la puissance divine. »

 » Les historiens disent que la piété des Éthiopiens envers la divinité leur vaut à l’évidence la reconnaissance de Dieu. »

Diodore de Sicile citant les Égyptiens de son époque écrit :

Les Égyptiens disent que les Éthiopiens ont été les premiers et que les preuves de ce fait sont claires. Les Égyptiens disent que les Éthiopiens ne sont pas là en statut d’immigrés mais qu’ils sont les indigènes de ce pays et à juste titre ils sont appelés autochtones.

Aussi qu’il est universellement accepté et que ceux qui vivent dans le Sud de l’Éthiopie (l’équateur, les grands lacs) soient susceptible d’avoir été les « PREMIERS » à être engendrés sur cette terre, est évident pour tous. Ils écrivent encore que c’était parmi les Éthiopiens que l’on avait d’abord enseigné à honorer les Neteru (divinités). Mais aussi à organiser des processions et des fêtes (…) par lesquelles les peuples honorent toujours de nos jours le Divin. Pour cette raison, leur piété est célèbre parmi tous les hommes ;

( NUBIENS – AFRICAINS )

« Les Éthiopiens sont les premiers de tous les hommes.

Les Éthiopiens qui habitent le midi (Afrique Équatorial ), sont probablement sortis les premiers du sein de la terre.

Les Éthiopiens disent que les Égyptiens descendent d’une de leurs colonies qui fut conduite en Égypte par Osiris.

En outre, ils disent que la plupart des coutumes Égyptiennes sont d’origine Éthiopienne.

En tant que les colonies conservent les traditions de la métropole “

Diodore de Sicile

Bibliothèque Historique

C’est cette population qui avait remonté le Nil pour fonder l’Égypte antique.

D’ailleurs chaque année, les Égyptiens réalisaient un grand pèlerinage vers la NUBIE, terre de leurs ancêtres.

Portant les statuts de leurs divinités et réalisant trois arrêts significatifs.

* Premier arrêt : Héliopolis du sud.

* Deuxième arrêt : Héliopolis de NUBIE.

* Troisième arrêt : Héliopolis de la terre des Dieux. Elle se trouve dans la région d’origine des NUBIENS, celle où les Dieux ont crée leurs ancêtres, près de la région des grands lacs.

Ceci ne doit point nous étonné la civilisation de l’ancienne Égypte plonge ses racines les plus anciennes dans cette région des grands lacs.

C’est sans doute la raison pour laquelle les égyptiens anciens appelaient cette région de l’Afrique:

Ta-Kenset : littéralement „ PAYS du PLACENTA „.

Emile Amélineau

Égyptologue

Diodore de Sicile…

Historien grec du Iᵉʳ siècle avant l’ère vulgaire.

Auteur d’une encyclopédie :

«La Bibliothèque Historique.»

Avant de le citer, il est important de noter qu’aucune réfutation de ses chroniques historiques n’existe.

Si il y a `UN qui connaît un historien qui a contredit Diodore de Sicile, je suis preneur.

En attendant, ses écrits sont VÉRITÉ HISTORIQUES…

À propos des liens de parentée entre ÉGYPTIENS et NUBIENS (Éthiopiens [Africains]), il ecrît:

 » Les Éthiopiens disent que:

* Le respect des rois considérés comme des divinités.

* Les rites funéraires et d’autres usages, sont des institutions éthiopiennes.

* Les types de «sculpture» et les caractères de l’écriture sont également empruntés aux Éthiopiens.

* L’ordre des prêtres chez les deux nations est établi sur les mêmes bases.

* Ceux qui sont voués au culte des dieux font les mêmes purifications, se rasent et sont vêtus de la même façon.

* Les Rois Éthiopiens portent un sceptre en forme de charrue.

* Les Rois des deux nations en ont un semblable.

* Ils ont sur la tête un bonnet long, ombiliqué au sommet et entouré de ces serpents que l’on nomme aspics.

* Ce pays ( l’Égypte ) n’était qu’une mer, mais que le Nil entrainant dans ses crues beaucoup de limon d’Ethiopie l’avait comblé et en avait fait une partie du continent.

* Les Egyptiens tiennent d’eux, comme de leurs ancêtres, la plus grande partie de leurs lois. »

Diodore de Sicile ajoute :

 » D’Éthiopie…

Osiris reprit sa route à travers l’Arabie le long des côtes de la mer Érythrée jusqu’aux Indes, et avança jusqu’aux confins de la terre habitée.

Il va de ce fait parcourir le monde et léguer aux :

* Indiens

* Anciens peuples du Péloponèse

* etc…

divers savoirs :

* Architecture

* Agriculture

* Connaissance de soi-même

* etc… »

Osiris mit fin au cannibalisme de l’espèce humaine.

Quand Isis eut découvert la récolte du blé et de l’orge qui poussaient avec les autres plantes que les hommes ne connaissaient pas…

Osiris révéla aux hommes son utilisation afin d’aboutir à la galette de pain. »

Diodore de Sicile citant les historiens de son époque écrit :

 » Les historiens affirment que c’est chez les Éthiopiens que pour «LA PREMIÈRE FOIS» on a enseigné à rendre un culte aux divinités.

La piété des Éthiopiens est réputée auprès de l’humanité entière.

Les sacrifices qu’ils offrent passent pour être les plus agréables à la puissance divine. »

 » Les historiens disent que la piété des Éthiopiens envers la divinité leur vaut à l’évidence la reconnaissance de Dieu. »

Diodore de Sicile citant les Égyptiens de son époque écrit :

Les Égyptiens disent que les Éthiopiens ont été les premiers et que les preuves de ce fait sont claires.

Les Égyptiens disent que les Éthiopiens ne sont pas là en statut d’immigrés mais qu’ils sont les indigènes de ce pays et à juste titre ils sont appelés autochtones.

Aussi qu’il est universellement accepté et que ceux qui vivent dans le Sud de l’Éthiopie

( l’équateur, les grands lacs ) soient susceptible d’avoir été les « PREMIERS » à être engendrés sur cette terre, est évident pour tous.

Ils écrivent encore que c’était parmi les Éthiopiens que l’on avait d’abord enseigné à honorer les Neteru (divinités).

Mais aussi à organiser des processions et des fêtes (…) par lesquelles les peuples honorent toujours de nos jours le Divin.

Pour cette raison, leur piété est célèbre parmi tous les hommes

Diodore de Sicile à propos de la MÉSOPOTAMIE :

 » De très nombreuses colonies ont été disséminées depuis „ l’ÉGYPTE „ dans le monde entier.

De fait à Babylone, Bélos qui est tenu pour fils de Poséidon et de Libye, mena des colons „ ÉGYPTIENS „ à s’installer au bord de l’Euphrate, il y institua des prêtres qu’il exempta de taxes et déchargea de tout service public, tout comme ceux „ d’Égypte „.

Ce sont ces émigrés que les Babyloniens appelèrent :

„ CHALDÉENS „

Ils s’occupaient d’observer les astres à l’instar des prêtres, physiciens et astrologues „ d’Égypte „.

Les „ ÉGYPTIENS „ disent que les „ CHALDÉENS „ ne sont renommés en astrologie que pour avoir suivi l’enseignement des prêtres „ ÉGYPTIENS „.

Diodore de Sicile

La Bibliothèque Historique

Dans son ouvrage consacré à la Chaldée, le professeur Hoefer note à ce sujet :

 » Suivant les Égyptiens, dans Diodore, les Chaldéens étaient une colonie de leurs prêtes que Bélus avait transportés sur les bords de l’Euphrate.

Et l’avait organisés sur le modèle de la caste mère. Cette colonie continue de cultiver la connaissance des étoiles qu’elle avait apportée de sa patrie ( L’ÉGYPTE ). »

Selon Diodore de Sicile…

Même les palais de Persépolis, de Suse et de plusieurs autres villes, furent construits par des ouvriers et architecte d’Egypte.

D’après Strabon…

La ville Suse fût même fondé par un roi Éthiopien nommé :

* Tithon.

Livre XV

“ Pour ne rien omettre de ce qui peut servir à la connaissance de l’Antiquité, nous devons dire quelque chose des “ lettres éthiopiennes “ auxquelles les Égyptiens ont donné le nom de:

„ MEDU NETJER „

( Paroles de Dieu )

Ces lettres se composent de:

* Figures d’animaux.

* Membres du corps humain.

* Instruments ou outils employés dans les arts.

« Ce n’est pas:

* De la réunion des caractères.

* Des syllabes.

que résulte le discours écrit.

Mais de la signification

„ MÉTAPHORIQUE „

attachée aux objets dessinés.

Signification que l’exercice seul de la mémoire apprend à retenir.

Diodore de Sicile

La Bibliothèque Historique

Chérémon, dont il reste quelques fragments d’un traité sur les hiéroglyphes écrit vers l’an 50 rappelle également que les hiéroglyphes sont :

 » Des lettres symboliques

„ÉTHIOPIENNES„ « .

A propos de la chronologie…

Les Égyptiens possédaient une tablette contenant 25 cycles de Sothis.

Chaque cycle de Sothis a une durée de 1461 ans.

Ce qui équivaudrait à 36525 années d’archivage.

Georges Syncellus

 » Les prêtres d’après un livre ancien citent les noms de trois cent trente « autres » Rois.

Dans cette longue suite de générations il y avait :

* Dix-huit Éthiopiens ( Nubiens )

* Une Femme ( Égyptienne )

* Tous les autres, des hommes ( Égyptiens ). »

Hérodote

Livre II

Avant Narmer :

* Les Shemsou Hor ont régné pendant 13420 ans.

* Les Vénérables du Nord et de Memphis ont régné 23200 ans

Le Papyrus de Turin

La somme des différents règnes du Papyrus de Turin, 36620 années équivaut plus ou moins aux nombres d’années 36525 des 25 cycles de la tablette de Sothis.

`Tera Netjer

( Devot du Dieu Unique )

( OSIRIS ?¿ )

Chef de la tribu des „ ANUS „

est arrivé il y a 40000 ans à Ta Seti.

( Lire les ANOUS!!! )

Les „ ANUS „ ont fondé la civilisation NUBIENNE…

Les NUBIENS ont fondé la civilisation ÉGYPTIENNE !!!

Les Égyptiens se considéraient comme des „ ANUS „.

D’ailleurs la ville de Héliopolis était appelée „ ANU „.

Les Égyptiens nommaient la région qui correspond à l’actuel Palestine, Israël, Liban, Jordanie et Syrie :

„ KANANU „

( Canaan )

CANAAN :

* Kananu qui vient du mot Kin-Anu :

* Issus des „ ANUS „.

Les „ ANUS „, ces Éthiopiens venus des grands Lacs qui ont fondé les civilisations :

* Nubienne

* Égyptienne

* Cananéenes

Les Cananéens situent leurs origines en Afrique.

Ras Shamra

La civilisation Nilotique a été fondé par: „LES ANUS „.

Emile Amélineau

Dans le panthéon de l’Égypte

Antique au moins deux déités portent des noms dérivés de „ ANU „ :

`AN équivalent d`OSIRIS dont le culte fût similaire à celui de`RA.

`ANUKET, ( Anukis en grecque ) qui fût dans l’ancien empire fille de`RA. Dans le nouvel empire, elle devînt la parèdre `KHNUM et symbolisait la NUBIE.

Conclusion…

Yahoo! (YHWH) ne savait il pas que les CHALDÉENS furent descendants des ÉGYPTIENS?

Si Abraham CHALDÉENS de UR est ÉGYPTIEN qui sont les Sémites???

Yahoo! (YHWH) ne savait il pas que`AN et`ANUKIS furent des divinités Égyptiennes pour en faire des dieux de SUMER?

Si AN ANUKIS ( ANUNAKIS ) sont Égyptiens qui sont les Sumériens???

LES AFRICAINS ne savent pas qu’ils sont „ LES ANUS „.

Pourquoi ??????????????????

Pour la première fois qu’une excavation fût effectuée sur une tombe d’un pharaon de la première dynastie…

Emile Amélineau a découvert des preuves d’un peuple hautement avancé appelé :

„ ANU „.

LES SUMÉRIENS, HABITANTS DE LA MÉSOPOTAMIE, ÉTAIENT NOIRS
les écrits Bibliques, Nemrod fils de Koush (Ethiopie et Soudan) est le fondateur de Sumer. C’est à ce peuple noir que l’on doit le développement et la naissance de cette civilisation car c’est leur savoir qui fit prendre son essor à Sumer. Les faits se confirment à travers les palettes Sumériennes, en effet sur ces dernières on découvre que les Sumériens se nommaient eux mêmes les « Têtes Noires » et se définissaient comme des Koushites provenant des abords du Nil pour s’installer en Asie.
Les fondateurs de la première civilisation mésopotamienne étaient noirs Sumériens. La Mésopotamie est la terre biblique de Schinear (Sumer). Les Sumériens ne laisse aucun doute à la façon dont ils se considéraient. Les Sumériens s’appelaient eux-mêmes sag-gig-ga, les personnes à tête noire.
Pour déchiffrer les écritures cunéiformes sumérienne, Sir Henry Rawlinson a utilisé une langue d’Ethiopie : l’afaan oromo ou oromiffa (Galla) car il savait que les sumériens venaient d’Ethiopie.
Henry Rawlinson a utilisé le livre de la Genèse a afin de trouver l’identité de la Mésopotamie. Il a précisé que les premiers habitants de Babylone étaient représentés par le le Nom de Nimrod et étaient représentés par la famille de Cham: Koushites, Egyptiens, etc Ce nom vient de la popularité parmi ces gens de la chasse au léopard (Nimri).
Les Sumériens et Elamites, , comme les fondateurs de la civilisation de l’Indus, sont venus d’Afrique. C’est pourquoi les langues élamites et sumériens sont étroitement liés aux langues africaines et dravidiennes.
Le Koushites, venus d’Orient Afrique à l’Asie ont continué à s’appeler Koushites. Cela est particulièrement évident dans les noms de lieux et les noms des dieux. Les Kassites, les dirigeants principaux de l’Iran occupe la partie centrale du Zagros. Le dieu kassite a été appelé Kashshu, qui était aussi le nom du peuple. Le K-S-H, élément de nom se retrouve aussi dans l’Inde. Par exemple Kishkinthai, était le nom donné à un ancien royaume dravidienne en Inde du Sud. En outre, il convient de rappeler que les rois de Sumer, ont été souvent désigné comme le «rois de Kush ».
La tribu Koushite majeur en Asie centrale a été appelé Kushana.
La colonie Koushite le plus important en Iran était en Elam . Les Élamites appelaient leur pays KHATAM ou KHALTAM (Ka-taam). La capitale de Khaltam que nous appelons Suse, fut appelé KHUZ (Ka-u-uz) par les Aryens, NIME (Ni-mai) par le peuple de Sumer, et Kushshi (Cush-elle) par le Elamites. Sur les inscriptions akkadiens les Elamites étaient appelés GIZ-BAM (la terre de l’arc) tout comme Ta-Seti, (terre de l’arc), l’ancien nom de la Nubie.
L’étude des Sumériens, Akkadiens, Assyriens et les Elamites a commencé avec le déchiffrement de l’écriture cunéiforme par Henry Rawlinson (1851). Henry Rawlinson (1810-1895) a passé l’essentiel de sa carrière dans l’Orient. Cela semble lui avoir donné un esprit ouvert en ce qui concerne l’histoire. Il a reconnu le modèle antique de l’histoire, l’idée que la civilisation a été fondée par le peuple Koushites ou hamitique de la Bible.
Rawlinson a été surpris au cours de ses recherches pour découvrir que les fondateurs de la civilisation mésopotamienne était d’origine Koushite.
Un grand défenseur de Rawlinson, Edward Hincks (1792-1866). Hincks a poursuivi les travaux de Rawlinson.
Oppert a précisé que les fondateurs de la civilisation en Mésopotamie s’appelaient eux-mêmes Ki-en-gi «terre des seigneurs véritables» (Kang, Tr. « Prédécesseurs, Pra-pères», plus tard aussi Kangars).
Albert Terrien de LaCouperie (1845-1894). Né en France, de LaCouperie était un linguiste bien connu. Il a clairement indiqué que les Sumériens, Akkadiens et même les Assyriens qui se disaient Salmat kakkadi «peuple noir à tête », étaient tous des Noirs d’origine Koushite. De plus le monument de Behistun a clairement indiqué que les Elamites étaient également noirs.

Oromo et Sumérien

45 J.-B. Coulbeaux, 1929 : vol. 2, p. 153 Plus récemment est apparue une théorie reliant la langue oromo au basque et au sumérien antiques, C. Granaroli, 1975.

Les cananéens ou phéniciens étaient noirs d’origine est-africaine càd Troglodyte ou Erythréenne:

Selon flavius Joseph, les cananéens appelés syriens du sud à son époque sont noirs (L 6 Ch 6) comme l’indiquent aussi les traditions du talmud (Bereishit Rabbah 36.7) qui dit que les fils de Cham et donc Canaan sont noirs : en effet, nous voyons que la femme noire cananéenne méprisée par Jésus est appelé cananéenne par Mathieu 15:22 mais syrienne-phénicienne par Marc 7:26.

Flavius Joseph, Guerre des juifs. Livre 6

« Chap 6. Telles étaient les paroles de Titus. Tandis que la multitude hésitait devant la grandeur du péril, un certain Sabinus (Saba, Nimrod, Gn 10v7,8-11), soldat des cohortes, Syrien de naissance, montra l’excellence de son courage et de son bras. A le voir, à le juger d’après l’apparence, on ne l’eût pas même pris pour un soldat moyen. Il était noir de peau, maigre, émacié ; mais une âme héroïque habitait ce petit corps, d’une gracilité disproportionnée à sa vigueur. »

On peut comparer ce passage de Flavius aux versets biblique qui parle de la femme cananéenne encore dénommée syrienne-phénicienne Mt 15v22 et Mc 7v26.

Le poète Zénon qui étaut un phéniciens de Chypre était aussi un homme noir :

Sa personnalité passait pour exemplaire, et sa vie pour le modèle des qualités morales qu’il enseignait à ses élèves (VII, 9 : άρετήν και σωφροσύνην […], παράδειγμα τον Ίδιον βίον έκθείς). Quant à son aspect physique, Diogène Laërce (VII, 1) en rapporte une description assez peu flatteuse –  » il avait le cou de travers « . Apollonios de Tyr dit qu ‘il était maigre, grand, noir de peau – ce qui le fit surnommer le « Sarment égyptien  » (οθεν τις αυτόν είπεν Αίγυπτίαν κληματίδα) à ce que dit Chrysippos dans le premier livre de ses Proverbes Il avait de gros mollets, et le corps flasque et faible’ ‘ -, et il rappelle que son expression n’était pas particulièrement avenante (VII, 16 : Αυτόν δε στυγνόν τ’ είναι και πικρόν και το πρόσωπον συνεσπασμένον).

Dans la bible hébraique : les cananéens sont noirs et les hébreux blancs

Le mot Cham lui-même signifie noir dans la bible dans les versets de Gn 30v32,33,35,40 et nous savons que selon la mythologie biblique Cham est l’ancêtre de Canaan. La ville cananéenne de Jérusalem était encore jusqu’au temps de David et de Salomon une ville cananéenne peuplé de noirs (Juges 19 :10-14, Josué 10 :1, 15 :82 Chrn 3v1,8v7, Gn 22v2, 2 Rois 9v20 au pays des jébusiens qui est Jérusalem, Josué 15v63, 18v28, 1 Chrn 11v4, 21v15,18) des descendants du roi de Salèm Melchisédek (Gn 14v18) le cananéen noir comme la noire Salèmite (Cant 1v5, 5v11, 6v13). La Salèmite (noire africaine cananéenne habitante de Salèm ou Jérusalem), promise à un berger (un hébreu blanc Gn 46v34, Cant 1v7,8,2v16, 4v5, 6v2-3 couleur de peau blanche ou blonde comme l’ivoire ou le lait Cant 5v10,14 et 7v4, Gn 25v25 et 1 Sam 16v12), déclare son amour au futur époux le berger hébreux de couleur de peau blanche. Le berger hébreu nomade blanc n’avait meme pas de chambre, la fille noire a du l’amener dans la chambre de sa mère Cant 3v4, 8v2 pour se faire baiser par lui. La jeune femme est séparée de lui par le chef de gangdes nomades hébreux Salomon (vivant sous des tentes noirs), qui l’a faite prisonnière dans son harem. La jeune femme est séparée de lui par le chef de gangdes nomades hébreux Salomon (vivant sous des tentes noirs), qui l’a faite prisonnière dans son harem. Il est évident que les cananéens étaient noirs mais le contenu négrophobe des fables du talmud prouvent que les juifs descendants des hébreux nomades étaient bel et bien des blancs un peu basanés comme les arabes (son corps est comme l’ivoire blanc Cantiques 5v10 meme racine que ‘blancs’=Tsach comme lait Lamentations 4v7, Esau et David aussi étaient des blancs rougeatres c’est-à-dire blonds Gn 25v25 et 1 Sam 16v12).

La ville cananéenne de Jérusalem était encore jusqu’au temps de David et de Salomon Morija (2 Chrn 3v1,8v7, Gn 22v2, 2 Rois 9v20 au pays des jébusiens qui est Jérusalem, Josué 15v63, 18v28, 1 Chrn 11v4, 21v15,18) une ville totalement cananéenne peuplée de noirs (Juges 19 :10-14, Josué 10 :1, 15 :8) des descendant du roi de Salèm (ou Solyme) Melchisédek (Gn 14v18) le cananéen noir comme la noire Salèmite (Cant 1v5, 5v11, 6v13). Les solymes sont des noirs éthiopiens selon les textes grecs. Les éthiopiens kéniens sont nommés Solyme dans le pentateuque targumique. Les solymes ou kéniens compatriotes de réouel sont des madianites Troglodytes c’est-à-dire des érythréens. Les kéniens sont troglodytes selon Flavius et Ezéchiel le Tragique.

Pythagore est un noir :

Pythagore est un noir cananéen de tyr

Eusebe Préparation Evangélique Livre X chap 4

C’est Pythagore, le disciple de Phérécyde, qui le premier, ayant imaginé le nom de philosophie, en introduisit l’usage. Les uns, disent qu’il était de Samos; les autres qu’il était Tyrrhénien; il en est qui le font Syrien, d’autres lui donnent Tyr pour patrie (39). Vous êtes donc forcé de convenir que le premier de vos philosophes, celui dont le nom est sans cesse à la bouche de tous les Grecs, était barbare et non pas Grec. Et Phérécyde lui-même, qu’on reconnaît comme le maître de Pythagore, on lui assigne la Syrie pour patrie.

Ce n’est pas tout, et il ne fut pas le seul dont Pythagore ait fréquenté l’école. On dit encore qu’il s’est mis en relation avec les mages de Perse, qu’il a reçu des leçons des prophètes Égyptiens dans un temps où la migra lion, tant en Égypte qu’à Babylone, était fréquente. Ce Pythagore, tout en allant à la recherche des sages doctrines répandues chez chaque peuple, parcourut la Babylonie, l’Égypte et la Perse, et devint disciple des mages et des prêtres. On dit même qu’il prit des leçons des Brachmanes, qui sont les philosophes des Indiens. Des uns, il apprit l’astrologie, des autres la géométrie; ceux-ci lui enseignèrent l’arithmétique, ceux-là la musique; et ayant rassemblé de la sorte les connaissances diverses de différents maîtres, les Grecs furent les seuls dont il ne trouva rien à apprendre, tant était grande la pénurie de sagesse et l’ignorance profonde dans laquelle ils étaient plongés. Au contraire, ce Pythagore tel que nous l’avons dépeint, à l’aide des acquisitions qu’il avait faites au dehors, devint pour les Grecs la cause de leur instruction. La première secte de philosophie émanée de lui, fut celle qui prit la dénomination d’Italique, qu’elle dut à sa résidence en Italie; après celle-ci, celle qui prit le nom d’Ionique, reconnaît pour son chef Thalès, l’un des sept sages; ensuite vint l’Éléatique, dont le père est Xénophane de Colophon. Or quelques historiens veulent que Thalès ait été Phénicien, d’autres le supposent de Milet; on déclare également qu’il eut des entretiens avec les prophètes Égyptiens : Solon, l’un des sept sages, qui paisse pour le législateur d’Athènes, fut aussi s’instruire auprès des Égyptiens, à ce que dit Platon, précisément à l’époque où les Hébreux étaient revenus habiter l’Égypte. Il le fait intervenir dans son Timée, comme recevant des leçons d’un barbare, lorsque cet Égyptien lui dit :

« O Solon, Solon, vous autres Grecs êtes toujours enfants, il n’est pas un seul vieillard parmi les Grecs; et l’on ne voit pas chez vous de science blanchie par l’âge. »

Or, ce Platon qui avait fréquenté les écoles Pythagoriciennes en Italie, ne se borna pas à ce seul mode d’enseignement; on dit encore qu’il fit voile vers l’Egypte, et qu’il s’appliqua pendant un temps fort long à l’étude de la philosophie Égyptienne. Il rend souvent lui-même, dans ses propres écrits ce témoignage aux barbares, et avec raison, à mon avis, en avouant de bonne foi que les plus beaux préceptes introduits dans la philosophie émanent des barbares. Entre de nombreuses citations que je pourrais en faire, je me contenterai d’indiquer le passage dans l’Epinomis( 40) où rappelant la mémoire en commun des Syriens et des Phéniciens, il dit :

« Le premier auteur, et celui qui le premier, entrevit ces vérités, fut un barbare. C’est une contrée bien ancienne en effet, qui a nourri ceux qui, les premiers, conçurent de telles choses, à cause de la délicieuse température dont jouissent constamment l’Egypte et la Syrie ; d’où, après avoir été mûrie pendant d’innombrables siècles, elles se sont disséminées en tout lieu, et parvinrent jusqu’ici (e).»

Il ajoute :

« Admettons même, que tout ce que les Grecs reçoivent des barbares, ils l’embellissent jusqu’à la perfection : »

Voici en quels termes s’énonce Platon.

« Mais déjà avant lui, dit-on, Démocrite avait fait connaître les discours moraux des Babyloniens, lorsque parlant de lui-même avec orgueil, il dit : « Je suis, de tous mes contemporains, celui qui ai parcouru le plus de pays, scrutant les points les plus éloignés, ayant vu le plus de températures et de contrées diverses, ayant écouté les discours des hommes plus savants que qui que ce soit; et personne au monde ne m’a surpassé en connaissances géométriques, ni dans l’art de la démontrer, ni les Arpedonaptes, ainsi nommés par les Égyptiens; attendu que j’ai consacré quatre-vingts ans de mon existence à visiter les nations étrangères (41). »

Selon Diodore Pythagore est un cananéens non grec qui a appris sont théorème auprès des égyptiens

CHAPITRE VIII.

DE DIODORE SUR LE MÊME SUJET (h).

« Toutes ces choses ayant été bien exposées, on doit dire combien de Grecs distingués par l’esprit et les connaissances, dans les anciens temps, se transportèrent en Égypte pour s’instruire des usages de ce pays, et s’initier aux doctrines qu’on y enseignait. Les prêtres égyptiens racontent en effet, d’après ce qui a été inscrit dans leurs livres sacrés, qu’Orphée, Musée, Mélampe et Dédale, se rendirent près d’eux. Après ceux-ci vinrent Homère le poète, et Lycurgue le Spartiate; à la suite, Solon l’Athénien et Platon le philosophe. On y vit aussi accourir Pythagore de Samos et le mathématicien Eudoxe, Démocrite l’Abdéritain, et OEnopide de Chio. Ils montrent des signes de leurs voyages à tous; pour les uns des statues ; pour les autres, les lieux ou les établissements auxquels ils ont donné leurs noms. Ils apportent des preuves du genre d’étude pour lequel chacun d’eux a montré de l’émulation; car ils soutiennent qu’ils ont remporté d’Égypte toutes les connaissances qui leur ont mérité l’admiration des Grecs. Ainsi Orphée a reçu des Égyptiens la plupart des initiations mystiques, et les orgies qu’il a instituées dans ses voyages, aussi bien que sa mythologie sur les enfers. Le mystère d’Osiris a été converti par lui en celui de Bacchus, et celui qu’ils consacrent à Isis ne diffère en rien de celui de Cérés; il n’y a que les noms de changés. Les châtiments des impies dans l’enfer, et les prairies des hommes pieux, les images funèbres que l’on voit moulées chez les gens du commun, n’ont été introduites par lui, qu’en imitation de ce qui se pratique dans les funérailles de l’Égypte.

« C’est d’après un usage très ancien chez les Égyptiens que l’Hermès Psychopompe (Mercure conducteur d’âmes), ayant amené le corps d’Apis jusqu’à un lieu déterminé, le remet entre les mains d’un personnage qui s’est couvert du masque (51) de Cerbère. C’est ce qu’Orphée a montré chez les Grecs, et ce qu’Homère, sur les traces de ce dernier, a transporté dans son poème, lorsqu’il dit : Mercure cyllenius évoquait les âmes des héros, tenant une verge à la main.»

Après avoir continué celte exposition, Diodore reprend :

« Ils disent que Mélampe a rapporte de l’Égypte les mystères qu’on célèbre chez les Grecs, en l’honneur de Bacchus, et les fables qui concernent Saturne : tout ce qui se rapporte au combat des Titans, et l’histoire entière des souffrances qu’ont essuyées les dieux ; ils disent que Dédale a imité les égarements du labyrinthe qui subsiste encore aujourd’hui, lequel fut construit, à ce que les uns rapportent, par Mendès, suivant les autres, par le roi Marus, bien des années avant que Minos régnât en Crète. La pose des statues anciennes un Égypte, est la même que celles des statues sorties des mains de Dédale, qui sont répandues dans la Grèce. Ce fut Dédale qui donna les plans architectoniques du magnifique Propylée de Vulcain à Memphis, si justement admiré. Il existe dans le même temple une statue en bois exécutée par ses mains : enfin, à cause de son génie, ayant été jugé digne des plus grands honneurs, car on lui doit de nombreuses découvertes, il a obtenu des hommages qui l’assimilent aux dieux ; et dans une des îles avoisinant Memphis, on voit encore maintenant un temple de Dédale, en grande vénération parmi les habitants.

« Quant à la venue d’Homère, ils en donnent d’autres marques évidentes, et surtout le médicament qu’Hélène donna à Télémaque venu chez Ménélas, qui avait la propriété de faire oublier les maux passés; carie poète dit positivement que le Nepenthès venait des Égyptiens; et ce qu’il ajoute, qu’Hélène le tenait de Polydamna, femme de Thonus, prouve l’exactitude de ses recherches, car aujourd’hui même encore, on dit que. ce sont les femmes qui, dans ce pays, administrent ce remède héroïque, et que depuis les temps anciens, les seules, femmes de Diospolis ont trouvé le remède à la colère et à la douleur. Or, Diospolis est la même ville que Thèbes. Vénus est nommée Vénus dorée (χρυσῆ Ἀφροδίτη) parmi les habitants, d’après une vieille tradition; il existe une plaine dite χρυσῆς Ἀφροδίτης près de la ville, appelée Momemphis. Et toutes les fables concernant Zeus et .limon, et ce qui tient à leur cohabitation, à leur voyage en Éthiopie, Homère n’a pu le savoir que de là. Chaque année en effet le temple (portatif) de Zeus chez les Égyptiens, est transporté au delà du fleuve, dans la Lybie proprement dite, et après un certain nombre de jours déterminés, on le rapporte; comme si le dieu revenait de l’Ethiopie; puis, la cohabitation de ces deux divinités est figurée en ce que, dans certaines solennités, leurs deux temples sont transportés sur une montagne toute couverte de fleurs, par les soins des prêtres.

Ils disent que Lycurgue, Platon et Solon ont ordonné, dans leur législation, la pratique de beaucoup d’usages existant en Égypte ; que Pythagore a appris des Égyptiens tout ce qui concerne le discours sacré, (ἱερὸς λόγος (52) les théorèmes de géométrie, la science des nombres et la métempsychose, commune à tous les animaux; ils supposent que Démocrite a passé cinq ans parmi eux, et qu’il y a puisé beaucoup d’enseignements astrologiques ; qu’également Œnopide ayant eu des fréquentations nombreuses avec les prêtres et les astrologues, en a remporté d’autres instructions, et surtout le cercle héliaque, par. lequel le soleil aurait une marche oblique et inverse de celle des autres astres ; que pareillement Eudoxe, ayant fait de l’astrologie chez eux, et y ayant appris beaucoup de choses utiles, il en dota la Grèce, et  mérité la gloire dont il jouit; que de tous les anciens sculpteurs, ceux qui ont eu le plus de renom, avaient étudié chez eux, savoir : Teleclès et Théodore (53) fils de Rhoecus, qui ont exécuté pour les Samiens la statue d’Apollon Pythien (k).»

https://remacle.org/bloodwolf/historiens/eusebe/preparation10.htm

Dans la tradition juive du talmud et du Bereshit Rabbah, les cananéens sont des noirs

Et pour justifier leur racisme trois rabbins commentent tour à tour dans une prose à peine feutrée, une agression imaginaire commise par Cham sur son père dans l’Arche (selon eux, Cham aurait commis un viol sur son père à son insu). Pour eux c’est en raison de cet acte que sa descendance devin noire.

R. Joseph (mort en 333) (Commentaire du Pentateuque),

R. Huna (mort en 297) (Commentaire de la Genèse)

Et R. Chiza bar Abba (136-217) (Les mythes hébreux)

Dans le Midrach Rabbah et le Berechit Rabbah, ouvrages de commentaires respectivement du Pentateuque et de la Genèse, l’exégèse rabbinique est un peu plus explicite.

Voici un aperçu:

« Nos Rabbins nous ont enseigné : trois ont copulé dans l’arche et tous trois furent punis, le chien, le corbeau et Cham. Le chien fut condamné à rester attaché, le corbeau à expectorer (sa semence dans le bec de sa compagne) et Cham fut frappé dans sa peau » (Sanh 108b).

Chiza bar Abba (Les mythes hébreux) :

—-« Désormais, je ne peux plus engendrer le quatrième fils dont j’aurai donné ordre (…) que les enfants te servent, toi et tes frères ! Il faut donc que ce soit Canaan, ton premier né, qu’ils prennent pour esclave. Et comme tu m’as rendu incapable de faire de vilaines choses au plus noir de la nuit, les enfants de Canaan naîtront vilains et noirs ! De plus, puisque tu t’es contorsionné pour voir ma nudité, les cheveux de tes petits enfants s’entortilleront jusqu’à devenir crépus et ils auront les yeux rouges, en outre, puisque tes lèvres ont plaisanté sur mon infortune, les tiennes vont enfler et puisque tu as manqué d’égards pour ma nudité, ils iront tout nus et leur membre viril s’allongera ignominieusement ».

(Cf. Robert Graves et Raphaël Pataï, Les mythes hébreux, Fayard)

Midrash Rabba (Berechit Rabah, Noa’h, paracha 36, alinéa 7):

—-« Tu m’as empêché de mettre au monde un enfant qui s’occuperait de moi, c’est pour cela que cet homme (il s’agit de Canaan, le fils de Cham) sera un serviteur de ses frères, qui sont mes serviteurs. »

Midrash Rabba, Rav Huna dit (que Noé a dit) :

—-« Tu m’as empêché de faire une chose qui se fait dans l’obscurité, c’est pour cela que ta postérité (c’est-à-dire ta descendance) sera laide et noire de peau

R. Chiza (Hiya) bar Rabba dit:

—-« Cham et le chien ont eu des relations avec leur conjoint dans l’arche (pendant le déluge), c’est pour cela que Cham est sorti noirci, et le chien a ses relations en publique. »

Sous la plume de Jérémie on peut encore lire :

Jérémie ch.13 v.23

—-« Un Koushite peut-il changer de couleur, un léopard ses taches ? De même, pourriez-vous faire le bien, vous qui êtes accoutumés à faire le mal ? (…) Vivez et végétez sur votre sol comme les Koushites, comme des éléments déterminés de la nature, vous ne cesserez pas d’être à moi ».

Les vieilles éditions du Talmud (Sanhédrin) mentionnent que :

—-« Coush, descendant de Cham, deviendra noir à cause de la malédiction (…) Le corbeau, le chien et le Coushite seront noirs à cause de leurs méfaits ».

Dans Le Guide des égarés, livre III, chap 51, le rabbin Maïmonide considéré par les Juifs comme l’un des plus grands philosophes religieux, nous dit ceci du peuple noir que:

—-« Leur nature est semblable à celle des animaux muets, et selon mon opinion, ils n’atteignent pas au rang d’êtres humains ; parmi les choses existantes, ils sont inférieurs à l’homme mais supérieur au singe car ils possèdent dans une plus grande mesure que le singe l’image et la ressemblance de l’homme.»

• • • Selon ces textes, les caractères physiques africains (le fait d’être noir de peau, avoir les cheveux crépus, des lèvres parfois épaisses, etc..) sont en fait la marque de la malédiction. Selon ces textes au départ de la création les premiers hommes étaient blancs. Et s’il existe des noirs sur terre se n’est pas un fait biologique pour se protéger des rayons ultraviolet du soleil mais à cause d’une malédiction (qu’ils ont eux meme inventé). Pour eux voir un noir tel qu’on peut le voir dans la nature (cheveux crépus, teint noir, etc..) c’est voir quelqu’un de maudit, c’est voir un démon ou le diable en personne !!! C’est ainsi que les caricatures et les stéréotypes racistes sur la physionomie du nègre ont commencé à se répandre dans l’histoire. Et pourtant les ancêtres des premiers sémites étaient des nomades originaires d’Asie centrale qui ont été bien accueilli par les noirs de Canaan.

Les hébreux ou bergers étaient blancs et les cananéens étaient noirs :

Le teint des anciens hébreux est comme celui des arabes quasiment blanc c’est à dire blanc basané et rougeatre. —L’on s’occupe aussi, dans le Cantique, du teint dé la figure; ainsi la Sulamite dit que son bien-aimé est blanc et vermeil, et qu’il se distinguait entre 10.000, (5 V,10);ce qui signifiait, croyons-nous, qu’il était plus blanc que les autres; mais la Sulamite se décrit elle-même comme ayant le teint noirâtre parce que dit-elle, le soleil l’a brûlée. (I. 5 et 6.) Il faut croire cependant que les Syriens et les populations environnantes n’avaient pas le teint absolument blanc, car Strabon l (50 ans avant J..C. Strabon Géogr liv.XII, Ch. III. 5) fait une distinction entre eux et les Syriens du nord (Cappadôce) qu’il appelle Leucosyriens. D’après cela, les Syriens du sud qui comprenaient aussi, d’après Strabon, les Babyloniens et les Assyriens, devaient avoir, la face plus ou moins basanée, soit naturellement, soit par l’ardeur du soleil. D’une part dans la bible, les hébreux (préexiliques jusqu’au 10 ème et 9 ème siecle av EC sans métissage avec les cananéens de l’époque de David, Salomon et Josias) étaient blancs aussi (son corps est comme l’ivoire blanc Cantiques 5v10 même racine que ‘blancs’=Tsach comme lait Lamentations 4v7, Esau et David aussi étaient des blancs rougeâtres c’est-à-dire blonds Gn 25v25 et 1 Sam 16v12). D’autre part un savant rabbin du 1er au 2è siècle de l’ère chrétienne, Ismaël, qui demeurait en Palestine, disait que les Israélites (du 1 er siècle après un léger métissage avec les cananéens) n’étaient ni blancs ni noirs, mais entre les deux couleurs comme le bois, de buis, c’est-à-dire olivâtres, ajoute M. Jacobs* qui signale la remarque d’Ismaël (J. Jacobs. — Studies in Jewish statistics, social, vital and anthropométrie London, 1891, p. XXV). Enfin l’on dépeint aussi, dans le même Cantique, les lèvres, les dents, le cou, les seins, le ventre et jusqu’au nombril de la Sulamite, mais les comparaisons qu’on y fait ne peuvent nous renseigner sur la conformation de ces divers organes ; seules les lèvres y sont représentées comme ayant une couleur écarlate (IV, 3). L’on décrit également la tête, les yeux, les joues, les lèvres, les mains, le ventre et les jambes de l’homme, mais toujours avec des comparaisons. quelque peu triviales, à part le corps qui est, dit-on, comme de l’ivoire blanc (Cantiques 5v14 et 7v4).

Le contenu négrophobe des fables du talmud prouvent que les juifs étaient bel et bien des blancs un peu basanés comme les arabes.

Des lèches bottes blancs venus demander l’hospitalité

Genèse 46:34

[34]Quelle est votre occupation? vous répondrez: Tes serviteurs ont élevé des troupeaux, depuis notre jeunesse jusqu’à présent, nous et nos pères. De cette manière, vous habiterez dans le pays de Gosen, car tous les bergers sont… 

Genèse 47:4

[4]Ils dirent encore à Pharaon: Nous sommes venus pour séjourner dans le pays, parce qu’il n’y a plus de pâturage pour les brebis de tes serviteurs, car la famine s’appesantit sur le pays de Canaan; permets donc à tes serviteurs d’habiter au pays de Gosen.

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Dans les textes classiques grecs, les cananéens ou phéniciens étaient noirs et d’origine Est africaine càd Troglodyte ou Aksoumite

Il faut croire cependant que les Syriens et les populations environnantes n’avaient pas le teint absolument blanc, car Strabon l (50 ans avant J..C. Strabon Géogr liv.XII, Ch. III. 5) fait une distinction entre eux et les Syriens du nord (Cappadôce) qu’il appelle Leucosyriens. D’après cela, les Syriens du sud qui comprenaient aussi, d’après Strabon, les Babyloniens et les Assyriens, devaient avoir, la face plus ou moins basanée, soit naturellement, soit par l’ardeur du soleil. D’après Hérodote, les cananéens sont des africains d’origine érythréenne qui sont présent en Phénicie depuis au plus tard l’an -2750 date de la construction du temple de Tyr.

Les cananéens ou phéniciens chez Hérodote, Strabon et d’autres auteurs plus anciens :

Hérodote livre premier

« I. Les Perses les plus savants dans l’histoire de leur pays attribuent, aux Phéniciens la cause de cette inimitié. Ils disent que ceux-ci étant venus des bords de la mer Érythrée (02) sur les côtes de la nôtre, ils entreprirent de longs voyages sur mer, aussitôt après s’être établis dans le pays qu’ils habitent encore aujourd’hui, et qu’ils transportèrent des marchandises d’Égypte et d’Assyrie en diverses contrées, entre autres à Argos. Cette ville surpassait alors toutes celles du pays connu actuellement sous le nom de Grèce. Ils ajoutent que les Phéniciens y étant abordés se mirent à vendre leurs marchandises ; que cinq ou six jours après leur arrivée la vente étant presque finie, un grand nombre de femmes se rendit sur le rivage, et parmi elles la fille du roi ; que cette princesse, fille d’Inachus, s’appelait Io, nom que lui donnent aussi les Grecs. Tandis que ces femmes, continuent les mêmes historiens, achetaient près de la poupe ce qui était le plus de leur goût, les Phéniciens, s’animant les uns les autres, se jetèrent sur elles. La plupart prirent la fuite ; mais Io fut enlevée, et d’autres femmes avec elle. Les Phéniciens, les ayant fait embarquer, mirent à la voile, et firent route vers l’Égypte.

II. Voilà, selon les Perses, en cela peu d’accord avec les Phéniciens, comment Io passa en Égypte : voilà le principe des injustices réciproques qui éclatèrent entre eux et les Grecs. Ils ajoutent qu’ensuite quelques Grecs (ils ne peuvent les nommer, c’étaient peut-être des Crétois) abordés à Tyr en Phénicie enlevèrent Europe, fille du roi : c’était sans doute user du droit de représailles ; mais la seconde injustice ne doit, selon les mêmes historiens, être imputée qu’aux Grecs. Ils disent que ceux-ci se rendirent sur un vaisseau long (03) à Aea, en Colchide, sur le Phase, et qu’après avoir terminé les affaires qui leur avaient fait entreprendre ce voyage, ils enlevèrent Médée, fille du roi ; que ce prince ayant envoyé un ambassadeur en Grèce pour redemander sa fille et exiger réparation de cette injure, les Grecs lui répondirent que puisque les Colchidiens n’avaient donné aucune satisfaction de l’enlèvement d’Io, ils ne lui en feraient point de celui de Médée.

III. Les mêmes historiens disent aussi que, la seconde génération après ce rapt, Alexandre (Pâris), fils de Priam, qui en avait entendu parler, voulut par ce même moyen se procurer une femme grecque, bien persuadé que les autres n’ayant point été punis, il ne le serait pas non plus. Il enleva donc Hélène ; mais les Grecs, continuent-ils, s’étant assemblés, furent d’avis d’envoyer d’abord des ambassadeurs pour demander cette princesse, et une réparation de cette insulte. A cette proposition les Troyens opposèrent aux Grecs l’enlèvement de Médée, leur reprochèrent d’exiger une satisfaction, quoiqu’ils n’en eussent fait aucune, et qu’ils n’eussent point rendu cette princesse après en avoir été sommés.

IV. Jusque-là, disent les Perses, il n’y avait eu de part et d’autre que des enlèvements ; mais depuis cette époque les Grecs se mirent tout à fait dans leur tort, en portant la guerre en Asie avant que les Asiatiques l’eussent déclarée à l’Europe. Or, s’il y a de l’injustice, ajoutent-ils, à enlever des femmes, il y a de la folie à se venger d’un rapt, et de la sagesse à ne s’en pas mettre en peine, puisqu’il est évident que, sans leur consentement, on ne les eût pas enlevées. Les Perses assurent que, quoiqu’ils soient Asiatiques, ils n’ont tenu aucun compte des femmes enlevées dans cette partie du monde ; tandis que les Grecs, pour une femme de Lacédémone, équipèrent une flotte nombreuse, passèrent en Asie, et renversèrent le royaume de Priam. Depuis cette époque, les Perses ont toujours regardé les Grecs comme leurs ennemis ; car ils s’arrogent (04) l’empire sur l’Asie et sur les nations barbares qui l’habitent, et considèrent l’Europe et la Grèce comme un continent à part.

V. Telle est la manière dont les Perses rapportent ces événements, et c’est à la prise d’Ilion qu’ils attribuent la cause de la haine qu’ils portent aux Grecs. A l’égard d’Io, les Phéniciens ne sont pas d’accord avec les Perses. Ils disent que ce ne fut pas par un enlèvement qu’ils la menèrent en Égypte : qu’ayant eu commerce à Argos avec le capitaine du navire, quand elle se vit grosse, la crainte de ses parents la détermina à s’embarquer avec les Phéniciens, pour cacher son déshonneur. Tels sont les récits des Perses et des Phéniciens. Pour moi, je ne prétends point décider si les choses se sont passées de cette manière ou d’une autre ; mais, après avoir indiqué celui que je connais pour le premier auteur des injures faites aux Grecs, je poursuivrai mon récit, qui embrassera les petits États comme les grands : car ceux qui florissaient autrefois sont la plupart réduits à rien, et ceux qui fleurissent de nos jours étaient jadis peu de chose. Persuadé de l’instabilité du bonheur des hommes, je me suis déterminé à parler également des uns et des autres. »

Hérodote Livre VII Polymnie

« LXXXIX. Le nombre des trirèmes montait à douze cent sept. Voici les nations qui les avaient fournies. Les Phéniciens (cananéens) et les Syriens de la Palestine (les juifs) en avaient donné trois cents. Ces peuples portaient des casques à peu près semblables à ceux des Grecs, des cuirasses de lin, des javelots, et des boucliers dont le bord n’était pas garni de fer (44). Les Phéniciens habitaient autrefois sur les bords de la mer Érythrée, comme ils le disent eux-mêmes; mais étant passés de là sur les côtes de Syrie, ils s’y établirent. Cette partie de la Syrie, avec tout le pays qui s’étend jusqu’aux frontières d’Égypte, s’appelle Palestine. Les Égyptiens avaient fourni deux cents vaisseaux. Ils avaient pour armure de tête des casques de jonc tissu. Ils portaient des boucliers convexes dont les bords étaient garnis d’une large bande de fer, des piques propres aux combats de mer, et de grandes haches. La multitude avait des cuirasses et de grandes épées. Telle était l’armure de ces peuples. »

Hérodote livre VII

CLXV. Les peuples de Sicile disent cependant aussi que sans les circonstances où se trouva Gélon, ce prince aurait donné du secours aux Grecs, quand même il aurait dû servir sous les Lacédémoniens. Térille, fils de Crinippe, tyran d’Himère, se voyant chassé de cette ville par Théron, fils d’Aenésidémus, monarque des Agrigentins, avait fait venir dans le même temps, sous la conduite d’Hamilcar, fils d’Hannon, roi des Carthaginois, une armée de trois cent mille hommes composée de Phéniciens, de Libyens, d’ibériens, de Ligyens, d’Hélisyces, de Sardoniens et de Cyrniens. Le général carthaginois s’était laissé persuader par l’hospitalité qu’il avait contractée avec Térille, et surtout par le zèle que lui avait témoigné Anaxilas, fils de Crétines, tyran de Rhégium, en lui donnant ses enfants en otage, afin de l’engager à venir en Sicile venger son beau-père. Il avait en effet épousé Cydippe, fille de Térille. Les Siciliens disent donc que Gélon, n’ayant pu par cette raison secourir les Grecs, envoya de l’argent à Delphes.

CLXVI. Ils disent encore que le même jour que les Grecs battirent le roi à Salamine, Gélon et Théron défirent en Sicile Hamilcar. Cet Hamilcar était, suivant eux, Carthaginois du côté de son père, et Syracusain par sa mère : sa valeur l’avait élevé au trône de Carthage. J’ai ouï dire qu’ayant perdu la bataille, il disparut, et qu’on ne put le trouver nulle part, ni vif, ni mort, quoique Gélon l’eût fait chercher partout (66).

Diodore Livre II, Histoire Universelle, Tome 2

XXIX Il faut dire à peu près la même chose de tous les pays du monde qui se trouvent dans le même climat ou dans la même position à l’égard du soleil, comme l’Inde, les côtes de la Mer Rouge, l’Éthiopie et une partie de la Libye

Strabon, Géographie livre I

31. Du reste, comme tout ce récit des erreurs de Ménélas, dans Homère, semble au premier abord donner raison à ceux qui lui reprochent d’avoir absolument ignoré la géographie de ces contrées, le mieux que nous ayons à faire est de commencer par exposer une à une les critiques que ce récit a soulevées, pour les soumettre ensuite elles-mêmes à un examen sérieux et pour rendre ainsi la justification du poète plus complète et plus claire. Ménélas dit à Télémaque, en l’entendant s’extasier sur la somptuosité de sa royale demeure :

« Oui, mais pour rapporter tous ces trésors, j’ai dû beaucoup souffrir et longtemps errer sur mes vaisseaux ; et quand, après huit ans, je revins dans ma patrie, j’avais parcouru Chypre, la Phénicie, l’Égypte et visité tour à tour les Éthiopiens, les Sidoniens et les Erembes et la Libye tout entière  (85). »

Or, on se demande d’abord quels sont ces Éthiopiens, chez qui Ménélas put se rendre ainsi d’Égypte en naviguant? Car, il n’y a point d’Éthiopiens sur les rivages de notre mer, et, d’autre part, les vaisseaux de Ménélas n’auraient jamais pu franchir les cataractes du Nil. Quels sont aussi ces Sidoniens? Ce ne sont pas ceux de Phénicie assurément : le poète n’avait que faire, ayant préalablement nommé le genre, de mentionner en outre l’espèce. Qui sont enfin ces Erembes, dont le nom paraît là pour la première fois? …

35. Quant à ceux qui ont imaginé de faire des Erembes soit une tribu particulière de la nation éthiopienne, soit une tribu de Céphènes, voire en troisième lieu une tribu de Pygmées, sans parler de mille autres fictions du même genre, s’ils nous paraissent mériter moins de confiance, c’est qu’indépendamment du peu de vraisemblance qu’offre la chose en soi ils font là une sorte de confusion de l’histoire et de la fable. Nous retrouvons cette même confusion chez ceux qui, voulant faire de l’Océan extérieur le théâtre des erreurs de Ménélas, placent les Sidoniens et naturellement aussi les Phéniciens sur les bords de la mer Persique ou sur tel autre rivage de l’Océan. A vrai dire, la façon dont ces auteurs se contredisent entre eux n’entre pas pour peu de chose dans l’incrédulité qu’ils rencontrent. Tandis que les uns, en effet, regardent les Sidoniens de notre mer intérieure comme une colonie des Sidoniens de l’Océan, ajoutant, qui plus est, que le nom de Phéniciens leur est venu de la couleur rouge des eaux de la mer extérieure, les autres affirment précisément l’inverse. Il en est aussi qui transportent l’Éthiopie dans notre Phénicie et font de Jopé le théâtre des aventures d’Andromède, non qu’ils ignorent la véritable situation des lieux en question, mais ils prétendent user des licences du genre mythique, comme ont fait Hésiode et tant d’autres que cite Apollodore.

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Diodore de Sicile vecut au r siecle ay. J.-C.; it fut done contemporain de Jules Cesar et d’Auguste. Etabli a Rome, it y ecrivit en grec la « Bibliotheque Historique »; et ce fut par le biais de son oeuvre qu’il legua a la posterite un vrai tresor de renseignements concernant des peuples tres anciens, tels que les Egyptiens et, bien phéniciens.

A l’Exode Diodore consacra une partie courte mais essentielle :

Avant de decrire In guerre contre les Juifs, nous croyons devoir donner quelques details sur l’origine et les institutions de cette nation. Il se declara anciennement en Egypte une maladie pestilentielle ; le peuple fit remonter a la divinite l’origine de ce fleau ; comme le pays etait habits par de nombreux strangers, ayant des mwurs et des ceremonies religieuses très¬ différentes, it en resulta que le culte hereditaire etait neglige. Les indigenes crurent donc que, pour apaiser le fleau, it fallait chasser les strangers. C’est ce qu’on fit sur-le-champ. Parmi ces exiles, les plus distingues et les plus vaillants se reunirent, selon quelques historiens, pour se rendre en Grece et dans quelques autres contrees; ils avaient a deur tete Danaiis, Cadmus et d’autres chefs celebres…. Voila ce que rapporte Hecatee de Milet.1

Ce dernier etait un historien grec qui vecut peu avant Herodote, a savoir vers le debut du V’ siecle ay. J.-C. De son oeuvre n’existent aujourd’hui que des fragments. Or, it etait tenu en grande estime par ses contemporains, comme, par exemple, Herodote, dont les « Histoires » reposent, dans une grande partie, sur les livres d’Heeatee.

DIODORE DE SICILE, Bibliotheca Historica, livre XL.

Cette immigration parait tres raisonnable, car ce n’est qu’en l’acceptant que I’on peat trouver (‘etymon du nom propre Cadmus (Kadmos), inexplicable en grec.3 La clef du mystere etymologique, pourtant, se trouve dans les langues afrasiens de l’Afrique de l’Est. En phéniciens qedem c’est l’orient;4 et gadmon dans la langue des Pheniciens c’est justement oriental.’ Cadmus donc serait bien « celui qui etait venu de l’est ».

Quoi qu’il en fut, Cadmus et ses compagnons (Pheniciens, Est-Africains) se montra vite le bienfaiteur de la Grece. Herodote y est clair « comme l’eau de la roche » : Pendant le sejour que tirent en ce pays les Pheniciens qui avaient accompagne Cadmus…, ils introduisirent en Grèce plusieurs connaissances, et entre autres des lettres qui etaient, a mon avis, inconnues auparavant dans ce pays. Its les employerent d’abord de la rneme maniere que taus les Pheniciens. Mais, dans la suite des temps, ces lettres changerent avec la langue, et prirent acne autre forme. Les pays circonvoisins etant alors occupes par les Ioniens, ceux-ci adopterent ces lettres, dont les Phiniciens les avaient instruits, mais ils y firent quelques legers changements. Its convenaient de bonne foi, et comme le voulait la justice, qu’on deur avait donne le nom de lettres phiniciennes parce que les Pheniciens les avaient introduites en Grece…6 Et encore : Moi-meme [a savoir Herodote] j’ai vu aussi, a Thebes en Bootie, des lettres cadmeennes dans le temple d’Apollon Ismenien. Elles sont gravees sur des trepieds, et ressemblent beaucoup aux lettres ioniennes. Sur un de ces trepieds on voit cette inscription : « Amphitryon m’a dedie a son retour de chez les TeMboens. » Cette inscription pourrait etre du temps de Lalus, fats de Labdacus, dont le pore etait Polydore, Ells de Cadmus.’

Parmi les gens qui avaient accompagne Cadmus a son immigration en Grece it y avait les Gephyreens qui, par la suite, s’etablirent a Athenes :

Les Gephyreens…, etaient, comme ils le disent eux-memes, originaires d’Eretrie ; mais j’ai decouvert par mes recherches qu’ils etaient… du nombre de ceux qui accompagnerent Cadmus lorsqu’il vint s’etablir dans le pays qu’on appelle actuellement Bootie, et que le territoire de Tanagre leur etait echu en partage. Les Cadmeens furent d’abord chasses par les Argiens ; les Gephyreens l’ayant ensuite ete par les Beotiens, ils se retirerent chez les Atheniens, qui les admirent au nombre de leurs concitoyens, a condition qu’ils ne pourraient pretendre a plusieurs chases qui ne moritent pas cretre rapportees.8

2 L. DESNOYERs, Histoire du people Wren des Juges a in captivite, tome I (Paris : Desclee, De Brouwer et Cie, 1922), p. 407.

3 Voir (‘article N. P. ANDRMIs, « Kadmos » dans la Megali Helliniki Enkyklopaideia (= La Grande Encyclopedie grecque), vol. XIII (Athenes : Pyrsos, 1930), p. 443.

ANESTIS KONSTANTINIDIS, « Kadmos », Mega Lexikon Its tle11inikis G/5ssiS (= Grand Dictionnaire de la langue grecque), vol. III (Athenes : Anestis KOnstantinidis, 1902), p. 555.

N. P. ANDRIOTIS, article « Kadmos », Megall Helliniki Enky klopaideia, vol. XIII, p. 443. 6 HERODOTE, Histoires, 5.58.

HERODOTE, Histoires, 5.59.

Harmodius et Aristogiton, qui tuerent, en 514 av. J.-C., Hipparque, fils du tyran Pisistrate, et ouvrirent ainsi la voie a la democratic athenienne,9 etaient des Gephyreens d’origine phénicienne.1° Or, nul doute que les Gephyreens ne fussent des Africains de l’Est de langue aksoumite; mais le plus probable est qu’ils etaient des érythréens; et cela, 11. Le nom « Gephyreens », d’autre part, vient du mot grec gephyra, qui signifie « le pont ». En tout cas, les Gephyreens etaient des est-africains d’Erythrée immigres en Grece.

HERODOTE, Histoires, 5.57.

9 Cf. THUCYDIDE, Histoire de la guerre du Peloponnese, 6.53-59.

Herodote, Hisioires, 5.57.

 » La Genese, 14.13 (texte grec des Septante).

12 Isaie, 3.22 (texte grec des Septante).

13 MACCABAEORUM 1. 12, 6-7.

14 MACCABAEORUM 1. 12, 20-21.

is MACCABAEORUM 2. 5, 9.

E, NODET, Essai sur les origines du Judaisme (Paris : Les Editions du Cerf, 1992), p. 202. 17 Liber loel prophetae, 3. 4-6. (Chapitre 4 dans le texte grec des Septante.)

http://shenoc.com/les_pheniciens.htm

La perception des Phéniciens chez les historiens grecs de l’Antiquité

Hérodote attribue aux Phéniciens l’introduction de l’écriture parmi les Grecs, soulignant leur rôle important dans la diffusion des connaissances et des technologies culturelles. : « Pendant le séjour que tirent en ce pays les Phéniciens qui avaient accompagné Cadmus, et du nombre desquels étaient les Géphyréens, ils introduisirent en Grèce plusieurs connaissances, et entre autres des lettres qui étaient, à mon avis, inconnues auparavant dans ce pays. Ils les employèrent d’abord de la même manière que tous les Phéniciens. Mais, dans la suite des temps, ces lettres changèrent avec la langue, et prirent une autre forme. Les pays circonvoisins étant alors occupés par les Ioniens, ceux-ci adoptèrent ces lettres, dont les Phéniciens les avaient instruits, mais ils y firent quelques légers changements. Ils convenaient de bonne foi, et comme le voulait la justice, qu’on leur avait donné le nom de lettres phéniciennes parce que les Phéniciens les avaient introduites en Grèce. Les Ioniens appellent aussi, par une ancienne coutume, les livres des diphthrères, parce qu’autrefois, dans le temps que le biblos (le papyrus) était rare, on écrivait sur des peaux de chèvre et de mouton ; et, encore à présent, il y a beaucoup de Barbares qui écrivent sur ces sortes de peaux. » – Hérodote, Histoires, Livre V, Chapitre 58 / https://remacle.org/bloodwolf/historiens/herodote/terpsichore.htm…

Les Troglodytes : africains de la corne de l’Afrique et de l’Afrique australe ou de l’Est chez les auteurs classiques

Diodore Livre I Section 1 Abbé Terrasson : Troglodytes

XVII. Description géographique de l’Égypte,.CETTE fameuse contrée s’étend vers le midi et par les barrières que la nature lui a données, aussi bien que par la beauté de ses campagnes, elle est au-dessus de tous les royaumes du monde. Du côté du couchant elle est défendue par les plaines désertes de la Libye, dont le passage est non seulement très difficile mais encore très dangereux, tant par le manque absolu d’eau et de vivres que par les bêtes féroces qu’on y rencontre. Les cataractes et les montagnes qui les entourent en ferment l’entrée du côté du midi car le fleuve n’est navigable qu’à cinq mille cinq cents stades en deçà de la Troglodyte et des confins de l’Éthiopie et la terre même n’est praticable que pour les voyageurs qui peuvent marcher avec un train et une dépense de roi. L’orient de l’Égypte est défendu par le fleuve, par un désert et par un terrain fangeux. Il y a surtout entre la Célé-Syrie et l’Égypte un marais appelé Serbonis, fort étroit dans toute sa longueur qui est de deux cents stades, mais prodigieusement profond et très dangereux pour ceux qui ne le connaissent pas. Car étant comme une bande d’eau entre deux rivages très longs et très sablonneux, les vents violents et perpétuels le tiennent presque toujours couvert de sable de sorte qu’il ne fait qu’une même surface avec la terre ferme de laquelle il est impossible de le distinguer à l’œil. Il y a eu des capitaines qui y ont péri avec toute leur armée, faute de bien connaître le pays. Le sable accumulé sur cette eau bourbeuse ne cède d’abord que peu à peu comme pour séduire les passants qui continuent d’avancer, jusqu’à ce que s’apercevant de leur erreur, les secours qu’ils tâchent de se donner les uns aux autres ne peuvent plus les sauver. En effet ce composé n’étant ni solide ni liquide, on ne saurait nager dans une eau épaissie par le sable et par le limon dont elle est chargée et l’on ne trouve nulle part un fond assez ferme pour appuyer le pied et pour s’élancer en haut. Tous les efforts qu’on peut faire ne servent même qu’à attirer le sable qui est sur le rivage et qui achève d’accabler ceux qui sont pris dans ce funeste piège. Cette plaine s’appelle pour cette raison Barathrum. Voilà les bornes de l’Égypte par rapport au continent. Son quatrième côté qui regarde le septentrion a pour rempart une vaste mer et des côtes dont il ne faut pas s’approcher. Car depuis le promontoire de la Libye, jusqu’à Joppé en Célé-Syrie, ce qui fait un espace de cinq mille stades, il n’y a de port assuré que le Phare : tout le reste est une rade dangereuse pour ceux qui ne l’ont pas fréquentée. Les uns croyant aborder, échouent et brisent leurs vaisseaux sur des rochers couverts ; les autres ne découvrant pas l’Égypte qui est fort basse, d’assez loin pour choisir un endroit propre à une descente, vont prendre terre en ces lieux marécageux ou sur ces sables déserts, dont nous avons dit qu’elle était entourée. L’Égypte est d’une figure plus longue que large et elle s’enfonce de six mille stades dans le continent sur deux mille qu’elle a le long de la mer. Elle a été autrefois plus peuplée qu’aucun lieu du monde et elle l’est encore aujourd’hui autant qu’aucun autre. Car sans parler d’un nombre infini de gros villages, elle avait dix-huit mille villes selon les annales sacrées et sous le règne de Ptolémée fils de Lagus il en restait plus de trois mille, qui subsistent encore aujourd’hui. Dans un dénombrement général qui se fit autrefois des Égyptiens on en compta jusqu’à sept millions et aujourd’hui encore il n’y en a guère moins de trois millions. On dit que c’est à la faveur de cette multitude prodigieuse d’habitants que les anciens rois de l’Égypte ont élevé des édifices et achevé d’autres entreprises qui éterniseront leur mémoire et feront l’étonnement de tous les siècles. Nous en donnerons bientôt les descriptions particulières : mais à présent nous devons parler de la nature du fleuve et des propriétés du terroir de l’Égypte. …

XXIII. Différentes opinions des philosophes sur la source du Nil.LE PHÉNOMÈNE étonnant de ce débordement périodique a exercé jusqu’ à présent la plupart des philosophes et des historiens qui ont essayé d’en découvrir la cause. Nous rapporterons ici les principales explications qu’ils en ont données, pour ne pas omettre une question qui excite la curiosité de tous les esprits : mais nous les rapporterons en abrégé pour ne nous pas trop éloigner du fil de notre histoire. Quelques physiciens qui ont parlé des plus petits ruisseaux n’ont pas dit un mot des sources du Nil, de ses embouchures, ni de ses débordements ; comme s’ils avaient craint de s’embarrasser dans les singularités surprenantes du plus grand fleuve de la terre : d’autres qui ont été plus hardis n’en ont pas été plus heureux. Hellanicus par exemple, Cadmus, Hécatée et tous les anciens se sont jetés dans les fables les plus absurdes. Hérodote qui a été un des plus curieux et des plus savants historiens que nous connaissions, paraît avoir adopté des opinions contradictoires. Thucydide et Xénophon, qui ont été estimés pour la vérité de leurs narrations, se sont abstenus de dire un seul mot de ce qui concerne l’Égypte. Éphore au contraire et Théopompe, qui se sont beaucoup étendus sur ce sujet, n’ont jamais rencontré le vrai, qu’ils n’ont même jamais cherché sur les lieux. En effet, avant Ptolémée Philadelphe aucun Grec n’avait été jusqu’au fond de l’Égypte, bien loin d’avoir pénétré jusque dans l’Éthiopie ; et l’on ne voulait pas risquer la découverte laborieuse et même dangereuse d’un pays inhabité. Mais depuis que ce roi y eut mené une armée toute composée de Grecs, on a visité les lieux avec plus d’exactitude et l’on a eu des relations plus fidèles que celles des anciens. Cependant aucun écrivain n’a encore dit qu’il eût vu les sources du Nil ; ni qu’il eût parlé à aucun voyageur qui prétendît les avoir vues, de sorte qu’on n’a encore que des conjectures sur cette matière. Les prêtres d’Égypte (les faux du Delta) prétendent que ce fleuve prend son origine de l’Océan qui environne toute la terre, résolvant ainsi une difficulté par une autre et donnant un fait difficile à croire pour réponse à une question embarrassante. Les Troglodytes appelés Molgiens, que les chaleurs des lieux élevés qu’ils habitaient, ont fait retirer dans les demeures basses et couvertes qu’ils occupent aujourd’hui, allèguent des observations qui porteraient à conclure que le Nil se forme de plusieurs petites sources qui se rassemblent en un seul canal. Ils ajoutent même que ce sont ces sources différentes qui donnent au Nil une fécondité si générale. Les habitants de Meroé auxquels ils semblent qu’on pourrait s’en rapporter plus sûrement, puisqu’ils n’ont aucun commerce avec les peuples chez qui les fables ont pris naissance, et que d’ailleurs ils doivent être voisins des sources du Nil, les connaissent néanmoins si peu qu’ils appellent le fleuve même Artape (mot qui signifie en leur langue fleuve de ténèbres) pour marquer qu’ils avouent leur ignorance sur son origine et sur une grande partie de son cours. Le sentiment le plus vraisemblable pour nous, doit être celui où il paraîtra le moins de fictions ou de suppositions. Je sais qu’Hérodote plaçant la Libye à l’orient et à l’occident du Nil, écrit que les Libyens appelés Nalamones connaissent ce fleuve plus exactement qu’aucun autre peuple et dit sur leur rapport que le Nil prenant sa source dans un lac, traverse ensuite le pays immense de l’Éthiopie. Si Hérodote avait prouvé ce fait, ou que l’on pût croire les Libyens sur leur parole, c’est là ce qui paraît le plus approchant de la vérité.

Diodore HU Livre III

VII. Des Ichtyophages de l’Asie le long de la mer des Indes.

Nous devons parler maintenant des nations qui habitent sur les bords du sein Arabique, dans la Troglodytique et vers le Midi de l’Ethiopie, et nous commencerons par les Ichtyophages qui demeurent le long des côtes depuis la Carmanie, la Gedrosie jusqu’à l’entrée du Golfe par où l’océan Méridional s’avance prodigieusement dans les terres, et s’enferme entre l’Arabie heureuse d’un côté et les Troglodytes de l’autre.  …

XVII. Des Troglodytes.

Il nous reste encore à parler des Troglodytes. Les Grecs les appellent Nomades, parce qu’ils passent leur vie à garder des troupeaux. Ils sont divisés en différentes tribus qui ont chacune leur roi. Leurs femmes sont communes entre eux, excepté celle du roi. Mais si quelqu’un a eu commerce avec elle, il en est quitte pour un certain nombre de brebis que le roi exige de lui. Leurs enfants sont aussi communs dans chaque tribu. Pendant tout le temps que les vents étésiens soufflent dans leur pays, il y pleut beaucoup. Alors ils ne se nourrissent que de lait et de sang qu’ils mêlent ensemble et qu’ils font un peu cuire. Ensuite, la trop grande chaleur ayant desséché leurs prairies, ils se réfugient dans les lieux marécageux et se battent pour le choix des meilleurs pâturages. Ils ne mangent de leurs bestiaux que les plus vieux ou les plus malades. Refusant aux hommes le titre de parents, ils le donnent au boeuf, à la vache, au bélier et à la brebis. Ils appellent les mâles leurs pères et les femelles leurs mères parce que c’est par leur moyen et non par leurs parents qu’ils ont chaque jour de quoi vivre. La boisson ordinaire des particuliers est une liqueur tirée de l’aubépine, mais on prépare pour les principaux d’entre eux le jus de certaines fleurs dont le goût ressemble à celui d’un méchant vin doux. Le soin qu’ils ont de leurs troupeaux les oblige à les mener souvent d’un lieu à un autre, ils évitent même de demeurer trop longtemps dans un même endroit. Ils sont nus excepté qu’ils se couvrent les reins et les cuisses avec des peaux. Tous les Troglodytes sont circoncis à la manière des Égyptiens, excepté ceux qui se trouvent estropiés de naissance ou par quelque accident, car on coupe entièrement à ceux‑ci dès leur bas âge ce qu’on ne fait que circoncire aux autres. Ceux d’entre les Troglodytes qu’on nomme Mégabares portent pour armes des boucliers de cuir arrondis avec des massues garnies de pointes de fer. Pour les autres, ils portent des lances et des arcs. Ils ont une manière d’enterrer les morts qui leur est particulière. Ils leur passent la tête entre les jambes et ils les lient dans cette posture avec des branches d’aubépine. Ayant ensuite exposé leur corps sur une colline, ils leur jettent des pierres en riant jusqu’à ce qu’ils en soient entièrement couverts. Enfin, ils mettent au-dessus de ces monceaux de pierre une corne de chèvre et ils se retirent sans avoir donné aucune marque d’affliction. Ils font souvent en guerre les uns contre les autres, non pas comme les Grecs par haine ou par intérêt d’état mais à l’occasion des pâturages. Dans leurs combats, ils se battent d’abord à coups de pierre jusqu’à ce que quelqu’un d’entre eux soit blessé ; ensuite, ils se tirent des flèches. C’est alors que plusieurs sont tués dans un très petit espace de temps ; parce qu’ils sont tous fort adroits à cet exercice et qu’ils tirent sur des hommes qui ne sont couverts d’aucune arme défensive. Enfin ces combats sont terminés par de vieilles femmes qui se jettent entre les combattants et pour lesquelles on a beaucoup de respect. Il n’est permis à personne de les blesser de quelque manière que ce puisse être. C’est pourquoi dès qu’on les voit paraître on cesse aussitôt de tirer. Ceux que la vieillesse a rendu incapables de mener paître leurs troupeaux s’étranglent avec une queue de boeuf et terminent ainsi courageusement leur vie. Mais si quelque vieillard diffère à se donner la mort, chacun a la permission de lui passer une corde autour du col après l’en avoir auparavant averti, et de l’étrangler comme par amitié. Leurs lois veulent aussi qu’on fasse mourir ceux qui perdent quelque membre ou qui tombent dans des maladies incurables, car ils pensent que le plus grand des malheurs est de vivre lorsqu’on ne peut rien faire qui soit digne de la vie. C’est pourquoi on ne voit parmi les Troglodytes que des gens bien faits et se portant bien, et aucun d’entre eux ne passe soixante ans. Mais c’est assez parlé des Troglodytes.

Réflexion de l’auteur sur la différence des climats.

Au reste, s’il se trouve quelque lecteur qui n’ajoute pas foi à notre histoire, à cause des étranges façons de vivre que nous y rapportons, qu’il compare l’air de la Scythie avec celui que respirent les Troglodytes ; la différence seule qui est entre l’un et l’autre l’aidera peut‑être à nous croire. Il y a même une différence prodigieuse entre l’air de notre pays et celui que l’on respire dans chacune de ces deux contrées. Il est des lieux où la violence du froid est si grande que les plus grands fleuves sont entièrement couverts d’une glace assez épaisse pour porter des chariots chargés et même des armées entières. Le vin et les autres liqueurs se gèlent de telle sorte qu’on les rompt à coups de hache. Mais ce qui est encore plus surprenant, les hommes voient tomber les extrémités de leurs membres dès qu’elles sont touchées par leurs habillements, leur vue s’obscurcit, le feu même perd sa force, et les statues d’airain se fendent. Les nuées deviennent si épaisses et si serrées qu’elles ne laissent pas échapper le tonnerre qu’elles renferment. Il y a enfin dans ces climats d’autres singularités qui paraissent aussi incroyables à ceux qui les apprennent qu’elles ont paru insupportables à ceux qui les ont éprouvées. Au contraire, il fait une chaleur si excessive dans l’Égypte et dans le pays des Troglodytes que ceux qui sont ensemble ne peuvent pas se voir les uns les autres à cause de l’épaisseur qu’elle met dans l’air. Personne ne peut marcher dans ce pays sans chaussure, car il s’élèverait sous les pieds des pustules qui dégénéreraient en ulcères. Si l’on ne buvait dès qu’on a soif, on mourrait subitement, la chaleur consumant en un instant toute l’humidité du corps. Si l’on met quelque viande dans un vase d’airain avec de l’eau et qu’on l’expose au soleil, elle est bientôt cuite. Cependant, aucun de ceux qui habitent des contrées si fâcheuses par ces inconvénients opposés ne songe à quitter son pays. Au contraire, ils souffriraient plutôt la mort que d’embrasser un autre genre de vie. On voit par là que le pays natal a des charmes qui lui sont propres et l’on souffre aisément les incommodités d’un climat auquel on est accoutumé dès son bas âge. Avec cela pourtant, ces peuples si différents entre eux ne sont pas fort éloignés les uns des autres. Car du Palus‑Méotide où les Scythes habitent parmi les glaces, il est souvent venu en dix jours à Rhodes des navires de charge poussés par un bon vent. Ayant ensuite fait le trajet de là à Alexandrie en l’espace de quatre jours, ils sont arrivés en Éthiopie au bout de dix jours après avoir remonté le Nil. Ainsi en moins de vingt‑cinq jours de navigation continue, on peut passer des régions les plus froides aux pays les plus chauds. Or comme en un si petit espace il se trouve tant de différence dans l’air, il n’est plus si étonnant que les moeurs, les manières de vivre, le visage même et la taille de ces hommes si voisins les uns des autres soient néanmoins si dissemblables.

XVIII. Des animaux de l’Éthiopie.

Après avoir rapporté en abrégé ce qui nous a paru de plus singulier dans les habitants de l’Éthiopie, nous allons parler des animaux qu’on trouve dans leur pays. Il y a en Éthiopie un animal qu’on appelle rhinocéros, nom tiré de sa figure. Il est aussi courageux et presqu’aussi fort que l’éléphant, mais il est plus petit. Il a la peau fort dure et sa couleur approche de celle du boeuf. Il porte au‑dessus des narines une corne un peut aplatie et aussi dure que le fer. Comme il est toujours en guerre avec l’éléphant pour les pâturages il aiguise cette corne sur de grandes pierres. Se jetant sous le ventre de son ennemi, il lui perce la peau avec sa corne comme avec une épée. Il lui fait perdre ainsi tout son sang et en tue plusieurs de cette manière. Mais lorsque l’éléphant peut empêcher le rhinocéros de passer sous son ventre et qu’il l’a pris avec sa trompe, il s’en défait aisément, étant plus haut et plus fort que lui. On trouve dans l’Éthiopie et dans le pays des Troglodytes des sphinx qui sont d’une figure semblable à celles que leur donnent les peintres, excepté qu’ils sont plus velus. Ces animaux sont très doux et très dociles de leur nature et ils apprennent aisément tout ce qu’on leur montre. Les cynocéphales sont semblables par le corps à des hommes mal faits et leur cri est un gémissement de voix humaine. Ils sont fort sauvages, on ne peut nullement les apprivoiser, et ils ont même un regard qui fait peur. Leurs femelles ont cela de particulier qu’elles portent pendant toute leur vie leur matrice pendante au dehors. Le cépus, qu’on a ainsi nommé à cause de la beauté et de l’agrément de sa figure, a la face du lion mais il ressemble par le corps à la panthère, excepté qu’il est de la grandeur du chevreuil. Le taureau carnassier est encore plus sauvage que les animaux dont nous venons de parler car il est entièrement indomptable. Il est bien plus grand que nos taureaux domestiques ; il ne cède point en vitesse au cheval et il a la gueule fendue jusqu’aux yeux. Son poil est extrêmement rouge, ses yeux sont plus étincelants que ceux du lion et ils brillent pendant la nuit. Ses cornes sont d’une nature fort particulière : quelquefois, il les remue comme il fait les oreilles mais quand il se bat, il les tient immobiles. Son poil est couché à contresens de celui des autres animaux. Au reste, ce taureau est si puissant qu’il attaque les animaux les plus redoutables et qu’il ne vit que de la chair de ceux qu’il a vaincus. Il dévore aussi les troupeaux des habitants et il se bat avec furie contre des troupes entières de bergers et de chiens. On dit qu’il est invulnérable et plusieurs chasseurs qui ont entrepris de le dompter n’en sont jamais venus à bout. Si cet animal tombe dans une fosse ou s’il est pris dans quelque piège, il meurt suffoqué de colère et de rage et ne change point sa liberté contre la douceur qu’il pourrait trouver en se laissant apprivoiser. Ainsi c’est à juste titre que les Troglodytes le jugent le plus fort de tous les animaux puisque la nature l’a doué du courage des lions, de la vitesse des chevaux et de la force des taureaux, et que de plus, il ne peut être percé par le fer qui est la chose du monde la plus forte. Il y a un animal que les Éthiopiens apellent crocotte, dont la nature tient de celle du loup et de celle du chien, mais il est plus à craindre que tous les deux par sa férocité. Il a une force prodigieuse dans les dents, car il mâche aisément les os les plus durs et il les digère aussitôt. Mais je ne crois point ce qu’ont avancé quelques historiens qui aiment mieux raconter des choses étonnantes que des choses véritables : on dit que ces animaux imitent le langage de l’homme. Les peuples qui habitent auprès du désert dont nous avons déjà parlé, assurent qu’on y voit des serpents de toute espèce et d’une grandeur effroyable Quelques‑uns disent qu’il y en a de cent coudées de long, mais tout le monde est aussi incrédule que moi sur cet article. Cependant, ils portent encore la chose bien plus loin et ils soutiennent que dans cette contrée qui est fort plate, on trouve des amas de serpents qui étant repliés sur eux‑mêmes ressemblent de loin à des collines , ce qui a tout à fait l’air d’une exagération.

XIX. Chasse remarquable d’un serpent pris du temps de Ptolémée second.

Nous dirons pourtant un mot des plus grandes espèces de serpent que nous ayons vues et qu’on apporta à Alexandrie dans des cages faites exprès. Nous raconterons même à cette occasion la manière dont on le prend. Ptolémée second récompensait par de grands présents ceux qui allaient à la chasse des bêtes les plus furieuses ; il aimait fort lui‑même la chasse des éléphants. Ainsi ayant employé beaucoup d’argent à de pareilles libéralités, il amassa un grand nombre d’éléphants propres à la guerre et il fit connaître aux Grecs plusieurs animaux qui leur étaient inconnus. Quelques chasseurs excités par la grandeur des récompenses qu’on recevait de ce roi, résolurent d’aller en troupe à la chasse des plus grands serpents et de risquer leur vie pour en amener un tout vif à Ptolémée. L’entreprise était nouvelle et hasardeuse mais la fortune leur prêta son secours et leur procura un heureux succès. Ils aperçurent un de ces serpents qui avait trente coudées de long. Il se tenait ordinairement couché au près d’une mare. Il ne faisait aucun mouvement jusqu’à ce qu’il aperçût quelque animal qui vint chercher à boire. Alors, se levant tout d’un coup, il le déchirait avec les dents ou il l’entortillait avec sa queue de telle sorte qu’il ne pouvait plus s’en dégager. Quelque grand que fût ce serpent, comme il parut aux chasseurs fort paresseux de sa nature, ils espérèrent de s’en rendre ses maîtres avec des cordes et des chaînes. Ainsi s’étant munis de ce qu’ils crurent leur être nécessaire, ils s’en approchèrent avec confiance. Mais ils furent bientôt saisis d’effroi, en voyant ses yeux enflammés, sa langue qu’il remuait de tous côtés, ses dents terribles, la gueule d’une largeur étonnante, les replis immenses, mais surtout lorsqu’ils entendirent le bruit qu’il faisait avec ses écailles en s’avançant vers eux. Ils ne laissèrent pas de jeter leurs cordes sur la queue en tremblant, mais il ne les eut pas plutôt senties qu’il se retourna avec des sifflements horribles et s’élevant par dessus la tête de celui qui était le plus près de lui, il le dévora tout vivant. Il en prit ensuite un second avec sa queue et la ramenant sous son ventre, il l’étouffa. Les autres pleins de frayeur ne cherchèrent leur salut que dans la fuite. Cependant pour mériter les bienfaits et les bonnes grâces du roi, ils revinrent à leur entreprise, quoiqu’ils en connussent le danger. Ils employèrent l’adresse pour se saisir de ce serpent qu’ils ne pouvaient avoir par la force. Voici l’expédient dont ils s’avisèrent. Ils firent avec des joncs une espèce de filet qui avait la figure d’une barque et qui par sa longueur et son étendue, pouvait aisément contenir cette grande bête. Ils remarquèrent ensuite l’antre où elle se retirait, l’heure à laquelle elle en sortait pour chercher sa nourriture et l’heure où elle y rentrait. Un jour que ce monstre était allé à son ordinaire à la chasse des autres animaux, ils commencèrent par boucher l’entrée de cette caverne avec de grosses pierres et de la terre. Ils creusèrent ensuite tout auprès une allée souterraine où ils tendirent leur filet qui présentait son ouverture du côté que le serpent devait venir. On avait posté de part et d’autre des archers, des frondeurs, des cavaliers et même des trompettes comme pour un combat. Quand le serpent revint, à chaque pas qu’il faisait, il levait sa tête beaucoup plus haut que celles des cavaliers. Les chasseurs l’entourèrent, mais de loin, le malheur de leurs compagnons les ayant rendus plus sages, et ils se mirent à décocher de tous côtés des traits contre ce monstre qui leur servait de but. Cependant la vue des cavaliers, les chiens qu’ils avaient amenés en grand nombre et le bruit des trompettes l’épouvantèrent, et il tâcha de regagner sa retraite. Les chasseurs ralentirent un peu leur poursuite de peur de l’irriter davantage et de le faire revenir sur eux. Il était déjà près de l’entrée de sa caverne lorsque le grand bruit que faisaient les chasseurs en frappant sur leurs armes, la vue d’une infinité de gens et le son redoublé des trompettes, augmentèrent sa frayeur et le troublèrent entièrement. Ainsi ne pouvant trouver l’entrée de sa caverne, il se jeta dans l’ouverture qui était à côté. Le serpent s’étant étendu remplit le filet. Aussitôt les chasseurs vinrent à bride abattue et ils fermèrent subitement avec des chaînes l’ouverture de cette espèce de cage disposée pour cette opération ; après quoi ils la tirèrent sur des rouleaux. Cependant, le serpent qui se sentait pris poussait des sifflements affreux et tâchait de briser sa prison avec les dents. Il se remuait avec tant de force que ceux qui le menaient ayant peur qu’il ne leur échappât, s’arrêtèrent et se mirent à le piquer continuellement vers la queue afin que la douleur lui faisant tourner la tête l’empêchât de rompre ses liens. Enfin, l’ayant amené à Alexandrie ils en firent présent au roi qui le regarda comme un des plus monstrueux animaux dont on eût jamais entendu parler. La manière dont on l’apprivoisa n’est pas moins remarquable, car à force de le faire jeûner, ils le rendirent aussi doux que nos animaux domestiques. Ptolémée fit de grands dons à ceux qui l’avaient pris. Il nourrit ensuite dans son palais ce serpent qu’il montrait aux étrangers comme la plus grande curiosité de sa ménagerie. Une infinité de gens l’ayant vu, il ne serait pas juste de prendre pour une fable ce que les Éthiopiens disent de quelques‑uns de leurs serpents, qui sont si grands qu’ils avalent non seulement des boeufs entiers, des taureaux et d’autres animaux de cette taille, mais même qu’ils se battent contre des éléphants. D’abord, s’entortillant autour de leurs cuisses ils les empêchent de se remuer; ensuite, s’élevant par dessus leur trompe, ils placent leur tête devant les yeux de l’éléphant ; celui‑ci étant aveuglé par le feu qui sort des yeux de son ennemi tombe par terre, et le serpent s’en étant ainsi rendu maître le dévore.

XX. Description particulière du sein ou golfe arabique et de ses rivages occidentaux.

Nous avons suffisamment parlé de l’Ethiopie, de la Troglodytique et de toutes les nations voisines jusqu’aux pays inhabités à cause de la trop grande chaleur. Nous avons même rapporté quelque chose des nations situées au midi le long des côtes de la mer Rouge. Nous parlerons à présent des contrées qui se terminent aux rivages du sein Arabique dont nous n’avons pas encore fait le détail et nous raconterons ce que nous en ont appris les archives royales d’Alexandrie, ou le rapport de ceux qui ont voyagé dans ces pays‑là, car on n’a qu’une faible connaissance de cette partie de la terre habitée, non plus que des îles Britanniques et des pays septentrionaux qui touchent aux terres inhabitables par le trop grand froid. Mais nous décrirons les pays septentrionaux lorsque nous en serons au temps de César qui, ayant fourni à la puissance des Romains des peuples si éloignés, a procuré aux historiens une connaissance qu’ils n’avaient pas. Le golfe Arabique communique par un bout à l’océan Méridional. Il forme un sinus qui a plusieurs stades de longueur et qui est compris entre le pays des Troglodytes et l’Arabie. Sa largeur à son embouchure et vers son sommet est de seize stades, mais depuis Panorme jusqu’à l’autre rivage, il y a une journée entière de navigation. Sa plus grande largeur est entre le Mont Tircée et la Macarie ; quand on est au milieu de cet espace, on ne découvre aucun des deux continents. Depuis là jusqu’à son embouchure, le golfe se rétrécit considérablement. Cette mer est pleine de plusieurs grandes îles entre lesquelles le passage est fort étroit, ce qui donne au flots un courant rapide. Voilà en général la description du golfe, mais commençant par une des extrémités, nous rapporterons en particulier ce qu’il y a de plus remarquable dans le rivage qui environne cette mer. Au côté droit sont les Troglodytes qui tiennent depuis la côte jusqu’au désert. Ceux qui venant d’Arsinoé, voyagent à droite le long des terres trouvent dans plusieurs endroits des sources d’eau qui ont un goût amer et salé. Quand on a passé ces sources on voit au milieu d’une grande campagne une montagne de couleur rouge qui offusque les yeux de ceux qui la regardent attentivement. Au pied de la montagne est l’entrée tortueuse d’un lac qu’on appelle Aphrodisien. Il y a dans ce lac trois îles, deux desquelles sont pleines d’oliviers et de figuiers, la troisième est entièrement dénuée de ces sortes d’arbres mais on y trouve beaucoup de poules d’Inde. Ensuite on voit un grand golfe qu’on appelle Acathartus. Dans ce golfe est une longue presqu’île au bout de laquelle un passage étroit conduit les vaisseaux dans la mer qui est vis-à-vis.

L’île Ophiodès d’où les rois d’Alexandrie tiraient la topaze.

En continuant sa route, on rencontre une île située en pleine mer qui a quatre‑vingts stades de long. On la nomme l’île Ophiodès. Elle était autrefois pleine de toutes sortes de serpents formidables, et c’est de là qu’elle a tiré son nom, mais dans ces derniers temps, les rois d’Alexandrie l’ont si bien purgée de ces animaux qu’on n’en voit plus aucun. La raison pour laquelle on a tant de soin de rendre cette île habitable est qu’elle produit la topaze. C’est une pierre transparente comme le verre, très agréable à la vue et d’une admirable couleur d’or. L’entrée de cette île est défendue aux voyageurs pour la même raison. Tous ceux qui osent y aborder sont aussitôt mis à mort par les gardes à qui elle est confiée. Ils sont en petit nombre et ils mènent une vie fort malheureuse, car de peur qu’on ne vole quelques‑unes de ces pierres, on ne laisse aucun vaisseau dans toute l’île, et les passagers s’en éloignent le plus qu’ils peuvent par la crainte du roi. Les vivres qu’on a ordre de leur porter sont quelquefois consumés trop tôt, et l’on n’en trouve point dans le pays. Quand ils commencent à en manquer, les habitants du lieu viennent s’asseoir tous ensemble sur le rivage en attendant l’arrivée de leurs provisions et pour peu qu’elles tardent à venir ils se voient bientôt réduits à la dernière extrémité. La topaze croît dans les rochers. On ne peut pas la remarquer pendant le jour à cause de la clarté du soleil qui l’efface. Mais elle brille pendant les ténèbres de la nuit et on distingue de fort loin le lieu où elle est. Les gardes de l’île vont tour a tour à la recherche de ces pierres. Dès qu’ils en ont trouvé une, ils couvrent l’endroit qui leur a paru lumineux d’un vase de pareille grandeur. Le lendemain, y étant retournés, ils coupent le morceau de roche dans l’espace marqué et le donnent à des ouvriers experts dans l’art de polir les pierres. Les voyageurs rencontrent ensuite diverses nations d’Ichtyophages et de pasteurs Troglodytes. Après cela, on voit plusieurs montagnes jusqu’à ce qu’on soit enfin arrivé au port Sotère, qui fut ainsi nommé par des Grecs qui y surgirent heureusement après une fâcheuse navigation. C’est là que le golfe commence à se rétrécir et à tourner du côté de l’Arabie. Dans ce même endroit, la terre et la mer changent visiblement de nature. La terre est basse, et on n’y aperçoit point de collines. La mer est dangereuse, elle n’a guère que trois brasses et demie de profondeur, et ses eaux sont d’une couleur très verte. On dit pourtant que cette couleur ne vient pas tant de l’eau que de la mousse qui est au fond et qui donne cet aspect à sa surface. Cette rade est commode aux petits vaisseaux à rames à cause du peu de mouvement qu’ont les flots de la mer en cet endroit et de la grande quantité de poissons qu’on y trouve. …

XXI. Description du rivage du golfe arabique.

Après avoir fait connaître cette partie du pays des Troglodytes, nous allons décrire l’autre côté du rivage qui appartient à l’Arabie en commençant par le fond.

Pline l’Ancien Livre VI : Les Troglodytes appelés Midoé (Madian ? Midoé = Madian = Madiam Gn 25v2, comme Libye = Labiim fils de Misraim fils de Cham Gn 10v13 dans la Septante)

Pline l’Ancien VI, XXXIV. [1] La Troglodytique, que les anciens ont nommée Michoé, d’autres Midoé; le mont Pentedactylos; les îles Stenaedeirae (Cols étroits) en assez grand nombre, les îles Halonnèses en nombre non moins grand; Cardamine ; Topazos, qui a donné son nom à la pierre précieuse (XXXVII, 32 ); un golfe rempli d’îles : celles qu’on appelle îles de Maréos ont de l’eau, celles qu’on appelle îles d’Eraton n’en ont pas, les rois d’Égypte y eurent des gouverneurs. Dans l’intérieur, les Candéens, qu’on appelle Ophiophages, accoutumés à se nourrir de serpents; il n’y a pas de pays qui en produise davantage.

Strabon :GEOGRAPHIE, LIVRE DIX-SEPT CHAPITRE I, L’EGYPTE ; Traduction française : Amédée TARDIEU : situation géographique des Troglodytes

2- «…. A 700 stades au-dessus du confluent de l’Astaboras et du Nil, Eratosthène place une ville nommée Méroé comme l’île elle-même, il parle aussi d’une autre île située encore plus haut que Méroé et qui serait occupée par les descendants de ces Egyptiens fugitifs, déserteurs de l’armée de Psammitichus, que les gens du pays appellent les Sembrites, comme qui dirait les Etrangers, population chez laquelle le pouvoir royal est exercé par une femme, qui elle-même reconnaît l’autorité du souverain de Méroé. Au-dessous de l’île des Sembrites, des deux côtés de Méroé, on rencontre différentes nations, et d’abord, sur la rive du Nil (j’entends sur celle des deux rives qui regarde la mer Erythrée), la nation des Mégabares et celle des Blemmyes, (cette dernière sujette des Ethiopiens, bien que limitrophe de l’Egypte) ; puis le long de la mer Erythrée, sur le rivage même, la nation des Troglodytes (ceux des Troglodytes qui habitent à la hauteur de Méroé se trouvent à 10 ou 12 journées de marche de distance du Nil). Sur la rive gauche du Nil, maintenant, et en pleine Libye, on rencontre les Nubae, nation considérable, qui commence à Méroé et s’étend jusqu’aux coudes ou tournants du fleuve. Indépendants des Ethiopiens, les Nubae forment un Etat à part, mais divisé en plusieurs royaumes. Quant au littoral de l’Egypte compris entre la bouche Pélusiaque du Nil et la bouche Canopique, il mesure une longueur de 1300 stades. …

53. Si l’Egypte dès l’origine a joui d’une paix ininterrompue, elle le doit à une double circonstance, à ce que les ressources qu’elle tire d’elle-même lui ont toujours suffi et à ce que ses abords sont très difficiles pour une armée venant du dehors : déjà protégée du côté du nord par la mer d’Egypte et par l’absence de ports et autres abris sur tout le littoral de cette mer, elle l’est encore à l’orient et au couchant par les solitudes de la double chaîne libyque et arabique, dont nous avons parlé plus haut. Enfin du côté du midi, au-dessus de Syène, elle se trouve avoir pour voisins les Troglodytes, les Blemmyes, les Nubae et les Mégabares, tous peuples éthiopiens qui mènent la vie nomade et ne sont en somme ni bien nombreux ni bien belliqueux, quoique les Anciens les aient jugés tels pour quelques actes de brigandage commis à l’égard de voyageurs sans défiance. Ajoutons que les Ethiopiens plus méridionaux, dont les possessions s’étendent dans la direction de Méroé, ne sont pas plus nombreux, qu’habitant cette longue, étroite et sinueuse vallée du Nil que nous avons décrite précédemment, ils n’ont pas réussi davantage à former un Etat uni et compacte, et qu’ils se trouvent par le fait aussi mal pourvus pour la guerre que pour les besoins et nécessités de la vie commune. Encore actuellement la même tranquillité règne dans toute l’Egypte, … .

Strabon, Géographie Livre XVI : Troglodyque

CHAPITRE IV.… 4. Le nome de Cattabanie produit surtout de l’encens, et le nome de Chatramôtitide surtout de la myrrhe ; et ces deux précieuses denrées, jointes aux autres aromates, servent aux échanges que font les indigènes avec les marchands étrangers, soit avec ceux qui sont venus d’Aelana et qui ont mis soixante-dix jours à atteindre le nome de Minée (on sait qu’Aelana occupe le fond de cette autre branche du golfe Arabique qui tire vers Gaza et qu’on appelle la branche Aelanite), soit avec les marchands gerrhéens qu’un trajet de quarante jours a amenés dans la Chatramôtitide. Le côté du golfe Arabique qui part du fond de la branche Elanite et qui longe l’Arabie mesure, au rapport d’Alexandre et d’Anaxicratès, 14 000 stades, mais n’est là un calcul quelque peu exagéré. Le côté opposé, le même qui borde la Troglodytique et qu’on se trouve avoir à droite quand on range la côte depuis Héroopolis, mesure 9000 stades jusqu’à Ptolémaïs et jusqu’à la région où l’on chasse l’éléphant, et, dans cet intervalle, à l’exception d’un endroit où il incline légèrement à l’est, ce côté conserve sa même direction au midi; mais, à partir de là et jusqu’à la partie. étroite du golfe, il mesure 4500 stades environ en inclinant à l’est d’une manière beaucoup plus marquée. C’est le cap Diré, avec une petite ville de même nom, habitée toute par des Ichthyophages, qui forme, sur la rive éthiopienne, le détroit [donnant accès dans le golfe Arabique.] On voit encore, paraît-il, à Diré une stèle ou colonne du roi d’Egypte Sésostris avec inscription hiéroglyphique commémorative du passage du détroit par le conquérant. Il y a toute apparence, en effet, que Sésostris, après avoir conquis, lui 1e premier, l’Ethiopie et la Troglodytique, passa en Arabie et partit de là pour parcourir triomphalement toute l’Asie, comme l’attestent et les retranchements dits de Sésostris qu’on rencontre en maint endroit de cette contrée, et tant de sanctuaires aussi, bâtis évidemment sur le modèle des temples égyptiens. Le golfe, à la hauteur de Diré, se rétrécit au point de n’avoir plus qu’une largeur de 60 stades. Toutefois ce qu’on appelle aujourd’hui le Détroit n’est pas à Diré : c’est plus loin qu’il faut le chercher, en un endroit où la distance, à vrai dire, d’un continent à l’autre est encore de 200 stades environ, mais où se trouve un groupe de six îles qui obstrue le golfe de manière à n’y laisser que des passes extrêmement étroites. C’est là, nous l’avons déjà dit, que se fait au moyen de radeaux le transport des marchandises entre les deux continents et que l’on place le Détroit proprement dit. Une fois ces îles dépassées, la navigation continue le long de la région Myrrhifère, et jusqu’à la Cinnamomifère, dans une direction sud-est, et ce trajet, quand on tient compte des moindres enfoncements de la côte, représente à peu près 5000 stades. Jusqu’à présent (c’est toujours Eratosthène qui parle) aucun navigateur n’a poussé plus loin que la Cinnamomifère. Eratosthène ajoute que les villes ne sont guère nombreuses sur la côte, mais qu’en revanche l’intérieur en compte beaucoup et qui pour la plupart sont très peuplées. Tels sont les renseignements qu’Eratosthène nous donne sur l’Arabie, mais certains géographes nous en fournissent d’autres, et nous croyons bien faire en complétant les siens par ceux-là.5. Suivant Artémidore, le promontoire qui se détache de la côte d’Arabie en s’avançant pour ainsi dire à la rencontre du cap Diré est connu sous le nom d’Acila. Un autre renseignement que nous lui devons, c’est que, dans le canton de Diré, tous les hommes ont le gland déformé. Il nous apprend encore que le premier point de la Troglodytique où l’on aborde quand on vient d’Héroopolis est Philôtère, ville fondée par Satyrus, qui lui donna le nom de la soeur de Ptolémée II. Satyrus était venu dans le pays, avec la mission de rechercher les emplacements les plus favorables à la chasse de l’éléphant. A Philôtère succèdent : 1° une autre ville qu’Artémidore appelle Arsinoé ; 2° plusieurs fontaines jaillissantes, dont les eaux, à la fois chaudes, amères et saumâtres, se précipitent dans la mer du haut d’une roche très élevée ; 3° un peu plus loin, une plaine, du milieu de laquelle on voit surgir une montagne qui a la couleur vive du minium. Le point qu’Artémidore signale ensuite est appelé indifféremment Myos-Hormos et Aphroditès-Hormos : c’est un port spacieux, mais dont l’entrée est tortueuse et difficile. Juste en face de cette entrée sont situées trois îles, deux qui sont couvertes d’oliviers et très ombragées, et la troisième, où les arbres sont plus rares, qui est toute remplie de pintades. Le golfe Acathartos (autrement dit Immonde), lequel fait suite immédiatement à Myos-Hormos, se trouve, ainsi que ce port, encore à la hauteur de la Thébaïde. Il ne justifie que trop son nom, tant est grande l’impression d’horreur qu’on éprouve à l’approche de ses écueils cachés, de ses longs bancs de récifs et à la vue de ses eaux presque toujours soulevées par des vents furieux. Tout au fond de ce golfe Artémidore place une ville, Bérénice.6. Passé le golfe Acathartos, on atteint l’île Ophiôdès, ainsi nommée du grand nombre de serpents qu’elle nourrissait, avant que le roi Ptolémée II, tant pour prévenir les cas de piqûre et de mort devenus trop fréquents parmi les équipages qui y abordaient, que pour donner toute sécurité aux chercheurs de topazes, l’en eût tout à fait purgée. La topaze est une pierre transparente quia les reflets fauves de l’or, si bien que, le jour, aux rayons trop ardents du soleil, elle n’est pas facile à apercevoir ; la nuit, au contraire, rien n’empêche ceux qui la cherchent de la bien voir. Ils marquent alors la place de chaque topaze au moyen d’un petit godet solidement attaché, et, quand vient le jour, ils procèdent à l’extraction de la pierre. Il y avait autrefois un corps spécial, entretenu aux frais des rois d’Egypte, qui était préposé à la garde de ce précieux gisement ainsi qu’à la recherche des topazes.7. Au delà de l’île Ophiôdès, on voit se succéder un grand nombre de tribus d’Ichthyophages et de Nomades. Puis vient le port de Sôtira, lequel aura reçu son nom apparemment de commandants de vaisseaux reconnaissants, qui, y ayant trouvé un refuge au sortir de dangereuses tempêtes, voulurent consacrer ainsi le souvenir de l’événement. Plus loin un changement très marqué se produit dans l’aspect de la côte et du golfe. La côte cesse d’être âpre et rocheuse ; elle se rapproche de plus en plus de l’Arabie et semble au moment d’y toucher ; en même temps on entre dans des eaux basses dont la profondeur n’est plus que de 2 orgyes (3,5 mètre = 2 x 4 coudées x 0,443 mètre) et qui présentent à leur surface une teinte d’herbe verte très prononcée due à la grande quantité de mousses et d’algues que la transparence de l’eau laisse apercevoir au fond de la mer dans toute l’étendue du détroit, circonstance au surplus qui n’a rien d’étonnant, puisque la présence d’arbres sous-marins a été constatée dans ces mêmes parages. Ajoutons qu’on y rencontre aussi un très grand nombre de chiens de mer et que le détroit en est comme infesté. Les Taures qu’on relève ensuite sont deux montagnes, qui, vues de loin, offrent effectivement dans leurs contours une certaine ressemblance avec des taureaux. Puis vient une autre montagne que couronne un temple d’Isis, monument de la piété de Sésostris, et qui précède une île toute plantée d’oliviers, souvent couverte par les eaux de la mer. Immédiatement après cette île, est la ville de Ptolémaïs, qui fut bâtie à proximité de la région où l’on chasse l’éléphant par un officier de Philadelphe, nommé Eumédès : envoyé exprès pour préparer cette chasse, Eumédès avait commencé par fermer secrètement au moyen d’un fossé et d’un mur une des presqu’îles de la côte, il avait ensuite désarmé par d’habiles ménagements les populations qui menaçaient de gêner son établissement, et avait réussi ainsi à se faire de voisins malveillants des amis sûrs et dévoués.8. Dans l’intervalle [de l’île à Ptolémaïs on voit déboucher un bras de l’Astaboras, fleuve qui, une fois sorti du lac où il prend sa source, se divise, envoie à la mer directement une partie de ses eaux, et, par sa branche principale, va se réunir au Nil ; puis, on relève successivement le groupe des îles Latomies, lesquelles sont au nombre de six, l’estuaire Sabaïtique et le fort que Suchos a bâti dans l’intérieur des terres au-dessus de cet estuaire], un port connu sous le nom d’Elaea, une île dite de Straton, et le port de Saba avec un cynéyion de même nom où l’on chasse l’éléphant. La contrée à laquelle on accède en pénétrant jusqu’au fond de ces derniers ports ou estuaires, est appelée du nom de Ténesside par Artémidore, qui la dit occupée par des Egyptiens descendants des déserteurs de l’armée de Psammiticlnts. Le nom de Sembrites, qui est celui sous lequel cette population est connue dans le pays, signifie en effet étrangers, venus d’ailleurs. Artémidore nous apprend en outre que le pays est gouverné par une reine, la même qui a déjà sous sa domination Méroé. Ce nom de Méroé désigne une île formée par le Nil dans le voisinage de la Ténesside et au-dessous d’une autre île où les mêmes déserteurs égyptiens avaient fondé un premier établissement. De Méroé à la partie de la côte que nous avons atteinte présentement, la distance, à ce qu’on assure, est de 15 journées pour un bon marcheur. C’est aussi près de Méroé qu’est le confluent de l’Astaboras et de l’Astapus, voire celui de l’Astaboras avec le Nil.9. Quant aux noms de Rhizophages et d’lléléens sous lesquels on désigne les populations riveraines de ces différents cours d’eau, ils rappellent que ces populations vivent uniquement des racines (rhizae) qu’elles coupent dans l’Hélos ou marais voisin : de ces racines, écrasées avec des pierres, elles font des espèces de gâteaux qu’elles mangent après les avoir cuits au soleil. Tout leur pays est infesté de lions ; mais, dans les premiers jours qui suivent le lever de Sirius, les lions disparaissent, mis en fuite jusqu’au dernier, par les piqûres de mouches énormes. D’autres populations, voisines de celles-là, se nourrissent de grains (spermata), d’où leur nom de Spermophages ; seulement si le grain vient à manquer, elles sont réduites à vivre de glands qu’elles apprêtent alors de la même manière que font les Rhizophages leurs racines. Après Elée, nous signalerons [sur la côte] les Démétriûscopies et les Conônobômi et dans l’intérieur une vaste région où croissent en abondance les roseaux indiens. Tout au fond de ce pays connu sous le nom de nome de Coracium, s’élevait naguère une ville, Endera, chef-lieu de la tribu des Gymnètes. Pour toutes armes les Gymnètes ont des arcs de jonc et des flèches durcies au feu par le bout ; mais ils montent sur les arbres, et de là visent et abattent les bêtes féroces, quand ils ne les tirent pas de plain-pied, ce qui leur arrive quelquefois. Il y a aussi dans le pays beaucoup de buffles, et la viande de buffle jointe à la chair des autres bêtes sauvages auxquelles ils donnent la chasse fait le fond de leur nourriture. Parfois il leur arrive de revenir de la chasse sans avoir rien tué, ils se contentent alors pour assouvir leur faim de faire griller sur des charbons des peaux sèches. Les Gymnètes ont une coutume remarquable : chaque année ils instituent un concours de tir à l’arc où ne sont admis que de tout jeunes garçons non encore parvenus à l’âge de puberté. Aux Conônobômi ou Autels de Conon succède le port de Mélinûs, et dans l’intérieur juste au-dessus de ce port se trouvent le château de Coraiis avec une chasse de même nom, un autre château encore, et plusieurs autres chasses ; puis vient le port d’Antiphile, qui se trouve être adossé en quelque sorte au territoire des Créophages. Chez ce peuple, tous les hommes ont le gland déformé et comme mutilé, et toutes les femmes, conformément à la coutume rigoureuse des Juifs, subissent l’excision [des petites lèvres].10. En s’avançant encore plus loin dans l’intérieur, mais plus dans la direction du midi, on rencontre la tribu des Cynantolges, ou, comme on l’appelle dans le pays même, la tribu des Agrii. Les hommes de cette tribu laissent pousser leurs cheveux et portent toute leur barbe. Leurs chiens sont de la plus grande taille et leur servent à chasser les troupeaux de boeufs indiens qui de temps à autre font irruption des cantons voisins sur leur territoire, soit pour fuir la dent des bêtes féroces, soit parce que leurs pâturages ordinaires sont épuisés. C’est habituellement entre le solstice d’été et le milieu de l’hiver que l’irruption de ces animaux a lieu. Immédiatement après le port d’Antiphile, on relève : 1° un autre port appelé le Colobônalsos ; 2° une ville connue sous le nom de Bérénice-lez-Sabae ; 3° Sabae même, qui est une ville de très grande étendue ; Eumenûsalsos. Juste au-dessus est la ville de Darada avec une chasse d’éléphants dite la Chasse du puits. C’est la tribu des Eléphantophages qui occupe tout ce canton, et, [comme son nom l’indique,] son unique occupation est la chasse aux éléphants. Quand, du haut des arbres où ils se postent, ils aperçoivent un troupeau d’éléphants qui traverse la forêt, les Eléphantophages ne se hâtent pas de l’attaquer ; mais, pour peu qu’un des éléphants qui forment l’arrière-garde s’écarte, ils s’approchent de lui sans faire de bruit et lui coupent les jarrets. Quelquefois aussi ils percent les éléphants de flèches qu’ils ont au préalable trempées dans du fiel ou de la bave de serpent. Le maniement de leurs arcs exige le concours de trois hommes : deux de ces hommes, la jambe en avant, tiennent l’arc et le troisième tire la corde. D’autres chasseurs marquent les arbres contre lesquels les éléphants ont coutume de se reposer, puis passant de l’autre côté ils coupent l’arbre au pied. Alors, quand la bête vient pour s’y appuyer, l’arbre tombe et l’entraîne dans sa chute, et, comme il lui est impossible de se relever, l’os de la jambe chez l’éléphant étant tout d’une pièce et ne pouvant se plier, les chasseurs postés sur les arbres voisins se hâtent d’en descendre et égorgent leur proie. Les Nomades n’appellent jamais les chasseurs d’éléphants autrement que les Impurs.…

11. Au-dessus des Eléphantophages habite une tribu moins importante, la tribu des Struthophages, dont le territoire nourrit force oiseaux, grands comme des cerfs, trop lourds pour voler, mais qui peuvent courir avec une extrême vitesse, à la façon des autruches. Les indigènes chassent ces oiseaux de deux façons : les uns les poursuivent et les abattent à coups de flèches ; les autres s’affublent de la dépouille même de quelqu’un de ces oiseaux, la main droite engagée dans le long cou de la bête pour lui imprimer les mêmes mouvements que ces oiseaux ont l’habitude de faire avec leur cou ; puis, de leur autre main, ils prennent du grain dans une besace pendue à leur côté et le répandent à terre, ils attirent les oiseaux au moyen de cet appât dans des ravins ou vallées sans issue, où des gens embusqués les attendent pour les abattre à coups de bâton. Les Struthophages s’habillent avec la peau des oiseaux qu’ils ont tués et ils s’en font aussi des couvertures dans lesquelles ils s’enveloppent pour dormir. Ils sont perpétuellement en guerre avec les Simi, tribu éthiopienne qui n’a d’autre arme que des cornes d’oryges.12. Dans le voisinage des peuples que nous venons de nommer habitent les Acri,lolthayes. Plus noirs de peau que les autres, les Acridophages sont beaucoup plus petits de taille et vivent aussi comparativement très peu de temps ; il est rare en effet qu’ils dépassent quarante ans, circonstance qu’on attribue à ce qu’ils ont le corps rongé de vermine. Ils vivent de sauterelles que les vents du sud-ouest et de l’ouest, toujours très forts au printemps dans ces régions, emportent et chassent vers leur pays. Pour les prendre, ils entassent au fond des vallées du bois qui a la propriété de faire beaucoup de fumée en brûlant, puis ils l’allument lentement. En passant au-dessus, les sauterelles sont aveuglées et suffoquées] par la fumée, elles tombent, et, après qu’on les a ramassées, on les écrase, on les pile dans de la saumure, pour en faire des espèces de gâteaux qui forment le fond de la nourriture des Acridophages. Derrière le territoire de ce peuple s’étend une vaste contrée, entièrement déserte, bien que renfermant de gras pâturages : on donne pour cause de cet abandon la présence d’une quantité infinie de scorpions et de phalanges dites à quatre mâchoires, qui, à force de pulluler, ont fini par mettre en pleine déroute tous les habitants du pays.13. Passé le port d’Eumène, toute la côte jusqu’à Diré et jusqu’au Détroit des six îles est occupée par des Ichthyophages, des Créophages et des Colobes, lesquels s’enfoncent même assez avant dans l’intérieur. On y rencontre aussi, avec un certain nombre de cynégies ou de chasses d’éléphants, plusieurs villes de peu d’importance. Ajoutons que quelques petites îles bordent cette partie de la côte. La plupart des peuples que nous venons de nommer sont nomades ; quelques-uns dans le nombre sont agriculteurs, et sur beaucoup de points du territoire de ces derniers le styrax croit en abondance C’est à la marée basse que les Ichthyophages ramassent le poisson ; une fois qu’ils l’ont ramassé, ils le jettent contre les rochers et l’y laissent cuire au soleil. Puis ils le désossent, et, recueillant les arêtes, ils les entassent ; quant à la chair, ils la pétrissent avec les pieds, et en font ensuite des gâteaux ou des pâtes, qu’ils recuisent au soleil et qu’ils gardent comme provisions. Lors des gros temps, ne pouvant ramasser de poisson, ils broient les arêtes qu’ils ont entassées et les arrangent de même en pâtes qu’ils mangent ensuite. Ils aiment aussi beaucoup à sucer les arêtes fraîches. Bon nombre d’Ichthyophages engraissent dans des fondrières, qui sont autant de relais de mer, certains coquillages charnus, et cela au moyen de menus poissons ou de fretin qu’ils y jettent : autre ressource précieuse pour eux quand le poisson devient rare. Ils entretiennent d’ailleurs aussi des viviers de toute sorte pour y garder en réserve le poisson lui-même. D’autres tribus, de celles qui habitent la partie de la côte où l’eau douce fait défaut, se déplacent tous les cinq jours au grand complet, avec femmes et enfants, et en poussant des cris d’allégresse remontent vers les puits et aiguades de l’intérieur ; puis, à peine arrivés, tous s’élancent vers l’eau, et courbés, penchés au-dessus comme des bestiaux, ils boivent, boivent, jusqu’à ce que leur ventre, tendu et ballonné, devienne aussi dur qu’une peau de tambour, après quoi ils regagnent comme ils peuvent le bord de la mer. Ces populations habitent au fond de cavernes ou dans de grossières cahutes, que supportent des os et arêtes de cétacés en guise de poutres et de solives, et qui sont couvertes en branchages d’olivier.14. Les Chélonophages profitent des dimensions énormes des chéloniens ou tortues de ces parages et avec leurs écailles se font des abris, voire même des embarcations. D’autres tirent parti des masses de fucus que la mer rejette ici sur la côte et qui y forment des espèces de tertres ou de hautes dunes, ils les creusent en des-sous et s’y logent. Un autre usage particulier à ces peuples consiste à jeter leurs morts en proie aux poissons, encore laissent-ils au reflux le soin de les emporter loin de la rive. Parmi les îles qui bordent leur côte on distingue l’île des Tortues, l’île des Phoques et l’île des Eperviers, rangées toutes trois à la suite les unes des autres. Quant à la côte même, elle est couverte de palmiers et de plantations d’oliviers et de lauriers, et cela non pas seulement en deçà du Détroit, mais encore au delà sur un assez grand espace. Il y a aussi l’île de Philippe, qui se trouve située juste à la même hauteur que la chasse d’éléphants dite de Pythangelus dans l’intérieur. Puis vient la ville d’Arsinoé avec un port de même nom, précédant Diré et ayant aussi une chasse d’éléphants située juste au-dessus d’elle. A Diré commence alors la côte des Aromates, dont la première partie, encore occupée par des Ichthyophages et des Créophages, produit surtout de la myrrhe, mais beaucoup de persée aussi et de sycamin d’Egypte. Au-dessus, dans l’intérieur, est Licha, chasse célèbre d’éléphants, parsemée de ces immenses flaques d’eau qui se forment pendant la saison des pluies, et où les éléphants viennent s’abreuver jusqu’à ce que les ayant mises à sec ils n’aient plus d’autre ressource pour trouver de l’eau que de se creuser avec leurs trompes et leurs défenses de véritables puits. Sur la côte même, en deçà du promontoire de Pytholaüs, il y a deux immenses lacs, l’un d’eau saumâtre auquel on donne le nom de tuer, l’autre d’eau douce qui nourrit force hippopotames et force crocodiles, et sur les bords duquel le papyrus croît en abondance. On rencontre aussi beaucoup d’ibis dans tout ce canton. Ajoutons qu’aux environs du promontoire de Pytholaüs, la pratique des mutilations corporelles commence à disparaître. Suit la région de l’encens, dite libanôtophore, dont le seuil est marqué par une pointe avancée que couronne un temple entouré d’une plantation de peupliers. Puis, à la même hauteur, dans l’intérieur des terres, courent l’Isidopotamie et une autre vallée (celle du Nil), couvertes l’une et l’autre de ces précieux arbustes qui donnent la myrrhe et l’encens. On y signale également la présence d’un grand réservoir qu’alimentent les eaux qui descendent des montagnes. Sur la côte, maintenant, on voit se succéder Léontoscopé, Pythangelû-limên, un canton qui, [outre la myrrhe et l’encens], produit aussi beaucoup de fausse casse, puis, jusqu’au seuil de la Cinnamômophore, différentes vallées qui sont bordées d’arbres à encens dans toute leur longueur et qui portent les noms de leurs fleuves respectifs. Le fleuve qui marque la limite de la cinnamômophore offre cette particularité que le phleils croît sur ses bords en très grande quantité. Un autre fleuve fait suite à celui-là ; puis viennent le port Daphnûs et l’Apollonopotamie, qui produit, non seulement de l’encens, mais aussi de la myrrhe et du cinnamôme. Toutefois cette dernière plante croît en plus grande quantité dans les cantons de l’intérieur. Le mont Eléphas qu’on relève ensuite avance sensiblement dans la mer et précède : 1° une crique ou coupure formant une sorte de canal naturel ; 2° un port spacieux dit de Psyglatus ; 3° l’aiguade des Cynocéphales ; 4° le Notû-céras, qui est le dernier point saillant de toute cette côte. Car au delà, pour doubler ce promontoire et nous avancer au midi, «nous n’avons plus, dit Artémidore, ni relevés de ports, ni listes de noms de lieux, n’y ayant jamais eu d’exploration méthodique qui ait permis de ranger ce littoral extrême au nombre des terres connues».15. Il est à noter cependant que, même sur cette côte ultérieure, on signale encore la présence de colonnes et d’autels, dits de Pytholaüs, de Lichas, de Pythangelus, du Lion et de Charimostus, et portant, comme on voit, les mêmes noms que telle et telle localité de la côte parfaitement connue et explorée qui est comprise entre Diré et le Notû-céras ; mais à quelle distance se trouvent ces colonnes, ces autels ? C’est ce qu’on ignore absolument. Tout le pays est plein d’éléphants et de fourmis-lions, animaux singuliers qui ont les testicules renversés, la couleur fauve de l’or et le poil tout à fait ras. Ceux de l’Arabie ne l’ont pas au même degré. Le pays nourrit aussi des léopards d’une force prodigieuse et des rhinocéros. Il n’est pas exact de dire, comme le fait Artémidore, un peu bien légèrement pour un homme qui affirme ne parler que d’après ce qu’il a vu lui-même à Alexandrie, que la longueur du corps des rhinocéros diffère à peine de celle des éléphants ; et, à en juger du moins par l’individu que nous avons vu, nous, il y a entre les rhinocéros et les éléphants sous ce rapport à peu près la même différence que sous le rapport de la taille. Il n’est pas exact non plus de dire que la couleur de leur peau soit celle du buis, elle rappelle beaucoup plus celle de la peau de l’éléphant. De même taille que le taureau, les rhinocéros ressemblent beaucoup extérieurement, par la forme de leur museau surtout, au sanglier, si ce n’est qu’ils ont sur le nez une corne courte et comme aplatie, mais plus dure que pas un os, qui leur sert d’arme et leur rend les mêmes services qu’aux sangliers leurs défenses. Ils ont en outre deux gros plis, partant l’un de la nuque, et l’autre de la région lombaire, qui les enveloppent depuis l’échine jusque sous le ventre, comme pourraient le faire les orbes ou anneaux d’un serpent. C’est toujours d’après l’individu vivant que nous avons vu que nous donnons ces détails. Mais Artémidore ajoute quelques renseignements intéressants, celui-ci par exemple qui est caractéristique, que le rhinocéros est perpétuellement en guerre avec l’éléphant à qui il dispute ses pâturages, et que sa manoeuvre pour le combattre consiste à glisser son museau sous le ventre de l’éléphant et à le lui labourer avec sa corne, à moins que de sa trompe et de sa double défense l’éléphant ne le prévienne.16. Le même pays nourrit aussi beaucoup de girafes ou de camélopards, qui, en dépit de leur nom, n’ont aucun point de ressemblance avec le léopard ; le bariolage de leur robe, en effet, qui se trouve être à la fois rayée, tachetée, mouchetée, rappelle plutôt le pelage du daim. Ajoutons que le camélopard a la partie postérieure beaucoup plus basse que la partie antérieure, si bien qu’à voir ce train de derrière qui n’excède pas la taille d’un boeuf et ces jambes de devant, aussi longues pour le moins que celles du chameau, on croirait l’animal toujours assis ; mais, comme son cou en revanche est très droit et très élevé, sa tête dépasse de beaucoup celle du chameau. J’ajouterai que ce défaut de proportion entre les différentes parties de son corps m’empêche de croire que le camélopard soit doué d’une vitesse aussi grande que le dit Artémidore, qui le représente comme supérieur sous ce rapport à tous les animaux connus. On ne saurait le ranger non plus au nombre des animaux sauvages mais bien plutôt au nombre des animaux domestiques, tant il se montre peu farouche. Artémidore signale encore la présence dans le pays de sphinx, de cynocéphales et de cèbes, animaux étranges, qui passent pour avoir la face d’un lion, le corps d’une panthère et la taille d’un daim. Il s’y trouve aussi, paraît-il, des taureaux sauvages, des taureaux carnivores, qui surpassent singulièrement en force et en vitesse les taureaux de nos pays, et qui sont de couleur rousse. Quant au crocutta, Artémidore en parle comme d’un animal hybride, produit de l’accouplement d’un loup et d’une chienne. Métrodore de Scepsis parle du même animal dans son traité de l’Ilabitude, mais tout ce qu’il en dit paraît fabuleux et ne mérite pas qu’on s’y arrête. Il y aurait enfin, si l’on en croit Artémidore, dans ce même pays, des serpents longs de 30 coudées et assez forts pour pouvoir étouffer éléphants et taureaux ; or c’est là une assertion relativement modérée, et les serpents de l’Inde et de la Libye, ces serpents sur le dos desquels on voit soi-disant l’herbe pousser, sont bien autrement fabuleux.17. Dans toute la Troglodytique, les populations mènent la vie nomade. Chaque tribu a son chef, son tyran. Les femmes et les enfants sont possédés en commun : il n’y a d’exception que pour les femmes et les enfants des chefs, et quiconque s’est rendu coupable d’adultère avec l’une des femmes du chef est puni d’une amende consistant dans le paiement d’un mouton. Les Troglodytes apportent le même soin que leurs femmes à se peindre les sourcils et le dessous des yeux avec de la poudre d’antimoine, et, comme elles, ils s’entourent le cou de coquilles enfilées [en guise d’amulettes] pour conjurer les charmes. Le grand sujet de querelle entre les différentes tribus est la possession des pâturages. Au commencement, on ne fait que se pousser avec les mains, puis on se lance des pierres, et, à la première blessure, on en vient aux flèches et aux couteaux ; mais les femmes interviennent et leurs supplications mettent fin au combat. Le fond de la nourriture des Troglodytes consiste en une espèce de hachis de viande et d’os qu’ils roulent ensemble dans la peau même, et qu’ils font cuire ensuite; on pourrait donc leur donner la double qualification d’ostophages et de dermatophages aussi bien que le nom de créophages. Les cuisiniers toutefois (les impurs, comme ils les appellent) ont encore plusieurs autres façons d’apprêter la viande : avec du sang et du lait mélangés, par exemple, ils font un excellent ragoût. Il y a aussi deux espèces de boisson, pour les gens du commun l’infusion de paliure, et pour les chefs le mélicras, lequel se prépare avec le miel qu’on exprime d’une certaine fleur. L’hiver, pour les Troglodytes, commence avec les vents étésiens, car il est notoire que ce sont ces vents qui amènent les grandes pluies ; ils ont l’été le reste du temps. Leur habitude est d’aller nus, mais il leur arrive aussi de se vêtir de peaux. Ils portent toujours une massue à la main. La colobie ou simple incision du prépuce ne leur suffit pas, et beaucoup d’entre eux subissent la circoncision proprement dite à la façon des Egyptiens. Les Ethiopiens Mégabares ajoutent à leurs massues des pointes en fer, et se servent en outre de lances et de boucliers faits de cuir cru, tandis que les autres Ethiopiens n’ont pour armes que l’arc et la lance. Voici comment chez certaines tribus troglodytes on procède à la sépulture des morts : on commence par attacher solidement le con aux jambes au moyen de baguettes de paliure, et tout de suite après, avec un entrain joyeux, voire avec de grands éclats de rire, on fait pleuvoir sur le corps une grêle de pierres, jusqu’à ce qu’il vn soit couvert et qu’on n’en puisse plus rien voir ; on plante alors une corne de chèvre au haut du tas de pierres, et, cela fait, on se disperse. Les Troglodytes ne marchent jamais que la nuit, et, avant de se mettre en route [avec leurs troupeaux], ils attachent des clochettes au cou des mâles pour que le bruit écarte les bêtes féroces. Ils se servent aussi contre ces dangereux ennemis de l’éclat des torches et de l’adresse de leurs archers ; enfin il leur arrive souvent, pour la sûreté de leurs troupeaux, d’allumer de grands feux et de veiller auprès en chantant certaines mélopées.18. Après cette digression sur les Troglodytes et les Ethiopiens leurs voisins, Artémidore revient aux Arabes, et, partant du Posidium, il passe en revue les différentes tribus qui bordent le golfe Arabique et qui font face aux Troglodytes. Le Posidium, il le dit lui-même, se trouve encore plus enfoncé dans les terres que ne l’est l’extrémité du golfe Aelanitès. Tout de suite après est le Phoenicôn, lieu largement arrosé, qu’entoure une sorte de vénération publique, tant il contraste heureusement avec le reste de la contrée, laquelle est absolument brûlée par le soleil et manque à la fois d’eau et d’ombre. Ajoutons que les arbres du Phoenicôn donnent des fruits en quantité véritablement prodigieuse. La surintendance du bois sacré appartient à un homme et à une femme que leur naissance a désignés pour cet office : l’un et l’autre s’habillent de peaux de bêtes, tirent toute leur nourriture des palmiers et dorment dans de petites cahutes de feuillage qu’ils se sont construites au haut des arbres par peur des bêtes féroces si nombreuses aux alentours. Au Phoenicôn succède une île, connue sous le nom d’île des Phoques à cause de la quantité de phoques qui en infestent les parages. Près de cette île est la pointe extrême de la grande presqu’île qui remonte jusque vers Pétra, le chef-lieu des Arabes Nabatéens, et jusqu’en Palestine, c’est-à-dire jusqu’au double marché où les Minaeens, les Gerrhaeens et toutes les tribus des pays voisins portent et vont vendre leur récolte d’aromates. La côte attenante à ce promontoire s’appelait primitivement la côte des Maranites, du nom de la tribu qui l’habitait, composée en partie d’agriculteurs, en partie de scénites ; aujourd’hui, elle a passé aux mains d’un autre peuple qui a exterminé le premier par trahison, et elle s’appelle du nom de ce peuple la côte des Garindaei. Les Maranites célébraient leur fête ou assemblée quinquennale, quand ils furent assaillis à l’improviste par les Garindaei, qui, non contents d’avoir massacré tous ceux qui étaient présents, se mirent à poursuivre les autres et les exterminèrent jusqu’au dernier. Passé la côte des Garindaei, on voit s’ouvrir devant soi le golfe Aelanite et commencer en même temps la Nabatée, laquelle forme une contrée aussi riche en hommes qu’elle est riche en troupeaux. Les Nabatéens n’habitent pas seulement le continent, ils occupent aussi les îles voisines. D’humeur tranquille et pacifique à l’origine, les Nabatéens finirent par s’adonner à la piraterie, et on les vit, montés sur de simples radeaux, enlever et piller les bâtiments venant d’Egypte. Mais ils en furent bientôt punis, car on envoya contre eux une forte escadre qui, fondant sur leurs ports à l’improviste, eut bientôt fait de dévaster tous leurs établissements. A la Nabatée succède un pays de plaine où abondent les grands arbres et les belles eaux, et qui nourrit toute espèce de troupeaux, surtout des troupeaux d’hémiones. Les chameaux sauvages les cerfs, les antilopes s’y trouvent aussi en très grand nombre, et l’on peut en dire autant des lions, des léopards et des loups. En vue de cette plaine est l’île Dia, puis vient un golfe, qui peut mesurer 500 stades environ et que des montagnes enserrent de toute part en ne lui laissant qu’une entrée étroite et difficile. Sur les bords habite toute une population de chasseurs très ardents à poursuivre les hôtes du désert. Trois îles succèdent à ce golfe, toutes trois inhabitées et couvertes d’oliviers, qui, fort différents des nôtres, constituent une espèce particulière au pays, dite à cause de cela éthiopique, et dont la larme est même censée posséder des vertus ou propriétés médicales. Le rivage qui fait suite immédiatement est de nature pierreuse, puis commence une côte très âpre de 1000 stades environ, qui, entièrement dépourvue de ports et d’ancrages, offre de sérieuses difficultés à la navigation. Tout le long de cette côte règne une chaîne de montagnes, à la fois très hautes et très escarpées, dont le pied s’avance jusque dans la mer et y forme des écueils sur lesquels un vaisseau risque de se perdre sans pouvoir être secouru, surtout à l’époque des vents étésiens et des grandes pluies que ces vents amènent. Un golfe s’ouvre ensuite, dans lequel on aperçoit quelques îles éparses, puis on relève l’une après l’autre trois dunes de sable noir, extrêmement élevées, avant d’atteindre le port de Charmothas. Ce dernier port mesure quelque chose comme 100 stades de tour, mais a une entrée tellement étroite, qu’il y a danger pour n’importe quelle embarcation à la franchir. Ajoutons qu’un fleuve y débouche et qu’il s’y trouve au beau milieu une île ombragée de grands arbres et propre à toute espèce de culture. Après qu’on a rangé une côte d’aspect très âpre et dépassé encore plusieurs golfes ou enfoncements, on arrive à la hauteur d’une contrée possédée [en partie] par des nomades, qui ne vivent et ne subsistent, on peut dire, que par leurs chameaux, ceux-ci leur servant à la fois pour la guerre, pour les voyages, pour les transports, et leur fournissant leur lait comme boisson et leur chair comme aliment. Le territoire occupé par ces peuples est traversé par un fleuve qui roule des paillettes d’or ; malheureusement ils ne savent pas mettre en oeuvre le précieux métal. La nation des Dèbes (tel est le nom qu’on leur donne) se partage en tribus nomades et en tribus agricoles. [C’est par exception que j’ai nommé les Dèbes], en général je passe sous silence les noms des tribus que je rencontre, ils sont si peu connus en vérité ! et d’autre part leur forme étrange les rend pour nous si difficiles à prononcer et à transcrire. Du reste, les populations qui confinent aux Dèbes ont un air plus civilisé, ce qui tient apparemment à la nature plus tempérée de la côte qu’ils habitent : il est de fait que cette côte est bien pourvue de cours d’eau et qu’elle reçoit en outre des pluies abondantes. J’ajouterai qu’il s’y trouve des mines d’or et que dans ces mines l’or ne se présente pas en simples paillettes, mais bien à l’état de pépites, grosses au moins comme un noyau, au plus comme une noix, mais le plus habituellement comme une nèfle, et n’ayant avec cela besoin que d’un très léger affinage. Les gens du pays percent ces pépites et les enfilent en les faisant alterner avec de petites pierres transparentes, puis ils s’en entourent les poignets et le cou. Ils vendent leur or aux populations voisines à un prix très bas, en donnant le triple pour du cuivre, le double pour du fer et le décuple pour de l’argent, ce qui s’explique, tant par leur inexpérience métallurgique que par cette circonstance, que les autres métaux qu’ils prennent en échange de leur or manquent absolument dans leur pays et sont bien autrement nécessaires aux besoins et aux usages de la vie.19. Le pays qui fait suite à celui-là appartient à la plus puissante nation de l’Arabie, aux Sabéens, et constitue aussi la partie de l’Arabie la plus fertile, la plus heureuse. Il produit à la fois la myrrhe, l’encens, le cinnamome, sans compter le balsamier qui croît de préférence sur la côte et une autre herbe fort odoriférante, dont le parfum malheureusement s’évapore très vite. Le palmier odorant et le calamus s’y rencontrent également. En fait d’animaux, il s’y trouve de petits serpents longs d’une spithame et d’un rouge éclatant, qui sautent à la ceinture du piéton et lui font des morsures sans remède. Les Sabéens subissent l’influence d’un pays aussi plantureux : ils sont mous et nonchalants. La plupart d’entre eux, pour dormir, montent dans les arbres et s’y font [un lit] sur les branches. Ils s’en remettent aux autres du soin de transporter leurs marchandises et les confient à leurs voisins pour qu’à leur tour ceux-ci les fassent passer de main en main jusqu’en Syrie et en Mésopotamie. Sujets aux maux de tête, par suite de l’atmosphère trop chargée de parfums dans laquelle ils vivent, les Sabéens les dissipent à l’aide de fumigations d’asphalte et de barbe de bouc. Mariaba, leur capitale, est située sur une montagne couverte d’arbres magnifiques et sert de résidence à un roi, qui est non seulement le juge suprême des contestations de ses sujets, mais qui dispose en maître de tout dans ses Etats. Seulement, il est interdit à ce roi de sortir de son palais, autrement il risquerait d’être lapidé sur l’heure par la foule qu’un très ancien oracle autorise dans ce cas à s’ameuter contre lui. A l’intérieur de son palais, le roi et ceux qui l’entourent mènent la vie la plus molle, la plus efféminée. Quant au peuple, il partage ses soins entre l’agriculture et le commerce, et son commerce ne se borne pas à écouler les aromates que produit le pays : les marchands sabéens tirent beaucoup d’aromates aussi de l’Ethiopie. On les voit à cet effet sur leurs barques de cuir passer et repasser le détroit. Ajoutons que l’abondance de cette denrée est telle dans toute la Sabée, qu’on y brûle le cinnamome, la casse et les autres aromates comme on brûle ailleurs les broussailles et le bois pour se chauffer. Le larimnum, le plus odorant de tous les aromates, croît aussi dans la Sabée. C’est au commerce que les Sabéens doivent d’être devenus, avec les Gerrhéens, la nation la plus riche de toute l’Arabie. Comme les Gerrhéens, ils ont un très grand luxe d’ameublement, de vaisselle d’or, d’argenterie, un très grand luxe aussi de lits, de trépieds, de cratères et de coupes, bien en rapport du reste avec la magnificence d’habitations, dans lesquelles les portes, les murs, les toits, ont des revêtements d’ivoire, d’or et d’argent incrustés de pierres précieuses. Voilà ce que dit Artémidore [de plus intéressant] au sujet des Arabes, car dans tout le reste de sa description ou bien il se rencontre avec Eratosthène, ou bien il se borne à citer textuellement les autres historiens.20. Après avoir cité par exemple l’opinion de certains auteurs qui prétendent que la mer [Australe] a reçu le nom d’Erythrée [ou de mer Rouge] parce que ses eaux semblent se colorer en rouge par l’effet de la réfraction de la lumière, soit de la lumière qui vient directement du soleil quand cet astre est parvenu au point le plus élevé de sa course, soit de celle que dégagent les rochers du littoral chauffés et rougis par les feux du jour, Artémidore cite encore l’opinion de Ctésias de Cnide, lequel croit plutôt à l’existence d’une source déversant dans la mer une eau rougeâtre et chargée de minium ; il cite de même tout au long ce qu’Agatharchide, compatriote de Ctésias, dit avoir recueilli de la bouche d’un certain Boxus, originaire de la Perse, au sujet du Perse Erythras, [gardien] d’un des haras [royaux]. Une lionne, exaspérée par la piqûre d’un taon, avait chassé devant elle jusqu’à la mer, voire plus loin, jusque dans une île qu’un bras de mer sépare de la côte, toutes les bêtes du haras. Erythras s’était alors construit un solide radeau, et il avait passé dans l’île où jamais homme avant lui n’avait mis le pied. Il l’avait trouvée pourvue de tous les avantages qui rendent une terre habitable, si bien qu’après avoir ramené à terre le troupeau fugitif il s’était occupé de réunir une colonie, et cette colonie avait peuplé, non seulement l’île en question, mais plusieurs autres îles encore des mêmes parages, ainsi quo la côte qui leur fait face ; après quoi il avait donné son nom à la mer elle-même. Artémidore mentionne aussi l’opinion qui fait d’Erythras un fils de Persée et qui le fait régner sur toute cette contrée. A notre tour, nous rappellerons que quelques géographes comptent depuis les passes du golfe Arabique jusqu’à l’extrémité de la Cinnamômophore un trajet de 5000 stades, mais sans préciser si cette partie de la côte se dirige au midi ou au levant. Un autre renseignement digne d’intérêt, que nous fournissent quelques auteurs, c’est qu’on trouve l’émeraude et le béryl dans les mines d’or du pays. Enfin, au dire de Posidonius, il y aurait en Arabie jusqu’à du sel odoriférant.

21. Les Nabatéens et les Sabéens, qui sont les premiers peuples qu’on rencontre dans l’Arabie Heureuse au-dessus de la Syrie, faisaient de fréquentes incursions dans cette dernière contrée avant que les Romains l’eussent rangée au nombre de leurs provinces ; mais aujourd’hui Nabatéens et Sabéens, à l’imitation des Syriens, ont fait leur soumission aux Romains. La capitale des Nabatéens, Pétra, tire son nom de cette circonstance particulière, que, bâtie sur un terrain généralement plat et uni, elle a tout autour d’elle comme un rempart de rochers (petra), qui, escarpé et abrupt du côté extérieur, contient sur son versant intérieur d’abondantes sources, précieuses pour l’alimentation de la ville et l’arrosage des jardins. Hors de cette enceinte de rochers, le pays n’est plus guère qu’un désert, surtout dans la partie qui avoisine la Judée. Depuis Pétra jusqu’à Hiéricho, qui est de ce côté la ville la plus proche, on compte trois ou quatre journées ; on en compte cinq [dans la direction opposée] jusqu’au Phoenicôn. Pétra a un roi particulier toujours issu du sang royal nabatéen, mais celui-ci délègue ses pouvoirs à un des compagnons de son enfance, qui a le titre de ministre et qu’il appelle son frère. Il règne à Pétra un ordre parfait, j’en ai pour preuve ce que le philosophe Athénodore, mon ami, qui avait visité Pétra, me contait avec admiration : il avait trouvé fixés et domiciliés dans Pétra un grand nombre de Romains parmi d’autres émigrants étrangers, et, tandis que les étrangers étaient perpétuellement en procès soit entre eux soit avec les gens du pays, jamais ceux-ci ne s’appelaient en justice, vivant toujours en parfaite intelligence les uns avec les autres.22. Ce qui nous a encore beaucoup appris sur les curiosités de l’Arabie, c’est la récente expédition des Romains, expédition entreprise de nos jours et commandée par Aelius Gallus. César Auguste avait confié à Gallus la mission de sonder les dispositions des Arabes et d’explorer en même temps leur pays, ainsi que le pays des Ethiopiens, leurs voisins. Frappé de la proximité où est par rapport à l’Ethiopie la Troglodytique, laquelle confine d’autre part à l’Egypte, frappé en même temps du peu de largeur du golfe Arabique à l’endroit où il sépare l’Arabie de la Troglodytique, Auguste avait songé à négocier une alliance avec les Arabes ou à s’assurer la soumission de ce peuple par les armes. Une autre raison l’avait déterminé, c’est qu’il avait entendu vanter la richesse séculaire de ce peuple, qui échange ses parfums, ses pierres précieuses, contre l’or et l’argent des autres nations, sans jamais rien dépenser ni rien écouler au dehors de ce qu’il a ainsi reçu en paiement ; il avait donc tout lieu d’espérer trouver dans les Arabes ou bien des amis riches capables de l’aider de leurs trésors, ou bien de riches ennemis faciles à vaincre et à dépouiller. Et ce qui achevait d’exalter sa confiance, c’est qu’il croyait pouvoir compter sur l’amitié des Nabatéens, qui lui avaient promis de l’assister dans toutes ses entreprises.

Pline l’Ancien Livre VI : sources du Nil au Pays des Pygméss et la Troglodyte

XXXIV. [1] La Troglodytique, que les anciens ont nommée Michoé, d’autres Midoé; le mont Pentedactylos; les îles Stenaedeirae (Cols étroits) en assez grand nombre, les îles Halonnèses en nombre non moins grand; Cardamine ; Topazos, qui a donné son nom à la pierre précieuse (XXXVII, 32 ); un golfe rempli d’îles : celles qu’on appelle îles de Maréos ont de l’eau, celles qu’on appelle îles d’Eraton n’en ont pas, les rois d’Égypte y eurent des gouverneurs. Dans l’intérieur, les Candéens, qu’on appelle Ophiophages , accoutumés à se nourrir de serpents; il n’y a pas de pays qui en produise davantage.[2] Juba, qui paraît avoir mis beaucoup d’exactiude dans la description de ces parages, y a omis, à moins que ce ne soit une faute des copistes, une autre Bérénice, surnommée Panchrysos (Tout-or), et une troisième, surnommée Épidires (Sur-le-col), remarquable par sa situation : elle est en effet, placée sur un col très allongé, là où le détroit de la mer Rouge sépare l’Afrique de l’Arabie par un intervalle de 7.500 pas. Là est l’île de Tytis, qui produit aussi des topazes.[3] Au delà, les forêts où est Ptolémaïs, fondée sur le lac Monoleus par Philadelphe, pour la chasse des éléphants, et surnommée par cette raison Epithéras (Pour-la-chasse) : cette région est celle dont nous avons parlé dans 2e livre (II, 75), et où, 45 jours avant le solstice d’été et 45 jours après, il n’y a pas d’ombre à midi; dans les autres heures l’ombre est tournée au midi(à l’équateur, c’est pendant 183 jours soit la moitié de l’année); hors ces 90 jours, elle est tournée au nord ; au lieu qu’à la première Bérénice l’ombre disparaît (23o Nord), il est vrai, à midi, le jour même du solstice d’été, mais on ne remarque rien autre. Elle est à 602.000 pas de Ptolémaïs: grand exemple ! lieu témoin d’un prodige de l’esprit humain ! là la mesure du monde a été trouvée; car, en partant du calcul incontestable des ombres, Ératosthène a pu indiquer la dimension de la terre.[4] Puis vient la mer Azanienne; le promontoire que quelques-uns ont appelé Hispalus; le lac Mandalum ; l’île Colocasitis, et, en haute mer, plusieurs îles où abonde la tortue; la ville de Suché : l’île de Daphnis; la ville des Adulites, fondée par des esclaves fugitifs égyptiens : c’est le plus grand marché des Troglodytes et même des Éthiopiens; elle est à cinq jours de navigation de Ptolémaïs; on y porte beaucoup d’ivoire, des cornes de rhinocéros, des cuirs d’hippopotames, des écailles de tortues, des sphingies (sorte de singe), et des esclaves.[5] Au delà, les Éthiopiens laboureurs; les îles dites d’Aliaeos; les îles Bacchias et Antibacchias; l’île de Straton; puis sur la côte d’Éthiopie un golfe inconnu, ce qui est étonnant, car les négociants trafiquent sur des points plus éloignés; le cap sur lequel est la source de Cucios, visitée des navigateurs; au delà le port d’Isis, éloigné de la ville des AduIites de dix jours de navigation pour un vaisseau allant à rames, et où l’on porte la myrrhe de la Troglodytique; deux îles en face du port, appelées Pseudopyles ; dans le port même deux îles appelées Pyles; dans l’une d’elles des colonnes de pierre (VI, 32) portant des inscriptions en caractères inconnus; au delà le golfe Abalite; l’île de Diodore, et d’autres îles désertes; sur le continent aussi, des déserts; la ville de Gaza; le cap et le port Mossylique, où l’on apporte le cinnamome; Sésostris vint jusque-là avec son armée.[6] Quelques-uns placent au delà, sur le rivage une seule ville d’Éthiopie, Baragaza. Juba prétend qu’au promontoire Mossylique commence la mer Atlantique, et qu’à l’aide du Corus (vent du coucher d’été) on irait, longeant son royaume de Mauritanie, jusqu’à Cadix. Il ne faut pas omettre ici d’exposer toute sa manière de voir : suivant lui, du promontoire des Indiens, appelé Lepteacra et par d’autres Drepanum, il y a en ligne droite, en doublant Exusta, jusqu’à l’île Malchu, 1.500.000 pas; de là au lieu qu’on nomme Scénéos, 225.000; de là à l’île d’Adanos, 150.000; ce qui fait jusqu’à la grande mer 1.875.000.[7] Tous les autres ont pensé que la chaleur brûlante du soleil en empêchait la navigation. De plus, le commerce est en butte aux pirateries d’Arabes insulaires appelés Ascites (VI, 32), parce que, plaçant des planches sur deux outres de peau de boeuf, ils attaquent les navigateurs avec des flèches empoisonnées. Juba compte encore parmi les Troglodytes ceux qui sont nommés Thérothoes (Chacals-chasseurs), parce qu’ils atteignent le gibier à la course, de même que les Ichthyophages nagent aussi bien que les animaux marins, les Bargènes, les Zagères, Ies Chalybes, les Saxines, les Syrèques, les Darèmes, les Domazanes.[8] De plus, il dit que les habitants des bords du Nil depuis Syène jusqu’à Méroé sont non des Éthiopiens, mais des Arabes; que la ville d’Héliopolis, qui, avons-nous dit dans la description de l’Égypte (V, 9, 3), est non loin de Memphis, a aussi les Arabes pour fondateurs. Il y a même des auteurs qui enlèvent la rive ultérieure [orientale] du Nil à l’Éthiopie, et l’adjoignent à l’Afrique (Libye), dont les habitants se seraient répandus sur les deux rives à cause de l’eau. Quant à nous, laissant à chacun le soin de se faire une opinion là-dessus, nous allons énumérer les villes dans l’ordre de leur situation sur l’un et l’autre bord.XXXV. [1] Depuis Syène (V, 10), et d’abord sur la rive Arabique, la nation des Catadupes (V, 10, 4 et 16); puis les Syénites. Villes : Tacompsos, que quelques-uns ont appelée Thathice, Aranium, Sesanium, Sandura, Nasaudum, Anadoma, Cumara, Peta, Bochiana, Leuphithorga, Tantarène, Moechindira, Noa, Gophoa, Gystate, Mégéda, Léa, Rhemnia, Nupsia, Diréa, Pataga, Bagada, Dumana, Rhadata, où l’on adorait pour divinité un chat d’or; Boron dans les terres; Mallos tout près de Méroé: telle est l’énumération de Bion.[2] Juba parle autrement : La ville de Megatichos sur une montagne, entre l’Égypte et l’Éthiopie, portant le nom de Myrsos chez les Arabes; puis Tacompsos, Aranium, Sesanium, Pide, Mamuda, Corambis; auprès de cette ville une source de bitume; Hammodara, Prosda, Parenta, Mama, Tessara, Gallas, Zoton, Graucome, Emeum, les Pidibotes, les Hebdomecontacomètes, les Nomades vivant dans des tentes; Cyste, Pemma, Gadagale, Paloïs, Primis, Nupsis, Daselis, Patis, Gambreves, Magase, Segasmala, Cranda, Denna, Cadeuma, Thena, Batha, Alana, Macum, Scammos, Gora dans une île; puis Abala; Androcalis, Sere, Mallos, Agoce.[3] Sur la rive Africaine, on cite : une autre Tacompsos portant le nom de la précédente, ou n’en étant peut-être qu’une partie: Magora, Sen, Édosa, Pelenaria, Pyndis, Magusa, Bauma, Linitima, Spintum, Sydopta, Gensora, Pindicitora, Agugo, Orsima, Suasa, Maumarum, Urbis, Mulon, ville que les Grecs ont appelée Hypaton; Pagoargas, Zamnes, où commencent les éléphants; Mamblia, Berresa, Cetuma. Il y eut jadis aussi en face de Méroé une ville nommée Épis, détruite avant que Bion n’écrivît.[4] Voilà les villes qu’on a citées jusqu’à Méroé; aujourd’hui il n’en existe presque plus aucune, ni sur l’un ni sur l’autre côté. Toujours est-il que des soldats prétoriens, envoyés avec un tribun militaire, ont, dans ces derniers temps, annoncé n’avoir trouvé que des déserts, à l’empereur Néron, qui, entre autres guerres, songeait une expédition en Éthiopie. Les armes romaines y ont aussi pénétré du temps du dieu Auguste, sous la conduite de P. Pétronius, appartenant à l’ordre équestre, et préfet de l’Égypte.[5] Cet officier emporta les seules villes qu’il trouva, dans l’ordre suivant : Pselcis, Primis, Aboccis, Phthuris, Cambusis, Attevas, Stadisis, où le Nil, se précipitant, enlève par son fracas l’ouïe aux habitants; il saccagea aussi Napata; le terme de son expédition fut à 970.000 pas de Syène. Ce ne sont cependant pas les armes romaines qui ont dépeuplé ce pays: l’Éthiopie a été écrasée par les guerres des Égyptiens, dans des alternatives de conquête et de servitude; elle avait été célèbre et puissante jusqu’à la guerre de Troie, sous le règne de Memnon (x, 37; XXXVII, 63); elle étendit même son empire jusqu’à la Syrie et aux côtes de notre mer (Méditerranée), du temps du roi Céphée; cela se voit par la fable d’Andromède (V, 34).[6] Semblablement les dimensions en ont été diversement indiquées, d’abord par Dalion, qui se rendit bien au delà de Méroé, puis par Aristocréon, par Bion, par Basilis, et par Simonide le Jeune, qui même séjourna cinq ans à Méroé lorsqu’il écrivait sur l’Éthiopie. Timosthène, commandant des flottes de Philadelphe, a écrit, sans évaluer autrement la distance, que de Syène à Méroé il y avait 60 jours de marche; Ératosthène, 625.000 pas; Artémidore, 600.000; Sebosus, de l’extrémité de l’Égypte, 1.675.000, distance qui, suivant les auteurs qui viennent d’être nommés, est de 1.250.000. Mais toute discussion à ce sujet vient d’être terminée : les explorateurs envoyés par Néron ont rapporté que de Syène à Méroé il y avait 873.000 pas, ainsi supputés : de Syène à Hiera Sycaminos, 54.000;[7] puis à Tama, 72.000; à la région des Évonymites, la première des Éthiopiens, 120.000; jusqu’à Acina, 54.000 ; jusqu’à Pitara, 25.000; jusqu’à Tergedum, 106.000; l’île Gagaudes est au milieu de ces parages. A partir de là, l’expédition vit des perroquets; à partir d’une autre île, nommée Artigula, le sphingie (sorte de singe) (VIII, 30) ;à partir de Tergedum, des cynocéphales (VIII, 80) : de là à Napata, 80.000 pas; cette petite ville est la seule qui subsiste parmi celles qui ont été citées (VI, 35, 4); de Napata à l’île de Méroé, 360.000. Autour de Méroé les herbes commencèrent à devenir plus vertes, et l’on aperçut quelque peu de forêt, et des traces de rhinocéros et d’éléphants.[8] D’après ce rapport, la ville de Méroé est à 70.000 pas de l’entrée de l’île (Méroé); à côté est une autre île, dite de Tadu, qu’on rencontre en entrant par le bras droit du Nil, et qui fait un port; la ville a peu d’édifices; le pays est gouverné par une femme, la reine Candace, nom qui, depuis grand nombre d’années, passe de reine en reine. Hammon a ici aussi un temple révéré, et l’on trouve des chapelles dans toute la contrée; au reste, au temps de la puissance des Éthiopiens, cette île jouissait d’un grand renom (V, 10). On rapporte qu’elle fournissait d’ordinaire 250.000 hommes armés, et qu’elle nourrissait 400.000 artisans. On dit qu’aujourd’hui encore les Éthiopiens sont partagés entre quarante cinq rois. (XXX.) Le pays entier a été appelé Aethérie, puis Atlantie, puis Éthiopie, d’Éthiops fils de Vulcain.[9] Il n’est pas étonnant que des formes monstrueuses d’hommes et d’animaux se produisent vers l’extrémité de l’Éthiopie; car le feu, élément mobile, est l’artisan de la configuration du corps et de la ciselure des formes. Toujours est-il qu’on dit qu’au fond de sa partie orientale sont des peuples sans nez, dont toute la face est plane; d’autres sans lèvre supérieure, d’autres sans langue;[10] quelques-uns, ayant la bouche close et privés de narine, ne respirent que par un pertuis qui sert aussi de passage à la boisson, aspirée à l’aide d’un tuyau d’avoine, et à la nourriture, consistant en grain de la même plante, qui croît spontanément. Certains ne parlent que par signes et gestes; il en est à qui l’usage du feu a été inconnu jusqu’au règne de Ptolémée Lathyre. Des auteurs ont aussi rapporté que la nation des Pygmées (VI, 22) était entre des marais qui seraient l’origine du Nil.[11] Reprenons la côte (VI, 34, 5) au point où nous l’avons quittée : des montagnes continues rouges, et paraissant enflammées. Toute cette contrée est au-dessus des Troglodytes et de la mer Rouge à partir de Méroé. Pendant trois jours de marche, de Napata à la mer Rouge, de l’eau de pluie est conservée en plusieurs lieux pour la boisson, et le pays intermédiaire est très fécond en or. Au delà sont les Atabules, nation éthiopienne; puis, en face de Meroé, les Mégabares, nommés par quelques-uns Adiabares, et occupant la ville d’Apollon: une partie d’entre eux est nomade, et se nourrit de chair d’éléphant ;[12] en face, sur le côté africain, les Macrobiens; de l’autre côté, à partir des Mégabares, les Memnons et les Davelles, les Critenses à une distance de vingt jours de marche; au delà les Doches, puis les Gymnètes toujours nus; les Andères, les Mathites, les Mésagèbes, les Hipporéens, d’une couleur noire et se mettant sur tout le corps une couche de rouge; sur le côté africain, les Médimnes; les Nomades vivant du lait des singes cynocéphales, les Olabes, les Syrbotes, qui sont, dit-on, hauts de huit coudées (VII, 2).[13] Aristocréon rapporte que du côte de la Libye, à cinq jours de marche de Méroé, est la ville de Tole, et de là à douze journées Esar, ville des Égyptiens qui avaient fui Psammétique : on dit qu’ils y ont résidé trois cents ans, et qu’en face, du côté de l’Arabie, est la ville de Daron, qui leur appartient. Au contraire, Dion appelle Sape ce que celui-ci appelle Esar; il dit que ce nom signifie étrangers, que leur capitale est Sembobitis dans une île, et qu’ils ont une troisième ville, Saï, en Arabie.[14] Entre les montagnes et le Nil sont les Symbares, les Paluogges; dans les montagnes mêmes les Asaches (VIII, 23), divisés en plusieurs nations qui, dit-on, sont à cinq jours de marche de la mer, et qui vivent de la chasse des éléphants; une île dans le Nil, qui appartient aux Semberrites et qui obéit à une reine; plus loin, durant huit journées de marche, les Éthiopiens Nubéens, leur ville Tenupsis placée sur le Nil; les Sambres, chez qui tous les quadrupèdes, même les éléphants, sont sans oreilles; sur le côté africain, les Ptoembares, les Ptoemphanes qui ont un chien pour roi, et qui jugent de ses ordres d’après ses mouvements; les Auruspes, dans une ville située loin du Nil; les Achisarmes, les Phaliges, les Marigères, les Casamarres.[15] Bion cite d’autres villes dans les îles, le trajet entier étant de Sembobitis à Méroé de vingt journées de marche : dans l’île la plus voisine de Méroé, la ville des Semberrites, sous une reine; un autre Asar; la ville de Daron, dans une autre île; une troisième île nommée Médoé, où est la ville d’Asel; une quatrième, nommée Garode comme la ville; puis sur les rives les villes de Navos, Modundam, Andatim, Secundum, Colligat, Secande, Navectabe, Cumi, Agrospi, Aegipa, Candrogari, Araba, Summara.[16] La région au dessus de Sirbitum, où cessent les montagnes, renferme, d’après quelques auteurs, les Éthiopiens maritimes, les Nisicastes, les Nisites, mot qui signifie homme à trois et quatre yeux; non qu’ils soient ainsi conformés, mais parce qu’ils excellent a lancer les flèches. Du côté du Nil, qui s’étend au-dessus des grandes Syrtes et de l’océan méridional, Dalion dit que ce sont des peuples n’usant que d’eau de pluie, appelés Cisores, Longopores;[17] qu’à partir des Oecalices (V, 8), à cinq journées de marche, sont les Usibalques, les Isuèles, les Pharusiens (31) les Valiens, les Cispiens. Le reste est désert ; puis viennent des espaces livrés aux fables (32). A l’ouest sont les Nigres, dont le roi n’a qu’un oeil, et dans le front; les Agriophages, qui se nourrissent surtout de chair de panthère et de lion; les Pamphages, qui mangent de tout; les Anthropophages, qui se nourrissent de chair humaine; les Cynamolges, qui ont des têtes de chien; les Artabatites, qui errent comme les quadrupèdes sauvages; puis les Hespériens, les Pérorses, qui, avons-nous dit (V, 1, 10 et 8, 1), sont sur les confins de la Mauritanie. Une partie des Éthiopiens ne vivent que de sauterelles fumées et salées, dont ils font provision pour l’année; ces hommes ne passent pas quarante ans.[18] D’après Agrippa, le pays entier des Éthiopiens avec la mer Rouge, a en long 2.170.000 pas; en large, avec l’Égypte supérieure, 1.298.000. Quelques uns ont détaillé ainsi la longueur : de Meroé à Sirbitum, une navigation de douze jour-nées; de là aux Davelles, douze; des Davelles à l’océan Éthopique, six jours de marche; en somme la plupart des auteurs s’accordent à compter, de l’Océan à Méroé, 625.000 pas; de là à Syène il y a la distance que nous avons indiquée (VI, 35, 6). L’Éthiopie est orientée du levant d’hiver au couchant d’hiver; la partie qui est au midi a de vastes forêts ou l’ébène domine; dans son milieu, une haute montagne, penchée sur la mer, brûle de feux éternels; les Grecs l’ont appelée Théon ochéma (Char des dieux). De là, en quatre jours de navigation, on arrive au promontoire nommé Hesperion ceras (Corne occidentale), touchant à l’Afrique, près des Éthiopiens hespériens. Quelques-uns placent aussi dans ces parages des collines d’une médiocre hauteur, couvertes d’ombrages agréables, et séjour des Aegipans et des Satyres (V, 8).

Strabon : Les toponymes Arabie et troglodyte, codes de la littérature classique, fables, histoire, faits ou symboles : Strabon, Géographie livre I

34. Sur les Erembes maintenant que n’a-t-on point dit ! Mais de toutes les opinions émises la plus vraisemblable est celle qui veut que sous ce nom le poète ait désigné les Arabes. Zénon, notre Zénon, va plus loin, et corrigeant le texte d’Homère il lit le vers ainsi :

« Tour à tour je visitai Éthiopiens, Sidoniens, ARABES [au lieu d’Erembes] ».

Il n’est pas nécessaire pourtant de changer cette leçon, qui est assurément fort ancienne ; mieux vaut croire que c’est le nom lui-même qui a éprouvé quelqu’une de ces altérations si fréquentes, si communes dans toutes les langues; et c’est précisément ce que certains grammairiens cherchent à mettre en lumière par la comparaison des lettres dans l’une et dans l’autre forme. Pour nous, nous serions tenté de préférer, comme plus sûr encore, le procédé de Posidonius, qui, même dans le cas présent, a cru devoir consulter la parenté et l’affinité primordiale des peuples pour retrouver l’étymologie du nom. Il est constant, en effet, que les nations arménienne, syrienne, arabe ont entre elles beaucoup de cette affinité et comme un air de famille qui se manifeste dans leurs langues, leurs genres de vie et leurs caractères physiques, là surtout où elles se trouvent être proches voisines, en Mésopotamie par exemple, pays dont la population appartient précisément à ces trois nations et où naturellement la ressemblance entre elles éclate davantage. Car, en admettant même que, par le fait des climats ou de la position géographique, il y ait quelque différence sensible des populations plus septentrionales aux populations méridionales et des unes et des autres aux populations intermédiaires, les caractères communs ne laissent pas que de prédominer. Ajoutons que les Assyriens et les Ariens offrent avec ces mêmes peuples, aussi bien qu’entre eux, une grande ressemblance. Eh bien ! De cette ressemblance entre les peuples, Posidonius conclut la ressemblance des noms eux-mêmes. Or, il est de fait que les peuples, que nous appelons Syriens, portent en syriaque le nom d’Arammæens, et qu’il y a de la ressemblance entre ce nom et ceux d’Arméniens, d’Arabes et d’Erembes, ce dernier nom n’étant peut-être bien qu’une épithète ou qualification particulière dont se servaient les anciens Grecs pour désigner les Arabes comme le sens étymologique du mot semblerait le donner à entendre. On s’accorde en effet généralement à dériver l’étymologie du mot d’Erembes des mots εἰς τἠν ἔραν ἐμβαίνειν (pénétrer, habiter sous terre). Seulement, avec le temps on aura à cette dénomination d’Erembes substitué la traduction plus claire de Troglodytes, nom qui désigne, comme on sait, la partie de la nation arabe établie sur le côté du golfe arabique attenant à l’Égypte et à l’Éthiopie. Ce sont donc ces Arabes, suivant toute vraisemblance, que le poète a voulu désigner sous le nom d’Erembes et ce qu’il dit du voyage de Ménélas en leur pays doit s’entendre sans doute comme ce qu’il dit du voyage d’Éthiopie, car les Erembes, ainsi que les Éthiopiens, étaient proches voisins de la Thébaïde. Ajoutons qu’en rappelant ce voyage et celui d’Éthiopie le héros ne pouvait avoir en vue les avantages commerciaux ou les riches présents qu’il en avait retirés (ces profits ayant été apparemment peu de chose), mais uniquement la longueur et le prestige même du voyage, car c’était alors une gloire réelle d’avoir pénétré aussi loin, témoin ce vers :

« Il a de beaucoup d’hommes visité les cités et observé les mœurs   (99); »

et ceux-ci encore :

« Mais j’ai dû beaucoup souffrir et longtemps errer sur mes vaisseaux pour rapporter tous ces trésors (100). »

Hésiode, il est vrai, dans son Catalogue, mentionne une certaine

« Fille d’Arabus, fils lui-même du bienfaisant Hermès et de Thronia, fille du roi Belus (101). »

Stésichore la nomme également, mais s’il est permis d’inférer de ce double témoignage que, du temps de ces poètes. la contrée en question avait déjà reçu en mémoire d’Arabus le nom d’Arabie, il peut bien se faire aussi que du temps des héros il n’en fût pas encore de même.

35. Quant à ceux qui ont imaginé de faire des Erembes soit une tribu particulière de la nation éthiopienne, soit une tribu de Céphènes, voire en troisième lieu une tribu de Pygmées, sans parler de mille autres fictions du même genre, s’ils nous paraissent mériter moins de confiance, c’est qu’indépendamment du peu de vraisemblance qu’offre la chose en soi ils font là une sorte de confusion de l’histoire et de la fable. Nous retrouvons cette même confusion chez ceux qui, voulant faire de l’Océan extérieur le théâtre des erreurs de Ménélas, placent les Sidoniens et naturellement aussi les Phéniciens sur les bords de la mer Persique ou sur tel autre rivage de l’Océan. A vrai dire, la façon dont ces auteurs se contredisent entre eux n’entre pas pour peu de chose dans l’incrédulité qu’ils rencontrent. Tandis que les uns, en effet, regardent les Sidoniens de notre mer intérieure comme une colonie des Sidoniens de l’Océan, ajoutant, qui plus est, que le nom de Phéniciens leur est venu de la couleur rouge des eaux de la mer extérieure, les autres affirment précisément l’inverse. Il en est aussi qui transportent l’Éthiopie dans notre Phénicie et font de Jopé le théâtre des aventures d’Andromède, non qu’ils ignorent la véritable situation des lieux en question, mais ils prétendent user des licences du genre mythique, comme ont fait Hésiode et tant d’autres que cite Apollodore. Seulement, en comparant aux fictions d’Homère les fictions de ces auteurs, Apollodore ne sait pas tenir la balance égale. Citant, par exemple, comme terme de comparaison, ce qu’Homère raconte et du Pont et de l’Égypte, il en tire contre le poète une accusation en règle d’ignorance : suivant lui, le poète a voulu dire la vérité, mais, loin de la dire, il a, faute de savoir, donné le faux pour le vrai. Or, nous le demandons, jamais personne se serait-il avisé d’accuser Hésiode d’ignorance, pour avoir parlé d’Hérnicynes, de Macrocéphales et de Pygmées  (102), quand Homère a pu user impunément de fictions semblables, et entre autres précisément de ce même mythe des Pygmées, quand en outre Alcman nous parle de Stéganopodes et Eschyle de Cynocéphales, de Sternophthalmes et de Monommates  (103), quand surtout nous tolérons tant d’ouvrages en prose, écrits soi-disant dans le genre historique, et qui contiennent, sans que leurs auteurs l’avouent, tant de mythes véritables. C’est qu’en effet il saute aux yeux d’abord que c’est de propos délibéré et nullement par ignorance historique que les auteurs de ces ouvrages ont entremêlé de fables leurs récits, imaginant ainsi l’impossible afin de flatter le goût du public pour le merveilleux. Seulement, ce qui peut faire croire à leur ignorance, c’est qu’en général, et pour trouver plus aisément créance, ils ont choisi de préférence comme théâtre de leurs fictions les parties de la terre les plus mystérieuses et les plus ignorées. Au moins Théopompe a-t-il la bonne foi d’avouer ce qui en est : il déclare hautement qu’il mêlera plus d’une fois la fable à l’histoire, mieux seulement que n’ont su le faire Hérodote, Ctésias, Hellanicus et les différents historiens qui ont écrit sur l’Inde.

Artapan

« Artapan dit, dans son ouvrage sur les Juifs, que Joseph descendait d’Abraham, et était fils de Jacob.  L’emportant sur tous les antres par sa pénétration et sa prudence, ses frères conspirèrent contre lui; mais ayant découvert leur complot, il pria des Arabes du voisinage de l’emmener en Égypte : ceux-ci firent ce qu’il leur demandait; car les rois Arabes descendaient d’Israel, fils d’Abraham, frère d’Isaac (61). Étant arrivé en Égypte, et ayant été recommandé au roi, il fut chargé par lui de l’administration de tout ce pays, qu’avant lui, les Égyptiens cultivaient sans règles, parce que la terre n’avait pas été divisée; 

Manethon

tous de plus en plus avides de détruire jusqu’à la racine le peuple égyptien. 82 On nommait l’ensemble de cette nation Hycsos[35], c’est-à-dire « rois pasteurs ». Car « hyc » dans la langue sacrée signifie roi, et « sôs » veut dire pasteur au singulier et au pluriel dans la langue vulgaire ; la réunion de ces mots forme Hycsôs. » 83 D’aucuns disent qu’ils étaient Arabes. Dans une autre copie, il est dit que l’expression « hyc » ne signifie pas rois, mais indique, au contraire, des bergers captifs. Car « hyc », en égyptien, et « hac », avec une aspirée, auraient proprement le sens tout opposé de captifs. Cette explication me parait plus vraisemblable et plus conforme à l’histoire ancienne[36]8

La tradition judéo-hébraique sur la Troglodyte, Aksoum, appelée pays de Madian ou pays des kéniens ou sukkiens qui est aussi le pays d’origine des phéniciens ou Cananéens, le mont Sinai situé au pays de Madian se trouve aussi donc en Afrique

(15) Pour discuter l’autorité de ces citations, il est bon de rappeler ce qui a été dit sur la supposition générale des auteurs grecs, dont les apologistes ont invoqué le témoignage en faveur des Hébreux : Hécatée, Néménius, Théodote, Cleodème, Eupolemus, Artapan, Démétrius, Aristée. Plusieurs écrivains les ont déclarés juifs de religion, mais Valkenaer les a rassemblés dans son acte d’accusation qui se lit p. 17 de son Traité De Aristobulo judœo : il les compare aux passages qu’il reconnaît pour avoir été ajoutés dans les livres d’Esther, de Job et surtout du le livre des Macabées. «Qui, dit-il, en lisant les lettres de Salomon aux rois de Tyr et d’Égypte ainsi que les réponses, ne reconnaît le génie hébraïque qui a dicté celles d’Artaxerxés dans le livre d’Esther, Théodote? que Josèphe nomme parmi les autorités païennes, C. Apion, l. 1er c. XXIII, était juif ; Cleodème, cité au 1er des Antiq., judaïques, c. 15, d’après Alexandre Polyhistor, l’était également. » Pour Hécatée, Eupolème, Artapan, Démétrius, le même Valckenaer n’en fait aucun doute. Déjà, dit-il, Hécatée a été suspect à Scaliger : Bentley, dans son supplément à la lettre à Millius, p. 93, partage celte opinion, fondée sur le jugement d’Hérennius Pliilon, cité par Celse au rapport d’Origène contre Celse, I, p. 13. Richard Simon avait déjà dit la même chose dans son Histoire critique du vieux testament, l. II, c. 2; mais sans s’appuyer d’aucune autorité. Quant à Eupolemus et Démétrius, la chose ne saurait faire un doute d’âpres l’aveu d’Eusèbe lui même, Hlst. ecclésiast. l. VI, c. 13, où il dit que St-CIément d’Alexandrie s’est servi du témoignage de Philon, d’Aristobule, de Josèphe, de Démétlrius et d’Eupolcinus, historiens juifs (ἰουδαίων συγγραφέων). Que l’on compare St-Jérôme De viris illustribus in Clémente, c. 58. Pour Numenius, ce qu’Origène en rapporte contre Celsc, I, p.13, IV, 198 cl 199; Eusèbe, Prép. évang., IX, 8 et ailleurs, prouve qu’il était juif, ou au moins que ce qu’on en cite avait été publié sous son nom par un juif (on peut voir ce que Jonsius en dit, Hist. philos., l. III, c. 10, § 4). les noms de Numénius et Eupolemus conviennent à des juifs comme on peut s’en convaincre par le liv. I Des Machabées, 12-16, 15-15, 8-17. Tout ce qu’Orîgène rapporte d’explications allégoriques des lois de Moïse données par Numénius, ne peut convenir qu’à un juif helléniste. » Ici finit Valckenaer qui ne nomme ni Cléarque ni Abydenus parmi les prétendus autorité païennes qu’il soutient être juives; mais d’autres, entre lesquels Richard Simon, qui n’est jamais en faute pour cela, ont accusé Cléarque de supposition ou d’interpolation par les juifs hellénistes. Graevius avait écrit une lettre à son sujet à Huet, qu’il serait précieux, de connaître. Nous avons au moins la réponse par laquelle l’évêque d’Avranche cherche à se justifier de l’avoir cité comme païen : je vais la donner dans le latin correct de Huet, elle fait partie du recueil publié par Tilladet, t. II, p. 249 et 250 :

Artapan

« Sur ces entrefaites, Merris étant morte, Chenéphré promit à Moyson et à Chanethoth de leur remettre son corps, afin que, le transportant dans les régions au-dessus de l’Égypte, ils lui rendissent les devoirs de la sépulture, en supposant que Moyson serait tué par Chanethoth. Lorsqu’ils cheminaient, un des complices découvrit à Moyson la trame ourdie contre lui; ce dernier se tenant sur ses gardes, ensevelit Merris et donna son nom au fleuve cl à la ville qu’il bâtit sur ses vives : les habitants, en effet, honorent Merris presqu’à l’égal d’Isis. Aaron, frère de Moyson, ayant connu le piège tendu à son frère, lui conseilla de fuir en Arabie, ce qu’il fit, d’après son avis. En traversant le fleuve au près de Memphis, Chanethoth ayant eu avis de la fuite de Moyson, fit des dispositions pour qu’il pérît dans une embûche elle voyant venir à lui, il tira son glaive contre lui ; mais Moyson le prévenant saisit sa main, et tirant lui-même son épée, tua Chanetholh. Il se réfugia en Arabie (Troglodyque) et y vécut auprès de Raguel qui régnait dans ce pays : ce prince voulut faire la guerre aux Égyptiens dans l’intention de ramener Moyson et pour assurer un royaume à sa fille et à son gendre ; mais Moyson l’en empêcha, dans la prévoyance des dangers auxquels il exposerait ses compatriotes; cependant tout en défendant à Raguel de faire ouvertement la guerre, il fui conseilla d’ordonner aux Arabes de faire des incursions en Égypte. Vers le même temps Chenephré mourut, atteint le premier de tous les hommes de l’éiéphantiasis : il fut frappé de cette maladie pour avoir prescrit aux Juifs de ne se vêtir que d’étoffes de lin, leur interdisant les vêtements de laine, afin qu’étant plus en évidence, il pût se livrer contre eux à des actes d’injuste violence. Mais Moyson adressa des prières à Dieu pour qu’il mît un terme aux tribulations de ces peuples. »,

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Ezechiel le tragique : le pays de Madian et le mont Sinai sont en Afrique-Libye

Ezéchiel le Tragique : La troglodyte (Corne de l’Afrique) fait partie de la Libye

Eusebe PE Livre IX

CHAPITRE XXVIII.

TIRÉ D’ÉZÉCHIEL SUR LE MÊME SUJET.

Ézéchiel, poète (74) tragique, rapporte l’histoire de Moyse, savoir : son exposition par sa mère, dans le marais, son adoption et son éducation par la fille du roi, en la faisant remonter à l’arrivée de Jacob en Égypte auprès de Joseph. Il s’exprime ainsi, mettant en scène Moïse lui-même.

Après d’autres narrations sur le même sujet, le poète Ezéchiel, dans sa tragédie, fait paraître Moïse. sur la scène parlant ainsi :

« Après que ma première enfance se fut écoulée, ma mère me ramena au palais de la princesse, m’ayant bien endoctriné et répété quelle était ma race paternelle, et les bienfaits dont Dieu l’avait comblée. Tandis que je fus dans l’âge qui précède l’adolescence, la princesse se livra aux soins de mon éducation et de mon instruction, comme si elle m’avait porté dans son sein; mais lorsque le cercle de mon adolescence fut accompli, je désertai là demeure royale : mon ressentiment et les artifices du roi m’en faisaient un devoir. Je vois d’abord deux hommes aux prises, l’un appartenait à la race des Hébreux, et l’autre était Égyptien : reconnaissant que nous étions isolés et sans témoins, je défendis mon frère et tuai son adversaire. Je le cachai aussitôt dans Je sable, afin qu’un tiers ne pût pas nous voir et ne vînt à révéler ce meurtre. Le jour suivant je vis encore deux hommes de ma race, dans la chaleur d’une  lutte mutuelle : (75)Je dis à l’un d’eux, pourquoi ne frappes-tu un plus faible que toi? Lequel me répondit : Qui t’a envoyé comme notre juge ou notre gouverneur en ce lieu? me tueras-tu comme l’homme d’hier? Alors, saisi de crainte, je me dis : Comment cela a-t-il pu se divulguer ? n’y a-t-il pas déjà quelqu’un qui ait rapporté ce fait au roi? et Pharaon cherche peut-être à m’arracher la vie! Ayant donc entendu cette réponse, je me hâtai de me soustraire par la fuite, et je suis errant sur une terre étrangère. »

Après quoi il ajoute, relativement aux filles de Raguel :

« Je vois sept jeunes filles. Moïse ayant demandé de qui elles étaient filles : Toute cette terre, dit Sepphora, ô l’étranger, s’appelle la Libye ; des tribus de différentes origines y ont fixé leur séjour, ce sont des Éthiopiens à la peau noire (Troglodyte, Coushites, Madian ou Midoé en grec, Corne de l’Afrique, voir Flavius); le monarque de cette terre gouverne sans contrôle, il règne dans cette ville .et y juge ses sujets, dont il est le prêtre ; c’est mon père et celui de mes sœurs que voici. Ensuite, passant sur l’assistance qu’il leur donna pour abreuver leurs bestiaux, il vient à parler du mariage de Sepphora, amenant  un dialogue entre elle et Chous.

« Chous. — Cependant ô Sepphora, vous devez me dire ce qui en est ?

« Sepphora. — Mon père m’a donnée pour épouse à cet étranger.

Démétrios : les madianites sont éthiopiens

« En effet, Isaac était déjà marié (or, c’est de lui que provint Moïse) lorsqu’Abraham épousa Chettura étant âgé de 140 ans, et il engendra d’elle pour second enfant Jexan (76). Il avait engendré Isaac à l’âge de cent ans, en sorte que Jexan était venu au monde plus.de 40 ans après Isaac, et c’est de lui que Sepphora tire son origine. Il n’y a donc aucun anachronisme à ce que Moïse et Sepphora aient été contemporains; ils habitaient la ville de Madian, qui avait reçu son nom d’un des enfants d’Abraham; car il dit (l’historien sacré) (Genèse, chapitre 25. 6) qu’Abraham envoya ses enfants se fixer dans les régions orientales. Voici la cause pour laquelle Aaron et Marie disent dans Aseroth (e) que Moïse avait épousé une Éthiopienne; »

Philon d’Alexandrie : Madian n’est pas en Arabie (péninsule) mais en Afrique

https://www.earlychristianwritings.com/yonge/book24.html

Vie de Moise Livre 2

IX. (46) Mais lorsque les autorités égyptiennes eurent une fois l’occasion d’attaquer le jeune homme, ayant déjà des raisons de le considérer avec suspicion (car elles savaient bien qu’il leur en voudrait désormais pour leurs mauvaises pratiques et qu’il se vengerait). lui-même quand il en avait l’occasion), ils déversaient, à tout moment et de toutes parts, des milliers et des milliers de calomnies dans les oreilles bienveillantes de son grand-père, de sorte qu’ils implantèrent même dans son esprit la crainte que Moïse complotait pour le priver de son royaume, lui disant : « Il te dépouillera de ta couronne. Il n’a pas de desseins ni de notions humbles. Il cherche continuellement à s’occuper de ce qui ne le regarde pas et à acquérir quelque pouvoir supplémentaire. Il a hâte pour le royaume avant son temps. Il caresse les uns, il en menace les autres, il en tue les autres sans procès ; pourquoi ne tardez-vous pas à mettre fin à tous ses desseins ? des machinations ? Un retard de la part de ceux contre lesquels ils complotent est du plus grand avantage pour ceux qui souhaitent les attaquer. » (47) Alors qu’ils présentaient ces arguments au roi, celui-ci se retira dans le pays contigu de l’Arabie (Aksoum, 2 Chrn 21v16), où il était en sécurité. demeurez, suppliant Dieu de délivrer ses compatriotes de calamités inextricables, de châtier dignement leurs oppresseurs qui n’ont omis aucune circonstance d’insolence et de tyrannie, et de doubler sa joie en lui permettant de voir l’accomplissement de ces deux prières. Et Dieu entendit la sienne. prières, considérant favorablement son tempérament, si dévoué à ce qui est bien et si hostile à ce qui est mal, et peu de temps après, il prononça sa décision sur les affaires de ce pays comme il convient à un Dieu (48) Mais pendant qu’il se préparait. pour manifester la décision qu’il était sur le point de prononcer, Moïse se vouait à tous les travaux de la vertu, ayant en lui un maître, la raison vertueuse, par qui il avait été formé aux activités les plus vertueuses de la vie et avait appris à appliquer se consacrer à la contemplation et à la pratique de la vertu et à l’étude continuelle des doctrines de la philosophie, qu’il comprenait facilement et complètement dans son âme, et qu’il mémorisait de manière à ne jamais les oublier ; et de plus, il faisait en sorte que toutes ses propres actions, qui étaient intrinsèquement louables, soient en harmonie avec elles, désirant non pas paraître sages et bonnes, mais en vérité et réalité l’être, parce qu’il faisait de la juste raison de la nature son seul but ; qui est, en effet, le seul premier principe et source de toutes les vertus. …

X. (51) Je citerai encore une action qu’il accomplit à cette époque, bien que peu importante en apparence, mais qui n’en fut pas moins le fruit d’un esprit noble. Les Arabes sont de grands éleveurs de bétail, et tous paîtront ensemble leurs troupeaux, non seulement les hommes, mais aussi les femmes, les jeunes gens et les jeunes filles, et cela non seulement dans les classes les plus obscures et les plus basses, mais aussi parmi les personnes les plus éminentes de la nation. (52) Or, il y avait sept jeunes filles, dont le père était prêtre, et elles arrivèrent toutes à une certaine fontaine en conduisant leurs troupeaux ; après avoir défait leurs vases et les avoir descendus avec des courroies, elles puisèrent l’eau les unes après les autres, de manière à ce que toutes participent également à l’ouvrage ; et ainsi elles remplirent joyeusement et rapidement les auges qui étaient à portée de main. (53) Et quand d’autres bergers arrivèrent, ils ne s’aperçurent pas de la faiblesse des jeunes filles et cherchèrent à les chasser avec leurs troupeaux, et ils amenèrent leurs propres troupeaux à la boisson qui était préparée, désirant recueillir le fruit du travail des autres. (54) Mais Moïse, voyant ce qui se passait (il n’était pas loin), se hâta d’arriver et courut, car il avait faim. et, quand il fut près d’eux, il leur dit : « Ne voulez-vous pas cesser de vous conduire ainsi injustement, en pensant que ce lieu solitaire est un champ propre à l’exercice de votre cupidité ? N’avez-vous pas honte d’avoir des bras et des mains si lâches ? Vous êtes des êtres chevelus, de la chair féminine, et non des hommes. Les jeunes filles se conduisent comme des jeunes gens vigoureux, n’hésitant à rien de ce qu’ils doivent faire ; mais vous, jeunes gens, vous vous conduisez maintenant avec paresse, comme des jeunes filles. (55) Ne voulez-vous pas vous en aller ? Ne voulez-vous pas vous en aller et céder la place à ceux qui sont arrivés les premiers, à qui appartient l’eau et à qui elle a droit, alors que vous auriez dû plutôt puiser de l’eau pour eux, afin qu’ils en aient plus abondamment ? Et vous, au contraire, vous essayez de leur enlever ce qu’ils ont préparé ? « Mais je jure, par l’œil céleste de la justice, qui voit ce qui se fait même dans les lieux les plus solitaires, que vous ne la leur enleverez pas. (56) Et maintenant, la justice m’a envoyé et m’a désigné pour porter secours à ceux qui ne s’attendaient pas à un tel officier ; car je suis l’allié de ces demoiselles qui sont ainsi blessées par la violence, et je viens avec une force que vous, méchants et cupides, ne pouvez pas supporter, mais vous la sentirez vous blesser d’une manière invisible, si vous ne changez pas de comportement. (57) Il dit cela ; et elles, effrayées par ses paroles, car pendant qu’il parlait il semblait inspiré, et son aspect s’est transformé, de sorte qu’il ressemblait à un prophète, et craignant qu’il ne prononçât des oracles et des prédictions divines, elles obéirent et devinrent soumises, et ramenèrent le troupeau des demoiselles aux auges, en retirant d’abord leur propre bétail.

Flavius : le mont Sinai est à Aksoum en Afrique

Flavius, Antiquités Judaiques :

Torah-Pentateuque des Pharisiens (Flavius) AJ L1 Ch XV : «  Prospérité d’Abraham et de Chetoura. [238] Abram[236] épouse plus tard Chetoura, qui lui donne six fils d’une grande vigueur au travail et d’une vive intelligence : Zambran(ès)[237], Jazar(ès)[238], Madan(ès), Madian(ès), Lousoubac(os)[239], Soùos[240]. Ceux-ci engendrèrent aussi des enfants : de Soùos[241] naissent Sabakan(ès)[242] et Dadan(ès)[243] et de celui-ci Latousim(os), Assouris et Lououris[244]. Madan[245] eut Ephâs, Ophrès[246], Anôch(os), Ebidâs[247], Eldâs[248]. Tous, fils et petits-fils, allèrent, à l’invitation d’Abram, fonder des colonies ; ils s’emparent de la Troglodytide et de la partie de l’Arabie heureuse qui s’étend vers la mer Erythrée. On dit aussi que cet Ophren fit une expédition contre la Libye, s’en empara et que ses descendants s’y établirent et donnèrent son nom au pays qu’ils appelèrent Afrique. Je m’en réfère à Alexandre Polyhistor, qui s’exprime ainsi[249] : « Cléodème le prophète, surnommé Malchos, dans son histoire des Juifs, dit, conformément au récit de Moïse, leur législateur, que Chetoura donna à Abram des fils vigoureux. Il dit aussi leurs noms ; il en nomme trois : Aphéras, Sourîm, Japhras. Sourîm donna son nom à l’Assyrie, les deux autres, Aphéras et Japhras, à la ville d’Aphra et à la terre d’Afrique. Ceux-ci auraient combattu avec Hercule contre la Libye et Antée ; et Hercule, ayant épousé la fille d’Aphra, aurait eu d’elle un fils Didôros, duquel naquit Sophôn ; c’est de lui que les Barbares (berbères blancs) tiennent le nom de Sophaques Ch XVII … Isac l’épouse, déjà maître de l’héritage ; car les enfants nés de Chetoura étaient partis fonder des colonies ailleurs.».

Flavius, Livre 2 : Moise chassé d’Egypte pour raison politique, Moise roi du Soudan méroitique et épouse la fille du roi Soudanais

Chapitre IX

Souffrances qu’eurent à subir les Hébreux en Égypte durant 400 ans.

1. Oppression des Israélites par les Égyptiens. – 2. Ordre de faire périr les nouveau-nés. – 3. Prédiction de Dieu à Amram. – 4. Naissance et exposition de Moïse. – 5. Moïse sauvé des eaux. – 6. Sa beauté ; son nom. – 7. Moïse enfant et le Pharaon.

1[66]. [201] Comme les Egyptiens étaient voluptueux et nonchalants au travail et se laissaient dominer, en général, par tous les plaisirs et, en particulier, par l’appât du lucre, il advint qu’ils furent fort mal disposés pour les Hébreux, dont ils enviaient la prospérité. [202] En effet, voyant que la race des Israélites était dans la fleur de son développement, que leurs vertus et leurs aptitudes naturelles au travail leur valaient déjà l’éclat de grandes richesses, ils se crurent menacés par cet accroissement. Les bienfaits dont ils étaient redevables à Joseph, après un si long temps, ils les avaient oubliés, et comme la royauté avait passé dans une autre dynastie[67], ils faisaient subir de cruelles violences aux Israélites et imaginaient contre eux toute espèce de tourments. [203] Ainsi, ils les astreignirent à diviser le fleuve en nombreux canaux, à bâtir des remparts pour les villes et des digues pour contenir les eaux du fleuve et les empêcher de rester stagnantes quand elles déborderaient ; bâtissant pyramides sur pyramides, ils épuisaient ceux de notre race en les assujettissant à toute sorte de nouveaux métiers et de fatigues. [204] Ils demeurèrent quatre cents ans[68] dans ces souffrances ; les Égyptiens s’acharnaient à faire mourir à la peine les Israélites, et ceux-ci à paraître toujours au-dessus de leur tâche. …

3[72]. [210] Amaram(ès)[73], qui appartenait à une famille noble parmi les hébreux, craignant que sa race tout entière ne s’éteignit par suite de l’insuffisance de la prochaine génération, et très tourmenté pour son compte, car sa femme était enceinte, se trouvait dans un profond désarroi. [211] Il recourt aux prières à Dieu, le supplie de prendre enfin un peu en pitié des hommes qui n’ont rien négligé dans les honneurs qu’ils lui rendent, de les délivrer des misères qu’ils souffrent en ce moment et de leurs soucis touchant l’extinction de la race. [212] Dieu a compassion de lui et, se laissant fléchir par cet appel suppliant, il lui apparaît pendant son sommeil[74], l’exhorte à ne pas désespérer de l’avenir et dit qu’il garde le souvenir de leur piété et qu’il les en récompensera toujours. Déjà il avait accordé à leurs ancêtres cette singulière multiplication d’une race issue de quelques hommes. [213] Abram, parti seul de Mésopotamie pour venir en Chananée, avait eu toutes les félicités et, de plus, sa femme, précédemment stérile, était par la suite devenue féconde, grâce à la volonté divine ; elle lui avait donné des enfants : il avait laissé à Ismaël et à ses descendants le pays des Arabes, aux enfants de Chetoura la Troglodytide et à lsac la Chananée. [214] « Tous les succès, dit-il, qu’il a eus à la guerre, grâce à mon intervention, ce serait impie à vous de n’en pas conserver la mémoire. Jacob, lui, est devenu célèbre même chez des impies étrangers, par le haut degré de prospérité où il parvint pendant sa vie et qu’il a transmis à ses enfants. Lui et soixante-dix personnes, en tout, arrivèrent en Égypte, et vous voilà déjà plus de six cent mille !

5. [224] Le roi avait une fille, Thermouthis[78]. Jouant près des rives do fleuve et apercevant la corbeille que le courant emportait, elle dépêche des nageurs avec l’ordre de lui rapporter cette corbeille. Quand ceux-ci furent revenus, elle vit l’enfant et se prît pour lui d’une grande tendresse à cause de sa taille et de sa beauté. [225] Telle était la sollicitude dont Dieu entoura Moïse que ceux-là même qui avaient décrété à cause de lui la perte de tous les enfants qui naîtraient de la race des Hébreux crurent devoir l’élever et prendre soin de lui. Thermouthis ordonne aussi qu’on fasse venir une femme pour allaiter l’enfant. [226] Mais comme, loin de prendre le sein, il se détournait[79] et qu’il témoigna de même sa répugnance pour plusieurs autres femmes, Mariamme, qui était venue sur ces entrefaites sans dessein apparent et comme une simple curieuse : « C’est peine perdue, dit-elle, ô reine, que d’appeler pour nourrir cet enfant des femmes qui n’ont aucun lien d’origine avec lui, si tu faisais venir une femme de chez les Hébreux, peut-être prendrait-il le sein d’une femme de sa race ». [227] Son avis parut judicieux et la princesse la pria de lui rendre ce service et d’amener une nourrice. Elle use de la permission, et revient, amenant la mère, que nul ne connaissait. Alors l’enfant, avec une sorte de joie, s’attache au sein et, sur la demande de la reine, la mère se charge entièrement de le nourrir.

6. [228] Dans la suite, la princesse lui donna un nom qui rappelait son immersion dans le fleuve ; car les Égyptiens appellent l’eau mô et ceux qui sont sauvés ysès[80] ils lui donnent donc un nom composé de ces deux termes. [229] Et conformément aux prédictions de Dieu, il fut le plus illustre des Hébreux par la grandeur de son intelligence et son mépris des épreuves. [Abram était le septième de ses ascendants ; car il était fils d’Amaram, lequel était fils de Caath, et le père de Caath était Lévi, fils de Jacob, fils d’Isac, fils d’Abram.[81]] [230] Son intelligence n’était pas celle d’un enfant de son âge ; elle était bien plus profonde et plus mûre que cet âge ne le comporte ; il en fit voir clairement toute l’étendue dans ses jeux, et présagea par ses premiers actes les choses plus grandes qu’il allait accomplir à l’âge d’homme. Quand il eut trois ans[82], Dieu le fit grandir d’une façon étonnante. [231] Quant à la beauté, personne n’y était assez indifférent pour n’être pas frappé, en apercevant Moïse, du charme de ses traits et il arrivait à bien des gens, quand ils rencontraient Moïse sur leur chemin, de se retourner pour regarder l’enfant et d’abandonner leurs affaires pressantes pour le considérer à loisir : la grâce enfantine était chez lui si parfaite et si pure qu’elle retenait les regards[83].

Chapitre X

1. L’invasion Éthiopienne en Égypte. – 2. Succès et mariage de Moïse.

1. [238] Moïse donc, né et élevé de la manière que nous avons dite, parvenu à l’âge d’homme, donna aux Égyptiens une preuve éclatante de son mérite et montra qu’il était né pour leur propre déchéance et pour l’élévation des Hébreux : voici quelle en fut l’occasion[87]. [239] Les Ethiopiens, qui sont établis près des Égyptiens, faisaient irruption dans leur territoire et ravageaient les possessions des Égyptiens ; ceux-ci, indignés, partent en expédition contre eux pour venger l’offense et, vaincus dans une bataille, les uns succombent, les autres s’enfuient et se sauvent honteusement dans leur pays. [240] Mais les Éthiopiens les poursuivent, leur donnent la chasse, estimant qu’il y aurait de la lâcheté à ne pas s’emparer de toute l’Égypte et ils s’étendent dans le pays ; puis, ayant pris goût à ses richesses, ils ne voulurent plus y renoncer et, comme à leurs premières incursions sur les territoires limitrophes on n’osa pas leur opposer de résistance, ils s’avancèrent jusqu’à Memphis et jusqu’à la mer ; aucune des villes ne put tenir contre eux. [241] Accablés par ces revers, les Égyptiens ont recours aux prédictions des oracles : le dieu leur ayant conseillé de prendre pour allié l’Hébreu, le roi prie sa fille de lui donner Moïse pour en faire le chef de l’armée. [242] Celle-ci, après que son père eut juré qu’on ne lui ferait aucun mal, le lui confie ; elle tenait que ce serait un grand bienfait pour eux qu’une telle alliance et voulait humilier les prêtres, qui, après avoir parlé de le mettre à mort, ne rougissaient pas maintenant d’implorer son secours.

2. [243] Moïse, à l’invitation de Thermouthis et du roi, accueille cette mission avec plaisir ; ce fut une joie également pour les hiérogrammates des deux peuples : pour ceux des Égyptiens, parce que, une fois que sa valeur les aurait fait triompher de leurs ennemis, ils pourraient se débarrasser aussi de Moïse par la même ruse, et pour ceux des Hébreux, car il leur serait loisible de fuir les Égyptiens, ayant Moïse pour chef. [244] Celui-ci prévient l’ennemi et, avant que celui-ci soit informé de son approche, il prend son armée et la dirige, non par la voie du fleuve, mais à travers les terres. [245] Là, il donna une merveilleuse preuve de sa perspicacité : la route était pénible à suivre à cause des nombreux serpents dont cette région produit une quantité ; il en est qu’on ne trouve pas ailleurs, qu’elle est seule à nourrir et qui se distinguent par leur force, leur malignité et leur aspect étrange ; quelques-uns même sont volatiles, de sorte qu’ils se cachent à terre pour attaquer et peuvent nuire aussi avant qu’on les ait aperçus, en s’élevant en l’air. Moïse imagine donc, pour assurer à son armée une route exempte de dangers, un merveilleux stratagème : [246] il prépare des espèces de cages avec de l’écorce de papyrus et les emporte remplies d’ibis – c’est un animal très ennemi des serpents, qui s’enfuient quand il fond sur eux, et, s’ils résistent, ils sont saisis et engloutis comme par des cerfs[88]. Les ibis sont, d’ailleurs, apprivoisés et n’ont de férocité que pour la race des serpents. [247] Mais c’est assez parler d’eux, car les Grecs connaissent bien les caractères de l’ibis. Donc, quand il pénétra dans ce pays infesté de bêtes, il se servit des ibis pour se défendre contre les serpents, en les lâchant sur eux et en profitant de ces auxiliaires[89]. [248] C’est de cette façon qu’il poursuit sa route; il arrive sur les Éthiopiens, qui ne s’y attendaient pas, en vient aux mains avec eux, les défait dans une bataille, anéantit les espérances qu’ils nourrissaient à l’égard des Égyptiens et pénètre dans leurs villes, qu’il saccage ; il se fit un grand carnage d’Ethiopiens. Ayant pris goût aux succès que Moïse leur fait remporter, l’armée des Égyptiens se montre infatigable, de sorte que les Éthiopiens étaient menacés de la servitude et d’une ruine complète. [249] A la fin, les ayant poursuivis jusqu’à la ville de Saba, capitale du royaume d’Éthiopie, que Cambyse plus tard appela Méroé d’après le nom de sa sœur, ils en font le siège. Mais c’était une place extrêmement difficile à enlever : le Nil l’entourait d’un cercle, et d’autres fleuves, l’Astapos et l’Astaboras, rendaient l’attaque malaisée à ceux qui tentaient d’en franchir le cours. [250] La ville, se trouvant à l’intérieur, est comme une île ; de fortes murailles l’enserrent et, contre les ennemis, elle a pour abri ses fleuves, ainsi que de grandes digues entre les remparts, de sorte qu’elle ne peut être inondée si la crue vient à être trop violente ; et c’est ce qui rendait la ville imprenable même à ceux qui avaient passé les fleuves. [251] Tandis que Moïse considérait avec ennui l’inaction de l’armée, car les ennemis n’osaient en venir aux mains, il lui arriva l’aventure suivante. [252] Tharbis, la fille du roi des Éthiopiens, en voyant Moïse amener l’armée près des remparts et lutter vaillamment, admira l’ingéniosité de ses opérations et comprit que les Égyptiens, qui désespéraient déjà de leur indépendance, lui devaient leurs succès, et que les Éthiopiens, si vains des avantages qu’ils avaient remportés contre. eux, se trouvaient par lui dans une situation tout à fait critique ; elle s’éprit d’un violent amour pour Moïse. Comme cette passion persistait, elle lui envoie les plus fidèles de ses serviteurs pour lui offrir le mariage, [253] il accepte la proposition, moyennant la reddition de la ville, et s’engage par serment à prendre Tharbis pour femme et, une fois maître de la ville, à ne pas violer le pacte ; l’évènement suit de près ces pourparlers. Après avoir défait les Éthiopiens, Moïse rend grâce à Dieu, effectue ce mariage et ramène les Égyptiens dans leur pays[90].

Chapitre XI

1. Fuite de Moïse au pays de Madian. – 2. Moïse et les filles de Ragouël.

1[91]. [254] Les Égyptiens, tirés d’affaire par Moïse, n’en conçurent que de la haine pour lui et ne mirent que plus d’ardeur à poursuivre sa perte, le soupçonnant de vouloir profiter de ses succès pour innover en Égypte et suggérant au roi de le faire mourir. [255] Celui-ci, de son côté, méditait une vengeance, parce qu’il était jaloux de la glorieuse campagne de Moïse[92] et qu’il craignait de se voir abaissé ; poussé, d’autre part, par les hiérogrammates, il était capable de prendre l’initiative du meurtre de Moïse. [256] Celui-ci, informé à l’avance du complot, s’éloigne en secret et, comme les routes étaient gardées, il dirige sa fuite à travers le désert, là où ses ennemis ne pouvaient soupçonner sa présence ; il était sans vivres et dompta sa faim à force d’endurance et de mépris du besoin.

[257] Il arrive dans la ville de Madian (Madiané), située sur les bords de la mer Érythrée, et qui portait le nom d’un des fils d’Abram né de Chatoura ; il s’assied au bord d’un puits, à peu de distance de la ville, et s’y repose de sa fatigue et de ses misères – c’était vers le milieu du jour. Il eut là, à cause des mœurs des habitants, à jouer un rôle qui fit valoir son mérite et fut l’origine pour lui d’une meilleure fortune.

2. [258] Comme ces terres manquaient d’eau, les bergers se disputaient les puits, dans la crainte que l’eau, une fois épuisée par d’autres, ne vint à faire défaut pour leurs troupeaux. [259] Or, voici qu’arrivent au puits sept sœurs, filles de Ragouël(os)[93], un prêtre tenu en haute vénération chez les habitants du pays ; elles surveillaient les troupeaux de leur père ; car ce soin revient aussi aux femmes chez les Troglodytes. Elles se hâtent de retirer du puits la quantité d’eau nécessaire à leurs troupeaux et la mettent dans les auges destinées à la recueillir. [260] Mais des bergers étant survenus et voulant chasser les jeunes filles pour s’emparer eux-mêmes de l’eau, Moïse, s’indignant à l’idée d’assister impassible à cette iniquité et de laisser triompher la force de ces hommes sur le droit des jeunes filles, repoussa les insolentes prétentions des premiers et fournit à celles-ci une aide opportune. [261] Après ce bienfait, elles s’en vont chez leur père, lui racontent l’outrage des bergers et l’assistance que l’étranger leur a prêtée, et le supplient de ne pas laisser cette bonne action sans fruit et sans récompense. Le père approuva ses filles de leur zèle pour leur bienfaiteur et les pria d’amener Moïse en sa présence pour qu’il reçût les remerciements qu’il méritait. [262] Quand il fut arrivé, il invoqua le témoignage de ses filles au sujet de l’intervention de Moïse, et, admirant son courage, lui dit qu’il n’avait pas obligé des ingrats, mais bien des personnes capables de lui rendre service pour service et de surpasser même par la grandeur de la récompense l’étendue du bienfait. [263] Il l’adopte pour fils, lui donne une de ses filles en mariage et le désigne comme intendant et maître de ses troupeaux, car c’est en cela que consistaient anciennement toutes les richesses des barbares.

Chapitre XII

1. Le buisson ardent. – 2. Crainte de Moïse. – 3. Dieu le rassure par des miracles. – 4. Le nom divin.

1[94]. [264] Moïse, ayant reçu ces bienfaits de Iothor(os)[95] – tel était le surnom de Ragouël – vécut là en faisant paître les troupeaux. Quelque temps après, il les mena paître sur la montagne appelée Sinaï[96] : c’est la plus haute montagne de cette région. [265] Elle a les meilleurs pâturages, car il y pousse une herbe excellente et, comme la renommée voulait que la divinité y eût son séjour, elle n’avait pas jusque-là été affectée au pacage, les bergers n’osant pas la gravir. [266] C’est là qu’il fut témoin d’un prodige étonnant : un feu brûlait un buisson d’épines et laissait intacte la verdure qui le couronnait, ainsi que ses fleurs ; il n’anéantissait aucun de ses rameaux chargés de fruits, quoique la flamme fût très grande et très intense. [267] Moïse s’effraye de ce spectacle étrange, mais il est frappé bien davantage encore d’entendre ce feu émettre une voix, l’appeler par son nom et lui adresser la parole, l’avertissant de la hardiesse qu’il y avait à oser s’avancer dans un lieu où nul homme n’était venu auparavant à cause de son caractère divin et lui conseillant de s’éloigner le plus possible de la flamme, de se contenter de ce qu’il avait vu, en homme vertueux issu d’ancêtres illustres, et de garder là-dessus quelque discrétion. [268] Il lui prédit aussi qu’il acquerra une gloire extraordinaire et sera comblé d’honneurs par les hommes, grâce à l’assistance divine, et lui ordonne de s’en retourner avec confiance en Égypte, où il deviendra le chef et le guide de la foule des Hébreux et délivrera ceux de sa race des tourments qu’ils y subissaient. [269] « Car, dit-il, ils occuperont cette terre fortunée qu’Abram, votre ancêtre, habita et ils y jouiront de tous les biens et c’est toi, c’est ton intelligence qui les y conduira ». Toutefois, il lui ordonne, après qu’il aurait fait sortir les hébreux de l’Égypte, d’offrir des sacrifices de reconnaissance en arrivant à cet endroit-là. Voilà les avertissements divins qui sortirent du feu.

2. [270] Moïse, frappé de stupeur par ce qu’il avait vu et surtout par ce qu’il avait entendu : « Seigneur, dit-il, manquer de foi en ta puissance que je vénère moi-même et qui, je le sais, s’est manifestée à mes ancêtres, ce serait une folie trop indigne, à mon avis, pour que j’en conçoive la pensée. [271] Mais je me demande comment moi, simple particulier, dépourvu de toute puissance, je pourrai persuader mes frères par mes discours d’abandonner le pays qu’ils occupent actuellement pour me suivre dans celui où je pense les mener et, quand même ils m’écouteraient, comment je forcerai Pharaôthès à leur accorder de partir, à eux dont les efforts et les travaux concourent à la prospérité de ses Etats.

Le Sefer Jasher : Horeb est à Aksoum-Madian en Afrique, Sinai est en Arabie (Péninsule)

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CHAPITRE 25 Madian est à l’Est du Soudan en Afrique : Abraham prend Ketura pour femme. Les générations des fils de Ketura et d’Ismaël

Et en ce temps-là Abraham prit encore une femme dans sa vieillesse, son nom était Ketura, du pays de Canaan. Elle lui enfanta six fils: Zimran, Jokshan, Médan, Madian, Jischbak et Schuach. Les fils de Zimran étaient Abien, Molich et Narim. Les fils de Jokshan étaient Séba et Dedan. Les fils de Médan étaient Amida, Joab, Gochi, Elisée et Nothac. Les fils de Madian étaient Epha, Epher, Chanoch, Abida et Eldaa. Les fils de Jischbak étaient Makiro, Beyodua et Tator. Les fils de Schuach étaient Bildad, Mamdad, Munan et Meban. Ce sont toutes les familles des fils de Ketura, la Cananéenne, qu’elle enfanta à Abraham, l’Hébreu. Abraham leur fit des dons et il les envoya loin de son fils Isaac pour habiter partout où ils trouveraient un lieu. Tous ceux-ci allèrent à la montagne, du côté de l’orient, et ils bâtirent six villes dans lesquelles ils ont habité jusqu’à ce jour. Mais les fils de Séba et de Dedan, fils de Jokshan, avec leurs fils, ne demeurèrent pas avec leurs frères dans leurs villes, ils partirent et campèrent dans les pays et les contrées sauvages jusqu’à ce jour. Les fils de Madian, fils d’Abraham, s’en allèrent à l’orient du pays de Cush.  Ils trouvèrent là une grande vallée dans le pays de l’orient. Ils y demeurèrent, et bâtirent une ville, qui est le pays de Madian jusqu’à ce jour. Madian habita dans la ville qu’il bâtit, lui et ses cinq fils, et tous ceux qui lui appartenaient. Voici ici les noms des fils de Madian, selon leurs noms dans leurs villes: Epha, Epher, Chanoch, Abida et Eldaa. Les fils d’Épha étaient Methach, Meshar, Avi et Tsianua. Les fils d’Epher étaient Ephron, Tsur, Alirun et Medin. Les fils de Chanoch étaient Réuel, Rékem, Azi, Alyoshub et Alad. Les fils d’Abida étaient Chur, Melud, Kerury, Molchi. Et les fils d’Eldaa étaient Miker, et Réba, et Malkija et Gabol. Ce sont là les noms des Madianites, selon leurs familles. Ensuite les familles de Madian se répandirent dans tout le pays de Madian. Voici la postérité d’Ismaël, fils d’Abraham, qu’Agar, servante de Sara, enfanta à Abraham. Ismaël prit une femme du pays d’Egypte, son nom était Riba, c’est-à-dire Meriba. Riba enfanta à Ismaël: Nebajoth, Kédar, Adbeel, Mibsam et Bosmath, leur sœur. Et Ismaël rejeta sa femme Riba, car elle avait été très mauvaise aux yeux d’Ismaël et aux yeux d’Abraham, son père. Elle s’éloigna de lui, et retourna en Egypte dans la maison de son père. Ismaël prit par la suite une femme du pays de Canaan, son nom était Malchuth, elle lui enfanta: Mishma, Duma, Massa, Hadad, Théma, Jethur, Naphisch et Kedma. Ce sont là les fils d’Ismaël, et ce sont là leurs noms, douze princes selon leurs nations. Les familles d’Ismaël se répandirent par la suite, et Ismaël prit ses enfants et tous les biens qu’il avait gagnés, avec les âmes de sa maison et tous ceux qui lui appartenaient, et ils allèrent s’établir là où ils trouvèrent un lieu. Ils s’établirent près du désert de Paran, et leur demeure allait depuis Havila jusqu’à Shur, qui est en face de l’Égypte, quand tu viens vers l’Assyrie. Ismaël et ses fils habitèrent dans le pays, ils eurent des enfants; et ils furent féconds et devinrent de plus en plus nombreux. Voici les noms des fils de Nebajoth, premier-né d’Ismaël: Mend, Send, et Mayon. Les fils de Kédar furent Alyon, Kézem, Chamad et Éli. Les fils d’Adbeel étaient Chamad et Jabin. Les fils de Mibsam étaient Abdias, Ébed-Mélec et Yeush. Ce sont les familles des fils de Riba, femme d’Ismaël. Les fils de Mishma, fils d’Ismaël, étaient Shamua, Tsecaryon et Obed. Les fils de Duma étaient Kézed, Eli, Makmad et Amed. Les fils de Massa étaient Melon, Mula et Ebidadon. Les fils de Hadad étaient Azur, Minzar et Ebedmelech. Les fils de Théma étaient Séir, Sadon et Yakol. Les fils de Jethur étaient Merith, Yaish, Alyo et Pachoth. Les fils de Naphisch étaient Ébed-Tamed, Abiyasaph et Mir. Les fils de Kedma étaient Calip, Tachti et Omir. Ce sont là les fils de Malchuth, femme d’Ismaël, selon leurs familles. Ce sont là toutes les familles d’Ismaël, selon leurs générations, et elles habitèrent dans les pays où elles se sont bâties des villes jusqu’à ce jour. Rebecca, fille de Bethuel, femme d’Isaac, fils d’Abraham, était stérile en ces jours-là, elle n’avait pas de descendance. Isaac habita avec son père dans le pays de Canaan; et Elohim fut avec Isaac. Arpacschad, fils de Sem, fils de Noé, mourut en ces jours-là, la 48e année de la vie d’Isaac, et tous les jours de la vie d’Arpacschad furent 438 ans; puis il mourut.

CHAPITRE 71 – Moïse tue un Égyptien et étant découvert s’enfuit d’Égypte. Les prophéties d’Aaron

Quand Moïse eut dix-huit ans, il désira voir son père et sa mère et il alla vers eux à Goshen. Arrivé près de Gosen, Moise vint au lieu où les enfants d’Israël travaillaient, il observa leurs fardeaux, et il vit un Égyptien frapper l’un de ses frères hébreux. Quand l’homme battu vit Moïse, il courut vers lui pour lui demander de l’aide, car l’homme Moïse était très respecté dans la maison de Pharaon, et il lui dit: « Mon seigneur aide moi, cet Égyptien est venu dans ma maison durant la nuit, m’a lié et est venu dans mon femme en ma présence, et maintenant il cherche à m’ôter la vie. Lorsque Moïse eut entendu cette méchante chose, sa colère s’enflamma contre l’Egyptien. Il regarda de part et d’autre, et, voyant qu’il n’y avait personne, il tua l’Egyptien, le cacha dans le sable, et délivra l’Hébreu de la main de celui qui le frappait – Exode 2:11-12 L’Hébreu alla dans sa maison. Moïse s’en alla et revint à la maison du roi. Quand l’homme fut rentré chez lui, il pensa à répudier sa femme, car il n’était pas juste dans la maison de Jacob, qu’un homme vienne vers un femme après qu’elle ait été souillée. La femme alla le dire à ses frères, et les frères de la femme cherchèrent à le tuer. Il s’enfuit de sa maison et s’échappa. Le second jour, Moïse alla vers ses frères, et il vit que deux hommes se disputaient, et il dit au méchant: « Pourquoi frappes-tu ton prochain? » Il lui répondit: « Qui t’a établi chef et juge sur nous? Penses-tu me faire mourir comme tu as tué l’Égyptien? » Moïse eut peur, et il dit: « La chose est-elle connue? » Pharaon apprit cette affaire, et il ordonna que Moïse fût tué. Elohim envoya son ange, et il apparut à Pharaon sous la forme d’un chef de garde. L’ange de l’Éternel prit l’épée de la main du chef des gardes et lui coupa la tête, car la ressemblance du chef des gardes était changée en celle de Moïse Ensuite, l’ange de l’Éternel saisit la main droite de Moïse, le fit sortir d’Égypte, et le plaça hors des frontières de l’Égypte, à une distance de quarante jours de marche. Aaron, son frère, resta seul dans le pays d’Égypte, et il prophétisa aux enfants d’Israël, en disant: « Ainsi parle l’Éternel, le Elohim de vos pères: Rejetez chacun les abominations devant ses yeux, et ne vous souillez pas avec les idoles de l’Égypte. » Les enfants d’Israël se révoltèrent et ne voulurent pas écouter Aaron en ce temps-là. L’Éternel pensa à les détruire, seulement si l’Éternel ne s’était pas souvenu de l’alliance qu’il avait faite avec Abraham, Isaac et Jacob. En ces jours-là, la main de Pharaon continuait d’être sévère contre les enfants d’Israël. Il les écrasait et les opprimait jusqu’au moment où Elohim les prit en compte et envoya sa parole.

CHAPITRE 73 – Le règne de Moïse et sa guerre stratégique

La 50e année du règne de Pharaon, roi d’Égypte, c’est-à-dire la 150e année de la descente des Israélites en Égypte, Moïse régna sur Cush (Éthiopie). Moïse était âgé de 27 ans lorsqu’il commença à régner sur Cusch (Éthiopie), et il régna quarante ans. L’Éternel accorda à Moïse faveur et grâce aux yeux de tous les fils de Cusch, et les fils de Cusch l’aimèrent beaucoup, de sorte que Moïse fut favorisé par l’Éternel et par les hommes. Le septième jour de son règne, tous les fils de Cusch se rassemblèrent, vinrent devant Moïse, et se prosternèrent devant lui à terre.

CHAPITRE 76 – Moïse quitte Cush et se rend au pays de Madian. Il est emprisonné pendant dix ans. Mort de pharaon Pharaon frappé de la peste. Tue un enfant des Israélites chaque jour. Il meurt de la pourriture et son fils, Adikam, règne à sa place

Moïse, fils d’Amram, était encore roi dans le pays de Cusch en ces jours-là, il prospérait dans son royaume, et il dirigeait le gouvernement des fils de Cusch avec justice, droiture et intégrité. Tous les fils de Cusch aimèrent Moïse tous les jours qu’il régna sur eux, et tous les habitants du pays de Cusch eurent une grande crainte de lui. La 40e année du règne de Moïse sur Cusch, Moïse était assis sur le trône royal, tandis qu’Adonia, la reine, était devant lui, et que tous les grands étaient assis autour de lui. La reine Adonia dit devant le roi et les chefs: « Quelle est cette chose que vous, les enfants de Cusch, avez faite depuis si longtemps? « Vous savez sûrement que pendant quarante ans que cet homme a régné sur Cusch, il ne s’est pas approché de moi, et il n’a pas non plus servi les dieux des fils de Cusch. « Maintenant donc, écoutez, enfants de Cusch, et que cet homme ne règne plus sur vous comme il n’est pas de notre chair. « Voici, Menacrus, mon fils, a grandi; qu’il règne sur vous, car il vaut mieux pour vous servir le fils de votre seigneur que de servir un étranger, esclave du roi d’Égypte. »

Tout le peuple et les nobles des fils de Cusch entendirent les paroles qu’Adonia, la reine, avait prononcées à leurs oreilles. Tout le peuple se prépara jusqu’au soir, et au matin ils se levèrent de bonne heure et firent régner sur eux Menacrus, fils de Kikianus. Tous les fils de Cusch eurent peur d’étendre la main contre Moïse, car l’Éternel était avec Moïse, et les fils de Cusch se souvinrent du serment qu’ils avaient fait à Moïse; c’est pourquoi ils ne lui firent aucun mal. Mais les enfants de Cusch firent de nombreux présents à Moïse, et le renvoyèrent d’eux avec grand honneur. Moïse sortit du pays de Cusch, s’en alla chez lui et cessa de régner sur Cusch. Moïse était âgé de 66 ans lorsqu’il sortit du pays de Cusch. La chose venait de l’Éternel, car la période qu’il avait fixée dans les anciens temps, pour faire sortir Israël de l’affliction des fils de Cham,  était arrivée. Moïse se rendit à Madian, car il craignait de retourner en Égypte à cause de Pharaon, et il alla s’asseoir près d’un puits d’eau à Madian. Les sept filles de Reuel le Madianite sortirent paître le troupeau de leur père. Elles vinrent au puits et puisèrent de l’eau pour abreuver le troupeau de leur père. Les bergers de Madian vinrent, et les chassèrent. Moïse se leva, les secouru, et abreuva le troupeau. Elles rentrèrent chez leur père Réuel, et lui racontèrent ce que Moïse avait fait pour elles. Elles dirent: « L’Égyptien nous a délivrés de la main des bergers, il a puisé de l’eau pour nous et a abreuvé le troupeau. » Réuel dit à ses filles: « Où est-il? Pourquoi avez-vous laissé cet homme? » Reuel l’envoya chercher et le ramena à la maison, et il mangea du pain avec lui. Moïse raconta à Réuel qu’il s’était enfui d’Egypte et qu’il régna quarante ans sur Cusch, et qu’ensuite ils l’avaient enlevé du gouvernement et l’avaient renvoyé en paix avec honneur et avec des présents. Lorsque Réuel entendit les paroles de Moïse, il dit en lui-même: « Je le ferai emprisoné et je me réconcilierai avec les enfants de Cusch, car il s’est enfui loin d’eux. Ils le prirent, et le mirent en prison pendant dix ans. Pendant que Moïse était dans la prison, Séphora, fille de Réuel, eut pitié de lui, et elle le soutenait avec du pain et de l’eau tout le temps. Tous les enfants d’Israël étaient encore dans le pays d’Égypte, servant les Égyptiens dans toutes sortes de travaux pénibles, et la main de l’Égypte continuait à peser avec sévérité sur les enfants d’Israël en ces jours-là. En ce temps-là, l’Éternel frappa Pharaon, roi d’Égypte, de la lèpre, depuis la plante de son pied jusqu’au sommet de sa tête; à cause du traitement cruel des enfants d’Israël, cette plaie fut, en ce temps-là, de la part de l’Éternel sur Pharaon, roi d’Égypte. Car le Seigneur avait exaucé la prière de son peuple, les enfants d’Israël, et leur cri l’avait atteint à cause de leur travail acharné. Mais sa colère ne se détourna point d’eux, et la main de Pharaon était toujours étendue contre les enfants d’Israël. Pharaon endurcit son cou devant l’Éternel, accru son joug sur les enfants d’Israël, et aigri leur vie avec toutes sortes de travaux pénibles. …

CHAPITRE 79 – Le Seigneur ordonne à Moïse de descendre en Egypte et parler à Pharaon 

En ces jours-là, Moïse faisait paître le troupeau de Reuel le Madianite, son beau-père, au-delà du désert de Sin, et le bâton qu’il avait pris de son beau-père était dans sa main. Il arriva un jour qu’un chevreau s’éloigna du troupeau. Moïse le poursuivit, et il vint à la montagne de Elohim à Horeb. Arrivé à Horeb, le Seigneur lui apparut dans le buisson. Il trouva le buisson brûlant de feu, mais le feu n’avait aucun pouvoir sur le buisson pour le consumer. 

Moïse fut très étonné de cette vue; pourquoi le buisson n’était pas consumé, et il s’approcha pour voir cette chose puissante. L’Éternel appela Moïse du feu, et lui ordonna de descendre en Égypte, vers Pharaon, roi d’Égypte, pour envoyer les enfants d’Israël loin de son service.

L’Éternel dit à Moïse: « Va, retourne en Égypte car tous ceux qui en voulaient à ta vie sont morts, et tu diras à Pharaon d’envoyer les enfants d’Israël hors de son pays. » L’Éternel lui montra comment faire des miracles et des prodiges en Égypte, aux yeux de Pharaon et de ses sujets, afin qu’ils croyassent que l’Éternel l’avait envoyé. ;;;

CHAPITRE 81 – Le départ des Israélites d’Égypte. Pharaon décide de poursuivre Israël et de les obliger à revenir. Les eaux de la mer Rouge sont divisées. Les enfants d’Ésaü combattent Israël

Les enfants d’Israël partirent de Ramsès pour Succoth, avec environ 600,000 hommes à pied, outre les petits et leurs femmes.

Une foule mêlée monta avec eux, avec des brebis, des boeufs, et même beaucoup de bétail.

Le séjour des enfants d’Israël, qui habitèrent dans le pays d’Egypte dans les travaux forcés, fut de 210 ans

 Au bout de 210 ans, l’Éternel fit sortir les enfants d’Israël d’Égypte, avec une main forte.

Les enfants d’Israël partirent d’Égypte, de Gohsen et de Ramsès, et campèrent à Succoth le quinzième jour du premier mois.

Les Egyptiens enterrèrent tous les premiers-nés que l’Eternel avait frappés, et tous leurs morts pendant trois jours.

Les enfants d’Israël partirent de Succoth, et campèrent à Ethom, au bout du désert.

Le troisième jour, après que les Egyptiens eurent enterré leurs premier-nés, beaucoup d’hommes se levèrent d’Égypte et allèrent après Israël pour les faire retourner en Égypte, car ils se repentirent d’avoir renvoyé les Israélites loin de leur servitude.

Un homme disait à son voisin: Assurément Moïse et Aaron parlèrent à Pharaon, disant: Nous ferons trois jours de marche dans le désert et nous sacrifierons à l’Éternel notre Elohim.

Maintenant donc levons-nous de bon matin et faisons-les revenir. S’ils reviennent avec nous en Égypte vers leurs maîtres, alors nous saurons qu’il y a foi en eux, mais s’ils ne reviennent pas, nous les combattrons et les ferons revenir avec une grande puissance et une main forte.

Tous les nobles de Pharaon se levèrent le matin, et avec eux environ 700,000 hommes. Ils sortirent d’Égypte ce jour-là, et arrivèrent au lieu où étaient les enfants d’Israël.

Tous les Egyptiens virent que Moïse, Aaron et tous les enfants d’Israël étaient assis devant Pi-Hahiroth, mangeant, buvant et célébrant la fête de l’Éternel.

Tous les Egyptiens dirent aux enfants d’Israël : Vous avez bien dit « Nous partirons trois jours dans le désert, nous sacrifierons à notre Elohim, et nous retournerons. »

Or, aujourd’hui donc, cinq jours se sont écoulés depuis votre départ; pourquoi ne retournez-vous pas vers vos maîtres?

Moïse et Aaron leur répondirent: Parce que l’Éternel notre Elohim a témoigné en nous, disant: Vous ne retournerez plus en Égypte, mais nous irons dans un pays où coulent le lait et le miel, comme l’Éternel, notre Elohim, l’avait juré à nos pères de nous le donner.

Les nobles d’Égypte virent que les enfants d’Israël ne les écoutaient pas pour retourner en Égypte, et ils se ceignirent pour combattre Israël.

L’Éternel affermit le cœur des enfants d’Israël contre les Égyptiens, qu’ils frappèrent violemment et la bataille fut rude sur les Égyptiens. Ils s’enfuirent tous devant les enfants d’Israël, car beaucoup d’entre eux périrent par la main d’Israël.

Les nobles de Pharaon se rendirent en Égypte, et le rapportèrent à Pharaon, en disant: Les enfants d’Israël se sont enfuis, et ne retourneront plus en Égypte; c’est ainsi que Moïse et Aaron nous ont parlé.

Pharaon entendant cela, son cœur et ceux de tous ses sujets se tournèrent contre Israël, et ils se repentirent de les avoir laissé partir. Tous les Egyptiens conseillèrent à Pharaon de poursuivre les enfants d’Israël pour les faire revenir à leurs fardeaux.

Chacun disait à son frère: Qu’avons-nous fait, que nous avons libéré Israël de notre servitude?

L’Éternel endurcit le cœur de tous les Égyptiens pour poursuivre les fils d’Israël, car l’Éternel désirait renverser les Égyptiens dans la mer Rouge.

Pharaon se leva et attela son char. Il ordonna à tous les Egyptiens de se rassembler, et il ne resta aucun homme, excepté les petits et les femmes.

Tous les Egyptiens sortirent avec Pharaon pour poursuivre les enfants d’Israël.  Le camp d’Egypte était un camp extrêmement grand et lourd, d’environ 1,000,000.

Et tout ce camp alla et poursuivit les enfants d’Israël pour les ramener en Egypte. Ils les atteignirent au bord de la mer Rouge alors que ces derniers campaient.

Les enfants d’Israël levèrent les yeux et virent tous les Égyptiens à leur trousse. Les enfants d’Israël furent saisis d’une grande frayeur, et ils crièrent à l’Éternel.

A cause des Egyptiens, les enfants d’Israël se divisèrent en quatre divisions, et ils furent divisés dans leurs opinions, car ils avaient peur des Egyptiens. Moïse parla à chacun d’eux.

La première division était composée des fils de Ruben, de Siméon et d’Issacar, et ils résolurent de se jeter dans la mer, car ils avaient une grande crainte des Égyptiens.

Moïse leur dit: Ne craignez rien, arrêtez-vous et voyez le salut de l’Éternel, qu’il accomplira aujourd’hui pour vous.

La seconde division était composée des fils de Zabulon, de Benjamin et de Nephthali, et ils résolurent de retourner en Egypte avec les Egyptiens.

Moïse leur dit: Ne craignez rien; car, comme vous voyez aujourd’hui les Égyptiens, de même vous ne les verrez plus jamais.

La troisième division était des fils de Juda et de Joseph, et ils résolurent d’aller à la rencontre des Égyptiens pour combattre contre eux.

Moïse leur dit: Tenez-vous à votre place, car l’Éternel combattra pour vous, et vous vous tairez.

La quatrième division était des fils de Lévi, Gad et Aser, ils résolurent d’aller au milieu des Egyptiens pour les confondre, et Moïse leur dit: Restez à vos postes et ne craignez rien, seulement appelez l’Éternel pour qu’il vous sauve de leurs mains.

Après cela, Moïse se leva du milieu du peuple, il pria le Seigneur et dit:

Seigneur Elohim de toute la terre, sauve maintenant ton peuple que tu as fait sortir d’Égypte, et que les Égyptiens ne se vantent pas de cette puissance et de leur puissance.

L’Éternel dit à Moïse: Pourquoi cries-tu vers moi? Parle aux enfants d’Israël, et dit leur d’avancer; étends ta verge sur la mer, elle se divisera, et les enfants d’Israël la traverseront.

Moïse fit ainsi. Il leva sa verge sur la mer et la divisa.

Les eaux de la mer furent divisées en douze parties, et les fils d’Israël passèrent à pied, avec des souliers, comme un homme passerait par un chemin préparé.

Et l’Éternel manifesta aux enfants d’Israël ses merveilles en Égypte et dans la mer par la main de Moïse et d’Aaron.

Lorsque les enfants d’Israël furent entrés dans la mer, les Égyptiens vinrent après eux, et les eaux de la mer se refermèrent sur eux. Ils s’enfoncèrent tous dans les eaux, et il n’en resta aucun, excepté Pharaon, qui louait l’Éternel et croyait en lui, c’est pourquoi l’Éternel ne le fit pas périr avec les Égyptiens en ce temps-là.

Et Elohim ordonna à un ange de le prendre parmi les Égyptiens, qui le jetèrent sur le pays de Ninive et il y régna longtemps.

En ce jour-là, l’Éternel délivra Israël de la main de l’Égypte. Tous les fils d’Israël virent que les Égyptiens avaient péri, et ils virent la grande main de l’Éternel, dans ce qu’il avait accompli en Égypte et dans la mer.

Moïse et les enfants d’Israël chantèrent ce cantique à l’Éternel, le jour où l’Éternel fit tomber les Égyptiens devant eux.

Tout Israël chanta de concert, disant: Je chanterai à l’Éternel, car Il est très élevé; Il a jeté le cheval et son cavalier dans la mer; voici, cela est écrit dans le livre de la loi de Elohim.

Après cela, les enfants d’Israël partirent et campèrent à Mara. Dans ce lieu, L’Éternel leur donna des lois et des ordonnances; et l’Éternel ordonna aux enfants d’Israël de marcher dans toutes ses voies et de le servir.

Ils partirent de Mara, et arrivèrent à Elim. Il y avait à Elim douze sources d’eau et soixante-dix arbres de dattes, et les enfants campèrent là près des eaux.

Ils partirent d’Elim, et arrivèrent au désert de Tsin, le quinzième jour du second mois après leur départ d’Egypte.

En ce temps-là, l’Éternel donna la manne à manger aux enfants d’Israël, et l’Éternel fit pleuvoir jour après jour sur les enfants d’Israël de la nourriture qui venait du ciel.

Les enfants d’Israël mangèrent la manne pendant quarante ans, tous les jours qu’ils passèrent dans le désert, jusqu’à ce qu’ils arrivèrent au pays de Canaan pour en prendre possession.

Ils partirent du désert de Tsin, et campèrent à Alush.

Ils partirent d’Alush et campèrent à Rephidim.

Lorsque les enfants d’Israël furent à Rephidim, Amalek, fils d’Éliphaz, fils d’Ésaü, frère de Tsepho, vint combattre Israël.

Il amena avec lui 800,000 hommes, magiciens et conjurateurs, et il se prépara au combat contre Israël à Rephidim.

Ils menèrent une grande et rude bataille contre Israël, et l’Éternel livra Amalek et son peuple entre les mains de Moïse et des enfants d’Israël, et entre les mains de Josué, fils de Nun, l’Éphratien, serviteur de Moïse.

Les enfants d’Israël frappèrent Amalek et son peuple au tranchant de l’épée, mais le combat fut très rude pour les enfants d’Israël.

L’Éternel dit à Moïse : Écris cela dans un livre, en mémoire de toi, et place-le entre les mains de Josué, fils de Nun, ton serviteur; et tu donneras cet ordre aux enfants d’Israël: Quand tu viendras au pays de Canaan, tu effaceras complètement le souvenir d’Amalek de dessous le ciel.

Moïse fit ainsi, prit le livre et y écrivit ces paroles:

Souviens-toi de ce qu’Amalek t’a fait sur la route, quand tu es sorti d’Egypte.

Il te rencontra sur le chemin et frappa tes derrières, même ceux qui étaient faibles derrière toi quand tu étais faible et fatigué.

C’est pourquoi, lorsque l’Éternel, ton Elohim, t’aura donné du repos de tous tes ennemis dans le pays que l’Éternel, ton Dieu, te donne en héritage pour le posséder, tu effaceras de dessous les cieux le souvenir d’Amalek, tu ne l’oublieras pas

Et le roi qui aura pitié d’Amalek, ou de sa mémoire ou de sa postérité, voici, je le lui demanderai, et je le retrancherai du milieu de son peuple. – Deutéronome 25:17-19 “Souviens-toi de ce que te fit Amalek pendant la route, lors de votre sortie d’Égypte, comment il te rencontra dans le chemin, et, sans aucune crainte de Dieu, tomba sur toi par derrière, sur tous ceux qui se traînaient les derniers, pendant que tu étais las et épuisé toi-même. Lorsque l’Éternel, ton Dieu, après t’avoir délivré de tous les ennemis qui t’entourent, t’accordera du repos dans le pays que l’Éternel, ton Dieu, te donne en héritage et en propriété, tu effaceras la mémoire d’Amalek de dessous les cieux: ne l’oublie point.

Moïse écrivit toutes ces choses dans un livre, et il enjoignit aux enfants d’Israël d’observer toutes ces choses.


CHAPITRE 82 – Les dix commandements sont donnés. Pendant que Moïse est sur la montagne, Aaron fait un veau d’or et Israël l’adore. 

Les enfants d’Israël partirent de Rephidim, et campèrent dans le désert de Sinaï, le troisième mois après leur sortie d’Égypte.

En ce temps-là, Réuel de Madian, beau-père de Moïse, vint avec sa fille Séphora et ses deux fils, car il avait appris les prodiges que l’Éternel avait faits à Israël, et comment Il les avait délivrés de la main de l’Égypte.

Reuel vint vers Moïse dans le désert où il campait, où était la montagne de Elohim.

Moïse sortit à la rencontre de son beau-père avec grand honneur, et tout Israël était avec lui.

Réuel et ses fils restèrent parmi les Israélites pendant plusieurs jours, et Réuel connut le Seigneur à partir de ce jour.

Le troisième mois, après la sortie d’Égypte des enfants d’Israël, le sixième jour, l’Éternel donna à Israël les dix commandements sur la montagne de Sinaï.

Tout Israël entendit tous ces commandements, et tout Israël se réjouit beaucoup en ce jour-là dans l’Éternel.

La gloire de l’Éternel reposa sur le mont Sinaï. Il appela Moïse, qui vint au milieu d’une nuée et monta sur la montagne.

Moïse était sur la montagne quarante jours et quarante nuits; il ne mangeait pas de pain, et il ne buvait pas d’eau; et le Seigneur l’instruisait dans les statuts et les jugements afin d’instruire les enfants d’Israël.

L’Éternel écrivit les dix commandements qu’il avait prescrits aux enfants d’Israël sur deux tablettes de pierre, qu’il donna à Moïse pour donner des ordres aux enfants d’Israël.

Au bout de quarante jours et quarante nuits, lorsque l’Éternel eut achevé de parler à Moïse sur la montagne de Sinaï, l’Éternel donna à Moïse les tablettes de pierre, écrites avec le doigt de Elohim.

Et quand les enfants d’Israël virent que Moïse s’attardait à descendre de la montagne, ils se rassemblèrent autour d’Aaron, et dirent: Quant à cet homme Moïse, nous ne savons pas ce qu’il est devenu.

Maintenant, lève-toi, fais-nous un dieu qui marchera devant nous, afin que tu ne meures pas.

Aaron eut une grande crainte du peuple, et il leur ordonna de lui apporter de l’or, et il en fit un veau de fonte pour le peuple.

Avant qu’il ne descende de la montagne, L’Éternel dit à Moïse: Descends, car ton peuple, que tu as fait sortir d’Égypte, s’est corrompu.

Ils se sont fait un veau en fonte, et ils se sont prosternés devant lui; laisse-moi donc, et je les consumerai de dessus la terre, car ils sont un peuple au cou raide.

Moïse supplia la face du Seigneur, et il pria le Seigneur pour le peuple à cause du veau qu’ils avaient fait. Il descendit ensuite de la montagne et dans ses mains étaient les deux tables de pierre, que Elohim lui avait donné de commander aux Israélites

Lorsque Moïse s’approcha du camp et vit le veau que le peuple avait fait, la colère de Moïse s’enflamma et il brisa les tablettes sous la montagne.

Moïse vint au camp et il prit le veau et le brûla au feu, et le broya jusqu’à ce qu’il devienne de la fine poussière, et le jeta sur l’eau et le donna à boire aux Israélites.

Environ 3000 hommes, qui avaient fait le veau, moururent du milieu du peuple par les épées des uns et des autres.

Le lendemain, Moïse dit au peuple: Je monterai vers l’Éternel, pour faire l’expiation de vos péchés que vous avez commis devant l’Éternel.

Et Moïse monta de nouveau vers l’Éternel, et il resta avec l’Éternel quarante jours et quarante nuits.

Pendant les quarante jours, Moïse supplia l’Éternel en faveur des enfants d’Israël, et l’Éternel écouta la prière de Moïse, et l’Éternel fut saisi de sa supplication au nom d’Israël..

L’Éternel dit à Moïse de tailler deux tablettes de pierre et de les amener à l’Éternel, qui écrirait sur elles les dix commandements.

Moïse fit ainsi. Il descendit, tailla les deux tablettes, et monta vers l’Éternel sur la montagne de Sinaï.  L’Éternel écrivit les dix commandements sur les tablettes.

Moïse resta encore avec l’Éternel quarante jours et quarante nuits, et le Seigneur l’instruisit dans les statuts et les ordonnances à donner à Israël.

Sefer Jubilés : Sinai est en Arabie (péninsul)

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CHAPITRE 46. La mort de Joseph – Les ossements des fils de Jacob (sauf Joseph) enterrés à Hébron – L’oppression d’Israël par l’Egypte

1.  Après la mort de Jacob, les enfants d’Israël se multiplièrent dans le pays d’Égypte, et ils devinrent une grande nation; ils étaient unis dans un même cœur, de sorte que les frères aimaient leurs frères et qu’ils s’entraidaient les uns les autres; ils se multiplièrent abondamment durant 10 semaines d’années, au cours de la vie de Joseph. 2. Il n’y avait ni Satan ni aucun mal durant tous les jours de la vie de Joseph, qu’il vécut après son père Jacob, car tous les Égyptiens honoraient les fils d’Israël du vivant de Joseph. 3. Joseph mourut à l’âge de 110 ans ; il vécut 17 ans au pays de Canaan, 1 an comme serviteur, 12 ans en prison, et 80 ans sous le règne du roi, gouvernant toute l’Égypte. 4. Il mourut, ainsi que tous ses frères et toute leur génération. 5. Avant de mourir, il commanda aux fils d’Israël de porter ses os avec eux lorsqu’ils sortiraient du pays d’Égypte. 6. Il leur fit jurer concernant ses ossements, car il savait que les Égyptiens ne leur laisseraient pas l’emporter et l’enterrer dans la terre de Canaan, car Makamaron, roi de Canaan, pendant qu’il habitait au pays d’Assyrie, combattit le roi d’Égypte dans la vallée et le tua là, puis il poursuivit les Égyptiens jusqu’aux portes d’Ermon. 7. Mais il ne put entrer, car un autre, un nouveau roi, était devenu roi d’Égypte, et il était plus fort que lui, alors il retourna au pays de Canaan, et les portes de l’Égypte furent fermées, et personne ne pouvait sortir ni entrer en Égypte. 8. Joseph mourut dans la 2e année de la 6e semaine du 46e jubilé, et on l’enterra en Égypte, et tous ses frères moururent après lui. 9. Dans la 2e année de la 2e semaine du 47e jubilé, le roi d’Égypte partit en guerre contre le roi de Canaan, alors les fils d’Israël firent sortir tous les ossements des fils de Jacob, à l’exception des ossements de Joseph, et ils les enterrèrent dans les champs, dans la double caverne de la montagne. 10. La plupart d’entre eux retournèrent en Égypte, mais quelques-uns s’installèrent dans les montagnes d’Hébron, et Amram, ton père, resta avec eux. 11. Le roi de Canaan vainquit le roi d’Égypte, et il referma les portes de l’Égypte. 12. Or, il conçut contre les enfants d’Israël un mauvais dessein pour les affliger, et il dit au peuple d’Égypte: « Voici que le peuple des fils d’Israël a augmenté et s’est multiplié plus que nous ». 13. Venez et traitons-les intelligemment avant qu’ils ne deviennent trop nombreux, et affligeons-les par l’esclavage avant que le conflit ne nous tombe dessus et qu’ils nous combattent à leur tour, autrement ils pourront se joindre à nos ennemis et les faire sortir de notre pays, car leur cœur et leur regard sont tournés vers le pays de Canaan. 14. Il établit sur eux des intendants pour les soumettre à l’esclavage, et ils construisirent ils construisirent Pithom et Ramsès, de fortes villes pour pharaon. Ils rebâtirent tous les remparts et toutes les murailles qui étaient tombés dans les villes d’Égypte. 15. Ils les firent servir avec rigueur, mais plus ils les traitaient avec méchanceté, plus ceux-ci augmentaient et se multipliaient. 16. Ainsi, le peuple d’Égypte détesta les fils d’Israël.

CHAPITRE 47. La naissance et les premières années de Moïse

1. Dans dans la 7e année de la 7e semaine du 47e jubilé, ton père sortit du pays de Canaan, et tu naquis dans la 6e année de la 4e semaine du 48e jubilé; ceci marqua le début des tribulations sur les enfants d’Israël. 2. Pharaon, roi d’Égypte, ordonna à leur sujet de jeter dans le fleuve tous leurs enfants mâles qui naissaient. 3. Ils les y jetèrent pendant 7 mois, jusqu’au jour où tu naquis. 4. Ta mère te cacha pendant 3 mois, et les gens en parlèrent à son sujet. Alors, elle fabriqua pour toi une arche, qu’elle couvrit de poix et d’asphalte, et la déposa dans les étendues au bord du fleuve. Elle t’y plaça pendant 7 jours, et ta mère venait t’allaiter pendant la nuit, et durant le jour, Miriam, ta sœur, te protégeait des oiseaux. 5. En ces jours-là, Tharmuth, la fille de Pharaon, vint se baigner dans le fleuve, et elle entendit ta voix qui pleurait; elle dit à ses servantes de t’apporter, et elles t’amenèrent auprès d’elle. 6. Elle te retira de l’arche, et elle eut pitié de toi 7. Ta sœur lui dit: « Dois-je aller appeler une des femmes hébraïques pour qu’elle nourrisse et allaite ce bébé pour toi? ». 8. Et elle lui dit:  » Vas-y. Or, cette dernière alla appeler ta mère, Jochebed, a qui on remit un salaire, et qui prit soin de toi. 9. Ensuite, quand tu devins assez grand, on t’amena chez la fille de Pharaon, et tu devins son fils, alors Amram, ton père, t’enseigna l’écriture, et quand tu eus complété 3 semaines, on te fit entrer dans la cour royale. 10. Tu demeuras à la cour du roi pendant trois semaines d’années, jusqu’au moment où, en sortant de la cour royale, tu vis un Égyptien frapper ton ami qui était des enfants d’Israël, tu le tuas et tu cachas son corps dans le sable. 11. Le 2e jour, ayant vu deux enfants d’Israël se battre entre eux, tu dis à celui qui était dans le tord: « Pourquoi frappes-tu ton frère? 12. Alors, il se mit en colère et s’indigna, disant: « Qui t’a fait prince et juge sur nous? Penses-tu pouvoir me tuer comme tu as tué l’égyptien hier? À ces mots, tu pris peur et tu t’enfuis.

CHAPITRE 48. De la fuite de Moïse à l’Exode

  1. Dans la 6e année de la 3e semaine du 49e jubilé, tu partis et tu habitas (dans le pays de Madian, pendant 5 semaines et un an). Et tu rentras en Égypte dans la 2e semaine de la 2e année du 50e jubilé. 2. Toi-même, tu connais les paroles qu’Il t’a adressées sur le mont Sinaï, et ce que le prince Mastema désirait te faire, lorsque tu retournas en Égypte. 3. N’a-t-il pas cherché de toute sa force à te tuer et à délivrer les Égyptiens de ta main, lorsqu’il a vu que tu avais été envoyé pour exercer le jugement et la vengeance sur les Égyptiens? 4. Je t’ai délivré de sa main, pour que tu accomplisses les signes et les prodiges que tu avais été mandaté d’accomplir en Égypte contre Pharaon, contre toute sa maison, contre ses serviteurs et son peuple. 5. L’Éternel exerça sur eux une grande vengeance à cause d’Israël, et les frappa par les fléaux suivants: le sang et les grenouilles, les poux et les sauterelles, les ulcères virulents qui éclataient en brûlures, la mort de leur bétail, des pierres de grêle, avec lesquelles Il détruisit tout ce qui croissait en leur faveur, des sauterelles qui dévoraient les résidus laissés par la grêle, l’obscurité, la mort des premiers-nés des hommes et des animaux, et sur toutes leurs idoles, le Seigneur se vengea et les brûla par le feu. 6. Et chaque fleau fut envoyé par ta main, afin que tu déclares (ces choses) avant qu’elles n’arrivent, et tu parlas au roi d’Égypte devant tous ses serviteurs et devant son peuple. 7. Tout arriva selon tes paroles: 10 jugements grands et terribles s’abattirent sur le pays d’Égypte, afin que tu exerçasses sur lui ta vengeance en faveur d’Israël.

L’afrasien de l’Est : afrasien troglodyte dit afrasien sémitique

Les langues afrasiennes sont nées en Afrique il y a 13 000 ans dans le Sahara selon la recherche actuelle. Les porteurs caucasiens (perses, arméniens, romains, grecs, crétois spartiates, arabes, syriens etc) de l’haplogroupe J2 ou J1 n’étaient donc pas à la base des locuteurs d’afrasien. L’haplogoupe E-M81 (arabo-berbère caucasien) est sous clage du E1b1b1b qui était déjà au levant il y a 20 000 ans longtemps avant l’apparition des langues afrasiennes en Afrique. L’afrasien est apparu donc chez les porteurs aficains des haplogroupe E1b1a (E-M2), E1b1b1a, A et B. Ce sont donc les porteurs africains des haplogroupe E1b1a (E-M2) et E1b1b1a qui ont introduit l’afrasien troglodyte (faussement dite sémitique) au levant auprès des caucaisiens J1, J2 et E1b1b1b.

Le sémitique (goupe de langues) n’existe pas : les arabes blancs du levant et d’Afrique du Nord sont des arabophones de race irano-arménienne

La notion de langue sémitique inventée par les européens occidentaux ne correspond pas du tout à la descendance du personnage mythologique Sem fils de Noé.

undefined Le terme « sémitique » a été inventé vers la fin du XIXe siècle par le savant allemand August Ludwig von Schlözer, pour désigner ces langues qui ont une origine géographique et linguistique commune. Pour ce faire, il s’est inspiré d’un passage de la Bible, les chapitres 10 et 11 de la Genèse, où la plupart des peuples qui parlent une de ces langues sont qualifiés de « descendants de Sem », le fils ainé de Noé.

Sem est à la base l’ancètre des peuples indo-européens d’origine phrygienne ou irano-arménienne. La seule autre tradition qui garde en mémoire le personnage mythique de Sem en dehors de la tradition judéo-hébraique est la tradition grecqyue sous le nom de Sim fils de Xisuthros (voir De Khorène ou Khorénatsi et Flavius qui désigne Xisuthros sous le nom de Noé). Selon Flavius, les perses (Elam), les arméniens (Ous fils de Aram), les romains du latium, les lacédémoniens et les spartiates (tous descendants d’Abraham, voir 1 et 2 Maccabées) sont des descendants de Sem. On comprend donc que la notion de langue sémitique telle que nous le comprenons aujourd’hui n’a rien à avoir avec le personnage mytique de Sem qui est beaucoup plus un des ancètres des peuples fondamentalement de race indo-européens.

Sem devrait plutôt donc etre associé principalement aux peuples d’origine caucasienne porteurs de l’haplogroupe J (J1 et J2) quelque soit les langues parlés par ces peuples (indo-européen ou afrasien).

L’afrasien troglodyte des arabes troglodytes : l’arabe tchadien, l’arabe nubien et l’arabe djuba était les langues des ancètres des tchadiens et des soudanais appelés troglodytes éthiopiens ou arabes dans l’antiquité bien avant l’islam

L’arabe tchadien (tous comme l’arabe nubiens et l’arabe djuba) est une langue locale négro-africaine présente en Afrique avant les invasions arabo-islamique. La preuve est que les locuteurs natifs de cette langue n’ont pas un taux remarquablement élevé de l’haplogroupe J1 et J2. L’arabe tchadien était la langue des troglogytes éthiopiens voisin des Nasamons qui sont au sud-Ouest de Siwah (Ammmoniens). La preuve est que les mots arabes et troglodytes sont synonyme selon Strabon et Philon appelle ‘arabe’, les peuples de la corne de l’Afrique que Flavius appelle ‘troglodytes’.

Le mot arabe dans l’antiquité chez les auteurs classiques grecs était multivoque, ce mot est principalement synonyme de ‘troglodyte’ selon Strabon. Philon d’Alexandrie désigne par le mot ‘arabes’ les troglodytes (aussi appelés habitants de Midoé par les grecs) alors que Flavius les appelle ‘troglodytes. Il faut remarquer que pour les auteurs juifs des premiers siècles (Flavius, Ezéchiel le tragique, Sefer Jasher etc), Madian pays de Jéthro correspond à la Corne de l’Afrique.

Le mot ‘arabe’ désigne aussi bien les pygmées ou nation éthiopienne des pygmées au sud du Tchad (Cameroun et Centre-Afrique etc) que les Tchadiens (locuteurs de l’arabe Tchadien) appelés troglodytes-éthiopiens à ne pas confondre avec les troglodythes d’Erythrée. Le roi numide Juba 2 rapporté par Pline l’ancien prétend meme que les peuples noirs riverains du Nil entre Syène et Méroé sont des arabes. Strabon parle de la troglodyque qui est une nation arabe frontalière à l’Egypte et l’Ethiopie antique selon lui. L’Ethiopie antique correspond globalement au Soudan actuel, Cameroun, Centre-Afrique, le Tchad actuels, le Bassin et la boucle du fleuve Niger. Les troglodytes à proprement parler sont les habitants de la corne de l’Afrique notamment Aksoum anciennement appelé Erythrée. Dans les langues afrasienne du levant, le mot arabe (erev hébreux ou arabai assyrien) signifie principalement occident ou couchant, en phénicien, erev signifie couchant ou occident, ce qui a donné probablement le mot Europe par mutation.

Selon Strabon, les mots ‘arabes’ et ‘troglodyte’ étaient à l’origine synonyme. Pour les auteurs classiques grecs ou romains de seconde génération (2 ième siècle av EC à 2 ième siècles ap EC), le mot troglodyte désigne les locuteurs des dialectes arabes sur le continent africain (l’arabe tchadiens, l’Amarique, le Tigréen, le Guez, arabe somaliens etc) alors que le mot arabe est désormais réservé pour désigner les habitants de la péninsule arabique.

L’afrasien troglodyte punique des phéniciens, des libyphéniciens et des numides

C’est connu de tous que les dialectes arabes parlé dans le Maghreb par les arabo-berbère blancs et par les haratines (autochtones noirs) n’ont rien à avoir avec l’arabe de la péninsule arabique. En effet, les dialectes du Maghreb descendent principalement du punique qui était déjà parlé en Afrique du Nord plus de mille ans avant l’arrivé de l’islam. Les traditions rapportent que les berbères blancs se disent en parie descendants des philistins. Nous savons que les philistins étaent à la base des indo-européens originaires du Péloponèse qui par la suite ont adopté la langue phénicienne des cananéens. Bien que l’influence des invasions arabo-musulmans venu de la péninsule arabique sont déterminant pour expliquer l’importance du taux de locuteurs des dialectes arabes au Maghreb, il est important de rmarquer que ces dialectes étaient déjà présents chez les phéniciens, libyphéniciens (Haratines) et ches les numides des siècles avant l’apparition de l’islam au 7 ième siècle ap EC. Les arabes ont conquis et gouverné pendant des siècles une partie de l’Iran, la Turquie, le Balcan, le Pakistan etc, mais les dialectes arabes n’ont connu aucun succès dans ces parties du monde. L’importance des dialectes arabes en Afrique du Nord s’explique principalement par le fait que l’Afrique parlait déjà le punique dans ces régions avant l’invention de l’Islam. Il en est de meme pour l’arabe Tchadien qui n’est pas le fruit des conversions forcés à l’islam mais un phénomène totalement négr-africaine et local.

Arabus, le mythique africain de phénicie dans la mythologie grecque

Dans les textes classique grecs ou juifs, le mot arabe désigne souvent les africains. Dans la mythologie, Arabus est fils de Thot (Hermès) et de Thronia. Arabius, éponyme d’ Arabie , et fils d’ Hermès et de Thronia , fille du roi Bélus d’Égypte. [ 2 ]  Il engendra Cassiopée, épouse du oi Phénicie Phénicie. [ 3 ] [ 4 ]

  1.  Strabon , 1.2.34 (grec)
  2. ^ Hésiode , Ehoiai fr.15 ; Strabon, 1.2.34
  3. ^ Antonin Libéral , 40
  4. ^ Gantz, p. 208.

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Les mots grecs ‘Arabe’ et ‘troglodytes’, éthymologie, codes de la littérature classique, fables, histoire, faits ou symboles :

Le mot ‘Arabe’ signifie ‘pénétrer’ en grec (Strabon, Géo 1) ! Arabus, l’ancêtre mythologique des arabes noirs d’Afrique antique était un phenicien et il est fils d’Hermès (Thot) et d’une fille de Belos premier roi mythique de l’Égypte. Les mots ‘arabe’ et ‘arabus’ sont des mots grecs comparables aux mots grecs ‘éthiopiens’ et ‘Ethiops fils de Vulcain ou Héphaitos fils de Zeus-Hammon’.

Strabon, Géographie livre I

34. Sur les Erembes maintenant que n’a-t-on point dit ! Mais de toutes les opinions émises la plus vraisemblable est celle qui veut que sous ce nom le poète ait désigné les Arabes. Zénon, notre Zénon, va plus loin, et corrigeant le texte d’Homère il lit le vers ainsi :

« Tour à tour je visitai Éthiopiens, Sidoniens, ARABES [au lieu d’Erembes] ».

Il n’est pas nécessaire pourtant de changer cette leçon, qui est assurément fort ancienne ; mieux vaut croire que c’est le nom lui-même qui a éprouvé quelqu’une de ces altérations si fréquentes, si communes dans toutes les langues; et c’est précisément ce que certains grammairiens cherchent à mettre en lumière par la comparaison des lettres dans l’une et dans l’autre forme. Pour nous, nous serions tenté de préférer, comme plus sûr encore, le procédé de Posidonius, qui, même dans le cas présent, a cru devoir consulter la parenté et l’affinité primordiale des peuples pour retrouver l’étymologie du nom. Il est constant, en effet, que les nations arménienne, syrienne, arabe ont entre elles beaucoup de cette affinité et comme un air de famille qui se manifeste dans leurs langues, leurs genres de vie et leurs caractères physiques, là surtout où elles se trouvent être proches voisines, en Mésopotamie par exemple, pays dont la population appartient précisément à ces trois nations et où naturellement la ressemblance entre elles éclate davantage. Car, en admettant même que, par le fait des climats ou de la position géographique, il y ait quelque différence sensible des populations plus septentrionales aux populations méridionales et des unes et des autres aux populations intermédiaires, les caractères communs ne laissent pas que de prédominer. Ajoutons que les Assyriens et les Ariens offrent avec ces mêmes peuples, aussi bien qu’entre eux, une grande ressemblance. Eh bien ! De cette ressemblance entre les peuples, Posidonius conclut la ressemblance des noms eux-mêmes. Or, il est de fait que les peuples, que nous appelons Syriens, portent en syriaque le nom d’Arammæens, et qu’il y a de la ressemblance entre ce nom et ceux d’Arméniens, d’Arabes et d’Erembes, ce dernier nom n’étant peut-être bien qu’une épithète ou qualification particulière dont se servaient les anciens Grecs pour désigner les Arabes comme le sens étymologique du mot semblerait le donner à entendre. On s’accorde en effet généralement à dériver l’étymologie du mot d’Erembes (qui a donné le mot arabe) des mots εἰς τἠν ἔραν ἐμβαίνειν (« eis tin éran embaínein » pénétrer, habiter sous terre). Seulement, avec le temps on aura à cette dénomination d’Erembes substitué la traduction plus claire de Troglodytes, nom qui désigne, comme on sait, la partie de la nation arabe établie sur le côté du golfe arabique attenant à l’Égypte et à l’Éthiopie. Ce sont donc ces Arabes, suivant toute vraisemblance, que le poète a voulu désigner sous le nom d’Erembes et ce qu’il dit du voyage de Ménélas en leur pays doit s’entendre sans doute comme ce qu’il dit du voyage d’Éthiopie, car les Erembes, ainsi que les Éthiopiens, étaient proches voisins de la Thébaïde. Ajoutons qu’en rappelant ce voyage et celui d’Éthiopie le héros ne pouvait avoir en vue les avantages commerciaux ou les riches présents qu’il en avait retirés (ces profits ayant été apparemment peu de chose), mais uniquement la longueur et le prestige même du voyage, car c’était alors une gloire réelle d’avoir pénétré aussi loin, témoin ce vers :

« Il a de beaucoup d’hommes visité les cités et observé les mœurs   (99); »

et ceux-ci encore :

« Mais j’ai dû beaucoup souffrir et longtemps errer sur mes vaisseaux pour rapporter tous ces trésors (100). »

Hésiode, il est vrai, dans son Catalogue, mentionne une certaine

« Fille d’Arabus, fils lui-même du bienfaisant Hermès et de Thronia, fille du roi Belus (101). »

Stésichore la nomme également, mais s’il est permis d’inférer de ce double témoignage que, du temps de ces poètes. la contrée en question avait déjà reçu en mémoire d’Arabus le nom d’Arabie, il peut bien se faire aussi que du temps des héros il n’en fût pas encore de même.

35. Quant à ceux qui ont imaginé de faire des Erembes soit une tribu particulière de la nation éthiopienne, soit une tribu de Céphènes, voire en troisième lieu une tribu de Pygmées, sans parler de mille autres fictions du même genre, s’ils nous paraissent mériter moins de confiance, c’est qu’indépendamment du peu de vraisemblance qu’offre la chose en soi ils font là une sorte de confusion de l’histoire et de la fable. Nous retrouvons cette même confusion chez ceux qui, voulant faire de l’Océan extérieur le théâtre des erreurs de Ménélas, placent les Sidoniens et naturellement aussi les Phéniciens sur les bords de la mer Persique ou sur tel autre rivage de l’Océan. A vrai dire, la façon dont ces auteurs se contredisent entre eux n’entre pas pour peu de chose dans l’incrédulité qu’ils rencontrent. Tandis que les uns, en effet, regardent les Sidoniens de notre mer intérieure comme une colonie des Sidoniens de l’Océan, ajoutant, qui plus est, que le nom de Phéniciens leur est venu de la couleur rouge des eaux de la mer extérieure, les autres affirment précisément l’inverse. Il en est aussi qui transportent l’Éthiopie dans notre Phénicie et font de Jopé le théâtre des aventures d’Andromède, non qu’ils ignorent la véritable situation des lieux en question, mais ils prétendent user des licences du genre mythique, comme ont fait Hésiode et tant d’autres que cite Apollodore. Seulement, en comparant aux fictions d’Homère les fictions de ces auteurs, Apollodore ne sait pas tenir la balance égale. Citant, par exemple, comme terme de comparaison, ce qu’Homère raconte et du Pont et de l’Égypte, il en tire contre le poète une accusation en règle d’ignorance : suivant lui, le poète a voulu dire la vérité, mais, loin de la dire, il a, faute de savoir, donné le faux pour le vrai. Or, nous le demandons, jamais personne se serait-il avisé d’accuser Hésiode d’ignorance, pour avoir parlé d’Hérnicynes, de Macrocéphales et de Pygmées  (102), quand Homère a pu user impunément de fictions semblables, et entre autres précisément de ce même mythe des Pygmées, quand en outre Alcman nous parle de Stéganopodes et Eschyle de Cynocéphales, de Sternophthalmes et de Monommates  (103), quand surtout nous tolérons tant d’ouvrages en prose, écrits soi-disant dans le genre historique, et qui contiennent, sans que leurs auteurs l’avouent, tant de mythes véritables. C’est qu’en effet il saute aux yeux d’abord que c’est de propos délibéré et nullement par ignorance historique que les auteurs de ces ouvrages ont entremêlé de fables leurs récits, imaginant ainsi l’impossible afin de flatter le goût du public pour le merveilleux. Seulement, ce qui peut faire croire à leur ignorance, c’est qu’en général, et pour trouver plus aisément créance, ils ont choisi de préférence comme théâtre de leurs fictions les parties de la terre les plus mystérieuses et les plus ignorées. Au moins Théopompe a-t-il la bonne foi d’avouer ce qui en est : il déclare hautement qu’il mêlera plus d’une fois la fable à l’histoire, mieux seulement que n’ont su le faire Hérodote, Ctésias, Hellanicus et les différents historiens qui ont écrit sur l’Inde.

Strabon, Géographie livre I :

On s’accorde en effet généralement à dériver l’étymologie du mot d’Erembes (qui a donné le mot arabe) des mots εἰς τἠν ἔραν ἐμβαίνειν (« eis tin éran embaínein » pénétrer, habiter sous terre). Seulement, avec le temps on aura à cette dénomination d’Erembes substitué la traduction plus claire de Troglodytes, nom qui désigne, comme on sait, la partie de la nation arabe établie sur le côté du golfe arabique attenant à l’Égypte et à l’Éthiopie.

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Les africains de l’Afrique australe chez les auteurs classiques

Périple de la Mer Erythrée, Pline l’ancien : Les libyens de l’Azania (Zandj) jusqu’en Afrique du Sud : Ce périple ne parle jamais d’éthiopiens  

… 17. On importe, dans les comptoirs d’Azania, des objets façonnés en majeure partie à Mouza : lances, hachettes, coutelas et alênes,[69] différentes sortes de verre; et à quelques endroits un peu de vin et de blé, pas pour le commerce, mais serviront pour s’assurer de la bienveillance des barbares. On exporte de ces endroits beaucoup d’ivoire, mais de qualité inférieure à celui d’Adulis, de la corne de rhinocéros et de l’écaille de tortue (qui est la plus recherchée après celle de l’Inde) et un peu d’huile de palme.[70]18. Et ces marchés d’Azania sont les derniers du continent qui s’étend plus loin du côté droit depuis Bérénice ; car au-delà de ces endroits, l’océan inexploré se déploie vers l’ouest et, courant le long des régions du littotal méridional de l’Ethiopie, de la Libye et de l’Afrique du Sud, va rejoindre à la mer occidentale.[71]

https://remacle.org/bloodwolf/erudits/anonyme/periple1.htm#_ftnref74

La géographie générale de l’Afrique, les troglodytes, les maures, les Sahariens, les Sahéliens et les carthaginois puniques des textes classiques grecs et romaine étaient tous des noirs et non des berbères blancs

Ethymologie du mot Afrique dans les premiers textes de l’Antiquité :

Dans la bible antique Sefer Jasher (livre du Juste) 7v14 et 28v22, Epher ou Aféra (tribu des Afar en Erythrée qui aurait donné le mot Afrique comme nom du Continent) est fils de Heth fils de Canaan.

Dans les écrits de Tite-Live (livres 21, 23, 27 et 30) où le mot Afrique ou africain est apparu pour la premères fois, le mot Afrique est synonyme de Libyens au sens large d’Hérodote. Chez Tite-Live, le mot Afrique ou africains désigne une race d’hommes (noirs) par rapport aux phéniciens qui sont déjà un peuple mixte ou métisse de cananéens noirs d’origine érythréenne, de philistins blancs d’origine grecque crétoise. Chez Sylax (Pseudo-Sylax) et Hérodote, la Libye est clairement égale à tout le continent africain. Tite-live associe le mot Afrique ou africains aux libyens (des noirs) et aussi aux phéniciens (noirs carthaginois originaire de phénicie anciennement originaire de la Corne de l’Afrique ou Erythrée). Pline l’Ancien (V, 30) nous apprend qu’au sud de l’Aurès et du chott Hodna, c’est le Nigris (le fleuve Niger) qui formait la limite entre l’Afrique et l’Ethiopie. Sur son nom avait été formé l’ethnique Nigritae* (Pline, V, 43 ; St. de Byzance, s.v. Nigrêtes, éd. A. Meineke, p. 474). L’historien Salluste parle ainsi de l’Afrique « L’Afrique est une partie du monde qui, à l’ouest, s’étend vers le sud ; elle est séparée des autres régions par de grands fleuves (le Nil et le Niger) ou d’immenses déserts (Ouest Soudan) ; et je pense qu’elle est d’autant moins connue que la plupart de ses animaux et de ses serpents se nourrissent d’entrailles. » Maniant volontiers l’arc (Strabon, XVII, 3, 7), ce qui les rapproche des Ethiopiens, ces Nigritae (le Niger) sont distingués des Ethiopiens par la plupart des auteurs latins, mais non par Ptolémée (IV, 6, 5, p. 743). Le fleuve Nigris prenait sa source chez des Ethiopiens, les Tarraelii et les Oechalices mentionnés par Pline (V, 44), tandis qu’une fontaine Nigris -ou la source du Nigris ? (fons Nigris : Pline, VIII, 77 cf. Pomponius Mêla, III, 96)- était localisée, plus à l’ouest apparemment, sur le territoire des Ethiopiens Hesperii (« occidentaux »). Le roi Juba 2 de Numidie y voyait (faussement) la source du Nil. Selon Mêla, les indigènes l’appelaient Nuchul (Nunc dans le manuscrit de base). Le Nigris (le fleuve Niger) en est donc venu à être un grand fleuve. Il constituait une limite commode pour l’esprit entre les Libyens et les Ethiopiens, ou, si l’on préfère, entre l’Afrique et l’Ethiopie.

Histoire des noirs (maures, Sahélo-sahariens et éthiopiens) et des berbères nomades ou numides en Afrique du Nord

https://www.chants-populaires-francais.com/textes_117/La_femme_aux_Sarrasins.html

La femme aux SarrasinsAn maria la Fluranço,La fleur de soun païs;An maria la Fluranço,La la vioule-to, la,La fleur de soun païs;texte incompletAutre versionPierre avec FlorenceQui s’marie aujourdhui.Il a pris une femme,La violette,Qu’est trop jeune pour lui.5.Il est parti en guerreSept ans sans revenir.Au bout de la huitième,La violette,Il reviens au pays.9.Il frappe à la porte ;« Florence, viens m’ouvrir. »Sa mère à la fenêtre,La violette,La porte vint ouvrir.13.Il dit : « Bonjour ma mère ;Et Florence, où l’est-y ?— De ta mie Florence,La violette,Il n’en faut plus parler.17.Le jour de ta partance,Les Sarrasins l’ont pris ;L’ont pris, l’ont emmenée,La violette,Au loin dans leur pays.21.— Avez-vous un’ ch’mis’ blanchePour pouvoir me changer ?J’ai couru cent mille heures,La violette,Sans la pouvoir trouver.»25.En courut cent mille autresEt de jour et de nuitPour retrouver Florence,La violette,Avant que de mourir.29.Il vit trois lavandièresQui lavaient des draps fins.« Bonjour, les lavandières,La violette,A qui ce beau drap fin ?33.— Ce drap, c’est à Florence,La fleur de son pays.— Dites, les lavandières,La violette,Si j’pourrais lui parler ?37.— Habillez-vous en pauvre,En pauvre pélerin,Vous demand’rez l’aumône,La violette,Au nom de Jésus-Christ.41.— Bonsoir, mie Florence,Comment vous portez-vous ?Faites, faites l’aumôneLa violette,Au gens de vot’ pays.45.— Comment pourrais-je croireQue vous soyez d’mon pays ?N’y a oiseau ni oiselle,La violette,Qui sachent en venir.49.N’y a qu’une hirondelleQui a déjà fait son nid.— Eh ! ma mie Florence,R’tournons dans notr’ pays ! »Source : Julien Tiersot, Chansons des Alpes françaises, page 97

Les civilisateurs maures de l’espagne etaient noirs :

Espagne 

À Grenade , un musulman ( maure ) du califat de Cordoue , [22] qui était des haplogroupes E1b1a1 et H1+16189 , [23] [24] ainsi qu’estimé à ce jour entre 900 CE et 1000 CE, et un Morisco , [ 22] qui était de l’haplogroupe L2e1 , [23] [24] ainsi qu’estimé à ce jour entre 1500 CE et 1600 CE, se sont tous deux révélés être d’origine ouest-africaine (c’est-à-dire gambienne ) et ibérique . [22]

https://en.wikipedia.org/wiki/Haplogroup_E-M2#cite_note-Olalde-22

 

https://www.youtube.com/watch?v=Em1GFuUcFlY

Al idriss, le premier géographe du monde moderne qui a réalisé la première carte du monde était un noir d’origine soudanaise appelé Dreses Al nubiensis, il a écrit un livre nommé Géographia al Nubiensis. Connu aussi sous le nom de Dreses, parfois surnommé « l’Arabe de Nubie »1, est un explorateur, géographe, botaniste et médecin, né peut-être à Sebtanote 1, l’actuelle Ceuta, vers 1100. Il a grandi en Afrique du Nord et en Al-Andalus, a étudié à Cordoue sous l’empire Almoravide 3, a exploré une grande partie de la Méditerranée et est allé aussi en Europe3. Il serait mort vers 1165 ou 11754 en Sicile ou à Ceuta. Il appartient à la famille des Chérifs idrissides5.

Plutarque, Œuvre Morale, Tome V, Traité d’Isis et d’Osiris : Osiris est noir «  l’Egypte s’appelait Khémia (Kama) » voir aussi Psaumes 105v23,27, 106v22, 1 Chrn 4v40, les caucasiens au ‘’teint du feu’’ ou les ‘’Zo dja gué’’ ont la couleur du démon Typhon :

[9] Les rois étaient désignés parmi les prêtres ou parmi les guerriers, parce que ces deux classes, l’une en raison de sa valeur, l’autre en raison de sa sagesse, jouissaient d’une estime et d’une considération particulière. Si c’était parmi les guerriers, le nouveau roi appartenait aussitôt à la classe des prêtres; et on l’initiait à cette philosophie mystique, composée d’emblèmes et d’allégories, qui ne laissait apercevoir les traces de la vérité que sous un voile épais. Du reste, les Egyptiens avouent eux-mêmes cette obscurité; et c’est à cause de cela, sans doute, qu’en avant des temples ils placent des sphinx, pour indiquer que la sagesse de leur philosophie est tout énigmatique. A Saïs, sur le fronton du temple de Minerve, qu’ils croient être la même qu’Isis, on lisait cette inscription : « Je suis tout ce qui a été, tout ce qui est, tout ce qui sera; et nul mortel n’a encore soulevé mon voile. » En outre, plusieurs pensent que le nom propre de Jupiter en langue égyptienne est Amoun, dont par réduplication de lettres nous autres Grecs avons fait Ammon. Or Manéthon le Sébennite croit que ce mot veut dire « chose cachée, action de cacher ». Hécatée d’Abdère dit que les Égyptiens emploient ce mot pour s’appeler les uns les autres, attendu qu’il est essentiellement appellatif. C’est pourquoi, s’adressant au premier Dieu, le même, selon eux, que l’Univers, comme à un être invisible et caché, ils l’exhortent avec supplications, en l’appelant « Amoun », à se faire voir et à se découvrir à eux. Voilà jusqu’à quel point était grande la réserve qui caractérisait la philosophie religieuse des Égyptiens. …

[22] Attendu que les récits et les tableaux de ce genre sont fort nombreux, quelques auteurs supposent qu’ils furent imaginés pour conserver à la mémoire les actions et les aventures de rois ou de princes regardés comme des dieux à cause de leur grande vertu ou de leur grande puissance, et qui avaient ensuite éprouvé de cruels malheurs. C’est un expédient commode, et par lequel on échappe aux conséquences mêmes de ces récits. On transporte ingénieusement sur des hommes ce qui s’y trouve de désagréable, au lieu de le laisser à des dieux : et l’on se trouve, au besoin, secondé par les traditions de l’histoire. Les Egyptiens, en effet, rapportent que Mercure avait un bras plus court que l’autre ; que Typhon était du teint du feu (couleur des caucasiens), Horus, blanc, Osiris, noir : ce qui donnerait à penser qu’ils étaient des hommes. Ils désignent encore Osiris sous le titre de général, Canopus sous celui de pilote ; et ils disent que ce dernier a donné le nom à la constellation. Enfin ils veulent que la nef appelée par les Grecs Argo soit une imitation de celle d’Osiris, et que par honneur pour Osiris, elle ait été fixée à la voûte céleste, non loin d’Orion et de la Canicule, deux constellations dont la première est consacrée à Horus et la seconde à Isis, s’il faut en croire les Egyptiens. …

[31] Les Egyptiens, parce qu’ils croient que Typhon était rouge, immolent les boeufs de couleur rousse; et ils observent cette condition d’une manière tellement scrupuleuse, que si l’animal a un seul poil noir ou blanc, ils pensent qu’il ne peut être immolé. Selon eux, ce n’est pas ce que les Dieux aiment qu’on doit leur sacrifier : ce sont, au contraire, tous les animaux qui ont reçu, à la suite de métamorphoses, les âmes d’hommes injustes et impies. C’est pour cela, qu’après avoir prononcé des imprécations sur la tête des victimes et la leur avoir tranchée, on la jetait autrefois dans le Nil, et qu’aujourd’hui on l’abandonne aux étrangers. Le boeuf qui devait être immolé était marqué d’un sceau par des prêtres appelés Sphragistes ; et ce sceau, s’il faut en croire l’historien Castor, représentait un homme à genoux, les mains ramenées derrière le dos, et à qui l’on met une épée sur la gorge. L’âne subit de même, comme nous l’avons dit, les peines de la ressemblance que lui donnent avec Typhon sa stupidité et son insolence, non moins que la couleur de son poil. Aussi, comme le roi de Perse qu’ils détestent le plus est Ochus à cause de son impiété et de ses souillures, ils lui ont donné le nom d’âne. Ochus, du reste, n’hésita pas à leur répondre : « Eh bien, cet âne se régalera de votre boeuf »; et il fit immoler Apis. Tel est le récit de l’historien Dinon. Mais ceux qui disent que Typhon, en abandonnant la bataille, monta sur un âne; que sa fuite dura sept jours, et qu’après avoir échappé il eut deux fils, Hierosolymus et Judæus, font intervenir évidemment, comme ceci le prouve, l’histoire du peuple juif au milieu de celle de l’Égypte.

[32] Telles sont les allégories que renferme cette explication. Mais remontons à d’autres origines, que justifient des conjectures mieux raisonnées; et examinons d’abord les plus simples. Elles ont pour auteurs ceux qui disent, comme les Grecs, que Saturne est la figure allégorique du Temps, et Junon, celle de l’Air ; que la naissance de Vulcain est le symbole du changement de l’air en feu. De même chez les Egyptiens, Osiris est le Nil qui s’unit avec Isis, ou la terre; Typhon, c’est la mer, dans laquelle disparaît et se disperse le Nil en s’y jetant ; toutefois, il y a réserve de la portion de ses eaux qui, reçue et conservée par la terre, sert à la féconder. Il existe en l’honneur d’Osiris une complainte religieuse, et dans cette complainte il est dit qu’étant né à gauche, Osiris périt à droite. Car les Egyptiens regardent l’Orient comme la face du monde, le Nord comme en étant la droite, et le Midi, la gauche. Or le Nil, qui coule en venant du Midi, est absorbé au Nord par la mer; et il est facile de concevoir que l’on dise qu’il prend naissance à gauche et qu’il va se perdre à droite. C’est pour cela que les prêtres ont la mer en horreur, et qu’ils appellent le sel « écume de Typhon ». Une des interdictions qui leur sont commandées, c’est de ne point mettre de sel sur la table. Ils n’adressent jamais la parole à des pilotes, parce que ceux-ci pratiquent la mer et vivent de la mer. Pour le même motif ils ont une horreur prononcée contre le poisson, et le mot « haïr » se formule chez eux par la figure d’un poisson.

Ainsi à Saïs, dans le vestibule du temple d’Athéna, on voyait gravés un enfant, un vieillard, un épervier ; immédiatement après était dessiné un poisson, et à la suite de toutes ces figures, un hippopotame. C’étaient une série de symboles qui voulaient dire : « ô vous qui naissez à la vie, ô vous qui allez en sortir, Dieu déteste l’impudence. » En effet, l’enfant désigne la naissance, le vieillard, la cessation prochaine de la vie ; l’épervier, c’est Dieu ; le poisson, c’est la haine, à cause de la mer, comme nous l’avons dit, et l’hippopotame marque l’impudence: car on dit que cet animal, après avoir tué son père, s’accouple avec sa mère.

Du reste cette parole des Pythagoriciens : « la mer est une larme de Saturne », donne également à penser que la mer est un élément impur et qui ne s’associe pas avec les autres parties de la création. Ce sont là des explications tirées en quelque sorte du dehors et empruntées aux traditions vulgaires.

[33] Mais les plus éclairés d’entre les prêtres ne se contentent pas de dire qu’Osiris est le Nil, et que Typhon est la mer. Ils pensent qu’Osiris est le principe et la puissance d’où est formé l’humide, que c’est l’auteur de tout ce qui a vie, qu’il est l’essence des germes. Typhon, au contraire, est, selon eux, toute chaleur ignée, tout ce qui est sec, tout ce qui combat l’humide; et comme ils supposent, par conséquent, qu’il était rouge de cheveux et jaunâtre de teint, ils n’aiment pas du tout à se montrer avec des hommes de cette couleur; ils éprouvent, au contraire, une grande répugnance à se trouver dans leur compagnie. Mais Osiris, selon les traditions de la mythologie, est noir de peau, attendu que l’eau donne une teinte noire à tous les objets avec lesquels elle se mêle, à la terre, aux vêtements, aux nuages, et parce que dans les jeunes gens c’est l’abondance de l’humeur qui rend les cheveux noirs; tandis que la blancheur du poil est une sorte de pâleur produite par le dessèchement des humeurs, comme il se voit chez les vieillards. Le printemps est la saison où tout pousse, se développe, est riant; l’automne, faute d’humidité, est hostile à la végétation et cause des maladies chez les animaux. Le boeuf qu’on nourrit à Héliopolis, et qu’on appelle Mnévis (il est consacré à Osiris, et quelques-uns le croient même père d’Apis), ce boeuf est noir, et c’est après Apis celui qu’on honore en second. Autre fait : comme la terre d’Egypte est d’une couleur très noire et aussi foncée que la noirceur de l’oeil, ils donnent à cette contrée le nom de Chémia. Ils comparent cette terre à un coeur, vu qu’elle est chaude, qu’elle est humide, et qu’elle s’étend surtout au midi, par lequel elle est bornée, de même que le coeur est placé à gauche dans le corps humain.

[34] Ils disent que le soleil et la lune parcourent leur route perpétuelle non pas sur des chars, mais sur des bâtiments de navigation: signifiant par là, que c’est le principe humide qui les entretient et qui leur a donné naissance. Ils croient aussi que c’est des Egyptiens qu’Homère, et après lui Thalès, ont appris à établir l’eau comme principe générateur de tous les êtres. Ils veulent qu’Osiris soit l’Océan, qu’Isis soit Téthys, laquelle nourrit et entretient tout ce qui existe. Et en effet, les Grecs donnent à l’émission du sperme le nom d’Apusia, au coït celui de synusia. Le mot « hyios » (fils) vient de « hydor », eau, et de « hysai », pleuvoir. Bacchus est appelé Hyès, comme souverain de la puissance humide, et il n’est autre qu’Osiris. Car il paraît qu’Hellanicus a entendu le nom d’Osiris prononcé Hysiris par les prêtres égyptiens; c’est toujours ainsi qu’il persiste lui-même à nommer le Dieu, et cela, évidemment, à cause du mot hysis « humidités ».

https://remacle.org/bloodwolf/historiens/Plutarque/isisetosiris.htm

Psaumes 105:23,27 [23]Alors Israël vint en Égypte, Et Jacob séjourna dans le pays de Cham. … [27]Ils accomplirent par son pouvoir des prodiges au milieu d’eux, Ils firent des miracles dans le pays de Cham.

Psaumes 106:21-22 [21]Ils oublièrent Dieu, leur sauveur, Qui avait fait de grandes choses en Égypte, [22]Des miracles dans le pays de Cham, Des prodiges sur la mer Rouge.

1 Chroniques 4:40 [40] Ils trouvèrent de gras et bons pâturages, et un pays vaste, tranquille et paisible, car ceux qui l’habitaient auparavant descendaient de Cham.

POURQUOI APPELLE-T-ON LES BLANCS « Zo dja gué » au Bénin ?

Sous le règne du roi Kpassè, vers 1580, un Houéda nommé Kpatè était chasseur et pêcheur de profession. Un jour, Kpatè accompagné d’un camarade appelé Zingbô, pour chassait des crabes de terre dans les environs de la plage de Ouidah.

Ils étaient tous deux vêtus de tissu de raphia.Tout à coup, sur l’océan, ils virent passer tranquillement un bateau. Zingbô n’en avait jamaisvu, quant à Kpatè, il connaissait déjà et les bateaux et les Européens lorsqu’il fréquentait jadis les pays de Popos avant l’émigration de sa tribu. Audacieux, Kpatè attacha un pagne deraphia au bout d’une perche en guise de drapeau, au moyen duquel il envoya plusieurs signesd’appel vers le navire. Les navigateurs l’ayantaperçu, conclurent que la côte était habitée. Le bateau mouilla au large, et, au moyen d’unebarque, il envoyadeshommesà la plage.

Quand ceux-ci eurent mis pied à terre, Kpatè les aborda, ils étaient tous blancs. Zingbô, qui n’avait jamais vu de telles créatures humaines, ne put supporter leur approche; il prit la fuite en s’écriant : « Zo dja gué ! Zo dja gué !» Ce qui voulait dire que des êtres feu ont surgi de l’océan, vifs et brillants comme le feu.

Apartir de ce moment, ces trois mots désignent l’Européen en général.

Extrait de l’histoire de Ouidah par AGBO Casimir.

📷 : Adepte de HÈBIOSSOSSI, Atchinan

#EODO La culture une passion.

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Autre source notable :

Virgile Le poète romain Virgile, dans l’Énéide (écrit vers 29-19 av. J.-C.), mentionne également l’Afrique, notamment dans le contexte de l’ancienne Carthage. Il n’utilise pas le terme « Africa » comme Salluste, mais parle de la terre carthaginoise et des régions environnantes, ce qui montre que la région était déjà bien intégrée à l’imaginaire romain.

Extrait en latin : « Urbs antiqua fuit, Tyrii tenuere coloni, Karthago, Italiam contra Tiberinaque longe ostia, dives opum studiisque asperrima belli ; » — Virgile, Énéide, Livre I, vers 12-14

Traduction en français : « Il y eut une ancienne cité, Carthage, que des colons tyrans avaient fondée, en face de l’Italie et des bouches du Tibre, riche en richesses et très belliqueuse. » Ici,

Pline, Strabon et Celsius sur les numides et l’Espagne (ibères) :

Strabon Livre I

« 26. … Ainsi, en me reportant aux opinions des anciens Grecs, en voyant comment ils comprenaient tout ce qu’ils connaissaient de peuples septentrionaux sous le seul et même nom de Scythes, ou sous celui de nomades qu’emploie Homère, et comment plus tard, avec le progrès des découvertes dans l’Occident, ils adoptèrent aussi pour cette partie de la terre des dénominations générales, soit les noms simples de Celtes et d’ibères, soit les noms mixtes de Celtibères et de Celloscythes, étant réduits par ignorance à ranger ainsi sous une seule et même dénomination des peuples séparés et distincts, je crois pouvoir affirmer que le nom d’Éthiopie désignait de même pour eux toute la région méridionale de la terre baignée par l’Océan. Et voici qui le prouve. C’est d’abord un passage du Prométhée déchaîné d’Eschyle  (74): « [Là tu verras] l’Érythrée rouler ses flots sacrés sur un sable rougi, et s’étendre non loin de l’Océan, ce lac aux reflets d’airain, ce lac, source de richesses pour l’Éthiopien, où le soleil, qui voit toute chose, vient plonger sans cesse son corps immortel et par les chaudes ablutions d’une eau doucement pénétrante retremper l’ardeur de ses coursiers fatigués. »

Origène, Celsius L 5 cite Hérodote : « Les Scythes croient qu’il n’y a rien moins que du mal à manger des hommes : et parmi les Indiens, il y en a même qui se font un devoir de piété de manger leurs pères (Livr. III). C’est le même Hérodote qui nous l’apprend … Que les Scythes disent aussi, tant qu’il leur plaira, que leur Papée est le grand Dieu, nous ne le leur accorderons point, nous qui reconnaissons bien un grand Dieu, mais qui ne voulons pas que Papée soit son nom propre; nom qu’affecté en cette qualité la puissance à laquelle il est échu de présider sur la nation des Scythes, sur leur langue et sur leurs déserts. Car pour ce qui est du nom appellatif, qui répond à celui de dieu, dans la langue des Scythes; »

Origène, Celsius Livre 7 « Ils ne supportent pas de voir des temples, des autels ni des simulacres. Ils ont cela e commun avec les Scythes-nomades de la Libye, les Sères qui n’ont pas de Dieu, et les autres nations les plus impies et les plus sauvages. Les Perses sont aussi dans le même sentiment, comme Hérodote le marque dans ce passage de son histoire : « Je sais de bonne source que chez les Perses les lois ne permettent pas d’élever d’autels, de temples, de simulacres : on taxe de folie ceux qui en érigent. C’est apparemment qu’ils pensent qu’on ne saurait attribuer aux Dieux une origine ni une forme humaine, comme font les Grecs 360. » Toutefois, Héraclite écrit quelque part : « Ils adressent des prières à ces simulacres : si l’on ignore absolument ce que c’est que les Dieux et les héros, autant parler à des pierres. 361» Que disent-ils là-dessus de plus sage que ce que dit Héraclite ? Celui-ci fait entendre au fond qu’il est insensé d’adresser des prières à des statues, à moins de savoir ce que c’est que les dieux et les héros. Telle est sa pensée. Mais eux, ils réprouvent absolument les simulacres. Est-ce parce que de la pierre, du bois, de l’airain ou de l’or mis en œuvre par le premier venu ne sauraient être un Dieu ? Belle découverte en vérité ! Quel autre, sans être plus que simple, peut croire que ce sont là des dieux et non des objets consacrés aux dieux ou des images qui les représentent ? S’ils entendent qu’on ne peut admettre des images divines, parce que Dieu, comme pensent les Perses, n’a pas la forme humaine, ils se contredisent fort étourdiment, puisqu’ils disent que Dieu a fait de l’homme sa propre image et lui a donné une forme semblable à la sienne. Ils accorderont bien, à la vérité, que ces simulacres sont élevés en l’honneur de certains êtres qui leur ressemblent plus ou moins ; mais, disent-ils, ces êtres à qui on les consacre ne sont pas des dieux, ce sont des démons, et celui qui adore Dieu ne doit pas servir de démons. »

360 Cf. Hérodote, livre I, p. 131. Bibl. grecq., Firm.-Didot.

361 Passage déjà cité dans la Préface

Pline Livre VIII

Chapitre LIV

[5] On croit en Espagne que leur cervelle (des ours) contient un maléfice ; et on brûle les têtes de ceux qui sont tués dans les spectacles, étant attesté qu’en boisson la cervelle cause la rage d’ours. Les ours marchent aussi sur deux pieds ; ils descendent des arbres à reculons. Ils se suspendent par les quatre pattes au mufle et aux cornes des taureaux, et en triomphent, les fatiguant par le poids. Aucun animal n’a une stupidité plus adroite pour le mal. On a noté dans les Annales que sous le consulat de M. Pison et de M. Messala (VII, 27), avant le 14 des calendes d’octobre (18 septembre), Domitius Ahenobarbus (XVII, 1), édile curule, exposa dans le cirque cent ours de Numidie et autant de chasseurs éthiopiens. Il est étonnant qu’on ait ajouté : de Numidie, car il est certain que l’Afrique ne produit pas d’ours.

Tite-Live Livres 21 et 23 : éthymologie du mot Afrique et Africains : les numides ne sont pas des africains, les numides sont des sauvages canibales prèsque sans langue humaine

[21,21] XXI. … Il s’engage à de nouveaux sacrifices, si le succès couronne ses desseins. Puis, partageant ses soins entre l’attaque et la défense, afin qu’au moment où il gagnera par terre l’Italie, en traversant l’Espagne et la Gaule, l‘Afrique (Africa) ne restât pas, du côté de la Sicile, exposée, ouverte aux attaques des Romains, il se proposa d’y laisser un corps d’armée formidable. Il demanda donc à l’Afrique (Africa) un renfort de troupes légères, et surtout d’archers. Ainsi les Africains (Afri) devaient servir en Espagne, les Espagnols en Afrique (Africa), et tous, loin de leurs pays, déployer plus de zèle et de courage, parce qu’ils devenaient les garants mutuels de leur foi. Il fit donc passer en Afrique (Africam) treize mille huit cent cinquante fantassins armés de boucliers légers, et huit cent soixante-dix frondeurs baléares, avec douze cents cavaliers de différentes nations. Il ordonne que la moitié de ces troupes forme la garnison de Carthage, et que l’autre soit répartie dans l’Afrique (Africam). En outre, ses recruteurs ont levé, dans les différentes villes de l’Espagne, quatre mille hommes d’élite, qui seront conduits à Carthage, pour lui servir à la fois d’otages et de défenseurs.

[21,22] XXII. Il ne crut pas devoir négliger l’Espagne ; car il n’ignorait point les tentatives qu’avaient faites à leur passage les ambassadeurs romains, pour gagner les chefs de cette contrée. Asdrubal, son frère, dont il connaît l’activité, commandera en ces lieux. Il lui laisse une armée presque toute africaine; car elle est composée de onze mille huit cent cinquante fantassins venus d’Afrique, de trois cents Liguriens et de cinq cents Baléares. À cette infanterie il ajoute, pour corps de cavalerie, trois cents Libyphéniciens, race mixte de Phéniciens et d’Africains (Afris) ; environ mille huit cents Numides ou Maures, qui habitent près de l’Océan ; un petit détachement de deux cents cavaliers ilergètes, peuplade espagnole ; et, pour compléter son armée de terre, quatorze éléphants. … Il demande ce que signifie ce monstre, ce prodige ; on lui répond : « C’est la dévastation de l’Italie. Marche donc sans interroger les dieux, sans chercher à soulever le voile de l’avenir. »

[23,5] … (3) Lorsque les députés lui dirent combien le sénat et le peuple de Capoue ressentaient vivement le malheur qui accablait les Romains, ajoutant qu’ils subviendraient à tous les besoins de la guerre ;

(4) « Campaniens, leur répondit-il, …Le Carthaginois, notre ennemi, traîne à sa suite des soldats, non pas même africains, mais partis des extrémités du monde, de l’Océan et des colonnes d’Hercule, sans lois, sans droits, presque sans langage humain. (12) Ces soldats, naturellement féroces et sauvages, leur chef les a rendus plus sauvages encore, en leur faisant élever des ponts avec des digues de cadavres humains amoncelés, et, ce qu’on ne peut dire sans horreur, en leur apprenant à se repaître de chair humaine. (13) Ces hommes, nourris de mets infâmes, ces hommes qu’on ne pourrait même toucher sans horreur, il faudrait les regarder, les considérer comme nos maîtres ! il faudrait demander nos lois à l’Afrique, à Carthage, souffrir que l’Italie fût une province des Numides et des Maures ! Est-il un seul Italien qui puisse y penser sans indignation ? … »

[23,29] (1) … (4) Les Espagnols formèrent le centre d’Asdrubal ; à la droite il plaça les Carthaginois, à la gauche les Africains et les mercenaires. La cavalerie fut distribuée sur les ailes, les Numides avec l’infanterie carthaginoise ; les autres cavaliers avec les Africains. (5) Les Numides ne furent pas tous placés à la droite, mais ceux-là seulement qui, comme les sauteurs de profession, ont l’habitude de conduire avec eux deux chevaux au plus fort de la mêlée, et de sauter tout armés du cheval fatigué sur le cheval frais, tant est grande et leur agilité et la docilité de cette race de chevaux. … (10) Le combat n’en fut pas moins acharné aux deux ailes. D’un côté les Carthaginois, de l’autre les Africains pressent l’armée romaine, la chargent sur les deux flancs, l’enveloppent dans une double attaque. (11) Mais en se réunissant par masses sur le centre, elle eut assez de force pour rejeter de chaque côté les deux ailes de l’ennemi. Il y avait donc, deux combats (12) dans lesquels les Romains, qui avaient enfin enfoncé le centre, se trouvaient bien supérieurs et en nombre et en forces. Leur victoire ne fut pas douteuse. (13) Il périt dans le combat beaucoup de monde, et si les Espagnols n’eussent pas fui en désordre quand la bataille commençait à peine, de toute l’armée ennemie bien peu eussent survécu. (14) La cavalerie ne fut presque pas engagée ; car les Maures et les Numides, dès qu’ils virent le centre ébranlé, s’enfuirent confusément, chassant même les éléphants devant eux, et laissant ainsi les ailes à découvert. (15) Asdrubal resta jusqu’à ce que la déroute fût bien décidée, et il s’échappa avec quelques hommes seulement du milieu du carnage. (16) Les Romains prirent son camp et le pillèrent. Ce combat leur rallia tous ceux qui hésitaient encore en Espagne, et enleva à Asdrubal tout espoir, non seulement de transporter en Italie ses troupes, mais même de rester en sûreté en Espagne. (17) À Rome, où cette nouvelle fut annoncée par des lettres des Scipions, on se réjouit moins de la victoire, que de l’impossibilité où se trouvait désormais Asdrubal d’arriver en Italie.

Tite-Live Livre 27

XIX. Asdrubal, qui, avant la bataille, avait enlevé l’argent, fit partir d’abord ses éléphants, recueillit tout ce qu’il put des débris de sa défaite, et suivit les bords du Tage pour se rendre aux Pyrénées. Scipion, maître du camp ennemi, mit de côté les hommes libres, et abandonna aux soldats le reste du butin ; en recensant les prisonniers il trouva dix mille fantassins et deux mille cavaliers. Il renvoya les Espagnols sans rançon et fit vendre les Africains par son questeur. Ce fut alors que, pressée à ses côtés, la multitude des Espagnols, tant ceux qui s’étaient soumis auparavant que les prisonniers de la veille, le proclama roi d’un cri unanime. Scipion leur imposa silence par un héraut, et déclara a que le plus beau titre à ses yeux était celui d’Imperator, que ses soldats lui avaient donné. Ce nom de roi, si éblouissant ailleurs, était odieux à Rome : ils pouvaient lui supposer une âme toute royale, si c’était pour eux le signe de la véritable grandeur chez l’homme ; mais ils devaient ne point le dire et se garder de prononcer ce mot. a Ces Barbares comprirent eux-mêmes tant de magnanimité : ce nom prestigieux, que les autres mortels révèrent à genoux, il fallait se placer bien haut pour le dédaigner! Scipion fit ensuite des présents aux princes et aux rois espagnols ; il voulut que, dans la foule des chevaux qu’on avait pris, Indibilis en choisît trois cents à sa volonté. Dans la vente des Africains que le questeur fit par l’ordre du consul se trouvait un jeune adolescent d’une rare beauté : apprenant qu’il était de sang royal, il l’envoya à Scipion. Le consul lui demanda« qui il était, à quelle famille il appartenait, et pourquoi, si jeune encore, il se trouvait dans les camps. » L’enfant répondit« qu’il était Numide, et qu’on l’appelait Massive; orphelin, il avait été élevé par son aïeul maternel, Gala, roi des Numides; son oncle Masinissa l’avait amené en Espagne avec le renfort de cavalerie qu’il avait conduit naguère aux Carthaginois. Masinissa l’avait jusqu’alors éloigné des combats à cause de son âge; mais le jour de la bataille, à l’insu de son oncle, il s’était saisi d’une armure et d’un cheval, et jeté dans la mêlée; là, son cheval s’était abattu, l’avait renversé, et l’avait fait prendre par les Romains. »Scipion fit garder le jeune Numide et termina les affaires qui le retenaient sur son tribunal. Rentré dans sa tente, il le rappela et lui demanda« s’il voudrait retourner auprès de Masinissa. »L’enfant répondit avec des larmes de joie« qu’il le voulait bien » ;Scipion lui donna alors un anneau d’or, un laticlave, une saie espagnole, une agrafe d’or et un cheval harnaché ; puis il chargea quelques cavaliers de l’escorter jusqu’où il voudrait, et le congédia.

 

[30,33] La bataille de Zama (19 octobre 202). Disposition des troupes

(1) Il ne forma point sa ligne par cohortes serrées et disposées chacune en avant de ses enseignes; mais il ménagea entre les manipules de faibles intervalles, de manière à ce que les éléphants de l’ennemi pussent entrer dans les rangs sans y porter le désordre. (2) Laelius, qui avait été son lieutenant, qui était cette année attaché à sa personne comme questeur extraordinaire en vertu d’un sénatus-consulte, fut placé à l’aile gauche avec la cavalerie italienne ; Masinissa et ses Numides à la droite. (3) Pour remplir les vides ménagés entre les manipules des antesignani, il se servit des vélites qui composaient alors les troupes légères : ils avaient ordre, dès que les éléphants donneraient, ou de se retirer derrière les lignes régulières, ou de s’éparpiller à droite ou à gauche et de se ranger contre les antesignani, afin d’ouvrir aux animaux un passage où ils viendraient tomber sous les coups de mille traits croisés.

(4) Hannibal plaça, comme moyen de terreur, ses éléphants en première ligne : il en avait quatre-vingts, nombre qu’il n’avait jamais réuni dans aucune bataille; (5) puis venaient ses auxiliaires Ligures et Gaulois, entremêlés de Baléares et de Maures; à la seconde ligne, les Carthaginois, les Africains et la légion macédonienne; (6) puis, à un faible intervalle, sa réserve composée d’Italiens. C’étaient, pour la plupart, des Bruttiens, qui, par contrainte et par force, plutôt que de bonne volonté, l’avaient suivi lorsqu’il évacuait l’Italie. (7) Sa cavalerie garnissait aussi les ailes ; les Carthaginois à la droite, et les Numides à la gauche.

(8) Hannibal essaya de toute sorte d’encouragements pour animer ce mélange confus d’hommes qui n’avaient rien de commun, ni la langue, ni les usages, ni les lois, ni les armes, ni les vêtements, ni l’extérieur, ni les intérêts. (9) Aux auxiliaires il fit voir une riche solde pour le moment et de plus riches dépouilles dans le partage du butin. Parlant aux Gaulois, il attisa dans leur âme le feu de cette haine nationale et naturelle qu’ils nourrissaient contre Rome. Aux yeux des Ligures il fit briller l’espoir de quitter leurs âpres montagnes pour les plaines fertiles de l’Italie. (10) Il épouvanta les Maures et les Numides par le tableau du despotisme cruel sous lequel Masinissa les écraserait. En s’adressant à d’autres, c’étaient d’autres espérances, d’autres craintes qu’il remuait au fond de leur cœur. (11) Il parla aux Carthaginois des remparts de la patrie, des dieux pénates, des sépultures de leurs pères, de leurs enfants et de leurs parents, de leurs femmes éperdues ; il leur montra la ruine et l’esclavage d’une part, de l’autre l’empire du monde, alternative terrible qui ne laissait pas de milieu entre la crainte et l’espérance.

(12) Tandis que le général s’adressait ainsi à ses Carthaginois, et que les chefs des nations diverses de son armée haranguaient leurs concitoyens et, par la bouche d’interprètes, les étrangers mêlés à leurs bandes, les Romains sonnèrent tout à coup de la trompette et du clairon, (13) et poussèrent un cri si formidable que les éléphants se rejetèrent sur leur armée, et surtout à leur gauche, sur les Maures et les Numides. Masinissa qui vit l’effroi des ennemis, augmenta sans peine leur confusion, et les priva sur ce point du secours de leur cavalerie. (14) Néanmoins quelques éléphants, plus intrépides que les autres, fondirent sur les Romains et causèrent un grand ravage parmi les vélites, non sans être eux-mêmes criblés de blessures: (15) car les vélites, se repliant sur les manipules, ouvrirent un passage aux éléphants pour n’être pas écrasés par eux, et quand ils virent, au milieu des rangs, ces animaux qui prêtaient le flanc des deux côtés, ils les accablèrent d’une grêle de traits; en même temps les antesignani ne cessaient de lancer sur eux leurs javelots. (16) Chassés enfin des lignes romaines par ces traits qui pleuvaient sur eux de toutes parts, ces éléphants se rejetèrent comme les autres contre la cavalerie carthaginoise, à l’aile droite, et la mirent en déroute. Dès que Laelius vit les ennemis en désordre, il profita de leur effroi et augmenta leur confusion.

Maures (Antiquité) : Mauri, Maurēnsii, Maurousii

J. Desanges

p. 4710-4712

https://doi.org/10.4000/encyclopedieberbere.516

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1À l’époque de César, mais probablement d’après Timée (vers 300 av. J.-C.), Diodore de Sicile (XIII, 80, 3) évoque des Maurousii à propos d’événements de la fin du Ve siècle avant notre ère. Polybe (III, 33, 15), situe ce peuple, au temps d’Hannibal, près de l’Océan et le compte parmi les « Nomades » (ici l’équivalent grec de Numides). De même Tite-Live (XXIV, 49, 5), dans un passage qui concerne d’autres faits, qualifie les Maurusii (forme de l’ethnique qui dénonce une source grecque) de Numides et les localise près de l’Océan, en face de Gadès (Cadix). Par la suite, les sources classiques distingueront entre Maures et Numides, mais on observera des confusions à toutes les époques (cf. St. Gsell, p. 94, n. 4).

2La forme latine Mauri n’apparaît que plus tard, dans la Guerre de Jugurtha de Salluste et la Guerre d’Afrique du corpus césarien. On sera tenté d’en déduire que ce furent sans doute les auteurs grecs de Sicile (par l’intermédiaire de Carthage) qui connurent les premiers l’existence des Maurousii riverains de l’Océan. Mais, selon Strabon (XVII, 3, 2), la forme de l’ethnonyme en usage chez les Romains, Mauri, était celle des indigènes. On peut dès lors admettre que la forme grecque comporte un suffixe *-ousios que l’on observe dans d’autres ethnonymes, notamment en Maurétanie césarienne, chez Ptolémée (Géogr. IV, 2, 5, Müller, p. 602-604). Au reste, ce dernier utilise, pour nommer une tribu de Tingitane (IV, 1, 5, p. 587), les Maurēnsii, à partir du même radical : *Maur-, un autre suffixe : *-ēnsii. Il est par ailleurs remarquable que la forme grecque, transcrite en latin, de l’ethnonyme, Maurusius, se soit maintenue dans l’Afrique de langue latine comme surnom (CIL, VIII, 1863, 8501 etc.). D’autre part, on rapprochera du nom des Maurēnsii le surnom Maurentius/Maurintius (CIL, III, 2043, 11291, 14524 ; VIII, 15750).

3Au sens restreint, les Mauri furent d’abord, à en croire Pline l’Ancien (V, 17), une tribu de Tingitane bien définie, jadis la plus importante, mais, du temps du Naturaliste, diminuée par les guerres et réduite à quelques clans (familiae). Toujours selon Pline, des tribus gétules occupaient une partie de leur ancien territoire. De son côté, Ptolémée (IV, 1, 5) fixe les Maurēnsii dans la partie orientale de la Tingitane, donc à l’ouest de la Malua, mais non loin de cet oued.

4Mais si la tribu des Maures, au sens strict, semble avoir périclité au moins dès le début de notre ère, on observe très tôt, çà et là, un emploi élargi du terme Maurus. Ainsi la Guerre d’Afrique (III, 1 ; VI, 3, etc.) appelle Mauri des cavaliers, en fait probablement numides, mais qui ont dû former de bonne heure comme un corps de tradition (cf. les « turcos » de l’armée française), et Horace (Odes, II, 6, 3-4), un poète il est vrai, qualifie de Maura l’eau des Syrtes. On doit invoquer, avant tout, des facteurs historiques : l’extension de l’ethnonyme Maurus vers l’est a été solidaire de l’expansion du (ou des) royaume(s) maure(s) au-delà de la Muluccha (nom grec de l’actuelle Moulouya, dont Malua semble être le nom latin) à partir de la fin de la guerre de Jugurtha, et plus encore de la constitution d’une province de Maurétanie césarienne s’étendant à l’est jusqu’à l’oued el-Kebir du Constantinois, cf. Maurétanie, royaume* et Maurétanie, provinces*.

5Un autre facteur, fortuit mais non négligeable, a contribué à cette extension, mais plutôt en direction du sud et du sud-est. De même que les Numides se sont vu conférer abusivement une sorte d’excellence dans le nomadisme en raison de l’assimilation par les Grecs de leur nom avec le terme qui désignait chez eux les bergers conduisant leurs troupeaux d’un pâturage à un autre, à savoir nomades, de même l’ethnonyme transcrit en grec « Mauros » a été souvent assimilé à un adjectif grec mauros (plus anciennement amauros), signifiant « sombre », « opaque », puis « noir ». On observera d’ailleurs qu’en 484, il y avait en Maurétanie césarienne à la fois un évêché Amaurensis et un évêché Maurensis (Notitia prouinciarum, Maur. Caes., 35 et 122, Lancel : 265 et 269). Nous sommes assuré que cette étymologie populaire, déjà signalée par St. Gsell (p. 89), était répandue dès le début du principat de Tibère, puisque Manilius (Astr., IV, 729-730) écrivait alors : et Mauretania nomen | oris habet titulumque suo fert ipsa colore (« La Maurétanie tient son nom de son visage et affiche elle-même son identité par sa couleur »). Deux générations plus tard, Silius Italicus (Pun. II, 439) qualifie les Mauri de nigri, et, au IVe siècle de notre ère, Ausone (Par. 5, 3-6) explique le surnom Maura de sa grand-mère, Corinthia, par le fait que les compagnes de celle-ci avaient voulu souligner sa carnation noire (fusca). Ainsi on en vint à désigner du nom de Maures toutes les populations établies dans le Sud du futur Maghreb, en général plus hâlées ou de carnation plus noire que celles des abords de la Méditerranée, et l’on parla moins de Gétules et d’Éthiopiens (J. Desanges : 210-211).

« Mauretania uocata a colore populorum ; Graeci enim nigrum μαρον uocant. Sicut enim Gallia a candore populi, ita Mauretania a nigrore nomen sortita est. » (Etym. XIV,5,10) —

« La Maurétanie a été dénommée d’après la couleur de ses habitants ; en effet, ‘nègre’ se dit μαρο (mauros) en grec. De même que la Gaule reçut son nom de la blancheur de ses peuples, de même la Maurétanie reçut le sien d’après la couleur nègre. »

Isidore fait intervenir une étymologie grecque pour expliquer le nom de la Maurétanie et celui de la Gaule. Dans le premier cas, il donne explicitement son étymon, μαρο, traduit en latin par niger. Dans le second cas, il n’introduit l’étymon que par l’intermédiaire du terme latin candor « la blancheur ». Pour comprendre l’étymologie, on doit suppléer un nom qui véhicule la blancheur : le nom grec du lait, γλα 37. Cette substitution se justifie par la ressemblance formelle avec le mot expliqué : γλα — Gallia

PROCOPE

HISTOIRE DE LA GUERRE DES VANDALES

LIVRE II

CHAPITRE XIII.

1. Combat singulier entre Altias et Jabdas. 2. Description du mont Aurase. 3.  Efforts inutiles de Salomon contre les Maures. 4. Préparatifs pour une nouvelle expédition.

1. Pendant que ces événements se passaient dans la Byzacène, Iabdas, prince des Maures du mont Aurès, suivi de trente mille combattants, ravageait la Numidie et emmenait prisonniers un grand nombre d’habitants du pays. Althias, placé dans la ville de Centuria, était chargé de la garde des forts de ce canton. Il désirait vivement reprendre à l’ennemi quelques prisonniers, et fit sortir de la place les Massagètes qu’il commandait, et qui n’étaient qu’au nombre de soixante-dix. Réfléchissant ensuite qu’il ne pouvait, avec soixante-dix hommes, attaquer une nombreuse armée de Maures, il songeait à s’emparer de quelque défilé au passage duquel il pût surprendre les barbares et leur enlever leur butin. Mais comme ces plaines, rases et d’une vaste étendue, ne lui offraient point de lieu propre à une embuscade, il imagina cet expédient: Tigisis, ville située dans le voisinage, et qui était alors entourée de fortes murailles, possédait dans une gorge étroite une source abondante. Althias résolut de s’emparer de cette fontaine, persuadé que la soif y amènerait les Maures, qui du reste n’auraient pu trouver une goutte d’eau dans le voisinage. Il n’y a personne qui, en considérant l’inégalité ses forces des Huns et des Maures, ne juge l’entreprise d’Althias comme un acte de démence. Cependant les Maures, dévorés par la soif ardente que produit la fatigue et la chaleur, car on était alors au fort de l’été, accourent sans défiance vers la fontaine. Lorsqu’ils la virent occupée par l’ennemi, ils s’arrêtèrent tous, ne sachant quel parti prendre, et sentirent défaillir le peu de forces que la soif leur avait laissées. Iabdas, s’étant approché du capitaine romain, lui offrit le tiers de son butin, s’il voulait permettre à tous les Maures de se désaltérer. Althias rejeta cette offre, et proposa au roi maure de trancher leur différend par un combat singulier. Iabdas avant accepté le défi, il fut convenu que si Althias était vaincu, les Maures auraient le libre usage de la source. L’espérance et la joie se répandirent alors dans l’armée africaine, qui comptait sur une victoire assurée parce qu’Althias était petit et grêle, tandis qu’Iabdas était le plus grand et le plus robuste des guerriers de sa nation. Ils s’avancèrent donc à cheval l’un contre l’autre. Iabdas lance le premier son javelot. Althias, par un rapide mouvement de la Main droite, saisit le trait au vol avant d’en être atteint, et par cette preuve d’adresse frappe d’étonnement Iabdas et les Maures; ensuite, ayant tendu son arc de la main gauche, dont il se servait aussi habilement que de la droite, il abat d’un coup de flèche le cheval de son adversaire. Les Maures amènent un nouveau cheval à leur roi, qui le monte précipitamment et prend la fuite, suivi de toute son armée en désordre. Althias se rendit maître des prisonniers et du butin, et cet exploit mémorable lui acquit dans toute l’Afrique une brillante réputation.

2. Salomon, après avoir séjourné quelque temps à Carthage, conduisit ses troupes vers le mont Aurès, accusant Iabdas, et non sans raison, d’avoir profité des embarras de l’armée romaine dans la Byzacène pour ravager une partie de la Numidie. Il était encore excité à cette guerre par deux princes maures, Massonas et Orthaïas, qui avaient contre Iabdas de graves motifs d’inimitié. Massonas l’accusait de la mort de son père Méphanias, qu’Iabdas avait fait périr par trahison, quoiqu’il eût épousé l’une de ses filles. Orthaïas avait pour grief la ligue formée entre Iabdas et Massonas, roi des barbares de la Mauritanie, pour l’expulser, lui et ses Maures, de la contrée qu’il avait de tout temps possédée. L’armée romaine, commandée par Salomon et guidée par les Maures alliés, alla camper sur les bords de l’Amigas, qui coule en avant du mont Auras et arrose toute la contrée. Iabdas, persuadé qu’il ne serait pas en état de résister aux Romains dans la plaine, s’occupa à fortifier de toutes parts le mont Aurès, et à le rendre de plus en plus impraticable à l’ennemi. Cette montagne, la plus grande que nous connaissions, est située à treize journées de Carthage. Son circuit est de trois fortes journées de marche. On ne peut la gravir que par des sentiers escarpés et des solitudes sauvages; mais, parvenu au sommet, on trouve un plateau immense, arrosé par des sources jaillissantes qui donnent naissance à des rivières, et, couvert d’une prodigieuse quantité de vergers. Les grains et les fruits y ont une grosseur double de celle qu’ils atteignent dans le reste de l’Afrique. Les habitants ne se sont point occupés d’y bâtir des forteresses, le lieu se défendant assez de lui-même; et, depuis que les Maures avaient chassé les Vandales du mont Aurès, ils croyaient n’avoir plus rien à craindre. Ils avaient même détruit Tamugadis, ville grande et peuplée adossée au flanc oriental de la montagne, et dominant de l’autre côté toute la plaine; ils en avaient transporté ailleurs les habitants, et en avaient rasé les murs jusqu’au sol, pour que les ennemis ne pussent s’y retrancher, ni s’en servir comme de place d’armes dans leurs attaques contre l’Auras. Les mêmes Maures s’étaient aussi rendus maîtres de la grande et fertile contrée qui s’étend à l’occident de l’Auras et touche à la région habitée par les Maures sujets d’Orthaïas, prince qui, ainsi que je l’ai dit, avait fait alliance avec les Romains. Il m’a raconté lui-même qu’à la frontière de ses États commence un vaste désert, au-delà (Maroc, Tunisie) duquel habite une race d’hommes qui ne sont pas noires comme les Maures, mais qui ont la peau blanche et la chevelure blonde.

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Bibliography

Desanges J., 1995 – « Libyens noirs ou Libyens noircis ? », L’Homme méditerranéen. Mélanges offerts à Gabriel Camps, Aix-en-Provence, p. 209-215.

Gsell St., 1927 – Histoire ancienne de l’Afrique du Nord, V, Paris.

Lancel S., 2002 – Histoire des persécutions vandales en Afrique. La passion des sept martyrs. Registre des provinces et des cités d’Afrique, Paris, Les Belles Lettres, éd. de Victor de Vita.

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References

Bibliographical reference

J. Desanges, “Maures (Antiquité) : Mauri, Maurēnsii, Maurousii”, Encyclopédie berbère, 31 | 2010, 4710-4712.

Electronic reference

J. Desanges, “Maures (Antiquité) : Mauri, Maurēnsii, Maurousii”, Encyclopédie berbère [Online], 31 | 2010, document M68a, Online since 06 October 2020, connection on 24 June 2023. URL: http://journals.openedition.org/encyclopedieberbere/516; DOI: https://doi.org/10.4000/encyclopedieberbere.516

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Les haratines

Les haratines Machouach ou noirs de la marmarique : https://antikforever.com/corps-m/#m%C3%A9chouech

Méshouech  ou  Machaouach  ou Mâchaouach ou Meshwesh ou Maxyes ou Meshawash  – mSwS.w  Vers 1400 av.J.C apparurent en Marmarique les Méchouech et les Libous. Leur domaine couvrait les collines littorales et l’arrière pays. Unifiés sous la conduite de « Grands Chefs » ils tentèrent de sortir de leur région et poussèrent leurs campements vers le Delta du Nil. Du XIIe au XIe siècle ces barbares fragilisèrent l’Égypte pour finalement la déstabiliser et plus tard s’en rendre maître. Les Méchouech sont connus des textes égyptiens dès la XVIIIe dynastie. Ils sont cités comme fournissant du bétail au palais du Pharaon Amenhotep III (1390-1353/52) à Malkata (ou Malqata). Indiquant que peut-être il y avait des échanges entre eux et les Égyptiens de cette époque. Pendant le reste de la XVIIIe dynastie, les informations sur les Méchouech ou Libyens en général, sont superficielles. Cependant, on a mis au jour des représentations de Libyens (peut-être Méchouech) datant du règne d’Amenhotep IV (ou Akhenaton, 1353/52-1338), dont un remarquable papyrus qui décrit un groupe de Libyens tué par des Égyptiens. Mais le papyrus est fragmentaire et on ne sait pas le situer dans le contexte historique. Les relations entre les Libyens et les Égyptiens au cours de la période Ramesside furent une source constante de conflit. Les reliefs de batailles représentées à Karnak datant du règne de Seti I (1294-1279) décrivent le Pharaon au combat avec des hordes de Libyens, mais le texte ne vise que les Libyens du nom de Tehenou, l’un des termes génériques Égyptien pour la Libye, au lieu de préciser un nom spécifique de tribu. Pendant le règne suivant, Ramsès II (1279-1213) les traita durement et implanta pour les surveiller des forteresses. La présence de ces forces démontre une sérieuse menace de l’Occident. Ramsès II affirma avoir évincé les Libyens dans plusieurs textes. Cependant, comme avec Séthi I, ceux-ci ne précisent pas si oui ou non les Méchouech étaient impliqués. Pendant le règne de Mérenptah (1213-1203) une invasion inattendue Libyenne dans le Delta et l’Oasis de l’Ouest, est enregistrée dans la 5e année de son règne. Contrairement à leurs prédécesseurs, les reliefs des batailles à Karnak donnent le nom de la tribu qui était principalement des Libou, mais les Méchouech furent également présent dans ce conflit. En effet, Mérenptah affirma que 9100 Méchouech furent capturés. Sous le règne de Ramsès III (1184-1153), le conflit croissant entre les Égyptiens et Libyens atteint son paroxysme. Cette fois, les Méchouech furent les instigateurs de la confrontation, bien que d’autres tribus Libyennes et leurs alliés les Peuples de la Mer participèrent aux combats lors de deux importantes campagnes contre le Pharaon (An 5 et 11 de Ramsès III). Ramsès III remporta la victoire et les Méchouech furent emprisonnés dans des camps en Moyenne-Égypte pour forcer leur assimilation à la culture Égyptienne. Beaucoup furent également enrôlés dans l’armée Égyptienne. Dans un texte datant de la Troisième Période Intermédiaire (1080-656) il est mentionné qu’il y avait cinq forces Méchouech rien que dans la zone d’Héracléopolis Magna. Malgré les tentatives pour contenir l’immigration Libyenne en Égypte, les différents souverains furent incapables de l’arrêter. Au cours de la XXe dynastie (1186-1069), plusieurs textes mentionnent des attaques de tribus Méchouech dans Thèbes, où les ouvriers de Deir el-Médineh furent contraints de chercher asile dans le temple de Médinet Habou. Au cours du XIe siècle, un grand nombre de Méchouech s’infiltra pacifiquement dans le Delta du Nil où régnait la XXIe dynastie (1070/69-945). Ces Mâ, le diminutif de Mâchaouach, fondèrent une sorte de chefferie, autour de la ville de Bubastis. Bien installés dans le Delta, petit à petit, ils étendirent leur territoire jusqu’au Fayoum, détenant la force armée du royaume. Leurs chefs devinrent très puissants et le fils d’un de ceux-ci, Sheshonq I, parvint à se hisser sur le trône. Il prit le pouvoir à la mort de Psousennès II (959-945) de Tanis, dont il était le Général en chef des armées et le Conseiller en chef. Il s’imposa comme Pharaon en fondant la XXIIe dynastie (945-715). Sheshonq I transféra la capitale Égyptienne à Bubastis. La XXIIIe dynastie (818-715), concurrente, fut issue de la même famille des Mâ et se localisa à Léontopolis. On surnomme ces dynasties Libyennes. Elles furent cependant écrasées quelques années plus tard lors de l’invasion du pays par le Roi de Napata Piânkhy (747-716 – XXVe dynastie).

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Hérodote (IV, 168) mentionne les Adurmakhidae comme le peuple libyen le plus oriental. Or Silius Italicus (Pun., IX, 223-225) en fait des riverains du Nil qui protègent des ardeurs du soleil leur corps noirci (corpora nigrantia). L’auteur des Punica, fort bien documenté nous fournit ici une indication intéressante. Il est remarquable que Ptolémée, dans sa Géographie, compte les Nubae* à la fois parmi les populations de la vallée du Nil (IV, 7, 10, éd. C. Müller, p. 781) et parmi celles de la Libye intérieure (IV, 6, 5, p. 744), en fait le Sahara. La preuve qu’il considérait les Nubae comme issus des déserts occidentaux, c’est qu’il les localise par deux fois au voisinage des « Fosses garamantiques » (IV, 6, 5, p. 744 ; 6, 6, p. 748), qu’il faut sans doute identifier au Wadi el Agial la vallée encaissée où s’élevaient les villes des Garamantes* (les Zarmas du Niger, Bénin et Nigéria) dont les restes archéologiques subsistent à Djerma et à Zinchecra en Afrique du Nord (Ch. Daniels, The Garamantes of Southern Libya, Stoughton, 1970, p. 17 et pl. 2 et 3).

C:\Users\Hp\AppData\Local\Packages\5319275A.WhatsAppDesktop_cv1g1gvanyjgm\TempState\B12F1780795F43AF80262410E6A10225\WhatsApp Image 2023-03-26 à 21.27.11.jpg A l’époque punique (Tunisie), deux textes d’inégale portée semblent attester la présence de Noirs à Carthage. Frontin (Strat., I, 11, 18) nous apprend qu’à la veille de la bataille d’Himère (480 avant notre ère), il y avait parmi les prisonniers puniques tombés entre les mains de Gélon des auxiliaires tout à fait noirs (qui nigerrimi erant). Ces auxiliaires, qui ne semblent pas être des mercenaires, ne devaient pas provenir de très loin à une époque où le territoire africain de Carthage était encore de dimension modeste. D’autre part, Diodore (XX, 57) rapporte qu’en 307 avant notre ère, Eumaque, général d’Agathocle, soumit « dans les régions supérieures » [de la Libye] une peuplade, les Asphodélodes, très proches des Ethiopiens par la couleur. L’expression « les régions supérieures » signifie simplement qu’on s’éloigne du secteur voisin de Carthage où avait eu lieu la campagne précédente (prise d’Utique et d’Hippou Akra, aujourd’hui Bensert (Bizerte), par les Syracusains). Il s’agit d’une orientation relative. En s’enfonçant dans les profondeurs du continent à partir de Carthage, on remontait le cours des oueds. Dans le voisinage des Asphodélodes se trouvait la ville de Phellinè ; or, au cours de la même campagne, Eumaque s’empara de Toka avant de prendre Phellinè et après la prise de cette dernière, il conquit Meskhela ou Meskhala. Toka, située près d’une peuplade de Numides est peut-être Tucca (Dougga) et Meskhela, très hypothétiquement Masculula (Henchir Guergour, au nord-ouest du Kef), puisque par la suite Eumaque parvint à une autre Hippou Akra qui est nécessairement Annaba (Bône). On ne peut identifier Phellinè, dont le nom est sans doute à mettre en rapport avec le nom du chêne-liège, en grec « phellos ». On sera donc porté à supposer que Phellinè et les Asphodélodes se trouvaient dans la région de la haute Medjerda ou en Khroumirie où le chêne-liège abonde.

Enfin le Sud-marocain était également peuplé, pour une part, d’Ethiopiens. Sous le règne de Bocchus I, Eudoxe de Cyzique relâcha sur la côte atlantique chez des Ethiopiens limitrophes du royaume de Maurétanie (Strabon, II, 3, 4). Quelques décennies plus tard, Bogud mena campagne contre les Ethiopiens Hesperii ou « Occidentaux » (Strabon, XVII, 3, 5, d’après une source d’époque césarienne). Dans leur pays poussaient des asperges géantes. Or, selon Athénée (Deipn., II, 62 e), ces asperges croissent non loin de l’océan, dans une région montagneuse. Il ne peut s’agir que de l’Atlas, puisque les premières montagnes sur la côte atlantique dans la zone tropicale sont celles de Guinée.Il faut donc admettre que les Hesperii Aethiopes étaient établis près de l’Atlas (Mont Cameroun) tournées vers l’océan. Au reste, Pomponius Méla (III, 96) situe sur le territoire des Hesperii un fleuve Nu(c)ul ou Nunc (Nonkoué près de Cotonou). C’est probablement dans le Sous qu’il faut localiser les Perorsi considérés par Pline (V, 10, 16 et 43) comme des Ethiopiens. Les Ethiopiens Daratitae (Pline, V, 10), alors que des Gétules, les Darae (Id., ibid.), vivaient sur le cours supérieur de ce fleuve. Il semble donc que le peuplement éthiopien était concentré sur le rivage de l’océan au sud. Mais des populations établies plus au nord étaient considérées comme proches des Ethiopiens, voire réputées éthiopiennes (Pline, V, 43) : ainsi les Pharusii, peuple d’archers comme les Ethiopiens, ou encore les Nigritae (cf.plus haut). Les Pharusii débouchaient dans le bassin de l’Anatis ou encore se rendaient par la route des chotts jusqu’à Cirta (Strabon, XVII, 3, 7). Sans doute étaient-ils séparés des Nigritae par le Atlas. St. Gsell (H.A.A.N., I, p. 295-296) s’est demandé s’ils n’étaient pas identiques aux Perorsi. En tout cas, leur ressemblance avec les Ethiopiens semble confirmée par le fait que l’Africaine Pherusa (un nom ethnique sans doute à rapprocher de Perorsi), qui intervient dans une campagne électorale à Pompéi, a « les cheveux crépus et la peau noire » (E. Etienne, La vie quotidienne à Pompéi, Paris, 1966, p. 141). Les Pharusii apparaissent donc à tout le moins comme une population éthiopienne, tout comme les Leukaethiopes (« Ethiopiens blancs ») mentionnés par Ptolémée (IV, 6, 6, p. 745), à localiser peut-être dans la région entre le Nord du Mali et le Maroc vers le nord près de l’Océan mais apres les collones d’Hercule, non loin du cap Rhir.

Tous ces témoignages que nous venons d’énumérer et d’analyser prouvent que de l’oasis d’Ammon (Siwa en Egypte), la frange méridionale a été, pour une large part, peuplée de noirs dans l’Antiquité. Il ne semble pas que la situation ait beaucoup évolué durant celle-ci. Salluste (Jug., XIX, 6) situe les Ethiopiens au nord, et non au sud, des « régions embrasées par l’ardeur du soleil ». On sait qu’il écrivait vers 40 avant notre ère et qu’il avait une expérience personnelle de l’Afrique. Pausanias (1, 33, 5-6), à l’époque des Antonins, fait état d’Ethiopiens voisins des Maurétaniens, en indiquant que leur territoire est dépourvu de fleuves, ce qui interdit absolument de les localiser dans les savanes au-delà du Sahara. Au milieu du IVe siècle de notre ère, l’Exposito totius mundi et gentium (LXII, éd. J. Rougé, p. 202-204) mentionne dans les déserts, à la lisière méridionale de l’Africa (par opposition à la Maurétanie et à la Cyrénaïque), des Mazices, et des Ethiopiens ; et au début du Ve siècle, Paul Orose (I, 2, 92 et 93) borde la Numidie par les monts Uzarae, au-delà desquels il signale des tribus éthiopiennes, et la Maurétanie par le mont Astrixis, au delà duquel des Ethiopiens, les Gangines (cf. les Aganginae de Ptolémée, IV, 6,6, p. 748) erreraient dans les sables. Cette dernière précision prouve qu’il s’agit bien encore d’un peuple du désert, ou même plutôt de la frange septentrionale du désert. Il ne paraît donc pas, si l’on considère la suite chronologique des témoignages, que la diffusion du dromadaire en Afrique du Nord et au Sahara soit le fait de ces noirs éthiopiens nomades du désert saharien et sahélien, l’aire d’implantation des Ethiopiens, du moins jusqu’au Bas-Empire romain. En effet, il n’y a pas lieu de croire que les Ethiopiens aient négligé d’user des commodités qu’offre la pratique de cet animal puisqu’une mosaïque de Thuburbo Maius (Tunis, Musée du Bardo, 2996, cf. G. Ch. Picard, Le monde de Carthage, Paris, 1956, pl. 41), datant de la fin du IVe siècle, représente des chameliers noirs.

Plus à l’Est de Cyrène, les Ammoniens ou habitants de l’oasis de Syouah (Siwa), étaient, selon Hérodote (II, 42), des descendants de colons égyptiens (métisses du Delta) et éthiopiens (noirs) qui parlaient une langue intermédiaire entre l’égyptien et l’éthiopien. C’était donc une population noire. Cependant, elle a dû être submergée ensuite par des éléments leucodermes (arabes, turques mamelouk etc), dans les temps modernes, les habitants de Syouah parlent un dialecte berbère. Egalement noirs brun nous paraissent les Nasamons (les Toublous) qui entretenaient des contacts avec les Ammoniens (Hérodote, II, 32). Ils étaient certainement noirs, appelés libyens par Hérodote Livre IV. CXC, on dit qu’au terme de leur expédition dans le désert, certains d’entre eux relatèrent comme un fait remarquable l’existence de petits hommes noirs de peau (Hérodote, ibid. les pygmées du Bassin du Congo en Ouganda). En effet à l’époque des Sévères, Philostrate (Vie d’Apoll., VI, 25) tient les Nasamons pour des Ethiopiens. Claudien (Guerre contre Gildon, 192-193), à la fin du IVe siècle, distingue, parmi les alliés de Gildon, les Nasamons des Ethiopiens, mais il prétend que de l’union des premiers comme des seconds avec des Carthaginoises (romains) sont nés des enfants de couleur (discolors)Les Nasamons étaient donc d’une carnation beaucoup plus noire que les habitants de la Carthage romaine, métis de Puniques (noirs cananéens et philistins blancs d’origine Crétoise), de Libyens (noirs) et de Romains, souvent déjà fort bruns. Dès le début de notre ère, Strabon (II, 2, 3) avait affirmé, d’après Posidonios (circa 100 av. J.-C.) que les êtres vivants de la région du silphium, dans l’intérieur de la Cyrénaïque, avaient des cheveux crépus, des lèvres saillantes et des nez épatés.

L’un des premiers autres écrivains romains à utiliser le terme « Africa » pour désigner partie spécifique du Monde est l’historien Salluste (Gaius Sallustius Crispus), dans son œuvre « Bellum Iugurthinum » (La Guerre de Jugurtha), rédigée entre 41 et 40 av. J.-C. Dans ce livre, il parle de la guerre contre Jugurtha, roi de Numidie, qui se situe dans l’Afrique, après sa création à la suite de la destruction de Carthage en 146 av. J.-C. Voici un extrait du Bellum Iugurthinum en latin, où Salluste parle de l’Afrique :

Extrait en latin :

« Africa pars terrarum, quae est ab occidente, vergit ad meridiem, a ceteris partibus vel magnis fluminibus, vel arenis vastis a nobis seiungitur ; quo magis puto ignoratam esse, quod pleraque eius animalia serpentesque extis aluntur. » — Salluste, Bellum Iugurthinum,

Chapitre XVII. Traduction en français : « L’Afrique est une partie du monde qui, à l’ouest, s’étend vers le sud ; elle est séparée des autres régions par de grands fleuves (le Nil et le Niger) ou d’immenses déserts (Ouest Soudan) ; et je pense qu’elle est d’autant moins connue que la plupart de ses animaux et de ses serpents se nourrissent d’entrailles. »

Strabon1,2 (La géographie L. XVII, ch. III, § 9, 12 et 13) nous apprend qu’au « territoire des Maures (des noirs) » fait suite celui des Massæsyles (des berbères cad des blancs) ayant eu pour roi Masinissa qui commence au fleuve Molochath et se termine au cap Trêton ; le fleuve dont il s’agit pourrait être la Moulouya, le cap celui de Bougaroun. Les Massæsyles occupaient les deux tiers de l’Algérie et le Maroc oriental.

À la tête de sa fameuse cavalerie numide, il participe avec Rome à la défaite de Carthage lors de la bataille de Zama2.

Massinissa apprend ces évènements alors qu’il est en Espagne ; il décide en -206 de quitter Gadès pour la Maurétanie, et craignant les représailles de Syphax, allié de son cousin, il demande l’aide de Baga, roi des Maures. Celui-ci lui offre une escorte de 4 000 hommes, qui l’accompagne jusqu’aux limites de ses terres. Après avoir rassemblé 500 cavaliers parmi les siens et les fidèles partisans de la famille, Massinissa s’attaque à ses adversaires.

Les Carthaginois (des noirs), battus à Ilipa, finissent par perdre leurs possessions en MéditerranéeScipion l’Africain, commandant l’armée romaine en Espagne, songeant à porter la guerre en Afrique et à s’assurer le soutien des royaumes numides, gagne l’amitié de Massinissa à partir de 206 av. J.-C., avec lequel il passe un accord secret, puis il débarque en Afrique pour tenter de convaincre Syphax de rester au sein de l’alliance romaine. Mais celui-ci, ayant eu connaissance de l’accord avec Massinissa, préfère se rapprocher de Carthage.

Discours véritable de Celsius vers l’an 180 ap ec :

« Ils ne supportent pas de voir des temples, des autels ni des simulacres. Ils ont cela de commun avec les Scythes, les nomades de la Libye, les Sères qui n’ont pas de Dieu, et les autres nations les plus impies et les plus sauvages. Les Perses sont aussi dans le même sentiment, comme Hérodote le marque dans ce passage de son histoire

Strabon Livre I

« 26. En dehors de ces explications, du reste, on pourrait concevoir encore d’autre façon la division de l’Éthiopie en deux parties. Tous les navigateurs qui ont, dans l’Océan, longé les côtes de la Libye, soit à partir de la mer Érythrée, soit à partir des colonnes d’Hercule, après s’être avancés plus ou moins loin, se sont trouvés arrêtés par différents obstacles et ont dû rétrograder, ce qui a donné lieu de croire, en général, que le passage était intercepté par un isthme, bien que la mer Atlantique, surtout dans sa partie australe, ne forme qu’un seul et même courant continu. Mais tous s’étaient accordés à appeler Éthiopie les points ou contrées extrêmes, terme de leur navigation, et à les faire connaître sous cette dénomination. Qu’y aurait-il donc de déraisonnable à admettre qu’Homère, sur la foi de semblables récits, a cru devoir partager les Éthiopiens en deux groupes, l’un oriental, l’autre occidental, en attendant qu’on sût s’ils occupaient aussi ou n’occupaient point tout l’espace intermédiaire? Éphore, enfin, rapporte une autre tradition fort ancienne, qu’on peut supposer sans invraisemblance avoir été connue d’Homère : suivant cette tradition, qui avait cours, dit-il, parmi les Tartessiens, les Éthiopiens auraient poussé leurs incursions dans l’intérieur de l’Afrique jusqu’au Dyris [ou Atlas] (73) et y auraient laissé une partie des leurs, tandis que le reste se serait répandu tout le long du littoral; or Éphore conjecture que c’est le fait de cette séparation qui a suggéré à Homère l’expression suivante :’Les Éthiopiens divisés en deux nations aux extrémités de la terre.’’

27. Voilà déjà ce qu’on pourrait répondre à Aristarque et à ses partisans; mais il y a maint autre argument plus plausible encore à faire valoir, pour achever de décharger le poète de l’imputation de grossière ignorance qui pèse sur lui. Ainsi, en me reportant aux opinions des anciens Grecs, en voyant comment ils comprenaient tout ce qu’ils connaissaient de peuples septentrionaux sous le seul et même nom de Scythes, ou sous celui de nomades qu’emploie Homère, et comment plus tard, avec le progrès des découvertes dans l’Occident, ils adoptèrent aussi pour cette partie de la terre des dénominations générales, soit les noms simples de Celtes et d’ibères, soit les noms mixtes de Celtibères et de Celloscythes, étant réduits par ignorance à ranger ainsi sous une seule et même dénomination des peuples séparés et distincts, je crois pouvoir affirmer que le nom d’Éthiopie désignait de même pour eux toute la région méridionale de la terre baignée par l’Océan. Et voici qui le prouve. C’est d’abord un passage du Prométhée déchaîné d’Eschyle  (74):

« [Là tu verras] l’Érythrée rouler ses flots sacrés sur un sable rougi, et s’étendre non loin de l’Océan, ce lac aux reflets d’airain, ce lac, source de richesses pour l’Éthiopien, où le soleil, qui voit toute chose, vient plonger sans cesse son corps immortel et par les chaudes ablutions d’une eau doucement pénétrante retremper l’ardeur de ses coursiers fatigués. »

Comme c’est, en effet, dans toute la longueur du climat méridional que l’Océan rend au soleil le service dont parle le poète et se trouve avoir par rapport à l’astre du jour la position indiquée dans ces vers, on peut en conclure, ce semble, qu’Eschyle croyait les Éthiopiens répandus réellement sur toute la longueur du climat méridional. On lit maintenant dans le Phaéthon d’Euripide que Clymène avait été donnée à Mérops,

« Mérops, souverain maître de cette terre que, du haut de son rapide quadrige, le soleil levant frappe d’abord de ses feux dorés : ses noirs voisins l’appellent l’étincelante étable où se reposent les coursiers de l’aurore et du soleil (75) »

Dans le présent passage, à la vérité, le poète attribue « l’étincelante étable » en commun aux coursiers de l’Aurore et à ceux du Soleil ; mais dans tout ce qui suit il se borne à dire qu’elle est placée non loin du palais de Mérops. Or, cette donnée géographique, par la façon du moins dont elle est liée à l’ensemble du drame, ne saurait s’entendre exclusivement de notre Éthiopie, limitrophe de l’Égypte, et elle nous paraît embrasser plutôt toute l’étendue des côtes de l’Océan, d’une extrémité à l’autre du climat méridional.

28. Éphore explique aussi dans le même sens l’opinion des anciens au sujet de l’Éthiopie. Voici en effet ce qu’on lit dans sa Description de l’Europe :

« Supposons le ciel et la terre divisés en quatre régions : les Indiens occuperont celle d’où souffle l’Apéliote ; les Éthiopiens, celle d’où souffle le Notus ; les Celtes, la région du Couchant ; et les Scythes, la région boréale. »

A quoi il ajoute que l’Éthiopie et la Scythie sont plus étendues que les deux autres régions, l’Éthiopie se prolongeant depuis le levant d’hiver jusqu’à l’extrême occident, et la Scythie se trouvant située juste à l’opposite. Qu’Homère, maintenant, ait partagé ces idées, la chose ressort clairement et de la position qu’il assigne à Ithaque,

« VERS LA SOMBRE RÉGION (autrement dit vers le Nord), tandis que les autres ils s’écartent davantage vers l’AURORE ET LE SOLEIL (76) »

(expression qui, pour lui, désigne tout le côté méridional de la terre), et de cet autre passage,

« Soit qu’ils volent à droite du côté de l’aurore et du soleil, soit qu’ils gagnent à gauche la région ténébreuse du ciel (77), »

et de celui-ci encore,

« Allons, amis, puisque nous ignorons et le côté de la nuit et le côté de l’aurore, et le point de l’horizon où le soleil, ce flambeau des humains, descend au-dessous de la terre et le point d’où son char remonte et s’élève au-dessus. (78) »

tous passages, du reste, sur lesquels nous revenons dans notre description d’Ithaque pour les mieux éclaircir. Conséquemment dans ce vers,

« Car Zeus s’en fut hier vers l’Océan peur visiter les vertueux Éthiopiens (79), »

il nous faut généraliser le sens et entendre que l’Océan se déploie sur toute la longueur du climat méridional et l’Éthiopie pareillement, puisque, sur quelque point dudit climat que vous arrêtiez votre pensée, c’est toujours sur l’Océan et sur l’Éthiopie que vous tombez. C’est dans un sens général aussi que le poète a dit ailleurs,

« Mais il fut aperçu de Neptune, qui revenant alors des rivages de l’Éthiopie, du haut des monts Solymes, le découvrit au loin (80), »

cette double expression

« des rivages de l’Éthiopie, du haut des monts Solymes »

étant l’équivalent de celle-ci « des régions du Midi » ; car ce n’est point des Solymes de Pisidie que le poète parle ici, mais d’un peuple imaginaire, avons-nous dit, portant le même nom, et qu’il suppose placé par rapport à l’esquif sur lequel erre son héros et par rapport aux peuples situés au sud de ce point (lesquels ne sauraient être que ses Éthiopiens) juste dans la même position où les Solymes de Pisidie se trouvaient être par rapport au Pont et à l’Éthiopie proprement dite (le Soudan), sise au-dessus de l’Égypte. Ce qu’Homère enfin dit des grues doit être pris également en thèse générale :

« Fuyant l’hiver et les pluies torrentielles, elles s’envolent en criant vers les rivages de l’Océan, et leurs cris annoncent

« à la nation des Pygmées et la guerre et le trépas (81). »

»

 Strabon II, 5, 33 

 Au delà de ce pays, qui a une étendue considérable, commence le territoire des Nomades [ou Numides], nation dont les tribus les plus connues portent les noms de Masyliéens et de Masaesyliens. Puis viennent les Maurusiens, les plus reculés de tous ces peuples. De Carthage aux Colonnes d’Hercule , le pays est généralement riche et fertile, mais déjà infesté de bêtes féroces, comme tout l’intérieur de la Libye. On peut même croire que le nom de Nomades, que porte une partie de ces peuples, leur est venu de ce qu’anciennement la multitude des bêtes féroces les avait mis dans l’impossibilité absolue de cultiver leurs terres. Aujourd’hui, sans cesser d’être d’excellents chasseurs (d’autant que les Romains contribuent singulièrement à entretenir leur adresse par cette fureur de thériomachies), ces peuples ont acquis en agriculture la même supériorité qu’ils avaient déjà dans l’art de la chasse. — Nous n’en dirons pas davantage au sujet des continents.

 Strabon XVII, 3, 15 

15. Carthage fut fondée, comme on sait, par Didon, qui avait amené avec elle une nombreuse colonie de Tyriens : or tel fut le profit que les Phéniciens retirèrent de ce premier établissement et de ceux qu’ils fondèrent ensuite dans les différentes parties de l’Ibérie, tant en deçà qu’au delà des colonnes d’Hercule, qu’en Europe ils se trouvent posséder aujourd’hui encore les meilleures terres, soit du continent, soit des îles qui en dépendent, et qu’en Libye ils avaient fini par s’annexer tous les pays qui ne comportaient pas la vie nomade. Fiers d’une telle puissance, ils posèrent Carthage en rivale de Rome et soutinrent contre le peuple romain trois terribles guerres : celle des trois qui mit peut-être le plus en lumière l’immensité de leurs ressources fut précisément la dernière, dans laquelle ils furent vaincus par Scipion Emilien et virent leur ville détruite de fond en comble. Quand commença cette guerre, en effet, ils possédaient trois cents villes en Libye, et Carthage, leur capitale, ne comptait pas moins de sept cent mille habitants ; assiégée et réduite à capituler, elle livrait deux cent mille armures et trois mille catapultes comme gage de sa pleine et entière soumission ; puis tout à coup se ravisant elle décrétait la continuation de la lutte, se remettait à fabriquer des armes, versait par jour dans ses arsenaux cent quarante boucliers épais et forts, trois cents sabres, cinq cents lances et jusqu’à mille traits ou carreaux de catapultes, les femmes esclaves ayant donné leurs cheveux pour qu’on en fît les câbles nécessaires à la manoeuvre de ces machines. Ajoutons qu’on vit ce peuple, dont les forces navales, depuis cinquante ans et par suite des stipulations du traité qui avait mis fin à la seconde guerre [punique], avaient été réduites à douze navires, se construire en deux mois de temps et bien qu’il fût singulièrement à l’étroit dans l’enceinte de Byrsa, cent vingt vaisseaux cuirassés, et, comme l’entrée du Côthôn était bloquée, s’ouvrir dans le roc une autre issue et faire sortir par là une flotte entière improvisée. Il faut dire qu’il y avait dans Byrsa une réserve considérable d’anciens matériaux et tout un monde d’ouvriers logés et entretenus aux frais de l’Etat. En dépit de tout, Carthage fut prise et détruite. Du pays même les Romains firent deux parts : le territoire proprement dit de Carthage forma une nouvelle province, le reste fut donné à Masanassès et passa à ses descendants de la branche de Micipsa. Les Romains avaient toujours eu pour Masanassès une estime particulière à cause de ses vertus et de son loyal attachement à leur cause. Et il est de fait que c’est ce prince qui le premier civilisa les Numides et les façonna à la vie agricole, en même temps qu’il les déshabituait du brigandage pour leur apprendre le métier de soldat. Jusque-là les Numides avaient offert ce spectacle étrange d’un peuple, en possession de terres éminemment fertiles, mais infestées de bêtes féroces, qui, au lieu d’exterminer celles-ci 1 pour cultiver ensuite ses champs en toute sûreté, avait mieux aimé se livrer à un brigandage sans frein et abandonner la terre aux reptiles et aux bêtes féroces, se réduisant ainsi volontairement à mener une vie errante et nomade ni plus ni moins que les peuples qui y sont condamnés par la misère, l’aridité de leur sol et la rigueur de leur climat. C’est même là ce qui a fait donner aux Masaesylii la dénomination particulière de Numides. Dans ce temps-ià naturellement leur vie était des plus simples, ils mangeaient plus souvent des racines que de la viande, se nourrissant en outre de lait et de fromage. Après être restée déserte longtemps, presque aussi longtemps que Corinthe, Carthage se vit, à la même époque à peu près que Corinthe, restaurer par le divin César, qui avait fait partir de Rome à cette fin une colonie composée de tous les citoyens romains qui s’étaient présentés et d’un certain nombre de vétérans ; et aujourd’hui il n’y a pas dans toute la Libye de ville plus peuplée qu’elle.

Strabon (-60 à +20) : Livre XVII Ch 3 – « 7. Bien qu’habitant un pays généralement si fertile, les Maurusii ont conservé jusqu’à présent les habitudes de la vie nomade. Mais ces habitudes n’excluent pas chez eux un goût très vif pour la parure, comme l’attestent et leurs longs cheveux tressés et leur barbe toujours bien frisée, et les bijoux d’or qu’ils portent et le soin qu’ils ont de leurs dents et de leurs ongles. Ajoutons qu’on les voit rarement s’aborder dans les promenades publiques et se toucher la main, de peur de déranger si peu que ce soit l’économie de leur coiffure. Leurs cavaliers ne combattent guère qu’avec la lance et le javelot, ils guident leurs chevaux avec une simple corde qui leur tient lieu de mors et les montent toujours sans selle. Quelques-uns portent aussi le sabre court ou machaera. Ceux qui combattent à pied se servent de peaux d’éléphants en guise de boucliers, et de peaux de lions, de léopards ou d’ours en guise de manteaux et de couvertures. Au reste, on peut dire que les Maurusii, les Masaesylii leurs voisins les plus proches, et tous les peuples compris sous la dénomination commune de Libyens, ont les mêmes armes, le même équipement, et en général toutes les mêmes habitudes. Ils se servent tous, par exemple, des mêmes petits chevaux, si vifs, si ardents, et avec cela si dociles, puisqu’ils se laissent conduire avec une simple baguette. On leur passe au cou [pour la forme] un harnais léger, en coton ou en crin, auquel est attachée la bride, mais il n’est pas rare d’en voir qui suivent leurs maîtres comme des chiens, sans qu’on ait même besoin d’une longe pour les tenir en laisse. Le petit bouclier rond en cuir est commun aussi à tous ces peuples, et il en est de même du javelot court à fer plat, de la tunique lâche à larges bandes, et de la peau de bête dont j’ai parlé, agrafée par-dessus cette tunique, et qui peut servir de plastron ou de cuirasse. Les Pharusii et les Nigrètes qui habitent au-dessus des Maurusii dans le voisinage des Ethiopiens occidentaux sont, en outre, comme les Ethiopiens eux-mêmes, d’habiles archers. Ajoutons que l’usage des chars armés de faux leur est familier. Les Pharusii communiquent bien encore, mais à de rares intervalles, avec les Maurusii. Ils suspendent alors, pour la traversée du désert, des outres d’eau sous le ventre de leurs chevaux. Dans une autre direction, ils poussent jusqu’à Cirta à travers toute une région de marais et de lacs. Quelques-unes de leurs tribus vivent, dit-on, sous terre, à la façon des Troglodytes, dans des trous creusés exprès. Un autre détail qu’on donne sur le pays des Pharusii, c’est que l’été y est la saison des grandes pluies et l’hiver, au contraire, la saison sèche. Enfin l’on assure que quelques peuples barbares voisins des Pharusii se font des manteaux et des couvertures avec des peaux de serpents et des écailles de poissons. Certains auteurs voient dans les Maurusii les descendants des Indiens qui vinrent en Libye à la suite d’Hercule. A une époque de C:\Users\Hp\AppData\Local\Packages\5319275A.WhatsAppDesktop_cv1g1gvanyjgm\TempState\58DAF01BF616370BEFE2AD36E8391DFA\WhatsApp Image 2023-03-26 à 20.28.00.jpg bien peu antérieure à l’époque actuelle, la Maurusie eut pour rois deux princes amis du peuple romain, Bogus et Bocchus. Mais, ceux-ci étant morts sans laisser de postérité, elle passa aux mains de Juba (Juba II, un roi numide berbère blanc vers l’an -30), qui la reçut en don de César Auguste pour l’ajouter à ses Etats héréditaires : Juba était fils du prince de même nom qui avait fait la guerre, comme allié de Scipion, au divin César. Juba du reste vient de mourir à son tour laissant pour successeur et héritier son fils Ptolémée, né d’une fille d’Antoine et de Cléopâtre. »

Pline l’Ancien (m. +79) Livre 5 : «I.

[1] L’Afrique a été appelée Libye par les Grecs, et la mer qui la baigne, mer Libyque; elle a l’Égypte pour limite (01). Aucune région ne présente moins de golfes; les côtes s’étendent obliquement sur une ligne prolongée à partir de l’occident. Les noms de ses peuples et de ses villes (02) sont, plus peut-être que ceux d’aucun autre pays, impossibles à prononcer pour les étrangers; et d’ailleurs les indigènes n’habitent guère que des châteaux.[2] (I) On rencontre d’abord les Mauritanies. Ce furent des royaumes jusqu’à C. César (Caligula), fils de Germanicus; sa cruauté (03) en fit deux provinces. A l’extrémité du détroit et sur l’Océan est un promontoire appelé Ampelusia par les Grecs. Il y eut jadis les villes de Lissa et de Cotta (XXXII, 6), au delà des colonnes d’Hercule; maintenant on trouve Tingi, fondée jadis par Antée, puis appelée Traducta-Julia par l’empereur Claude, quand il en fit une colonie.[3] Tingi est à 30.000 pas de Belone, ville de la Bétique; c’est de ce point que le trajet est le plus court pour passer en Espagne. A 25.000 pas de Tingi, sur la côte de l’Océan, est la colonie d’Auguste, Julia Constantia Zilis, qui fut soustraite à la domination des rois de la Mauritanie et attribuée à la juridiction de la Bétique ; à 32.000 pas de cette dernière ville est Lixos, dont l’empereur Claude a fait une colonie, et qui a été pour les anciens l’objet des récits peut-être les plus fabuleux: là fut le palais d’Antée et son combat avec Hercule; là furent les jardins des Hespérides (XI, 12). La mer se répand en un estuaire à trajets sinueux; aujourd’hui on explique le dragon et sa garde par cette disposition des lieux. 

[4] Dans cet estuaire est une île, qui, bien qu’un peu plus basse que le reste du terrain avoisinant, n’est pas cependant inondée à la marée montante; on y voit un autel d’Hercule, et du célèbre bois qui produisait des pommes d’or il ne reste que des oliviers sauvages. On s’étonnera moins des mensonges extravagants de la Grèce sur ces jardins et sur le fleuve Lixus, si l’on songe que tout récemment des auteurs latins ont fait sur le même sujet des récits qui ne sont guère moins prodigieux : à savoir, que cette ville de Lixos est très puissante, et surpasse en étendue Carthage la Grande; qu’en outre elle est située l’opposite de Carthage et à une distance presque immense de Tingi, et tous ces contes auxquels Cornélius Népos a ajouté foi avec tant d’avidité.[5] A 40.000 pas du Lixus, dans l’intérieur des terres, est une autre colonie d’Auguste, Babba, appelée Julia Campestris, et à 75.000 pas une troisième colonie, Banasa, surnommée Valentia; à 35.000 pas de cette dernière, la ville de Volubile, également éloignée de l’une et de l’autre mer; sur la côte, à 50.000 pas du Lixus, le Subur, coulant le long de Banasa, fleuve magnifique et navigable: à 50.000 pas du Subur, la ville de Sala, placée sur un fleuve de même nom, déjà voisine des déserts, et infestée par des troupeaux d’éléphants, et bien plus encore par la nation des Autololes (Mauritanie, Algérie ?), que l’on traverse pour aller au mont Atlas, le plus fabuleux même de l’Afrique.

[13] Quant aux indigènes, ils rapportent que sur la côte, à 150.000 pas de Sala, est le fleuve Asana, dont l’eau est saumâtre, mais qui est remarquable par son port; puis un fleuve qu’ils appellent Fut. De là on compte 200.000 pas jusqu’au Dyris : c’est le nom que dans leur langue ils donnent à l’Atlas; on trouve dans l’intervalle un fleuve nommé Vior, et l’on dit qu’autour de l’Atlas on voit des indices qui montrent que le sol a été jadis habité : ce sont des restes de vignobles et de plants de palmiers.

[16] Il est assez bien établi que la nation des Éthiopiens, appelés Pérorses, est limitrophe de ces contrées. Le père de Ptolémée, Juba (Juba II), qui le premier régna sur l’une et l’autre Mauritanie, et qui est encore plus célèbre par ses travaux littéraires que pour sa royauté, a donne les mêmes détails sur l’Atlas. Il ajoute qu’il y naît une herbe appelée euphorbe (XXV, 38), du nom de son médecin, qui en fit la découverte; il donne des louanges merveilleuses au suc laiteux de cette plante comme propre à éclaircir la vue, et à combattre la morsure des serpents et toute espèce de venin. Il a consacré un volume particulier à ce sujet. En voilà assez et trop sur l’Atlas.»

Au sud de la Numidie, il convient de localiser en dehors de l’Afrique romaine les Ethiopiens Girrhei de Ptolémée (IV, 6, 5, p. 743), dont Claudien (Idylles, IV, 20-21 : Girrhaeus) fait des dompteurs de fauves riverains du Nil. Pline (V, 54) nous apprend en effet que le Nil antérieur était appelé Giris, nom que la Table de Peutinger (segm. VII, 2) donne à un fleuve coulant du territoire des Nasamons jusqu’à une contrée située au sud des Gétules errant au midi de la Petite Syrte, et même au-delà plus au sud-ouest. Nous ne pouvons discuter ici des théories antiques sur le cours discontinu d’un Nil issu de la Libye occidentale (cf. St. Gsell, Hérodote, Alger, 1915, p. 203-215). En supposant des pertes et des résurgences, les Anciens réunissaient en un être de raison divers oueds sans rapport les uns avec les autres. Il est tentant d’assimiler une partie de ce système hydrographique fictif, qui constituait tout ou partie de l’oued Geir, au sud duquel Ptolémée localise ses Girrhei, à l’oued Rihr qui se perd dans le chott Melrirh tout comme l’oued Djedi, avec lequel il peut apparaître dès lors dans une certaine continuité, malgré une rupture de direction très marquée. Dans cette hypothèse, les Girrhaei seraient les ancêtres des actuels Rouarha de Touggourt et des Ouargli, particulièrement foncés (cf. G. Aumassip et alii, Aperçu sur l’évolution du paysage quaternaire et le peuplement de la région de Ouargla, dans Libyca A.P.E., t. XX, 1972, p. 244-248).

Les phéniciens sont d’origines est-africaine et cananéenne :

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Le Béréshit Rabbah

Chapitre 36.7 « Le Saint de la Bénédiction dit à Yafet (Gn 9:20-27) : « Tu as couvert la nudité de ton père ! Par ta vie [je jure que] je te récompenserai ‘car il arrivera en ce jour-là, que je donnerai à Gog un lieu digne d’être enterré en Israël’ (Ezek. 39:11) Le Saint de la Bénédiction a dit à Ham: « Tu as déshonoré la nudité de ton père: Par ta vie [je jure que] je te punirai: » Ainsi le roi d’Assyrie emmènera les captifs d’Egypte et les exilés d’Ethiopie, jeunes et vieux, nus et pieds nus, et les fesses découvertes à la honte de l’Égypte » (És. 20:4). »

Chapitre 61.7 Et aux fils des concubines, etc. : Aux jours d’Alexandre le Macédonien (le Grand), les Yishmaélites vinrent faire appel contre Israël au sujet du droit d’aînesse – et avec eux vinrent deux mauvaises familles : les Cananéens et les Égyptiens. Ils [les Israélites] dirent : « Qui ira plaider avec eux ? G’vi’ah ben Kosem a dit: « Je vais aller plaider avec eux. » Ils lui dirent : « Prends garde de ne pas leur assurer la terre. Il a dit : « J’irai délibérer avec eux. Si je gagne, tant mieux. Et sinon, tu diras : ‘Qu’est-ce que c’est que cet inférieur, pour qu’il se tienne debout pour nous ?’ » Il s’en alla. et a plaidé avec eux. Alexandre le Macédonien leur dit : « Qui réclame contre qui ? Les Yishmaélites dirent : « Nous réclamons contre eux, (Deutéronome 21:17), ‘Mais il reconnaîtra le premier-né le fils de la femme détestée.’ Et de droit Yishmael devrait prendre une double portion! » G’vi’ah ben Kosem dit: « Mon seigneur le roi, un homme ne peut-il pas faire ce qu’il veut pour ses enfants? » Il lui dit: « Oui. » Et [G ‘vi’ah] lui dit: « Et n’est-il pas écrit: ‘Et Avraham donna tout ce qu’il avait à Yitzhak!' » Ils lui dirent: « Et où est l’acte de renvoi, qui [prouve que] il a distribué [de ses biens] à [le reste de] ses enfants ? » Il lui dit : « Et aux fils des concubines d’Avraham, Avraham a donné des cadeaux. » Et [les Yishmaélites] sont partis de là, honteux. Les Cananéens dirent : « C’est de leur Torah que nous venons contre eux. En tout lieu [là], il est écrit, ‘au Pays de Canaan,’ ‘le Pays de Canaan’; ils devraient nous donner notre terre! » G’vi’ah ben Kosem dit à [Alexandre], « Mon maître, le roi, est-ce qu’un homme ne fait pas à son esclave ce qu’il veut? » Il lui dit: « Oui. » [G’vi’ah] a dit [en retour] :  » Qu’est-ce qui est écrit ? « Maudit soit Canaan, l’esclave des esclaves, etc. (Genèse 9:25 ) – voici, le pays est à nous et ils sont esclaves de mon seigneur le roi! » Et [les Cananéens] partirent de là honteux. L’Égypte dit: « Nous venons contre eux de leur Torah. Soixante multitudes sortirent de chez nous chargées de vases d’argent et de vases d’or, comme il est écrit ( Exode 12:36 ), « et ils pillèrent l’Égypte » ; ils devraient nous donner notre argent et notre or! » G’vi’ah ben Kosem lui dit: « Mon seigneur roi, soixante myriades de personnes [ont travaillé] pour eux pendant deux cent dix (210) ans – parmi eux se trouvaient des orfèvres et parmi eux se trouvaient des orfèvres qui pour leur salaire, un dinarun jour! » Les philosophes (sages) se sont assis et ont calculé et n’ont pas atteint cent ans avant que la Terre d’Égypte [ne soit confisquée] au trésor [pour rembourser sa dette]. Et [les Égyptiens] sont partis de là honteux.

https://www.sefaria.org/Bereishit_Rabbah.36.1?lang=bi

Le Talmud

Tamid 32a

« Il leur dit : « Je veux aller dans le pays d’Afrique (Afriki) ». Ils lui dirent : « Tu ne seras pas capable d’y aller, les Montagnes Ténébreuses défendent d’y entrer ». Il leur dit : « Non, il n’est pas possible pour moi de ne pas y aller. Cela étant établi, je vous demande plutôt : que dois-je faire ? »

Ils lui disent : « Prends des ânes du Liban qui marchent dans l’obscurité, et prends des bobines de cordes, et attache-les de ce côté, pour que, lorsque tu reviens par-là, tu puisses les prendre et revenir en ton lieu ».

Il fit cela et s’en va. Arrivé à une ville où il n’y avait que des femmes (Candaces du Soudan), il voulut faire la guerre contre elles. Elles lui dirent : « Si tu nous tues, on dira : « C’est le roi qui tue des femmes ». Si nous te tuons, on dira : « C’est le roi que tuèrent des femmes » ». Il leur dit : « Apportez-moi du pain ». Elles lui apportèrent un pain en or, sur une table en or.

Il dit : « Quel peuple parmi les Hommes mange du pain en or ? ». Elles lui dirent : « Mais si tu voulais du pain, ne te serais-tu pas hâté prendre ton pain en ton lieu pour le manger ? Plutôt que tu sois sorti et sois venu ici ». Quand il partit et s’en alla, il écrivit sur la porte : « Moi, Alexandre de Macédoine, étais naïf jusqu’à ce que j’arrive au pays d’Afrique des femmes et aie appris du conseil des femmes ». »

Sanhedrin 91a.

« Les Sages enseignent : le vingt-quatrième jour du mois de Nissan les publicains furent chassés de la Judée et de Jérusalem lorsque les fils de l’Afrique (Afriki) vinrent parler avec le peuple d’Israël devant Alexandre le Macédonien pour lui dire : « La terre de Canaan est pour nous, car il est écrit : « la terre de Canaan, selon ses frontières ». Et Canaan est l’ancêtre de ces hommes ». Geviha Ben Pessissa dit aux Sages : « Agréez à me donner votre autorisation et je participerai au jugement avec eux devant Alexandre le Macédonien. S’ils arrivent à me vaincre, dites-leur : « Vous avez vaincu un ignorant parmi les nôtres ». Et si je suis victorieux, dites-leur : « C’est la Torah de Moïse qui vous a vaincus » ». Ils lui donnèrent leur agrément et il s’en alla et délibéra avec eux.

Il leur demanda : « D’où avancez-vous preuve de cela ? ». Ils lui répondirent : « de la Torah ». Il leur dit : « Pareillement je vais avancer une preuve uniquement issue de la Torah, car il est stipulé : « Et il dit : Maudit soit Canaan, il sera esclave des esclaves pour ses frères » ; un esclave avec des possessions, à qui est l’esclave et à qui sont les possessions ? De plus, cela fait plusieurs années que vous ne nous avez pas servis. »

Alexandre le Roi leur dit : « Apportez-y une réponse ». Ils dirent : « Donnez-nous trois jours pour nous préparer ». Il leur donna le temps, ils examinèrent et ne trouvèrent pas de réponse. Aussitôt, ils prirent la fuite et abandonnèrent leurs cultures alors qu’ils venaient de les semer et leurs vignobles alors qu’ils venaient de les planter, et c’était une année sabbatique cette année-là.

Une autre fois, les fils d’Egypte sont venus délibérer avec le peuple d’Israël devant Alexandre le Macédonien. Ils dirent : « Il est dit (Exode 12, 36) : « Et il donna au peuple grâce aux yeux de l’Egypte et ils leur ont prêté ». Donnez-nous l’argent et l’or que vous nous avez pris. »

Geviha Ben Pessissa dit aux Sages : « Agréez à me donner votre autorisation et je participerai au jugement avec eux devant Alexandre le Macédonien. S’ils arrivent à me vaincre, dites-leur : « Vous avez vaincu un ignorant parmi les nôtres ». Et si je suis victorieux, dites-leur : « C’est la Torah de Moïse qui vous a vaincus » ». Ils lui donnèrent leur agrément et il s’en alla et délibéra avec eux.

Il leur demanda : « D’où avancez-vous preuve de cela ? ». Ils lui répondirent : « de la Torah ». Il leur dit : « Pareillement je vais avancer une preuve uniquement issue de la Torah, car il est stipulé (Exode 12, 40) : « Et le séjour des fils d’Israël qui résidaient en Egypte fut de quatre cent trente (430) années ». Donnez-nous les salaires dus au travail de six cent mille hommes que vous avez réduits en esclavage durant quatre cent trente (430) années. »

Alexandre le Macédonien leur dit : « Apportez-y une réponse ». Ils dirent : « Donnez-nous trois jours pour nous préparer ». Il leur donna le temps, ils examinèrent et ne trouvèrent pas de réponse. Aussitôt, ils prirent la fuite et abandonnèrent leurs cultures alors qu’ils venaient de les semer et leurs vignobles alors qu’ils venaient de les planter, et c’était une année sabbatique cette année-là.

Et une autre fois, les Fils d’Ismaël et les Fils de Ketourah sont venus délibérer avec le peuple d’Israël devant Alexandre le Macédonien. Ils dirent : « La terre de Canaan est à nous et à vous, comme il est écrit (Genèse 25, 12) : « Voici les généalogies d’Ismaël fils d’Abraham » ; et il est écrit (Genèse 25, 19) : « Voici les généalogies d’Isaac fils d’Abraham ».

Geviha Ben Pessissa dit aux Sages : « Agréez à me donner votre autorisation et je participerai au jugement avec eux devant Alexandre le Macédonien. S’ils arrivent à me vaincre, dites-leur : « Vous avez vaincu un ignorant parmi les nôtres ». Et si je suis victorieux, dites-leur : « C’est la Torah de Moïse qui vous a vaincus » ». Ils lui donnèrent leur agrément et il s’en alla et délibéra avec eux.

Il demanda : « D’où avancez-vous preuve de cela ? ». Ils lui répondirent : « de la Torah ». Il leur dit : « Pareillement je vais avancer une preuve uniquement issue de la Torah, car il est stipulé (Genèse 25, 5-6) : « Et Abraham donna tout ce qu’il avait à Isaac, mais aux fils des concubines qu’Abraham avait, il leur offrit des présents ». Un père qui donne un legs à ses fils de son vivant et a éloigné un fils l’un de l’autre, peut-il prétendre à la part de l’autre ? Que furent ces présents ? Rabbi Yirmeya bar Abba dit : « cela enseigne qu’il leur fut donné un nom d’impureté ». »

Les atlantes ; deux éthiopies en Afrique : l’Ethiopie sub-nigrite et l’Ethiopie sub-égyptienne et géographie générale de l’Afrique ; Nubie, Arabie-Troglodyte etc ; les berbères blancs ou Pharusiens sont d’origine perse ; Puth différent de Pont :

Les atlantes

Les Atlantes sont localisés par Hérodote (IV, 184) sur le « bourrelet sablonneux », à proximité d’une montagne qui s’appelle Atlas* et passe pour la colonne du ciel, et à vingt journées à l’ouest des Garamantes (Niger, Bénin, Nigéria). Ils sont végétariens et ne voient rien en songe. Ils se trouvent apparemment assez loin des Colonnes d’Héraklès (IV, 185). Une partie des données d’Hérodote sera reprise par Méla (I, 23 et 43), qui situe vaguement les Atlantes au couchant, Pline l’Ancien (V, 44-45), qui fait état d’une opinion les plaçant « au milieu des solitudes », Solin (31, 2), Martianus Capella (VI, 673) et même Ammien Marcellin (XV,3, 6), qui les nomme Atlantei.

2En revanche, Diodore de Sicile, qui les nomme Atlantii (III, 1, 3), les situe, d’après des sources hellénistiques, près de l’océan et de l’Atlas (III, 54, 1 ; 56, 2 ; 59, 8 ; 60, 1) et même, pour certains d’entre eux, dans le pays de Cerné (III, 54, 4), si bien qu’il n’hésite pas à les appeler « Cernéens » (III, 54, 5). Quant à Pausanias (I, 33, 5), au iie siècle de notre ère, il prétend que les Atlantes sont assimilés par Hérodote aux Nasamons (libyens, éthiopiens, noirs), dont il fait lui-même les derniers Libyens (africains noirs), limitrophes de l’Atlas, et en contact avec des Ethiopiens.

3Bref, il apparaît que si les Atlantes d’Hérodote ne peuvent être localisés en bordure de l’Atlantique, on a tendu par la suite à les rapprocher en bordure de l’Atlantique, mais sans précision, d’autant plus que la position de l’Atlas marocain était mal fixée dans l’Antiquité.

Le Timée

Le prêtre égyptien donne quelques indications géographiques, puis entreprend de narrer la lutte des Hellènes menée par Athènes, puis d’Athènes seule, contre les soldats atlantes venus des îles « du fond de la mer Atlantique », événements qu’il situe 9 000 ans avant son époque. Peu après la victoire, des tremblements de terre surviennent à Athènes ainsi que dans l’Atlantide. Le Timée donne ensuite une description générale de la civilisation atlante, de son expansion, de la guerre contre Athènes et de la destruction finale de l’Atlantide.

  • Extrait du Timée :« Les monuments écrits disent que votre cité détruisit jadis une immense puissance qui marchait insolemment sur l’Europe et l’Asie tout entières, venant d’un autre monde situé dans l’océan Atlantique. On pouvait alors traverser cet Océan ; car il s’y trouvait une île devant ce détroit que vous appelez, dites-vous, les colonnes d’Héraclès. Cette île était plus grande que la Libye14 et l’Asie9 réunies. De cette île on pouvait alors passer dans les autres îles et de celles-ci gagner tout le continent qui s’étend en face d’elles et borde cette véritable mer. Car tout ce qui est en deçà du détroit dont nous parlons ressemble à un port dont l’entrée est étroite, tandis que ce qui est au-delà forme une véritable mer et que la terre qui l’entoure a vraiment tous les titres pour être appelée continent. Or dans cette île Atlantide, des rois avaient formé une grande et admirable puissance, qui étendait sa domination sur l’île entière et sur beaucoup d’autres îles et quelques parties du continent. En outre, en deçà du détroit, de notre côté, ils étaient maîtres de la Libye jusqu’à l’Égypte, et de l’Europe jusqu’à la Tyrrhénie. Or, un jour, cette puissance, réunissant toutes ses forces, entreprit d’asservir d’un seul coup votre pays, le nôtre et tous les peuples en deçà du détroit. Ce fut alors, Solon, que la puissance de votre cité fit éclater aux yeux du monde sa valeur et sa force. Comme elle l’emportait sur toutes les autres par le courage et tous les arts de la guerre, ce fut elle qui prit le commandement des Hellènes ; mais, réduite à ses seules forces par la défection des autres et mise ainsi dans la situation la plus critique, elle vainquit les envahisseurs, éleva un trophée, préserva de l’esclavage les peuples qui n’avaient pas encore été asservis, et rendit généreusement à la liberté tous ceux qui, comme nous, habitent à l’intérieur des colonnes d’Héraclès. Mais dans le temps qui suivit, il y eut des tremblements de terre et des inondations extraordinaires, et, dans l’espace d’un seul jour et d’une seule nuit néfastes, tout ce que vous aviez de combattants fut englouti d’un seul coup dans la terre, et l’île Atlantide, s’étant abîmée dans la mer, disparut de même. Voilà pourquoi, aujourd’hui encore, cette mer-là est impraticable et inexplorable, la navigation étant gênée par les bas fonds vaseux que l’île a formés en s’affaissant.

Voilà, Socrate, brièvement résumé, ce que m’a dit Critias, qui le tenait de Solon. »

— PlatonTimée, 24 e – 25 e, traduction d’Émile Chambry [archive], Wikisource.

Herodote Livre 4 Ch. CLXXXI. Tels sont les peuples nomades qui habitent les côtes maritimes de la Libye. Au-dessus, en avançant dans le milieu des terres, on rencontre la Libye remplie de bêtes féroces, au delà de laquelle est une élévation sablonneuse, qui s’étend depuis Thèbes en Égypte, jusqu’aux colonnes d’Hercule. On trouve dans ce pays sablonneux, environ de dix journées en dix journées, de gros quartiers de sel sur des collines. Du haut de chacune de ces collines, on voit jaillir, au milieu du sel, une eau fraîche et douce. Autour de cette eau on trouve des habitants, qui sont les derniers du côté des déserts, et au-dessus de la Libye sauvage. Les premiers qu’on y rencontre, en venant de Thèbes, sont les Ammoniens, à dix journées de cette ville. Ils ont un temple avec des rites qu’ils ont empruntés de celui de Zeus Thébéen. Il y a en effet à Thèbes, comme je l’ai déjà dit, une statue de Zeus avec une tête de bélier. Entre autres fontaines, ils en ont une dont l’eau est tiède au point du jour, fraîche à l’heure du marché, et extrêmement froide à midi ; aussi ont-ils soin, à cette heure, d’arroser leurs jardins. A mesure que le jour baisse, elle devient moins froide, jusqu’au coucher du soleil, qu’elle est tiède. Elle s’échauffe ensuite de plus en plus, jusqu’à ce qu’on approche du milieu de la nuit : alors elle bout à gros bouillons. Lorsque le milieu de la nuit est passé, elle se refroidit jusqu’au lever de l’aurore on l’appelle la fontaine du Soleil.

CLXXXII. A dix autres journées de chemin après les Ammoniens, on trouve, sur cette élévation de sable, une autre colline de sel, semblable à celle qu’on voit chez les Ammoniens, avec une source d’eau. Ce canton est habité ; il s’appelle Augiles : c’est là que les Nasamons vont, en automne, recueillir les dattes.CLXXXIII. A dix autres journées du territoire d’Augiles, on rencontre une autre colline de sel avec de l’eau, et une grande quantité de palmiers portant du fruit, comme dans les autres endroits dont on vient de parler. Les Garamantes, nation fort nombreuse, habitent ce pays. Ils répandent de la terre sur le sel, et sèment ensuite. Il n’y a pas loin de là chez les Lotophages ; mais, du pays de ceux-ci, il y a trente journées de chemin jusqu’à celui où l’on voit ces sortes de boeufs qui paissent en marchant à reculons. Ces animaux paissent de la sorte parce qu’ils ont les cornes rabattues en devant, et c’est pour cela qu’ils vont à reculons quand ils paissent ; car ils ne peuvent alors marcher en avant, attendu que leurs cornes s’enfonceraient dans la terre. Ils ne diffèrent des autres boeufs qu’en cela, et en ce qu’ils ont le cuir plus épais et plus souple. Ces Garamantes font la chasse aux Troglodytes-Éthiopiens ; ils se servent pour cela de chars à quatre chevaux. Les Troglodytes-Éthiopiens sont, en effet, les plus légers et les plus vites de tous les peuples dont nous ayons jamais ouï parler. Ils vivent de serpents, de lézards et autres reptiles ; ils parlent une langue qui n’a rien de commun avec celles des autres nations ; on croit entendre le cri des chauves-souris.

CLXXXIV. A dix journées pareillement des Garamantes, on trouve une autre colline de sel, avec une fontaine et des hommes à l’entour : ils s’appellent Atarantes, et sont les seuls hommes que je sache n’avoir point de nom. Réunis en corps de nation, ils s’appellent Atarantes ; mais les individus n’ont point de noms qui les distinguent les uns des autres. Ils maudissent le soleil lorsqu’il est à son plus haut point d’élévation et de force, et lui disent toutes sortes d’injures, parce qu’il les brûle, ainsi que le pays.

A dix autres journées de chemin, on rencontre une autre colline de sel, avec de l’eau et des habitants aux environs. Le mont Atlas touche à cette colline. Il est étroit et rond de tous côtés, mais si haut, qu’il est, dit-on, impossible d’en voir le sommet, à cause des nuages dont il est toujours couvert l’été comme l’hiver. Les habitants du pays disent que c’est une colonne du ciel. Ils ont pris de cette montagne le nom d’Atlantes, et l’on dit qu’ils ne mangent de rien qui ait eu vie, et qu’ils n’ont jamais de songes.

CLXXXV. Je connais le nom de ceux qui habitent cette élévation jusqu’aux Atlantes ; mais je n’en puis dire autant de ceux qui sont au delà. Cette élévation s’étend jusqu’aux colonnes d’Hercule, et même par delà. De dix journées en dix journées, on y trouve des mines de sel et des habitants. Les maisons de tous ces peuples sont bâties de quartiers de sel : il ne pleut en effet jamais dans cette partie de la Libye ; autrement les murailles des maisons, étant de sel, tomberaient bientôt en ruine. On tire de ces mines deux sortes de sel, l’un blanc, et l’autre couleur de pourpre. Au-dessus de cette élévation sablonneuse, vers le midi et l’intérieur de la Libye, on ne trouve qu’un affreux désert, où il n’y a ni eau, ni bois, ni bêtes sauvages, et où il ne tombe ni pluie ni rosée.

Libye, ancien nom de l’Afrique, maces, Tritonis etc

Pline l’Ancien (m. +79) Livre 5 : «I.

[1] L’Afrique a été appelée Libye par les Grecs, et la mer qui la baigne, mer Libyque; elle a l’Égypte pour limite (01). Aucune région ne présente moins de golfes; les côtes s’étendent obliquement sur une ligne prolongée à partir de l’occident. Les noms de ses peuples et de ses villes (02) sont, plus peut-être que ceux d’aucun autre pays, impossibles à prononcer pour les étrangers;

Pline l’ancien Livre 5 Ch

IV. [1] Un troisième golfe se partage en deux golfes, les Syrtes, périlleuses par la marée et les hauts-fonds. La plus voisine, qui est la plus petite, et, d’après Polybe, à 300.000 pas de Carthage, et a une entrée de 100.000 pas et un circuit de 300.000. Par terre, pour s’y rendre, il faut se guider sur les astres et traverser des déserts emplis de sables et de serpents. Vient ensuite une région boisée, que peuple une multitude de bêtes féroces; dans l’intérieur, des solitudes livrées aux éléphants, puis de vastes déserts; au delà les Garamantes, séparés des Augyles par douze journées de marche. Au-dessus des Garamantes fut jadis la nation des Psylles ; au-dessus des Psylles le lac de Lycomède, entouré de déserts.

[2] Quant aux Augyles mêmes, on les place entre l’Éthiopie qui regarde l’occident, et la région qui est intermédiaire aux deux Syrtes, et à une distance à peu près égale de l’une et de l’autre. Par la côte, la distance qui sépare les deux Syrtes est de 250.000 pas ; là sont la cité d’Oea, le fleuve Cinyps, la contrée de même nom, les villes de Néapolis, de Taphra, d’Abrotonum; la seconde Leptis, surnommée la Grande; puis la grande Syrte, de 625.000 pas de tour, dont l’entrée a 312.000 pas: là habite la nation des Cisipades.

[3] Au fond du golfe, sur la côte, furent jadis les Lotophages (XIII, 32), appelés par quelques-uns Alachroens, jusqu’aux autels des Philènes; ces autels sont en sable. De ce côté, et peu avant dans les terres, est un vaste marais qui reçoit le fleuve Triton et qui en porte le nom; il a été appelé Pallantias par Callimaque; on dit qu’il est placé en deçà de la petite Syrte, mais beaucoup le mettent entre les deux Syrtes. Le promontoire qui borne la grande Syrte s’appelle Borion; au delà est la province Cyrénaïque.

[4] L’Afrique, depuis le fleuve Ampagsa jusqu’à cette limite, renferme vingt-six peuples qui obéissent à l’empire romain. On y trouve six colonies, quatre déjà nommées, et Uthina et Tuburbis; quinze villes jouissant du droit romain, parmi lesquelles il faut nommer, dans l’intérieur des terres, Azuritum, Abutucum, Aborium, Canopicum, Chilma, Simittuum, Thanusidium, Taburnicum, Tynidrumum, Tibiga, deux Ucita, la grande et la petite; Vaga; une ville jouissant du droit latin, Usalita; une ville tributaire placée près des Castra Cornelia;

[5] trente villes libres, desquelles il faut nommer, dans l’intérieur, Acola, Acharita, Avina, Abzirita, Canopita, Melzita, Matera, Salaphita, Tysdrita (09), Tiphica, Tunica, Theuda, Tagesta, Tiga, Ulusubrita, une autre Vaga, Visa, Zama. Les autres ne sont pas tant, pour la plupart, des cités seulement que des nations, telles que les Natabudes, les Capsitans, les Misulans, les Sabarbares, les Massylliens, les Nisives, les Vacamures, les Ethiniens, les Mussiniens (Macina), les Marchubiens, et toute la Gétulie jusqu’au fleuve Nigris, qui sépare l’Afrique de l’Éthiopie.

V. (V.) [1] La Cyrénaïque ou Pentapole est célèbre par l’oracle d’Hammon, qui est éloigné de la ville de Cyrène de 400.000 pas, par la source du Soleil (II, 10, 6), et surtout par cinq villes: Bérénice, Arsinoé, Ptolémais, Apollonle, et Cyrène elle-même. Bérénice est située sur la corne la plus intérieure de la Syrte; elle a porté jadis le nom des Hespérides, dont nous avons déjà parlé (V, 1); car le théâtre des fables grecques est souvent déplacé. Non loin et en avant de la ville est le fleuve Léthon, et un bois sacré où la tradition a placé les jardins des Hespérides. Elle est éloignée de Leptis de 375.000 pas;

[2] puis vient Arsinoé appelée Theuchira, à 43.000 pas ; puis Ptolémaïs, portant jadis le nom de Barcé, à 22.000 pas plus loin. A 40.000 pas, le promontoire Phyconte s’avance dans la mer de Crète; il est à 350.000 pas du cap Ténare en Laconie, et à 225.000 de la Crète elle-même; ensuite Cyrène, à 11.000 pas de la mer; du cap Phyconte à Apollonie, 24.000, et au cap Chersonèse 88.000 pas; de Chersonèse jusqu’à Catabathmos, 216.000 pas :

[3] là habitent les Marmarides, qui s’étendent à peu près depuis le pays des Paraetoniens jusqu’à la grande Syrte; puis les Araraucèles; sur la côte de la Syrte les Nasamons, appelés auparavant par les Grecs Mesammons, à cause de leur situation au milieu des sables. Le territoire de la Cyrénaïque, dans une largeur de 15.000 pas à partir du rivage, passe pour être riche en arbres; la zone, suivante intérieure, dans une même largeur, ne produit que des grains; enfin une dernière zone, de 30.000 pas de large sur 250.000 de longueur, ne produit que de l’assa foetida (XIX, 15).

[4] Après les Nasamons habitent les Asbystes et les Maces; au delà les Hammanientes, à douze journées de marche de la grande Syrte vers l’occident, et entourés eux-mêmes de sables dans tous les sens: toutefois, ils trouvent sans peine des sources à la profondeur d’environ deux coudées; car c’est là que refluent et séjournent les eaux de la Mauritanie; ils emploient en guise de pierre, pour construire leurs maisons, des blocs de sel qu’ils taillent dans leurs montagnes. De ces peuples il y a quatre journées de marche du côté du couchant d’hiver jusqu’aux Troglodytes, avec lesquels on ne fait d’autre commerce que celui de la pierre précieuse que nous appelons escarboucle (XXXVII, 25), et qui est apportée d’Éthiopie.

[5] Sur ce chemin est le pays de Phazanie, tourné du côté des déserts d’Afrique, dont nous avons parlé au-dessus de la petite Syrte. Là nous avons soumis la nation des Phazaniens et les villes d’Alèle et de Cillaba, de même que Cidamus en face de Sabrata (V, 3). De la s’élève une chaîne qui s’étend dans un long espace du levant au couchant. Les Romains l’ont appelée Noire (ater), soit que naturellement elle semble brûlée, soit qu’elle doive cette apparence à l’action des rayons du soleil.

[6] Au delà de cette montagne sont des déserts, Matelgae, ville des Garamantes; Debris, où est une fontaine dont les eaux sont bouillantes de midi à minuit et glaciales de minuit à midi, et la ville célèbre Garama, capitale des Garamantes. Toutes ces contrées ont été subjuguées par les armes romaines; Cornelius Balbus en a triomphé (44 de J, C.). Il est le seul étranger qui ait obtenu le char triomphal et le droit de cité: né à Cadix, il obtint ce droit avec Balbus l’ancien, son oncle; et, chose singulière, tandis que les auteurs romains lui ont attribué la conquête des villes susdites, lui-même a mené en triomphe, outre Cidamus et Garama, les noms et les images de toutes les nations et villes, dans l’ordre suivant:

[7] la ville de Tabidium, la nation Niteris, la ville de Negligemela, la nation où la ville de Bubéium, la nation Enipi, la ville Thuben, la montagne appelée Niger (niger), Nitibrum et Rapsa, villes, la nation Discera, la ville Debris, le fleuve Nathabur, la ville Thapsagum, la nation Nannagi, la ville Boin, la ville Pège, le fleuve Dasibari, puis les villes contiguës de Baracum, de Buluba, d’Alasi, de Balsa, de Galla, de Maxala, de Zizama; le mont Gyri, qui, d’après le titre de l’image, produit des pierres précieuses. Jusqu’à présent on n’avait aucun chemin tracé menant aux Garamantes, attendu que les brigands de cette nation recouvrent de sable des puits qu’on trouve sans creuser beaucoup, si l’on a la connaissance des lieux.

[8] Dans la dernière guerre que les Romains eurent avec les Oeens, sous les auspices de l’empereur Vespasien, on a trouvé une route abrégée de quatre journées; ce chemin s’appelle Au delà de la tête du rocher. La limite de la Cyrénaïque est Catabathmos, nom d’une ville et d’un vallon qui s’enfonce tout à coup. Depuis la petite Syrte jusqu’à cette limite, l’Afrique Cyrénaïque a 1.060.000 pas de long: en largeur, autant qu’on la connaît, elle a 800.000 pas.

Vl. (VI) [1] La région qui suit s’appelle Libye Maréotide, limitrophe de l’Égypte. Elle est occupée par les Marmarides, les Adyrmachides, puis par les Maréotes; la distance de Catabathmos à Paraetonium est de 86.000 pas. Dans ces parages est le bourg Apis (VIII, 71), lieu célèbre par le culte des Égyptiens: on compte de là à Paraetonium 62.000 pas; de Paraetonium à Alexandrie 200.000; la largeur est de 169.000.

[2] Ératosthène a écrit que de Cyrène à Alexandrie il y a par terre 525.000 pas. Agrippa a évalué la longueur de toute l’Afrique depuis la mer Atlantique y compris la basse Égypte, à 3.040.000 pas. Polybe et Ératosthène, qui passent pour les plus exacts, comptent 1.100.000 pas de l’Océan à la grande Carthage; de là la branche Canopique du Nil, qui est la plus voisine, 1.5828.000; Isidore, de Tingis à Canope, 3.599.000 pas (10); Artémidore, 40.000 de moins qu’Isidore.

VII. (VII.) [1] Ces mers ne renferment pas un grand nombre d’îles: la plus célèbre est Meninx, de 25.000 pas de long, de 23.000 de large, appelée par Ératosthène Lotophagitis; elle a deux villes : Meninx du côté de l’Afrique, et Thoar de l’autre; elle-même est à 200 pas du promontoire de droite de la petite Syrte. A 100.000 pas de cette île, en face du promontoire gauche, est Cercina, avec une ville libre de même nom; elle est longue de 25.000 pas; là où elle est le plus large, elle n’a que la moitié de cette étendue, et à l’extrémité la largeur n’en est pas de plus de 5.000 pas;

[2] du côté de Carthage elle est adjacente à une toute petite île qu’on appelle Cercinitis, et qui y est jointe par un pont. A environ 50.000 pas de ces deux îles est Lopadusa, longue de 6.000 ; puis Gaulos et Galata (III, 146),dont la terre tue le scorpion, animal dangereux de l’Afrique; on dit aussi qu’il meurt à Clupée, en face de laquelle est l’île Cosyra, avec une ville. Vis-à-vis le golfe de Carthage sont les deux autels d’Aegimore, moins îles que rochers situés à peu près entre la Sicile et la Sardaigne: des auteurs prétendent que ces îles, habitées jadis, se sont enfoncées dans la mer.

VIII. (VIII) [1] Dans l’intérieur de l’Afrique, du côté du midi, au-dessus des Gétules, et après avoir traversé des déserts, on trouve d’abord les Libyégyptiens, puis les Leucéthiopiens; plus loin, des nations éthiopiennes : les Nigrites, ainsi nommés du fleuve dont nous avons parlé (V, 4) ; les Gymnètes, les Pharusiens (berbères blancs du Maroc) qui atteignent l’Océan, et les Pérorses que nous avons nommés (V, 1, 10), sur les confins de la Mauritanie. Tous ces peuples sont bornés du côté de l’orient par de vastes solitudes, jusqu’aux Garamantes, aux Augyles et aux Troglodytes. Rien n’est plus vrai que l’opinion de ceux qui placent au delà des déserts d’Afrique deux Éthiopies, et, avant tous, d’Homère (Od.,I, 23), qui divise en deux les Éthiopiens, ceux de l’orient et ceux du couchant.

ChVIII – [2] Le Nigris (le fleuve Niger) a la même nature que le Nil ; il produit le roseau, le papyrus et les mêmes animaux ; la crue s’en fait aux mêmes époques; il a sa source entre les Éthiopiens Taréléens et les Oecaliques. La ville de ceux-ci, Mavis, a été placée par quelques-uns dans les déserts; et à côté les Atlantes, les Aegipans, demi-bêtes, les Blemmyes, les Gamphasantes, les Satyres, les Himantopodes. Les Atlantes, si nous ajoutons foi aux récits, ont perdu les caractères de l’humanité; ils n’ont point entre eux de noms qui les distinguent; ils regardent le soleil levant et couchant en prononçant des imprécations terribles, comme contre un astre funeste à eux et à leurs champs; ils n’ont pas de songes, comme en ont les autres hommes.

[3] Les Troglodytes creusent des cavernes, ce sont leurs maisons; la chair des serpents leur sert de nourriture; ils ont un grincement, point de voix, et ils sont privés du commerce de la parole. Les Garamantes ne contractent point de mariages, et les femmes sont communes. Les Augyles n’honorent que les dieux infernaux. Les Gamphasantes, nus, ignorants des combats, ne se mêlent jamais aux étrangers. On rapporte que les Blemmyes sont sans tête, et qu’ils ont la bouche et les yeux fixés à la poitrine. Les Satyres, excepté la figure, n’ont rien de l’homme. La conformation des Aegipans est telle qu’on la représente d’ordinaire. Les Himantopodes ont pour pieds des espèces de courroies, avec lesquelles ils avancent en serpentant. Les Pharusiens (berbères blancs du Maroc) sont d’anciens Perses qui, dit-on, accompagnèrent Hercule dans son expédition aux Hespérides. Je n’ai pas trouvé d’autres renseignements sur l’Afrique.

IX. (IX.) [1] A l’Afrique tient l’Asie, qui, d’après Timosthène, a, depuis la branche Canopique du Nil jusqu’à l’ouverture du Pont-Euxin, 2,639,000 pas. De l’ouverture du Pont-Euxin à celle du Palus-Méotide, Ératosthène compte 1.645.000 pas. L’Asie entière jusqu’au Tanaïs est, y compris l’Égypte, estimée à 6.375.000 pas par Artémidore et Isidore. Plusieurs des mers qui la baignent ont pris leur nom des peuples qui en habitent les côtes; aussi nous en parlerons en même temps. L’Égypte, limitrophe de l’Afrique, s’avance au midi, dans l’intérieur des terres, jusqu’à l’Éthiopie, qui la ferme par derrière.

[2] Le Nil, se divisant, forme à droite et à gauche les limites de sa partie inférieure; la branche Canopique la sépare de l’Afrique, la branche Pélusiaque de l’Asie; l’intervalle est de 170.000 pas : quelques-uns ont, à cause de cette disposition, mis l’Égypte au nombre des îles. Le Nil se partage de telle façon qu’il donne une configuration triangulaire au terrain; aussi beaucoup appellent-ils l’Égypte Delta, du nom de la lettre grecque. La distance, depuis le lieu où le canal unique du fleuve se bifurque pour la première fois, est de 146.000 pas jusqu’à la bouche Canopique, et de 256.000 jusque la bouche Pélusiaque.

[3] La haute Égypte, limitrophe de l’Éthiopie, s’appelle Thébaïde. L’Égypte est divisée en préfectures urbaines appelées nomes: l’Ombite, l’Apollopolite, l’Hermonthite, le Thinite, le Phaturite, le Coptite, le Tentyrite, le Diospolite, l’Antéopolite, l’Aphroditopolite, le Lycopolite. La région voisine de Péluse renferme les nomes Pharbaethite, Bubastite, Séthroïte, Tanite. Le reste de l’Égypte a les nomes Arabique, Ammonique qui est tourné du côté de l’oracle de Jupiter Hammon, Oxyrynchite, Leontopolite, Atharrhabite, Cynopolite, Hermopolite, Xoïte, Mendésien, Sébennyte, Cabasite, Latopolite, Héliopolite, Prosopite, Panopolite, Busirite, Onophite, Saïte, Ptenéthu, Phthemphu, Naucratite, Métélite, Gynaecopolite, Ménelaïte, dans la région d’Alexandrie;

[4] dans la Libye, le nome Maréotite; le nome Héracléopolite est dans une île du Nil longue de 50.000 pas, et où se trouve une ville qu’on appelle Ville d’Hercule. Il y a deux nomes arsinoïtes; ces nomes et le nome Memphite arrivent jusqu’au sommet du Delta; ils sont limitrophes, du côté de l’Afrique, des deux nomes oasites. Certains auteurs changent quelque-uns de ces noms et substituent d’autres noms, tels que les nomes Héroopolite et Crocodilopolite. Entre le nome Arsinoïte et le nome Memphite il y eut autrefois un lac de 250.000 pas de tour, ou, d’après Mucianus, de 450.000, et de 50 pas de profondeur; il avait été creusé de main d’homme et appelé Moeris (XXXVI, 16), du nom du roi qui avait fait exécuter ce travail.

[5] La distance est de 72.000 pas de là jusqu’à Memphis, ancienne capitale des rois d’Égypte. De Memphis à l’oracle d’Hammon le trajet est de douze journées de marche, et de 15.000 pas jusqu’au partage du Nil et au commencement du Delta.

X. [1] Le Nil, sorti de sources mal connues, coule à travers des lieux déserts et brûlants. Il promène ses eaux dans un espace d’une immense longueur, dont la connaissance est due à des récits pacifiques (11), et non aux guerres qui ont procuré la découverte de tous les autres paye. La source, autant qu’ont pu s’étendre les recherches du roi Juba (un grand menteur), en est une montagne de la Mauritanie inférieure (la tunisie ou Maroc ?), non loin de l’Océan; il forme aussitôt un lac qu’on appelle Nilis. On y trouve, en fait de poissons, des alabètes (12), des coracins (IX, 32) et des silures (IX, 17); un crocodile en a été rapporté et consacré par Juba même, preuve que c’est bien le Nil, dans le temple d’Isis à Césarée, où on le voit encore aujourd’hui.

[2] En outre, on a observé que la crue du Nil correspond à l’abondance des neiges et des pluies en Mauritanie. Sorti de ce lac, le fleuve s’indigne de couler à travers des lieux sablonneux et arides, et il se cache pendant un trajet de quelques jours de marche; puis, traversant un plus grand lac dans la Massaesylie, portion de la Mauritanie Césarienne, il s’élance, et jette, pour ainsi dire, un regard sur les sociétés humaines; la présence des mêmes animaux prouve que c’est toujours le même fleuve.

[3] Reçu de nouveau dans les sables, il se dérobe encore une fois dans des déserts de vingt journées de marche, jusqu’aux confins de l’Éthiopie; et lorsqu’il a reconnu derechef la présence de l’homme, ils s’élance, sans doute jaillissant de cette source qu’on a nommée Nigris. Là, séparant l’Afrique de l’Éthiopie, les rives en sont peuplées, sinon d’hommes, du moins de bêtes et de monstres: créant des forêts dans son cours, il traverse par le milieu l’Éthiopie, sous le nom d’Astapus, mot qui, dans la langue de ces peuples, signifie une eau sortant des ténèbres.

[4] Tant d’îles en parsèment le lit, et quelques-unes si étendues, que, malgré sa course rapide, il ne lui faut pas moins de cinq jours pour les dépasser. A Méroé, la plus célèbre de ces îles, le bras gauche est appelé Astabores, c’est-à-dire, branche d’une eau tenant les ténèbres; le bras droit s’appelle Astusapes, mot qui emporte l’idée d’eau cachée. Il n’est pas le Nil avant d’avoir réuni dans un seul lit ses eaux réconciliées; et même il porte encore, pendant quelques milles au-dessous comme au-dessus, le nom de Siris. Homère a donné au fleuve entier le nom d’Égyptus (Od. IV, 477) ; d’autres, celui de Triton (Juba 2 roi mythomane des Numides). De là il se heurte contre des îles qui semblent l’irriter dans sa marche; enfin, resserré par les montagnes, il n’est nulle part plus torrentueux; il roule ses eaux impétueuses jusqu’au lieu d’Éthiopie qu’on appelle Catadupe; et dans cette dernière cataracte, au milieu des écueils qui l’arrêtent, il semble, non pas couler, mais se précipiter avec un horrible fracas:

[5] au delà il s’apaise, ses flots s’amortissent, sa violence est domptée, et, fatigué sans doute aussi par l’espace qu’il a franchi, il se décharge par des embouchures larges, quoique nombreuses, dans la mer d’Égypte. A des jours fixes il inonde de ses eaux débordées tout le pays, et, couvrant la terre, il la féconde.

[6] On a attribué ce débordement à des causes diverses: les plus probables sont, ou que les vents étésiens, qui à cette époque soufflent en sens inverse de son cours, le repoussent et font monter la mer dans ses embouchures, ou qu’il grossit par les pluies d’été en Éthiopie, où les mêmes vents étésiens portent les nuages du reste de la terre. Timée, le mathématicien, en a donné une raison occulte : la source du Nil, dit-il, s’appelle Phiala; le fleuve lui-même est plongé dans des souterrains, tout haletant par la chaleur sous les rochers fumeux où il se cache;

[7] mais, à l’époque de l’inondation, le soleil se rapproche de la terre, la chaleur de cet astre fait sortir le Nil, qui, soulevé, déborde et se cache ensuite, de peur d’être desséché: ce soulèvement du fleuve a lieu à partir du lever de la Canicule, le soleil entrant dans le signe du Lion, et cet astre étant placé verticalement au-dessus de la source; car alors dans ces parages il n’y a pas d’ombre. La plupart des auteurs pensent, au contraire, que si le fleuve coule plus abondamment quand le soleil va au septentrion dans les signes du Cancer et du Lion, c’est en conséquence de l’éloignement de cet astre que le lit du fleuve est plus rempli; mais que lorsque le soleil retourne au midi et dans le Capricorne les eaux baissent, et coulent pour cette raison avec moins d’abondance. On ne peut croire à cette attraction du Nil supposée par Timée, puisqu’à cette dernière époque dans ces parages les ombres manquent continuellement.

[8] Le Nil commence à croître à la lune nouvelle qui suit le solstice d’été; la crue est graduelle et modérée quand le soleil traverse le Cancer; elle devient très abondante quand il traverse le Lion; et dans le signe de la Vierge l’eau baisse, d’après la progression qu’elle avait suivie en montant. En somme, il rentre dans ses rives lorsque le soleil passe dans le signe de la Balance, au bout de 100 jours, comme le dit Hérodote (2, 19) ; pendant qu’il croît il est interdit au roi ou aux préfets de naviguer sur le fleuve. Sa crue se mesure par des marques qui sont dans des puits; le débordement régulier est de 15 coudées (XVIII, 47; XXXVI, 11); un débordement moindre n’arrose pas tout; un débordement plus grand, mettant plus de temps à se retirer, retarde les travaux: celui-ci, par l’humidité qu’il laisse dans le sol, empêche de profiter de l’époque des semailles; celui-là ne permet pas d’ensemencer un sol desséché.

[9] L’Égypte redoute l’un et l’autre: à douze coudées il y a famine, à treize il y a encore disette: quatorze amènent la joie, quinze la sécurité, et seize l’abondance et les délices. Le plus grand débordement jusqu’à ce temps a été de 18 coudées, sous l’empereur Claude; le moindre a été de cinq coudées, pendant la guerre de Pharsale, comme si le fleuve, par un prodige, témoignait son horreur de l’assassinat de Pompée. Lorsque les eaux sont arrivées à leur plus haut point, on les reçoit dans les terres en ouvrant les digues: on ensemence le terrain à mesure qu’il le quitte. Seul de tous les fleuves il ne donne naissance à aucune vapeur.

[10] Il commence à entrer dans le domaine de l’Égypte à Syène (II, 75), limite de l’Éthiopie: on appelle ainsi une péninsule de 1.000 pas de tour où sont les Camps, du côté de l’Arabie. En face est l’île de Philae, de 4.000 pas de tour (13), à 600.000 de la division du Nil, où commence ce qu’on appelle le Delta.

[11] Telle est du moins l’estimation d’Artémidore, d’après lequel cet espace a renfermé 250 villes; Juba l’a évalué à 400.000. Aristocréon compte d’Éléphantis à la mer 750.000 pas: Éléphantis est une île habitée, à 4.000 pas au-dessous de la dernière cataracte, et à 16.000 au-dessus de Syène; c’est à Éléphantis que s’arrête la navigation égyptienne. La distance d’Alexandrie est de 580.000 pas: qu’on juge par là de l’énormité des erreurs commises par les auteurs susdits ! C’est le rendez-vous des bateaux éthiopiens: ces bateaux se plient, et on les porte sur les épaules pour franchir les cataractes.

Pline, Histoire Naturelle

« Le continent entier a été appelé Æthérie, puis Atlantie, puis Éthiopie, d’Éthiops fils de Vulcain. »

Pline, Histoire Naturelle volume 1, Livre VI-XXXV

Vulcain (Héphaitos ou Chango des yoruba) est lui-même fils de Zeus (Amon) et de Héra (ou de Héra seul). Il est le dieu du feu, de la forge et le saint patron des forgerons.

Pline, Pline l’ancien Livre 5 Ch  : les atlantes sont devenus sauvages et ont perdu la vertue

ChVIII – [2] Le Nigris (le fleuve Niger) a la même nature que le Nil ; il produit le roseau, le papyrus et les mêmes animaux ; la crue s’en fait aux mêmes époques; il a sa source entre les Éthiopiens Taréléens et les Oecaliques. La ville de ceux-ci, Mavis, a été placée par quelques-uns dans les déserts; et à côté les Atlantes, les Aegipans, demi-bêtes, les Blemmyes, les Gamphasantes, les Satyres, les Himantopodes. Les Atlantes, si nous ajoutons foi aux récits, ont perdu les caractères de l’humanité; ils n’ont point entre eux de noms qui les distinguent; ils regardent le soleil levant et couchant en prononçant des imprécations terribles, comme contre un astre funeste à eux et à leurs champs; ils n’ont pas de songes, comme en ont les autres hommes.

Strabon Livre II

33. La Libye, qui fait suite à l’Asie, tient à l’Égypte et à l’Éthiopie. L’une de ses côtes, celle qui nous fait face, décrit depuis Alexandrie, où elle commence, presque jusqu’aux Colonnes d’Hercule, une ligne droite, interrompue seulement soit par les Syrtes et quelques autres enfoncements moins considérables, soit par les saillies des caps qui forment ces différents golfes. Mais la côte qui borde l’Océan, après avoir suivi jusqu’à une certaine distance de l’Ethiopie une direction parallèle à celle de la première, se rapproche sensiblement du nord, réduisant ainsi la largeur du continent jusqu’à ne plus former qu’un promontoire, dont l’extrémité, terminée en pointe, tombe un peu au delà des Colonnes d’Hercule, ce qui donne à la Libye la forme d’un trapèze. On s’accorde à dire, et M. Pison, ancien préfet de cette province, nous a confirmé le fait, que l’aspect de la Libye est proprement celui d’une peau de panthère. Ce qui la fait paraître ainsi toute tachetée, c’est le grand nombre d’oasis qui s’y trouvent (les Égyptiens appellent ainsi les divers centres de population que les sables arides du désert entourent de tous côtés). Mais ce n’est pas tout, et la Libye offre encore cette particularité d’être divisée en trois zones distinctes, à savoir : le long de notre mer une première zone d’une extrême fertilité dans la plus grande partie de son étendue, mais surtout dans la Cyrénaïque et dans tout le territoire dépendant de Carthage jusqu’à la Maurusie et aux Colonnes d’Hercule; puis, le long de l’Océan, une autre région passablement fertile; enfin une zone intermédiaire tout à fait stérile, qui ne produit rien que le silphium et qui n’est guère composée que de déserts âpres et sablonneux. On trouve, du reste, la même nature de terrain dans toute la partie de l’Asie située sous ce même parallèle, c’est-à-dire dans l’Éthiopie, la Troglodytique, l’Arabie et la côte de Gédrosie occupée par les Ichthyophages.

Des peuples, maintenant, qui habitent la Libye, la plupart nous sont encore inconnus, car il est rare que des armées ou même des voyageurs étrangers parcourent cette contrée, et, d’autre part, on voit très peu d’indigènes venir de si loin visiter nos pays, sans compter que ceux qui y viennent mentent généralement ou ne disent pas tout ce qu’ils savent. Voici pourtant ce qui paraît résulter de leurs informations. Ils nomment Éthiopiens les peuples les plus méridionaux de la Libye, Garamantes, Pharusiens (49) et Nigrites ceux qui habitent au-dessous de l’Ethiopie, et Gaetules, les peuples placés au-dessous des précédents. Puis viennent, dans le voisinage ou sur le bord même de la mer : 1°, du côté de l’Égypte, les Marmarides, qui s’étendent jusqu’à la Cyrénaïque; 2°, au-dessus de la Cyrénaïque et des Syrtes, les Psylles, les Nasamous, quelques tribus aussi de Gietules, les Sintes (50), et enfin les Byzaciens, qui vont jusqu’à la Carchédonie ou province Carthaginoise.

Au delà de ce pays, qui a une étendue considérable, commence le territoire des Nomades [ou Numides], nation dont les tribus les plus connues portent les noms de Masyliéens et de Masaesyliens. Puis viennent les Maurusiens, les plus reculés de tous ces peuples. De Carthage aux Colonnes d’Hercule, le pays est généralement riche et fertile, mais déjà infesté de bêtes féroces, comme tout l’intérieur de la Libye. On peut même croire que le nom de Nomades, que porte une partie de ces peuples, leur est venu de ce qu’anciennement la multitude des bêtes féroces les avait mis dans l’impossibilité absolue de cultiver leurs terres. Aujourd’hui, sans cesser d’être d’excellents chasseurs (d’autant que les Romains contribuent singulièrement à entretenir leur adresse par cette fureur de thériomachies), ces peuples ont acquis en agriculture la même supériorité qu’ils avaient déjà dans l’art de la chasse. — Nous n’en dirons pas davantage au sujet des continents.

Pentateuque Targumique de Yérushalémi-Jonathan :

Chapitre 10

אִלֵין תּוּלְדַת בְּנוֹי דְנחַ וְאִיתְיְלִידוּ לְהוֹן בְּנָּ֑ תַר טוּבְעָנָא

Voici la postérité des fils de Noé et des fils qui leur naquirent après le déluge.

בְּנוֹי דְיֶפֶת גוֹמֶר וּמָגוֹג וּמָדַי וְיָוָן וְתוּבָל וּמֶשֶׁ ךְ וְתִירָס וְשׁוּם אַפַּרְכְיוּתְהוֹן אַפְרִיקֵי וְגַרְמַנְיא וְתַמְדִיֵי וּמַקֵדוֹנִיָא וְיַתִינְיָא וְאוּסְיָא וְתַרְקֵי

Les fils de Japhet furent Gomer, Magog, Madaï, Javan, Thubal, Méshek et Thiras. Leurs provinces furent l’Afrique, la Germanie, la Médie, la Makadonie, la Jatinie, l’Asie et Tharki.

וּבְנוֹי דְגוֹמֶר אַשְׁכְּנַז וְרִיפַת וְתוֹגַרְמָא

Et les fils de Gomer furent Ashkenaz, Riphath et Togarma.

וּבְנוֹי דְיָוָן אֱלִישָׁה אַלַס וְטַרְסַס אַכַזְיָא יָא

Et les fils de Javan furent Élisée, Hélas, Tarsas, Akazia et Dordonia.

מֵאִילֵן אִתְפַּרְשׁוּ גְנִיסֵי נַגְוַות עַמְמַיָא כָל חַד לְלִי שְׁנֵיהּ לְיִחוּסֵיהוֹם בְּעַמְמֵיהוֹם

C’est d’eux que furent distribuées les tribus des îles des Gentils, chacun selon sa langue, à sa parenté dans leurs nations.

וּבְנוֹי דְחָם כּוּשׁ וּמִצְרַיִם וּפוּט וּכְנָעַן וְשׁוּם אַרְכ ָיוֹתְהוֹם עַרְבַיָא וּמִצְרַיִם וְאַלִיחְרוֹק וּכְנָעַן

Les fils de Cham furent Kush, Mitsraïm, Phut et Kenaan. Leurs provinces furent l’Arabie, Mitsraïm, Alichrok et Kenaan.

וּבְנוֹי דְכוּשׁ סְבָא וַחֲוִילָה וְסַבְתָּ וְרַעֲמָא ָא וְשׁוּם אַפַרְכָיוֹתְהוֹם סִינִירָאֵי וְהִנְדְקִי וּסְמִידָאֵי וְלוּבָּאֵי וְזִינְגָאֵי וּבְנוֹי ִמְוָרִיטִינוֹס זִמְדְגַד וּמְזָג

Les fils de Koush furent Seba, Havila, Sabta, Raama et Sabteka, et les noms de leurs provinces furent Siniraï, Hindiki, Semadi, Lubaï et Zingaï. Les fils de Mauritinos furent Tsmargad et Mezag.

וְכוּשׁ אוֹלִיד יַת נִמְרוֹד הוּא שָׁרֵי לְמֶהֱוֵי גִבַר ָה וּלְמֵרְדָא קֳדָם יְיָ בְּאַרְעָא

Et Kush engendra Nimrod. Il commença à être puissant dans le péché, et à se rebeller contre l’Éternel sur la terre.

הוּא הֲוָה גִבַּר מְרוֹדָא קֳדָם יְיָ בְּגִין כֵּן יִתְאַמֵר מִן וֹמָא דְאִיתְבְּרִי עַלְמָא לָא הֲוָה כְּנִמְרוֹד גִבַּר בְּצֵידָא וּמְרוֹדָא קֳדָם יְיָ

C’était un puissant rebelle devant l’Éternel ; c’est pourquoi il est dit : Depuis le jour où le monde fut créé, il n’y a pas eu de chasseur comme Nimrod, puissant à la chasse et rebelle devant l’Éternel.

וַהֲוָה שְׁרוֹי מַלְכוּתֵיהּ בָּבֶל רַבְּתִי וַהֲדָס וּקְטִסְפּוֹן בְּאַרְעָא דְפוּנְטוֹס

Et le commencement de son royaume fut Babel la Grande, et Hadas, et Netsibin, et Kétispon, dans le pays du Pont.

מִן אַרְעָא הַהוּא נְפַק נִמְרוֹד וּמְלַךְ בְּאַתּוּר דְלָא בְּעָ א לְמֶהֱוֵי בְּעֵטַת דָרָא דִפְלוֹגִתָּא וּשְׁבַק אַרְבַּע קוּרְיָן אִילֵן וִיהַב לֵיהּ יְיָ בְּגִין כֵּן אַתְרָא וּבְנָא אַ רְבַּע קוּרְיָן אַחְרָנִין יַת נִינְוֵה וְיַת פַּלְטִאַת קַּרְתָּא וְיַת פַּרְיוֹת

Nimrod sortit de ce pays, et régna sur Athur, parce qu’il ne voulait pas être dans le conseil d’une génération divisée. Il quitta ces quatre villes, et l’Éternel lui donna un lieu où vivre. Il bâtit quatre autres villes, Ninive, Pelatiath, Kartha et Parioth.

וְיַת תַּלְסַר דְמִתְבַּנְיָא בֵּינֵי נִינְוֵה וּבֵינֵי אִיהִי קַרְתָּא רַבְּתָא

Et Talesar, qui fut bâtie entre Ninive et Hadiath; c’est une grande ville.

וּמִצְרַיִם אוֹלִיד יַת גִיוַוטָאֵי וְיַת מַרְטִיוֹטָאֵי וְיַת ל ִיוַוקָאֵי וְיַת פַּנְטַסְכִּינָאֵי

Et Mitsraïm engendra les Nivatés, les Mariotés, les Livakés et les Pantascinés,

מִתַּמָן פְּלִישְׁתָּאֵי וְיַת קַפּוּדְקָאֵי

et les Pathrosim, les Nasiotes et les Pantapolotes, desquels sortirent les Philistés et les Caphodicées.

וּכְנָעַן אוֹלִיד יַת צִידוֹן בּוּכְרֵיהּ וְיַת חֵת

Et Kenaan engendra Sidon, son premier-né, et Heth,

וְיַת יְבוּסָאֵי וְיַת אֱמוֹרָאֵי וְיַת גִרְגָשָׁאֵי

et les Jébuséens, les Émoréens, les Gergéséens,

וְיַת חִוָאֵי וְיַת עַרְקָאֵי וְיַת אַנְטוֹסָאֵי

et les Hivaee, et les Irkaee, et les Antosaee,

וְיַת לוֹטְסָאֵי וְיַת חוֹמְצָאֵי וְיַת אַנְטְכוֹאֵי וּבָתַר כְּ דֵין אִתְבַּדְרוּ זַרְעֲיַתְהוֹן דִכְנַעֲנָאֵי

et les Lutasaee, et les Chomtsaee, et les Antekoee; et après cela la semence des Kenaanaee fut dispersée.

וַהֲוָא תְּחוּם כְּנַעֲנָאֵי מִן כּוֹתְנַיִים מַעֲלָךְ לִגְרָר ע ַד עַזָה מַעֲלָךְ לִסְדוֹם וַעֲמוֹרָה אַדְמָא וּצְבוֹיִים עַד קַלְדָהִי

Et la limite des Cananéens allait de Kothanis, montant vers Guérar, vers Azah, vers Sedom et Amora, vers Adma et vers Tséboïm, jusqu’à Kaldahi.

אִילֵין בְּנוֹי דְחָם לְזַרְעִית יִחוּסֵיהֶם לְלִישַׁנְהוֹם וֹתַב אַרְעָתֵיהוֹן בִּגְנִיסַת עַמְמֵיהוֹן

Ce sont là les fils de Cham, selon la race de leurs généalogies, selon leurs langues, selon le lieu où ils habitaient, selon la famille de leur peuple.

וּלְשֵׁם אִיתְיְלִיד אַף הוּא בַּר הוּא אַבוּהוֹן דְכָל בְּנֵי עִ יבְרָאֵי אָחוֹי דְיֶפֶת רַבָּא בִּדְחַלְתָּא דַיְיָ

Sem eut aussi un fils, père de tous les fils des Hébreux, frère de Japhet, grand dans la crainte de l’Éternel.

בְּנוֹי דְשֵׁם עֵילָם וְאַתּוּר וְאַרְפַּכְשַׁד וְלוּד וַאֲרָם

Fils de Sem : Élim, Athur, Arphakshad, Lud et Aram.

וְאַרְפַּכְשַׁד אוֹלִיד יַת שֶׁלַח וְשֶׁלַח אוֹלִיד יַת עֵבֶר

Arphakshad engendra Sélach, et Sélach engendra Éber.

וּלְעֵבֶר אִיתְיְלִידוּ תְּרֵין בְּנִין שׁוּם חַד פֶּלֶג אַרוּם ְּיוֹמוֹי אִתְפְּלִיגַת אַרְעָא וְשׁוּם אָחוֹי יָקְטָן

Et il naquit à Héber deux fils : le nom de l’un était Péleg, car de son temps la terre fut partagée ; et le nom de l’autre était Jokthan.

וְיָקְטָן אוֹלִיד יַת אַלְמוֹדָד דִמָשַׁח יַת אַרְעָא בְּאַשַׁל וָן וְיַת שָׁלֶף דְשָׁלֶף מוֹי דְנַהַרְוָותָא וְיַת חַצַרְמָוֶת וְיַת יָרַח

Et Joktan engendra Elmodad, qui mesura (ou décrivit) la terre avec des cordes ; et Shaleph, qui fit sortir les eaux des rivières, et Chatsarmaveth, et Jarach, et

וְיַת הֲדוֹרָם וְיַת אוּזָל וְיַת דִיקְלָה

Harodam, Ouzal et Dikla,

וְיַת עוֹבָל וְיַת אֲבִימָאֵל וְיַת שְׁבָא

et Ovale, et Avimael, et Sheba,

וְיַת אוֹפִיר וְיַת חֲוִילָא וְיַת יוֹבָב כָּל אִילֵין בְּנוֹי דְ יָקְטָן

et Ophir, et Havila, et Jobab. Tous ceux-là sont les fils de Jokthan.

וַהֲוָה בֵּית מוֹתְבָנֵיהוֹן מֵישָׁא מַעֲלַךְ י טַוָור מַדִינְחָא

Et la maison de leur habitation était depuis Mésha, par où l’on monte à Sepharvae, une montagne à l’orient.

אִלֵין בְּנוֹי דְשֵׁם לְיִחוּסֵיהוֹן בְּמוֹתַב אַרְעֲיַתְהוֹן גְנִיסַת עַמְמֵיהוֹן

Ce sont là les fils de Sem, selon leurs maisons, selon les habitations de leurs pays, selon la famille de leur peuple.

אִלֵין יְחוּסֵי בְּנוֹי דְנחַ לְיִחוּסֵהוֹן בְּעַמְמֵיהוֹן ִלֵין אִתְפָּרָשׁוּ עַמְמַיָא בְּאַרְעָא בָּתַר טוּבְעָנָא

Voici les maisons des fils de Noé, selon leurs maisons dans leurs peuples, et c’est d’eux que se sont distingués les peuples sur la terre après le déluge.

Strabon, Géographie livre I : Le mot Arabe et troglodytes, codes de la littérature classique, fables, histoire, faits ou symboles, géographie de l’Afrique, le Bassin du Nil Sépare la Libye de l’Orient ou de l’Arabie :

Chapitre II

2. Nous commencerons par Ératosthène l’examen en question, mettant toujours en regard de nos jugements les critiques qu’Hipparque a dirigées contre lui. Ératosthène ne mérite assurément pas qu’on le traite aussi cavalièrement que l’a fait Polémon, qui prétend démontrer qu’il n’avait même pas visité Athènes; mais il ne mérite pas non plus la confiance aveugle que quelques-uns ont en lui, malgré ce grand nombre de maîtres soi-disant excellents dont il aurait été le disciple. Il a écrit ceci : Jamais peut-être on n’avait vu fleurir dans une même enceinte, dans une seule et même cité, autant de philosophes éminents qu’on en comptait alors autour d’Arcésilaüs et d’Ariston. — Soit, mais à mon sens cela ne suffit point, et l’important était de savoir discerner dans le nombre le meilleur guide à suivre. C’est Arcésilaüs, on le voit, et Ariston qu’il met en tête des philosophes de son temps; il préconise beaucoup aussi Apelle et Bion, Bion, qui le premier, pour nous servir de son expression, « para la philosophie de la robe à fleurs des courtisanes », mais de qui, aussi, à l’en croire, on eût pu dire souvent avec le poète (32) :

« Que de beautés mâles sous ces guenilles ! »

Or ces seules appréciations suffisent à montrer son peu de jugement. Comment lui, qui fut à Athènes le disciple de Zénon de Citium, il ne mentionne pas un seul de ceux qui continuèrent l’enseignement du maître, et il vient nous nommer, comme ayant toute la vogue de son temps, les rivaux mêmes et les ennemis de Zénon, de qui il ne reste pas aujourd’hui apparence d’école! Son traité des Biens, ses Déclamations, ses autres ouvrages du même genre achèvent du reste , de nous montrer quelle a été sa vraie tendance philosophique : il a tenu comme qui dirait le milieu entre le philosophe décidé et celui qui, n’osant s’engager résolument dans la carrière, s’en tient uniquement à l’apparence ou ne voit dans la philosophie qu’une diversion agréable ou instructive au cercle habituel de ses études, sans compter que, jusque dans ces autres études, nous le retrouvons en quelque sorte toujours le même- Mais laissons cela, ne touchons présentement qu’aux points sur lesquels sa Géographie peut être rectifiée, et, pour commencer, reprenons la question réservée par nous tout à l’heure.

3. Est-il vrai, comme le prétend Ératosthène, que le poète vise uniquement à récréer l’esprit et nullement à l’instruire? Les Anciens définissaient, au contraire, la poésie une sorte de philosophie primitive, qui nous introduit dès l’enfance dans la science de la vie et nous instruit par la voie du plaisir de tout ce qui est relatif aux mœurs, aux passions et aux actions de l’homme; notre école aujourd’hui va même plus loin : elle proclame que le sage seul est poète. De là aussi cet usage pratiqué par les différents gouvernements de la Grèce de faire commencer la première éducation des enfants par la poésie, considérée apparemment non comme un simple moyen de divertissement, mais bien comme une école de sagesse. Ajoutons que les musiciens eux-mêmes, ceux qui enseignent soit à chanter au son des instruments soit à jouer de la lyre ou de la flûte, revendiquent ce mérite pour leur art et s’intitulent « précepteurs et correcteurs des mœurs », et que ce n’est pas là une opinion exclusivement pythagoricienne, qu’Aristoxène l’a émise également, et qu’Homère déjà qualifie les aèdes de « sophronistes ou d’instituteurs », notamment ce gardien de Clytemnestre,

« A qui Atride, en partant pour Troie, avait longuement recommandé sa femme et confié le soin de veiller sur elle   (33). »

On sait, en effet, qu’Égisthe ne réussit à triompher de la vertu de la reine qu’après avoir « Conduit l’aède, pour l’y abandonner, sur les rivages d’une île déserte…: voulant alors ce que voulait son amant, Clytemnestre suivit Égisthe jusque dans sa maison  (34). »

Ératosthène d’ailleurs se contredit ici lui-même : avant d’émettre la proposition en question, quelques lignes à peine plus haut, et tout au début de son Traité de géographie, il avait solennellement déclaré que, dès la plus haute antiquité, tous les hommes ont eu à cœur de publier leurs connaissances géographiques ; qu’Homère, par exemple, a inséré dans ses vers tout ce qu’il avait pu apprendre des Éthiopiens, de l’Égypte et de la Libye, entrant même, à propos de la Grèce et des pays voisins, dans des détails presque trop minutieux, puisqu’il va jusqu’à rappeler et les « innombrables pigeons de Thisbé (35) » et les « gazons d’Haliarte (36) » et la  « situation extrême d’Anthedon (37) » et celle de Lilée « aux sources du Céphise (38) »,  et qu’en général il évite de laisser échapper fût-ce une épithète inutile. – Or, je le demande, celui qui agit de la sorte vise-t-il plutôt à amuser qu’à instruire? – Ici peut-être, répondront les partisans d’Ératosthène, Homère songe à instruire; en revanche tout ce qui n’est pas proprement du domaine des sens a été peuplé par lui, comme par les autres poètes, de monstres imaginaires, semblables à ceux de la Fable. – Soit; mais alors il eût fallu dire que tout poète compose tantôt uniquement en vue de l’agrément, tantôt aussi en vue de l’instruction de ses lecteurs ; et c’est ce que ne fait pas Ératosthène, qui accuse Homère d’avoir cherché partout et toujours à amuser, jamais à instruire. Il va plus loin, et, pour corroborer son dire, demande ce que pourraient ajouter au mérite du poète cette connaissance exacte d’une infinité de lieux et toutes ces notions de stratégie, d’agriculture, de rhétorique et d’autres sciences encore que quelques-uns ont prétendu attribuer à Homère. – En prêtant ainsi à Homère la science universelle, on peut paraître, nous l’avouons, entraîné par un excès de zèle, et, comme le dit Hipparque, autant vaudrait faire honneur à l’eirésiôné attique des poires, des pommes dont elle est chargée, mais qu’elle ne peut produire, que de revendiquer pour Homère la connaissance de toutes les sciences, et de tous les arts sans exception. Sur ce point-là donc, ô Ératosthène, tu as peut-être raison; mais à coup sûr tu te trompes quand, non content de refuser à Homère autant d’érudition, tu prétends réduire la poésie à n’être qu’une vieille conteuse de fables, qu’on laisse libre d’imaginer tout ce qui peut lui sembler bon à divertir les esprits. N’y a-t-il donc rien, en effet, dans l’audition des poètes qui puisse nous porter à la vertu? Toutes ces notions, par exemple, de géographie, d’art militaire, d’agriculture et de rhétorique, que cette audition tout au moins nous procure, ne peuvent-elles rien pour ce but suprême?

24. Même erreur de prétendre qu’Homère a ignoré l’existence de l’isthme qui sépare la mer d’Égypte du golfe Arabique et qu’il a menti grossièrement en représentant

« Les Éthiopiens, aux derniers confins de la terre, partagés en deux nations (72). »

L’expression d’Homère est au  contraire parfaitement juste, et c’est à tort que les modernes l’ont critiquée; loin d’avoir, ainsi qu’ils le prétendent, ignoré l’existence de cet isthme, Homère, je ne crains pas de l’affirmer, en avait pleine connaissance; je dis plus, il a, dans le passage en question, désigné l’isthme en termes exprès, et ce sont les grammairiens mêmes, à commencer par Aristarque et Cratès, ces coryphées de la critique, qui n’ont point su comprendre le sens de ses paroles. Voici déjà qui le prouve : pour compléter le sens de ce vers,

« Les Éthiopiens, qui habitent aux derniers confins de la terre, partagés en deux nations »,

 Homère en ajoute un autre, sur le texte duquel Aristarque et Cratès ne s’accordent même point, Aristarque voulant qu’on écrive :  Οἱ μὲν δυσομένου Ὑπερίονος, οἱ δ’ ἀνίοντος 

« L’une au couchant, l’autre au levant »,

et Cratès proposant de lire Ἠ μέν δυσομένου Ὑπερίονος. Ἠ δ’ ἀνίοντος

« A la fois au couchant et au levant »,

sans que, du reste, pour leurs thèses respectives, il importe le moins du monde qu’on adopte une leçon plutôt que l’autre. Voici en effet quelles sont ces thèses : affectant, comme toujours, de raisonner en mathématicien, Cratès commence par poser en principe que la zone torride est occupée par l’Océan et se trouve bornée de part et d’autre par la zone tempérée, tant la portion que nous habitons que la portion qui se trouve dans l’hémisphère opposé; puis, s’appuyant sur ce que le nom d’Éthiopiens désigne pour nous toutes les populations méridionales, répandues le long de l’Océan, et qui semblent former la bordure extrême de la terre habitée, il conclut que, par analogie, on doit concevoir au delà de l’Océan l’existence d’autres Éthiopiens, occupant par rapport aux différents peuples de cette seconde zone tempérée et sur les bords dudit Océan la même situation extrême. Et de la sorte, ajoute-t-il, il y a bien effectivement deux nations d’Éthiopiens séparées l’une de l’autre par l’Océan. Pour expliquer maintenant l’addition de ce second vers : « A la fois au couchant et au levant »,  il fait remarquer que, comme le zodiaque céleste est toujours directement placé au-dessus du zodiaque terrestre, et que celui-ci, dans son obliquité, ne dépasse jamais l’une ou l’autre Éthiopie, il faut nécessairement aussi concevoir que le soleil accomplit sa révolution tout entière dans l’intervalle céleste correspondant aux mêmes limites, s’y levant et s’y couchant en différents points et avec des apparences diverses pour les différents peuples. Telle est l’explication que propose Cratès, et qu’il juge la plus conforme aux principes astronomiques; mais il aurait pu dire plus simplement, sans abandonner pour cela sa thèse sur le fait même de la division des Éthiopiens en deux nations, que les Éthiopiens s’étendent du levant au couchant, et habitent tout le long de l’Océan sur l’un et l’autre rivages. Et alors qu’importe, pour le sens, qu’on lise le vers en question tel que Cratès le donne, ou comme l’écrit Aristarque : « L’une au couchant, l’autre au levant »,  ce qui revient bien à dire que les Éthiopiens habitent tant au couchant qu’au levant des deux côtés de l’Océan? Aristarque, lui, rejette l’explication de Cratès et veut que cette division en deux nations distinctes se soit, dans la pensée d’Homère, appliquée uniquement aux Éthiopiens de notre hémisphère, à ceux-là même, qui, pour nous autres Grecs, représentent l’extrémité méridionale de la terre; et comme en fait cette division n’existe pas, qu’il n’y a point là deux Éthiopies, l’une occidentale, l’autre orientale, mais bien une seule située au midi par rapport à la Grèce et contiguë à l’Égypte, il en conclut que, sur ce point comme sur tant d’autres, signalés par Apollodore dans le second livre de son Commentaire sur le catalogue des vaisseaux, Homère a ignoré la vérité, et, par ignorance, substitué à la géographie réelle une géographie fantastique. 

25. Pour répondre à Cratès, il faudrait s’engager dans une discussion fort longue, qui n’aurait peut-être pas grand rapport avec l’objet qui nous occupe. Quant à Aristarque, s’il mérite qu’on le loue d’abord pour avoir rejeté l’hypothèse de Cratès, laquelle en effet prête à mille objections, et pour avoir entrevu qu’il s’agissait, dans le passage d’Homère, de notre Éthiopie et non point d’une autre, sur le reste, en revanche, il nous paraît, lui aussi, donner prise à la critique. Premièrement, il n’avait que faire de disserter si minutieusement sur la leçon à adopter, l’une et l’autre leçon pouvant également bien s’ajuster à son sens. Y a-t-il, en effet, la moindre différence à dire : « On compte dans notre hémisphère deux nations d’Éthiopiens, l’une à l’orient, l’autre à l’occident, ou ceci : « On compte dans notre hémisphère deux nations d’Éthiopiens, car il y a de ces Éthiopiens tant à l’orient qu’à l’occident? » En second lieu, l’opinion qu’il soutient repose sur certains faits matériellement faux. Supposons avec lui que le poète a effectivement ignoré l’existence de l’isthme et que c’est bien des Éthiopiens limitrophes de l’Égypte qu’il a voulu parler dans ce vers, « Les Éthiopiens divisés en deux nations, » ne le sont-ils pas en effet? Et est-ce vraiment par ignorance que le poète s’est exprimé ainsi? L’Égypte et les Égyptiens, depuis le Delta jusqu’à Syène, ne sont-ils pas divisés, partagés en deux par le Nil, « Ceux-ci au couchant, ceux-là au levant?   » Et l’Égypte est-elle autre chose que la vallée même du fleuve, autrement dit le terrain inondé par ses eaux ? Ne s’étend-elle point des deux côtés du Nil, au levant et au couchant? Mais l’Éthiopie, à son tour, est le prolongement direct de l’Égypte, elle offre avec ce pays de grandes analogies et par sa situation relativement au cours du Nil et par la disposition générale des lieux : comme l’Égypte, elle est étroite, longue et sujette à des inondations périodiques, et tout l’espace situé en dehors de la limite des débordements du fleuve, tant sur la rive orientale que sur la rive occidentale, n’y est de même qu’un désert aride, presque partout inhabitable : cela étant, pourquoi donc ne serait-elle pas, elle aussi, divisée en deux régions distinctes? Le Nil, par la longueur de son cours, lequel s’étend à plus de mille stades au midi, et par la largeur de son lit, capable d’enserrer des îles peuplées de plusieurs milliers d’hommes, comme voilà Méroé, la plus grande de toutes, Méroé, résidence des rois d’Éthiopie et métropole de la contrée, le Nil (le Bassin du Nil), dis-je, a pu paraître à ceux qui veulent à toute force séparer l’Asie de la Libye une ligne de démarcation suffisante, et il n’aurait pas suffi à partager en deux l’Éthiopie ! Quelle est pourtant la principale objection de ceux qui s’élèvent contre cette délimitation des deux continents par le fleuve ? Que l’Égypte et l’Éthiopie se trouvent par là en quelque sorte démembrées et divisées en deux parties, l’une libyque (Bassin du Nil) et l’autre asiatique (à l’Est du Bassin du Nil), inconvénient très grand en effet, et qu’on ne peut éviter qu’en renonçant tout à fait à délimiter les deux continents, ou en leur cherchant une autre ligne de démarcation que le fleuve.

26. En dehors de ces explications, du reste, on pourrait concevoir encore d’autre façon la division de l’Éthiopie en deux parties. Tous les navigateurs qui ont, dans l’Océan, longé les côtes de la Libye, soit à partir de la mer Érythrée, soit à partir des colonnes d’Hercule, après s’être avancés plus ou moins loin, se sont trouvés arrêtés par différents obstacles et ont dû rétrograder, ce qui a donné lieu de croire, en général, que le passage était intercepté par un isthme, bien que la mer Atlantique, surtout dans sa partie australe, ne forme qu’un seul et même courant continu. Mais tous s’étaient accordés à appeler Éthiopie les points ou contrées extrêmes, terme de leur navigation, et à les faire connaître sous cette dénomination. Qu’y aurait-il donc de déraisonnable à admettre qu’Homère, sur la foi de semblables récits, a cru devoir partager les Éthiopiens en deux groupes, l’un oriental, l’autre occidental, en attendant qu’on sût s’ils occupaient aussi ou n’occupaient point tout l’espace intermédiaire? Éphore, enfin, rapporte une autre tradition fort ancienne, qu’on peut supposer sans invraisemblance avoir été connue d’Homère : suivant cette tradition, qui avait cours, dit-il, parmi les Tartessiens, les Éthiopiens auraient poussé leurs incursions dans l’intérieur de l’Afrique jusqu’au Dyris [ou Atlas]  (73)  et y auraient laissé une partie des leurs, tandis que le reste se serait répandu tout le long du littoral; or Éphore conjecture que c’est le fait de cette séparation qui a suggéré à Homère l’expression suivante :

« Les Éthiopiens divisés en deux nations aux extrémités de la terre. »

27. Voilà déjà ce qu’on pourrait répondre à Aristarque et à ses partisans; mais il y a maint autre argument plus plausible encore à faire valoir, pour achever de décharger le poète de l’imputation de grossière ignorance qui pèse sur lui. Ainsi, en me reportant aux opinions des anciens Grecs, en voyant comment ils comprenaient tout ce qu’ils connaissaient de peuples septentrionaux sous le seul et même nom de Scythes, ou sous celui de nomades qu’emploie Homère, et comment plus tard, avec le progrès des découvertes dans l’Occident, ils adoptèrent aussi pour cette partie de la terre des dénominations générales, soit les noms simples de Celtes et d’ibères, soit les noms mixtes de Celtibères et de Celloscythes, étant réduits par ignorance à ranger ainsi sous une seule et même dénomination des peuples séparés et distincts, je crois pouvoir affirmer que le nom d’Éthiopie désignait de même pour eux toute la région méridionale de la terre baignée par l’Océan. Et voici qui le prouve. C’est d’abord un passage du Prométhée déchaîné d’Eschyle  (74):

« [Là tu verras] l’Érythrée rouler ses flots sacrés sur un sable rougi, et s’étendre non loin de l’Océan, ce lac aux reflets d’airain, ce lac, source de richesses pour l’Éthiopien, où le soleil, qui voit toute chose, vient plonger sans cesse son corps immortel et par les chaudes ablutions d’une eau doucement pénétrante retremper l’ardeur de ses coursiers fatigués. »

Comme c’est, en effet, dans toute la longueur du climat méridional que l’Océan rend au soleil le service dont parle le poète et se trouve avoir par rapport à l’astre du jour la position indiquée dans ces vers, on peut en conclure, ce semble, qu’Eschyle croyait les Éthiopiens répandus réellement sur toute la longueur du climat méridional. On lit maintenant dans le Phaéthon d’Euripide que Clymène avait été donnée à Mérops,

« Mérops, souverain maître de cette terre que, du haut de son rapide quadrige, le soleil levant frappe d’abord de ses feux dorés : ses noirs voisins l’appellent l’étincelante étable où se reposent les coursiers de l’aurore et du soleil (75) »

Dans le présent passage, à la vérité, le poète attribue « l’étincelante étable » en commun aux coursiers de l’Aurore et à ceux du Soleil ; mais dans tout ce qui suit il se borne à dire qu’elle est placée non loin du palais de Mérops. Or, cette donnée géographique, par la façon du moins dont elle est liée à l’ensemble du drame, ne saurait s’entendre exclusivement de notre Éthiopie, limitrophe de l’Égypte, et elle nous paraît embrasser plutôt toute l’étendue des côtes de l’Océan, d’une extrémité à l’autre du climat méridional.

28. Éphore explique aussi dans le même sens l’opinion des anciens au sujet de l’Éthiopie. Voici en effet ce qu’on lit dans sa Description de l’Europe :

« Supposons le ciel et la terre divisés en quatre régions : les Indiens occuperont celle d’où souffle l’Apéliote ; les Éthiopiens, celle d’où souffle le Notus ; les Celtes, la région du Couchant ; et les Scythes, la région boréale. »

A quoi il ajoute que l’Éthiopie et la Scythie sont plus étendues que les deux autres régions, l’Éthiopie se prolongeant depuis le levant d’hiver jusqu’à l’extrême occident, et la Scythie se trouvant située juste à l’opposite. Qu’Homère, maintenant, ait partagé ces idées, la chose ressort clairement et de la position qu’il assigne à Ithaque,

« VERS LA SOMBRE RÉGION (autrement dit vers le Nord), tandis que les autres ils s’écartent davantage vers l’AURORE ET LE SOLEIL (76) »

(expression qui, pour lui, désigne tout le côté méridional de la terre), et de cet autre passage,

« Soit qu’ils volent à droite du côté de l’aurore et du soleil, soit qu’ils gagnent à gauche la région ténébreuse du ciel (77), »

et de celui-ci encore,

« Allons, amis, puisque nous ignorons et le côté de la nuit et le côté de l’aurore, et le point de l’horizon où le soleil, ce flambeau des humains, descend au-dessous de la terre et le point d’où son char remonte et s’élève au-dessus. (78) »

tous passages, du reste, sur lesquels nous revenons dans notre description d’Ithaque pour les mieux éclaircir. Conséquemment dans ce vers,

« Car Jupiter s’en fut hier vers l’Océan peur visiter les vertueux Éthiopiens (79), »

il nous faut généraliser le sens et entendre que l’Océan se déploie sur toute la longueur du climat méridional et l’Éthiopie pareillement, puisque, sur quelque point dudit climat que vous arrêtiez votre pensée, c’est toujours sur l’Océan et sur l’Éthiopie que vous tombez. C’est dans un sens général aussi que le poète a dit ailleurs,

« Mais il fut aperçu de Neptune, qui revenant alors des rivages de l’Éthiopie, du haut des monts Solymes, le découvrit au loin (80), »

cette double expression

« des rivages de l’Éthiopie, du haut des monts Solymes »

étant l’équivalent de celle-ci « des régions du Midi » ; car ce n’est point des Solymes de Pisidie que le poète parle ici, mais d’un peuple imaginaire, avons-nous dit, portant le même nom, et qu’il suppose placé par rapport à l’esquif sur lequel erre son héros et par rapport aux peuples situés au sud de ce point (lesquels ne sauraient être que ses Éthiopiens) juste dans la même position où les Solymes de Pisidie se trouvaient être par rapport au Pont et à l’Éthiopie proprement dite, sise au-dessus de l’Égypte. Ce qu’Homère enfin dit des grues doit être pris également en thèse générale :

« Fuyant l’hiver et les pluies torrentielles, elles s’envolent en criant vers les rivages de l’Océan, et leurs cris annoncent

« à la nation des Pygmées et la guerre et le trépas (81). »

Car ce n’est pas en Grèce seulement qu’on voit ainsi les grues émigrer vers le Midi ; les choses ne se passent pas autrement en Italie, en Ibérie, aux environs de la mer Caspienne et dans la Bactriane. Mais, comme il est constant que l’Océan règne tout le long du littoral méridional, et que les grues se portent sur tous les points de l’Océan indifféremment pour y chercher un abri contre les frimas, il faut admettre en même temps que, dans la pensée d’Homère, les Pygmées étaient répandus sur toute la longueur de ses rivages. Que si, maintenant, il a plu aux modernes de restreindre le nom d’Éthiopiens aux seuls voisins de l’Égypte et de circonscrire dans les mêmes limites la tradition relative aux Pygmées, ceci ne saurait réagir sur les opinions des Anciens: les noms d’Achéens et d’Argiens ne désignent plus aujourd’hui pour nous la totalité des peuples ayant pris part naguère à l’expédition contre Ilion, mais il est avéré qu’Homère leur prêtait cette signification. Or c’est à peu près là ce que je dis, quand, pour expliquer le partage que fait Homère des Éthiopiens en deux nations, je prétends qu’il faut entendre, ce nom de l’ensemble des populations répandues depuis le levant jusqu’au couchant, le long des rivages de l’Océan. En effet, du moment qu’on l’entend de la sorte, il saute aux yeux que les Éthiopiens se trouvent naturellement partagés en deux groupes par le golfe Arabique, lequel se peut comparer à un grand arc de méridien, à le voir s’étendre, semblable à un fleuve, sur une longueur de près de quinze mille stades et sur une largeur dont le maximum n’excède point mille stades, avec cet autre avantage à ajouter à celui de son extrême longueur, que le fond dudit golfe n’est séparé de la mer de Péluse que par un trajet de trois à quatre journées de marche à travers l’isthme. Les mieux avisés d’entre ceux qui prétendent séparer rigoureusement l’Asie de la Libye ont bien reconnu cet avantage, et, dans leurs essais de délimitation, ils ont préféré le golfe au Nil, comme offrant une ligne de démarcation plus convenable à établir entre les deux continents, puisque le golfe s’étend presque d’une mer à l’autre, tandis que le Nil, à la grande distance où il est encore de l’Océan, ne saurait séparer qu’imparfaitement l’Asie de la Libye. Eh bien ! J’en suis convaincu pour ma part, Homère concevait, lui aussi, toute la région méridionale de la terre partagée en deux par le golfe Arabique; seulement, si cela est, comment admettre qu’il ait pu ignorer l’existence de l’isthme que forme ce golfe avec la mer d’Égypte?

29. II serait en effet de la dernière invraisemblance, qu’instruit, comme il l’était, de la situation exacte de Thèbes, de la Thèbes d’Égypte, laquelle est distante des bords de notre mer de 5000 stades  (82) ou peu s’en faut, Homère n’eût connu ni le fond du golfe Arabique, ni l’existence de l’isthme qui le prolonge et qui se trouve n’avoir en largeur que mille stades tout au plus. Et ce qui devra paraître plus invraisemblable encore, c’est qu’Homère ait pu savoir que le Nil portait le nom, le nom même d’une contrée aussi vaste que l’est l’Égypte, sans en avoir deviné la cause, vu que le mot d’Hérodote  (83)  que l’Égypte est un présent du fleuve et qu’elle avait dû à ce titre recevoir le nom du fleuve lui-même, semble devoir s’offrir tout naturellement à l’esprit de chacun. Quelles sont d’ailleurs, entre toutes les particularités d’un pays, les particularités les plus universellement connues? Celles-là toujours qui offrent en soi quelque chose d’étrange et qui se trouvent en outre placées de façon à frapper tous les regards. Or le double phénomène des crues du Nil et de ses atterrissements est précisément dans ce cas. Et de même que le voyageur, qui aborde en Égypte, apprend avant tout à connaître la nature du Nil, les indigènes n’ayant rien à dire qui puisse étonner davantage un étranger et lui donner une plus haute idée de leur pays (car il suffit d’être instruit du régime de ce fleuve pour concevoir aussitôt ce que peut être la contrée tout entière qu’il arrose), de même, loin de l’Égypte et dans les récits qui nous viennent de ce pays, le nom du Nil est encore le premier qui frappe notre oreille. Ajoutez à ce qui précède la curiosité du poète et son amour des voyages attestés par tous ses biographes et directement par maints passages ou allusions de ses poèmes : que de preuves réunies pour établir qu’Homère a toujours bien su et bien dit ce qui était à dire et que ce sont uniquement les faits notoires qu’il a tus ou indiqués par de simples épithètes!

30. N’est-il pas étrange après cela de voir des Égyptiens, des Syriens (les mêmes contre qui nous disputons présentement), qui n’entendent même pas Homère dans ce qu’il dit des choses de leur pays, et que notre discussion vient de convaincre d’ignorance, oser traiter Homère d’ignorant! D’abord, règle générale, le silence n’est point une preuve d’ignorance : Homère n’a rien dit des courants contraires de l’Euripe, ni du défilé des Thermopyles ni de mainte autre curiosité de la Grèce connue de tout le monde, et assurément ce n’est point par ignorance. Mais ce qui est plus fort, il lui arrive quelquefois de parler des choses sans que ces sourds de parti pris le daignent entendre, auquel cas naturellement toute la faute est à eux. Chacun sait qu’Homère, sous le nom d’enfants du ciel, désigne non seulement les torrents, mais encore tous les autres cours d’eau, et cela apparemment parce qu’il savait que tous sont grossis par les pluies. Mais toute qualification générale appliquée à ce qui est hors ligne devient par cela même qualification particulière : l’épithète enfant du ciel notamment ne saurait avoir la même valeur, attribuée au torrent ou bien au fleuve ordinaire qui ne tarit jamais. Or, dans le cas présent, il y a, si l’on peut dire, double degré de supériorité; et, de même qu’il existe des hyperboles d’hyperboles, celles-ci par exemple,

« être plus léger que  l’ombre d’un liège », « être plus timide qu’un lièvre phrygien »,

«  avoir moins de terre (il s’agit d’un champ) qu’une épître laconienne [n’a de mots] »,

de même, appliquée au Nil, la qualification d’enfant du ciel semble un superlatif ajouté au superlatif. Car, si le torrent déjà a plus de droit que les autres cours d’eau à cette qualification d’enfant du ciel, le Nil y a plus de droit encore que tous les torrents, quels qu’ils soient, les surpassant tous tellement par le volume et la durée de ses crues. Et, comme nous avons d’ailleurs victorieusement démontré qu’Homère n’ignorait aucune des particularités du régime de ce fleuve, s’il lui a appliqué l’épithète en question, ce ne peut être que dans le sens que nous venons de dire. Voici maintenant une particularité, celle d’avoir plusieurs bouches ou embouchures, qui se trouvait être commune à une infinité de fleuves, Homère ne l’a point jugée digne d’être signalée, à des gens surtout qu’il savait déjà instruits du fait. Mais Alcée lui-même n’en a point parlé davantage, et cependant, s’il faut l’en croire, il avait fait, lui, le voyage d’Égypte. Quant au phénomène des atterrissements du Nil, lequel pourrait déjà se déduire du seul fait des crues du fleuve, la mention s’en trouve implicitement contenue dans ce que dit le poète de l’île de Pharos. Qu’un informateur quelconque, que la commune renommée, pour mieux dire, ait pu représenter à Homère l’île de Pharos comme étant encore aussi éloignée du continent qu’il le marque, à savoir d’une journée de navigation tout entière, la chose est inadmissible, le mensonge aurait été par trop flagrant. En revanche, il était tout simple que des renseignements sur la nature des crues du Nil et de ses atterrissements fussent plus vagues, plus généraux ; or, de tels renseignements Homère aura pu conclure que l’île, à l’époque où Ménélas la visitait, se trouvait plus éloignée de la terre ferme qu’elle ne l’était de son temps, et, pour donner à cette circonstance une couleur fabuleuse, il aura pris sur lui de faire la distance plus grande encore. Mais l’emploi des fables, avons-nous dit, ne saurait être considéré comme un indice d’ignorance : ainsi, ni la fable de Protée, ni le mythe des Pygmées, ni ces prodigieux effets attribués aux breuvages magiques, ni tant d’autres fictions analogues n’accusent l’ignorance géographique ou historique du poète, et si elles prouvent quelque chose c’est uniquement l’envie de plaire et d’amuser. – « Comment se fait-il pourtant, dira-t-on, qu’Homère ait pu parler de l’aiguade de Pharos, quand il est avéré que Pharos manque d’eau? »

« Là s’ouvre un port, excellent mouillage, d’où les vaisseaux rapides s’élancent à la mer chargés de l’eau limpide des sources profondes  (84). »

D’abord, répondrons-nous, il ne serait pas impossible qu’avec le temps l’aiguade de l’île se fût tarie; en second lieu Homère ne dit pas formellement qu’on tirât l’eau des sources mêmes de Pharos, mais seulement que le chargement des navires se faisait en ce lieu à cause de l’excellence de son port; et il était facile apparemment d’aller puiser l’eau sur la côte vis-à-vis. Ajoutons que par cette façon de s’exprimer le poète semble en quelque sorte avouer que, lorsqu’il a fait ailleurs de Pharos une île de pleine mer, il n’a point dit vrai, mais qu’il a amplifié et exagéré à la façon des poètes.

31. Du reste, comme tout ce récit des erreurs de Ménélas, dans Homère, semble au premier abord donner raison à ceux qui lui reprochent d’avoir absolument ignoré la géographie de ces contrées, le mieux que nous ayons à faire est de commencer par exposer une à une les critiques que ce récit a soulevées, pour les soumettre ensuite elles-mêmes à un examen sérieux et pour rendre ainsi la justification du poète plus complète et plus claire. Ménélas dit à Télémaque, en l’entendant s’extasier sur la somptuosité de sa royale demeure :

« Oui, mais pour rapporter tous ces trésors, j’ai dû beaucoup souffrir et longtemps errer sur mes vaisseaux ; et quand, après huit ans, je revins dans ma patrie, j’avais parcouru Chypre, la Phénicie, l’Égypte et visité tour à tour les Éthiopiens, les Sidoniens et les Erembes et la Libye tout entière  (85). »

Or, on se demande d’abord quels sont ces Éthiopiens, chez qui Ménélas put se rendre ainsi d’Égypte en naviguant? Car, il n’y a point d’Éthiopiens sur les rivages de notre mer, et, d’autre part, les vaisseaux de Ménélas n’auraient jamais pu franchir les cataractes du Nil. Quels sont aussi ces Sidoniens? Ce ne sont pas ceux de Phénicie assurément : le poète n’avait que faire, ayant préalablement nommé le genre, de mentionner en outre l’espèce. Qui sont enfin ces Erembes, dont le nom paraît là pour la première fois? Chacune de ces questions a donné lieu à un grand nombre de solutions différentes que le grammairien Aristonic, de nos jours, a, dans son Commentaire sur les erreurs de Ménélas, relatées tout au long. Nous nous bornerons, nous, à les reproduire ici en abrégé. Il y a d’abord certains auteurs qui veulent que ce soit par mer que Ménélas a gagné l’Éthiopie : parmi ceux-là même, les uns introduisent l’idée d’un périple, que Ménélas aurait exécuté en faisant le tour par Gadira jusqu’aux rivages de l’Inde, et cela sans doute pour essayer de proportionner la longueur du trajet à la durée si prolongée de l’absence du héros, absence que Ménélas lui-même dit avoir été de huit années; suivant d’autres, les vaisseaux du héros auraient franchi directement l’isthme attenant au golfe Arabique; d’autres enfin les font passer par quelqu’un des canaux [dérivés du Nil]. Or, d’une part, le périple que Cratès introduit ici, n’est nullement nécessaire, non qu’il soit d’une exécution impossible (les errances mêmes d’Ulysse n’offrent pas d’impossibilité absolue), mais parce qu’Il n’ajoute rien à la vraisemblance des hypothèses mathématiques de cet auteur et n’explique pas davantage la longue durée des errances de Ménélas : il dut y avoir en effet, pour retenir si longtemps le héros éloigné de ses foyers, et des retards involontaires occasionnés par les difficultés mêmes de la navigation, puisque Ménélas avoue n’avoir sauvé que cinq vaisseaux sur soixante, et des retards volontaires utilisés au profit de son avarice. Nestor ne dit-il point : « C’est ainsi qu’en parcourant les mers Ménélas entassait sur ses vaisseaux tant d’or et tant d’objets précieux (86) » [Et Ménélas lui-même ne rappelle-t-il point tout ce qu’il avait amassé de richesses]

« En parcourant Chypre, la Phénicie, l’Égypte (87) »

Quant à ce passage direct à travers l’isthme ou par un des canaux dérivés du Nil, si le poète en eût parlé, personne à coup sûr n’y eût vu autre chose qu’une fiction poétique; mais il n’en a dit mot, et ne serait-ce pas alors introduire gratuitement et contre toute vraisemblance une nouvelle difficulté dans le débat que de l’invoquer? Je dis contre toute vraisemblance, puisque avant la guerre de Troie aucun de ces canaux n’existait encore : Sésostris qui passe pour avoir entrepris d’en creuser un, avait de lui-même renoncé à son projet, présumant le niveau de la mer par trop élevé. Et pour ce qui est de l’isthme même, on ne voit pas qu’il ait pu être navigable davantage. Ératosthène, qui suppose le contraire, se trompe évidemment : il conjecture que l’ouverture du détroit des colonnes d’Hercule n’avait pas encore eu lieu, de telle sorte que la mer intérieure, privée de toute communication avec la mer extérieure, couvrait alors l’isthme entier, lequel se trouvait être d’un niveau sensiblement inférieur au sien, mais qu’une fois la rupture de la barrière effectuée, le niveau de ladite mer s’étant naturellement abaissé, ses eaux laissèrent à découvert tout le terrain aux environs du mont Casius et de Péluse jusqu’à la mer Érythrée. Mais quelle autorité avons-nous qui nous atteste qu’avant l’expédition des Grecs contre Ilion l’ouverture du détroit n’avait pas encore eu lieu ? — Dira-t-on par hasard que, si Homère, pour faire entrer Ulysse dans l’Océan du côté de l’occident, a supposé le détroit déjà ouvert, en faisant d’autre part naviguer Ménélas d’Égypte en Éthiopie, il avait dû le supposer fermé encore? — On oublie qu’in fait dire aussi par Protée à Ménélas, à Ménélas lui-même

« Les dieux te conduiront vers les Champs Élyséens à l’extrémité de la terre (88). »

Or, de quelle extrémité peut-il être ici question, si ce n’est de l’extrémité occidentale de la terre, de quelque lieu extrême situé de ce côté, comme le prouve la mention du zéphyr, placée à dessein par le poète dans les vers qui, suivent :

« Toujours du sein de l’Océan s’élève le souffle harmonieux du zéphyr (89). »

Il faut en convenir, tout ce système d’Ératosthène n’est qu’un tissu d’énigmes.

32. D’ailleurs, s’il est vrai qu’Homère d’une ou d’autre façon ait été instruit qu’anciennement la mer couvrait de ses eaux l’isthme tout entier, ce serait une raison de plus pour nous de croire à cette division des Éthiopiens en deux corps de nation, puisque, dans ce cas-là, la ligne de démarcation aurait été représentée par un bras de mer aussi considérable. Quelles richesses, en outre, Ménélas eût-il pu rapporter de chez les Éthiopiens de la mer extérieure et des bords de l’Océan? Quand Télémaque s’extasie sur la somptuosité de son palais, que distingue-t-il dans cette quantité infinie d’objets précieux?

« L’or, l’électre, et l’argent, et l’ivoire (90). » 

Or, de ces différentes substances, aucune, si ce n’est l’ivoire, n’abonde chez ces peuples, extrêmement pauvres pour la plupart, et tous encore nomades. – Soit, dira-t- on; mais près de là était l’Arabie et tout le pays jusqu’à l’Inde, l’Arabie, qui, seule entre toutes les contrées de la terre, a reçu le nom d’ Heureuse, et l’Inde, qui sans porter expressément le même nom, n’en est pas moins réputée et représentée aussi comme une très heureuse contrée. – A quoi nous répondrons à notre tour qu’Homère n’a point connu l’Inde, car autrement il n’eût point manqué d’en parler; et, en ce qui concerne l’Arabie, l’Arabie heureuse, comme on l’appelle aujourd’hui, tout en convenant qu’il l’a connue, nous ferons remarquer que, de son temps, elle était loin d’être riche encore, qu’elle manquait même du nécessaire et n’était guère peuplée que de scénites. Quant au canton, qui produisait les parfums ou aromates, et d’où est venu ce nom d’aromatophore, étendu plus tard à l’Arabie entière à cause de la rareté de cette denrée et du prix qu’on y attache en nos contrées, il n’en formait que la moindre partie. Aujourd’hui, à la vérité, les Arabes ne manquent de rien ; l’activité, le développement de leur commerce les enrichit sans cesse, mais dans ce temps-là en était-il déjà ainsi? La chose est peu probable. Si le commerce des aromates, d’ailleurs, suffisait à enrichir un marchand, un simple chamelier, ce qu’il fallait à l’avide Ménélas, c’étaient ou les profits de la guerre, ou les présents de rois et de chefs ayant le moyen et en même temps la volonté de donner à proportion de l’illustration de sa race et de la gloire de son nom; et, comme en effet les Égyptiens, voire même ceux des Éthiopiens et des Arabes qui confinent à l’Égypte, possédaient déjà un certain degré de civilisation et pouvaient avoir entendu quelque chose du retentissement de la gloire des Atrides, surtout après l’heureuse issue de la guerre de Troie, Ménélas avait tout lieu d’espérer en leur munificence. Qu’on se rappelle ce que dit Homère à propos de cette fameuse cuirasse d’Agamemnon :

« Cinyras la lui avait donnée naguère, comme gage d’hospitalité; car le grand renom du héros avait pénétré jusqu’à Chypre (91). »

Ajoutons que Ménélas, dans ses longues erreurs, avait passé la plus grande partie du temps dans les parages de la Phénicie, de la Syrie, de l’Égypte et de la Libye ainsi que dans les eaux de Chypre, sur les côtes en un mot et parmi les îles de notre mer intérieure, tous pays en effet où il lui était facile soit d’obtenir de ces précieux gages d’hospitalité, soit de s’enrichir par la violence et la piraterie aux dépens surtout des anciens alliés des Troyens, tandis que les populations barbares, les populations lointaines des bords de la mer extérieure n’auraient guère pu offrir au héros une perspective semblable. Cela étant, quand le poète nous dit que Ménélas était venu jusqu’en Éthiopie, [le mieux n’est-il point d’entendre que ce héros n’avait pas pénétré au cœur même du pays], mais qu’il s’était contenté d’en toucher la frontière du côté de l’Égypte? D’autant qu’il n’est pas impossible que cette frontière fût alors plus rapprochée de Thèbes qu’elle ne l’est aujourd’hui, bien que la frontière actuelle en soit déjà, assez rapprochée, puisqu’elle passe près de Syène et de Philae, la première de ces deux villes, Syène, appartenant à l’Égypte, et l’autre, Philae, ayant une population mixte d’Éthiopiens et d’Égyptiens. Or, une fois arrivé à Thèbes, Ménélas aura bien pu, surtout à la faveur de l’hospitalité royale, atteindre ces premières limites de l’Éthiopie, voire même les dépasser un peu : cette supposition n’a rien qui choque la raison. C’est ainsi qu’Ulysse dit être venu dans le pays des Cyclopes, pour s’être avancé seulement depuis la mer jusqu’à l’antre de Polyphème, situé, comme il le marque lui-même, tout à l’entrée du pays; pour l’Aeolie et le pays des Lestrygons la même chose. En général, il lui suffit d’avoir un jour abordé en tel ou tel point d’un pays pour dire qu’il l’a visité. Voilà donc comment Ménélas sera venu en Éthiopie; en Libye pareillement, il lui aura suffi de toucher à quelques points de la côte, comme est ce port voisin d’Ardanie, au-dessus de Paraetonium, qui a retenu le nom de Ménélas. 

33. Si maintenant, après avoir nominé les Phéniciens, Homère mentionne aussi les Sidoniens, dont la ville était proprement la métropole ou capitale de la Phénicie, il ne fait en cela qu’user une fois de plus d’une figure de mots qui lui était familière, témoin ce vers :

« Il guide jusqu’aux vaisseaux LES TROYENS ET HECTOR (92); »

et ceux-ci :

« LES FILS du magnanime Oeneus n’étaient plus au nombre des vivants; lui-même n’existait plus; ET MÉLÉAGRE, le héros à la blonde chevelure, était mort (93); »

celui-ci encore :

« Il vint jusqu’à l’IDA ET JUSQU’AU GARGARE (94); »

et ce dernier passage :

« Les habitants de L’EUBEE, DE CHALCIS et D’ÉRÉTRIE (95). » 

Sapho, du reste, a dit aussi

« Soit que tu aies pour patrie CYPRE , PAPHOS, ou PANORME. »

Toutefois, Homère a dû avoir quelque autre raison encore pour que, dans une énumération générale comme celle-là, et après avoir nommé la Phénicie, il ait ajouté la mention particulière de Sidon. S’il n’eût voulu qu’énumérer dans leur ordre les différents pays où Ménélas avait été, il pouvait se borner à lui faire dire :

« Ayant parcouru tour à tour Cypre, la Phénicie l’Égypte, je passai jusqu en Éthiopie. »

Mais pour qu’on sût que le séjour du héros chez les Sidoniens avait été de longue durée, il était bon que leur nom revînt souvent, soit directement dans les souvenirs de Ménélas, soit indirectement dans les récits du poète. Et voilà pourquoi celui-ci ne manque pas une occasion de vanter les richesses et l’industrie des Sidoniens, pourquoi il rappelle l’hospitalité donnée par eux plus anciennement à Hélène en compagnie de son ravisseur, pourquoi encore il nous montre les appartements de Pâris tout remplis de précieux ouvrages sidoniens,

« On y voyait étalés les riches tissus aux mille couleurs, ouvrage des femmes sidoniennes, que le divin Pâris avait naguère ramenées de Sidon, sur le même vaisseau qui emportait Hélène (96); »

et le palais de Ménélas également, car ce héros dit à Télémaque :

« Je veux te donner cette coupe ciselée; elle est d’argent massif, l’or en couronne les lèvres; c’est l’oeuvre de Vulcain, elle me fut offerte en présent par l’illustre roi des Sidoniens, lorsque, regagnant ma patrie, je m’arrêtai sous son toit hospitalier (97). »

Et nul doute qu’ici l’expression « c’est l’oeuvre de Vulcain » ne doive être prise dans un sens figuré, comme une hyperbole analogue à ce qu’on dit tous les jours des belles choses, qu’elles sont l’oeuvre de Minerve, l’oeuvre des Grâces et des Muses ; c’est qu’en effet les Sidoniens étaient de très-habiles artistes, le poète le dit formellement dans le passage où il parle de la beauté du vase qu’Eunée avait donné pour racheter Lycaon :

« Il n’était rien sur la terre qu’il n’effacât par sa beauté : les Sidoniens avaient mis tout leur art à le décorer et des marchands phéniciens l’avaient apporté sur leur vaisseau (98). »

34. Sur les Erembes maintenant que n’a-t-on point dit ! Mais de toutes les opinions émises la plus vraisemblable est celle qui veut que sous ce nom le poète ait désigné les Arabes. Zénon, notre Zénon, va plus loin, et corrigeant le texte d’Homère il lit le vers ainsi :

« Tour à tour je visitai Éthiopiens, Sidoniens, ARABES [au lieu d’Erembes] ».

Il n’est pas nécessaire pourtant de changer cette leçon, qui est assurément fort ancienne ; mieux vaut croire que c’est le nom lui-même qui a éprouvé quelqu’une de ces altérations si fréquentes, si communes dans toutes les langues; et c’est précisément ce que certains grammairiens cherchent à mettre en lumière par la comparaison des lettres dans l’une et dans l’autre forme. Pour nous, nous serions tenté de préférer, comme plus sûr encore, le procédé de Posidonius, qui, même dans le cas présent, a cru devoir consulter la parenté et l’affinité primordiale des peuples pour retrouver l’étymologie du nom. Il est constant, en effet, que les nations arménienne, syrienne, arabe ont entre elles beaucoup de cette affinité et comme un air de famille qui se manifeste dans leurs langues, leurs genres de vie et leurs caractères physiques, là surtout où elles se trouvent être proches voisines, en Mésopotamie par exemple, pays dont la population appartient précisément à ces trois nations et où naturellement la ressemblance entre elles éclate davantage. Car, en admettant même que, par le fait des climats ou de la position géographique, il y ait quelque différence sensible des populations plus septentrionales aux populations méridionales et des unes et des autres aux populations intermédiaires, les caractères communs ne laissent pas que de prédominer. Ajoutons que les Assyriens et les Ariens offrent avec ces mêmes peuples, aussi bien qu’entre eux, une grande ressemblance. Eh bien ! De cette ressemblance entre les peuples, Posidonius conclut la ressemblance des noms eux-mêmes. Or, il est de fait que les peuples, que nous appelons Syriens, portent en syriaque le nom d’Arammæens, et qu’il y a de la ressemblance entre ce nom et ceux d’Arméniens, d’Arabes et d’Erembes, ce dernier nom n’étant peut-être bien qu’une épithète ou qualification particulière dont se servaient les anciens Grecs pour désigner les Arabes comme le sens étymologique du mot semblerait le donner à entendre. On s’accorde en effet généralement à dériver l’étymologie du mot d’Erembes des mots εἰς τἠν ἔραν ἐμβαίνειν (pénétrer, habiter sous terre). Seulement, avec le temps on aura à cette dénomination d’Erembes substitué la traduction plus claire de Troglodytes, nom qui désigne, comme on sait, la partie de la nation arabe établie sur le côté du golfe arabique attenant à l’Égypte et à l’Éthiopie. Ce sont donc ces Arabes, suivant toute vraisemblance, que le poète a voulu désigner sous le nom d’Erembes et ce qu’il dit du voyage de Ménélas en leur pays doit s’entendre sans doute comme ce qu’il dit du voyage d’Éthiopie, car les Erembes, ainsi que les Éthiopiens, étaient proches voisins de la Thébaïde. Ajoutons qu’en rappelant ce voyage et celui d’Éthiopie le héros ne pouvait avoir en vue les avantages commerciaux ou les riches présents qu’il en avait retirés (ces profits ayant été apparemment peu de chose), mais uniquement la longueur et le prestige même du voyage, car c’était alors une gloire réelle d’avoir pénétré aussi loin, témoin ce vers :

« Il a de beaucoup d’hommes visité les cités et observé les mœurs   (99); »

et ceux-ci encore :

« Mais j’ai dû beaucoup souffrir et longtemps errer sur mes vaisseaux pour rapporter tous ces trésors (100). »

Hésiode, il est vrai, dans son Catalogue, mentionne une certaine

« Fille d’Arabus, fils lui-même du bienfaisant Hermès et de Thronia, fille du roi Belus (101). »

Stésichore la nomme également, mais s’il est permis d’inférer de ce double témoignage que, du temps de ces poètes. la contrée en question avait déjà reçu en mémoire d’Arabus le nom d’Arabie, il peut bien se faire aussi que du temps des héros il n’en fût pas encore de même.

35. Quant à ceux qui ont imaginé de faire des Erembes soit une tribu particulière de la nation éthiopienne, soit une tribu de Céphènes, voire en troisième lieu une tribu de Pygmées, sans parler de mille autres fictions du même genre, s’ils nous paraissent mériter moins de confiance, c’est qu’indépendamment du peu de vraisemblance qu’offre la chose en soi ils font là une sorte de confusion de l’histoire et de la fable. Nous retrouvons cette même confusion chez ceux qui, voulant faire de l’Océan extérieur le théâtre des erreurs de Ménélas, placent les Sidoniens et naturellement aussi les Phéniciens sur les bords de la mer Persique ou sur tel autre rivage de l’Océan. A vrai dire, la façon dont ces auteurs se contredisent entre eux n’entre pas pour peu de chose dans l’incrédulité qu’ils rencontrent. Tandis que les uns, en effet, regardent les Sidoniens de notre mer intérieure comme une colonie des Sidoniens de l’Océan, ajoutant, qui plus est, que le nom de Phéniciens leur est venu de la couleur rouge des eaux de la mer extérieure, les autres affirment précisément l’inverse. Il en est aussi qui transportent l’Éthiopie dans notre Phénicie et font de Jopé le théâtre des aventures d’Andromède, non qu’ils ignorent la véritable situation des lieux en question, mais ils prétendent user des licences du genre mythique, comme ont fait Hésiode et tant d’autres que cite Apollodore. Seulement, en comparant aux fictions d’Homère les fictions de ces auteurs, Apollodore ne sait pas tenir la balance égale. Citant, par exemple, comme terme de comparaison, ce qu’Homère raconte et du Pont et de l’Égypte, il en tire contre le poète une accusation en règle d’ignorance : suivant lui, le poète a voulu dire la vérité, mais, loin de la dire, il a, faute de savoir, donné le faux pour le vrai. Or, nous le demandons, jamais personne se serait-il avisé d’accuser Hésiode d’ignorance, pour avoir parlé d’Hérnicynes, de Macrocéphales et de Pygmées  (102), quand Homère a pu user impunément de fictions semblables, et entre autres précisément de ce même mythe des Pygmées, quand en outre Alcman nous parle de Stéganopodes et Eschyle de Cynocéphales, de Sternophthalmes et de Monommates  (103), quand surtout nous tolérons tant d’ouvrages en prose, écrits soi-disant dans le genre historique, et qui contiennent, sans que leurs auteurs l’avouent, tant de mythes véritables. C’est qu’en effet il saute aux yeux d’abord que c’est de propos délibéré et nullement par ignorance historique que les auteurs de ces ouvrages ont entremêlé de fables leurs récits, imaginant ainsi l’impossible afin de flatter le goût du public pour le merveilleux. Seulement, ce qui peut faire croire à leur ignorance, c’est qu’en général, et pour trouver plus aisément créance, ils ont choisi de préférence comme théâtre de leurs fictions les parties de la terre les plus mystérieuses et les plus ignorées. Au moins Théopompe a-t-il la bonne foi d’avouer ce qui en est : il déclare hautement qu’il mêlera plus d’une fois la fable à l’histoire, mieux seulement que n’ont su le faire Hérodote, Ctésias, Hellanicus et les différents historiens qui ont écrit sur l’Inde.

Artapan

« Artapan dit, dans son ouvrage sur les Juifs, que Joseph descendait d’Abraham, et était fils de Jacob.  L’emportant sur tous les antres par sa pénétration et sa prudence, ses frères conspirèrent contre lui; mais ayant découvert leur complot, il pria des Arabes du voisinage de l’emmener en Égypte : ceux-ci firent ce qu’il leur demandait; car les rois Arabes (du Nord) descendaient d’Israel, fils d’Abraham, frère d’Isaac (61). Étant arrivé en Égypte, et ayant été recommandé au roi, il fut chargé par lui de l’administration de tout ce pays, qu’avant lui, les Égyptiens cultivaient sans règles, parce que la terre n’avait pas été divisée;  …

 Aaron, frère de Moyson, ayant connu le piège tendu à son frère, lui conseilla de fuir en Arabie (troglodyte), ce qu’il fit, d’après son avis. En traversant le fleuve au près de Memphis, Chanethoth ayant eu avis de la fuite de Moyson, fit des dispositions pour qu’il pérît dans une embûche elle voyant venir à lui, il tira son glaive contre lui ; mais Moyson le prévenant saisit sa main, et tirant lui-même son épée, tua Chanetholh. Il se réfugia en Arabie (Troglodyte) et y vécut auprès de Raguel qui régnait dans ce pays : ce prince voulut faire la guerre aux Égyptiens dans l’intention de ramener Moyson et pour assurer un royaume à sa fille et à son gendre ; mais Moyson l’en empêcha, dans la prévoyance des dangers auxquels il exposerait ses compatriotes; cependant tout en défendant à Raguel de faire ouvertement la guerre, il fui conseilla d’ordonner aux Arabes de faire des incursions en Égypte. Vers le même temps Chenephré mourut, atteint le premier de tous les hommes de l’éiéphantiasis : il fut frappé de cette maladie pour avoir prescrit aux Juifs de ne se vêtir que d’étoffes de lin, leur interdisant les vêtements de laine, afin qu’étant plus en évidence, il pût se livrer contre eux à des actes d’injuste violence.

Manethon

tous de plus en plus avides de détruire jusqu’à la racine le peuple égyptien. 82 On nommait l’ensemble de cette nation Hycsos[35], c’est-à-dire « rois pasteurs ». Car « hyc » dans la langue sacrée signifie roi, et « sôs » veut dire pasteur au singulier et au pluriel dans la langue vulgaire ; la réunion de ces mots forme Hycsôs. » 83 D’aucuns disent qu’ils étaient Arabes. Dans une autre copie, il est dit que l’expression « hyc » ne signifie pas rois, mais indique, au contraire, des bergers captifs. Car « hyc », en égyptien, et « hac », avec une aspirée, auraient proprement le sens tout opposé de captifs. Cette explication me parait plus vraisemblable et plus conforme à l’histoire ancienne[36]8

Hérodote Livre 2 Euterpe : la Haute-Egypte ou la Thébaïde (Egypte hors Delta) est en Libye, l’Ethiopie est en partie en Libye (le bassin du Nil) en partie en Arabie (Troglodyte).

VIII. En allant d’Héliopolis vers le haut du pays, l’Égypte est étroite ; car, d’un côté, la montagne d’Arabie, qui la borde, tendant du septetrion vers le midi et le notus, prend toujours, en remontant, sa direction vers la mer Érythrée. On y voit les carrières où ont été taillées les pyramides de Memphis. C’est là que la montagne, cessant de s’avancer, fait un coude vers le pays dont je viens de parler ; c’est là que se trouve sa plus grande longueur : de l’orient à l’occident elle a, à ce que j’ai appris, deux mois de chemin, et son extrémité orientale porte de l’encens. De l’autre côté l’Égypte est bornée, vers la Libye, par une montagne de pierre couverte de sable, sur laquelle on a bâti les pyramides.

XV. Les Ioniens ont une opinion particulière sur ce qui concerne l’Égypte : ils prétendent qu’on ne doit donner ce nom qu’au seul Delta, depuis ce qu’on appelle l’Échauguette de Persée, le long du rivage de la mer, jusqu’aux Tarichées de Péluse, l’espace de quarante schènes ; qu’en s’éloignant de la mer l’Égypte s’étend, vers le milieu des terres, jusqu’à la ville de Cercasore, où le Nil se partage en deux bras, dont l’un se rend à Péluse, et l’autre à Canope. Le reste de l’Égypte, suivant les mêmes Ioniens, est en partie de la Libye, et en partie de l’Arabie. En admettant cette opinion, il serait aisé de prouver que, dans les premiers temps, les Égyptiens n’avaient point de pays à eux : car le Delta était autrefois couvert par les eaux, comme ils en conviennent eux-mêmes, et comme je l’ai remarqué ; et ce n’est, pour ainsi dire, que depuis peu de temps qu’il a paru. Si donc les Égyptiens n’avaient point autrefois de pays, pourquoi ont-ils affecté de se croire les plus anciens hommes du monde ? Et qu’avaient-ils besoin d’éprouver des enfants, afin de s’assurer quelle en serait la langue naturelle ? Pour moi, je ne pense pas que les Égyptiens n’ont commencé d’exister qu’avec la contrée que les Ioniens appellent Delta, mais qu’ils ont toujours existé depuis qu’il y a des hommes sur terre ; et qu’il mesure que le pays s’est agrandi par les alluvions du Nil, une partie des habitants descendit vers la basse Égypte, tandis que l’autre resta dans son ancienne demeure : aussi donnait-on autrefois le nom d’Égypte à la Thébaïde, dont la circonférence est de six mille cent vingt stades.

XVI. Si donc notre sentiment sur l’Égypte est juste, celui des Ioniens ne peut être fondé ; si, au contraire, l’opinion des Ioniens est vraie, il m’est facile de prouver que les Grecs et les Ioniens eux-mêmes ne raisonnent pas conséquemment lorsqu’ils disent que toute la terre se divise en trois parties, l’Europe, l’Asie et la Libye : ils devraient y en ajouter une quatrième, savoir, le Delta d’Égypte, puisqu’il n’appartient ni à l’Asie ni à la Libye ; car, suivant ce raisonnement, ce n’est pas le Nil qui sépare l’Asie de la Libye, puisqu’il se brise à la pointe du Delta, et le renferme entre ses bras, de façon que cette contrée se trouve entre l’Asie et la Libye.

XVIII. Le sentiment que je viens de développer sur l’étendue de l’Égypte se trouve confirmé par le témoignage de l’oracle de Zeus Ammon, dont je n’ai eu connaissance qu’après m’être formé cette idée de l’Égypte. Les habitants de Marée et d’Apis, villes frontières du côté de la Libye, ne se croyaient pas Égyptiens, mais Libyens (noirs africains). Ayant pris en aversion les cérémonies religieuses de l’Égypte, et ne voulant point s’abstenir de la chair des génisses (09), ils envoyèrent à l’oracle d’Ammon pour lui représenter qu’habitant hors du Delta, et leur langage étant différent de celui des Égyptiens, ils n’avaient rien de commun avec ces peuples, et qu’ils voulaient qu’il leur fût permis. de manger de toutes sortes de viandes. Le dieu ne leur permit point de faire ces choses, et leur répondit que tout le pays que couvrait le Nil dans ses débordements appartenait à l’Égypte, et que tous ceux qui, habitant au-dessous de la ville d’Éléphantine, buvaient des eaux de ce fleuve, étaient Égyptiens.

XIX. Or le Nil, dans ses grandes crues, inonde non seulement le Delta, mais encore des endroits qu’on dit, appartenir à la Libye (la Thébaïde), ainsi que quelques petits cantons de l’Arabie, et se répand de l’un et de l’autre côté l’espace de deux journées de chemin, tantôt plus, tantôt moins. 

Diodore Livre I Section 1 Abbé Terrasson : Troglodytes

XVII. Description géographique de l’Égypte,.… Cependant aucun écrivain n’a encore dit qu’il eût vu les sources du Nil ; ni qu’il eût parlé à aucun voyageur qui prétendît les avoir vues, de sorte qu’on n’a encore que des conjectures sur cette matière. Les prêtres d’Égypte (les faux du Delta) prétendent que ce fleuve prend son origine de l’Océan qui environne toute la terre, résolvant ainsi une difficulté par une autre et donnant un fait difficile à croire pour réponse à une question embarrassante. Les Troglodytes appelés Molgiens, que les chaleurs des lieux élevés qu’ils habitaient, ont fait retirer dans les demeures basses et couvertes qu’ils occupent aujourd’hui, allèguent des observations qui porteraient à conclure que le Nil se forme de plusieurs petites sources qui se rassemblent en un seul canal. Ils ajoutent même que ce sont ces sources différentes qui donnent au Nil une fécondité si générale. Les habitants de Meroé auxquels il semble qu’on pourrait s’en rapporter plus sûrement, puisqu’ils n’ont aucun commerce avec les peuples chez qui les fables ont pris naissance, et que d’ailleurs ils doivent être voisins des sources du Nil, les connaissent néanmoins si peu qu’ils appellent le fleuve même Artape (mot qui signifie en leur langue fleuve de ténèbres) pour marquer qu’ils avouent leur ignorance sur son origine et sur une grande partie de son cours. Le sentiment le plus vraisemblable pour nous, doit être celui où il paraîtra le moins de fictions ou de suppositions. Je sais qu’Hérodote plaçant la Libye à l’orient et à l’occident du Nil, écrit que les Libyens appelés Nalamones connaissent ce fleuve plus exactement qu’aucun autre peuple et dit sur leur rapport que le Nil prenant sa source dans un lac, traverse ensuite le pays immense de l’Éthiopie. Si Hérodote avait prouvé ce fait, ou que l’on pût croire les Libyens sur leur parole, c’est là ce qui paraît le plus approchant de la vérité.

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Le vrai nom du Continent noir est Kama, Libye, Ethérie, Atlantie ou Ethiopie :

Pline Histoire naturelle : le mot Afrique ne désignait pas tout le continent, mais seulement

[3] Maintenant comparons la grandeur des diverses parties du monde, quelque difficulté qui naisse de la diversité des auteurs: on s’en fera la meilleure idée, si l’on ajoute la longueur à la largeur (35). D’après cette manière de compter, la grandeur de l’Europe est de 8.294.000 pas. L’Afrique (pour prendre la moyenne des évaluations données par les auteurs) a en longueur 3.794.000 pas; la largeur dans la partie cultivée, n’excède jamais 250.000 pas; mais comme Agrippa l’estime dans la Cyrenaïque à 910.000 pas, y comprenant les déserts jusqu’à ce qu’on connaissait du pays des Garamantes, la somme qui entre en ligne de compte est de 4.608.000 pas.

[4] La longueur de l’Asie est, de l’aveu commun, de 6.375.000 (V, 9 ); la largeur, qui doit s’en compter depuis la mer Éthiopienne jusqu’à Alexandrie, située près du Nil, de manière à passer par Méroé et Syène, est de 1.875.000. En résumé, l’Europe est plus grande que l’Asie, d’un peu moins de la moitié de l’Asie, et plus grande que l’Afrique d’une fois l’Afrique et un sixième.

[5] En réunissant toutes ces sommes, on verra que l’Europe est un peu plus du tiers et un huitième de la terre entière, que l’Asie en est le quart et un quatorzième et l’Afrique le cinquième et un soixantième.

[8] De plus, il dit que les habitants des bords du Nil depuis Syène jusqu’à Méroé sont non des Éthiopiens, mais des Arabes; que la ville d’Héliopolis, qui, avons-nous dit dans la description de l’Égypte (V, 9, 3), est non loin de Memphis, a aussi les Arabes pour fondateurs. Il y a même des auteurs qui enlèvent la rive ultérieure du Nil à l’Éthiopie, et l’adjoignent à l’Afrique, dont les habitants se seraient répandus sur les deux rives à cause de l’eau. Quant à nous, laissant à chacun le soin de se faire une opinion là-dessus, nous allons énumérer les villes dans l’ordre de leur situation sur l’un et l’autre bord.

[11] Reprenons la côte (VI, 34, 5) au point où nous l’avons quittée : des montagnes continues rouges, et paraissant enflammées. Toute cette contrée est au-dessus des Troglodytes et de la mer Rouge à partir de Méroé. Pendant trois jours de marche, de Napata à la mer Rouge, de l’eau de pluie est conservée en plusieurs lieux pour la boisson, et le pays intermédiaire est très fécond en or. Au delà sont les Atabules, nation éthiopienne; puis, en face de Meroé, les Mégabares, nommés par quelques-uns Adiabares, et occupant la ville d’Apollon: une partie d’entre eux est nomade, et se nourrit de chair d’éléphant ;

[12] en face, sur le côté africain, les Macrobiens; de l’autre côté, à partir des Mégabares, les Memnons et les Davelles, les Critenses à une distance de vingt jours de marche; au delà les Doches, puis les Gymnètes toujours nus; les Andères, les Mathites, les Mésagèbes, les Hipporéens, d’une couleur noire et se mettant sur tout le corps une couche de rouge; sur le côté africain, les Médimnes; les Nomades vivant du lait des singes cynocéphales, les Olabes, les Syrbotes, qui sont, dit-on, hauts de huit coudées (VII, 2).

[18] D’après Agrippa, le pays entier des Éthiopiens avec la mer Rouge, a en long 2.170.000 pas; en large, avec l’Égypte supérieure, 1.298.000. Quelques uns ont détaillé ainsi la longueur : de Meroé à Sirbitum, une navigation de douze jour-nées; de là aux Davelles, douze; des Davelles à l’océan Éthopique, six jours de marche; en somme la plupart des auteurs s’accordent à compter, de l’Océan à Méroé, 625.000 pas; de là à Syène il y a la distance que nous avons indiquée (VI, 35, 6). L’Éthiopie est orientée du levant d’hiver au couchant d’hiver; la partie qui est au midi a de vastes forêts ou l’ébène domine; dans son milieu, une haute montagne, penchée sur la mer, brûle de feux éternels; les Grecs l’ont appelée Théon ochéma (Char des dieux). De là, en quatre jours de navigation, on arrive au promontoire nommé Hesperion ceras (Corne occidentale), touchant à l’Afrique, près des Éthiopiens hespériens. Quelques-uns placent aussi dans ces parages des collines d’une médiocre hauteur, couvertes d’ombrages agréables, et séjour des Aegipans et des Satyres (V, 8).

[2] (XXXIV.) Le premier commence à la partie de l’Inde tournée vers le midi : il s’étend jusqu’à l’Arabie et aux riverains de la mer Rouge; il comprend la Gédrosie, la Perse, la Carmanie, l’Élymaïde, la Parthyène, l’Arie, la Susiane, la Mésopotamie, Séleucie surnommée Babylonienne, l’Arabie jusqu’à Pétra, la Coele Syrie, Péluse, la partie inférieure de l’Égypte, ce qu’on appelle la Chora (région) d’Alexandrie, les parties maritimes de l’Afrique, toutes les villes de la Cyrénaïque, Thapsus, Adrumetum, Clupea, Carthage, Utique, les deux Hippones, la Numidie, les deux Mauritanies, la mer Atlantique, les Colonnes d’Hercule. Dans cette zone, au jour de l’équinoxe, à midi, l’indice qu’on appelle gnomon, de 7 pieds de long, ne donne pas une ombre de plus de 4 pieds; la nuit la plus longue et le jour le plus long sont de 14 heures équinoxiales; les plus courts, de 10 heures.

https://terraesanctuary.weebly.com/articles/lanimisme-berbere

Périple de la Mer Erythrée, Pline l’ancien : Les libyens de l’Azania (Zandj) jusqu’en Afrique du Sud : Ce périple ne parle jamais d’éthiopiens  

… 17. On importe, dans les comptoirs d’Azania, des objets façonnés en majeure partie à Mouza : lances, hachettes, coutelas et alênes,[69] différentes sortes de verre; et à quelques endroits un peu de vin et de blé, pas pour le commerce, mais serviront pour s’assurer de la bienveillance des barbares. On exporte de ces endroits beaucoup d’ivoire, mais de qualité inférieure à celui d’Adulis, de la corne de rhinocéros et de l’écaille de tortue (qui est la plus recherchée après celle de l’Inde) et un peu d’huile de palme.[70]18. Et ces marchés d’Azania sont les derniers du continent qui s’étend plus loin du côté droit depuis Bérénice ; car au-delà de ces endroits, l’océan inexploré se déploie vers l’ouest et, courant le long des régions du littotal méridional de l’Ethiopie, de la Libye et de l’Afrique du Sud, va rejoindre à la mer occidentale.[71]

https://remacle.org/bloodwolf/erudits/anonyme/periple1.htm#_ftnref74

Les Libyens des textes classiques (égyptiens, grecs, hébreux etc) étaient des noirs

Ethymologie des mots ‘libyens’, ‘éthiopiens’ et ‘noirs ou nègres’

Préhambule : quand nous parlons de libyens ou Libye, dans ce livre, nous ne parlons pas de « la République arabe de Libye » créé en 1969 et dont le territoire est une création des européens ou occidentaux à travers l’ONU en 1945 à partir de la Tripolitaine réunie à la Cyrénaique et le Fezan sous le nom de Royaumes-Unis de Libye. Ici, nous parlons de l’entendement, du contenu sémentique ou signification du mot Libye ou libyens dans l’esprit des grecs et des anciens depuis l’antiquité. Le mot libyens signifiait autochtones africains pour les grecs, et tous les africains étaient noirs jusqu’au temps d’Hérodote.

Ethymologie du mot Libye des textes classiques grecs et biblique

Libye : sens en lingustique

La principale explication est que le mot Libye est simplement un ethnnyme de plusieurs peuples en afrique dont les plus fameux sont les Libou du Sénégal qui vivent dans la région de Dakar, c’est-à-dire la corne hespérienne qui est le lieu mythique de naissance d’Osiris fils d’Hammon (selon Denys de Millet cité par Diodore). Flavius Joseph (AJ Livre 1) quand à lui dit que l’équivalent hébreux du mot Libye est le mot Fouta tout comme le mot hébreu Choush est traduit en Ethiopie en grec LXX. Flavius associe clairement le Fouta à la région du fleuve des Fouta (Djalon, Toro etc), c’est-à-dire la région qui va sud de la Mauritanie, passe par le Sénégal pour finir dans le Fouta Djalon en Guinée où se trouve les sources du fleuve.

Le pays de Phout de la bible est le Fouta Djalon, …, le Fouta Toro de la Guinée Konacry avec le Nord et l’Est du Sénégal et le Sud de la Mauritanie, une région dominé par les Sérères, les Wolofs et les Peulhs qui ont généralement des lèvres plus fines moins épaisses, le nez saillants les cheveux moins crépus, souvent prèsque plates ou avec des boucles au diamètre plus larges comme beaucoup d’individus en Egypte antique. Flavius AJ L1 Ch VI parlant de Phout de Gn 10v6 a prononcé Fouté qui est au pays de noirs appelé maures LXX, Φούδ;  Phouta  Hébreu Gn 10v6. D’après Flavius les mots Foutée et Libye sont synonimes ce qui est vrai car la septante traduit le mot Phout par Lybie dans pratiquement tous les versets concernés le long de la Bible.

D’après Denys de Millet rapporté par Diodore BH L3 Ch 66,67, Osiris est né au pays de l’ethnie sénégalaise des Libou (libyens !) dans la corne Hespérienne ou corne occidentale qui est la région de Dakar comme par hazard ! Etant donné que c’est uniquement le Lac Tchad qui est une mer intérieure devant ou au Sud du peuple des Gindanes voisin des Maces Tamacheq ou Touarègues noirs du Niger et au Sud (au dessus) des Troglodytes-éthiopiens. Le lac Tchad est la seule mer intérieure en Afrique à l’Ouest du Nil. Le Tritonis ou Tritonia qui est le pays où Osiris a grandit en Afrique selon les textes classiques grecs ne peut etre que la région du Lac Tchad avec le fleuve qui passe par Kano au Nigéria et se jète dans le Lac Tchad. La ville de Nyse dans les textes classiques d’Hérodote et de Diodore désigne donc la ville de Kano au temps de la civilisation Nok.

Le mot Libye pourrait etre une mauvaise prononciation du mot africain Nubie par les peuples indo-européens grecs et perses. En effet, nous avons le meme phénomène avec des mots Lingala et Bangala qui est une mauvaise prononciation des mots Ningala et Baningala (ba-ngalo avec ngola = Angola) par les missionnaires catholiques. Nous avons aussi le mot Ninja qui était prononcé Linja parfois en Europe. Le contenu sémentique du mot Libye chez les auteurs classiques grecs de Hérodote à Diodore est quasiment le meme que le mot Nubie des auteurs classique grecs et latins tardifs. La mutation du M en B et du N en L se voit aussi dans les dérivés de la racine indo-européeenne désignant la couleur du Miel des mélanodermes (Mélas, Mélanos, Mauros en grec, Black, brune en anglais ou en francais). Le 1 er Pharaon de la 1 ère dynastie appelé Ménès (ou Ménos voir Ramessé IV) par Manéthon est aussi nommé Bélos dans la mythologie grecque chez Apollodore Livre III, 1, 1.

Le mot Libye désigne donc tout le continent Afrique alors que le mot éthiopies désigne deux régions de l’Afrique à savoir le Soudan (Ethiopie de l’Est) et le sud du bassin du fleuve Niger (Ethiopie de l’Ouest ou Hespéria).

Hérodote citant de meme le roi des Cyréniens nous informe aussi que les Pygmées vivant aux sources du Nil en Ouganda sont aussi sur un territoire faisant partie de la Libye de meme que l’Afrique du Sud (Hérodote Livre 4 Ch XLII) des peuples Zulu où le Soleil se lève toujours par la droite. Hérodote (IV, 168) mentionne les Adurmakhidae comme le peuple de libyens le plus oriental qu’on trouve avant le Delta du Nil (l’Egypte). Or Silius Italicus (Pun., IX, 223-225)en fait des riverains du Nil qui se protègent des ardeurs du soleil leur corps noirci (corpora nigrantia). L’auteur des Punica, fort bien documenté nous fournit ici une indication intéressante. Il est remarquable que Ptolémée, dans sa Géographie, compte les Nubae* à la fois parmi les populations de la vallée du Nil (IV, 7, 10, éd. C. Müller, p. 781) et parmi celles de la Libye intérieure (IV, 6, 5, p. 744), en fait le Sahara. La preuve qu’il considérait les Nubae comme issus des déserts occidentaux, c’est qu’il les localise par deux fois au voisinage des « Fosses garamantiques » (IV, 6, 5, p. 744 ; 6, 6, p. 748), qu’il faut sans doute identifier au Wadi el Agial la vallée encaissée où s’élevaient les villes des Garamantes* (les Zarmas du Niger, Bénin et Nigéria) dont les restes archéologiques subsistent à Djerma et à Zinchecra en Afrique du Nord (Ch. Daniels, The Garamantes of Southern Libya, Stoughton, 1970, p. 17 et pl. 2 et 3).Selon Silius Italicus (1 er siecle ap EC), des Éthiopiens et des Nubae brûlés par la fureur féroce du soleil faisaient partie des troupes rassemblées par Hannibal, roi punique de Carthage (Tunisie).

Libye, Egypte : mythologie et géographie selon Hérodote

Dans la mythologie grecqueLibye, fille d’Épaphos et de Memphis, fut aimée par Poséidon, de qui elle eut Agénor (roi de Phénicie), Bélos (roi d’Égypte) et Lélex (roi de Mégaride).

Selon Isocrate1, elle est la première entre toutes les femmes qui, ayant possédé un royaume, a donné son nom au territoire qu’elle gouvernait : la « Libye antique » c’est-à-dire le continent Africain.

Libye est également la mère de Calliste par son mari Triton2. Triton est situé en Afrique de l’Ouest ou Hespéria selon Hérodote et Diodore.

Dans la mythologie grecque Uchorée ou Uchoréos, grec Οὐχορεύς, est un roi d’Égypte, le 8e successeur d’Osymandias, et probablement l’un des rois d’une des dynasties thébaines. Selon Diodore de Sicile, il fonda Memphis qu’il aurait ainsi appelée en l’honneur de sa fille, qui portait le même nom. Cette dernière aurait été l’amante du Nil et en aurait eu Égyptos, qui succéda à son aïeul.

Epaphos (personnage de la mythologie grecque), fils de Zeus et d’Io, fut enlevé après sa naissance par la jalouse Héra, et livré aux Curètes; mais Zeus irrité tua ses gardiens et le délivra. Devenu grand, Epaphos eût querelle avec Phaéton, prétendant que celui-ci n’était pas fils du Soleil, comme il s’en vantait : ce fut l’a l’origine du malheur de Phaéthon. Selon quelques mythologues, il devint roi d’Égypte, fonda Memphis et fut adoré comme dieu : le mot Epaphos est en effet le nom grec du dieu égyptienApis.

Dans la mythologie grecqueBélos ou Bélus (en grec ancien Βῆλος / Bélos), fils de Poséidon et de Libye, était un roi africain. Il fut marié à Anchinoé, avec qui il eut les jumeaux Danaos et Égyptos, ainsi que Céphée et Phinée (selon Euripide).

Hérodote, Histoire Livre 2

IV. Quant aux choses humaines, ils me dirent tous unanimement que les Égyptiens avaient inventé les premiers l’année, et qu’ils l’avaient distribuée en douze parties, d’après la connaissance qu’ils avaient des astres. Ils me paraissent en cela beaucoup plus habiles que les Grecs, qui, pour conserver l’ordre des saisons, ajoutent au commencement de la troisième année un mois intercalaire ; au lieu que les Égyptiens font chaque mois de trente jours, et que tous les ans ils ajoutent à leur année cinq jours surnuméraires, au moyen de quoi les saisons reviennent toujours au même point. Ils me dirent aussi que les Égyptiens s’étaient servis les premiers des noms des douze dieux, et que les Grecs tenaient d’eux ces noms ; qu’ils avaient les premiers élevé aux dieux des autels, des statues et des temples, et qu’ils avaient les premiers gravé sur la pierre des figures d’animaux ; et ils m’apportèrent des preuves sensibles que la plupart de ces choses s’étaient passées de la sorte. Ils ajoutèrent que Ménès (03) fut le premier homme qui eût régné en Égypte; que de son temps toute l’Égypte (le Delta), à l’exception du nome Thébaïque (Memphis à Elephantine), n’était qu’un marais ; qu’alors il ne paraissait rien de toutes les terres qu’on y voit aujourd’hui au-dessous du lac Moeris, quoiqu’il y ait sept jours de navigation depuis la mer jusqu’à ce lac, en remontant le fleuve.

XVIII. Le sentiment que je viens de développer sur l’étendue de l’Égypte se trouve confirmé par le témoignage de l’oracle de Zeus Ammon, dont je n’ai eu connaissance qu’après m’être formé cette idée de l’Égypte. Les habitants de Marée et d’Apis, villes frontières du côté de la Libye, ne se croyaient pas Égyptiens, mais Libyens. Ayant pris en aversion les cérémonies religieuses de l’Égypte (le Delta), et ne voulant point s’abstenir de la chair des génisses (09), ils envoyèrent à l’oracle d’Ammon pour lui représenter qu’habitant hors du Delta, etleur langage étant différent de celui des Égyptiens, ils n’avaient rien de commun avec ces peuples, et qu’ils voulaient qu’il leur fût permis. de manger de toutes sortes de viandes. Le dieu ne leur permit point de faire ces choses, et leur répondit que tout le pays que couvrait le Nil dans ses débordements appartenait à l’Égypte, et que tous ceux qui, habitant au-dessous de la ville d’Éléphantine, buvaient des eaux de ce fleuve, étaient Égyptiens.

XCIX. J’ai dit jusqu’ici ce que j’ai vu, ce que j’ai su par moi-même, ou ce que j’ai appris par mes recherches.

Je vais maintenant parler de ce pays selon ce que m’en ont dit les Égyptiens; j’ajouterai aussi à mon récit quelque chose de ce que j’ai vu par moi-même. Ménès, qui fut le premier roi d’Égypte, fit faire, selon les prêtres, des digues à Memphis (59). Le fleuve, jusqu’au règne de ce prince, coulait entièrement le long de la montagne sablonneuse qui est du côté de la Libye ; mais, ayant comblé le coude que forme le Nil du côté du midi, et construit une digue environ à cent stades au-dessus de Memphis, il mit à sec son ancien lit, et lui fit prendre son cours par un nouveau canal, afin qu’il coulât à égale distance des montagnes ; et encore aujourd’hui, sous la domination des Perses, on a une attention particulière à ce même coude du Nil, dont les eaux, retenues par les digues, coulent d’un autre côté, et on a soin de les fortifier tous les ans. En effet, si le fleuve venait à les rompre, et à se répandre de ce côté-là dans les terres, Memphis risquerait d’être entièrement submergée. Ménès, leur premier roi, fit bâtir, au rapport des mêmes prêtres, la ville qu’on appelle aujourd’hui Memphis, dans l’endroit même d’où il avait détourné le fleuve, et qu’il avait converti en terre ferme ; car cette ville est aussi située dans la partie étroite de l’Égypte. Le même lit creuser au nord et à l’ouest de Memphis un lac qui communiquait avec le fleuve, n’étant pas possible de le faire à l’est, parce que le Nil s’y oppose ; enfin il éleva dans la même ville un grand et magnifique temple en l’honneur de Vulcain. …

XV. Les Ioniens (les grecs) ont une opinion particulière sur ce qui concerne l’Égypte: ils prétendent qu’on ne doit donner ce nom qu’au seul Delta, depuis ce qu’on appelle l’Échauguette de Persée, le long du rivage de la mer, jusqu’aux Tarichées de Péluse, l’espace de quarante schènes ; qu’en s’éloignant de la mer l’Égypte s’étend, vers le milieu des terres, jusqu’à la ville de Cercasore, où le Nil se partage en deux bras, dont l’un se rend à Péluse, et l’autre à Canope. Le reste de l’Égypte (en dehors du Delta), suivant les mêmes Ioniens, est en partie de la Libye (de Memphis à Eléphantine), et en partie de l’Arabie (la péninsul du Sinai). En admettant cette opinion, il serait aisé de prouver que, dans les premiers temps, les Égyptiens (les habitants du Delta) n’avaient point de pays à eux : car le Delta était autrefois couvert par les eaux, comme ils en conviennent eux-mêmes, et comme je l’ai remarqué ; et ce n’est, pour ainsi dire, que depuis peu de temps qu’il a paru. Si donc les Égyptiens n’avaient point autrefois de pays, pourquoi ont-ils affecté de se croire les plus anciens hommes du monde ? Et qu’avaient-ils besoin d’éprouver des enfants, afin de s’assurer quelle en serait la langue naturelle ? Pour moi, je ne pense pas que les Égyptiens n’ont commencé d’exister qu’avec la contrée que les Ioniens appellent Delta, mais qu’ils ont toujours existé depuis qu’il y a des hommes sur terre ; et qu’il mesure que le pays s’est agrandi par les alluvions du Nil, une partie des habitants descendit vers la basse Égypte (le Delta), tandis que l’autre resta dans son ancienne demeure : aussi donnait-on autrefois le nom d’Égypte à la Thébaïde (de Memphis à Eléphantine), dont la circonférence est de six mille cent vingt stades.

XVI. Si donc notre sentiment sur l’Égypte est juste, celui des Ioniens ne peut être fondé ; si, au contraire, l’opinion des Ioniens est vraie, il m’est facile de prouver que les Grecs et les Ioniens eux-mêmes ne raisonnent pas conséquemment lorsqu’ils disent que toute la terre se divise en trois parties, l’Europe, l’Asie et la Libye : ils devraient y en ajouter une quatrième, savoir, le Delta d’Égypte, puisqu’il n’appartient ni à l’Asie ni à la Libye ; car, suivant ce raisonnement, ce n’est pas le Nil qui sépare l’Asie de la Libye, puisqu’il se brise à la pointe du Delta, et le renferme entre ses bras, de façon que cette contrée se trouve entre l’Asie et la Libye. …

CLIII. Psammitichus, devenu maître de toute l’Égypte, construisit à Memphis les portiques du temple de Vulcain qui sont du côté du midi. Vis-à-vis de ces portiques il fit faire à Apis un bâtiment où on le nourrit quand il s’est manifesté. C’est un péristyle orné de figures, et soutenu de colosses de douze coudées de haut, qui tiennent, lieu de colonnes. Le dieu Apis est celui que les Grecs appellent en leur langue Épaphus.

APOLLODORE : Agénor, Bélos, Europe, Cadmos, Phénix, Cilix

Ugo Bratelli, 2001

Livre II, 1, 4

II, 1, 4. Épaphos reçut le royaume d’Égypte et épousa Memphis, la fille du Nil, et, en son honneur, il fonda la ville de Memphis. D’elle il eut une fille, Libye, qui donna son nom au territoire appelé précisément Libye. La jeune fille s’unit à Poséidon et enfanta deux jumeaux, Agénor et Bélos. Agénor se rendit en Phénicie et en devint le roi : il fut le chef de ligne d’une dynastie célèbre, et nous en parlerons par la suite. Bélos, quant à lui, demeura en Égypte, et en assuma le pouvoir ; il épousa Anchinoé, la fille du Nil ; elle lui donna deux jumeaux, Égyptos et Danaos (suivant Euripide, Bélos eut deux autres fils, Céphée et Phinée). Bélos établit Danaos en Libye, et Égyptos en Arabie ; Égyptos, par la suite, assujettit le territoire des Mélampodides, et l’appela Égypte, de son nom. Il eut de nombreuses épouses, et cinquante garçons naquirent ; Danaos, pour sa part, eut cinquante filles. Quelque temps après, les deux frères se disputèrent le pouvoir. Danaos craignait les fils d’Égyptos et, c’est pourquoi, sur le conseil d’Athéna, il construisit un navire (il fut le premier à le faire), y embarqua ses filles et prit la fuite. Il passa par Rhodes, et il y éleva une statue à Athéna Lindia. Puis il gagna Argos, où le roi Gélanor lui céda le trône. Mais cette terre était frappée de sécheresse, car Poséidon avait tari toutes les sources : il était irrité contre Inachos qui avait témoigné que la région tout entière était la propriété d’Héra.Danaos envoya ses filles chercher de l’eau. L’une d’elle, Amymoné, lors de ses recherches, chassa un cerf et l’atteignit ; c’est comme cela qu’elle réveilla un Satyre ; aussitôt ce dernier se leva et chercha à la violer. Mais Poséidon apparut, et le Satyre s’enfuit. Amymoné s’unit à Poséidon en personne, et le dieu lui révéla où trouver les sources dans les parages de Lerne.

Livre III, 1, 1

III, 1, 1. Après avoir raconté l’histoire de la descendance d’Inachos, en partant de Bélos jusqu’aux Héraclides, parlons à présent de la famille d’Agénor. Comme nous l’avons dit, Libye eut de Poséidon deux fils, Bélos et Agénor. Bélos régna sur l’Égypte et eut les fils que nous avons déjà nommés ; Agénor, lui, se rendit en Phénicie ; il épousa Téléphassa et eut une fille, Europe, et trois garçons : Cadmos, Phénix, et Cilix. Certains disent qu’Europe n’était pas la fille d’Agénor, mais celle de Phénix. Zeus tomba amoureux d’elle ; il se transforma en un doux taureau, fit monter la jeune fille sur sa croupe et la mena, par mer, jusqu’en Crète, où ils s’unirent. Europe mit au monde Minos, Sarpédon et Rhadamanthe ; mais Homère affirme que Sarpédon naquit de Zeus et de Laodamie, la fille de Bellérophon. Après la disparition d’Europe, son père Agénor envoya ses fils à sa recherche, en leur disant de ne pas revenir avant de l’avoir trouvée. Sa mère Téléphassa, elle-même, partit à sa recherche, et même Thasos, le fils de Poséidon ou, peut-être, selon Phérécyde, de Cilix. Ils cherchèrent partout, mais ils ne réussirent pas à la trouver. Ils ne pouvaient revenir chez eux, et ainsi ils restèrent vivre chacun dans une terre différente. Phénix s’établit en Phénicie ; Cilix s’arrêta dans une région confinant avec la Phénicie, et, à partir de son nom, il appela Cilicie toute la région arrosée par le fleuve Pyramos ; Cadmos et Téléphassa, eux, s’établirent en Thrace. Thasos, lui aussi, s’arrêta en Thrace, il colonisa l’île de Thasos et y fonda une ville.

In Greek mythologyArabius or Arabus (Ancient Greek: Ἀράβιος or Ἄραβος[1]) may refer to the following distinct or identical individuals:

Notes[edit]

  1. ^ Strabo1.2.34 (Greek)
  2. ^ HesiodEhoiai fr.15; Strabo, 1.2.34
  3. ^ Antoninus Liberalis40
  4. ^ Gantz, p. 208.
  5. ^ Murray, John (1833). A Classical Manual, being a Mythological, Historical and Geographical Commentary on Pope’s Homer, and Dryden’s Aeneid of Virgil with a Copious Index. Albemarle Street, London. p. 19.
  6. ^ Pliny the ElderNaturalis Historia 7.56–57 p. 196

Strabon, Géographie livre I :

34. Sur les Erembes maintenant que n’a-t-on point dit ! Mais de toutes les opinions émises la plus vraisemblable est celle qui veut que sous ce nom le poète ait désigné les Arabes. Zénon, notre Zénon, va plus loin, et corrigeant le texte d’Homère il lit le vers ainsi :

« Tour à tour je visitai Éthiopiens, Sidoniens, ARABES [au lieu d’Erembes] ».

Il n’est pas nécessaire pourtant de changer cette leçon, qui est assurément fort ancienne ; mieux vaut croire que c’est le nom lui-même qui a éprouvé quelqu’une de ces altérations si fréquentes, si communes dans toutes les langues; et c’est précisément ce que certains grammairiens cherchent à mettre en lumière par la comparaison des lettres dans l’une et dans l’autre forme. Pour nous, nous serions tenté de préférer, comme plus sûr encore, le procédé de Posidonius, qui, même dans le cas présent, a cru devoir consulter la parenté et l’affinité primordiale des peuples pour retrouver l’étymologie du nom. Il est constant, en effet, que les nations arménienne, syrienne, arabe ont entre elles beaucoup de cette affinité et comme un air de famille qui se manifeste dans leurs langues, leurs genres de vie et leurs caractères physiques, là surtout où elles se trouvent être proches voisines, en Mésopotamie par exemple, pays dont la population appartient précisément à ces trois nations et où naturellement la ressemblance entre elles éclate davantage. Car, en admettant même que, par le fait des climats ou de la position géographique, il y ait quelque différence sensible des populations plus septentrionales aux populations méridionales et des unes et des autres aux populations intermédiaires, les caractères communs ne laissent pas que de prédominer. Ajoutons que les Assyriens et les Ariens offrent avec ces mêmes peuples, aussi bien qu’entre eux, une grande ressemblance. Eh bien ! De cette ressemblance entre les peuples, Posidonius conclut la ressemblance des noms eux-mêmes. Or, il est de fait que les peuples, que nous appelons Syriens, portent en syriaque le nom d’Arammæens, et qu’il y a de la ressemblance entre ce nom et ceux d’Arméniens, d’Arabes et d’Erembes, ce dernier nom n’étant peut-être bien qu’une épithète ou qualification particulière dont se servaient les anciens Grecs pour désigner les Arabes comme le sens étymologique du mot semblerait le donner à entendre. On s’accorde en effet généralement à dériver l’étymologie du mot d’Erembes des mots εἰς τἠν ἔραν ἐμβαίνειν (pénétrer, habiter sous terre). Seulement, avec le temps on aura à cette dénomination d’Erembes substitué la traduction plus claire de Troglodytes, nom qui désigne, comme on sait, la partie de la nation arabe établie sur le côté du golfe arabique attenant à l’Égypte et à l’Éthiopie. Ce sont donc ces Arabes, suivant toute vraisemblance, que le poète a voulu désigner sous le nom d’Erembes et ce qu’il dit du voyage de Ménélas en leur pays doit s’entendre sans doute comme ce qu’il dit du voyage d’Éthiopie, car les Erembes, ainsi que les Éthiopiens, étaient proches voisins de la Thébaïde. Ajoutons qu’en rappelant ce voyage et celui d’Éthiopie le héros ne pouvait avoir en vue les avantages commerciaux ou les riches présents qu’il en avait retirés (ces profits ayant été apparemment peu de chose), mais uniquement la longueur et le prestige même du voyage, car c’était alors une gloire réelle d’avoir pénétré aussi loin, témoin ce vers :

« Il a de beaucoup d’hommes visité les cités et observé les mœurs   (99); »

et ceux-ci encore :

« Mais j’ai dû beaucoup souffrir et longtemps errer sur mes vaisseaux pour rapporter tous ces trésors (100). »

Hésiode, il est vrai, dans son Catalogue, mentionne une certaine

« Fille d’Arabus, fils lui-même du bienfaisant Hermès et de Thronia, fille du roi Belus (101). »

Stésichore la nomme également, mais s’il est permis d’inférer de ce double témoignage que, du temps de ces poètes. la contrée en question avait déjà reçu en mémoire d’Arabus le nom d’Arabie, il peut bien se faire aussi que du temps des héros il n’en fût pas encore de même.

35. Quant à ceux qui ont imaginé de faire des Erembes soit une tribu particulière de la nation éthiopienne, soit une tribu de Céphènes, voire en troisième lieu une tribu de Pygmées, sans parler de mille autres fictions du même genre, s’ils nous paraissent mériter moins de confiance, c’est qu’indépendamment du peu de vraisemblance qu’offre la chose en soi ils font là une sorte de confusion de l’histoire et de la fable. Nous retrouvons cette même confusion chez ceux qui, voulant faire de l’Océan extérieur le théâtre des erreurs de Ménélas, placent les Sidoniens et naturellement aussi les Phéniciens sur les bords de la mer Persique ou sur tel autre rivage de l’Océan. A vrai dire, la façon dont ces auteurs se contredisent entre eux n’entre pas pour peu de chose dans l’incrédulité qu’ils rencontrent. Tandis que les uns, en effet, regardent les Sidoniens de notre mer intérieure comme une colonie des Sidoniens de l’Océan, ajoutant, qui plus est, que le nom de Phéniciens leur est venu de la couleur rouge des eaux de la mer extérieure, les autres affirment précisément l’inverse. Il en est aussi qui transportent l’Éthiopie dans notre Phénicie et font de Jopé le théâtre des aventures d’Andromède, non qu’ils ignorent la véritable situation des lieux en question, mais ils prétendent user des licences du genre mythique, comme ont fait Hésiode et tant d’autres que cite Apollodore. Seulement, en comparant aux fictions d’Homère les fictions de ces auteurs, Apollodore ne sait pas tenir la balance égale. Citant, par exemple, comme terme de comparaison, ce qu’Homère raconte et du Pont et de l’Égypte, il en tire contre le poète une accusation en règle d’ignorance : suivant lui, le poète a voulu dire la vérité, mais, loin de la dire, il a, faute de savoir, donné le faux pour le vrai. Or, nous le demandons, jamais personne se serait-il avisé d’accuser Hésiode d’ignorance, pour avoir parlé d’Hérnicynes, de Macrocéphales et de Pygmées  (102), quand Homère a pu user impunément de fictions semblables, et entre autres précisément de ce même mythe des Pygmées, quand en outre Alcman nous parle de Stéganopodes et Eschyle de Cynocéphales, de Sternophthalmes et de Monommates  (103), quand surtout nous tolérons tant d’ouvrages en prose, écrits soi-disant dans le genre historique, et qui contiennent, sans que leurs auteurs l’avouent, tant de mythes véritables. C’est qu’en effet il saute aux yeux d’abord que c’est de propos délibéré et nullement par ignorance historique que les auteurs de ces ouvrages ont entremêlé de fables leurs récits, imaginant ainsi l’impossible afin de flatter le goût du public pour le merveilleux. Seulement, ce qui peut faire croire à leur ignorance, c’est qu’en général, et pour trouver plus aisément créance, ils ont choisi de préférence comme théâtre de leurs fictions les parties de la terre les plus mystérieuses et les plus ignorées. Au moins Théopompe a-t-il la bonne foi d’avouer ce qui en est : il déclare hautement qu’il mêlera plus d’une fois la fable à l’histoire, mieux seulement que n’ont su le faire Hérodote, Ctésias, Hellanicus et les différents historiens qui ont écrit sur l’Inde.

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Hymne à Aton« Un Nil dans le ciel, c’est le don que tu as fait aux étrangers (sub-sahariens) … Tous les pays étrangers, si loin soient-ils, tu les fais vivre aussi, Tu as placé un Nil dans Heretqui descend pour eux, »

« avant d’avoir revu les bords du fleuve Aegyptus, de ce fleuve tombé du sein de Zeus (Amon)» (Od. IV, 581),

fait bien réellement naître le Nil des eaux du ciel». Strabon Livre XVII v 5

Une stèle de la 26e dynastie a également été récupérée sur le site antique de Dafnah (Daphnae) près du delta égyptien, qui contient une inscription indiquant que « lorsque la pluie tombe sur la montagne de Puth, le Nil est inondé ». C’est une claire allusion aux hautes terres d’Ouganda et de la région du Lac Tanganika, où prend sa source le Nil.

Le Texte d’Edfou, trouvé dans le Temple d’Horus à Edfou, et le Papyrus de Hunefer racontent l’histoire d’un « peuple des collines » qui devint les premiers colons de cette région. « Nous sommes venus du début du Nil où le dieu Hapi habite au pied des Montagnes de la Lune. » Les montagnes de la Lune sont probablement celles qui contiennent le lac Tanganika dans la région des grands lacs, à ​​l’origine du Nil. 

Un autre texte égyptien dit «  les montagnes de Puth le révèlent, lui le Dieu qui est caché ».

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Usage du mot Libye dans les textes classiques

Comme le toponyme « Libye », l’ethnique « Libyens » se caractérise par un usage assez flottant de la part des Anciens. Ne figurant pas dans l’épopée homérique, les Libyens devaient tout de même être connus des Grecs au plus tard depuis la colonisation de la « Libye », au VIIsiècle av. J.-C. (SEG IX 3), comme des voisins indigènes de leurs compatriotes cyrénéens (dans ce sens, Pind. Pyth. IX 105 et 117). Mais déjà chez Hécatée, les habitants d’autres régions nord-africaines sont aussi appelés « Libyens » (FgrHist 1 F 357 – si la ville de Melissa citée est vraiment à identifier avec la Melitta fondée par Hannon [peripl. 5, GGM I, p. 5], comme le suggèrent, entre autres, Jacoby dans son commentaire, p. 374, ainsi que Huß 1985, p. 77) ; Hérodote se réfère à Hécatée quand il divise les Libyens dans leur totalité en « nomades mangeurs de viande et buveurs de lait » (νομάδες κρεοφάγοι τε καὶ γαλακτοπόται) à l’est (IV 186, 1) et « cultivateurs » (ἀροτῆρες) à l’ouest du lac Triton jusqu’au delà du détroit de Gibraltar (IV 191, 1-3). À la fin de son « logos libyque », Hérodote énumère deux peuples nouveaux venus – les Grecs et les Phéniciens – et deux peuples indigènes – les Libyens au nord et les Aethiopes* au sud – habitant la « Libye » (IV 197, 2).Toponyme et ethnique se sont donc séparés dans leurs connotations géographiques : chez Hérodote comme dans les siècles suivants, le terme « Libyens » sert avant tout de nom collectif pour la population indigène de l’Afrique du Nord, se distinguant par son mode de vie non agraire et d’autres caractères par rapport aux Éthiopiens très souvent qualifiés de laboureurs.

2À côté de cette signification ethnique, les sources emploient le terme, selon le contexte, comme appellation purement géographique, d’abord pour les Grecs d’Afrique du Nord. Quand Sophocle parle de deux auriges « libyens » aux Jeux Pythiques (El. 701-702 ; cf. 727), il s’agit bel et bien de Grecs de Cyrénaïque, et le Λιβύων τῶν ἐν Κυρήνῃ θησαυρός dans la description d’Olympie chez Pausanias (VI, 19, 10) n’est évidemment rien d’autre que le trésor des Cyrénéens. Le nom Λίβυς / Λίβυσσα, souvent identifié à tort comme « nom d’esclave », est attesté partout dans le monde grec (Zimmermann 1996). Il serait absurde de postuler des origines cyrénéennes pour chacun des individus qui l’ont porté. Apparemment, des relations individuelles avec la « Libye » grecque, des associations d’idées quelconques ou simplement les tendances de la mode suffisaient aux parents, voire aux contemporains, pour choisir une telle dénomination.

3Les historiens des guerres puniques – notamment Polybe (cf., p. ex., I 65, 3 ; III 33, 15) – entendent par « Libyens » la population indigène tributaire de Carthage (dans ce sens déjà Xén. mem. II 1, 10), dont les contingents participaient aux campagnes de la métropole punique, et il n’est pas sans intérêt de constater que l’onomastique punique connaît, elle aussi, un nom Lby/Lbt (Benz 1972, p. 133 ; cf. Zimmermann 1999, p. 17). De cette époque même nous possédons, en revanche, un témoignage flagrant qui établit la polyvalence du terme : plusieurs séries de monnaies frappées par les insurgés pendant la révolte des mercenaires contre Carthage portent la légende ΛΙΒΥΩΝ – « (émission) des Libyens ».Tandis que les premières séries imitent simplement les types carthaginois antérieurs, à partir d’un moment donné on y trouve une iconographie purement grecque. De plus, selon Polybe, les Libyens indigènes se rallièrent à l’insurrection mais n’en furent point les initiateurs (I 70, 8-9). Tout porte à croire que le terme grec « Libyens » ainsi que les motifs grecs servirent d’identité à tous ceux – Ibères, Celtes, Ligures, Baléares, Grecs et Africains (Polyb. I 67, 7) – qui se retrouvèrent dans la lutte contre Carthage en « Libye » (Zimmermann 2001). Bientôt les Carthaginois eux-mêmes – y compris le Carthaginois par excellence Hannibal – devinrent « Libyens » (Strab. I 1, 17, C 10 ; Plut. Marc. 31, 8-9 ; App. Ib. 73 ; Arr. Ind. 43, 11 ; Zon. VIII 12) dans la terminologie grecque. Au début de notre ère, šd Lwbym – « territoire des Libyens » – dans la datation d’une inscription punique désigne sans ambiguïté l’Afrique proconsulaire (IPT 76, l. 2 ; cf. Lipiński 1992, p. 260) ; et l’empereur romain Septime Sévère fut appelé Λίβυς en raison de sa ville d’origine, Leptis Magna en Tripolitaine (Hérodien III 10, 6).

4Enfin, quelques composés méritent attention : Le terme grec « Libyphéniciens »*, attesté depuis Hécatée (FgrHist 1 F 338b), désignait initialement les Phéniciens habitant la Libye, ainsi que « Libyaethiopes »* (Oros. hist. I 2, 88) des Éthiopiens en Libye et « Sardolibyes » (FgrHist 90 Nicolas de Damas F 103r) des Libyens ou noirs en Sardaigne. Un équivalent punique inconnu, traduit par « Libyphéniciens » dans les sources (p. ex. Polyb. III 33, 15 ; Diod. XX 55, 4), devait se référer à la situation particulière des citoyens des villes phéniciennes en Afrique contrôlées par Carthage (cf. le « serment d’Hannibal » Polyb.VII 9, 5 : « ceux qui dépendent de Carthage et suivent les mêmes lois ») ; après la chute de Carthage, ce sens administratif céda la place à un usage plus général, englobant sous ce nom les populations établies entre les Syrtes et l’Algérie orientale (Strab. XVII 3, 19, C 835) – donc grosso modo dans les anciens domaines de Carthage – sans égard à leur ascendance. Seul Tite Live (XXI 22, 3 : mixtum Punicum Afrisgenus) emploie le mot dans le sens d’un amalgame ethnique entre Phéniciens et Libyens (cf. Huß 1985, p. 55-56, pour une liste des témoignages n. 16). Les « Libyarchai » (Ptol. IV 5, 21 ; cf. Libuarkhae*) et « Libyaigyptioi » (Ptol. IV 5, 26 ; cf. Libyes Aegyptii*) habitant respectivement la côte et les oasis à l’ouest de l’Égypte rappellent l’usage du toponyme « Libye » pour un district limitrophe, à l’ouest du Delta, ainsi que pour l’ouest de la vallée du Nil en général (voir « Libye (antique) », dans ce même fascicule), sans que des survivances de l’ethnique égyptien (voir « Lebu/Libu ») soient exclues.

Selon Silius Italicus (1 er siecle ap EC), des Éthiopiens et des Nubae brûlés par la fureur féroce du soleil faisaient partie des troupes rassemblées par Hannibal, roi punique de Carthage. L’armée d’Hannibal est indiquée par des preuves contemporaines de la campagne d’Italie des Carthaginois. Une monnaie en bronze associée à l’invasion de l’Italie par Hannibal conserve sur l’avers la tête d’un nègre, dont la race est clairement délimitée par son nez large, ses lèvres épaisses et ses cheveux crépus.

L’utilisation de noms différents à différentes périodes ajoute à la difficulté de démêler les rapports contradictoires et imprécis concernant les Nubae, les Nubatae et les Nubades. Eratosthène, tel que rapporté par Strabon, décrit les Nubae comme une grande tribu, non soumise aux Éthiopiens, vivant sur la rive gauche du Nil entre Méroé et la grande boucle du Nil. Strabon lui-même, cependant, inclut les Nubae, comme nous l’avons déjà dit, parmi les Éthiopiens qui vivent au-dessus de Syène. Les NubaeAethiopes sont localisés par Pline à une distance de huit jours de voyage d’une île (non localisée) des Sembritae sur le Nil.  » Les Nubae sont décrits comme exusti par Silius Italicus.7 Les preuves anciennes ont été interprétées comme indiquant deux divisions. de Nubae, un dans le désert occidental entre Méroé et Dongola et un autre au sud de Méroé.79 La mention par Ptolémée de Nubae non seulement au sud de l’Égypte mais aussi à l’intérieur de la Libye a également donné lieu à l’idée que les Nubae sont les libyens. À l’exception de la mention de Claudian selon laquelle les Nubae faisaient partie des troupes de Gildo, le terme Nubae disparaît au IIIe siècle et est remplacé plus tard par les Nubates, venus, selon Procope, d’Oasis (Kharga), et les Nubades. Les Nubades ou les Nubatae, bien que ce soit une question controversée, ont été considérés comme le même peuple que les Nubae. Les Nubatae, de l’avis de A. J. Arkell, n’avaient peut-être aucun lien avec les Nubae, et le mot peut avoir été dérivé de Napata.

Les Nubae (transcription du grec : Νοῦϐαι, Nubae en latin) n’ont à être mentionnés dans l’EB que dans la mesure où ils sont rangés par Ptolémée (G. IV, 6, 5, Müller : 744) parmi les grands peuples de la Libye Intérieure habitant le désert (p. 742), et non dans la vallée du Nil en Éthiopie subégyptienne, ou aux abords de celle-ci (sur les Nubae nilotiques, cf. Desanges, p. 194-196 ; sur les Nubatae/Noubades qui leur succédèrent en portant, selon nous, le même nom muni d’un élargissement en dentale, cf. id., p. 192-193). Ptolémée, qui ne qualifie pas les Nubae d’Éthiopiens, contrairement à d’autres grands peuples de Libye Intérieure, les situe aux abords occidentaux des Gorges garamantiques qu’il place à une dizaine de degrés seulement à l’ouest de la vallée du Nil. Il les mentionne à nouveau (IV, 6, 6 : 748) à l’est, semble-t-il, des Astakouri* et au voisinage de la montagne enserrant ces mêmes Gorges. Enfin il fait état d’un lac Nouba qui a la même longitude que les Gorges, mais est situé plus au nord : c’est le déversoir oriental d’un fleuve.

Les Ptolémées, en raison de leurs intérêts commerciaux et de leur activité militaire, ont étendu leur connaissance de l’Éthiopie et des Éthiopiens vivant au sud de l’Égypte et dans les régions d’Afrique de l’Est le long de la côte de la mer Rouge. Eratosthène (vers 275-194 av. J.-C.), par exemple, directeur de la Bibliothèque d’Alexandrie sous Ptolémée Euergète Ier, reflétait un élargissement des connaissances géographiques par sa description de ce qu’on appelle l’île de Méroé comme formée par la jonction de l’Astaboras et de l’île de Méroé. Astapus et par sa mention des Megabari, des Blemmyes, des Troglodytes et des Nubae.36 Eudoxe de Cyzique, qui avait été envoyé en mission honoraire auprès de Ptolémée VIII (Euergète II 170-163 et 145-116 av. J.-C.) aurait fait des visites non seulement à l’est mais aussi à l’ouest de l’Afrique. Au cours d’un voyage qui le conduisit, selon Posidonius cité par Strabon, dans les régions côtières de l’Éthiopie au-dessous de l’Égypte, Eudoxe dressa une liste des paroles prononcées par les habitants.

2On notera qu’au VIe siècle de notre ère, Cosmas Indicopleustès (Top. Chr. III, 66), dans un recensement des pays évangélisés, groupe étroitement Nubatae et Garamantes comme constituant implicitement une région, en face de l’Égypte, de la Libye, de la Pentapolis, de l’Afrikê et de la Maurétanie. Il ne peut s’agir que de l’Afrique désertique.

3En revanche, on constate avec quelque étonnement qu’en un troisième passage (IV, 7, 10 : 781), Ptolémée fait état de Nubae à l’ouest des Avalitae, riverains du Bab el-Mandeb et de la partie occidentale de la côte africaine du Golfe d’Aden, ce qui les situe sensiblement à l’est de la vallée du Nil, voire de l’Atbara. Malgré l’homonymie, s’agit-il de deux populations différentes ou doit-on supposer des branches séparées très anciennement du même peuple ?

Strabon :GEOGRAPHIE, LIVRE DIX-SEPT CHAPITRE I, L’EGYPTE ; Traduction française : Amédée TARDIEU : situation géographique des Troglodytes

2- «Le Nil, dit Eratosthène, est à 900 [ou] 1000 stades à l’ouest du golfe Arabique, et, [par la direction générale de son cours,] il rappelle assez bien la forme d’un N renversé. Après avoir, en effet, depuis Méroé, coulé droit au nord, sur un espace qui peut être évalué à 2700 stades, il change brusquement de direction, et, comme s’il voulait revenir aux lieux d’où il est parti, il coule vers le midi et le couchant d’hiver pendant 3700 stades environ, ce qui le ramène presque à la hauteur de Méroé et au coeur de la Libye ; mais alors, par un nouveau détour, il se remet à couler vers le nord, et, à une légère déviation près du côté du levant, conserve cette même direction l’espace de 5300 stades, jusqu’à la grande cataracte, atteint, 1200 stades plus loin, la petite cataracte ou cataracte de Syène, franchit un dernier espace de 5300 stades et débouche enfin dans la mer. Deux cours d’eau se jettent dans le Nil : ils viennent tous deux de certains lacs situés au loin dans l’est et enserrent une très grande île connue sous le nom de Méroé ; l’un de ces cours d’eau, appelé l’Astaboras, forme le côté oriental de ladite île ; on appelle l’autre l’Astapus. Toutefois quelques auteurs donnent à ce second cours d’eau le nom d’Astasobas, et appliquent le nom d’Astapus à un autre cours d’eau qu’ils font venir de lacs situés dans la région du midi et qu’ils considèrent en quelque sorte comme le tronc, autrement dit comme le cours principal et direct du Nil, ajoutant que c’est aux pluies de l’été qu’il doit ses crues périodiques». A 700 stades au-dessus du confluent de l’Astaboras et du Nil, Eratosthène place une ville nommée Méroé comme l’île elle-même, il parle aussi d’une autre île située encore plus haut que Méroé et qui serait occupée par les descendants de ces Egyptiens fugitifs, déserteurs de l’armée de Psammitichus, que les gens du pays appellent les Sembrites, comme qui dirait les Etrangers, population chez laquelle le pouvoir royal est exercé par une femme, qui elle-même reconnaît l’autorité du souverain de Méroé. Au-dessous de l’île des Sembrites, des deux côtés de Méroé, on rencontre différentes nations, et d’abord, sur la rive du Nil (j’entends sur celle des deux rives qui regarde la mer Erythrée), la nation des Mégabares et celle des Blemmyes, (cette dernière sujette des Ethiopiens, bien que limitrophe de l’Egypte) ; puis le long de la mer Erythrée, sur le rivage même, la nation des Troglodytes (ceux des Troglodytes qui habitent à la hauteur de Méroé se trouvent à 10 ou 12 journées de marche de distance du Nil). Sur la rive gauche du Nil, maintenant, et en pleine Libye, on rencontre les Nubae, nation considérable, qui commence à Méroé et s’étend jusqu’aux coudes ou tournants du fleuve. Indépendants des Ethiopiens, les Nubae forment un Etat à part, mais divisé en plusieurs royaumes. Quant au littoral de l’Egypte compris entre la bouche Pélusiaque du Nil et la bouche Canopique, il mesure une longueur de 1300 stades. …

53. Si l’Egypte dès l’origine a joui d’une paix ininterrompue, elle le doit à une double circonstance, à ce que les ressources qu’elle tire d’elle-même lui ont toujours suffi et à ce que ses abords sont très difficiles pour une armée venant du dehors : déjà protégée du côté du nord par la mer d’Egypte et par l’absence de ports et autres abris sur tout le littoral de cette mer, elle l’est encore à l’orient et au couchant par les solitudes de la double chaîne libyque et arabique, dont nous avons parlé plus haut. Enfin du côté du midi, au-dessus de Syène, elle se trouve avoir pour voisins les Troglodytes, les Blemmyes, les Nubae et les Mégabares, tous peuples éthiopiens qui mènent la vie nomade et ne sont en somme ni bien nombreux ni bien belliqueux, quoique les Anciens les aient jugés tels pour quelques actes de brigandage commis à l’égard de voyageurs sans défiance. Ajoutons que les Ethiopiens plus méridionaux, dont les possessions s’étendent dans la direction de Méroé, ne sont pas plus nombreux, qu’habitant cette longue, étroite et sinueuse vallée du Nil que nous avons décrite précédemment, ils n’ont pas réussi davantage à former un Etat uni et compacte, et qu’ils se trouvent par le fait aussi mal pourvus pour la guerre que pour les besoins et nécessités de la vie commune. Encore actuellement la même tranquillité règne dans toute l’Egypte, et ce qui le prouve, c’est que trois cohortes romaines, pas même complètes, suffisent à garder la frontière, et que, toutes les fois que les Ethiopiens ont osé prendre l’offensive, ils ont compromis leurs propres possessions. Dans le reste du pays non plus ou ne voit pas que les Romains entretiennent de bien grandes forces, les gouverneurs n’ont même jamais eu besoin de concentrer leurs troupes, tant les Egyptiens, eu dépit de leur nombre, tant leurs voisins aussi sont d’hutueur peu guerrière. Cornélius Gallus, le premier gouverneur établi en Egypte par César [Auguste] n’hésita pas à attaquer avec une poignée d’hommes Héroopolis qui s’était soulevée, et il la prit d’assaut. Il comprima de même en peu de temps une insurrection survenue en Thébaïde à cause des impôts. Plus tard Pétrone tint tête, rien qu’avec sa garde, à l’innombrable populace d’Alexandrie qui l’avait assailli à coups de pierres, il lui tua quelques hommes et dispersa aisément le reste. Enfin nous avons raconté l’expédition d’Aelius Gallus en Arabie à la tête d’une partie de la garnison d’Egypte, et cette expédition démontre en somme le peu de solidité des troupes arabes, car, sans la trahison de Sylla’us, Gallus eût infailliblement conquis toute l’Arabie Heureuse.

Ethymologie du mot Ethiopie des textes classiques grecs

Le mot Ethiopie comme le mot Congo ne signifie ni ‘noir’ ni ‘visage brulé’.Le mot Ethiopie (Aethiops) est un mot comparable aux mots Congos (Libreville ou Kinshassa) ou Guinée. Tout comme il y a des africains guinéens de l’Est (Guinée équatorial) et de l’Ouest (Guinées Conacry et Bisao), de meme, les textes classiques grecs parlent de deux éthiopies situés en Libye (Afrique) : l’Ethiopie de l’Ouest ou Hespéria qui est le pays d’origine d’Osiris et qui correspond à l’Afrique de l’Ouest, et l’Ethiopie Sub-égyptienne ou Ethiopie de l’Est qui correspond au Soudan. Ethymologiquement, au sens lingustique, Ethiops signifie de la face du Ciel ou Æther(αἰθήρ).Du grec ancien ΑἰθίοψAithiops composé de αἴθωaithō (« Ether ou Ciel ») et de ὤψōps (« air, face, surface »). Ainsi, éthiopiens signifie habitants du payscéleste.

Enfin, dans la mythologie ethnogonique égyptienne, les éthiopiens (Nehesiu) descendents d’Horus, or Horus est représenté avec une tete ou face d’Aigle(αετός, aetós), ce qui fait des fils d’Horus ou éthiopiens des fils du [dieu]à faced’aigle. Il y a aussi αιθός (Aethos) qui signifie ‘entrée’, hall ou couloir.

Pline, Histoire Naturelle

« Le continent entier a été appelé Æthérie, puis Atlantie, puis Éthiopie, d’Éthiops (Αἰθιοπίης,Horus l’Ancien) fils de Vulcain (Héphaitos ou Epaphos). »

Pline, Histoire Naturelle volume 1, Livre VI-XXXV

Vulcain (Epaphos, Héphaitos, Chango des yoruba ou Osiris) est lui-même fils de Zeus (Amon) et de Héra (ou de Héra seul). Il est le dieu du feu, de la forge et le saint patron des forgerons.

—« Vulcain, appelé aussi Opas, Aphalas ou Aphthas en Egypte, Hephestos en Grèce et Vulcanus à Rome, … Ethiops, donna son nom à l’Ethiopie dont les habitants de couleur noire sont caractérisés par cette désignation. » [Cf. Ovide, Les métamorphoses, trad. par Joseph-Jacques Odolant-Desnos, dans Mythologie pittoresque; ou, Histoire méthodique universelle des faux dieux de tous les peuples anciens et modernes, p.64, Ed.Lavigne, 1838]

Éther ou Æther est un dieu primordial dans la mythologie grecque de l’Antiquité. Il personnifie la partie supérieure du ciel, le domaine des autres dieux, la lumière céleste. Le nom « Éther » vient du grec ancien Αἰθήρ / Aithḗr / Ajtɛʁ, de αιθέρας / Ajteʁas qui signifie « air » dans le sens, du ciel pur et supérieur. Dans la Théogonie, poème écrit par Hésiode durant l’Antiquité1, Éther est le fils d’Érèbe (le soir le couchant) et de Nyx (la Nuit). C’est le frère d’Héméra (le Jour), mais la tradition orphique en fait le fils de Chronos (le Temps). Dans la cosmogonie, Éther correspond à la partie supérieure du ciel, celle qui touche la lumière plus éclatante et plus pure du soleil, et celle qui demeure le séjour préféré de Zeus2.

Aestas est pour *aesti-itas « le temps de la chaleur » → voir aestus (au sujet de la syllabe supprimée → voir stipendium). Donne aussi aedes (« foyer »), Aeduus (« Éduen »), et, via le grec ancien, aether (« éther »). C’est de ce mot que vientpeut-etre le mot Eden biblique qui parle de Nil (Guihon), et d’un autre fleuve Pischon (le Niger) qui entoure Havila, un pays rempli d’or pur (Empire du Mali ?).

L’occident de la Vallée, où étaient enterrés les morts, donnait accès au monde des ancètres de la Douât (en Afrique de l’ouest), une campagne fertile, sillonnée de cours d’eau et où poussaient abondamment des céréales. Ce monde avait son roi, Osiris sous forme humaine, coiffé d’une mitre entourée de plumes d’autruche et parfois posée sur des cornes de bélier. Ses chairs sont noires (symbole de la terre) ou vertes (symbole de la croissance). En ce royaume, chaque défunt, bien sûr, entend immigrer.Osiris est certainement le dieu qui a connu la plus grande popularité dans l’Égypte ancienne. Pourtant, il est apparu relativement tard. En effet, ce n’est qu’au milieu de la Ve dynastie (environ 2400 av. J.-C.) qu’il commence à se répandre dans toute l’Égypte en s’imposant dans les formules gravées sur les monuments funéraires. Il se substitue à d’antiques divinités comme Ândjty à Bousiris, ou fusionne par syncrétisme avec d’autres sous des formes composites, ainsi Ptah-Sokar-Osiris à Memphis, et surtout Osiris-Khenty-Umentyou. KhentyImentyou, dont le nom signifie « Celui qui préside aux occidentaux [les ancètres venu de l’Afrique occidentale comme Osiris l’Hespérien] », était vénéré à Abydos, un lieu que, depuis l’époque protodynastique, les Égyptiens jugeaient éminemment sacré parce que sa topographie particulière semblait le relier au monde des morts ou des ancètres. Au Bénin dans l’ancien royaume du Dahomey, la ville de Ouèssè est au bord du fleuve Ouémé, les habitants de la contrée du fleuve s’appellent Ouémènu qui sont nommés Aïnon (Aïnu) dans la litanie clanique. Au sud de cette région, se trouve le lac Nonkoué (Nunk).

L’Amdouat qui signifie en ancien égyptien, « ce qu’il y a dans la Douât » (c’est-à-dire dans le monde souterrain), est un important texte religieux funéraire de l’Égypte antique plus connu sous le nom de Livre de l’AmdouatLivre de la salle cachée ou encore Livre des demeures secrètes.

La Douât est primitivement considérée comme une région céleste où le pharaon défunt entame une nouvelle gestation. Le mot est formé sur la racine doua « vénérer, adorer » et s’écrit avec une étoile à cinq branches placée à l’intérieur d’un cercle37. Ultérieurement, au Nouvel Empire, la Douât est un monde souterrain divisé en douze régions que parcourt le soleil durant son voyage nocturne38.

Hymne à Aton« Un Nil dans le ciel, c’est le don que tu as fait aux étrangers (sub-sahariens) … Tous les pays étrangers, si loin soient-ils, tu les fais vivre aussi, Tu as placé un Nil dans Heretqui descend pour eux, »

« avant d’avoir revu les bords du fleuve Aegyptus, de ce fleuve tombé du sein de Zeus (Amon)» (Od. IV, 581),

fait bien réellement naître le Nil des eaux du ciel». Strabon Livre XVII v 5

Une stèle de la 26e dynastie a également été récupérée sur le site antique de Dafnah (Daphnae) près du delta égyptien, qui contient une inscription indiquant que « lorsque la pluie tombe sur la montagne de Puth, le Nil est inondé ». C’est une claire allusion aux hautes terres d’Ouganda et de la région du Lac Tanganika, où prend sa source le Nil.

Le Texte d’Edfou, trouvé dans le Temple d’Horus à Edfou, et le Papyrus de Hunefer racontent l’histoire d’un « peuple des collines » qui devint les premiers colons de cette région. « Nous sommes venus du début du Nil où le dieu Hapi habite au pied des Montagnes de la Lune. » Les montagnes de la Lune sont probablement celles qui contiennent le lac Tanganika dans la région des grands lacs, à ​​l’origine du Nil. 

Un autre texte égyptien dit «  les montagnes de Puth le révèlent, lui le Dieu qui est caché ».

TEXTES DES PYRAMIDES (Premier livre religieux au monde) Formule 254, ligne 276-C:

Colonne 24 à 31 :

« … Destiné aux Nehesiu (Nubio-Soudanais, Nubiens) : ils sont nés en faveur d’Heru (Horus).C’est Lui qui protège leurs âmes.

J’ai cherché mon Oeil et vous êtes venu à l’existence conformément à votre nom. »

Maintenant voyons ce que dit Ovide au sujet du mot Ethiops:

—« Vulcain, appelé aussi Opas, Aphalas ou Aphthas en Egypte, Hephestos en Grèce et Vulcanus à Rome, portait les surnoms suivans: Amphigyeis ou boitant des deux jambes ; Chalcipus, ou au pied d’airain, Clytoteclnès, ou l’habile artiste, Cyllopode ou au pied boiteux, Etnœus, ou du mont Etna, Flammipotens, ou maître des flammes (…). Vulcain était particulièrement honoré en Grèce et à Memphis, ses fêtes s’appelaient Céramicies à Athènes, ou Héphestiennes ; pendant ces fêtes, trois jeunes garçons disputaient le prix à qui courrait le plus fort en conservant une torche allumée ; à Rome on célébrait en son honneur au mois d’août, les Vulcanales. (…) On représentait Vulcain entouré de fourneaux, les bras nus et nerveux, le menton barbu, les cheveux négligés, portant un bonnet rond et pointu, forgeant les foudres et ayant un aigle à ses côtés, ou tenant un marteau de la main droite, et des tenailles de la gauche. (…) Cependant Ardalus passe pour avoir inventé la flûte, d’où vient aux muses le surnom d’Ardalides. Brothée que l’on donne aussi pour fils de Vulcain et de Minerve, était d’une si grande difformité que se voyant la fable de tout le monde, il se jeta de désespoir dans le cratère de l’Etna. Ethiops, donna son nom à l’Ethiopie dont les habitants de couleur noire sont caractérisés par cette désignation. »

[Cf. Ovide, Les métamorphoses, trad. par Joseph-Jacques Odolant-Desnos, dans Mythologie pittoresque; ou, Histoire méthodique universelle des faux dieux de tous les peuples anciens et modernes, p.64, Ed.Lavigne, 1838]

Dans certaines traductions françaises, la phrase « dont les habitants de couleur noire » est remplacée par « dont les habitants ont la peau bronzée ou mate ».

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● Dans son Histoire Naturelle, Pline l’ancien écrit :

—« Au reste, au temps de la puissance des Éthiopiens, cette île avait une grande réputation. On rapporte qu’elle fournissait d’ordinaire 250.000 hommes armés et 3.000 artisans. D’autres rapportent qu’aujourd’hui encore les Éthiopiens ont quarante-cinq rois. Mais le pays dans son ensemble a été appelé Aethérie, ensuite Atlantie, puis Éthiopé, d’après Éthiops, le fils de Vulcain. »

[Cf. Pline l’Ancien, Histoire naturelle, Livre VI]

● Selon Pline l’Ancien, le mot Ethiopie vient d’Ethiops qui est le fils de Vulcain (Héphaïstos), divinité du feu dans la mythologie grecque. Dans le livre II du même ouvrage, il nous donne une autre information intéressante:

—« Cependant, il y a toujours un énorme incendie qui brûle la montagne des Éthiopiens qui est appelée le Char des Dieux, et elle lance sous le soleil ardent des flammes brûlantes. Tant sont nombreux les lieux, tant sont nombreux les incendies, dans lesquels la terre est brûlée par la nature ! »

[Cf. Pline l’Ancien, Histoire naturelle, Livre VI]

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● Maintenant, si l’on compare les récits de Pline l’Ancien, d’Hygin et d’Ovide, dans un cas, l’Aethiops est un cheval enflammé qui parcoure le ciel et fait mûrir les récoltes. Et dans l’autre, Aethiops est le fils du dieu des forgerons et du feu. Ainsi, l’Aethiops d’Hygin correspond chez Ovide à Aethon. Étymologiquement, Aethon est un adjectif dérivé de αἴθω (aíthô) qui veut dire: ardent, brillant, allumé ou enflammé. Cette signification, bien qu’elle relève du mythe, correspond bien à l’étymologie de l’Aethiops en tant que type ethnique, que les auteurs antiques ont situé dans des contrées fabuleuses.

● Quant à Pline l’Ancien, après avoir fait une longue description géographique de l’Éthiopie, de son organisation politique et de sa puissance passée, il dévoile l’origine du nom du pays avant d’introduire un exposé sur ces peuples fabuleux et les animaux fantastiques qui peuplent la région. En effet, il explique que le nom même du pays a évolué. Appelé d’abord Aethérie, ensuite Atlantie (la fameuse Atlantide), le pays est finalement dénommé Aethiopia qui dérive d’Éthiops, fils de Vulcain.

Pour ces auteurs, l’Ethiopien ne fait pas référence à une personne qui subit le feu mais plutôt à une personne qui contrôle le feu, ou qui en est issu. Il est le fils du dieu solaire pour Hygin et Ovide. Et selon Pline l’Ancien, il est le fils du dieu du feu.

● Dans la thèse, présentée en 2019, Micahel Syna Diatta, explique ceci :

—« Il y a une grande différence entre ce texte d’Ovide et celui de Pline l’Ancien (…). Cette différence se situe dans l’ascendance divine des Aethiopes selon les deux auteurs. D’après Ovide, les Aethiopes se rattachent à la lignée de Phaéton, fils de Phébus, dieu Soleil, tandis que pour Pline ils sont les descendants d’Éthiops, fils de Vulcain, dieu du feu. Or ces deux divinités, c’est-à-dire Phébus et Vulcain, sont distinctes et n’ont rien en commun, si ce n’est le fait qu’ils sont tous les deux caractérisés par la chaleur qu’ils dégagent, cette chaleur qui brûlerait la peau des Aethiopes selon certains auteurs. En définitive, Aethiops n’a pas un sens mythologique unanimement partagé par les auteurs latins. Le sens qu’ils donnent dépend généralement de la divinité à laquelle ils le rattachent. C’est pourquoi tous ceux qui ont trouvé à l’Aethiops une origine divine se rejoignent sur un point essentiel et très important : ils l’ont associé à des divinités porteuses de feu, telles que Phébus et Vulcain. »

[Cf. Micahel Syna Diatta, L’image de l’homme à la peau foncée dans le monde romain antique, Vol.1, p.164, Ed. Université de Bourgogne Franche-Comté, 2019]

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● Bien qu’il y ait des divergences sur l’étymologie du mot Aethiops, tous les auteurs se rejoignent sur l’idée, qu’à leur époque, le mot Aethiopie est associé aux divinités du feu ou du soleil. Nous pouvons confirmer cela dans un autre passage des Métamorphoses d’Ovide, lorsqu’il relate les Aethiopes appartenaient à Phaéton, fils du dieu Soleil :

—« Aussitôt Phaéton, joyeux des paroles de sa mère, s’élance et son esprit s’enflamme ; il dépasse les Éthiopiens qui lui appartiennent et les Indiens situés sous les feux de l’astre, et se dirige à la hâte vers l’endroit où se lève son père (le soleil). »

[Cf. Ovide, Metamorphoses 1, p.778]

Le terme Ethiopie ne peut donc pas se limiter à « visage brulé ». Cette définition est beaucoup trop réductrice.

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● Pour sa part, pour définir les populations à la peau foncée de l’antiquité, Jean Haudry, Professeur de linguistique et de sanskrit à l’université Lyon-III (de 1966 à 1998), a rejeté l’étymologie officielle: « Visage brulé », qu’il a remplacé par « Visages brillants », qui selon lui serait plus en accord avec les plus vieux mythes indo-européens de l’époque.

[Cf. Jean Haudry, La religion cosmique des Indo-Européens, Ed. Arché Les Belles Lettres, 1987]

● Maintenant, si on traduit du mot  » aithô  » par brillant ou lumineux au lieu de  » brulé  » on peut faire une correspondance avec le mot « aithḗr » (l’Ether). Pour les Grecs, le terme: αἰθήρ « aithḗr », signifie littéralement: l’abîme du ciel, l’univers profond, la substance primordiale dans laquelle sont tirées tous les corps, l’espace où règne la nuit mais que perce la lumière, l’air pur que respirent les Dieux dans lequel les étoiles brillent. Par opposition avec « aer » (l’air), la couche inférieure impure, où vivent les humains.

● Virgile (dans Géorgiques, Livre II) appelle Jupiter (Zeus-Pater des romains): Omnipotens Ether, qui signifie littéralement le Grand Æther. Dans la mythologie grecque, on pensait que c’était l’essence pure que les dieux respiraient, remplissant l’espace où ils vivaient, analogue à l’air respiré par les mortels. Il est également personnifié comme une divinité: Aether, le fils d’Erebus (qui personnifie les Ténèbres) et de Nyx (qui personnifie la nuit).

En chimie, l’éther est un liquide limpide, incolore, volatil, et très inflammable avec un point d’ébullition bas et une odeur typique (l’éthanol).

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● En grec ancien le mot: Noir (la couleur) se traduit par Máuros (Maurus en latin) et par Mélaaz. Ils auraient pu utiliser ces deux mots pour définir tous les noirs qu’ils connaissaient comme le fait Aristote (389-322 av J.C.), pour définir la race des égyptiens et des éthiopiens, à l’époque d’Alexandre le macédonien:

—« Ceux qui sont trop noirs (agan melanes) sont couards, ceci s’applique aux Egyptiens et aux Ethiopiens. Mais ceux qui sont excessivement blancs sont également couards, témoin les femmes, mais la complexion qui correspond au courage est entre les deux. »

[Cf. Aristote, Physionomie 6]

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● Maintenant, si on replace le mot Aithiopia dans son contexte historique. On peut faire des reprochement entre les mots Æther (là où vivent les Dieux), Aethérie (ancien nom de l’Afrique mentionné par Pline l’Ancien), Itéru (Le Nil) et Nétérou (les divinités). On peut aussi faire un lien direct avec les mots : Cham, Ham, Kam, Kem et Gemme. La Gemme (du latin gemma) est une pierre précieuse, un joyau, un bijou ou une résine noire brillante. Comme une étoile qui brille dans la nuit noire. La littérature grecque qualifie les divinités égyptiennes: d’Éthiopiennes (pas de Mauros, ni de Mélaaz). Elles étaient scupltées dans une pierre noire brillante, avec un disque solaire au dessus de la tête (plagiée par les chrétiens, sous la forme d’auréole lumineuse au dessus de la tête). Pour les grecs, Zeus (Jupiter), était le dieu de la lumière et des voûtes célestes. Sur les plus anciennes poteries, il est représenté avec une peau noire et un faciès d’européen. Le poète grec Lycophron de Chalcis (320 av. J.C.), dans son poème intitulé Alexandra, qualifie Zeus d’Éthiopien (visage lumineux).

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MISE AU POINT

● Revenons un instant à l’époque des razzias européennes. Les européens qui ont envahi l’Afrique entre le 15e et le 20e siècle, on fait des observations intéressantes même si leurs interprétations sont souvent pollués de préjugés racistes. Sylvain Meinrad Xavier de Golbéry était un négrier français qui a sillonné l’Afrique entre 1785 et 1804 à la demande du roi Louis XVI. En observant les rites et les traditions des africains de son époque, il fait un constat étonnant. Dans son livre: Fragmens d’un voyage en Afrique, publié en 1802, il écrit :

—« Tous les renseignements que j’ai pris sur le centre de l’Afrique, tendent à me persuader que le fétichisme y est encore la religion favorite et dominante, et qu’elle a été la religion générale de ce continent jusqu’à l’époque où le mahométisme s’y est répandu, propagé par les Arabes et par les Maures. La superstition, l’idolâtrie, l’imposture et les prestiges, sont les bases de la religion des fétiches, où l’on retrouve des traces barbares des mystères égyptiens, et une image défigurée des épreuves de l’initiation. Cette image est hideuse, à la vérité, elle outrage et révolte l’humanité; mais on la retrouve si souvent dans les pratiques religieuses des nations nègres, et dans plusieurs de leurs institutions, qu’on est porté à croire que les prêtres du fétichisme ont été, dans le principe, les disciples des prêtres de la Haute-Ethiopie et de l’Egypte, et que, par la suite des temps, ils se sont dégradés et corrompus. On peut donc soupçonner une ancienne influence de la Haute – Ethiopie sur ces contrées occidentales de l’Afrique , qui, dans les tems anciens, étaient sans doute en correspondance avec elle. Entre lâ rivière de Sîerrà leone et le cap Mônté, existent cinq peuplades de Foulas-Sousous ou Sousos, qui forment entre elles une république fédérative. Chaque peuplade a ses magistrats particuliers, son gouvernement local. Mais elles sont toutes soumises à une institution que ces Nègres nomment Purrah. C’est une association, une confédération de guerriers qui, par ses effets, a des rapports avec l’institution si célèbre jadis en Allemagne, sous le nom de tribunal secret, et par ses mystères et ses épreuves avec l’initiation égyptienne. »

[Cf. Sylvain Meinrad Xavier de Golbéry, Fragmens d’un voyage en Afrique, p.125, Ed. Treuttel et Würtz, 1802]

● Si l’on met de coté tout le mépris qu’il éprouve pour la culture africaine, qu’il appelle fétichisme, il fait un lien entre les traditions des peuples africains de cette époque (18e siècle), avec les mêmes pratiques religieuses des anciens égyptiens de l’Antiquité.

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● Voici un autre négrier, Richard Francis Burton un suprémaciste blanc de la pire espèce, d’origine anglaise. Après avoir passé plusieurs années en Afrique, en 1861, il publie: Voyage aux grands lacs de l’Afrique orientale. A la page 644, il rapporte que :

—« Le fétichisme est le culte, ou pour mieux dire, la propitiation des objets vivants ou inanimés auxquels est attribuée une influence mystérieuse. Il n’admet ni Dieu, ni anges, ou plutôt il ne les connaît pas ; il ignore l’alphabet des religions traditionnelles: genèse, résurrection, jugement dernier, l’âme, le ciel et l’enfer sont pour lui lettre close. Un certain athéisme pratique, plus ou moins modifié, est le caractère de toute superstition. (…) Mais si le fétichisme est l’un des produits de cette région, il n’est pas limité à l’Afrique, et la race noire n’est pas la seule qui l’ait jamais pratiqué. L’ancienne Égypte, premier berceau connu de l’idolâtrie humaine érigée en système, avec sa triade représentant les phases et les forces de la nature, est essentiellement fétichiste. »

[Cf. Richard Francis Burton, Voyage aux grands lacs de l’Afrique orientale, p.644, trad. par Henriette Loreau, Ed. Hachette, 1862]

Si les gens ne comprennent pas pourquoi certains rites initiatiques propre à l’ancien Égypte se retrouve partout en Afrique noire, sous différentes formes, en réalité elles ne sont pas nées en Egypte. Elles viennent du plus profond de l’Afrique et ont été sublimé dans la vallée du Nil.

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● En 1821, un autre colon, Frédéric Cailliaud décide de remonter le Nil jusqu’à la sixième cataracte et réussit à pénétrer dans l’Ancienne Éthiopie, jusqu’alors très fermée aux Européens, et découvre les ruines de Méroé, ancienne capitale du pays, et ses pyramides. A son retour en France, il livre son témoignage dans Voyage à Méroé:

—« Avant de m’éloigner de la Nubie, Je me permettrai de consigner ici quelques observations propres à établir l’antériorité de sa civilisation sur celle de l’Égypte. Mais si nous parvenons à établir que les premiers principaux objets consacrés au culte des anciens Égyptiens étaient des produits qui appartenaient exclusivement à l’Éthiopie… On dit avec raison que c’est en descendant des fleuves que se faisaient les migrations des peuplades qui cherchaient à former un établissement. En adoptant cette graduation naturelle on ne saurait refuser à conclure que l’Éthiopie fut habitée avant l’Égypte. C’est donc l’Éthiopie qui eut d’abord des lois, des arts, une écriture; mais ces éléments de civilisation grossiers encore et imparfaits, naquirent en Égypte du fait d’un grand développement qui y fut favorisé par le climat, la nature du sol et la position géographique. Là, le ciseau du sculpteur vint revêtir de formes plus régulières les emblèmes des croyances primitives de ses concitoyens, pour en décorer ces temples, ces monuments qui étonnent par leurs masses imposantes et dont territoire de Thèbes présente encore aujourd’hui de si magnifiques restes. »

[Cf. Frédéric Cailliaud, Voyage à Méroé, au fleuve Blanc au delà de Fäzoql, Vol 3, p.271, Ed. Imprimerie Royale, 1826]

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● De nouvelles fouilles archéologiques ont révélé la civilisation Nubienne a commencé à éclore vers -7500 ans, coïncidant avec le début de l’assèchement des anciens grand lacs du Sahara et les migrations vers la vallée du Nil. Cette société était dirigée par de puissants rois dont les tombes mesuraient plus de 30 mètres de large et 15 mètres de long. ​La Nubie a été le point de départ des différentes civilisations et du peuplement de l’Afrique. Les travaux de l’archéologue américain Fred Wendorf démontre aussi que les premiers habitants de l’Égypte et du nord de l’Afrique, venaient du Sud. En 1996, il fait le point sur des fouilles effectuées sur le site très ancien de Nabta Playa, a nord du Soudan et précise dans un article intitulé : « Nabta Playa During the Early and Middle Holocene », que la domestication des bovins est plus ancienne en Afrique qu’en Eurasie. De 1953 à 1980, l’ancien égyptologue français, Jean Vercoutter, directeur de l’IFAO (Institut français d’archéologie orientale du Caire), a participé à plusieurs fouilles illégales au nord du Soudan. De retour en France, il rédige un article intitulé Aux origines de la civilisation, dans le journal Le Monde:

—« Dès la fin du IVe millénaire av. J.C, une culture originale apparaît sur les bords du Nil. Elle possède déjà au moins l’embryon d’une écriture caractéristique, les hiéroglyphes, qui va se développer rapidement. Vers 3000 av. J.-C, il y a cinq mille ans, peut-être avant, elle se constitue en une société organisée avec ses groupes politiques et sa religion. C’est donc une des plus anciennes sociétés humaines structurées que nous connaissions. (…) D’autre part, les plus récentes recherches ont montré que, dès la fin du paléolithique supérieur, il y a quelque 17500 ans, l’orge était connue dans la vallée du Nil, en Haute Egypte, et que sa culture s’y maintint jusqu’à ce qu’elle soit perfectionnée par les Égyptiens de l’âge prédynastique et l’Ancien Empire. Ainsi, disparait l’un des arguments majeurs des tenants de l’origine orientale de la civilisation égyptienne. (…) Ainsi, l’Afrique source de civilisation, émerge dans nos hypothèses. Certes, tout est encore nébuleux. »

[Cf. Jean Vercoutter, Aux origines de la civilisation, 27 déc. 1980, Journal Le Monde]

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● C’est ce que confirme, Frank Martin Snowden, un historien américain, spécialiste de l’histoire Antique. Dans son livre, intitulé: Blacks in Antiquity, publié en 1974, on peut lire:

—« Isis était l’une des quatre divinités que les Éthiopiens des environs de Méroé vénéraient parce qu’ils croyaient que ces divinités particulières avaient été des bienfaiteurs de la race humaine. Deux grandes statues colonnaires d’un roi et d’une reine éthiopienne ont été retrouvées dans un temple d’Isis à Méroé. Les fouilles faites à Méroé ont également mis en lumière que derrière le trône du roi négroïde était placée une figure d’Isis. Un papyrus conserve l’épithète éthiopienne appliquée à Osiris, parfois également décrite comme μελάγχρους (mélan-krous = peau noire). Les Egyptiens, selon une tradition, étaient des colons envoyés par le sous la direction d’Osiris, qui était adoré en Ethiopie. Parmi les tribus des environs de Philae, le culte Isaic a prospéré après la diffusion du christianisme ailleurs dans la région, et le temple d’Isis à Philae a continué à être utilisé jusqu’à ce qu’il soit finalement fermé par l’ordre de l’empereur romain Justinien. »

[Cf. Frank Martin Snowden, Blacks in Antiquity, Ethiopians in the Greco-Roman Experience, p.113, Ed. Belknap Press of Harvard University Press, 1970]

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● La citation de Frank Martin Snowden nous rappelle celle de Diodore de Sicile, auteur grec du I er siècle av. J.C. (contemporain à Jules César), qui apres avoir visité la Haute Egypte (au sud) et la Nubie, écrit :

—« On soutient que les Éthiopiens furent les premiers de tous les hommes et ils affirment que les preuves en sont évidentes (…) Les Éthiopiens disent que les Égyptiens sont une de leurs colonies qui fut menée en Égypte par Osiris. Ils prétendent même que ce pays n’était au commencement du monde qu’une mer mais que le Nil entraînant dans ses crues beaucoup de limon d’Éthiopie, l’avait enfin comblée et en avait fait une partie du continent. (…) Ils ajoutent que les Égyptiens tiennent d’eux, comme de leurs auteurs et de leurs ancêtres, la plus grande partie de leurs lois. C’est d’eux qu’ils ont appris à honorer leurs rois comme des dieux et à ensevelir leurs morts avec tant de pompe ; la sculpture et l’écriture ont pris naissance chez les Éthiopiens. Les Égyptiens se servent de caractères qui ne sont propres qu’à leur nation : mais les uns sont à l’usage de tout le peuple et appelés vulgaires pour cette raison ; et les autres sont sacrés et connus seulement des prêtres qui s’en transmettent l’intelligence de père en fils. »

[Cf. Diodore De Sicile, Bibliothèque historique, Livre III, paragraphe 2]

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● L’un des arguments souvent utilisé pour réfuter en bloc le témoignage des grecques, est la couleur que les anciens égyptiens utilisaient pour représenter en peinture. En effet, ils utilisaient souvent l’ocre rouge pour représenter les hommes et le jaune pour représenter les femmes. Certains petits malins utilisent cet argument pour faire passer les égyptiens pour des blancs ou des arabes. Pourtant Pline l’Ancien, l’auteur romain que nous avons vu au début, a vécu au 1er siecle de notre ère, à une époque ou le nord de l’Egypte était déjà sous domination romaine. Dans le même ouvrage: Histoire Naturelle, il décrit tous les peuples qu’il a rencontré en Ethiopie. A la fin de son exposé il nous explique pourquoi les égyptiens se représentaient en rouge:

—« Il n’est pas étonnant que des formes monstrueuses d’hommes et d’animaux se produisent vers l’extrémité de l’Ethiopie ; car le feu, élément mobile, est l’artisan de la configuration du corps et de la ciselure des formes. Toujours est-il qu’on dit qu’au fond de sa partie orientale sont des peuples sans nez, dont toute la face est plane ; d’autres sans lèvre supérieure, d’autres sans langue ; quelques-uns, ayant la bouche close et privés de narine, ne respirent que par un pertuis qui sert aussi de passage à la boisson, aspirée à l’aide d’un tuyau d’avoine, et à la nourriture, consistant en grain de la même plante, qui croît spontanément. Certains ne parlent que par signes et gestes ; il en est à qui l’usage du feu a été inconnu jusqu’au règne de Ptolémée Lathyre. Des auteurs ont aussi rapporté que la nation des Pygmées était entre des marais qui seraient l’origine du Nil. Reprenons la côte au point où nous l’avons quittée : des montagnes continues rouges, et paraissant enflammées. Toute cette contrée est au-dessus des Troglodytes et de la mer Rouge à partir de Méroé. Pendant trois jours de marche, de Napata à la mer Rouge, de l’eau de pluie est conservée en plusieurs lieux pour la boisson, et le pays intermédiaire est très fécond en or. Au delà sont les Atabules, nation éthiopienne ; puis, en face de Meroé, les Mégabares, nommés par quelques-uns Adiabares, et occupant la ville d’Apollon : une partie d’entre eux est nomade, et se nourrit de chair d’éléphant ; en face, sur le côté africain, les Macrobiens ; de l’autre côté, à partir des Mégabares, les Memnons et les Davelles, les Critenses à une distance de vingt jours de marche ; au delà les Doches, puis les Gymnètes toujours nus ; les Andères, les Mathites, les Mésagèbes, les Hipporéens, d’une couleur noire et se mettant sur tout le corps une couche de rouge. »

[Cf. Pline l’Ancien, Histoire naturelle, Livre VI]

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VIDEO:

ETHIOPIE – KUSH part 3

https://www.youtube.com/watch?v=TsXGk-kqLco

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LES ANCIENS ETHIOPIENS

● Les plus anciennes mentions du terme Ethiopien sur un artefact se trouvent sur les tablettes d’argile mycénienne de Knossos (Île de Crète), de Pylos, de Mycènes et de Thèbes (en Grèce) datant entre 1400 av JC et 1200 av JC.

– Sur la tablette KN Db 1105-1146, trouvé a Kronoss il est écrit :

« Aigyptios: 52 béliers, 28 brebis; percepteur, Su-ri-mo. »

– Sur la tablette KN F 841 de Knossos, il y a des listes d’aliments : blé, olives, des figues, dont les quantités indiquées sont considérables: 9000 l. de figues et 5500 d’olives. Le nom personnel « Misraios » pourrait être lié à Misr (Égypte dans les langues sémitiques).

– Et à Pylos, des tablettes administratifs PY Eb 846, du palais mycénien font mention d’une personne qui porte le nom d’Aithiops (Ethiopien)

« Aithiops est le propriétaire foncier d’une parcelle de la commune du village et d’énormément de semences (blé). »

Cette information est importante car elle montre, qu’en 1200 avant notre ère, malgré le fait, que le sud de l’Europe avaient déja été conquis et colonisé par les peuples indo-européens, en Grèce, des noirs étaient encore propriétaires terriens, pour l’administration locale. Cette période marque surtout le transfert de technologie et de savoir du monde noir vers le monde blanc (écriture, philosophie, architecture, astronomie, métallurgie, organisation sociale, ..). La datation de l’arrivée des première tribus indo-européennes dans le bassin méditerranéen (Égée, Péloponnèse) se situe autour de 1900 av. J.-C. La langue proto-grecque (contenant énormément d’emprunts Africains) est attestée au XIVe siècle av. J.-C., dans les textes écrits en Linéaire B.11.

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● L’expansion constante d’éléments ethniques indo-européens dans le bassin méditerranéen est a l’origine des grands bouleversements historiques, qui ont toujours des répercussions de nos jours. Elle commence toujours par un grand métissage entre les anciennes populations noires sédentarisées depuis le Néolithique et les populations blanches indo-européennes originaires du nord. Et elle se termine par un remplacement, d’abord progressive puis brutale, de toutes les populations noires à mesure de l’avancée des nouveaux peuples nomades. Aujourd’hui la ligne de démarcation entre noirs et blancs se situe au Sud du Sahara, sur la bande Sahélienne, là où les islamistes et les armées occidentales se sont implanter afin de repousser toujours plus au sud les populations noires. La Mauritanie et le Soudan (2 pays esclavagistes) se définissent déjà comme des pays arabes. À long terme, même le Mali, le Niger, le Tchad et le Sénégal finiront par perdre toute leur population noire, au bénéfice d’abord des sémites (grâce à l’endoctrinement religieuse), puis des indo-européens. Les anciens savaient que si l’Egypte tombait le reste de l’Afrique finirait pas tomber. Ce qui, à long terme causera la disparition du peuple noir. C’est pour ça que les historiens européens, et depuis peu les arabes aussi, s’acharnent à faire passer les premiers occupants du nord et de l’est de l’Afrique pour des blancs.

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● Dans la littérature, le terme Aithiopia ou Aethiopia apparaît dès les premiers textes mythologiques. Homère (poète grec, du 8e siècle av. J.C.) est le premier à mentionner le nom éthiopien (Αἰθίοπες). Il figure deux fois dans l’Iliade et trois fois dans l’Odyssée (récits de la guerre de Troie). Il écrit que les éthiopiens se trouvent aux extrémités du monde, à l’est (au lever du soleil) et à l’ouest (au coucher du soleil), divisé par la mer. (La personne qui a rédigé ce texte vivait probablement sur une île grecque). Dans l’Iliade, la déesse Thétis visite l’Olympe pour rencontrer Zeus, mais la réunion est reportée, car Zeus et tous les autres dieux sont absents. Ils sont parti visiter la terre des éthiopiens :

—« Zeus est parti hier du côté de l’Océan prendre part à un banquet chez les Éthiopiens irréprochables, et tous les dieux l’ont suivi. Dans douze jours, il retournera dans l’Olympe. »

[Cf. Homere, l’Iliade, Livre 1]

Et dans l’Odyssée, Homère offre la même destination au dieu Poséidon :

—« Or, le dieu (Poséidon) s’en alla chez les Éthiopiens lointains. »

[Cf. Homere, l’Odyssée, Livre 1]

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● Hérodote (historien grec) raconte qu’il a personnellement remonté le Nil jusqu’à la frontière sud à Éléphantine (situé à proximité de la ville d’Assouan). À son époque, « Aethiopia » commençait à partir de l’île Éléphantine. Il décrit une capitale à Meroë, ajoutant que les seules divinités qui y étaient adorées étaient Zeus (Amon), Dmeter (Isis) et Dionysus (Osiris). Il rapporte que sous le règne de Psammétique 1ᵉʳ (pharaon de la 26ᵉ dynastie entre 664 av JC et 610 av JC), de nombreux égyptiens ont déserté leur pays et se sont installés chez les éthiopiens (Nubiens). La raison est que Psammétique Iᵉʳ est le premier pharaon qui s’est appuyé sur des mercenaires grecques, babyloniens et assyriens pour prendre le pouvoir au nord du pays (le Ouattara de l’Antiquité). Un évènement qui n’a pas échappé à la vigilance de Diop:

—« Lorsque l’armée égyptienne sera maltraitée sous le règne de Psammétique, guidée par ses cadres, elle ira, au nombre de 200 000, de l’isthme de Suez au Soudan, pour se mettre au service du roi de Nubie. »

[Cf. Cheikh Anta Diop, Nations nègres et culture, p.225, Présence africaine, 1979]

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● Diop continue:

—« Ils étaient au nombre de 200 000 et furent installés dans la région située entre le Bahr-el-Azrek et le Bahr-el-Abyad actuels. Ils s’y multiplièrent et devinrent les « automoles » de l’histoire mentionnés par Hérodote. »

[Cf. Cheikh Anta Diop, Le bulletin de l’IFAN, Institut fondamental d’Afrique noire, 1962-1977, p.115]

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● Selon Diodore de Sicile, en récompense les mercenaires eurent la permission d’établir leur familles en Egypte (à Saïs et à Naucratis) et d’occuper les haut grades dans l’armée et dans l’administration. Hérodote nous apprend que lorsque les perses attaquèrent l’Egypte ces mêmes mercenaires passèrent du côté Perse et se retournèrent contre les Égyptiens. C’est encore Hérodote qui atteste la présence de Grecs dans l’armée de Cambyse, le roi Perse :

—« Lorsque Cambyse marcha contre l’Egypte, des Grecs s’y rendirent en grand nombre, les uns pour faire du commerce, les autres pour prendre part à la guerre, quelques-uns aussi pour voir le pays. »

C’est aussi à cette période que Thalès, Pythagore, Platon, Hypocrate et les autres ont accès aux mystères égyptiens (sciences), que leur attribues aujourd’hui.

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● Hérodote rapporte qu’après la prise de l’Egypte par les perses, Cambyse fit executer des milliers d’enfants égyptiens et tenta une expédition en Nubie, mais faillit y laisser la vie. Il envoya alors des Éthiopiens « ichtyophages » comme espions auprès des princes nubiens, sans succès. Confirmé par Diodiore :

—« En effet, ils (les Ethiopiens) ont toujours conservé leur liberté par la grande union qui a toujours régné entre eux et plusieurs princes très puissants qui les ont voulu subjuguer ont échoué dans leur entreprise. Cambyse, qui avait tenté une expédition en Ethiopie, y perdit toute son armée, et courut lui-même les plus grands dangers. Sémiramis, si renommée par la grandeur de ses entreprises et de ses exploits, à peine s’était-elle avancée dans l’Ethiopie qu’elle abandonna aussitôt le projet de faire la guerre aux habitants de ce pays. Hercule et Bacchus, en parcourant toute la terre, ont épargné les seuls Ethiopiens, habitant au-dessus de l’Egypte, par égard à la piété de cette nation, en même temps qu’à cause de la difficulté de l’entreprise. »

[Cf. Diodore De Sicile, Histoire Universelle, Tome 1, Livre III, Trad. par Terrasson]

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● En 330 av. J.C., les grecs s’emparent de l’Égypte et expulsent les perses. Alexandre de Macédoine tente à son tour d’envahir la Nubie, mais la Kandaka le force à revenir sur ses pas, comme le rapporte Fulgence:

—« Il s’attaque à la Candace éthiopienne avec témérité, mais non sans danger. »

[Cf. Fabius Planciades Fulgentius, De aetatibus mundi et hominis 10, p.166, Ed: Rudolf Helm, 1898]

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● Au 2e siècle av J.C, avec l’affaiblissement de la monarchie grecque, la zone frontière repasse sous la domination des souverains nubiens, à la première cataracte. Ptolémée V, tente une expédition jusqu’à Napata. Il rebrousse chemin. A nouveau la frontière est fixée à Assouan.

En -24, Philæ et Assouan passent sous l’autorité de la candace Amanishakhéto. Les Romains devenus souverains en Egypte sont stoppés par la reine. La frontière est fixée à Maharraqa. (traité de Samos).

Pomponius Mela (1er siècle après. J.‑C.), est le plus ancien géographe romain connu. Il visita le monde Gréco-Romain et donna une description sur les Ethiopiens:

—« Au-delà sont établis les Éthiopiens; ils possèdent la terre de Méroé, qui est la première à être entourée par le Nil et transformée en île; les uns, parce que leur vie est presque de moitié plus longue que la nôtre, sont appelés Macrobiens, les autres sont appelés Automoles, parce qu’ils sont venus d’Égypte. Ils sont beaux et ce sont des gens qui vénèrent le corps et la force comme d’autres le font des plus grandes vertus. Ils ont l’habitude de choisir leur chef, de préférence, sur sa beauté et sur sa force. Il y a chez eux plus d’or que de cuivre: c’est pour cette raison qu’ils estiment plus précieux le métal qui l’est moins, ils se servent du cuivre comme ornement, mais utilisent l’or pour forger les chaînes des malfaiteurs. »

[Cf. Pomponius Méla, De Chorographia (Description de la terre), Livre 3, Chap. 9]

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Plus tard, Néron, organise une expédition vers Méroé, sans lendemain. De son côté, le royaume de Méroé organise des expéditions vers le nord, dans le but de garantir l’accès à ses lieux de cultes en Haute Egypte. Après plus de 1000 ans de colonisation du delta par les Hyksos, les peuples de la mer, les Perses, les Grecs, les Romains, ect, une partie des egyptiens quitta le nord pour migrer vers le Sud et s’enfonca dans l’Afrique profonde. Jusqu’au 4e siècle, malgré toutes les tentatives d’invasions (Assyriennes, Perses, Grecques et Romaine), ce territoire l’Éthiopie (la Nubie) resta impénétrable. Contrairement à ce que l’on pense, sa destruction n’est pas venu du nord mais de la corne de l’Afrique. C’est Aksoum le fameux royaume Abyssin, qui porte ironiquement aujourd’hui le nom Ethiopie. C’est comme si un assassin décidait de prendre le nom de sa victime apres l’avoir tué pour se donner une bonne image. N’est pas étrange ?

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VIDEO:

ETHIOPIE – KUSH part 4

https://www.youtube.com/watch?v=3HQaZfbmbSw

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LES NOUVEAUX ETHIOPIENS

● Concernant les Ethiopiens modernes, comprenant l’Erithrée, Djibouti et la Somalie, il faut savoir une chose: à l’origine les anciennes communautés de la corne de l’Afrique étaient nettement moins métissés que les Ethiopiens actuels. Jusqu’au 1e siècle av. J.-C. plusieurs royaumes négro-africains pratiquant l’agriculture et l’élevage ont dominé toute la région, dont le royaume D’mt (Damat ou Da’amot ou Demot). Localisé d’abord autour de Yeha qui s’étendait de l’Éthiopie actuel jusqu’au Yémen ancien. Le royaume de D’mt a développé des procédés d’irrigation, utilisait des charrues, cultivait le millet, travaillait déjà le fer pour forger ses propres outils et fournissait de l’encens aux pharaons. Les restes d’un temple important datant d’environ 700 av. J.-C. ont été préservés à Yeha.

● Cheikh Anta Diop a trouvé des corrélations entre l’ancienne Égypte, l’Ethiopie pré-chrétienne et l’Afrique dans son ensemble concernant les pratiques socioreligieuses, le totémisme, la circoncision, la cosmogonie et l’organisation sociale. Quant à la linguistique, il écrit :

—« Les langues d’Afrique Noire les plus apparentées aux langues sémitiques sont appelées langues couchitiques ou langues chamitiques suivant les auteurs: Somali, Saho, Galla, Danakil, Bichari, Haoussa etc.; qu’il s’agisse des Cananéens ou des Sabéens, il ressort de ce qui précède qu’ils étaient des peuples noirs parlant des langues dites sémitiques. (…) Ainsi, serait-il faux de considérer les Éthiopiens actuels comme d’anciens sémites négrifiés ou des nègres parlant une langue sémitique d’emprunt: Ils sont les descendants des sabéens noirs et comme tels parlent une langue indigène qui leur est propre. »

[Cf. Cheikh Anta Diop, Parenté Génétique de l’Égyptien Pharaonique et des langues Négro-Africaines, p.35, Ed. Les Nouvelles Editions Africaines-IFAN, Dakar, 1977]

Certains historiens considéraient pourtant que la civilisation D’mt était un mélange entre une culture africaine et une culture sémitique. Il est aujourd’hui certain que les sabéens ne parlaient pas le ge’ez et n’étaient pas des sémites. Le guèze est une langue sémitique originaire de Syrie, issue de l’araméen. Et le Sabéen est une langue couchitique. En d’autres termes, les ancetres des sabéens étaient des noirs qui se sont fait progressivement absorbés par des peuples sémites. Le meme phénomène se produit actuellement dans le Sah

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● La sémitisation de la corne de l’Afrique débute au alentour du 3e siècle av. J.C., période correspondante aux guerres syriennes, opposants les Lagides (soutenus par les grecques) et les Séleucides (soutenus par les Perses). Ce qui provoque des vagues migratoires vers deux directions: l’une au nord de l’Afrique (les Berberes) et l’autre au sud de l’Arabie (les Habasha). Dans Histoire de l’Afrique noire, Joseph Ki-Zerbo ecrit :

—« Le clan des Habash faisait partie de ces premières tribus arabes du Yemen qui, par la mer Rouge, s’étaient installées sur les montagnes du Tigré. Ces Arabes de l’époque pré-islamique trouvèrent en Ethiopie, et sur les côtes de la Corne de l’Afrique, des négroïdes de langue hamite, auxquels ils se mêlèrent intimement; produisant ces groupes négro-sémitiques que sont les Ethiopiens, les Galla, et les Somali modernes. »

[Cf. Joseph Ki-Zerbo, Histoire de l’Afrique noire, Éd. Hatier, 1972]

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● Les habasha (terme sémitique Al-Habacha, qui signifie mélange) sont un peuple sémitique de Syrie et d’Iran, issu d’un vieux métissage avec les noirs sabéens qu’ils ont conquis puis remplacés. Leur royaume (Aksoum) s’est développé entre le 1er et le 7e siècle de notre ère sur les ruines de l’ancienne culture Sabéenne qu’ils ont absorbée. L’emplacement stratégique de la Corne africaine, situé au carrefour des routes commerciales entre l’Inde et la Méditerranée, Aksoum est devenu un allié majeur de l’empire romain, contrôlant tout le trafic maritime. Ce royaume est mentionné dès le 1er siècle dans: Le Périple de la mer Érythrée, comme ayant une activité commerciale importante, exportant de l’ivoire, des écailles de tortues, de l’or, des émeraudes, de la soie, des épices, du bétail mais surtout des esclaves noirs.

● En 325, l’empereur romain, Constantin convoque les théologiens de tous les courants sectaires au concile de Nicée, et impose une seule doctrine religieuse pour unifier son empire. (Création du christianisme et du nouveau testament)

En 330, Ezana, le roi d’Aksoum, se converti, impose le christianisme comme religion d’Etat, frappe sa propre monnaie et rentre en guerre contre les Beja, les Kushites, les Blemmyes et les Nubiens de Méroé considérés comme ennemi du Christ.

En 350, Apres plusieurs années de guerre, Méroé la capitale pluri-millénaire des éthiopiens antiques, dernier bastion des Pharaons et des Candaces finit par tomber, provoquant de nouvelles vagues migratoires. Pour marquer sa victoire, Ezana fait gravé en Grec, en Sabéen et en Ghèze sur deux stèles en pierre, le rapport de sa campagne militaire menée contre les Nuba (Nubiens) et les Kasou (Koushites), et se se proclame, roi des Axoumites, de Koush et d’Ethiopie. Voici un extrait de ce texte :

—« Par la puissance du Seigneur du Ciel qui, au ciel et sur la terre, a la puissance sur tous les êtres, Ezana, fils d’Ella Amida, de la race de Halèn, roi d’Aksum, d’Himyar, de Raydan, de Saba, de Salhin, de Siyamo, de Bega et de Kasu, Roi des Rois, fils d’Ella Amida, jamais vaincu par l’ennemi. Que la puissance du Seigneur du Ciel, qui a fait de moi un roi, qui règne toujours en perfection (?), invincible, fasse qu’aucun ennemi ne puisse résister devant moi, qu’aucun ennemi ne puisse me suivre. Par la puissance du Seigneur, je suis entré en campagne contre les Nubas lorsque ces peuples Nubas se sont révoltés et ont fait les orgueilleux. (…) Lorsqu’enfin, leur ayant envoyé de nouveaux messagers qu’ils ne voulurent pas écouter mais auxquels ils répondirent par des refus, des dédains et de mauvais actes : alors j’entrai en campagne. Je m’élançai par la puissance du Seigneur du Pays, et je combattis au Taccazzé, au gué de Kemalké. Là-dessus, ils s’enfuirent et ne restèrent pas tranquilles, et je suivis les fuyards pendant vingt jours au cours desquels partout où j’arrivai j’en détruisis quelques-uns. J’en fis prisonniers d’autres et je capturai parmi eux du butin. En même temps ceux de mes peuples qui étaient entrés en campagne ont ramené des captifs et du butin ; en même temps je brûlai leurs villes, aussi bien celles ayant des murs de pierre que celles en paillottes ; mon peuple leur enleva leur blé, leur minerai, leur fer et leur cuivre et il a anéanti les idoles contenues dans les temples, ainsi que leurs provisions en blé et coton , et il les a précipités dans le fleuve Seda (le Nil bleu). Beaucoup perdirent la vie dans l’eau, je n’en connais pas le nombre. En même temps mon peuple perça et coula leurs bateaux qui portaient une foule d’hommes et de femmes. (…) Et j’arrivai chez les Kasu, je les combattis et les fis prisonniers au confluent des rivières Seda et Taccazzé. (…) Et mes troupes tuèrent et firent des prisonniers et les précipitèrent dans l’eau et elles rentrèrent saines et sauves chez elles après avoir effrayé leurs ennemis et les avoir vaincus grâce à la puissance du Seigneur du Pays.(…) Que le Seigneur du Ciel renforce ma suprématie. Et, comme il a maintenant vaincu mes ennemis pour moi, qu’il veuille bien continuer à vaincre pour moi où que j’aille. (..) Et s’il se trouve quelqu’un pour arracher, anéantir ou déplacer ce trône, que lui-même et sa race soient anéantis et extirpés..»

[Cf. La Stèle d’Ezana, trad. par Francis Anfray, Les anciens Éthiopiens: Siècles d’histoire, Ed. FeniXX, 1990]

C’est à la même période que de nouveaux royaumes commencent à émerger un peu partout dans le reste de l’Afrique, dont le Royaume Sao, le Royaume Makurie, le Royaume Nubatie, le royaume Alodie et l’empire du Ouagadou (Ghana), en lien avec la Migration des Bantus.

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● En 380, l’empereur romain Théodose 1er, fait du christianisme l’unique religion universelle et obligatoire de l’Empire (katholikós). Il interdit aux égyptiens et aux nubiens de pratiquer leur culte. L’évêque Théophile d’Alexandrie est chargé de fermer les temples d’Alexandrie et de détruire toutes les statues représentant des divinités egyptiennes, déclarées païennes. L’écriture hiéroglyphique est qualifiée de satanique. Les couleurs sont inversées. Le diable et le mal sont associés aux noirs. Le culte d’Isis et d’Osiris est remplacé par le culte de la vierge Marie et de Jesus, ce qui entraîne des soulèvements. L’évêque Cyrille d’Alexandrie fait appel aux parabolanies (térroristes chrétiens ultra-fanatiques), qui sèment la terreur en Egypte et en Afrique du nord (répression des philosophes, des mathématiciens, des médecins, des animistes, ….). Les Bleemys (guerriers nubiens) entrent en résistance et prennent le contrôle des provinces du sud.

● En 435, l’empereur Théodose II, ordonne la destruction des derniers temples égyptiens mais le culte d’Isis survie à Philæ sous le contrôle des Blemmyes.

● En 535, l’empereur Justinien reprend toutes les lois répressives en vigueur et les renforcent, obligeant les païens à être baptisés, et condamne à la peine de mort toutes personnes qui s’adonnent à la philosophie, au mathématique, à l’astronomie, aux écritures anciennes ou aux cultes animistes. Ce qui conduit à la fermeture de l’école néoplatonicienne d’Athènes et au dernier temple d’Isis sur l’île de Philæ, contribuant à l’extinction définitive de la civilisation de l’Égypte antique. Les Blemmyes sont vaincus. Enfin, des missionnaires chrétiens, renforcent leur relation avec l’Abyssinie (l’Éthiopie Moderne). En guise de propagande, l’eglise chrétienne commencent à associer les noirs a des démons. Ces idées seront abondamment diffusé durant le Moyen Âge, et repris par l’islam.

● En 700 avec l’avènement de l’islam, Aksoum perd le Yémén, et 3 siècles plus tard, le royaume est détruit.

De 1270 jusqu’en 1900, plusieurs royautés se forment et se succèdent sur les hauts plateaux.

● En 1528, les ottomans colonisent l’Abyssinie jusqu’en 1882. À la sortie de la seconde guerre mondiale, l’Abyssinie (pays des Habashas) change de nom, devient l’Éthiopie et s’approprie l’histoire et l’identité des Nubiens, des Kouchites et de tous les peuples Nilotiques qu’ils ont pourtant anéantis pour le compte de l’église chrétienne.

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ESCLAVAGE, SEGREGATION ET EPURATION ETHNIQUE

● Les premières mentions de pratique d’esclavage en Afrique noire, apparaissent à la naissance du royaume Aksoum (1er après J.-C.). Des raids contre les peuples voisins étaient très courants dans certaines régions, et la traite des esclaves était une réalité quotidienne jusqu’à très récemment. Les classes supérieures échangeaient les captifs contre les marchandises importées qu’ils convoitaient. Allié politique et partenaire commercial des Romains, des Byzantins, des Perses, des Arabes, des Ottomans puis des Portugais, du 1er siecle de notre ère jusqu’en 1942, sans interruption, les Abyssins (Amharas, Tigrina et Tigré), les Oromos (Galla), les Somalis et les Afars ont prospéré dans la chasse à l’homme et à la vente d’esclaves noirs pour le compte des puissances chrétiennes et musulmanes. Leurs victimes étaient razziés chez les peuples nilotiques, nuba et bantous qu’ils nommaient Shanqella et Adoon (tous deux signifiant N#gre). Les captifs nilotiques (shanqella) étaient maltraités, battus, mutilés puis vendus à un prix faible et étaient assignés à des travaux durs dans les champs jusqu’à épuisement. À l’inverse, les esclaves issus d’ethnies à la peau tres claire (saba qayh = rouges) étaient destinés aux tâches ménagères et aux harems. Certains jeunes enfants étaient envoyés en Egypte, puis castrés par les chretiens coptes avant d’être vendus sur les marchés musulmans.

● Dans les régions Oromos, le secteur de l’agriculture et de l’industrie reposait principalement sur le travail des esclaves. Mais en 1900, les Galla (Oromos) furent à leur tour réduits en esclavage. Menelik II et la reine Taitu possédaient personnellement 70 000 esclaves.

En 1919, Haile Selassie demande à rejoindre l’ONU. Mais la demande est rejetée en raison de la pratique de razzias et de vente d’esclaves qui se poursuivaient.

En 1942, Après la guerre contre l’Italie, Hailé Sélassié fini par abolir l’esclavage.

Malgré l’abolition, l’Éthiopie, l’Érythrée, la Somalie et le Soudan, comme toutes les sociétés sémitiques, les communautés sont hiérarchisées en fonction de la couleur de peau et des origines ethniques. Le racisme contre les barya (captifs) est toujours en vigueur aujourd’hui indépendamment de la position sociale. Bien que les Oromos, les Sidamas aient également été soumis à l’esclavage, leurs caractéristiques raciales proches des arabes, leur peau plus claire, leurs cheveux lisses et leurs traits du visage de type caucasien, les préservent des brimades, des persécutions et des agressions. Si le teint basané est maintenant accepté, le teint noir est associé à une malédiction divine (inventé par les juifs, repris par les chrétiens et les musulmans) pour justifier leur impérialisme.

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CONCLUSION

Que ceux qui croient que l’Ethiopie n’a jamais été colonisé, qu’ils s’intéressent à la présence ottomane en Abyssinie, qui a duré 4 siècles. D’autant plus que, les Ethiopiens actuels descendent en grande parti de colonisateurs sémites, originaires de Mésopotamie et issus de divers métissages. (On parle ici de viols de femmes africaines). Par ailleurs, lorsque les auteurs grecques et la Bible nous parlent d’Ethiopie ou de Koush, il ne s’agit pas d’Addis Abéba (ça n’existait pas à cette époque), mais de la Haute-Égypte, du Soudan ou du continent tout entier. La fable inventée par Minélik II, prétendant descendre de la lignée de Salomon et de la reine de Saba, avait pour but d’assoir son pouvoir politique sur une population illétrée, inculte et servile. Salomon n’a jamais existé et les Habasha ont fondé leur royaume Aksoum au 1er siecle de notre ère. Soit plus de 1000 ans après l’époque supposée de Salomon. Voici ce que Cheikh Anta Diop en pense de tout ça:

—« Si nous considérons que l’Éthiopie actuelle n’est pas l’Éthiopie des anciens, que celle-ci désignait essentiellement la civilisation de Méroé et de Napata la civilisation Soudanaise de sennaar, nous devons réagir contre toute une terminologie abusive moderne qui consiste à transférer insensiblement l’Éthiopie antique vers l’Est, à Addis-Abeba. »

[Cf. Cheikh Anta Diop, Nations Nègres et Culture, p.221, Ed. Présence Africaine, 1979]

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Outre le fait de falsifier l’histoire, il s’agit surtout d’usurpation d’identité et d’usage de faux. L’article vise à mettre en perspective l’histoire, que beaucoup font mine d’ignorer. Le racisme endémique qui régie cette région depuis très longtemps conduit progressivement à une épuration ethnique, déjà programmée. Chaque fois qu’on nous parle de l’Ethiopie, on nous montre des mannequins métisses à peau claire. Mais pas un mot pour les peuples Omotiques, Nilotiques et Bantus (Hamers, Mursis, Dassanetchs, Nuers, Welaytas…), devenus minoritaires, ségrégués, expropriés de leurs terres et parqués dans des réserves, servant de zoos humains pour être pris en photo par les touristes blancs. C’est le même sort qui attend le reste de l’Afrique noire, malheureusement.

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Kem Infos

Ethymologie du mot nègre ou nigri dans les textes classiques grecs et latin puis du Niger du 17 ème siècle dont dérive le mot francais noir.

Le mot nègre n’a jamais désigné une couleur encore moins une couleur de peau dans l’antiquité chez les auteurs classique grèques ou latins avant les poeme de Virgile. C’est le mot mauri qui signifie mélanoderme en latin, pour dire couleur brune tout simplement, c’est le mot ater ou fusca qui est utilisé. Tite-Live utilise le mot ‘atro’ pour décrire le sang noir sur corps blanc des gauglois (Livre 38.21).

Les mots issus de la racine indo-européenne pour désigner la couleur du charbon sont :

  • Mauros (μαύρος en grec),
  • Mélasμέλας, μέλανοςmélanos grec ancien couleur du Miel(Μέλι)
  • Mauri mélanoderme en latin, ater pour dire couleur brune ou sombre
  • Black (m=b et r=l) en anglais ou brun qui sont des mutations phonétiques de Mélas.
  • Brun en francais pour désigner les cheveux noirs des femmes européennes

Attention !

1-Il n’existe pas en Latin un mot ‘Niger’ qui signifie ‘noir’ avant Virgile, ça n’existe dans aucun texte classique latin de l’antiquité. C’est le mot ‘mauri’ qui sert à dire mélanoderme par métonymie et ‘ater’ signifie littéralement ‘noir’. pour dire couleur brune tout simplement, c’est le mot ater ou fusca qui est utilisé.

2-Le mot grec Niger des textes classiques grecs est juste un prénom greco-romain qui n’a rien à avoir avec le mot nigri (nom antique du fleuve Joliba) qui a donné le mot nègre. Le mot francais ‘Niger’ a plutôt donné le mot ‘noir’ encore en francais. C’est de là que vient toute la confusion. Le Siméon antiochien de Actes 15v1 porte le prénom Niger comme plusieurs autres de ses compatriotes (Niger de la Pérée, un transjordaniengouverneur de l’idumée, Guerre des Juifs Livre 2). Il y a aussi le Napolitain SpartianusPescennius Niger fils de Fuscus https://fr.wikipedia.org/wiki/Pescennius_Niger, https://fr.wikipedia.org/wiki/Simon_Bargiora.Le mot Niger était un prénom gréco-romain , un prénom de blanc ! C’est au 17 ème siècle, quand on a confondu Simon de Cyrène le mélanoderme de race nigrite avec l’antiochien blanc Simon Niger que le mot nigri a été confondu à Niger ! Pour etre un mélanoderme, Simon de Cyrène n’a pas besoin d’etre Simon-Niger. En effet, les cyrénéens sont des africains de la période black-Athéna. Les cyrénéens de l’antiquité étaient mélanoderme et le sont toujours en partie jusqu’à aujourd’hui notament dans l’Oasis de Siwa en Egypte. Ils sont liés aux haoussas et aux Peulhs par le génome R-V88 et au reste des africains par le génome A/B. Les représentations anciennes des cyrénéens avant la péridode ptolémaique prouve que les cyrénéens étaient des noirs. C’est donc aussi au 17 ème siecle que Simon de Cyrène pour la première fois fut confondu à Simon Niger, ce qui a fait que le fleuve Djoliba ou Nigri a aussi changé de nom en passant de Nigri à Niger en donnant son nom au passage à deux pays en Afrique (Niger et Nigéria). La confusion entre Simon de Cyrène et Simon Niger est attestée qu’au début du XVIIe siècle par le jésuite Cornelius a Lapide (1567-1637). On la retrouve également dès le XIVe siècle dans de rares représentations iconographiques de la montée au Golgotha, à l’instar de l’orfroi de Marnhull, un bandeau brodé au début du XIVe siècle pour être cousu au dos d’un chasuble, ou encore d’un tableau du peintre florentin Biagio d’Antonio réalisé vers 1500. Cette tradition reposait principalement sur l’assimilation de Simon de Cyrène à un autre Simon de la Bible, surnommé Niger (un simple prénom grec), un docteur de l’église d’Antioche mentionné dans les Actes des apôtres (13:1). Du reste, elle s’accordait avec l’idée qu’on pouvait se faire à cette époque en Europe de la ville africaine de Cyrène. Ainsi donc, on voit que Simon de Cyrène était déjà mélanoderme avant que le mot Nigri ne devienne synonyme de nègre et que Niger,un prénom grec prenne la place du nom du fleuve Djoliba appélé Nigri dans l’antiquité par les grecs.

Les lybiens dans les textes grecs et arabes plus tardifs

Dans les textes classiques grecs :

Les Ammoniens ou habitants de l’oasis de Syouah (Siwa), étaient, selon Hérodote (II, 42), des descendants de colons égyptiens (noirs) et éthiopiens (noirs) qui parlaient une langue intermédiaire entre l’égyptien et l’éthiopien, une langue berbère. C’était donc une population noire. Cependant, elle a dû être submergée ensuite par des éléments blancs issus des différents invations de l’Egypte, jusque dans les temps modernes, les habitants de Syouah parlent encore ce dialecte berbère la génétique des populations prouve qu’ils sont purement d’origine sub-sahariens et donc noirs à l’origine. Egalement noirs brun nous paraissent les Nasamons* qui entretenaient des contacts avec les Ammoniens (Hérodote, II, 32). Ils étaient certainement noirs (appelés libyens par Hérodote Livre IV. CXC), on dir qu’au terme de leur expédition dans le désert, certains d’entre eux relatèrent comme un fait remarquable l’existence de petits hommes noirs de peau (Hérodote, ibid.). En effet à l’époque des Sévères, Philostrate (Vie d’Apoll., VI, 25) tient les Nasamons pour des Ethiopiens. Claudien (Guerre contre Gildon, 192-193), à la fin du IVe siècle, distingue, parmi les alliés de Gildon, les Nasamons des Ethiopiens, mais il prétend que de l’union des premiers comme des seconds avec des Carthaginoises (romains) sont nés des enfants de couleur (discolor)Les Nasamons étaient donc d’une carnation beaucoup plus foncée que les habitants de la Carthage romaine, métis de Puniques (noirs), de Libyco-Berbères et de Romains, souvent déjà fort bruns. Dès le début de notre ère, Strabon (II, 2, 3) avait affirmé, d’après Posidonios (circa 100 av. J.-C.) que les êtres vivants de la région du silphium, dans l’intérieur de la Cyrénaïque, avaient des cheveux crépus, des lèvres saillantes et des nez épatés.

  1. (en) Cruciani et al.; Trombetta, B; Sellitto, D; Massaia, A; Destro-Bisol, G; Watson, E; Beraud Colomb, E; Dugoujon, JM et al. (2010). « Human Y chromosome haplogroup R-V88: a paternal genetic record of early mid Holocene trans-Saharan connections and the spread of Chadic languages ». European Journal of Human Genetics 18 (7): 800–7. doi:10.1038/ejhg.2009.231. PMC 2987365. PMID 20051990 [archive].
  2. https://www.nature.com/articles/ejhg2009231#Tab1 : A schematic representation of the African continent. (a) Contour map of haplogroup R-V88. (b) Location and linguistic affiliation of the sampled populations. Numbers refer to populations in Table 1. Linguistic affiliations of the populations are indicated by different colors (to the left).
  3. https://www.yfull.com/tree/R-V88/
  4. https://www.yfull.com/tree/E/

Nous avons été conduit à parler de « populations intermédiaires » à propos de tribus comme les Nigritae et les Pharusii que les sources antiques rangent parfois parmi les Ethiopiens ou, plus souvent, distinguent de ceux-ci. Il est très difficile de comprendre selon quels caractères Ptolémée classe les Mélanogétules (IV, 6, 5, p. 743), malgré leur « noirceur », dans la catégorie des Gétules, les Girrhei voisins (ibid.) parmi les Ethiopiens, et les Garamantes en dehors de toute catégorie puisqu’ils sont, selon lui (1, 8, 5, p. 21), « plutôt » ou « quelque peu » éthiopiens (cf. aussi 1, 9, 7, p. 25), mais à distinguer des Ethiopiens qui obéissent au même roi qu’eux. De même, on se demandera quelle différence il voyait entre les Mélanogétules, ou Gétules noirs, et les Leukaethiopes (IV, 6, 6, p. 745), ou Ethiopiens blancs. 

Enfin, quelques composés méritent attention : Le terme grec « Libyphéniciens »*, attesté depuis Hécatée (FgrHist 1 F 338b), désignait initialement les Phéniciens habitant la Libye, ainsi que « Libyaethiopes »* (Oros. hist. I 2, 88) des noirs ou Lybiens Éthiopiens (les Soudanais) et « Sardolibyens » (FgrHist 90 Nicolas de Damas F 103r) des Libyens originaires de Sardaigne (les peuples de la mer). Un équivalent punique inconnu, traduit par « Libyphéniciens » dans les sources (p. ex. Polyb. III 33, 15 ; Diod. XX 55, 4), devait se référer à la situation particulière des citoyens des villes phéniciennes en Afrique contrôlées par Carthage (cf. le « serment d’Hannibal » Polyb.VII 9, 5 : « ceux qui dépendent de Carthage et suivent les mêmes lois ») ; après la chute de Carthage, ce sens administratif céda la place à un usage plus général, englobant sous ce nom les populations établies entre les Syrtes et l’Algérie orientale (Strab. XVII 3, 19, C 835) – donc grosso modo dans les anciens domaines de Carthage – sans égard à leur ascendance. Seul Tite Live (XXI 22, 3 : mixtum Punicum Afris genus) emploie le mot dans le sens d’un amalgame ethnique entre Phéniciens et Libyens (cf. Huß 1985, p. 55-56, pour une liste des témoignages n. 16). Les « Libyarchai » (Ptol. IV 5, 21 ; cf. Libuarkhae*) et « Libyaigyptioi » (Ptol. IV 5, 26 ; cf. Libyes Aegyptii*) habitant respectivement la côte et les oasis à l’ouest de l’Égypte rappellent l’usage du toponyme « Libye » pour un district limitrophe, à l’ouest du Delta, ainsi que pour l’ouest de la vallée du Nil en général (voir « Libye (antique) », dans ce même fascicule), sans que des survivances de l’ethnique égyptien (voir « Lebu/Libu ») soient exclues.

Une légende haoussa chez Hérodote confirmée par la génétique :

Les haoussas : la légende du roi Battus cyrénéen d’Hérodote est la légende haoussa de Bayijidda

figure 3 Dans l’un ou l’autre des cas, il s’agit d’un fondateur de royaume, c’est donc l’histoire des noirs pré-hellènes dont il est question dans le livre black-athena du britanique Martin G. Bernal. Les textes grecques disent aussi que la science de l’astronomie fut apportée chez les Chaldéens par des africains qui ont quitté l’Egypte. La mention du pharaon Apriès permet de situer l’histoire vers le 7 ème siècle av EC. Quand donc Herodote parle des deux seules nations autochtones d’Afrique : des libyens (les noirs chado-nilotiques) et des éthiopiens (les noirs nubiens), il s’agit donc des africains noirs de langue nilo-tchadique pour le mot libyen (appelés libyoéthiopiens par Orosius au 4 ème siècle) et des africains nubiens pour le mot éthiopiens. En effet, Herodote nous informe que le mot ‘battus’ signifie roi dans la langue des libyens, or dans la langue amazigh, aucun mot signifiant roi ne ressemble à ‘battus’ et aucune légende amazigh ne peut être associé à la légende de battus. Par contre, il y a beaucoup de parallélisme entre de ‘Battus’ libyen venu de l’orient pour fonder le peuple des cyrénéens dont parle Hérodote (et Ménéclès) et le ‘Bayijidda’ haoussa négro-africains venu d’Irac (Chaldée) pour fonder le peuple des royaumes haoussa. Le mot ‘Aziris’ ressemble aussi au mot ‘azidi’. Cette déformation des mots et de la légende est due aux deux mille ans qui sépare la version d’Hérodote et ce que la légende est devenue dans les populations haoussa sous l’influence arabo-islamique. Il faut remarquer que les haoussas (et le pharaon Toutankamon) sont d’haplogroupe R1b-V88, se retrouve surtout dans certaines régions de l’Afrique subsaharienne (centre du Sahel, nord du Cameroun, nord du NigeriaTchad et Niger). Sa fréquence atteint 95 % au nord du Cameroun. On le trouve également dans une moindre mesure en Afrique du nord notamment chez les Berbères égyptiens de l’oasis de Siwa (27 %)1.

Figure https://www.nature.com/articles/ejhg2009231#Tab122

C:\Users\Hp\Documents\DOSSIER KAMITE ANTI RELIGION ABRAHAMIQUE\IMAGES\kamite image\Libye antique\De-Ridder.189_a-red-500x421.jpg C:\Users\Hp\Documents\DOSSIER KAMITE ANTI RELIGION ABRAHAMIQUE\IMAGES\kamite image\les R-V88 d'Egypte 27 pr C\Haoussa cyrénéens.png On retrouve aussi beaucoup de noirs autochtone entre l’Egypte à Siwa jusqu’aux noirs lybiens de Tawergha martyrisés par les terroristes qui ont tué Kadafi. Les libyens cyréniens dont parlait Hérodote n’ont rien à avoir avec les amazighs instalés à Fezzan en algérie par le pharaon Ramses 2. Les lybiens d’hérodote sont des noirs et ils le sont resté dans une moindre mesure jusqu’à aujourdhui de Tawergha en Lybie à Siwa en Egypte. Selon la mythologie grecque, les libyens cyrénéens descendent de l’égyptien Agénor devenu roi cananéen de Tyr, lui-même père de Cadmos l’alphabétisateur des grecs et 10 ème ancètre de Théras pères de théréens une ile grecs, lui-même ancètre Polymnestus qui a engendré Battus premier roi des Cyrénéens avec une femme de l’ile grecque de Crète. Puisque Hérodote dit que les égyptiens étaient des noirs, c’est dont évident que les lybiens cyrénéens que hérodote décrit comme des autochtones en Afrique sont aussi des noirs.Les lybiens autochtones d’Afrique habitant la cyrénaique dont parle Hérodote n’ont rien à avoir les amazigh ou numides Massassiles qui étaient entre Fezzan en algérie, la tunisie et le Maroc ! Les libyens cyrénéens d’Hérodote sont d’autochtone noirs tchadique d’Afrique ! Ceux qu’il appelle éthiopien sont les nubiens et le reste des africains noirs.

Diodore Livre 1 – XXVIII. Selon leur histoire, les Egyptiens ont disséminé un grand nombre de colonies sur tout le continent. Bélus, que l’on dit fils de Poséidon et de Libye, conduisit des colons à Babylone. Etabli sur les rives de l’Euphrate, il institua des prêtres, qui étaient, comme ceux d’Egypte, exempts d’impôt et de toute charge publique ; les Babyloniens les appellent Chaldéens. Ils s’occupent de l’observation des astres, à l’imitation des prêtres et physiciens de l’Egypte ; ils sont aussi astrologues. Danaüs partit également de l’Egypte avec une colonie, et fonda la plus ancienne des villes grecques, Argos. Les Colchidiens du Pont et les Juifs, placés entre l’Arabie et la Syrie, descendent aussi de colons égyptiens. C’est ce qui explique l’usage qui existe depuis longtemps chez ces peuples de circoncire les enfants ; cet usage est importé de l’Egypte. Les Egyptiens prétendent que les Athéniens eux-mêmes descendent d’une colonie de Saïs, et ils essaient de démontrer ainsi cette opinion : Les Athéniens, disent-ils, sont les seuls Grecs qui appellent leur ville Asty, nom emprunté à l’Asty d’Egypte ; de plus, leur organisation politique a le même ordre, et divise, comme chez les Egyptiens, les citoyens en trois classes. La première se compose des eupatrides, qui, comme les prêtres en Egypte, sont les plus instruits et dignes des plus grands honneurs. La seconde classe comprend les possesseurs de terres, qui devaient avoir des armes et défendre l’Etat, comme en Egypte les cultivateurs qui fournissent des soldats. La dernière classe renferme les ouvriers occupés à des arts manuels et payant les charges publiques les plus nécessaires ; un ordre semblable existe aussi chez les Egyptiens. Les Athéniens ont eu des généraux d’origine égyptienne ; tel était Pétés, père de Ménesthé, qui avait été de l’expédition de Troie, et qui avait régné ensuite sur Athènes. [On dit la même chose de Cécrops], qui avait une double nature ; les Athéniens n’ont jamais pu donner les véritables raisons de ce phénomène. Il est pourtant évident pour tout le monde que, puisqu’il se trouvait citoyen de deux Etats, l’un grec et l’autre barbare, on lui attribua une double nature, moitié bête et moitié homme.

LV. Après ces dispositions, il dirigea d’abord son armée vers les Ethiopiens, qui habitent au midi de l’Egypte ; ils les défit et leur fit payer des tributs consistant en bois d’ébène, en or et en dents d’éléphant. Il détacha ensuite vers la mer Rouge une flotte de quatre cents navires, et fut le premier Egyptien qui eût construit des vaisseaux longs. Cette flotte prit possession des îles situées dans ces parages, ainsi que de tout le pays littoral jusqu’à l’Inde. Lui-même, se rendant en Asie, à la tête de son armée, soumit tout ce pays ; il pénétra non seulement dans les pays qui furent plus tard conquis par Alexandre le Macédonien, mais encore il aborda des contrées et des nations que celui-ci n’atteignit pas. Car, il passa le Gange, et s’avança dans l’Inde jusqu’à l’Océan, et du côté de la Scythie jusqu’au Tanaïs, fleuve qui sépare l’Europe de l’Asie. On raconte même, qu’un certain nombre d’Egyptiens, laissés aux environs du Palus-Méotide, donnèrent naissance au peuple des Colchidiens. On cite comme preuve une coutume égyptienne, la circoncision, qui s’y pratique comme en Egypte ; cette coutume subsiste chez tous les colons égyptiens, comme chez les Juifs (Hyksos égyptianisant chassés). Sesoosis subjugua ainsi le reste de l’Asie et la plupart des îles Cyclades. Il passa en Europe, et en traversant la Thrace il faillit perdre son armée, tant par défaut de vivres que par la rigueur du climat. C’est dans la Thrace qu’il mit un terme à son expédition et qu’il éleva sur plusieurs points des colonnes, monuments de ses conquêtes. Ces colonnes portaient l’inscription suivante, tracée en caractères égyptiens dits sacrés : Le roi des rois, le seigneur des seigneurs, Sesoosis, a soumis cette contrée par ses armes. On avait représenté, sur ces colonnes, chez les peuples guerriers, les parties sexuelles de l’homme ; et celles de la femme chez les tribus lâches et efféminées, afin d’indiquer, par cette partie importante du corps, le caractère le plus saillant de chaque population. Dans quelques endroits, Sesoosis avait fait élever sa propre statue, qui ie représentait tenant l’arc et la lance ; elle était de quatre palmes plus haute que la taille naturelle de ce roi, laquelle était de quatre coudées. Enfin, se montrant humain envers tous ses sujets, et ayant terminé son expédition au bout de neuf ans, il ordonna à toutes les nations soumises d’envoyer en Egypte, chacune selon ses facultés, un tribut annuel. Rassemblant une quantité prodigieuse de prisonniers de guerre et d’autres dépouilles, il retourna dans sa patrie, après avoir accompli ce qu’aucun de ses prédécesseurs n’avait fait. Il orna tous les temples de l’Egypte de monuments et de dépouilles magnifiques. Il récompensa les soldats, chacun selon sa bravoure. En résumé, non seulement toute l’armée revint riche et triomphante, mais encore toute l’Egypte retira de cette expédition toutes sortes d’avantages.

XCIV. Il faut maintenant parler des législateurs égyptiens qui ont institué des lois si extraordinaires et si singulières. Après la constitution ancienne qui fut faite, selon la tradition, sous le règne des dieux et des héros, le premier qui engagea les hommes à se servir de lois écrites fut Mnévès, homme remarquable par sa grandeur d’âme, et digne d’être comparé à ses prédécesseurs. Il fit répandre que ces lois, qui devaient produire tant de bien, lui avaient été données par Mercure. C’est ainsi que chez les Grecs, Minos en Crète et Licurgue à Lacédémone prétendirent, que les lois qu’ils promulguaient leur avaient été dictées par Jupiter ou par Apollon. Ce genre de persuasion a été employé auprès de beaucoup d’autres peuples, et a présenté de grands avantages. En effet, on raconte que, chez les Arimaspes, Zathrauste avait fait croire qu’il tenait ses lois d’un bon génie ; que Zamolxis vantait aux Gètes qui croient à l’immortalité de l’âme, ses communications avec Vesta, et que, chez les Juifs, Moïse disait avoir reçu les lois du Dieu appelé Iao ; soit que ces législateurs regardassent leur intelligence, mise au service de l’humanité, comme quelque chose de miraculeux et de divin, soit qu’ils supposassent que les noms des dieux qu’ils empruntaient seraient d’une grande autorité dans l’esprit des peuples. Le second législateur de l’Egypte a été Sasychès, homme d’un esprit distingué. Aux lois déjà établies il en ajouta d’autres, et s’appliqua particulièrement à régler le culte des dieux. Il passa pour l’inventeur de la géométrie et pour avoir enseigné aux Egyptiens la théorie de l’observation des astres. Le troisième a été Sesoosis, qui, non seulement s’est rendu célèbre par ses grands exploits, mais qui a introduit dans la classe des guerriers une législation militaire, et a réglé tout ce qui concerne la guerre et les armées. Le quatrième a été Bocchoris, roi sage et habile : on lui doit toutes les lois relatives à l’exercice de la souveraineté, ainsi que des règles précises sur les contrats et les conventions. Il a fait preuve de tant de sagacité dans les jugements portés par lui que la rnémoire de plusieurs de ses sentences s’est conservée jusqu’à nos jours. Mais on rapporte qu’il était faible de corps et très avide d’argent.

Les Libyens cyrénéens et Maxyes selon les textes classiques grecs et biblique

Les lybiens cyrénéens se disent descendants des théréens alors que les libyens Maxyes se disent descendants des Troyens où étaient l’éthiopiens Agamemnon et sont armée de noirs éthiopiens.

Hérodote Livre 4

CLIII. Les Théréens, ayant laissé Corobius dans l’île, dirent, à leur retour à Théra, qu’ils avaient commencé une habitation dans une île attenante à la Libye. Là-dessus il fut résolu que de tous leurs cantons, qui étaient au nombre de sept, on enverrait des hommes, que les frères tireraient au sort, et que Battus serait leur chef et leur roi. En conséquence de cette résolution, on envoya à Platée deux vaisseaux de cinquante rames chacun. Telle est la manière dont les Théréens racontent cette histoire.

CLIV. Les Cyrénéens sont d’accord avec eux en tout, excepté en ce qui concerne Battus. Voici de quelle manière ils le rapportent. Étéarque, roi de la ville d’Axus, en Crète, ayant perdu sa femme, dont il avait une fille nommée Phronime, en épousa une autre, qui ne fut pas plutôt entrée dans sa maison, qu’elle fit voir par ses actions qu’elle était une vraie marâtre. Il n’y eut rien en effet qu’elle n’imaginât pour faire maltraiter cette princesse ; enfin elle l’accusa de s’être abandonnée à un homme, et parvint à le faire croire à son mari.

Étéarque, persuadé par cette femme, se porta contre sa fille à une action odieuse. Il y avait alors à Axus un marchand de Théra, nommé Thémison. Ce prince le manda, et, ayant contracté avec lui l’hospitalité, il lui fit promettre avec serment de lui prêter son ministère dans toutes les choses où il aurait besoin de lui. Le serment exigé, il lui remit sa fille entre les mains, et lui dit de l’emmener, et de la jeter dans la mer. Thémison, fâché qu’on lui eût fait faire un serment pour le tromper, renonça à l’amitié d’Etearque. Il remit à la voile avec la princesse ; et, quand il fut en pleine mer, il l’attacha avec des cordes, et, pour s’acquitter de son serment, il la descendit dans la mer ; mais il l’en retira, et la mena dans l’île de Théra.

CLV. Lorsqu’elle y fut arrivée, Polymnestus, homme distingué, la prit pour concubine. Il en eut, au bout d’un certain temps, un fils qui bégayait et grasseyait. Cet enfant fut appelé Battus, suivant les Théréens et les Cyrénéens ;

CLV. … Cet enfant fut appelé Battus, suivant les Théréens et les Cyrénéens ; mais je pense qu’il eut un autre nom, et qu’après son arrivée en Libye il fut ainsi surnommé, tant à cause de la réponse qu’il avait reçue de l’oracle de Delphes, que par rapport à sa dignité : car Battus signifie roi dans la langue des Libyens ; … « Battus, tu viens ici au sujet de ta voix : mais Apollon t’ordonne d’établir une colonie dans la Libye, féconde en bêtes à laine. » C’est comme si elle eût dit en grec : « O roi, tu viens au sujet de ta voix. … CLVII. … Sur cette réponse, Battus retourna avec ceux de sa suite : car le dieu ne les tenait pas quittes de la colonie, qu’ils n’eussent été dans la Libye même. De retour à Platée, ils prirent celui d’entre ceux qu’ils y avaient laissé, et s’établirent dans la Libye, vis-à-vis de l’île, à Aziris, lieu charmant, environné de deux côtés par des collines agréables couvertes d’arbres, et, d’un autre côté, arrosé par une rivière. … CLVIII. Ils demeurèrent six années à Aziris ; mais la septième ils se laissèrent persuader d’en sortir, sur les vives instances des Libyens, et sur la promesse qu’ils leur tirent de les mener dans un meilleur canton. Les Libyens, 

Cyrène est en Libye :

LXXXI. Aristée était fils d’Apollon et de Cyrène, fille d’Ypsée et petite-fille de Pénée. Quelques mythologues racontent ainsi son origine : Apollon devint amoureux de Cyrène, qui, fort belle, fut élevée sur le mont Pélion ; il la transporta dans cet endroit de 1a Libye où l’on a depuis bâti la ville qui porte le nom de Cyrène. Là, Apollon eut de Cyrène

Hérodote ne s’explique pas davantage, et nous laisse absolument ignorer quels furent ces malheurs. Le scoliaste de Pindare (Ménéclès) suppléera à son silence. « Il y eut, dit-il, des troubles dans l’île de Théra, et les citoyens se partagèrent en deux factions. Battus, s’étant mis à la tête de l’une de ces deux factions, eut du dessous dans un combat, et fut obligé de quitter sa patrie. Comme il avait perdu l’espoir d’y retourner, il résolut de s’établir ailleurs avec ceux qui l’avaient accompagné dans sa fuite. Battus, étant allé à Delphes, demanda au dieu s’il combattrait pour recouvrer sa patrie, ou s’il irait chercher ailleurs un établissement. Le dieu lui répondit : « Battus, le premier parti est mauvais, le second est bon. Va, quitte une terre environnée de mer ; le continent vaut mieux. Renonce à l’Orient, où fut ton premier domicile. Obéis à mes ordres, en allant habiter une terre ferme, suivant la volonté des dieux. Garde-toi d’entreprendre une navigation injuste en retournant en ta patrie, et souviens-toi que telles sont les œuvres de l’homme, tel est le succès de ses entreprises. »

 Théras était le sixième descendant d’Oedipe, et le dixième de Cadmus. Le sixième descendant d’Oedipe, dit Callimaque, mena de Sparte à Théra une colonie.,Le scoliaste de Callimaque suppose que Théras était fils de Tisamène, et petit-fils d’Antesion. C’est le contraire. (L.)

Dans la bible :

Une autre preuve antique est que dans la tradition chrétienne, Siméon de Cyrène (Mt 27v32) était un noir.Dans l’ancien testament écrit entre l’an -400 et et l’an -150 (2 Chrn 12v3, 16v8, Dn 11v43, Nahum 3v9 et Jérémie 46v8-9, Ezé 30v4-5), les peuples Lybiens sont mentionnés 4 fois toujours en compagnie des Koushites (éthiopiens), des puthiens et des égyptiens (tous descendants de Cham Gn 10v6). Les libyens ne sont jamais mentionné ailleurs encore moins comme descendants de Japhet ou Sem. Les textes bibliques antérieurs (Gn 10v6, 1 Chrn 1v8, Jr 46v8-9Ezé 30v4-5) à Esdras principal auteur de 1 et 2 Chroniques citent les égyptiens, les éthiopiens et les puthéens sans citer à coté les libyens contrairement à 2 Chrn 12v3, 16v8, Dn 11v43, Nahum 3v9 qui citent les 4 enssembles.

Ethnogonie des cyréniens

Cadmus, fils d’Agénor (un égyptiens devenu roi de Tyr en Phénicie), frère d’Europe, de Phénix et de Cilix, fondateur légendaire de la cité de Thèbes. Il est l’importateur, en Grèce, de l’alphabet phénicien → voir cadméen. Exemple d’utilisation manquant.

Dans la mythologie grecque CadmosKadmos ou Cadmus (en grec ancien Κάδμος / Kádmos, en latin Cadmus) est l’un des fils d’Agénor, roi de Tyr1, en Phénicie et de Téléphassa, et frère de PhénixCilixEuropeThasos et Phinée, et il est le fondateur légendaire de la cité de Thèbes (en Béotie)2. Les Grecs ont crédité Cadmos de l’introduction en Grèce de l’alphabet phénicien1 ; selon l’historien Jon Christian Billigmeier, le mythe de Cadmos pourrait garder le souvenir d’une immigration sémitique en Grèce3Hérodote, qui rapporte ce fait4, estime que Cadmos a vécu environ 1600 ans avant lui, soit vers -2000.

Agénor, roi de Tyr venu de la région du Delta pour habiter le pays de Canaan, est le père de cinq fils et d’une fille : Europe. Cette dernière ayant été enlevée par le taureau divin (ou par le roi de Crète Taurus), les cinq fils d’Agénor partent à sa recherche, sur l’ordre de leur père. Comme ils ignorent où est allé le taureau, ils prennent chacun une direction différente. Phœnix se dirige vers l’ouest, dépasse la Libye, atteint la future Carthage, où il donne son nom aux Punici (de Pœni) puis revient en Canaan, qui sera rebaptisé Phénicie en son honneur. Cilix va en Cilicie, Phineus aux Dardanelles, Thasus à Olympie puis à l’île de Thasos. Enfin Cadmus, le plus célèbre des cinq frères va d’abord à Rhodes, puis en Thrace et de là, à Delphes. Il interroge l’oracle pour savoir où il trouvera Europe. La Pythie lui conseille d’abandonner sa Quête, et de suivre plutôt une vache : là où cette vache tombera de fatigue, Cadmus devra bâtir une ville. Il achète donc une vache marquée d’une pleine lune blanche sur chaque flanc, la chasse devant lui sans répit à travers toute la Béotie, jusqu’à ce qu’elle s’effondre, épuisée, au lieu où s’élèvera la ville de Thèbes.

Cadmus ou la quête d’Europe

Les légendes et l’archéologie révèlent une autre zone de contact ou de contamination entre les deux mythes, le grec et le biblique. Voyons d’abord les légendes grecques.

Agénor, roi de Tyr venu de la région du Delta pour habiter le pays de Canaan, est le père de cinq fils et d’une fille : Europe. Cette dernière ayant été enlevée par le taureau divin (ou par le roi de Crète Taurus), les cinq fils d’Agénor partent à sa recherche, sur l’ordre de leur père. Comme ils ignorent où est allé le taureau, ils prennent chacun une direction différente. Phœnix se dirige vers l’ouest, dépasse la Libye, atteint la future Carthage, où il donne son nom aux Punici (de Pœni) puis revient en Canaan, qui sera rebaptisé Phénicie en son honneur. Cilix va en Cilicie, Phineus aux Dardanelles, Thasus à Olympie puis à l’île de Thasos. Enfin Cadmus, le plus célèbre des cinq frères va d’abord à Rhodes, puis en Thrace et de là, à Delphes. Il interroge l’oracle pour savoir où il trouvera Europe. La Pythie lui conseille d’abandonner sa Quête, et de suivre plutôt une vache : là où cette vache tombera de fatigue, Cadmus devra bâtir une ville. Il achète donc une vache marquée d’une pleine lune blanche sur chaque flanc, la chasse devant lui sans répit à travers toute la Béotie, jusqu’à ce qu’elle s’effondre, épuisée, au lieu où s’élèvera la ville de Thèbes.

On voit donc que la Quête d’Europe — selon ce groupe de [p. 27] légendes rapportées notamment par Pausanias — se confond avec les voyages historiques des Phéniciens. On voit aussi combien, dès ces débuts fabuleux, il paraît difficile de « retrouver Europe » ! C’est la poursuite de son image mythique qui fait découvrir aux cinq frères sa réalité géographique, et fait bâtir une ville au plus actif d’entre eux. Voilà qui est plein d’enseignements. Rechercher l’Europe c’est la faire ! En d’autres termes : c’est la recherche qui la crée.

Mais venons-en à la confluence des deux mythes. Selon Robert Graves16, Agénor est le héros phénicien Chnas, qui apparaît dans la Genèse sous le nom de Canaan. Nombre de coutumes cananéennes indiquent une provenance est-africaine, et les Cananéens pourraient être venus de l’Ouganda par la vallée du Nil et le Delta. La dispersion des fils d’Agénor rappellerait, selon Robert Graves, la fuite vers l’ouest des Cananéens, au second millénaire av. J.-C., sous la pression des envahisseurs aryens. Elle correspond en tout cas à la grande aventure de ces premiers descubridores que furent les Phéniciens. Voici comment Victor Bérard ramasse en une page étonnante tout cet ensemble de symboles et de réalités historiques que sa thèse « phénicienne » nous rend intelligibles :

Les Phéniciens, dans la Méditerranée anté-homérique, s’étaient lancés pareillement à la quête d’une Terre occidentale, qu’en leur langue, ils devaient nommer la « terre du Couchant », Eréba. Ils tenaient de leurs maîtres égyptiens la notion de cette « belle Amenât », de ce Couchant mystérieux où l’Égypte plaçait le séjour éternel et bienheureux de ses morts. De cette quête de l’Eréba, les Hellènes firent leur légende de la belle Europé, « l’Occidentale », poursuivie par son frère Cadmos, « l’Oriental », que leur père Agénor, roi de Tyr, avait envoyé à la recherche : de Phénicie en Crète, en Béotie, en Illyrie, Cadmos avait marché vers cette terre du soir, — Hespéria, dirent les Grecs.

Amentit-Ouest-Hespérie, trois noms équivalents pour cette Terre du Couchant, que les gens de Tyr-Sidon se figuraient sans doute à l’origine comme une masse compacte, un continent « prodigieux », semblable à l’un de ceux qu’ils pouvaient connaître en leur voisinage, Asie et Libye…

Combien fallut-il d’années aux découvreurs de passes pour découper cette masse en îles, presqu’îles et territoires médiocres et finir, après avoir cru la trouver en Crète, puis en Italie, par la restreindre à la péninsule espagnole ?

[p. 28] Encore certains des Anciens ne purent-ils jamais se résoudre à cette déconvenue : ils voulurent pousser plus loin la recherche de Cadmos et reculer toujours le gîte de cet autre monde : quand, au-delà de Calypso et des Colonnes d’Hercule, s’ouvrit devant eux l’Océan sans bornes, ils soutinrent qu’Espéris, fille d’Atlas, — l’Atlantide — s’était effondrée dans ces eaux, où quelques-uns de nos navigateurs modernes ont pensé la retrouver, où certains de nos géographes et géologues s’entêtent encore à l’entrevoir.17

Mais la pleine signification de la légende de Cadmus est encore loin d’être épuisée par ce rappel de la découverte du Couchant. En effet, et toujours selon Victor Bérard, « l’Antiquité presque unanime attribuait à Cadmus l’introduction de l’alphabet en Grèce, et plaçait la venue de Cadmus au début du xve siècle ». Or les trouvailles récentes de l’archéologie confirment cette date. Par la Crète, l’alphabet nous vient des Phéniciens ; ceux-ci colonisèrent la Béotie et y firent souche et de leurs nobles dynasties des « Cadméens » procèdent nombre des lettrés qui, comme Bias et Thalès de Milet, deux des Sept Sages, fondèrent plus tard en Ionie, patrie d’Homère, la prose grecque et la philosophie. Qu’on n’oublie pas non plus qu’Hésiode, le premier à nommer Europe, était né et avait vécu en Béotie…

Relevons enfin deux autres éléments de parenté mythologique.

Si Agénor, père d’Europe, est Canaan, il serait, selon la Genèse, ce fils de Cham promis à l’esclavage. Le mythe gréco-phénicien et la légende de Japhet se recouperaient donc en ce point, non sans qu’il en résulte de nouvelles incertitudes et complexités, puisque Europe descendrait ainsi de Cham selon la légende classique et son interprétation phénicienne, tandis que selon la tradition biblique, c’est aux descendants de Japhet qu’aurait été promis le continent occidental.

Non moins curieux est le rapprochement qui saute aux yeux, mais déconcerte, entre le Japhet de la Genèse, fils de Noé, et le Japet de la mythologie, ce Titan père de Prométhée, et donc grand-père de Deucalion, qui fut précisément le Noé des Grecs… L’Antiquité tenait Japet pour l’ancêtre du genre humain. Audax Japeti genus, écrit Horace… La tradition occidentale a tranquillement assimilé ces deux ancêtres. Ainsi Bossuet18 :

[p. 29] Japhet, qui a peuplé la plus grande partie de l’Occident, y est demeuré célèbre sous le nom fameux d’Iapet.

Nous allons voir comment s’explique cette apparente confusion.

16.R. Graves, op. cit., I, p. 194-197.

17.Victor Bérard, op. cit., p. 190-191.

18.Bossuet, Discours sur l’Histoire universelle, I, 2.

Les libyens Auséens et Maxyes

Les lybiens cyrénéens se disent descendants des théréens alors que les libyens Maxyes se disent descendants des Troyens où étaient l’éthiopiens Agamemnon et son armée de noirs éthiopiens. Les maxyes de hérodote et ne peuvent pas etre les numides de la période des guerres puniques car hérodote dit que les Maxyes sont laboureurs alors que les numides était des sauvages sans agriculture avant d’etre civilisés par les romains vers l’an -200 selon Strabon.

Hérodote livre 4

CXCI. A l’ouest du fleuve Triton, les Libyens laboureurs touchent aux Auséens ; ils ont des maisons, et se nomment Maxyes. Ils laissent croître leurs cheveux sur le côté droit de la tête, rasent le côté gauche, et se peignent le corps avec du vermillon : ils se disent descendus des Troyens. Le pays qu’ils habitent, ainsi que le reste de la Libye occidentale, est beaucoup plus rempli de bêtes sauvages, et couvert de bois, que celui des nomades ; car la partie de la Libye orientale qu’habitent les nomades est basse et sablonneuse jusqu’au fleuve Triton. Mais depuis ce fleuve, en allant vers le couchant, le pays occupé par les laboureurs est très montagneux, couvert de bois et plein de bêtes sauvages. C’est dans cette partie occidentale de la Libye que se trouvent les serpents d’une grandeur prodigieuse, les lions, les éléphants, les ours, les aspics, les ânes qui ont des cornes (45), les cynocéphales (têtes de chien) et les acéphales (sans tête), qui ont, si l’on en croit les Libyens, les yeux à la poitrine. On y voit aussi des hommes et des femmes sauvages, et une multitude d’autres bêtes féroces, qui existent réellement.

CXCII. Dans le pays des nomades, on ne trouve aucun de ces animaux ; mais il y en a d’autres, tels que des pygarges, des chevreuils, des bubalis, des ânes, non pas de cette espèce d’ânes qui ont des cornes, mais d’une autre qui ne boit point. On y voit aussi des oryx qui sont de la grandeur du boeuf : on se sert des cornes de cet animal pour faire les coudes des cithares. Il y a aussi des renards, des hyènes, des porcs-épics, des béliers sauvages, des dictyes, des thoès (46), des panthères, des boryes, des crocodiles terrestres qui ont environ trois coudées de long, et qui ressemblent aux lézards ; des autruches, et de petits serpents qui ont chacun une corne. Toutes ces sortes d’animaux se rencontrent en ce pays, et outre cela tous ceux qui se trouvent ailleurs, excepté le cerf et le sanglier, car il n’y a ni sangliers ni cerfs en Libye. On y voit aussi trois sortes de rats, les dipodes, les zégéries, nom libyen qui signifie en notre langue des collines ; les rats de la troisième espèce s’appellent hérissons. Il naît outre cela, dans le Silphium, des belettes qui ressemblent à celles de Tartessus. Telles sont, autant que j’ai pu le savoir par les plus exactes recherches, les espèces d’animaux qu’on voit chez les Libyens nomades.

CXCIII. Les Zauèces touchent aux Libyens-Maxyes ; quand ils sont en guerre, les femmes conduisent les chars.

CXCIV. Les Gyzantes habitent immédiatement après les Zauèces. Les abeilles font dans leur pays une prodigieuse quantité de miel ; mais on dit qu’il s’y en fait beaucoup plus encore par les mains et l’industrie des hommes. Les Gyzantes se peignent tous avec du vermillon, et mangent des singes : ces animaux sont très communs dans leurs montagnes.

Char des libyens éthiopiens

Les haoussas avaient des chars depuis l’antiquité :

https://web.facebook.com/watch/?v=3607241019555249

Le mot libyen désignait entre autres les négro-africains comme les noirs du sud mauritaniens, Sénégalais, guinéens etc,

Les libyens du Fouta (Guinés Konacri, Nord Est du Sénégal, Sud mauritanie) sont Phoutéens de la Bible selon Flavius et la corne hespérienne chez les lébu de Dakar (lieu de naissance d’Osiris) originaires du Nord du Fleuve Fouté ou fleuve Sénégal.

Le pays de Phout de la bible est le Fouta Djalon (originellement le peuple Baga), …, le Fouta Toro (originellement peuple Sérère) de la Guinée Konacry avec le Nord et l’Est du Sénégal et le Sud de la Mauritanie, une région dominé par les Wolofs (dont les Lébous), les sérères, les Peulhs, les Malinkés etc qui ont généralement des lèvres plus fines moins épaisses, le nez saillants les cheveux moins crépus, souvent prèsque plates ou avec des boucles au diamètre plus larges comme beaucoup d’individus en Egypte antique. Flavius AJ L1 Ch VI parlant de Phout de Gn 10v6 a prononcé Fouté qui est au pays des noirs appelés maures LXX, Φούδ;  Phouta  Hébreu Gn 10v6. D’après Flavius les mots toponymes Fouté (de Phuth fils de Cham) et Libye (de Libye fils de Misraim fils de Cham) sont synonimes ce qui est vrai car la septante traduit le mot Phout (Fouta ou Fouté) par Libye dans pratiquement tous les versets concernés le long de la Bible Ezéchiel 27v10, 30v5, 38v5, Nahum 3v9. Dans les passages où le mot libyens est utilisé, prèsque toute les fois, l’auteur n’utilise plus le mot égyptiens comme si dans son esprit, les égyptiens sont des libyens 2 Chrn 12v3, 16v8, Daniel 11v43.

Fouta signifie territoire des 10 montagnes (en langue baga) selon une version locale. À l’origine, les Bagas habitaient les massifs montagneux du Fouta Djalon, région de la Moyenne Guinée, avant d’en être refoulés vers le sud et le littoral vers le XVIIe siècle par les vagues successives de Peuls. Les Bagas sont considérés par la tradition comme les premiers habitants du Fouta-Djalon. Cette migration massive de Peuls, originaires pour leur majorité du Macina, vers le Fouta Djalon, est une des causes de la parenté de toutes ces nombreuses ethnies qui bordent le golfe de Guinée, de la Casamance (dans le Fouladougou Harbala est une montagne qui s’appelle « Bagakourou », c’est-à-dire mont Baga) à la Sierra Leone.

Anciens possesseurs des bastions du Fouta actuel, ils étaient les intermédiaires obligés entre les peuples de la forêt ou du Soudan et ceux des rivières ou de la Sénégambie. Lorsque, au Moyen Âge, les navigateurs européens apparurent, ils descendirent par petits groupes vers le littoral, vendant leur ivoire aux étrangers. Ils étaient en effet, et sont encore, grands chasseurs et pêcheurs. Excellents arboriculteurs, les Bagas sont de grands cultivateurs de riz. Ils étaient également potiers et forgerons, avant que l’influence des Mandingues ne leur ait fait considérer ce dernier métier comme déshonorant.

Dans la tradition biblique hébraique et la tradition des autochtones égyptiens de l’antiquité selon Plutarque, le pays d’Egypte (Misraim) est appelé ‘’pays de Cham’’ en Gn 10v20, Ps 105v23,27, 106v22, 1 Chrn 4v40 , ou Chémia (Plutarque Tome V, Traité d’Osiris et d’Isis, Partie I.33). Le reste des négro-africains sont appelé Coushy (traduit en grec par éthiopiens) dans la bible. Coush est le fils de Cham (Egypte) Gn 10v6. L’autre nom du pays d’Egypte dans la bible est Misraim ou Misra. Dans l’antiquité, le reste des négro-africains sont aussi appelés Libyens ou Libu dans les textes classiques des géographes grecs et chez Flavius ; Libye, Libiim ou Libakés ou Libu ou Léhabu est fils de Misraim (Egypte) Gn 10v13 dans la Bible (Targum, Septante, Flavius etc). La mytologie biblique établit clairement le lien entre les négro-africains et l’Egypte nègre.

C’est à la fin du XVe siècle des pêcheurs Lébous (de langue Wolof) fuyant le Tekrour, un royaume situé au nord-est du fleuve Sénégal, commencent à s’y établir. Le nom de Dakar apparaît pour la première fois sur une carte en 1750 lorsque le botaniste français Michel Adanson effectue un croquis du Cap-Vert, autre appellation de la ville.

D’après Denys de Millet rapporté par Diodore BH L3 Ch 66,67, Osiris est né au pays de l’ethnie sénégalaise des Lébu (libyens !) dans la corne Hespérienne ou corne occidentale qui est la région de Dakar comme par hazard !

Etant donné que c’est uniquement le Lac Tchad qui est une mer intérieure devant ou au Sud du peuple des Gindanes voisin des Maces Tamacheq ou Touarègues noirs du Niger et au Sud (au dessus) des Troglodytes-éthiopiens. Le lac Tchad est la seule mer intérieure en Afrique à l’Ouest du Nil. Le Tritonis ou Tritonia qui est le pays où Osiris a grandit en Afrique selon les textes classiques grecs ne peut etre que la région du Lac Tchad avec le fleuve qui passe par Kano au Nigéria et se jète dans le Lac (mer) Tchad. La ville de Nyse dans les textes classiques d’Hérodote et de Diodore désigne donc la ville de Kano au temps de la civilisation Nok.

Flavius Livre 1 CHAPITRE VI … 2. [130] Les enfants de Cham occupèrent les pays qui s’étendent depuis la Syrie et les monts Amanos et Liban jusqu’à la mer (Méditerranée) d’une part, et jusqu’à l’Océan de l’astre. Les noms de quelques-uns de ces pays se sont perdus tout à fait ; d’autres, altérés ou changés en d’autres noms sont méconnaissables ; peu se sont gardés intégralement. Des quatre fils de Cham, l’un, Chous(os), a vu son nom épargné par les siècles : les Éthiopiens, ses sujets, s’appellent eux-mêmes encore aujourd’hui et sont appelés par tout le monde en Asie Chouséens. Les Mestréens, eux aussi, ont vu leur nom demeurer, car nous appelons tous, dans ces pays, l’Égypte Mestré et les Égyptiens Mestréens. Phout(ès)[122] fonda la Libye et nomma de son nom les habitants Foutiens. Il y a même un fleuve (Fleuve Sénégal) dans le pays des Maures (Mauron) qui a ce nom (Foutée): plusieurs historiens grecs en font mention, ainsi que du pays qu’il baigne, la Foutée (Foutis). Mais ce pays a changé de nom ; celui qu’il a aujourd’hui vient d’un des fils de Mestraïm[123], Libys (Gn 10v13) [124] ; je dirai prochainement pourquoi on en est venu à l’appeler aussi Afrique. Chanaan(os)[125], quatrième fils de Cham, s’établit dans le pays qui est aujourd’hui la Judée ; il l’appela de son nom Chananée. Ces fils de Cham eurent des fils à leur tour. Chous en eut six : Sabas donna naissance aux Sabéens, Évilas aux Éviléens, les Gétules d’aujourd’hui ; Sabath(ès)[126] aux Sabathéniens, que les Grecs appellent Astabariens ; Sabacathas[127] aux Sabacathéniens ; Regmos[128] fonda les Regméens ; il eut deux fils : Joudad(as)[129] qui fonda les Joudadéens, peuple de l’Éthiopie occidentale, auxquels il donna son nom ; Sabéos les Sabéens. Nemrod, fils de Chous, resta parmi les Babyloniens, dont il fut le tyran, comme je l’ai déjà indiqué antérieurement. Mestraïm eut huit fils, qui occupèrent tous les pays qui s’étendent depuis Gaza jusqu’à l’Égypte; Phylistin(os) est le seul dont le pays ait conservé le nom ; les Grecs appellent, en effet, Palestine la part qui lui échut. Quant aux autres, Loudiim(os), Enémétiim(os) et Labiim(os)[130], qui seul s’établit en Libye et donna ainsi son nom à la contrée, Nédem(os)[131], Phéthrosim(os)[132], Chesloïm(os) et Chephthorim(os)[133], on ne sait rien d’eux, hormis leurs noms ; car la guerre éthiopienne dont nous parlerons plus tard[134] a ruiné leurs villes, Chanaan eut aussi des fils : Sidon, qui bâtit en Phénicie une ville, à laquelle il donna son nom et que les Grecs encore aujourd’hui nomment Sidon ; Amathous[135], qui bâtit Amathous, que ses habitants appellent encore aujourd’hui Amathe (Hamath) ; les Macédoniens l’ont appelée Épiphanie du nom d’un des épigones. Aroudaios eut l’île d’Arados[136] ; Arucéos[137] habitait Arcé dans le Liban. Des sept autres, Evéos, Chetlaios[138], Jebouséos, Amorréos, Gergéséos, signés dans les Saintes Écritures : les hébreux détruisirent leurs villes, et voici la raison de leurs malheurs.

La septante traduit le mot Phouth (Fouté ou Fouta) par le mot Libyens dans Ezéchiel 27v10, 30v5, 38v5, Nahum 3v9.

Flavius AJ Livre 2, Ch X

[249] A la fin, les ayant poursuivis jusqu’à la ville de Saba, capitale du royaume d’Éthiopie, que Cambyse plus tard appela Méroé d’après le nom de sa sœur, ils en font le siège. Mais c’était une place extrêmement difficile à enlever : le Nil l’entourait d’un cercle, et d’autres fleuves, l’Astapos et l’Astaboras, rendaient l’attaque malaisée à ceux qui tentaient d’en franchir le cours. [250] La ville, se trouvant à l’intérieur, est comme une île ; de fortes murailles l’enserrent et, contre les ennemis, elle a pour abri ses fleuves, ainsi que de grandes digues entre les remparts, de sorte qu’elle ne peut être inondée si la crue vient à être trop violente ; et c’est ce qui rendait la ville imprenable même à ceux qui avaient passé les fleuves.

Dans la bible :

Dans la tradition chrétienne, Siméon de Cyrène (Mt 27v32) était un noir.Dans l’ancien testament écrit entre l’an -400 et et l’an -150 (2 Chrn 12v3, 16v8, Dn 11v43, Nahum 3v9 et Jérémie 46v8-9, Ezé 30v4-5), les peuples Lybiens sont mentionnés 4 fois toujours en compagnie des Koushites (éthiopiens), des puthiens et des égyptiens (tous descendants de Cham Gn 10v6). Les libyens ne sont jamais mentionné ailleurs encore moins comme descendants de Japhet ou Sem. Les textes bibliques antérieurs (Gn 10v6, 1 Chrn 1v8, Jr 46v8-9Ezé 30v4-5) à Esdras principal auteur de 1 et 2 Chroniques citent les égyptiens, les éthiopiens et les puthéens sans citer à coté les libyens contrairement à 2 Chrn 12v3, 16v8, Dn 11v43, Nahum 3v9 qui citent les 4 enssembles.

Genèse 10v13 Septante

καὶ Μεσραιμ ἐγέννησεν τοὺς Λουδιιμ καὶ τοὺς Ενεμετιιμ καὶ τοὺς Λαβιιμ καὶ τοὺς Νεφθαλιιμ

Mesraïm engendra les Ludim, les Ananim, les Laabim (libyens), les Nephtuïm,

2 Chroniques 12:2-3 TM [2] La cinquième année du règne de Roboam, Schischak, roi d’Égypte, monta contre Jérusalem, parce qu’ils avaient péché contre l’Éternel. [3] Il avait mille deux cents chars et soixante mille cavaliers; et il vint d’Égypte avec lui un peuple innombrable, des Libyens, des Sukkiens (Troglodytes ou Aksoumites selon la LXX) et des Éthiopiens.

2 Chroniques 14:9 Zérakh (Ozorko), l’Ethiopien, sortit contre eux avec une armée d’un million d’hommes et trois cents chars, et il s’avança jusqu’à Maréscha.

2 Chroniques 16:8 Les Ethiopiens et les Libyens ne formaient-ils pas une grande armée, avec des chars et une multitude de cavaliers? Et cependant l’Eternel les a livrés entre tes mains, parce que tu t’étais appuyé sur lui.

Daniel 11:43 [43] Il se rendra maître des trésors d’or et d’argent, et de toutes les choses précieuses de l’Égypte; les Libyens et les Éthiopiens seront à sa suite.

Nahum 3:8-9 [8] Es-tu meilleure que No Amon, Qui était assise au milieu des fleuves, Entourée par les eaux, Ayant la mer pour rempart, La mer pour murailles? [9] L’Éthiopie et les Égyptiens innombrables faisaient sa force, Phouth et les Libyens étaient ses auxiliaires.

Genèse 10:6 [6] Les fils de Cham furent: Cusch, Mitsraïm, Puth (Fouté ou Fouta) et Canaan.

Targum Genèse 9v13-14 : 6 Les fils de Cham furent Kush, Mitsraïm, Phut et Kenaan. Leurs provinces furent l’Arabie, Mitsraïm, Alichrok et Kenaan. … 7 Les fils de Koush furent Seba, Havila, Sabta, Raama et Sabteka, et les noms de leurs provinces furent Siniraï, Hindiki, Semadi, Lubaï et Zingaï. Les fils de Mauritinos furent Tsmargad et Mezag. … 13 Et Mitsraïm engendra les Nibatés, les Mariotés, les Libakés et les Pantascinés, 14 et les Pathrosim, les Nasiotes et les Pantapolotes, desquels sortirent les Philistés et les Caphodicées.

Septante LXX Genèse 10v13 Et Meshraïm engendra Ludim, Enemetim, Labiim (Libys) et Nephtaliim, et les Patroshonim et les Haslonim, d’où sont sortis les Philistim et les Kaphuriim.

Genèse 10:13 [13] Mitsraïm engendra les Ludim, les Anamim, les Lehabim, les Naphtuhim, 14 les Patrusim, les Casluhim, d’où sont sortis les Philistins, et les Caphtorim

Flavius AJ Livre 1 translitération assistée par Google « Éktise dé kaí Foúdis tín Libýin Foútous ap’ aftoú kalésas toús epichoríous. [133] Ésti dé kaí potamós en tí Mávron chóra toúto échon tó ónoma, óthen kaí toús pleístous tón Ellinikón istoriográfon éstin ideín memniménous toú potamoú kaí tís parakeiménis aftó chóras Foútis legoménis. Metévale dé ó nýn aftí estin ónoma apó tón Mesrámou yión Líbyos legoménou: met’ ou polý d’ eroúmen tín aitían, di’ ín aftín kaí Afrikín prosagorévesthai »

Denys de Millet par Diodore BH Livre III, Traduction française : FERD. HOEFER : Osiris est né à Dakar au Sénégal et a Grandit à Kano (Nyse dans la culture Nok) au Nigéria au bord du fleuve du Lac Tchad.

«  … Enfin Thymoetès, fils de Thymoetès, descendant de Laomédon, qui vivait du temps d’Orphée, parcourut une grande partie du monde, et arriva vers les côtes occidentales (espéran ἑσπέραν) de la Libye (Afrique de l’Ouest) ; il y vit la ville de Nyse, où, selon la tradition des habitants, fut élevé Osiris (Bacchus). Les Nyséens (Kano au Nigéria non loin du Lac Tchad) lui apprirent en détail l’histoire de ce dieu. …

LXVIII. Histoire Africaine d’Osiris

Selon le récit de cet écrivain, Ammon, roi de la partie Libyenne du haut (toú mérous tís Livýis Ouranoú, Carte d’Afrique avec Sud en Haut), épousa Rhéa, soeur de Saturne et des autres Titans. En visitant son royaume, Ammon trouva, près des monts Cérauniens, une fille singulièrement belle, qui s’appelait Amalthée. Il en devint amoureux, et en eut un enfant d’une beauté et d’une force admirables. Il donna à Amalthée la souveraineté de la contrée voisine, dont la configuration rappelle la corne d’un bœuf (la région de Dakar au Sénégal), et qu’on appelait la Corne d’Hespérus  (96). Cette contrée, en raison de la fertilité de son sol, produit non seulement beaucoup de vignes, mais encore toutes sortes d’arbres fruitiers. Amalthée prit donc le gouvernement de cette  251 contrée, à laquelle elle laissa le nom de corne d’Amalthée, et on a depuis lors appelé Amalthées tous les pays fertiles. Craignant la jalousie de Rhéa, Ammon cacha avec soin cet enfant, et le fit transporter secrètement dans la ville de Nyse (La ville de Kano), qui était fort éloignée de là. Cette ville est située dans une île environnée par le fleuve Triton (bassin du Lac Tchad); elle est très escarpée, et l’on ne peut y entrer que par un passage étroit qu’on nomme les portes Nyséennes. L’île est formée d’une terre très fertile, garnie de prairies charmantes, de jardins cultivés, et arrosée de sources abondantes ; elle est couverte d’arbres fruitiers de toute espèce, et de vignes sauvages, la plupart sous forme d’arbrisseaux. Toute cette région est bien exposée aux vents et extrêmement saine ; aussi ceux qui l’habitent vivent-ils beaucoup plus longtemps que leurs voisins. L’entrée de cette île se présente d’abord sous la forme d’une vallée, ombragée d’arbres élevés et touffus, qui laissent à peine y pénétrer un faible rayon du soleil. »

Les noirs nubiens sont lybiens et non éthiopiens

Strabon :GEOGRAPHIE, LIVRE DIX-SEPT CHAPITRE I, L’EGYPTE ;

2- … A 700 stades au-dessus du confluent de l’Astaboras et du Nil, Eratosthène place une ville nommée Méroé comme l’île elle-même, il parle aussi d’une autre île située encore plus haut que Méroé et qui serait occupée par les descendants de ces Egyptiens fugitifs, déserteurs de l’armée de Psammitichus, que les gens du pays appellent les Sembrites, comme qui dirait les Etrangers, population chez laquelle le pouvoir royal est exercé par une femme, qui elle-même reconnaît l’autorité du souverain de Méroé. Au-dessous de l’île des Sembrites, des deux côtés de Méroé, on rencontre différentes nations, et d’abord, sur la rive du Nil (j’entends sur celle des deux rives qui regarde la mer Erythrée), la nation des Mégabares et celle des Blemmyes, (cette dernière sujette des Ethiopiens, bien que limitrophe de l’Egypte) ; puis le long de la mer Erythrée, sur le rivage même, la nation des Troglodytes (ceux des Troglodytes qui habitent à la hauteur de Méroé se trouvent à 10 ou 12 journées de marche de distance du Nil). Sur la rive gauche du Nil, maintenant, et en pleine Libye, on rencontre les Nubae, nation considérable, qui commence à Méroé et s’étend jusqu’aux coudes ou tournants du fleuve. Indépendants des Ethiopiens, les Nubae forment un Etat à part, mais divisé en plusieurs royaumes. Quant au littoral de l’Egypte compris entre la bouche Pélusiaque du Nil et la bouche Canopique, il mesure une longueur de 1300 stades.

Les gétules selon Diodore et Flavius Joseph : Les gétules sont noirs,

Diodore HU Livre XVII

49 … [6] Le roi interpréta cet augure en bonne part ; et jugeant que le dieu du temple l’attendait avec plaisir, il hâta sa marche et aborda à un marais nommé le marais amer. De là faisant encore cent stades, il entra dans un lieu qu’on appelait les villes d’Hammon (Oasis de Siwah) ; d’où faisant encore un jour de marche, il se trouva auprès du temple. 50 Il est entouré d’un désert aride, sablonneux et sans aucune trace d’habitation d’homme. Mais le temple même est au milieu d’un terrain d’environ cinquante stades de long et de large, qui est arrosé par un grand nombre de fontaines d’eau claire et limpide, entre lesquelles aussi on voit des arbres chargés de fruits de toute espèce. On respire un air de printemps dans cet espace seul et privilégié, quoiqu’environné au loin de déserts arides et couverts de sables brûlants. [2] Les habitants du lieu disent que le temple a été bâti par l’Égyptien Danaüs. Il a pour voisins à son midi et à son couchant les Éthiopiens (les Touaregs ou Tamacheqs du Niger et de la Libye), au nord les peuples nomades libyens (Livýon nomadikón éthnos), ainsi nommés des troupeaux qu’ils font paître ; et au midi les Nasamomes (fils de la nymphe Tritonis, ce sont les Toubous du Soudan, Tchad et Libye). [3] Les maisons des Ammonites (éthiopyégyptiens selon Hérodote) ou desservants du temple ne semblent former que des villages. Mais il y a au milieu de leurs habitations une citadelle environnée d’un triple mur. Dans la distance du premier ou de l’extérieur au second, est le palais ou la demeure des anciens rois. Du second au troisième sont les appartements des femmes, des enfants et de tous les parents du roi. Là commencent les fortifications particulières du temple, son parvis, la fontaine sacrée où on lavait les victimes avant que de les immoler. Au-delà du troisième mur est le logement des satellites ou gardes du roi. [4] À quelque distance du temple principal et hors de la citadelle, il y a un autre temple d’Hammon environné d’arbres touffus qui en dérobent presque la vue.

Antiquité judaique Livre 1 : Les Gétules étaient noirs koushites :

« CHAPITRE VI

2. [130] Les enfants de Cham occupèrent les pays qui s’étendent depuis la Syrie et les monts Amanos et Liban jusqu’à la mer (Méditerranée) d’une part, et jusqu’à l’Océan de l’astre. Les noms de quelques-uns de ces pays se sont perdus tout à fait ; d’autres, altérés ou changés en d’autres noms sont méconnaissables ; peu se sont gardés intégralement. Des quatre fils de Cham, l’un, Chous(os), a vu son nom épargné par les siècles : les Éthiopiens, ses sujets, s’appellent eux-mêmes encore aujourd’hui et sont appelés par tout le monde en Asie Chouséens. Les Mestréens, eux aussi, ont vu leur nom demeurer, car nous appelons tous, dans ces pays, l’Égypte Mestré et les Égyptiens Mestréens. Phout(ès)[122] fonda la Libye et nomma de son nom les habitants Phoutiens. Il y a même un fleuve dans le pays des Maures qui a ce nom : plusieurs historiens grecs en font mention, ainsi que du pays qu’il baigne, la Phouté. Mais ce pays a changé de nom ; celui qu’il a aujourd’hui vient d’un des fils de Mestraïm[123], Libys[124] ; je dirai prochainement pourquoi on en est venu à l’appeler aussi Afrique. Chanaan(os)[125], quatrième fils de Cham, s’établit dans le pays qui est aujourd’hui la Judée ; il l’appela de son nom Chananée. Ces fils de Cham eurent des fils à leur tour. Chous en eut six : Sabas donna naissance aux Sabéens, Évilas aux Éviléens, les Gétules d’aujourd’hui ; Sabath(ès)[126] aux Sabathéniens, que les Grecs appellent Astabariens ; Sabacathas[127] aux Sabacathéniens ; Regmos[128] fonda les Regméens ; il eut deux fils : Joudad(as)[129] qui fonda les Joudadéens, peuple de l’Éthiopie occidentale, auxquels il donna son nom ; Sabéos les Sabéens. Nemrod, fils de Chous, resta parmi les Babyloniens, dont il fut le tyran, comme je l’ai déjà indiqué antérieurement. Mestraïm eut huit fils, qui occupèrent tous les pays qui s’étendent depuis Gaza jusqu’à l’Égypte; Phylistin(os) est le seul dont le pays ait conservé le nom ; les Grecs appellent, en effet, Palestine la part qui lui échut. Quant aux autres, Loudiim(os), Enémétiim(os) et Labiim(os)[130], qui seul s’établit en Libye et donna ainsi son nom à la contrée, Nédem(os)[131], Phéthrosim(os)[132], Chesloïm(os) et Chephthorim(os)[133], on ne sait rien d’eux, hormis leurs noms ; car la guerre éthiopienne dont nous parlerons plus tard[134] a ruiné leurs villes, Chanaan eut aussi des fils : Sidon, qui bâtit en Phénicie une ville, à laquelle il donna son nom et que les Grecs encore aujourd’hui nomment Sidon ; Amathous[135], qui bâtit Amathous, que ses habitants appellent encore aujourd’hui Amathe (Hamath) ; les Macédoniens l’ont appelée Épiphanie du nom d’un des épigones. Aroudaios eut l’île d’Arados[136] ; Arucéos[137] habitait Arcé dans le Liban. Des sept autres, Evéos, Chetlaios[138], Jebouséos, Amorréos, Gergéséos, signés dans les Saintes Écritures : les hébreux détruisirent leurs villes, et voici la raison de leurs malheurs. …

CHAPITRE XV

Prospérité d’Abraham et de Chetoura.[238] Abram[236] épouse plus tard Chetoura, qui lui donne six fils d’une grande vigueur au travail et d’une vive intelligence : Zambran(ès)[237], Jazar(ès)[238], Madan(ès), Madian(ès), Lousoubac(os)[239], Soùos[240]. Ceux-ci engendrèrent aussi des enfants : de Soùos[241] naissent Sabakan(ès)[242] et Dadan(ès)[243] et de celui-ci Latousim(os), Assouris et Lououris[244]. Madan[245] eut Ephâs, Ophrès (Afer en hébreux Gn 25v1-4), Anôch(os), Ebidâs[247], Eldâs[248]. Tous, fils et petits-fils, allèrent, à l’invitation d’Abram, fonder des colonies ; ils s’emparent de la Troglodytide et de la partie de l’Arabie heureuse qui s’étend vers la mer Erythrée. On dit aussi que cet Ophren fit une expédition contre la Libye, s’en empara et que ses descendants s’y établirent et donnèrent son nom au pays qu’ils appelèrent Afrique. Je m’en réfère à Alexandre Polyhistor, qui s’exprime ainsi [249] : « Cléodème le prophète, surnommé Malchos, dans son histoire des Juifs, dit, conformément au récit de Moïse, leur législateur, que Chetoura donna à Abram des fils vigoureux. Il dit aussi leurs noms ; il en nomme trois : Aphéras, Sourîm, Japhras. Sourîm donna son nom à l’Assyrie, les deux autres, Aféras et Japhras, à la ville d’Afra et à la terre d’Afrique. Ceux-ci ont combattu avec Hercule contre la Libye et Antée ; et Hercule, ayant épousé la fille d’Afra, aurait eu d’elle un fils Didôros, duquel naquit Sophôn ; c’est de lui que les Barbares tiennent le nom de Sophaques ».

»

Noter que Afer fils de Madian est fils de Cham et non fils d’Abraham de Gn 25v1-6, 1 Chrn 1v32-33 voir aussi Gn 10v7-12, Habacuk 3v7, Nbr 12v1, Exode 3v1, 4v25, 18v1 où les fils de Coush : Séba, Dedan, Assur pas leuco-syriens Gn 10v10-11, 25v3 et Madian père de Afer etc sont attribués à Abraham qui avait pas plus de deux fils Gn 25v9, Gal 4v22 : Ismael et Isaac. Gn 25v1-6 et 1 Chrn 1v32-33 n’ont aucune citation ou alusion directes ou indirecte nulle part ailleur et que ces passages ne sont pas retrouvés à Qumran ni en fragment, ni en commentaire, ni sous forme de midrashim.

Dans la bible antique Sefer Jasher 7v14 et 28v22, Epher ou Aféra est fils de Heth fils de Canaan. Dans Tite-Live où le mot Afrique ou africain est apparu pour la premères fois, le mot afrique est synonyme de Libyens au sens large d’Hérodote. Chez Sylax (Pseudo-Sylax) et Hérodote, la libye est clairement égale à tout le continent africain. Tite-live associe le mot Afrique ou africains aux libyens (des noirs) et aussi aux phéniciens (cananéens carthaginois noirs).

De meme, les africains ammonites = cananéens (Originaire de l’Oasis de Siwa Esdras 9v1 contre Exode 3v8, Josué 3v10, Gn 15v18-21) sont aussi transformés en des descendants de Lot dont Abraham est l’oncle dans les fables de la Genèse. Il y a meme des arguments bibliques qui prouve que les ammonites sont plutôt des cananéens car Milcom leur Dieu est un dieu cananéen ou phénicien (1 R 11v5,33, 2 R 23v13). Deuteronome 2v19 est, en dehors de Genèse 19v38, le seul passage biblique qui fait des ammonites des descendants de Lot neuveux de Abraham. On observe aussi qu’en dehors de ces passages, les ammonites et les moabites sont toujours cités à coté des peuples descendants de Canaan (Juges 3v13, 10v6-11, 1 R 11v5,33, 2 R 23v13). Esdras 9v1 dit clairement que les Ammonites sont des cananéens donc des descendants de Ham (Hammon ou Ammon père d’Osiris).

Le mot Afrique vient de Ephar (Afar) un fils de Heth petit fils de Canaan (les phéniciens) originaires de la corne de l’Afrique selon Hérodote :

Sefer Jasher : (Gn 10v15, 26v34-35, 27v45-46) 7v14 Les fils de Canaan: Sidon, Heth, Leboussi, Emori, Guigarshi, Hivi, Harqi, Sini, Arvadi, Semari et Hamati. Voilà les fils de Cham, selon leurs familles. … 28v22 Ésaü vit dans le pays de Séir la fille d’un homme de Canaan, son nom était Jehudith, fille de Beéri, fils d’Epher, des familles de Heth, fils de Canaan.

La Libye Antique (Afrique Antique) des textes classiques s’étend jusqu’en Afrique du Sud, La Libye, c’est tout le continent africain selon Scylax et Hérodote :

La géographie du continent africain dans l’antiquité

Pseudo-Scylax 

Pseudo-Scylax : La Libye, c’est le continent Afrique, la Libye est une presqu’ile

« … Tous les comptoirs qui sont dans ces parages, appartiennent aux Phéniciens. Lorsqu’ils arrivent dans l’île de Cerné, ils amarrent leurs bâtiments, tendent leurs tentes et, à l’aide de petits vaisseaux plats, ils transportent leurs marchandises sur le continent. Ceux avec lesquels ils trafiquent, sont les Ethiopiens. Ils leur vendent des peaux de cerfs et de lions, et des pierres précieuses, des peaux et des dents d’éléphants, et des troupeaux de bêtes domestiques. Les plus riches ameublements de ces Ethiopiens consistent dans des vases ciselés et dans des bouteilles d’ivoire: Les femmes ont pour ornement des bracelets d’ivoire. Ils emploient aussi cette parure pour décorer leurs cheveux Ces peuples sont, de tous ceux que nous connaissions, les plus grands; car ils ont plus de quatre coudées de haut : quelques uns même ont jusqu’à cinq coudées. Ils portent la barbe et les cheveux longs; ce sont les plus beaux hommes de la terre. Celui qui, parmi eux, a la plus belle taille devient leur chef. Ils sont excellents cavaliers, et archers très adroits. Ils décochent leurs flèches, durcies au feu, avec une dextérité merveilleuse Les négociants Phéniciens portent aussi à ces peuples de l’onguent d’Egypte, des béliers châtrés, des tuiles attiques et des vases. C’est pendant les fêtes de la nation que se fait ce commerce de la vaisselle. Les Ethiopiens sont carnivores et emploient le lait pour leur boisson; cependant ils ont l’usage du vin qu’ils tirent en abondance des vignes qu’ils cultivent. Ils ont une grande ville où les Phéniciens vont porter leurs marchandises. Quelques-uns prétendent que les Ethiopiens habitent un vaste territoire qui confine par l’intérieur des terres à l’Egypte, et de l’autre à la mer. Ils assurent que la Libye n’est autre chose qu’une presqu’île. …»

Hérodote

Hérodote Livre 2 … XVI. Si donc notre sentiment sur l’Égypte est juste, celui des Ioniens ne peut être fondé ; si, au contraire, l’opinion des Ioniens est vraie, il m’est facile de prouver que les Grecs et les Ioniens eux-mêmes ne raisonnent pas conséquemment lorsqu’ils disent que toute la terre se divise en trois parties, l’Europe, l’Asie et la Libye : ils devraient y en ajouter une quatrième, savoir, le Delta d’Égypte, puisqu’il n’appartient ni à l’Asie ni à la Libye ; car, suivant ce raisonnement, ce n’est pas le Nil qui sépare l’Asie de la Libye, puisqu’il se brise à la pointe du Delta, et le renferme entre ses bras, de façon que cette contrée se trouve entre l’Asie et la Libye. … XVII. Sans m’arrêter davantage au sentiment des Ioniens, je pense qu’on doit donner le nom d’Égypte à toute l’étendue de pays qui est occupée par les Égyptiens, de même qu’on appelle Cilicie et Assyrie les pays habités par les Ciliciens et les Assyriens ; et je ne connais que l’Égypte qu’on puisse, à juste titre, regarder comme limite de l’Asie et de la Libye ; … Le Nil commence à la cataracte, partage l’Égypte en deux, et se rend à la mer. Jusqu’à la ville de Cercasore il n’a qu’un seul canal ; mais, au-dessous de cette ville, il se sépare en trois branches, qui prennent trois routes différentes : l’une s’appellela bouche Pélusienne, et va à l’est ; l’autre, la bouche Canopique, et coule à l’ouest ; la troisième va tout droit depuis le haut de l’Égypte jusqu’à la pointe du Delta, qu’elle partage par le milieu, en se rendant à la mer. Ce canal n’est ni le moins considérable par la quantité de ses eaux, ni le moins célèbre : on le nomme le canal Sébennytique. Du canal Sébennytique partent aussi deux autres canaux, qui vont pareillement se décharger dans la mer par deux différentes bouches, la Saïtique et la Mendésienne. La bouche Bolbitine et la Bucolique ne sont point l’ouvrage de la nature, mais des habitants qui les ont creusées. … .XXII. … lui (le Nil) qui coule de la Libye par le milieu de l’Éthiopie, et entre de là en Égypte. Comment donc pourrait-il être formé par la fonte des neiges, puisqu’il vient d’un climat très chaud dans un pays qui l’est moins ? Un homme capable de raisonner sur ces matières peut trouver ici plusieurs preuves qu’il n’est pas même vraisemblable que les débordements du Nil dérivent de cette cause. …

… XXXIII. … [5] Il (Etéarque, roi Libyens des cyrénéens) dit que les jeunes envoyés (Nasamons ou Toubou Libyens) au loin par les âgés, abreuvés et rassasiés, puis désolés, ne sont les premières choses que pour l’amour des océoméniens, et après avoir traversé cette bête, ils deviendront des bêtes, et de ce désert ils (les Nasamon Toubou de Libie) passeront par le chemin des poètes vers l’homme puissant Nemon, [6] Et après avoir traversé un endroit de grand sable, et après plusieurs jours, ils virent des arbres dans un champ de pephycota, et quand une lumière leur parvint , ils tombèrent sur les arbres fruitiers ; … Tandis qu’ils en mangeaient, de petits hommes (13),d’une taille au-dessous de la moyenne, fondirent sûr eux, et les emmenèrent par force. Les Nasamons n’entendaient point leur langue, et ces petits hommes ne comprenaient rien à celle des Nasamons. On les mena par des lieux marécageux ; après les avoir traversés, ils arrivèrent à une ville dont tous les habitants étaient noirs (les pygmées batwa d’ouganda), et de la même taille que ceux qui les y avaient conduits. Une grande rivière (au Nord de l’Ouganda), dans laquelle il y avait des crocodiles, coulait le long de cette ville de l’ouest à l’est. Je me suis contenté de rapporter jusqu’à présent le discours d’Étéarque (roi des cyrénéens). Ce prince ajoutait cependant, comme m’en assurèrent les Cyrénéens, que les Nasamons étaient retournés dans leur patrie, et que les hommes (pygmées batwa Ougandais) chez qui ils avaient été étaient tous des enchanteurs. Quant au fleuve qui passait le long de cette ville, Etéarque conjecturait que c’était le Nil, et la raison le veut ainsi ; car le Nil vient de la Libye, et la coupe par le milieu ;

Nékao : Hérodote L 4.XLII : Te tour de l’Afrique, le Canal et la victoire contre les juifs (Améguido) à Magdole par le pharaon soudanais Nekao

« J’admire d’autant plus ceux qui ont décrit la Libye, l‘Asie et l’Europe, et qui en ont déterminé les bornes, qu’il y a beaucoup de différence entre ces trois parties de la terre : car l’Europe surpasse en longueur les deux autres; mais il ne me paraît pas qu’elle puisse leur être comparée par rapport à la largeur. La Libye montre elle-même qu’elle est environnée de la mer, excepté du côté où elle confine à l’Asie. Nécos, roi d’Égypte, est le premier que nous sachions qui l’ait prouvé. Lorsqu’il eut fait cesser de creuser le canal qui devait conduire les eaux du Nil au golfe Arabique, il fit partir des Phéniciens sur des vaisseaux, avec ordre d’entrer, à leur retour, par les colonnes d’Hercule, dans la mer Septentrionale, et de revenir de cette manière en Égypte. Les Phéniciens, s’étant donc embarqués sur la mer Érythrée, naviguèrent dans la mer Australe. Quand l’automne était venu, ils abordaient à l’endroit de la Libye où ils se trouvaient, et semaient du blé. Ils attendaient ensuite le temps de la moisson, et, après la récolte, ils se remettaient en mer. Ayant ainsi voyagé pendant deux ans, la troisième année ils doublèrent les colonnes d’Hercule, et revinrent en Égypte. Ils racontèrent, à leur arrivée, que, en faisant voile autour de la Libye (Continent Afrique), ils avaient eu le soleil à leur droite (au Nord ou Septantrion au lieu du Midi ou Sud voir Plutarque, droite = nord, gauche = sud). Ce fait ne me paraît nullement croyable ; mais peut-être le paraîtra-t-il à quelque autre. C’est ainsi que la Libye a été connue pour la première fois. » Hérodote L 4.XLII

Hérodote livre 4

CXCVII. Tels sont les peuples de Libye dont je peux dire les noms. La plupart ne tenaient pas alors plus de compte du roi des Mèdes qu’ils ne le font encore à présent. J’ajoute que ce pays est habité par quatre nations, et qu’autant que je puis le savoir, il n’y en a pas davantage. De ces quatre nations, deux sont indigènes et deux sont étrangères. Les indigènes sont les Libyens et les Ethiopiens. Ceux-là habitent la partie de la Libye qui est au nord, et ceux-ci celle qui est au midi : les deux nations étrangères sont les Phéniciens et les Grecs.

Hérodote Livre 2 Euterpe :

XV. Les Ioniens ont une opinion particulière sur ce qui concerne l’Égypte : ils prétendent qu’on ne doit donner ce nom qu’au seul Delta, depuis ce qu’on appelle l’Échauguette de Persée, le long du rivage de la mer, jusqu’aux Tarichées de Péluse, l’espace de quarante schènes ; qu’en s’éloignant de la mer l’Égypte s’étend, vers le milieu des terres, jusqu’à la ville de Cercasore, où le Nil se partage en deux bras, dont l’un se rend à Péluse, et l’autre à Canope. Le reste de l’Égypte, suivant les mêmes Ioniens, est en partie de la Libye, et en partie de l’Arabie. En admettant cette opinion, il serait aisé de prouver que, dans les premiers temps, les Égyptiens n’avaient point de pays à eux : car le Delta était autrefois couvert par les eaux, comme ils en conviennent eux-mêmes, et comme je l’ai remarqué ; et ce n’est, pour ainsi dire, que depuis peu de temps qu’il a paru. Si donc les Égyptiens n’avaient point autrefois de pays, pourquoi ont-ils affecté de se croire les plus anciens hommes du monde ? Et qu’avaient-ils besoin d’éprouver des enfants, afin de s’assurer quelle en serait la langue naturelle ? Pour moi, je ne pense pas que les Égyptiens n’ont commencé d’exister qu’avec la contrée que les Ioniens appellent Delta, mais qu’ils ont toujours existé depuis qu’il y a des hommes sur terre ; et qu’il mesure que le pays s’est agrandi par les alluvions du Nil, une partie des habitants descendit vers la basse Égypte, tandis que l’autre resta dans son ancienne demeure : aussi donnait-on autrefois le nom d’Égypte à la Thébaïde, dont la circonférence est de six mille cent vingt stades.

XVI. Si donc notre sentiment sur l’Égypte est juste, celui des Ioniens ne peut être fondé ; si, au contraire, l’opinion des Ioniens est vraie, il m’est facile de prouver que les Grecs et les Ioniens eux-mêmes ne raisonnent pas conséquemment lorsqu’ils disent que toute la terre se divise en trois parties, l’Europe, l’Asie et la Libye : ils devraient y en ajouter une quatrième, savoir, le Delta d’Égypte, puisqu’il n’appartient ni à l’Asie ni à la Libye ; car, suivant ce raisonnement, ce n’est pas le Nil qui sépare l’Asie de la Libye, puisqu’il se brise à la pointe du Delta, et le renferme entre ses bras, de façon que cette contrée se trouve entre l’Asie et la Libye.

XVIII. Le sentiment que je viens de développer sur l’étendue de l’Égypte se trouve confirmé par le témoignage de l’oracle de Zeus Ammon, dont je n’ai eu connaissance qu’après m’être formé cette idée de l’Égypte. Les habitants de Marée et d’Apis, villes frontières du côté de la Libye, ne se croyaient pas Égyptiens, mais Libyens (noirs africains). Ayant pris en aversion les cérémonies religieuses de l’Égypte, et ne voulant point s’abstenir de la chair des génisses (09), ils envoyèrent à l’oracle d’Ammon pour lui représenter qu’habitant hors du Delta, et leur langage étant différent de celui des Égyptiens, ils n’avaient rien de commun avec ces peuples, et qu’ils voulaient qu’il leur fût permis. de manger de toutes sortes de viandes. Le dieu ne leur permit point de faire ces choses, et leur répondit que tout le pays que couvrait le Nil dans ses débordements appartenait à l’Égypte, et que tous ceux qui, habitant au-dessous de la ville d’Éléphantine, buvaient des eaux de ce fleuve, étaient Égyptiens.

XIX. Or le Nil, dans ses grandes crues, inonde non seulement le Delta, mais encore des endroits qu’on dit, appartenir à la Libye (la Thébaïde), ainsi que quelques petits cantons de l’Arabie, et se répand de l’un et de l’autre côté l’espace de deux journées de chemin, tantôt plus, tantôt moins. 

Hérodote Livre II Euterpe 

CLVIII.Il eut un fils, appelé Nécos, qui fut aussi roi d’Égypte. Il entreprit le premier de creuser le canal qui conduit à la mer Érythrée. Darius, roi de Perse, le fit continuer. Ce canal a de longueur quatre journées de navigation, et assez de largeur pour que deux trirèmes puissent y voguer de front. L’eau dont il est rempli vient du Nil et y entre un peu au-dessus de Bubastis. Ce canal aboutit à la mer Érythrée, près de Patumos, ville d’Arabie. On commença à le creuser dans cette partie de la plaine d’Égypte qui est du côté de l’Arabie. La montagne qui s’étend vers Memphis, et dans laquelle sont les carrières, est au-dessus de cette plaine, et lui est contiguë. Ce canal commence donc au pied de la montagne ; il va d’abord pendant un long espace d’occident en orient ; il passe ensuite par les ouvertures de cette montagne, et se porte au midi dans le golfe d’Arabie. Pour aller de la mer Septentrionale (la Méditerranée) à la mer Australe (la mer Rouge), qu’on appelle aussi mer Érythrée, on prend par le mont Casius, qui sépare l’Égypte de la Syrie : c’est le plus court. De cette montagne au golfe Arabique, il n’y a que mille stades; mais le canal est d’autant plus long, qu’il l’ait plus de détours. Sous le règne de Nécos, six vingt mille hommes périrent en le creusant. Ce prince fit discontinuer l’ouvrage, sur la réponse d’un oracle qui l’avertit qu’il travaillait pour le barbare. Les Égyptiens appellent barbares tous ceux qui ne parlent pas leur langue.

CLIX. Nécos, ayant donc abandonné l’entreprise du canal, tourna toutes ses pensées du côté des expéditions militaires. Il fit faire des trirèmes sur la mer Septentrionale, et dans le golfe Arabique, sur la mer Érythrée. On voit encore aujourd’hui les chantiers où on les construisit. Ces flottes lui servirent dans l’occasion. Nécos livra aussi sur terre une bataille contre les Syriens (les juifs ou Syrien de Palestine), près de Magdole (Améguido); et, après avoir remporté la victoire, il prit Cadytis, ville considérable de Syrie. Il consacra à Apollon l’habit qu’il avait porté dans ces expéditions, et l’envoya aux Branchides, dans le pays des Milésiens. Il mourut ensuite, après avoir régné seize ans en tout, et laissa la couronne à Psammis, son fils.

CLX. Sous le règne de ce prince, des ambassadeurs arrivèrent en Égypte de la part des Éléens. Ces peuples se vantaient d’avoir établi, aux jeux olympiques, les règlements les plus justes et les plus beaux, et s’imaginaient que les Égyptiens même, quoique les plus sages de tous les hommes, ne pourraient rien inventer de mieux. Étant donc arrivés à la cour, et ayant expliqué le sujet de leur ambassade, le roi convoqua ceux d’entre les Égyptiens qui passaient pour les plus sages. Ceux-ci assemblés, les Éléens leur exposèrent tous les règlements qu’il leur avait paru convenable de faire, et leur dirent qu’ils étaient venus savoir si les Égyptiens pourraient en imaginer de plus justes. Les Égyptiens, ayant délibéré sur cet exposé, leur demandèrent si leurs concitoyens étaient admis à combattre à ces jeux : les Éléens ayant répondu que cela leur était permis ainsi qu’au reste des Grecs, les Égyptiens leur dirent que ce règlement violait entièrement les lois de l’équité parce qu’il était impossible qu’ils ne favorisassent leur compatriote au préjudice de l’étranger ; mais que, s’ils voulaient proposer des jeux où la justice fût observée, et que si c’était là le sujet de leur voyage en Égypte, on leur conseillait d’en établir où les étrangers eussent seuls le droit de combattre, et où il ne fût pas permis aux Éléens d’entrer en lice. Tel fut le conseil que les Égyptiens donnèrent aux ambassadeurs d’Élée.

Nékao II fut également un grand bâtisseur et investit dans de nombreux projets d’infrastructures. Le plus célèbre d’entre eux fut la construction d’un canal reliant la mer Rouge à la Méditerranée, un projet qui préfigurait le futur canal de Suez. Ce canal permit d’améliorer considérablement les échanges commerciaux entre l’Égypte et les autres civilisations de la région, renforçant ainsi le prestige et la prospérité du pays.

Il est probable que durant la XIIe dynastie, le pharaon Sésostris III (~1850 av. J.-C.) ait fait creuser un canal orienté d’ouest en est à travers le Wadi Tumilat, reliant le Nil à la mer Rouge, afin de pouvoir commercer avec le Ta Netjer (le Pays de Pount), permettant ainsi directement les échanges entre la mer Rouge et la Méditerranée. Son existence est certaine au xiiie siècle av. J.-C., pendant le règne de Ramsès II8, il est ensuite abandonné.

D’après l’historien grec Hérodote9, des travaux pour remettre le canal en état auraient été entrepris vers 600 av. J.-C. par Nékao II, mais ne furent jamais achevés. Le canal fut finalement terminé par le roi Darius Ier (vers -550 à 486 av. J.-C.), le conquérant perse de l’Égypte. Darius a illustré sa réalisation par diverses stèles de granit disposées sur les rives du Nil, dont celle de Kabret à 200 km de Pie. L’inscription de Darius dit :

« Le roi Darius déclare : Je suis un Perse ; j’ai pris l’Égypte ; j’ai donné l’ordre de creuser ce canal à partir d’un fleuve dont le nom est Nil, qui coule en Égypte, jusqu’à la mer qui vient de Perse. Ce canal fut creusé ainsi que je l’avais ordonné et des bateaux depuis l’Égypte, grâce à ce canal, naviguèrent jusqu’en Perse, ainsi que je l’avais désiré10. »

Le canal fut de nouveau restauré par Ptolémée II vers 250 av. J.-C… Au cours des mille années qui suivirent, il fut successivement modifié, détruit et reconstruit, notamment par Amr ibn al-As en 640, et devint le « canal du Commandeur des croyants ». Il est finalement détruit au viiie siècle par le calife Al-Mansur pour isoler la ville de Médine, et éviter ainsi le risque d’une attaque.

Ezéchiel le Tragique :

La troglodyte (Corne de l’Afrique) fait partie de la Libye

Eusebe PE Livre IX

CHAPITRE XXVIII.

TIRÉ D’ÉZÉCHIEL SUR LE MÊME SUJET.

Ézéchiel, poète (74) tragique, rapporte l’histoire de Moyse, savoir : son exposition par sa mère, dans le marais, son adoption et son éducation par la fille du roi, en la faisant remonter à l’arrivée de Jacob en Égypte auprès de Joseph. Il s’exprime ainsi, mettant en scène Moïse lui-même.

Après d’autres narrations sur le même sujet, le poète Ezéchiel, dans sa tragédie, fait paraître Moïse. sur la scène parlant ainsi :

« Après que ma première enfance se fut écoulée, ma mère me ramena au palais de la princesse, m’ayant bien endoctriné et répété quelle était ma race paternelle, et les bienfaits dont Dieu l’avait comblée. Tandis que je fus dans l’âge qui précède l’adolescence, la princesse se livra aux soins de mon éducation et de mon instruction, comme si elle m’avait porté dans son sein; mais lorsque le cercle de mon adolescence fut accompli, je désertai là demeure royale : mon ressentiment et les artifices du roi m’en faisaient un devoir. Je vois d’abord deux hommes aux prises, l’un appartenait à la race des Hébreux, et l’autre était Égyptien : reconnaissant que nous étions isolés et sans témoins, je défendis mon frère et tuai son adversaire. Je le cachai aussitôt dans Je sable, afin qu’un tiers ne pût pas nous voir et ne vînt à révéler ce meurtre. Le jour suivant je vis encore deux hommes de ma race, dans la chaleur d’une  lutte mutuelle : (75)Je dis à l’un d’eux, pourquoi ne frappes-tu un plus faible que toi? Lequel me répondit : Qui t’a envoyé comme notre juge ou notre gouverneur en ce lieu? me tueras-tu comme l’homme d’hier? Alors, saisi de crainte, je me dis : Comment cela a-t-il pu se divulguer ? n’y a-t-il pas déjà quelqu’un qui ait rapporté ce fait au roi? et Pharaon cherche peut-être à m’arracher la vie! Ayant donc entendu cette réponse, je me hâtai de me soustraire par la fuite, et je suis errant sur une terre étrangère. »

Après quoi il ajoute, relativement aux filles de Raguel :

« Je vois sept jeunes filles. Moïse ayant demandé de qui elles étaient filles : Toute cette terre, dit Sepphora, ô l’étranger, s’appelle la Libye ; des tribus de différentes origines y ont fixé leur séjour, ce sont des Éthiopiens (Coushites) à la peau noire (Troglodyte, Madian ou Midoé en grec, Corne de l’Afrique, voir Flavius); le monarque de cette terre gouverne sans contrôle, il règne dans cette ville .et y juge ses sujets, dont il est le prêtre ; c’est mon père et celui de mes sœurs que voici. Ensuite, passant sur l’assistance qu’il leur donna pour abreuver leurs bestiaux, il vient à parler du mariage de Sepphora, amenant  un dialogue entre elle et Chous.

« Chous. — Cependant ô Sepphora, vous devez me dire ce qui en est ?

« Sepphora. — Mon père m’a donnée pour épouse à cet étranger.

Diodore

Diodore de Sicile (Livre XX : 57) dit que les Libyens avaient le même teint que les Ethiopiens qui sont des noirs comme les libyens nigrites : donc éthiopien ne signifie pas noir ou ‘face brulée’ comme le racontent les mythomanes occidentaux 

LV. Pendant que les habitants d’Utique bravaient le danger sans s’émouvoir, Agathocle enveloppa toute la place, força un point faiblement fortifié, et pénétra dans l’intérieur de la ville. Emporté par la colère, Agathocle égorgea les habitants qui cherchaient à se réfugier soit dans les maisons soit dans les temples. Les uns furent massacrés sur place, les autres furent saisis et pendus, et même ceux qui s’étaient réfugiés dans les temples n’échappèrent pas à la vengeance du vainqueur. Agathocle s’empara des richesses d’Utique, et laissa une garnison dans la ville. Il marcha ensuite sur Hippoacra (36), ville environnée d’un lac et naturellement très forte. Il poussa vigoureusement le siège de cette place, défit les indigènes dans un combat naval et s’empara de la 164 ville. Il prit de la même façon la plupart des villes maritimes, et se rendit maître des populations de l’intérieur, à l’exception des Numides. Quelques tribus de ces derniers conclurent avec lui un traité d’alliance, tandis que les autres attendaient les événements. Quatre races différentes se sont partagé le territoire de la Libye : les Phéniciens qui habitaient alors Carthage; les Libophéniciens, en possession de la plupart des villes maritimes et attachés aux Carthaginois par les liens du sang, ce qui leur a valu le nom qu’ils portent; les Libyens, ou l’ancienne race indigène, la plus populeuse, animés d’une haine implacable contre les Carthaginois qui leur ont imposé un joug pesant; enfin, les Numides, qui habitent une grande partie de la Libye jusqu’au désert.

Agathocle avait alors des forces supérieures aux Carthaginois par les alliances qu’il s’était ménagées avec les Libyens ; mais, inquiet des affaires de la Sicile, il fit construire des navires ouverts et à cinquante rames, et y embarqua deux mille hommes d’infanterie. Il laissa à son fils Archagathus le commandement des troupes de la Libye, et retourna lui-même en Sicile. …

Archagathus qui, après le départ de son père, avait pris le commandement de l’armée en Libye, remporta d’abord quelques avantages par l’expédition confiée à Eumachus dans la haute Libye. En effet, Enmachus s’était emparé de Toca, ville considérable, et avait rangé sous son autorité plusieurs tribus numides des environs. Il prit ensuite d’assaut Phelline, seconde ville du pays, et força à l’obéissance les populations limitrophes, connues sous le nom d’Asphodélodes (37), qui, par le teint de leur peau, ressemblent aux Éthiopiens.

 

(37) Hérodote (IV, 190) parle de Libyens nomades (νομάδες) qui avaient construit des cabanes avec des tiges d’asphodèles, plantes de la famille des oignons. Dans Hérodote, νομάδες = Nomade ou hommes des peuples de non agriculteurs ayant une vie de vagabondage pour se nourrir. Hérodote décrit donc des libyens (noirs) nomades ou bien agriculteurs, des éthiopiens nomades ou bien agriculteurs, des Scythes (blancs) nomades ou bien agriculteurs ou royaux. Par contre dans Diodore, Νομάδες ou Νομάδων = numides ou berbères blancs. Le mot « nomade » est comparable au mot « arabe » qui servait à désigner les peuples noirs éthiopiens de l’Est du Nil (Voir Strabon) dont les pygmées et les troglodytes d’Afrique de l’Est avant de servir à désigner les peuples blancs de la péninsule arabique. Le mot nomade chez Hérodote désigne donc un mode de vie (non sédentaire ou non-agriculteur) alors que le mot nomade devenu numide (chez Diodore, Tite-Live, Strabon et Pline) désigne un peuple spécifique, les berbères blancs d’Afrique du Nord qui sont des irano-arméniens venu via l’Espagne en Afrique du Nord dans la période punique comme le disent Hiempsal (Salustre), Juba 2 (Strabon, Pline) et Ibn Kaldoun qui lui parle d’une origine palestinienne ou philistine sachant que les Philistins étaient d’origine grec crétois, càd mycéniens et les mycéniens du 2 ème milenaire av Ec sont des peuples de race irano-arménienne selon l’archéologie.

https://remacle.org/bloodwolf/historiens/herodote/melpomene.htm

https://remacle.org/bloodwolf/historiens/herodote/euterpe.htm

https://remacle.org/bloodwolf/historiens/herodote/clio.htm

https://remacle.org/bloodwolf/historiens/diodore/livre20a.htm#36

Les Berbères blancs encore appelés numide dans l’Antiquité sont des grecs mycéniens d’origine irano-armenienne venu via l’Espagne en Afrique dans la période punique.

https://remacle.org/bloodwolf/historiens/herodote/melpomene.htm

https://remacle.org/bloodwolf/historiens/diodore/livre20a.htm#36

Strabon

Strabon › livre25

Strabon : GéographIe

33. La Libye, qui fait suite à l’Asie, tient à l’Égypte et à l’Éthiopie. L’une de ses côtes, celle qui nous fait face, décrit depuis Alexandrie, où elle commence, presque jusqu’aux Colonnes d’Hercule, une ligne droite, interrompue seulement soit par les Syrtes et quelques autres enfoncements moins considérables, soit par les saillies des caps qui forment ces différents golfes. Mais la côte qui borde l’Océan, après avoir suivi jusqu’à une certaine distance de l’Ethiopie une direction parallèle à celle de la première, se rapproche sensiblement du nord, réduisant ainsi la largeur du continent jusqu’à ne plus former qu’un promontoire, dont l’extrémité, terminée en pointe, tombe un peu au delà des Colonnes d’Hercule, ce qui donne à la Libye la forme d’un trapèze. On s’accorde à dire, et M. Pison, ancien préfet de cette province, nous a confirmé le fait, que l’aspect de la Libye est proprement celui d’une peau de panthère. Ce qui la fait paraître ainsi toute tachetée, c’est le grand nombre d’oasis qui s’y trouvent (les Égyptiens appellent ainsi les divers centres de population que les sables arides du désert entourent de tous côtés). Mais ce n’est pas tout, et la Libye offre encore cette particularité d’être divisée en trois zones distinctes, à savoir : le long de notre mer une première zone d’une extrême fertilité dans la plus grande partie de son étendue, mais surtout dans la Cyrénaïque et dans tout le territoire dépendant de Carthage jusqu’à la Maurusie et aux Colonnes d’Hercule; puis, le long de l’Océan, une autre région passablement fertile; enfin une zone intermédiaire tout à fait stérile, qui ne produit rien que le silphium et qui n’est guère composée que de déserts âpres et sablonneux. On trouve, du reste, la même nature de terrain dans toute la partie de l’Asie située sous ce même parallèle, c’est-à-dire dans l’Éthiopie, la Troglodytique, l’Arabie et la côte de Gédrosie occupée par les Ichthyophages. Des peuples, maintenant, qui habitent la Libye, la plupart nous sont encore inconnus, car il est rare que des armées ou même des voyageurs étrangers parcourent cette contrée, et, d’autre part, on voit très peu d’indigènes venir de si loin visiter nos pays, sans compter que ceux qui y viennent mentent généralement ou ne disent pas tout ce qu’ils savent. Voici pourtant ce qui paraît résulter de leurs informations. Ils nomment Éthiopiens les peuples les plus méridionaux de la Libye, Garamantes (Tchad), Pharusiens (49) et Nigrites ceux qui habitent au-dessous de l’Ethiopie, et Gaetules (Tamacheqs noirs), les peuples placés au-dessous des précédents. Puis viennent, dans le voisinage ou sur le bord même de la mer : 1°, du côté de l’Égypte, les Marmarides, qui s’étendent jusqu’à la Cyrénaïque; 2°, au-dessus (au Sud) de la Cyrénaïque et des Syrtes, les Psylles, les Nasamous (Centre Tchad), quelques tribus aussi de Gietules (Tamacheqs noirs de Niger,Mali, Burkina, Libye etc), les Sintes (50), et enfin les Byzaciens, qui vont jusqu’à la Carchédonie ou province Carthaginoise. Au delà de ce pays, qui a une étendue considérable, commence le territoire des Numides, nation dont les tribus les plus connues portent les noms de Masyliéens et de Masaesyliens. Puis viennent les Maurusiens, les plus reculés de tous ces peuples. De Carthage aux Colonnes d’Hercule, le pays est généralement riche et fertile, mais déjà infesté de bêtes féroces, comme tout l’intérieur de la Libye. On peut même croire que le nom de Nomades, que porte une partie de ces peuples, leur est venu de ce qu’anciennement la multitude des bêtes féroces les avait mis dans l’impossibilité absolue de cultiver leurs terres. Aujourd’hui, sans cesser d’être d’excellents chasseurs (d’autant que les Romains contribuent singulièrement à entretenir leur adresse par cette fureur de thériomachies), ces peuples ont acquis en agriculture la même supériorité qu’ils avaient déjà dans l’art de la chasse. — Nous n’en dirons pas davantage au sujet des continents.

Pline l’Ancien

Pline l’Ancien : Histoire naturelle, livre5

X. [1] Le Nil, sorti de sources mal connues, coule à travers des lieux déserts et brûlants. Il promène ses eaux dans un espace d’une immense longueur, dont la connaissance est due à des récits pacifiques (11), et non aux guerres qui ont procuré la découverte de tous les autres paye. La source (autant qu’ont pu s’étendre les recherches du roi Juba) en est une montagne de la Mauritanie inférieure, non loin de l’Océan; il forme aussitôt un lac qu’on appelle Nilis. On y trouve, en fait de poissons, des alabètes (12), des coracins (IX, 32) et des silures (IX, 17); un crocodile en a été rapporté et consacré par Juba même, preuve que c’est bien le Nil, dans le temple d’Isis à Césarée, où on le voit encore aujourd’hui. …

[3] Reçu de nouveau dans les sables, il se dérobe encore une fois dans des déserts de vingt journées de marche, jusqu’aux confins de l’Éthiopie; et lorsqu’il a reconnu derechef la présence de l’homme, ils s’élance, sans doute jaillissant de cette source qu’on a nommée Nigris. Là, séparant l’Afrique de l’Éthiopie, les rives en sont peuplées, sinon d’hommes, du moins de bêtes et de monstres: créant des forêts dans son cours, il traverse par le milieu l’Éthiopie, sous le nom d’Astapus, mot qui, dans la langue de ces peuples, signifie une eau sortant des ténèbres.

Ethymologie du mot Afrique dans les premiers textes de l’Antiquité :

Dans la bible antique Sefer Jasher (livre du Juste) 7v14 et 28v22, Epher ou Aféra (tribu des Afar en Erythrée qui aurait donné le mot Afrique comme nom du Continent) est fils de Heth fils de Canaan.

Dans les écrits de Tite-Live (livres 21, 23, 27 et 30) où le mot Afrique ou africain est apparu pour la premères fois, le mot Afrique est synonyme de Libyens au sens large d’Hérodote. Chez Tite-Live, le mot Afrique ou africains désigne une race d’hommes (noirs) par rapport aux phéniciens qui sont déjà un peuple mixte ou métisse de cananéens noirs d’origine érythréenne, de philistins blancs d’origine grecque crétoise. Chez Sylax (Pseudo-Sylax) et Hérodote, la Libye est clairement égale à tout le continent africain. Tite-live associe le mot Afrique ou africains aux libyens (des noirs) et aussi aux phéniciens (noirs carthaginois originaire de phénicie anciennement originaire de la Corne de l’Afrique ou Erythrée). Pline l’Ancien (V, 30) nous apprend qu’au sud de l’Aurès et du chott Hodna, c’est le Nigris (le fleuve Niger) qui formait la limite entre l’Afrique et l’Ethiopie. Sur son nom avait été formé l’ethnique Nigritae* (Pline, V, 43 ; St. de Byzance, s.v. Nigrêtes, éd. A. Meineke, p. 474). L’historien Salluste parle ainsi de l’Afrique « L’Afrique est une partie du monde qui, à l’ouest, s’étend vers le sud ; elle est séparée des autres régions par de grands fleuves (le Nil et le Niger) ou d’immenses déserts (Ouest Soudan) ; et je pense qu’elle est d’autant moins connue que la plupart de ses animaux et de ses serpents se nourrissent d’entrailles. » Maniant volontiers l’arc (Strabon, XVII, 3, 7), ce qui les rapproche des Ethiopiens, ces Nigritae (le Niger) sont distingués des Ethiopiens par la plupart des auteurs latins, mais non par Ptolémée (IV, 6, 5, p. 743). Le fleuve Nigris prenait sa source chez des Ethiopiens, les Tarraelii et les Oechalices mentionnés par Pline (V, 44), tandis qu’une fontaine Nigris -ou la source du Nigris ? (fons Nigris : Pline, VIII, 77 cf. Pomponius Mêla, III, 96)- était localisée, plus à l’ouest apparemment, sur le territoire des Ethiopiens Hesperii (« occidentaux »). Le roi Juba 2 de Numidie y voyait (faussement) la source du Nil. Selon Mêla, les indigènes l’appelaient Nuchul (Nunc dans le manuscrit de base). Le Nigris (le fleuve Niger) en est donc venu à être un grand fleuve. Il constituait une limite commode pour l’esprit entre les Libyens et les Ethiopiens, ou, si l’on préfère, entre l’Afrique et l’Ethiopie.

La carte d’Afrique dans l’antiquité : orientation Sud en Haut dite renversée ou inversée de la carte du monde dans l’antiquité jusqu’au moyen age à l’époque de Al Idriss ou arabe Nubien :

Livre de Roger, carte avec points cardinaux inversés (nord en bas), réalisée pour Roger II de Sicile en 1154.

Actes 27

[7] Pendant plusieurs jours nous naviguâmes lentement, et ce ne fut pas sans difficulté que nous atteignîmes la hauteur de Cnide, où le vent ne nous permit pas d’aborder. Nous passâmes au-dessous (Nord) de l’île de Crète, du côté de Salmone. … 12Et comme le port n’était pas bon pour hiverner, la plupart furent d’avis de le quitter pour tâcher d’atteindre Phénix, port de Crète qui regarde le sud-ouest et le nord-ouest, afin d’y passer l’hiver. 13 Un léger vent du sud vint à souffler, et, se croyant maîtres de leur dessein, ils levèrent l’ancre et côtoyèrent de près l’île de Crète. 14 Mais bientôt un vent impétueux, qu’on appelle Euraquilon, se déchaîna sur l’île. 15 Le navire fut entraîné, sans pouvoir lutter contre le vent, et nous nous laissâmes aller à la dérive. 16 Nous passâmes au-dessous (Nord) d’une petite île nommée Clauda, et nous eûmes de la peine à nous rendre maîtres de la chaloupe ; 17 après l’avoir hissée, on se servit des moyens de secours pour ceindre le navire, et, dans la crainte de tomber sur la Syrte, on abaissa les voiles. C’est ainsi qu’on se laissa emporter par le vent. 18 Comme nous étions violemment battus par la tempête, le lendemain on jeta la cargaison à la mer, 19 et le troisième jour nous y lançâmes de nos propres mains les agrès du navire.

Diodore Livre 3 Ch.V. Coutumes de quelques Éthiopiens sauvages (Sud-Soudan) et les Libyens-congolais (au dessus de Méroé).

Il y a plusieurs autres nations éthiopiennes dont les unes cultivent les deux côtés du Nil avec les îles qui sont au milieu, les autres habitent les provinces voisines de l’Arabie, d’autres sont plus enfoncées dans la libye. Presque tous et entre autres ceux qui sont nés le long du fleuve ont la peau noire, le nez camus et les cheveux crépus. … Les Éthiopiens qui habitent au‑dessus de Méroé font des distinctions remarquables entre les dieux : ils disent que les uns sont d’une nature éternelle et incorruptible comme le soleil, la lune et l’univers entier, que les autres étant nés parmi les hommes se sont acquis les honneurs divins par leurs vertus et par les biens qu’ils ont faits au monde. Ils révèrent Isis, …

Hérodote livre 2

XXIX. Je n’ai trouvé personne qui ait pu m’en apprendre davantage; mais voici ce que j’ai recueilli,… (11). Vous arrivez ensuite à une plaine fort unie, où il y aune île formée par les eaux du Nil ; elle s’appelle Tachompso. Au-dessus d’Éléphantine, on trouve déjà des Éthiopiens ; ils occupent même une moitié de l’île de Tachompso, et les Égyptiens l’autre moitié.

Hérodote : livre II : Euterpe

XXIV. Mais si, après avoir blâmé les opinions précédentes, il est nécessaire que je déclare moi-même ce que je pense sur ces choses cachées, je dirai qu’il me paraît que le Nil grossit en été, parce qu’en hiver le soleil, chassé de son ancienne route par la rigueur de la saison, parcourt alors la région du ciel qui répond à la partie supérieure de la Libye. Voilà, en peu de mots, la raison de cette crue ; car il est probable que plus ce dieu tend vers un pays et s’en approche, et plus il le dessèche et en tarit les fleuves.

XXV. Mais il faut expliquer cela d’une manière plus étendue : l’air est toujours serein dans la Libye supérieure ; il y fait toujours chaud, et jamais il n’y souffle de vents froids.

Hérodote Livre 2 Ch. CXLVI. De ces deux sentiments chacun est libre d’adopter celui qui lui paraîtra le plus vraisemblable ; je me contente d’exposer le mien. Si ces dieux avaient été connus en Grèce, et s’ils y avaient vieilli, tels qu’Hercule, fils d’Amphitryon, Bacchus, fils de Sémélé, et Pan, fils de Pénélope, ou pourrait dire aussi, quoiqu’ils ne fussent que des hommes, qu’ils étaient en possession des noms des dieux nés dans les siècles précédents. Les Grecs assurent que, aussitôt que Osiris (Dionysos) fut né, Zeus le cousit dans sa cuisse et le porta à Nyse (Kano au Nigéria), ville d’Éthiopie, au-dessus de l’Égypte. A l’égard de Pan,…

Hérodote Livre 2 … XVI. Si donc notre sentiment sur l’Égypte est juste, celui des Ioniens ne peut être fondé ; si, au contraire, l’opinion des Ioniens est vraie, il m’est facile de prouver que les Grecs et les Ioniens eux-mêmes ne raisonnent pas conséquemment lorsqu’ils disent que toute la terre se divise en trois parties, l’Europe, l’Asie et la Libye : ils devraient y en ajouter une quatrième, savoir, le Delta d’Égypte, puisqu’il n’appartient ni à l’Asie ni à la Libye ; car, suivant ce raisonnement, ce n’est pas le Nil qui sépare l’Asie de la Libye, puisqu’il se brise à la pointe du Delta, et le renferme entre ses bras, de façon que cette contrée se trouve entre l’Asie et la Libye. … XVII. Sans m’arrêter davantage au sentiment des Ioniens, je pense qu’on doit donner le nom d’Égypte à toute l’étendue de pays qui est occupée par les Égyptiens, de même qu’on appelle Cilicie et Assyrie les pays habités par les Ciliciens et les Assyriens ; et je ne connais que l’Égypte qu’on puisse, à juste titre, regarder comme limite de l’Asie et de la Libye ; … Le Nil commence à la cataracte, partage l’Égypte en deux, et se rend à la mer. Jusqu’à la ville de Cercasore il n’a qu’un seul canal ; mais, au-dessous de cette ville, il se sépare en trois branches, qui prennent trois routes différentes : l’une s’appellela bouche Pélusienne, et va à l’est ; l’autre, la bouche Canopique, et coule à l’ouest ; la troisième va tout droit depuis le haut de l’Égypte jusqu’à la pointe du Delta, qu’elle partage par le milieu, en se rendant à la mer. Ce canal n’est ni le moins considérable par la quantité de ses eaux, ni le moins célèbre : on le nomme le canal Sébennytique. Du canal Sébennytique partent aussi deux autres canaux, qui vont pareillement se décharger dans la mer par deux différentes bouches, la Saïtique et la Mendésienne. La bouche Bolbitine et la Bucolique ne sont point l’ouvrage de la nature, mais des habitants qui les ont creusées. … .XXII. … lui (le Nil) qui coule de la Libye par le milieu de l’Éthiopie, et entre de là en Égypte. Comment donc pourrait-il être formé par la fonte des neiges, puisqu’il vient d’un climat très chaud dans un pays qui l’est moins ? Un homme capable de raisonner sur ces matières peut trouver ici plusieurs preuves qu’il n’est pas même vraisemblable que les débordements du Nil dérivent de cette cause. …

Les lybiens pygmées d’Ouganda ou de Punth des textes classiques égyptiens :

«avant d’avoir revu les bords du fleuve Aegyptus, de ce fleuve tombé du sein de Zeus (Amon)» (Od. IV, 581),

fait bien réellement naître le Nil des eaux du ciel».Strabon Livre XVII v 5

Une stèle de la 26e dynastie a également été récupérée sur le site antique de Dafnah (Daphnae) près du delta égyptien, qui contient une inscription indiquant que « lorsque la pluie tombe sur la montagne de Punth, le Nil est inondé ». C’est une claire allusion aux hautes terres d’Ouganda et de la région du Lac Tanganika, où prend sa source le Nil.

Le Texte d’Edfou, trouvé dans le Temple d’Horus à Edfou, et le Papyrus de Hunefer racontent l’histoire d’un « peuple des collines » qui devint les premiers colons de cette région. « Nous sommes venus du début du Nil où le dieu Hapi habite au pied des Montagnes de la Lune. » Les montagnes de la Lune sont probablement celles qui contiennent le lac Tanganika dans la région des grands lacs, à ​​l’origine du Nil. 

Un autre texte égyptien dit «  les montagnes de Punth le révèlent, lui le Dieu qui est caché ».

Hérodote Livre 2 … XVI. Si donc notre sentiment sur l’Égypte est juste, celui des Ioniens ne peut être fondé ; si, au contraire, l’opinion des Ioniens est vraie, il m’est facile de prouver que les Grecs et les Ioniens eux-mêmes ne raisonnent pas conséquemment lorsqu’ils disent que toute la terre se divise en trois parties, l’Europe, l’Asie et la Libye : ils devraient y en ajouter une quatrième, savoir, le Delta d’Égypte, puisqu’il n’appartient ni à l’Asie ni à la Libye ; car, suivant ce raisonnement, ce n’est pas le Nil qui sépare l’Asie de la Libye, puisqu’il se brise à la pointe du Delta, et le renferme entre ses bras, de façon que cette contrée se trouve entre l’Asie et la Libye. … XVII. Sans m’arrêter davantage au sentiment des Ioniens, je pense qu’on doit donner le nom d’Égypte à toute l’étendue de pays qui est occupée par les Égyptiens, de même qu’on appelle Cilicie et Assyrie les pays habités par les Ciliciens et les Assyriens ; et je ne connais que l’Égypte qu’on puisse, à juste titre, regarder comme limite de l’Asie et de la Libye ; … Le Nil commence à la cataracte, partage l’Égypte en deux, et se rend à la mer. Jusqu’à la ville de Cercasore il n’a qu’un seul canal ; mais, au-dessous de cette ville, il se sépare en trois branches, qui prennent trois routes différentes : l’une s’appellela bouche Pélusienne, et va à l’est ; l’autre, la bouche Canopique, et coule à l’ouest ; la troisième va tout droit depuis le haut de l’Égypte jusqu’à la pointe du Delta, qu’elle partage par le milieu, en se rendant à la mer. Ce canal n’est ni le moins considérable par la quantité de ses eaux, ni le moins célèbre : on le nomme le canal Sébennytique. Du canal Sébennytique partent aussi deux autres canaux, qui vont pareillement se décharger dans la mer par deux différentes bouches, la Saïtique et la Mendésienne. La bouche Bolbitine et la Bucolique ne sont point l’ouvrage de la nature, mais des habitants qui les ont creusées. … .XXII. … lui (le Nil) qui coule de la Libye par le milieu de l’Éthiopie, et entre de là en Égypte. Comment donc pourrait-il être formé par la fonte des neiges, puisqu’il vient d’un climat très chaud dans un pays qui l’est moins ? Un homme capable de raisonner sur ces matières peut trouver ici plusieurs preuves qu’il n’est pas même vraisemblable que les débordements du Nil dérivent de cette cause. …

… XXXIII. … [5] Il (Etéarque, roi Libyens des cyrénéens) dit que les jeunes envoyés (Nasamons ou Toubou Libyens) au loin par les âgés, abreuvés et rassasiés, puis désolés, ne sont les premières choses que pour l’amour des océoméniens, et après avoir traversé cette bête, ils deviendront des bêtes, et de ce désert ils (les Nasamon Toubou de Libie) passeront par le chemin des poètes vers l’homme puissant Nemon, [6] Et après avoir traversé un endroit de grand sable, et après plusieurs jours, ils virent des arbres dans un champ de pephycota, et quand une lumière leur parvint , ils tombèrent sur les arbres fruitiers ; … Tandis qu’ils en mangeaient, de petits hommes (13),d’une taille au-dessous de la moyenne, fondirent sûr eux, et les emmenèrent par force. Les Nasamons n’entendaient point leur langue, et ces petits hommes ne comprenaient rien à celle des Nasamons. On les mena par des lieux marécageux ; après les avoir traversés, ils arrivèrent à une ville dont tous les habitants étaient noirs (les pygmées batwa d’ouganda), et de la même taille que ceux qui les y avaient conduits. Une grande rivière (au Nord de l’Ouganda), dans laquelle il y avait des crocodiles, coulait le long de cette ville de l’ouest à l’est. Je me suis contenté de rapporter jusqu’à présent le discours d’Étéarque (roi des cyrénéens). Ce prince ajoutait cependant, comme m’en assurèrent les Cyrénéens, que les Nasamons étaient retournés dans leur patrie, et que les hommes (pygmées batwa Ougandais) chez qui ils avaient été étaient tous des enchanteurs. Quant au fleuve qui passait le long de cette ville, Etéarque conjecturait que c’était le Nil, et la raison le veut ainsi ; car le Nil vient de la Libye, et la coupe par le milieu ; et s’il est permis de tirer des choses connues des conjectures sur les inconnues, je pense qu’il part des mêmes points que l’Iister. Ce dernier fleuve commence en effet dans le pays des Celtes, auprès de la ville de Pyrène, et traverse l’Europe par le milieu. Les Celtes sont au delà des colonnes d’Hercule, et touchent aux Cynésiens, qui sont les derniers peuples de l’Europe du côté du couchant. L’Ister se jette dans le Pont-Euxin à l’endroit où sont les Istriens, colonie de Milet (15). …

LXXVII. Parmi les Égyptiens que j’ai connus, ceux qui habitent aux environs de cette partie de l’Égypte où l’on sème des grains sont sans contredit les plus habiles, et ceux qui, de tous les hommes, cultivent le plus leur mémoire. Voici quel est leur régime : ils se purgent tous les mois pendant trois jours consécutifs, et ils ont grand soin d’entretenir et de conserver leur santé par des vomitifs et des lavements, persuadés que toutes nos maladies viennent des aliments que nous prenons d’ailleurs, après les Libyens, il n’y a point d’hommes si sains et d’un meilleur tempérament que les Égyptiens.

Les lybiens congolais contre les sud-soudanais des textes classiques égyptiens

Diodore Livre 3 Ch.V. Coutumes de quelques Éthiopiens sauvages.

Il y a plusieurs autres nations éthiopiennes dont les unes cultivent les deux côtés du Nil avec les îles qui sont au milieu, les autres habitent les provinces voisines de l’Arabie, d’autres sont plus enfoncées dans la libye. Presque tous et entre autres ceux qui sont nés le long du fleuve ont la peau noire, le nez camus et les cheveux crépus. … Il y a dans la Libye et tout auprès de là un très beau pays qui produit une grande quantité de fruits de toute espèce ; on y trouve un abri commode dans les grandes chaleurs entre les plantes qui croissent dans les marais. Les libyens et les Éthiopiens sont continuellement en guerre pour se disputer ce terrain. On y voit un grand nombre d’éléphants qui y descendent des hautesrégions (haute Libye) attirés, selon quelques auteurs, par la bonté des pâturages. En effet des deux côtés du fleuve il y a de grands marais où croissent toutes sortes d’herbes, et surtout des roseaux que ces animaux trouvent si bons, …

Diodore Livre 3 Ch.V. Coutumes de quelques Éthiopiens sauvages (Sud-Soudan) et les Libyens-congolais (au dessus de Méroé).

Il y a plusieurs autres nations éthiopiennes dont les unes cultivent les deux côtés du Nil avec les îles qui sont au milieu, les autres habitent les provinces voisines de l’Arabie, d’autres sont plus enfoncées dans la libye. Presque tous et entre autres ceux qui sont nés le long du fleuve ont la peau noire, le nez camus et les cheveux crépus. Ils paraissent très sauvages très féroces et le sont pourtant beaucoup moins par tempérament que par volonté et par affectation. Ils sont fort secs et fort brûlés, leurs ongles sont toujours longs comme ceux des animaux, ils ne connaissent point l’humanité, ils ne poussent qu’un son de voix aigu. Ne s’étudiant point comme nous à rendre la vie plus douce et plus agréable, ils n’ont rien des moeurs ordinaires. Quand ils vont au combat, les uns s’arment de leurs boucliers faits de cuir de boeuf et ont en main de petites lances, les autres portent des traits recourbés, d’autres se servent d’arcs dont le bois est de la longueur de quatre coudées et qu’ils bandent avec le pied. Quand ceux‑ci n’ont plus de traits, ils combattent avec des massues. Ils mènent leurs femmes à la guerre et les obligent de servir dès qu’elles ont un certain âge. Elles portent ordinairement un anneau de cuivre pendu à leurs lèvres. Quelques‑uns de ces peuples passent leur vie sans s’habiller se couvrant seulement de ce qu’ils trouvent pour se mettre à l’abri du soleil. Les uns coupent une queue de brebis et se la passent entre les cuisses pour cacher leur nudité, d’autres prennent des peaux de leurs bestiaux. Il y en a qui s’entourent la moitié du corps avec des espèces de ceintures faites de cheveux, la nature du pays ne permettant pas aux brebis d’avoir de la laine. A l’égard de la nourriture, les uns vivent d’un certain fruit qui croît sans culture dans les étangs et les lieux marécageux, d’autres mangent les plus tendres rejetons des arbres dont l’ombrage les garantit de la chaleur du midi, quelques‑uns sèment du sésame et du lotus. Il y en a qui ne vivent que de racines de roseaux. La plupart d’entre eux s’exercent à tirer aux oiseaux et comme ils manient l’arc fort adroitement, cette chasse remplit abondamment leurs besoins. Mais la plus grande partie de ces peuples soutiennent leur vie avec le lard et la chair de leurs troupeaux. Les Éthiopiens qui habitent au‑dessus de Méroé font des distinctions remarquables entre les dieux : ils disent que les uns sont d’une nature éternelle et incorruptible comme le soleil, la lune et l’univers entier, que les autres étant nés parmi les hommes se sont acquis les honneurs divins par leurs vertus et par les biens qu’ils ont faits au monde. Ils révèrent Isis, Pan et surtout Zeus et Hercule dont ils prétendent que le genre humain a reçu le plus de bienfaits. Quelques Éthiopiens cependant croient qu’ils n’y a point de dieux, et quand le soleil se lève ils s’enfuient dans leurs marais en blasphémant contre lui comme contre leur plus cruel ennemi. Les Éthiopiens diffèrent encore des autres nations dans les honneurs qu’ils rendent à leurs morts. Les uns jettent leurs corps dans le fleuve, pensant que c’est la plus honorable sépulture qu’on puisse leur donner. Les autres les gardent dans leurs maisons enfermés dans des niches de verre, croyant qu’il sied bien à des enfants d’avoir toujours devant les yeux le visage de leurs parents et à ceux qui surviennent de conserver la mémoire de leurs prédécesseurs. D’autres enferment les corps morts dans des cercueils de terre cuite et les enterrent aux environs des temples. Ils regardent comme le plus inviolable des serments celui qui se fait sur les morts. En certaines contrées, les Éthiopiens donnent la royauté à celui d’entre eux qui est le mieux fait, disant que les deux plus grands dons de la fortune sont la monarchie et la belle taille. Ailleurs, ils la défèrent au pasteur le plus vigilant comme à celui qui aura le plus de soin de ses sujets. D’autres choisissent le plus riche dans la pensée qu’il sera plus en état de secourir ses peuples. Il y en a d’autres qui prennent pour rois ceux qui sont les plus forts, estimant dignes de la première place ceux qui sont les plus capables de les défendre dans les combats. Il y a dans la Libye et tout auprès de là un très beau pays qui produit une grande quantité de fruits de toute espèce ; on y trouve un abri commode dans les grandes chaleurs entre les plantes qui croissent dans les marais. Les libyens et les Éthiopiens sont continuellement en guerre pour se disputer ce terrain. On y voit un grand nombre d’éléphants qui y descendent des hautesrégions (haute Libye) attirés, selon quelques auteurs, par la bonté des pâturages. En effet des deux côtés du fleuve il y a de grands marais où croissent toutes sortes d’herbes, et surtout des roseaux que ces animaux trouvent si bons, que quand ils en ont une fois goûté ils demeurent toujours dans cet endroit où ils consument les vivres des habitants. Il n’est pas étonnant que des pasteurs qui logent sous des tentes et qui regardent comme leur patrie le séjour le plus commode pour eux, viennent se rendre dans des marais qui attirent des animaux mêmes, chassés par le manque d’eau et de pâturages, du milieu des terres où le soleil brûle tout ce qui en sort. Quelques auteurs disent que dans l’Éthiopie appelée sauvage, il naît un nombre infini de serpents d’une grandeur extraordinaire. Ils se battent contre les éléphants auprès des eaux dormantes. S’étant d’abord jetés sur eux avec impétuosité, ils leur entortillent les cuisses et ils les serrent avec tant de force et si longtemps que l’éléphant engourdi et écumant tombe de lui‑même : après quoi ils le dévorent facilement dans l’impuissance où il est de se relever. Mais quand ils ont manqué leur coup par quelque accident, et que les éléphants fuient vers le fleuve, ils ne quittent jamais leur retraite pour les poursuivre. Ils évitent les lieux plats et se tiennent toujours au pied des montagnes et dans des cavernes assez profondes pour suffire à la longueur de leurs corps, la nature faisant connaître à tous les animaux ce qui leur est propre. On a des histoires de l’Égypte et de l’Éthiopie faites par des auteurs qui s’en rapportent à de fausses relations, ou qui écrivant même toutes les choses merveilleuses qui leur viennent dans l’esprit ne méritent aucune créance. Mais Agatarchidès Cnidien en son second livre de l’Asie, Artémidore d’Ephèse en son huitième livre de la Géographie et quelques auteurs originaires d’Égypte ont examiné le sujet dont il s’agit et conviennent presque en tout. Pour moi dans le temps que je voyageais en Égypte , je me suis souvent rencontré avec des prêtres égyptiens et des ambassadeurs éthiopiens. Ayant recueilli avec soin ce que je leur entendais dire et y ayant ajouté ce que j’ai trouvé dans les meilleurs historiens, j’ai composé cette partie de mon ouvrage de ce qui m’a paru le plus généralement avoué par les uns et par les autres,. Mais nous avons assez parlé des Éthiopiens qui habitent à l’occident. Nous allons passer à ceux qui demeurent au midi et le long de la mer Rouge, après que nous aurons dit un mot de la manière dont on tire l’or des mines de ce pays.

Il y a plusieurs preuves archéologiques qui démontrent que les anciens égyptiens connaissent très bien l’Afrique des grands lacs.

Second rappel: une statuette d’Osiris daté du -7ième siècle, a été retrouvée au Zaire, sur les bords du fleuve Lualaba, près du confluent de la Kalunegongo;

Une statue portant le cartouche de Touthmosis III (-1490-1468), a été trouvée au Sud du Zambèze.

Aussi, des vases egyptiens ont été découverts au Centre du Congo près des berges de la rivière Kasai (province Kasai).

Source: Histoire générale de l’Afrique Tome 2, Chapitre 4

Les lybiens automoles Nuer-Dinka au Nord du Sud-Soudan des textes classiques grecs

Hérodote livre 2

XXIX. Je n’ai trouvé personne qui ait pu m’en apprendre davantage; mais voici ce que j’ai recueilli, en poussant mes recherches aussi loin qu’elles pouvaient aller : jusqu’à Éléphantine, j’ai vu les choses par moi-même ; quant à ce qui est an delà de cette ville, je ne le sais que parles réponses que l’on m’a faites. Le pays au-dessus d’Éléphantine est élevé. En remontant le fleuve, on attache de chaque côté du bateau une corde, comme on en attache aux boeufs, et on le tire de la sorte. Si le câble se casse, le bateau est emporté par la force du courant. Ce lieu a quatre jours de navigation. Le Nil y est tortueux comme le Méandre, et il faut naviguer de la manière que nous avons dit pendant douze schènes (11). Vous arrivez ensuite à une plaine fort unie, où il y aune île formée par les eaux du Nil ; elle s’appelle Tachompso. Au-dessus d’Éléphantine, on trouve déjà des Éthiopiens ; ils occupent même une moitié de l’île de Tachompso, et les Égyptiens l’autre moitié. Attenant l’île, est un grand lac sur les bords duquel habitent des Éthiopiens nomades. Quand. vous l’avez traversé, vous rentrez dans le Nil, qui s’y jette ; de là, quittant le bateau, vous faites quarante jours de chemin le long du fleuve ; car, dans cet espace, le Nil est plein de rochers pointus et de grosses pierres à sa surface, qui rendent la navigation impraticable. Après avoir fait ce chemin en quarante jours de marche, vous vous rembarquez dans un autre bateau oit vous naviguez douze jours ; puis vous arrivez à une grande ville appelée Méroé. On dit qu’elle est la capitale du reste des Éthiopiens. Zeus et Bacchus sont les seuls dieux qu’adorent ses habitants ; les cérémonies de leur culte sont magnifiques : ils ont aussi parmi eux un oracle de Zeus, sur les réponses duquel ils portent la guerre partout où ce dieu le commande et quand il l’ordonne.

XXX. De cette ville, vous arrivez au pays des Automoles en autant de jours de navigation que vous en avez mis à venir d’Éléphantine à la métropole des Éthiopiens. Ces Automoles s’appellent Asmach. Ce nom, traduit en grec, signifie. ceux qui se tiennent à la gauche du roi ; ils descendent de deux cent quarante mille Égyptiens, tous gens de guerre, qui passèrent du côté des Éthiopiens pour le sujet que je vais rapporter. Sous le règne de Psammitichus, on les avait mis en garnison à Éléphantine, pour défendre le pays contre les Éthiopiens; à Daphnes de Péluse, pour empêcher les incursions des Arabes et des Syriens ; à Marée, pour tenir la Libye en respect. Les Perses ont encore aujourd’hui des troupes dans les mêmes places où il y en avait sous Psammitichus; car il y a garnison perse à Éléphantine et à Daphnes. Ces Égyptiens étant donc restés trois ans dans leurs garnisons, sans qu’on vint les relever, résolurent, d’un commun accord, d’abandonner Psammitichus, et de passer chez les Éthiopiens. Sur cette nouvelle, ce prince les poursuivit : lorsqu’il les eut atteints, il employa les prières, et tous les motifs les plus propres à les dissuader d’abandonner les dieux de leurs pères, leurs enfants et leurs femmes. Là-dessus, l’un d’entre eux, comme on le raconte, lui montrant le signe de sa virilité, lui dit : Partout où nous le porterons, nous y trouverons des femmes, et nous y aurons des enfants. Les Automoles, étant arrivés en Éthiopie, se donnèrent au roi. Ce prince les en récompensa en leur accordant le pays de quelques Éthiopiens qui étaient ses ennemis, et qu’il leur ordonna de chasser. Ces Égyptiens s’étant établis dans ce pays, les Éthiopiens se civilisèrent, en adoptant les moeurs égyptiennes.

XXXI. Le cours du Nil est donc connu pendant quatre mois de chemin, qu’on fait en partie par eau, et en partie par terre, sans y comprendre le cours de ce fleuve en Égypte ; car, si l’on compte exactement, on trouve qu’il faut précisément quatre mois pour se rendre d’Éléphantine au pays de ces Automoles. Il est certain que le Nil vient de l’ouest ; mais on ne peut rien assurer sur ce qu’il est au delà des Automoles, les chaleurs excessives rendant ce pays désert et inhabité.

Les Lybiens et Troglodytes-éthiopiens ou les arabes tchadiens du Tchad et de Nubie de la Libye

Hérodote Livre 4 Ch.

Les CLXXXIII. A dix autres journées du territoire d’Augiles, on rencontre une autre colline de sel avec de l’eau, et une grande quantité de palmiers portant du fruit, comme dans les autres endroits dont on vient de parler. Les Garamantes, nation fort nombreuse, habitent ce pays. Ils répandent de la terre sur le sel, et sèment ensuite. Il n’y a pas loin de là chez les Lotophages ; mais, du pays de ceux-ci, il y a trente journées de cheminjusqu’à celui où l’on voit ces sortes de boeufs qui paissent en marchant à reculons. Ces animaux paissent de la sorte parce qu’ils ont les cornes rabattues en devant, et c’est pour cela qu’ils vont à reculons quand ils paissent ; car ils ne peuvent alors marcher en avant, attendu que leurs cornes s’enfonceraient dans la terre. Ils ne diffèrent des autres boeufs qu’en cela, et en ce qu’ils ont le cuir plus épais et plus souple. Ces Garamantes font la chasse aux Troglodytes-Éthiopiens ; ils se servent pour cela de chars à quatre chevaux. Les Troglodytes-Éthiopiens sont, en effet, les plus légers et les plus vites de tous les peuples dont nous ayons jamais ouï parler. Ils vivent de serpents, de lézards et autres reptiles ; ils parlent une langue qui n’a rien de commun avec celles des autres nations ; on croit entendre le cri des chauves-souris.

CLXXXIV. A dix journées pareillement des Garamantes, on trouve une autre colline de sel, avec une fontaine et des hommes à l’entour : ils s’appellent Atarantes, et sont les seuls hommes que je sache n’avoir point de nom. Réunis en corps de nation, ils s’appellent Atarantes ; mais les individus n’ont point de noms qui les distinguent les uns des autres. Ils maudissent le soleil lorsqu’il est à son plus haut point d’élévation et de force, et lui disent toutes sortes d’injures, parce qu’il les brûle, ainsi que le pays.

A dix autres journées de chemin, on rencontre une autre colline de sel, avec de l’eau et des habitants aux environs. Le mont Atlas touche à cette colline. Il est étroit et rond de tous côtés, mais si haut, qu’il est, dit-on, impossible d’en voir le sommet, à cause des nuages dont il est toujours couvert l’été comme l’hiver. Les habitants du pays disent que c’est une colonne du ciel. Ils ont pris de cette montagne le nom d’Atlantes, et l’on dit qu’ils ne mangent de rien qui ait eu vie, et qu’ils n’ont jamais de songes.

Selon une étude publiée dans The American Journal of Human Genetics (Haber et al. 2016) qui a examiné les haplogroupes d’ADN-Y à partir d’échantillons obtenus auprès de 75 hommes Toubou, les haplogroupes associés à l’ascendance paternelle africaine étaient présents à des taux de 34 % pour R1b (R-V88), 31 % pour T1a , et 1% pour J1 . L’haplogroupe E-M78 associé à l’Afrique du Nord (Haratine) et à l’Afrique de l’Est (Kénya), était présent à un taux de 28 %, tandis que l’E-M81 apparaissait à un taux de 5 %. [23] 

Les Lybiens Nasamons ou les Toubou de Libye

Hérodote situe les Nasamons à l’ouest des Auskhisae* (IV, 172), au bord de la Grande Syrte et, sur une petite distance, à l’est de celle-ci (II, 31). A l’intérieur de la Syrte, c’est-à-dire peut-être au fond de celle-ci, ils occupent notamment l’ancien territoire des Psylles* (IV, 173). En été, « laissant leur troupeau sur le bord de la mer » (trad. Gsell), ils montent dans l’oasis d’Augila* (Aoudjila), au sud-est de la Syrte, pour y récolter des dattes (IV, 172, cf. Servius, Ad Aen. XI, 265). Vers le Midi, ils ont pour voisins des Garamantes* habitant la région des bêtes sauvages qui sont en réalité des Gamphasantes*, le texte d’Hérodote (IV, 174) étant ici, comme on peut le prouver, corrompu. Leurs voisins occidentaux sont les Makae* sur la côte occidentale de la Grande Syrte (IV, 175), avec lesquels ils ont parfois fait cause commune contre les villes de Cyrénaïque (SEG, IX, 77 ; Laronde, Cyrène, p. 52-54). Pour Hérodote, au milieu du Ve siècle avant notre ère, les Nasamons habitent donc les rivages orientaux et méridionaux de la Syrte.

3Cette localisation est confirmée par le Périple dit de Scylax (109, GGM, I, p. 84-85) qui les signale entre Hesperides et le fond de la Grande Syrte. Mais si Diodore, en III, 49, 1, en fait état au sud de Cyrène et « des Syrtes » (le pluriel ne désigne ici que la Grande Syrte, comme assez souvent chez les auteurs grecs et latins), en XVII, 50, 2, il les situe au nord de l’oasis d’Ammon (Syouah) dont Hérodote (II, 32) nous avait déjà appris qu’ils fréquentaient l’oracle. De même Quinte Curce (IV, 7, 19), tout en les qualifiant de gens Syrtica, les place au nord de l’oasis, mais dans un contexte qui prouve à l’évidence que sa rose des vents est orientée de façon erronée, et dès lors on s’étonnera moins qu’Hérodote ait prétendu, dans un passage très commenté (II, 32), que de jeunes Nasamons s’enfoncèrent profondément dans le désert en faisant route vers le zéphyr, c’est-à-dire l’ouest, et non le sud. Dans un tableau ethnographique très général, Strabon (II, 5, 33, C131, d’après Posidonius) place cette peuplade, avec plusieurs autres, « au-dessus » de la Cyrénaïque et des Syrtes, c’est-à-dire au sud de celles-ci, mais en XVII, 3, 20, C836, il la situe plus précisément à l’intérieur des terres, entre Bérénice (Benghazi) et les Autels* des Philènes. Leur territoire est à peu près infertile et aride (XVII, 3, 23, C838). Pline l’Ancien (V, 33-34) considère les Nasamons comme des riverains de la partie orientale de la Syrte, entre les Acrauceles* à l’est, les Asbytes* et les Maces* à l’ouest. Quant à Ptolémée (G. IV, 5, 12, Müller, p. 692), il mentionne curieusement les Nasamons parmi les peuples de la Marmarique, en compagnie des Augilae* de l’oasis d’Aoudjila et des Bakatae*, et, en un autre passage (IV, 5, 13, p. 696), les confond pratiquement avec les Augilae. Les Nasamons pratiquant un nomadisme saisonnier, Ptolémée a pu privilégier l’époque où ils se livraient, d’après Hérodote, à la récolte des dattes à Augila. Mais comme la documentation de Ptolémée pour l’Afrique s’étend jusqu’au principat de Trajan, elle enregistre peut-être plutôt un refoulement des Nasamons vers leurs terres de parcours les plus éloignées de la Cyrénaïque, à l’occasion de la dure répression qu’ils subirent sous Domitien (cf. infra et Modéran, p. 222). À noter encore que la Table de Peutinger (segm. VIII, 2-3) porte la légende Nesamones (pour ce vocalisme, cf. Pline, V, 33 : Mesammones) au sud-est des Autels des Philènes et au nord des Boecolen montes (cf. Modéran, p. 222) à l’ouest desquels le fleuve Gir se perd sous la terre, donc relativement loin dans l’intérieur des terres. Rappelons que les Nasamons avaient auparavant une réputation de pilleurs d’épaves nautiques, ce qui ne peut convenir qu’à une population fréquentant le rivage de la mer (Lucain, IX, 440-444 ; Silius, I, 408-409 ; Quinte-Curce, IV, 7, 20).

TRITONIS : les libyens et les éthiopiens de Tritonis entre les Nasamons au dessus (au Sud) de la Syrte  et l’Egypte (le Delta) :

Généralité

Hérodote Livre 4 :

CLXVIII. Cette cause était le prétexte dont Aryandès cherchait à colorer son expédition contre les Libyens, qu’il avait, à mon avis, dessein de subjuguer. La Libye renferme beaucoup de nations différentes. Il y en avait peu qui fussent soumises au roi, et la plupart ne tenaient aucun compte de Darius. Voici l’ordre dans lequel on trouve les peuples de la Libye, à commencer depuis l’Égypte (38).

Les premiers qu’on rencontre sont des Adyrmachides. Ils ont presque les mêmes usages que les Égyptiens, mais ils s’habillent comme le reste des Libyens. Leurs femmes portent à chaque jambe un anneau de cuivre, et laissent croître leurs cheveux : si elles sont mordues par un pou, elles le prennent, le mordent à leur tour, et le jettent ensuite. Ces peuples sont les seuls Libyens qui aient cette coutume ; ils sont aussi les seuls qui présentent leurs filles au roi lorsqu’elles vont se marier. Celle qui lui plaît ne s’en retourne qu’après qu’il en a joui. Cette nation s’étend depuis l’Égypte jusqu’à un port appelé Plunos.

CLXIX. Les Giligammes touchent aux Adyrmachides : ils habitent le pays qui est vers l’occident jusqu’à l’île Aphrodisias. Dans cet intervalle est l’île de Platée, où les Cyrénéens envoyèrent une colonie. Aziris, où ils s’établirent aussi, est sur le continent, ainsi que le port de Ménélas. C’est là qu’on commence à trouver le silphium. Le pays où croît cette plante s’étend dans l’île de Platée jusqu’à l’embouchure de la Syrte(39). Ces peuples ont presque les mêmes coutumes que les autres.

CLXX. Immédiatement après les Giligammes, on trouve les Asbystes, du côté du couchant : ils habitent le pays au-dessus de Cyrène ; mais ils ne s’étendent pas jusqu’à la mer : les côtes maritimes sont occupées par les Cyrénéens. Les chars à quatre chevaux sont beaucoup plus en usage chez eux que chez les autres Libyens, et ils s’étudient à imiter la plupart des coutumes des Cyrénéens.

CLXXI. Les Auschises sont à l’occident des Asbystes, auxquels ils confinent : ils habitent au-dessus de Barcé et s’étendent jusqu’à la mer, près des Évespérides. Les  Cabales demeurent vers le milieu du pays des Auschises leur nation est peu nombreuse ; elle s’étend sur les côtes de la mer vers Tauchires, ville du territoire de Barcé. Leurs usages sont les mêmes que ceux des peuples qui habitent au-dessus de Cyrène.

CLXXII. Le pays des Auschises est borné à l’ouest par celui des Nasamons, peuple nombreux. En été, les Nasamons laissent leurs troupeaux sur le bord de la mer, et montent à un certain canton, nommé Augiles, pour y recueillir en automne les dattes. Les palmiers y croissent en abondance, y viennent très beaux, et portent tous du fruit. Les Nasamons vont à la chasse des sauterelles, les font sécher au soleil, et, les ayant réduites en poudre, ils mêlent cette poudre avec du lait, qu’ils boivent ensuite. Ils ont coutume d’avoir chacun plusieurs femmes, et de les voir publiquement, à peu près comme les Massagètes, après avoir planté à terre leur bâton. Lorsqu’un Nasamon se marie pour la première fois, la première nuit de ses noces, la mariée accorde ses faveurs à tous les convives, et chacun lui fait un présent qu’il a apporté de sa maison.Voici leur manière de faire des serments et d’exercer la divination. Ils mettent la main sur le tombeau des hommes qui ont parmi eux la réputation d’avoir été les plus justes et les plus gens de bien, et jurent par eux. Pour exercer la divination, ils vont aux tombeaux de leurs ancêtres ; ils y font leurs prières, et y dorment ensuite. Si, pendant leur sommeil, ils ont quelque songe, ils en font usage dans leur conduite. Ils se donnent mutuellement la foi en buvant réciproquement de la main l’un de l’autre (40). S’ils n’ont rien de liquide, ils ramassent à terre de la poussière, et la lèchent.

CLXXIII. Les Psylles sont voisins des Nasamons ; ils périrent autrefois de la manière que je vais dire. Le vent du midi avait de son souffle desséché leurs citernes : car tout leur pays était en dedans de la Syrte (41), et sans eau.

Ayant tenu conseil entre eux, ils résolurent, d’un consentement unanime, d’aller faire la guerre au vent du midi. Je rapporte les propos des Libyens. Lorsqu’ils furent arrivés dans les déserts sablonneux, le même vent, soufflant avec violence, les ensevelit sous des monceaux de sable. Les Psylles détruits, les Nasamons s’emparèrent de leurs terres.

CLXXIV. Au-dessus de ces peuples, vers le midi, dans un pays rempli de bêtes féroces, sont les Garamantes, qui fuient le commerce et la société de tous les hommes : ils n’ont aucune sorte d’armes, et ne savent pas même se défendre.

CLXXV. Cette nation habite au-dessus des Nasamons. Elle a pour voisins les Maces. Ceux-ci sont à l’ouest et le long de la mer. Ils se rasent de manière qu’il reste, sur le haut de la tête, une touffe de cheveux. Ils y parviennent en laissant croître leurs cheveux sur le milieu de la tête, et en se rasant de très près des deux côtés. Quand ils vont à la guerre, ils portent, pour armes défensives, des peaux d’autruches. Le Cinyps descend de la colline des Grâces, traverse leur pays, et se jette dans la mer. Cette colline est entièrement couverte d’une épaisse forêt ; au lieu que le reste de la Libye, dont j’ai parlé jusqu’ici, est un pays où l’on ne voit point d’arbres : de cette colline à la mer il y a deux cents stades.

CLXXVI. Les Gindanes touchent aux Maces. On dit que leurs femmes portent chacune, autour de la cheville du pied, autant de bandes de peaux qu’elles ont vu d’hommes ; celle qui en a davantage est la plus estimée, comme ayant été aimée d’un plus grand nombre d’hommes.

CLXXVII. Les Lotophages habitent le rivage de la mer, qui est devant le pays des Gindanes. Ces peuples ne vivent que des fruits du lotos (42) : ce fruit est à peu près de la grosseur de celui du lentisque, et d’une douceur pareille à celle des dattes. Les Lotophages en font aussi du vin.

CLXXVIII. Ils confinent, le long de la mer, aux Machlyes : ceux-ci font aussi usage du lotos, mais beaucoup moins que les Lotophages. Les Machlyes s’étendent jusqu’au Triton, fleuve considérable qui se jette dans un grand lac nommé Tritonis (Lac Tchad), où l’on voit l’île de Phia.

On dit qu’il avait été prédit par les oracles que les Lacédémoniens enverraient une colonie dans cette île : on raconte le fait de cette manière.

CLXXIX. Quand Jason (conte inspiré du récit de Hannon ? mythologie géographiquement absurde comparable au mytne des 4 fleuves de sources impossiblement commune du Jardin d’Eden) eut fait construire, au pied du mont Pélion, le navire Argo (43), et qu’il y eut embarqué une hécatombe avec un trépied d’airain, il se mit en mer, et doubla le Péloponnèse, dans le dessein d’aller à Delphes. Lorsqu’il fut arrivé vers le promontoire Malée, il s’éleva un vent du nord qui le jeta en Libye, et il se trouva dans les bas-fonds du lac Tritonis avant que d’avoir découvert la terre. Ne sachant comment sortir de ce pas dangereux, on dit qu’un triton lui apparut et lui demanda son trépied, lui promettant de lui montrer une route sûre et de le tirer de ce péril. Jason y ayant consenti, le triton lui montra le moyen de sortir de ce bas-fond il prit ensuite le trépied, le mit dans son propre temple, et, s’asseyant dessus, il prédit à Jason et aux siens tout ce qui devait leur arriver. Il lui annonça aussi que, lorsque ce trépied aurait été enlevé par quelqu’un des descendants de ceux qui étaient dans le navire Argo, il était de toute nécessité que les Grecs eussent cent villes sur les bords du lac Tritonis. On ajoute que les Libyens voisins du lac, ayant appris cette réponse de l’oracle, cachèrent le trépied.

CLXXX. Immédiatement après les Machlyes (Massala, Ségou au Mali, à Séguéla en Cote d’Ivoire ou à Dédougou au Burkina, à Bénin-City au Nigéria, voir aussi Mansila etc), on trouve les Auséens (Les Haoussa, mosqués en Haoussa se dit Massalacin, comme musulman en Dahoméen se dit Malènou litéralement Malien, ce qui sugère fortement que l’islam est venu en pays Haoussa par le Mali à l’instar du Dahoméy). Ces deux nations habitent autour du lac Tritonis; mais elles sont séparées par le fleuve Triton. Les Machlyes laissent croître leurs cheveux sur le derrière de la tête, et les Auséens sur le devant. Dans une fête que ces peuples célèbrent tous les ans en l’honneur de Minerve, les filles, partagées en deux troupes, se battent les unes contre les autres à coups de pierres et de bâtons. Elles disent que ces rites ont été institués par leurs pères en l’honneur de la déesse née dans leur pays, que nous appelons Minerve ; et elles donnent le nom de fausses vierges à celles qui meurent de leurs blessures. Mais, avant que de cesser le combat, elles revêtent d’une armure complète à la grecque celle qui, de l’aveu de toutes, s’est le plus distinguée; et, lui ayant mis aussi sur la tête un casque à la corinthienne, elles la font monter sur un char, et la promènent autour du lac. Je ne sais de quelle façon ils armaient autrefois leurs filles, avant que les Grecs eussent établi des colonies autour d’eux. Je pense cependant que c’était à la manière des Égyptiens. Je suis en effet d’avis que le bouclier et le casque sont venus d’Égypte chez les Grecs. Ils prétendent que Athéna est fille de Poséidon et de la nymphe du lac Tritonis, et qu’ayant eu quelque sujet de plainte contre son père, elle se donna à Zeus, qui l’adopta pour sa fille. Les femmes sont en commun chez ces peuples ; elles ne demeurent point avec les hommes, et ceux-ci les voient à la manière des bêtes. Les enfants sont élevés par leurs mères : quand ils sont grands, on les mène à l’assemblée que les hommes tiennent tous les trois mois. Celui à qui un enfant ressemble passe pour en être le père.

Diodore HU Livre XVII

49 … [6] Le roi interpréta cet augure en bonne part ; et jugeant que le dieu du temple l’attendait avec plaisir, il hâta sa marche et aborda à un marais nommé le marais amer. De là faisant encore cent stades, il entra dans un lieu qu’on appelait les villes d’Hammon (Oasis de Siwah) ; d’où faisant encore un jour de marche, il se trouva auprès du temple. 50 Il est entouré d’un désert aride, sablonneux et sans aucune trace d’habitation d’homme. Mais le temple même est au milieu d’un terrain d’environ cinquante stades de long et de large, qui est arrosé par un grand nombre de fontaines d’eau claire et limpide, entre lesquelles aussi on voit des arbres chargés de fruits de toute espèce. On respire un air de printemps dans cet espace seul et privilégié, quoiqu’environné au loin de déserts arides et couverts de sables brûlants. [2] Les habitants du lieu disent que le temple a été bâti par l’Égyptien Danaüs. Il a pour voisins à son midi et à son couchant les Éthiopiens (les Touaregs ou Tamacheqs du Niger et de la Libye), au nord les peuples nomades libyens (Livýon nomadikón éthnos), ainsi nommés des troupeaux qu’ils font paître ; et au midi les Nasamomes (fils de la nymphe Tritonis, ce sont les Toubous du Soudan, Tchad et Libye). [3] Les maisons des Ammonites (éthiopyégyptiens selon Hérodote) ou desservants du temple ne semblent former que des villages. Mais il y a au milieu de leurs habitations une citadelle environnée d’un triple mur. Dans la distance du premier ou de l’extérieur au second, est le palais ou la demeure des anciens rois. Du second au troisième sont les appartements des femmes, des enfants et de tous les parents du roi. Là commencent les fortifications particulières du temple, son parvis, la fontaine sacrée où on lavait les victimes avant que de les immoler. Au-delà du troisième mur est le logement des satellites ou gardes du roi. [4] À quelque distance du temple principal et hors de la citadelle, il y a un autre temple d’Hammon environné d’arbres touffus qui en dérobent presque la vue.

Denys de Millet par Diodore BH Livre III, Traduction française : FERD. HOEFER : Osiris est né à Dakar au Sénégal et a Grandit à Kano (Nyse dans la culture Nok) au Nigéria au bord du fleuve du Lac Tchad.

«  … Enfin Thymoetès, fils de Thymoetès, descendant de Laomédon, qui vivait du temps d’Orphée, parcourut une grande partie du monde, et arriva vers les côtes occidentales (espéran ἑσπέραν) de la Libye (Afrique de l’Ouest) ; il y vit la ville de Nyse, où, selon la tradition des habitants, fut élevé Osiris (Bacchus). Les Nyséens (Kano au Nigéria non loin du Lac Tchad) lui apprirent en détail l’histoire de ce dieu. …

LXVIII. Histoire Africaine d’Osiris

Selon le récit de cet écrivain, Ammon, roi de la partie Libyenne du haut (toú mérous tís Livýis Ouranoú, Carte d’Afrique avec Sud en Haut), épousa Rhéa, soeur de Saturne et des autres Titans. En visitant son royaume, Ammon trouva, près des monts Cérauniens, une fille singulièrement belle, qui s’appelait Amalthée. Il en devint amoureux, et en eut un enfant d’une beauté et d’une force admirables. Il donna à Amalthée la souveraineté de la contrée voisine, dont la configuration rappelle la corne d’un bœuf (la région de Dakar au Sénégal), et qu’on appelait la Corne d’Hespérus  (96). Cette contrée, en raison de la fertilité de son sol, produit non seulement beaucoup de vignes, mais encore toutes sortes d’arbres fruitiers. Amalthée prit donc le gouvernement de cette  251 contrée, à laquelle elle laissa le nom de corne d’Amalthée, et on a depuis lors appelé Amalthées tous les pays fertiles. Craignant la jalousie de Rhéa, Ammon cacha avec soin cet enfant, et le fit transporter secrètement dans la ville de Nyse (La ville de Kano), qui était fort éloignée de là. Cette ville est située dans une île environnée par le fleuve Triton (bassin du Lac Tchad); elle est très escarpée, et l’on ne peut y entrer que par un passage étroit qu’on nomme les portes Nyséennes. L’île est formée d’une terre très fertile, garnie de prairies charmantes, de jardins cultivés, et arrosée de sources abondantes ; elle est couverte d’arbres fruitiers de toute espèce, et de vignes sauvages, la plupart sous forme d’arbrisseaux. Toute cette région est bien exposée aux vents et extrêmement saine ; aussi ceux qui l’habitent vivent-ils beaucoup plus longtemps que leurs voisins. L’entrée de cette île se présente d’abord sous la forme d’une vallée, ombragée d’arbres élevés et touffus, qui laissent à peine y pénétrer un faible rayon du soleil. »

Le tritonis éthiopien des Nyséens, des Nasamons et des Garamantes de la géographie libyenne ou africaine :

TRITONIS était la déesse-nymphe du lac d’eau salée Tritonis en Libye, en Afrique Centrale. Dans l’histoire de la naissance de l’Athéna libyenne, Triton – un dieu marin libyen parfois identifié à Poséidon – et Tritonis étaient les parents de deux filles nommées Athéna et Pallas. La première fille tua accidentellement la seconde lors d’une simulation de bataille. L’histoire fut reconstituée par les tribus Makhlyes et Auséennes lors d’un festival annuel. Elle eut également deux fils d’Amphithémis – s’il s’agit bien de la même Tritonis – nommés Kephalion (Céphalion) et Nasamon qui furent les rois fondateurs de deux tribus libyennes.

Tritonis semble être étroitement liée aux Timeoroi Libyes (Esprits gardiens de Libye) qui, selon certains, étaient les nourrices de la jeune Athéna. Elle a peut-être aussi été identifiée à Benthesikyme, une nymphe marine d’Afrique du Nord qui, comme Tritonis, était mariée à un dieu marin local (Enalos) et avait deux filles. Elle ressemble également à Polyphe l’Océanis, mère d’Athéna par Poséidon, et à la déesse Amphitrite .

Hérodote lui donne 2 300 km2 et rapporte qu’il était alimenté par le fleuve Triton2. On retrouve également une mention du lac dans l’épopée des Argonautiques, écrite par le poète Apollonios de Rhodes4. Selon l’Énéide5 entre autres, Athéna serait née sur ses bords, sortant du crâne de son père Zeus (ayant avalé sa mère, Métis) fendu par Héphaïstos (père d’Ethiops ancêtres des éthiopiens-africains), d’où le surnom de « Tritonide » ou de « Tritogénie » qu’elle porte parfois.

Hérodote Livre 2 Ch. CXLVI. De ces deux sentiments chacun est libre d’adopter celui qui lui paraîtra le plus vraisemblable ; je me contente d’exposer le mien. Si ces dieux avaient été connus en Grèce, et s’ils y avaient vieilli, tels qu’Hercule, fils d’Amphitryon, Bacchus, fils de Sémélé, et Pan, fils de Pénélope, ou pourrait dire aussi, quoiqu’ils ne fussent que des hommes, qu’ils étaient en possession des noms des dieux nés dans les siècles précédents. Les Grecs assurent que, aussitôt que Bacchus fut né, Zeus le cousit dans sa cuisse et le porta à Nyse (Kano au Nigéria), ville d’Éthiopie, au-dessus de l’Égypte. A l’égard de Pan,…

Diodore BH Livre III

LXVII. Conformément au récit de Dionysius (Denys de Millet V av EC), Linus inventa le premier, chez les Grecs, le rythme et la mélodie ; de plus, après que Cadmus eut apporté de la Phénicie les lettres, Linus les appliqua le premier à la langue grecque, donna à chacune son nom, et fixa leur forme. Ses lettres furent appelées, d’une dénomination générale, phéniciennes, parce qu’elles avaient été apportées de la Phénicie en Grèce ; elles portaient plus particulièrement le nom de pélasgiennes, parce que les Pélasgiens se sont les premiers servis de ces caractères transportés (91). Linus, admiré pour sa poésie et son chant (92), eut un grand nombre de disciples, dont trois très célèbres, Hercule, Thamyris et Orphée. D’une intelligence lente, Hercule ne fit point de progrès dans l’art de jouer de la lyre, qu’il apprenait ; son maître s’avisa alors de le frapper. Hercule, transporté de colère, tua Linus d’un coup de sa lyre. Thamyris avait des dispositions plus heureuses. Il se livra à la musique ; mais la perfection où il parvint lui inspira la prétention de mieux chanter que les Muses. Ces déesses, irritées, le privèrent de son talent pour la musique, et lui ôtèrent la vue, ainsi qu’Homère le témoigne, lorsqu’il dit : 250 «C’est ici que les Muses, irritées, firent taire le chant de Thamyris le Thrace (93)». Il dit encore : «Les déesses, irritées, l’aveuglèrent. Elles le privèrent de sa voix et lui firent perdre la mémoire du jeu de la lyre». Quant à Orphée, troisième disciple de Linus, nous en parlerons en détail, en racontant les aventures de sa vie. On rapporte que Linus (94) écrivit en lettres pélasgiennes l’histoire du premier Bacchus, et plusieurs autres mythes, qu’il a laissés dans ses commentaires. Orphée et Pronapidès (95) maître d’Homère, doués l’un et l’autre de grands talents pour la composition du chant, se sont également servis des lettres pélasgiennes. Enfin Thymoetès, fils de Thymoetès, descendant de Laomédon, qui vivait du temps d’Orphée, parcourut une grande partie du monde, et arriva vers les côtes occidentales (espéran ἑσπέραν) de la Libye (Afrique de l’Ouest) ; il y vit la ville de Nyse, où, selon la tradition des habitants, fut élevé Bacchus. Les Nyséens lui apprirent en détail l’histoire de ce dieu. Thymoetès composa ensuite un poème surnommé Phrygien, écrit en langue et en caractères antiques.

LXVIII. Histoire Africaine d’osiris

Selon le récit de cet écrivain, Ammon, roi de la partie Libyenne du haut (toú mérous tís Livýis Ouranoú, Carte d’Afrique avec Sud en Haut), épousa Rhéa, soeur de Saturne et des autres Titans. En visitant son royaume, Ammon trouva, près des monts Cérauniens, une fille singulièrement belle, qui s’appelait Amalthée. Il en devint amoureux, et en eut un enfant d’une beauté et d’une force admirables. Il donna à Amalthée la souveraineté de la contrée voisine, dont la configuration rappelle la corne d’un boeuf, et qu’on appelait la corne d’Hespérus  (96) (la région de Dakar au Sénégal). Cette contrée, en raison de la fertilité de son sol, produit non seulement beaucoup de vignes, mais encore toutes sortes d’arbres fruitiers. Amalthée prit donc le gouvernement de cette  251 contrée, à laquelle elle laissa le nom de corne d’Amalthée, et on a depuis lors appelé Amalthées tous les pays fertiles. Craignant la jalousie de Rhéa, Ammon cacha avec soin cet enfant, et le fit transporter secrètement dans la ville de Nyse (La ville de Kano), qui était fort éloignée de là. Cette ville est située dans une île environnée par le fleuve Triton (bassin du Lac Tchad); elle est très escarpée, et l’on ne peut y entrer que par un passage étroit qu’on nomme les portes Nyséennes. L’île est formée d’une terre très fertile, garnie de prairies charmantes, de jardins cultivés, et arrosée de sources abondantes ; elle est couverte d’arbres fruitiers de toute espèce, et de vignes sauvages, la plupart sous forme d’arbrisseaux. Toute cette région est bien exposée aux vents et extrêmement saine ; aussi ceux qui l’habitent vivent-ils beaucoup plus longtemps que leurs voisins. L’entrée de cette île se présente d’abord sous la forme d’une vallée, ombragée d’arbres élevés et touffus, qui laissent à peine y pénétrer un faible rayon du soleil.

Appolonius Argonautes IV

… Toi seul, malheureux Canthus, tu trouvas la mort au milieu de la Libye, car tandis que tu songeais à pourvoir aux besoins de tes compagnons en leur conduisant un troupeau qui se rencontra sur ton chemin, le pasteur accourant au secours te lança une pierre qui t’ôta la vie. Le coup partait d’une main illustre, et Caphaurus ne le cédait point à Cauthus puisqu’il était fils d’Apollon et d’Acacallis. Minos, père de cette princesse, la fit transporter en Libye dans le temps qu’elle était encore enceinte. L’enfant qu’elle mit au monde, Amphithemis, appelé aussi Garamante, eut de la Nymphe Tritonis, Nasamon et le vaillant Caphaurus qui, après avoir tué Canthus, ne put échapper lui-même à la vengeance des Argonautes. Ils ensevelirent leur compagnon et emmenèrent avec eux le troupeau. …

Institution du culte des ancetres par Osiris

Diodore Livre 1 Section I

XXXVII. Origine du temple de l’oracle d’Hammon.

On dit qu’avant le combat, les Africains assurèrent à Bacchus (Osiris ou Dionysos en grec) que, dans le temps qu’Hammon (Ham dans la bible) fut chassé de son royaume, il avait prédit que son fils ayant recouvré les états de son père et étendu sa domination par toute la terre, serait mis enfin au rang des dieux. Bacchus ajoutant foi à cette prédiction bâtit une ville et un temple à son père. Il l’adora comme un dieu et établit des prêtres qui devaient rendre ses oracles. La statue d’Hammon qu’on plaça dans ce temple avait une tête de bélier, parce que ce prince portait au combat un casque orné de cette figure. Quelques‑uns prétendent cependant qu’il avait naturellement deux cornes à la tête et que son fils Bacchus lui ressemblait en cela. Bacchus fut le premier qui consulta l’oracle de son père sur ses entreprises. On dit que son père lui prédit qu’il acquerrait l’immortalité par ses bienfaits envers les hommes. …

Diodore Livre 1 Section I

Ch. VIII. Osiris, Isis, et Mercure.

Du mariage de ces deux derniers naquirent cinq dieux dont la naissance tomba dans chacun des cinq jours intercalaires de l’année des Égyptiens. Ces dieux font Osiris, Isis, Typhon, Apollon et Vénus. Osiris a été appelé Dionysos et Isis Déméter ou Cérès. Osiris ayant épousé Isis et succédé au trône de son père fit plusieurs choses utiles à la société humaine. Il abolit la coutume exécrable qu’avaient les hommes de se manger les uns les autres, et établit à sa place la culture des fruits. Isis de son côté leur donna l’usage du froment et de l’orge qui croissent auparavant dans les champs comme des plantes inconnues et négligées. Leurs sujets furent charmés de ce changement et par la douceur qu’ils trouvèrent dans cette nouvelle nourriture et par l’horreur qu’ils conçurent eux-mêmes de l’ancienne. Pour autoriser cette origine on rapporte une pratique dont les Égyptiens se sont fait une loi : Dans le temps de la moisson ceux qui recueillent les premiers blés en mettent debout une gerbe autour de laquelle ils pleurent en invoquant Isis et célèbrent ainsi la mémoire de sa découverte dans le temps le plus convenable. Outre cela il y a quelques villes où dans les fêtes d’Isis on porte des épis de blé en reconnaissance du grand bienfait dont on le croit redevable à cette déesse. On dit de plus qu’Isis a donné les premières lois aux hommes et leur a enseigné à se rendre justice les uns aux autres, et à bannir d’entre eux la violence par la crainte du châtiment. C’est pour cela que les Grecs ont nommé Cérès Thesmophore ou Législatrice. Suivant les mêmes auteurs Osiris bâtit dans la Thébaïde d’Égypte une ville à cent portes qu’il appela du nom de Junon sa mère, mais que ses descendants ont nommée Diospolis ou ville de Zeus connue aussi sous le nom de Thèbes. Au reste l’origine de cette ville est incertaine non seulement dans les auteurs, mais encore parmi les prêtres d’Égypte, car plusieurs d’entre eux soutiennent que Thèbes a été bâtie, non par Osiris, mais plusieurs années après lui, par un roi dont nous raconterons les actions en leur lieu. Osiris éleva un temple merveilleux par sa grandeur et par sa somptuosité à Zeus et à Junon qu’il regardait comme ses ancêtres. Il en dédia deux autres tous d’or sous le nom de Zeus mais le plus grand était consacré au dieu Zeus et le plus petit à son propre père qui se nommait de même mais qui fut surnommé Ammon. Il bâtit des temples de même matière aux autres dieux dont nous avons parlé plus haut ; il régla leur culte et établit des prêtres pour le maintenir. Outre cela Osiris et Isis ont chéri et protégé les inventeurs des arts et des autres choses utiles à la vie. C’est pour cela que la fabrique de l’or et de l’argent ayant été trouvée dans la Thébaïde, on en fit des armes pour exterminer les bêtes féroces, des instruments pour travailler la terre et, la nation se polissant de plus en plus, des statues et des temples entiers dignes des dieux auxquels on les dédiait. Osiris aima aussi l’agriculture comme ayant été élevé à Nysa ville de l’Arabie heureuse et voisine de l’Égypte où cet art était en honneur. C’est du nom de Zeus son père joint à celui de cette ville que les Grecs ont fait Dionysyus qui est chez eux le nom d’Osiris. Le poète fait mention de Nysa dans un de ses hymnes, où il dit :

« Nysa assise sur une colline verdoyante, loin de la Phénicie et près des fleuves de l’Égypte. »

« Assise entre les bois qui couvrent la montagne, »

X. Osiris passe jusqu’aux Indes d’où il revient en Asie et même en Europe, selon quelques-uns.

Osiris étant arrivé aux confins de l’Éthiopie fit border le Nil de part et d’autre de puissantes digues, afin que dans ses crues il ne ravageât plus les campagnes et qu’il ne s’étendit pour les arroser dans le besoin qu’à proportion qu’on ouvrirait les écluses qu’il avait fait faire avec beaucoup d’art. Il traversa ensuite l’Arabie le long de la mer Rouge et continua sa route jusqu’aux Indes et aux extrémités de la terre. Il bâtit dans les Indes de grandes villes et entre autres Nysa, à laquelle il donna ce nom en mémoire de la ville d’Égypte où est élévé. …

DIODORE DE SICILE, BIBLIOTHÈQUE HISTORIQUE ; TOME PREMIER : LIVRE I

Traduction française : FERD. HOEFER

XIX. Il arriva alors que le Nil, au lever du Sirius (époque de la crue), rompit ses digues et inonda toute l’Égypte et particulièrement la partie dont Prométhée était gouverneur. Peu d’habitants échappèrent à ce déluge. Prométhée faillit se tuer de désespoir. L’impétuosité et la force du fleuve lui fit donner le nom d’aigle. Mais Hercule, entreprenant et hardi, répara les digues rompues et fit rentrer le fleuve dans son lit. C’est ce qui explique le mythe grec d’après lequel Hercule tua l’aigle qui rongeait le foie de Prométhée. Le nom le plus ancien de ce fleuve est Okéanés qui signifie en grec Océan. Depuis cette inondation, on l’avait appelé Aëtos (Aigle) ; ensuite Aeyptus (20) du nom d’un roi du pays. C’est ce que confirme le poète qui dit : « Je mis à l’ancre les légers navires dans le fleuve Aegyptus. (21)» Car ce fleuve se jette dans la mer près du lieu appelé Thonis, ancien entrepôt de l’Égypte. Enfin il a reçu du roi Niléus le nom de Nil qu’il garde encore aujourd’hui.

Arrivé aux confins de l’Éthiopie Orientale (le Soudan), Osiris fit border le Nil de digues, afin que ses eaux n’inondassent plus le pays au delà de ce qui est utile, et qu’au moyen d’écluses on pût en faire écouler la quantité nécessaire au sol. Il traversa ensuite l’Arabie le long de la mer Rouge (22), et continua sa route jusqu’aux Indes et aux limites de la terre. Il fonda dans l’inde un grand nombre de villes, et entre autres Nysa, ainsi appelée en mémoire de la ville d’Égypte où il avait été élevé. Il y planta le lierre, qui ne croît encore aujourd’hui dans les Indes que dans ce seul endroit. Enfin il laissa encore d’autres marques de son passage dans cette contrée ; c’est ce qui a fait dire aux descendants de ces Indiens, qu’Osiris est originaire de leur pays.

XIX. Iles du Nil. Méroé. Le Delta, les bouches du Nil. Le canal le communication de la Méditerranée au golfe Arabique. Diverses plantes du fleuve.

LE NIL embrasse plusieurs îles surtout dans l’Éthiopie : mais la plus grande de toutes est celle où Cambyse bâtit une ville fameuse à laquelle il donna le nom de sa mère Meroé, lequel est demeuré à toute l’île : outre sa capitale elle enferme plusieurs autres villes considérables. L’île entière a la forme d’un bouclier et l’on dit que sa largeur est de mille stades et sa longueur de trois mille. Elle est défendue du côté de la Libye par des sables immenses et du coté de l’Arabie par des rivages inaccessibles. On y trouve des mines d’or, d’argent, de fer et de cuivre, une grande abondance de bois d’ébène et toutes sortes de pierres rares et précieuses. Le nombre des îles du Nil est presque incroyable ; car on en compte plus de sept cents, outre celles qui composent le Delta. Les Éthiopiens en ayant desséché plusieurs y sèment du millet et quelques autres petits grains. Mais il y en a dont les serpents à tête de chien et d’autres monstres interdisent l’entrée aux hommes. Le Nil se partageant dans l’Égypte, et sur la fin de son cours en plusieurs canaux forme le Delta, lieu ainsi nommé de la lettre grecque qu’il représente par sa figure. Deux grands bras du Nil en font les côtés et la mer où il se jette par sept bouches en fait la base. 

Osiris vient de Nyse en Ethiopie Hespérienne (Afrique de l’Ouest) : Denys de Millet dans Diodore Livre 3 Tome 1 er Ch.

XXXV. Opinion particulière des Africains occidentaux qui croient aussi que Dionysos (Osiris) est né chez eux dans une autre ville de Nyse dont l’auteur décrit la situation. (Athéna est Africaine).

Je n’ignore pas que les Africains (Libyens) qui habitent les côtes de l’océan soutiennent aussi que Bacchus est né parmi eux. Ils prétendent que tous les exploits qu’on raconte de ce dieu se sont faits dans leur pays. Ils ont même une ville appelée Nyse, à laquelle ils appliquent l’histoire de la naissance de Bacchus. Plusieurs anciens mythologistes ou poètes de la Grèce et même quelques écrivains plus récents ont été de cet avis. C’est pourquoi, afin de ne rien omettre de ce qui concerne Bacchus, nous rapporterons en peu de mots ce que les Africains en disent conformément à ce qu’en ont écrit les Grecs et surtout Dionysius qui nous a conservé l’ancienne mythologie. Cet auteur traite de Bacchus, des Amazones et des Argonautes, de la guerre de Troie et de plusieurs autres particularités. Il avait aussi ramassé dans son livre les témoignages des anciens poètes et mythologistes. Il dit que Linus fut le premier d’entre les Grecs qui inventa les vers et la musique, comme Cadmus a introduit le premier dans la langue grecque les lettres qui n’étaient connues que des Phéniciens. Il leur donna leurs noms et forma les caractères dont on s’est servi depuis. On appela ces lettres phéniciennes parce qu’elles avaient été apportées de Phénicie en Grèce et ensuite pélagiennes parce que les Pélagiens sont les premiers chez qui elles aient été en usage. Linus, dit‑il, homme admirable pour la poésie et pour la musique eut plusieurs disciples, et trois entre autres qui ont été très célèbres, savoir Hercule, Thamyris et Orphée. Hercule apprenait à jouer de la lyre, mais comme il n’avançait point à cause de la pesanteur de son esprit, son maître s’avisa de le frapper ; Hercule en colère se leva et tua Linus d’un coup de son instrument. Thamyris avait de plus heureuses dispositions. Il s’exerça à la musique, mais la perfection où il parvint lui inspira la vanité de se mettre au‑dessus des Muses mêmes. Ces déesses jalouses lui ôtèrent la vue avec la voix, ainsi qu’Homère le témoigne lorsqu’il dit :

C’est ici que les Muses

Au Thrace Thamyris firent perdre la voix.

Et ensuite :

Dans ce combat fatal, irritant tous les dieux ,

Il perdit et le prix, et la voix et les yeux.

Pour Orphée, troisième disciple de Linus, nous en parlerons assez au long en racontant les autres aventures de sa vie. On dit que Linus écrivit en lettres pélagiennes les actions du premier Bacchus et qu’il avait laissé dans ses commentaires plusieurs autres fables. On prétend que c’est des caractères pélagiens que se sont servis Orphée, Pronapidès, précepteur d’Homère, excellent musicien, et Thymoetès, fils d’un Lacédémonien de même nom qui vivait du temps d’Orphée. Thymoetès voyagea en diverses parties du monde, et enfin, étant arrivé vers les côtes occidentales de l’Afrique (Afrique de l’Ouest), il y vit la ville de Nyse dont les habitants disent qu’ils ont élevé Bacchus. Les Nyséens lui apprirent une grande partie des actions de ce dieu qu’il rédigea par écrit dans un poème intitulé la Phrygie, ouvrage recommandable par l’ancienneté de son dialecte et de son écriture. Il rapporte entre autres choses qu’Hammon (Ham ou Cham) roi de la partie africaine (Libyenne) du Ciel, épousa Rhéa, soeur de Saturne et des autres Titans. Ce prince visitant son royaume trouva dans les plaines voisines des monts Cérauniens une fille singulièrement belle qui s’appelait Amalthée. En étant devenu amoureux, il en eut un enfant d’une beauté et d’une force admirables. Il laissa ensuite à Amalthée le gouvernement de cette province qui avait la figure d’une corne de bœuf (la région de Dakar) et qu’on appelait pour cette raison la corne hespérienne (Dakar au Sénégal). Cette contrée est très fertile et produit non seulement des vignes mais aussi toutes sortes d’arbres fruitiers. Amalthée ayant pris en main le gouvernement de cette province, lui donna le nom de corne d’Amalthée, on a depuis appelé de ce même nom tous les pays fertiles. Cependant Ammon craignant la jalousie de sa femme Rhéa, cacha avec soin cet enfant et le fit élever secrètement dans la ville de Nyse (Kano ou civilisation Nok du Bénin au Nigéria) qui était fort éloignée de son royaume. Cette ville est située dans une île formée par le fleuve Triton ; elle est prodigieusement escarpée de tous les côtés et l’on ne peut y entrer que par un passage étroit qu’on nomme les portes Nyséennes. L’île est très abondante, il y a d’agréables prairies et des jardins délicieux arrosés d’eaux vives. Elle est couverte d’arbres de toute espèce et de vignes qui viennent d’elles‑mêmes. Il y règne un vent frais qui la rend extrêmement saine ; aussi ceux qui l’habitent vivent beaucoup plus longtemps qu’aucun de leurs voisins. On trouve d’abord une vallée étroite, remplie de grands arbres si touffus qu’ils ne laissent aucun passage aux rayons du soleil et l’on ne s’y conduit que par un faux jour. Cette vallée est entrecoupée par des sources d’une eau excellente et qui invite les passants à s’arrêter dans ce lieu‑là. On trouve ensuite une caverne de forme ronde d’une beauté et d’une grandeur extraordinaire. Elle est couverte d’une voûte naturelle fort élevée dont les pierres brillent des couleurs les plus éclatantes, comme le pourpre, le bleu et autres semblables. Chaque pierre a la sienne et l’on ne saurait en imaginer aucune qui ne s’y rencontre. A l’entrée de cette caverne, il y a de grands arbres dont les uns portent des fruits, les autres sont stériles, mais toujours verts et semblent n’avoir été produits par la nature que pour le plaisir de la vie. Ces arbres cachent les nids de quantité d’oiseaux remarquables par la rareté de leur plumage et par la douceur de leur chant dont l’agréable mélange surpasse l’art et les accords de la musique humaine. Plus avant, la caverne est entièrement découverte et reçoit les rayons du soleil. Il y croît une infinité d’espèces de plantes mais surtout la cannelle et plusieurs autres dont l’odeur ne se perd jamais. C’est dans cet antre que sont les lits des Nymphes, formés de toutes fortes de fleurs non par la main des hommes mais par la nature. Il est impossible de voir dans cette île une fleur flétrie ou une feuille tombée. C’est pourquoi, outre le plaisir de la vue, on a toute l’année celui de l’odorat. Ce fut dans cet antre qu’Ammon envoya son fils, il le donna à nourrir à Nyse fille d’Aristée. Et il établit pour son gouverneur Aristée même, homme recommandable par son esprit, par sa sagesse et par toute sorte de connaissances. Afin qu’il fût plus en sûreté contre les entreprises de Rhéa sa marâtre, Ammon le recommanda à Athéna qui était alors fort jeune. Elle était fille du fleuve Triton et fut pour cette raison appelée Tritonide. On dit que cette déesse fit voeu de garder une virginité perpétuelle et qu’avec beaucoup de sagesse, elle avait l’esprit si industrieux qu’elle inventa plusieurs sortes d’arts. Comme elle était de plus très courageuse elle s’adonna aussi au métier des armes et elle fit plusieurs actions mémorables. Elle tua l’Egide qui était un monstre horrible et tout à fait indomptable. II était sorti de la terre et sa gueule vomissait une épouvantable quantité de flammes. II parut d’abord dans la Phrygie et il brûla toute la partie de ce pays qui a tiré son nom de ce désastre. Il alla ensuite vers le mont Taurus et il réduisit en cendres tous les bois qui se trouvèrent entre cette montagne et les Indes. Retournant du côté de la mer, il entra dans la Phénicie et mit en feu la forêt du Liban. Ayant ensuite parcouru l’Égypte et traversé l’Afrique, il se rabattit du côté de l’occident ; enfin, il s’arrêta vers les monts Cérauniens sur lesquels il fit le même ravage. Ayant désolé toute cette contrée, il s’attaqua aux habitants mêmes dont il fit périr les uns et effraya tellement les autres qu’ils abandonnèrent leur patrie et s’enfuirent en des pays éloignés. Mais Athéna qui surpassait le commun des hommes en prudence et en courage tua enfin ce montre. Elle porta toujours depuis la peau de l’Égide sur sa poitrine comme une arme défensive et comme une marque de sa valeur et de sa victoire. La Terre, mère de ce monstre, irritée de sa mort, enfanta les Géants qui furent enfin vaincus par Jupiter avec l’aide de Athéna, de Bacchus et des autres dieux.

XXXVI. Exploits et bienfaits de Bacchus fils d’Ammon selon les Africains.

Dionysos (Osiris) ayant été nourri à Nyse et instruit dans toutes sortes de sciences, était non seulement d’une force et d’une beauté plus qu’humaines, mais il communiqua aux hommes plusieurs inventions. Dans son enfance, il découvrit la nature du vin et son utilité en s’amusant à écraser des raisins qui croissent naturellement à Nyse. Il remarqua aussi qu’on pouvait faire sécher les raisins mûrs et les garder pour le besoin, et il rechercha avec attention quel terroir convenait à chaque plante. Il résolut de faire part aux hommes de ces découvertes, persuadé qu’il était qu’en reconnaissance d’un si grand bienfait, ils lui rendraient des honneurs divins. Ses vertus et sa réputation étant venues à la connaissance de Rhéa, sa belle‑mère, cette femme en conçut de la haine contre Ammon et elle résolut de se saisir de Dionysos. Mais n’en pouvant venir à bout, elle se sépara d’avec son mari. Étant retournée chez les Titans ses frères, elle épousa un d’entre eux appelé Saturne. Celui‑ci, à la persuasion de sa femme, déclara la guerre à Ammon et le vainquit en bataille rangée (Juges 3v13, 10v6, 11v14-24). Ammon pressé par la famine fut obligé de se retirer en Crète. Là, il prit pour femme Crète, l’une des soeurs des Curètes qui en étaient alors souverains et il fut reconnu roi de cette île. Elle se nommait avant lui l’île d’Idée, mais il voulut qu’on l’appelât l’île de Crète du nom de sa femme. Cependant Saturne s’étant emparé des pays qui appartiennent à Hammon (Ham ou Cham), traitait ses sujets durement. Il alla ensuite à Nyse attaquer Dionysos avec une grande armée. Mais Dyonysos ayant appris la défaite de son père et sachant que les Titans venaient le combattre, leva une armée dans Nyse. Elle était composée surtout de deux cents hommes qui ayant été nourris avec le jeune prince, lui portaient une véritable affection et qui de plus étaient d’un courage extraordinaire. Outre cela, il appela des contrées voisines les Africains et les Amazones, ces femmes célèbres dont nous avons parlé assez au long. On dit qu’elles furent portées à cette guerre par les avis d’Athéna qui avait choisi le même genre de vie et qui avait embrassé comme elles la virginité et le métier des armes. Dionysos (Osiris) s’étant mis à la tête des hommes et Athéna à la tête des femmes, ils tombèrent tous ensemble sur l’armée des Titans. Le combat fut sanglant, et il y eut un grand carnage de part et d’autre. Mais enfin, Saturne fut blessé et Bacchus (Dionysos) gagna la bataille. Les Titans s’enfuirent dans les pays qu’ils avaient conquis sur Ammon. Bacchus s’en retourna à Nyse avec un grand nombre de prisonniers. Peu après, les ayant fait assembler et entourer par ses soldats, il rappela hautement devant eux tous les crimes des Titans et donna lieu à ces captifs de croire qu’il les allait tous condamner à la mort ; mais il leur fit grâce, et leur laissa la liberté de s’en retourner ou de l’accompagner à la guerre. Ils s’attachèrent tous à lui et en reconnaissance de ce qu’il les avait épargnés contre leur attente, ils l’adorèrent comme un dieu. Ensuite, Bacchus les ayant appelés l’un après l’autre et leur ayant donné du vin, il les fit jurer qu’ils le serviraient fidèlement contre les Titans et qu’ils combattraient pour lui jusqu’à la fin de leur vie. Comme ces soldats furent nommés hypospondes, c’est‑à‑dire, qui se sont engagés par des libations, les descendants de Bacchus appelèrent spondes ou libations, les traités conclus avec l’ennemi. Bacchus ayant fait sortir ses troupes de la ville de Nyse dans le dessein d’aller combattre Saturne, on dit qu’Aristée, son gouverneur, lui offrit un sacrifice et que ce fut lui qui donna à son égard le premier exemple de cet honneur excessif. On raconte aussi que Bacchus mit dans son armée les Silènes qui étaient les plus nobles des Nyséens, car le premier roi de cette ville fut Silène, dont l’origine nous est inconnue à cause de son ancienneté. Il avait une queue au bas du dos et ses descendants participant de sa nature en avaient tous comme lui. Bacchus ayant traversé à la tête de ses troupes plusieurs pays qui manquaient absolument d’eau et quantité d’autres qui étaient déserts et incultes, assiégea enfin Zabirne ville d’Afrique. Il tua devant cette place un monstre né de la terre qui s’appelait Campé et qui avait dévoré beaucoup d’habitants. Cet exploit le mit en grande réputation parmi eux. Voulant en laisser la mémoire dans le pays, il fit élever sur le corps de cette bête un grand tertre, et il n’y a pas longtemps que ce monument subsistait encore. Bacchus alla ensuite à la rencontre des Titans. Il eut soin que son armée ne commît aucun désordre dans sa marche et il se montra doux et affable à tout le monde. Il déclara même qu’il n’avait entrepris cette expédition que dans le dessein de punir les méchants et de répandre ses bienfaits sur le genre humain. Les Africains admirant la discipline qu’il maintenait parmi ses soldats et charmés de sa magnanimité, fournirent abondamment des vivres à son armée et le suivirent avec joie. Cependant, les troupes de Bacchus approchant toujours de la ville des Ammoniens, Saturne livra bataille devant cette place, mais ayant eu le dessous, il commanda qu’on y mît le feu pendant la nuit dans le dessein de détruire entièrement la maison paternelle de Bacchus. Ensuite, emmenant avec lui Rhéa, sa femme, et quelques‑uns de ses amis, il abandonna la ville et s’enfuit. Ce fut alors que Dionysos (Osiris) fit voir qu’il agissait par des principes fort différents de ceux de ses ennemis, car ayant fait prisonniers peu de temps après Saturne et Rhéa, non seulement il leur pardonna à cause de la parenté qui était entre eux, mais il les pria même de vouloir le regarder comme leur fils et même d’accepter les marques d’honneur et d’attachement qu’il avait dessein de leur donner. Rhéa l’aima toute sa vie comme s’il eût été son fils, mais Saturne ne lui pardonna jamais sincèrement. Dans ce temps‑là, Saturne eut un fils appelé Jupiter à qui Bacchus porta toujours beaucoup de respect et qui enfin devint le maître du monde par sa vertu.

XXXVII. Origine du temple de l’oracle d’Ammon.

On dit qu’avant le combat, les Africains assurèrent à Bacchus que, dans le temps qu’Ammon fut chassé de son royaume, il avait prédit que son fils ayant recouvré les états de son père et étendu sa domination par toute la terre, serait mis enfin au rang des dieux. Bacchus ajoutant foi à cette prédiction bâtit une ville et un temple à son père. Il l’adora comme un dieu et établit des prêtres qui devaient rendre ses oracles. La statue d’Ammon qu’on plaça dans ce temple avait une tête de bélier, parce que ce prince portait au combat un casque orné de cette figure. Quelques‑uns prétendent cependant qu’il avait naturellement deux cornes à la tête et que son fils Bacchus lui ressemblait en cela. Bacchus fut le premier qui consulta l’oracle de son père sur ses entreprises. On dit que son père lui prédit qu’il acquerrait l’immortalité par ses bienfaits envers les hommes. Cette réponse lui ayant élevé le coeur, il entra d’abord avec son armée dans l’Égypte. Il y établit pour roi Jupiter fils de Saturne et de Rhéa et lui donna Olympe pour gouverneur. Jupiter ayant appris sous celui‑ci la vertu et les belles‑lettres en fut surnommé Olympien. Bacchus enseigna aux Égyptiens la culture de la vigne et de tous les fruits comme il l’avait enseignée aux autres nations. Sa réputation s’étant répandue partout, aucun peuple n’osa lui résister, mais ils se soumirent tous à lui volontairement et lui offrirent des sacrifices. Il parcourut ainsi toute la terre plantant des vignes dans toutes les provinces et comblant tous les hommes de bienfaits. Il reçut de tous les mêmes actions de grâces et les mêmes honneurs. En effet, les divers peuples ont des opinions différentes sur le sujet des dieux et des héros mis au rang des dieux, mais ils conviennent tous de l’immortalité de Bacchus parce qu’il a répandu également ses bienfaits sur les Grecs et sur les barbares. Il a même enseigné à ceux qui habitent des contrées sauvages et peu propres à la vigne, à faire un breuvage d’orge qui n’est guère moins agréable que le vin. Bacchus après avoir porté ses armes jusque dans les Indes revint promptement du côté de la Méditerranée, car les Titans ayant ramassé leurs forces étaient venus dans l’île de Crète pour attaquer Ammon. Jupiter envoya des soldats égyptiens au secours de ce prince, et la guerre s’allumant de plus en plus dans cette île, Bacchus, Athéna et quelques autres dieux y accoururent. Il se donna là une grande bataille qui fut gagnée par le parti de Bacchus et où tous les Titans furent tués. Cependant, Ammon et Bacchus ayant passé de cette vie humaine au séjour des dieux, Jupiter régna sur tout le monde d’autant plus que la destruction des Titans l’avait délivré des seuls ennemis qui eussent osé lui en disputer l’empire. Voilà les actions que les Libyens attribuent au premier Bacchus (Osiris ou Dionysos) fils d’Ammon et d’Amalthée. Ils disent que le second fut fils de Jupiter et d’Io, fille d’Inachus, qu’il fut roi d’Égypte et qu’il enseigna aux hommes les sacrés mystères. Selon eux, le troisième naquit en Grèce de Jupiter et de Sémélé. Celui‑ci fut zélé imitateur des vertus des deux premiers. Il parcourut toute la terre à la tête d’une armée et il marqua les endroits où il termina ses différentes expéditions par plusieurs colonnes. Mais de plus il défricha quantité de pays incultes. A l’exemple du premier Bacchus qui s’était servi des Amazones, celui‑ci mena aussi des femmes avec lui. Il travailla beaucoup sur les mystères sacrés dont il perfectionna quelques parties et institua lui‑même quelques autres. Ce dernier Bacchus recueillit pour ainsi dire la gloire des deux premiers que le temps avait effacés de la mémoire des hommes. Cela est arrivé non seulement à l’égard de Bacchus, mais encore à l’égard d’Hercule. Car ce nom a été d’abord porté par deux hommes dont le plus ancien naquit en Égypte et dressa une colonne dans l’Afrique après avoir soumis à sa puissance la plus grande partie de la terre. Le second était de l’île de Crète et il fut un des Dactyles Idéens. Il était devin et il commandait des armées ; ce fut lui qui institua les jeux olympiques. Mais il y en a eu un troisième peu de temps avant la guerre de Troie qui fut fils de Jupiter et d’Alcmène. Il parcourut presque toute la terre pour obéir aux ordres d’Eurysthée. Ayant réussi dans toutes ses entreprises, il éleva une colonne en Europe. La ressemblance de nom et de moeurs qui était entre ce dernier et les autres fut cause qu’on lui attribua les actions des deux premiers et qu’on ne fit qu’un seul des trois. Entre les autres preuves qu’on allégue pour démontrer qu’il y a eu plusieurs Bacchus, celle qu’on tire de la guerre ces Titans me semble la plus forte. Tout le monde avoue que Bacchus fut d’un grand secours à Jupiter dans cette guerre. Or il n’est pas raisonnable de placer la naissance des Titans dans le temps que vivait Sémélé et de dire Cadmus, fils d’Agénor, père de Sémélé, plus ancien que les dieux. Voilà tout ce que les Africains rapportent de leurs divinités. Nous finirons ici le troisième livre ayant entièrement rempli le plan que nous en avons donné au commencement de cet ouvrage.

XXXVI. Exploits et bienfaits de Bacchus fils d’Ammon selon les Libyens.

Bacchus ayant été nourri à Nyse et instruit dans toutes sortes de sciences, était non seulement d’une force et d’une beauté plus qu’humaines, mais il communiqua aux hommes plusieurs inventions. Dans son enfance, il découvrit la nature du vin et son utilité en s’amusant à écraser des raisins …

LIII. On rapporte qu’aux confins de la terre et à l’occident de la Libye habite une nation gouvernée par des femmes, dont les moeurs sont toutes différentes des nôtres.Selon la tradition, les Amazones habitaient une île appelée Hespéra, et située à l’occident, dans le lac Tritonis. Ce lac, qui est près de l’Océan, qui environne la terre, tire son nom du fleuve Triton, qui s’y jette. Le lac Tritonis se trouve dans le voisinage de l’Ethiopie (72) au pied de la plus haute montagne de ce pays-là, que les Grecs appellent Atlas, et qui touche à l’Océan. L’île Hespéra est assez spacieuse, et pleine d’arbres fruitiers de toutes espèces, qui fournissent aux besoins des habitants. Ces derniers se nourrissent aussi du lait et de la chair de leurs chèvres et de leurs brebis, dont ils entretiennent de grands troupeaux ; mais ils n’ont pas encore appris l’usage du blé. Entraînées par leurs instincts guerriers, les Amazones soumirent d’abord par leurs armes toutes les villes de cette île, excepté une seule nommée Méné, qu’on regardait comme sacrée. Cette ville était habitée par des Éthiopiens ichthyophages ; on y voyait des exhalaisons enflammées, et on y trouvait quantité de pierres précieuses, du genre de celles que les Grecs appellent escarboucles, sardoines et émeraudes. Après cela, les Amazones subjuguèrent dans les environs, beaucoup de tribus de Libyens nomades et bâtirent, dans le lac Tritonis, une ville qu’elles appelèrent Cherconèse (presqu’ile) d’après son aspect. …

LIX. Ramenée dans le palais du roi, elle fut d’abord reçue comme une vierge par le père et la mère. Sa faute ayant été ensuite découverte, le père fit tuer les bergères qui l’avaient nourrie ainsi qu’Attis, et laissa leurs corps sans sépulture. Transportée d’amour pour ce jeune homme et affligée du sort de ses nourrices, Cybèle devint folle ; elle parcourut le pays, les cheveux épars, en gémissant et en battant du tambour. Marsyas, saisi de commisération, se mit à la suivre volontairement, en souvenir de l’amitié qu’il lui avait autrefois portée. Ils arrivèrent ainsi ensemble chez Bacchus à Nyse, et ils y rencontrèrent Apollon, alors célèbre par le jeu de la cithare. On prétend que Mercure a été l’inventeur de cet instrument ; mais qu’Apollon est le premier qui s’en soit servi avec méthode. Marsyas étant entré en lutte avec Apollon pour l’art de la musique, ils choisirent les Nysiens pour juges. Apollon joua le premier sur la cithare, sans accompagnement de chant (80) ; mais Marsyas, prenant sa flûte, frappa davantage les auditeurs par la nouveau …

XXXI. Descendants d’Uranus et d’Atlas son fils.

Après la mort d’Hypérion, les enfants d’Uranus partagèrent le royaume entre eux. Les deux plus célèbres furent Atlas et Saturne. Les lieux maritimes étant échus par le sort à Atlas, ce prince donna son nom aux Atlantes ses sujets et à la plus haute montagne de son pays. On dit qu’il excellait dans l’astrologie et que ce fut lui qui représenta le monde par une sphère. C’est pour cette raison qu’on a prétendu qu’Atlas portait le monde sur ses épaules, cette fable faisant une allusion sensible à son invention. II eut plusieurs enfants, mais Hespérus se rendit le plus remarquable de tous par sa piété, par sa justice et par sa bonté. Celui‑ci étant monté au plus haut du mont Atlas pour observer les astres, fut subitement emporté par un vent impétueux et on ne l’a pas vu depuis. Le peuple, touché de son sort et se ressouvenant de ses vertus, lui décerna des honneurs divins et consacra son nom en le donnant à la plus brillante des planètes. Atlas fut aussi père de sept filles qui furent toutes appelées Atlantides mais dont les noms propres furent Maïa, Électre, Taygète, Astérope, Mérope, Alcyone et Célaeno. Elles furent aimées des plus célèbres d’entre les dieux et les héros et elles en eurent des enfants qui devinrent dans la suite aussi fameux que leurs pères et qui furent les chefs de bien des peuples. Maïa, l’aînée de toutes, eut de Jupiter un fils appelé Mercure, qui fut l’inventeur de plusieurs arts. Les autres Atlantides eurent aussi des enfants illustres. Car les uns donnèrent l’origine à plusieurs nations et les autres bâtirent des villes. C’est pourquoi non seulement quelques barbares mais même plusieurs Grecs font descendre leurs anciens héros des Atlantides. On dit qu’elles furent très intelligentes, et que c’est pour cette raison que les hommes les regardèrent comme déesses après leur mort, et les placèrent dans le ciel sous le nom de Pléiades. Les Atlantides furent aussi nommées Nymphes parce que dans leur pays on appellent ainsi toutes les femmes.

Diodore de Sicile (III, 53,6) raconte, d’après le mythographe Dionysos de Mytilène (iie avec J.-C), que les Éthiopiens Ichtyophages (“mangeurs de poisson”) habitaient la ville sacrée (hiéra) de Mēnē (ou Mēnēs) dans une île de l’Océan, au couchant du monde habité, nommée Hespéra. Cette île se trouvait elle-même dans le lac Tritonis. Il y a beaucoup à tirer de ce trait d’exocéanisme qui exile Meninx dans le lointain océan Atlantique par un rapprochement entre la disposition compliquée des lieux et les golfes gigognes du Périple d’Hannon (14 et 18).

Pline Livre VI

[18] D’après Agrippa, le pays entier des Éthiopiens avec la mer Rouge, a en long 2.170.000 pas; en large, avec l’Égypte supérieure, 1.298.000. Quelques uns ont détaillé ainsi la longueur : de Meroé à Sirbitum, une navigation de douze journées; de là aux Davelles, douze; des Davelles à l’océan Éthopique, six jours de marche; en somme la plupart des auteurs s’accordent à compter, de l’Océan à Méroé, 625.000 pas; de là à Syène il y a la distance que nous avons indiquée (VI, 35, 6). L’Éthiopie est orientée du levant d’hiver au couchant d’hiver; la partie qui est au midi a de vastes forêts ou l’ébène domine; dans son milieu, une haute montagne, penchée sur la mer, brûle de feux éternels; les Grecs l’ont appelée Théon ochéma (Char des dieux). De là, en quatre jours de navigation, on arrive au promontoire nommé Hesperion ceras (Corne occidentale), touchant à l’Afrique, près des Éthiopiens hespériens. Quelques-uns placent aussi dans ces parages des collines d’une médiocre hauteur, couvertes d’ombrages agréables, et séjour des Aegipans et des Satyres (V, 8).

2Ptolémée (Géogr. IV, 8,2, C. Müller, p. 789) signale sur les rives d’un grand golfe tourné vers l’océan Occidental, ou golfe Hespérien (Id., IV, 6,2, p. 733) ces Éthiopiens Ichtyophages, voisins septentrionaux des Hesperii* et donc de la Corne de l’Occident (Id., IV, 6,2, p. 734).

Athéna l’africaine de Tritonis

Denys de Millet dans Diodore Livre 3 Tome 1 er Ch XXXV montre que Dionysos et Athéna sont des divinités de l’Afrique de l’ouest ou Ethiopie hespérienne. Athéna était à la tete des amazones dans l’Armée d’Osiris. Une armée que Osiris a levé depuis l’Afrique occidentale pour aller vaincre le dieu démoniaque Saturne (Sabaoth ou Yahvéh dieu de la bible hébraique).

Selon l’Énéide[5] entre autres, Athéna serait née sur les bords de Tritonis, sortant du crâne de son père Zeus (ayant avalé sa mère, Métis) fendu par Héphaïstos, d’où le surnom de « Tritonide » ou de « Tritogénie » qu’elle porte parfois.

Virgile, Énéide [détail des éditions] [lire en ligne [archive]] (II, 170).

Pline Livre V :Chapitre X. [4] Tant d’îles en parsèment le lit, et quelques-unes si étendues, que, malgré sa course rapide, il ne lui faut pas moins de cinq jours pour les dépasser. A Méroé, la plus célèbre de ces îles, le bras gauche est appelé Astabores, c’est-à-dire, branche d’une eau tenant les ténèbres; le bras droit s’appelle Astusapes, mot qui emporte l’idée d’eau cachée. Il n’est pas le Nil avant d’avoir réuni dans un seul lit ses eaux réconciliées; et même il porte encore, pendant quelques milles au-dessous comme au-dessus, le nom de Siris. Homère a donné au fleuve entier le nom d’Égyptus (Od. IV, 477) ; d’autres, celui de Triton. De là il se heurte contre des îles qui semblent l’irriter dans sa marche; enfin, resserré par les montagnes, il n’est nulle part plus torrentueux; il roule ses eaux impétueuses jusqu’au lieu d’Éthiopie qu’on appelle Catadupe; et dans cette dernière cataracte, au milieu des écueils qui l’arrêtent, il semble, non pas couler, mais se précipiter avec un horrible fracas:

Pline Livre Chapitre IV . [3] Au fond du golfe, sur la côte, furent jadis les Lotophages (XIII, 32), appelés par quelques-uns Alachroens, jusqu’aux autels des Philènes; ces autels sont en sable. De ce côté, et peu avant dans les terres, est un vaste marais qui reçoit le fleuve Triton et qui en porte le nom; il a été appelé Pallantias par Callimaque; on dit qu’il est placé en deçà de la petite Syrte, mais beaucoup le mettent entre les deux Syrtes. Le promontoire qui borne la grande Syrte s’appelle Borion; au delà est la province Cyrénaïque.

Il a été décrit par des historiens grecs tels Hérodote2 et Diodore de Sicile3, qui le placent en Libye (territoire des Libyens).

C’est en 1988 que les eurocentristes qui veulent transformer les berberes numides en libyens antique pour la première fois, vont déplacer triton qui est en Afrique Occidentale vers la région qui correspond au Sud tunisien selon Jean Peyras et Pol Trousset qui l’identifient au Chott el-Jérid1.

  1. Jean Peyras et Pol Trousset, « Le lac Tritonis et les noms anciens du chott el Jérid », Antiquités africaines, no 24,‎ 1988, p. 149-204 (lire en ligne [archive], consulté le 3 avril 2020).

L’avoeu des occidentaux meme les plus racistes des temps modernes

Les têtes d’Ife, chefs-d’œuvre de l’art nigérian

Il y a près de mille ans, les artisans d’Ife sculptaient des têtes en bronze et en terre cuite, dont le réalisme et la beauté continuent d’étonner et d’émerveiller.

https://www.nationalgeographic.fr/les-tetes-dife-chefs-doeuvre-de-lart-nigerian

DE ERIC GARCÍA

PUBLICATION 14 SEPT. 2021, 09:27 CEST

Tête d’Ooni en bronze, 12e-15e siècle. Musée national d’Ife, Nigéria.

PHOTOGRAPHIE DE ANDREA JEMOLOSCALAFLORENCE

Les Yoruba, peuple vivant au Nigeria, tient Ife pour une ville sacrée fondée par les dieux, et pour le berceau de l’humanité. Située à 215 kilomètres au nord-est de la ville nigériane de Lagos, Ife est le lieu où des archéologues ont découvert une série de sculptures qui ont révélé au monde la riche histoire de l’art de la culture yoruba.

En métal ou en terre cuite, les têtes d’Ife montrent un goût prononcé pour la symétrie. Certains visages sont ornés de lignes et de motifs, et des coiffures élaborées surmontent ces têtes majestueuses.

Quand il a observé pour la première fois ces œuvres d’art en 1910, l’ethnologue allemand Leo Frobenius ignorait tout de l’importance accordée aux visages dans la cosmologie yoruba. Bien qu’ancrées dans un profond racisme, ses théories sur les origines de ces têtes et la fascination qu’elles ont suscité chez lui a initié un changement dans la façon dont le monde occidental considérait les cultures africaines.

 

LIEU SACRÉ

Né dans une famille bourgeoise à Berlin en 1873, alors capitale du nouvel empire allemand, Frobenius passa son enfance et sa jeunesse à lire les chroniques d’explorateurs du 19e siècle, nourrissant sa fascination pour le continent africain. À partir de 1904, Frobenius voyagea en Afrique, rapportant de ses voyages des milliers d’objets culturels qu’il vendit aux musées allemands.

En 1910, il entama sa quatrième expédition, en passant par le territoire des Yoruba, alors contrôlé par le Nigeria britannique. Apparue il y a environ 1 000 ans, la culture yoruba a fleuri dans la région et ses habitants ont fondé de nombreux royaumes et villes. Aujourd’hui, les Yoruba constituent toujours l’un des plus grands groupes ethniques du Nigeria.

Frobenius a passé environ trois semaines dans la ville d’Ife. Fondée au 11e siècle, Ife était connue pour le savoir-faire de ses artisans. Frobenius connaissait la riche culture de la région au sens large, car en 1897, les Britanniques avaient rapporté du royaume du Bénin des bronzes élaborés.

Bien que la connaissance de la culture locale de Frobenius soit mince, il avait entendu parler d’une œuvre d’art à Ife qu’il croyait être dédiée au dieu Olokun, une divinité marine yoruba. Il demanda à la voir et fut escorté jusqu’à une palmeraie sacrée, où l’objet avait été rituellement enterré. On l’exhuma pour qu’il puisse l’inspecter.

Il le décrivit comme « une tête d’une beauté merveilleuse, merveilleusement coulée dans du bronze antique, fidèle à la réalité, incrustée d’une patine d’un vert foncé splendide ». Nommant la « tête d’Olokun », Frobenius a fait pression sur les locaux pour qu’ils le vendent, pour la somme de six livres sterling.

Photographiée en 1910, la tête d’Olokun a été perdue après que Leo Frobenius a été contraint de la rendre à Ife.

PHOTOGRAPHIE DE FROBENIUS INSTITUTE

La vente provoqua la consternation parmi les anciens Yoruba, et l’affaire remonta au sommet de l’administration britannique. Comme l’Allemagne était une puissance coloniale rivale en Afrique de l’Ouest, les activités de Frobenius attirèrent l’attention. Il fut contraint de rendre la tête d’Olokun à Ife. Il réussit cependant à rentrer en Allemagne avec plusieurs têtes en terre cuite.

Malgré son admiration pour ces sculptures, Frobenius ne pouvait accepter qu’elles aient été faites par des Africains. Son racisme l’amena à une théorie ridicule, selon laquelle les survivants de la légendaire Atlantis avaient apporté des savoir-faire de leur civilisation grecque en Afrique. Le dieu yoruba Olokun, n’était autre, disait-il, que le dieu grec de la mer Poséidon.

La tête d’Olokun, écrivait-il, avait « une symétrie, une vitalité, rappelant la Grèce et une preuve que, autrefois, une race, bien supérieure en tension aux Noirs, s’était installée ici ». Ces idées étaient représentatives de la pensée européenne du début du 20e siècle. L’archéologue nigérian Ekpo Eyo écrivit plus tard que les notions préconçues de la soi-disant civilisation occidentale ont aveuglé les chercheurs non-africains sur le fait que des œuvres d’art et de culture complexes et sophistiquées pouvaient provenir être l’œuvre d’artistes africains.

« Ceux qui étaient au pouvoir en Europe au cours des siècles précédents ont eu recours à la division, ils ont nié à l’art africain la place qui lui revenait dans l’histoire de l’effort créatif humain universel. »

Gauche:

Tête en terre cuite. 12e-15e siècle. Commission nationale des musées et monuments, Nigéria.

PHOTOGRAPHIE DE BRIDGEMANACI

Droite :

 

Tête en terre cuite. 12e-15e siècle. Le musée ethnologique de Berlin. Collection de Leo Frobenius.

PHOTOGRAPHIE DE BPKSCALAFLORENCE

La tête d’Olokun ayant disparu après son retour, il est difficile de connaître avec certitude sa datation. Les chercheurs pensent qu’elle date probablement de 1 350.

Les chercheurs européens sont retournés à Ife, espérant mettre au jour plus de bronzes. Ils déterrèrent sans déférence de nombreuses têtes en terre cuite, dont beaucoup furent acheminées dans des musées. 

La découverte la plus importante eut lieu en 1938, lorsque plus d’une douzaine de têtes furent mises au jour. Comme la tête perdue d’Olokun, celles-ci étaient faites d’un alliage de cuivre mais furent largement documentées comme des bronzes. Beaucoup peuvent être observées aujourd’hui dans le musée des antiquités d’Ife. En 1948, les archéologues avaient accepté que les têtes étaient l’œuvre d’artisans yorubas et non de personnes de l’Atlantide.

Tête en alliage de cuivre. 14e-15e siècle. British Museum, Londres. 

PHOTOGRAPHIE DE BRIDGEMANACI

Les chefs-d’œuvre d’Ife ont joué un rôle clé dans le renversement des préjugés selon lesquels l’Afrique ne produisait que de l’art « primitif ». En réponse à une exposition des têtes de 1948 au British Museum, une publication londonienne déclarait : « Cet art africain est digne de figurer parmi les plus belles œuvres d’Italie et de Grèce. »

L’étude a montré que les chefs royaux représentés n’étaient pas des dieux mais des hommes – les ooni, souverains des royaumes yoruba. Les riches ooni ont obtenu les métaux pour les œuvres d’art en échangeant de l’or et de l’ivoire le long des routes sahariennes vers l’Europe. Pour les Yoruba, les têtes sont plus que de beaux objets. Dans la croyance yoruba, la tête est la demeure des Ori, le siège de l’âme et le lieu où le destin d’une personne est déterminé.

En raison de la profonde signification spirituelle de ces objets produits à Ife, de nombreux Nigérians plaident pour le rapatriement des têtes d’Ife, dans le cadre d’un débat plus large réclamant le retour des artefacts africains sur les terres qui les ont créés.

Cet article a initialement paru sur le site nationalgeographic.com en langue anglaise.

Le tritonis mythique des fables de la mythologie grecque et des auteurs anonymes pseudographes : Le tritonis de Jason et du Pseudo-Scylax

Le Pseudo-Scylax décrit une circumnavigation de la mer Méditerranée et de la mer Noire, en commençant par la péninsule Ibérique et en finissant par l’Afrique de l’ouest, au-delà des colonnes d’Hercule. La section africaine est clairement inspirée du Périple d’Hannon le Navigateur et tend à indiquer des contacts entre Carthaginois et Africains2 tandis que la section italienne accumule des informations correspondant à des époques différentes3. Il subsiste un manuscrit, celui de Pithou, qui est l’original de ceux à partir desquels la première édition fut publiée.

Le texte privilégie les implantations grecques mais donne également, quoique de façon moins précise, les noms des peuples barbares occupant les côtes3.

  1. HérodoteHistoires [détail des éditions] [lire en ligne [archive]], IV, 44.
  2.  Raoul Lonis 1979, p. 106.
  3. ↑ Revenir plus haut en :a et b Catherine Virlouvet (dir.) et Stéphane Bourdin, Rome, naissance d’un empire : De Romulus à Pompée 753-70 av. J.-C, Paris, Éditions Belin, coll. « Mondes anciens », 2020, 796 p. (ISBN 978-2-7011-6495-3), chap. 4 (« Rome et l’Italie »), p. 146-147.

Diodore HU Livre I : Hérodote se contredit beaucoup

XXIII. Différentes opinions des philosophes sur la source du Nil.

LE PHÉNOMÈNE étonnant de ce débordement périodique a exercé jusqu’ à présent la plupart des philosophes et des historiens qui ont essayé d’en découvrir la cause. Nous rapporterons ici les principales explications qu’ils en ont données, pour ne pas omettre une question qui excite la curiosité de tous les esprits : mais nous les rapporterons en abrégé pour ne nous pas trop éloigner du fil de notre histoire. Quelques physiciens qui ont parlé des plus petits ruisseaux n’ont pas dit un mot des sources du Nil, de ses embouchures, ni de ses débordements ; comme s’ils avaient craint de s’embarrasser dans les singularités surprenantes du plus grand fleuve de la terre : d’autres qui ont été plus hardis n’en ont pas été plus heureux. Hellanicus par exemple, Cadmus, Hécatée et tous les anciens se sont jetés dans les fables les plus absurdes. Hérodote qui a été un des plus curieux et des plus savants historiens que nous connaissions, paraît avoir adopté des opinions contradictoires. Thucydide et Xénophon, qui ont été estimés pour la vérité de leurs narrations, se sont abstenus de dire un seul mot de ce qui concerne l’Égypte. Éphore au contraire et Théopompe, qui se sont beaucoup étendus sur ce sujet, n’ont jamais rencontré le vrai, qu’ils n’ont même jamais cherché sur les lieux. En effet, avant Ptolémée Philadelphe aucun Grec n’avait été jusqu’au fond de l’Égypte, bien loin d’avoir pénétré jusque dans l’Éthiopie ; et l’on ne voulait pas risquer la découverte laborieuse et même dangereuse d’un pays inhabité. Mais depuis que ce roi y eut mené une armée toute composée de Grecs, on a visité les lieux avec plus d’exactitude et l’on a eu des relations plus fidèles que celles des anciens. Cependant aucun écrivain n’a encore dit qu’il eût vu les sources du Nil ; ni qu’il eût parlé à aucun voyageur qui prétendît les avoir vues, de sorte qu’on n’a encore que des conjectures sur cette matière. Les prêtres d’Égypte prétendent que ce fleuve prend son origine de l’Océan qui environne toute la terre, résolvant ainsi une difficulté par une autre et donnant un fait difficile à croire pour réponse à une question embarrassante. Les Troglodytes appelés Molgiens, que les chaleurs des lieux élevés qu’ils habitaient, ont fait retirer dans les demeures basses et couvertes qu’ils occupent aujourd’hui, allèguent des observations qui porteraient à conclure que le Nil se forme de plusieurs petites sources qui se rassemblent en un seul canal. Ils ajoutent même que ce sont ces sources différentes qui donnent au Nil une fécondité si générale. Les habitants de Meroé auxquels ils semble qu’on pourrait s’en rapporter plus sûrement, puisqu’ils n’ont aucun commerce avec les peuples chez qui les fables ont pris naissance, et que d’ailleurs ils doivent être voisins des sources du Nil, les connaissent néanmoins si peu qu’ils appellent le fleuve même Artape (mot qui signifie en leur langue fleuve de ténèbres) pour marquer qu’ils avouent leur ignorance sur son origine et sur une grande partie de son cours. Le sentiment le plus vraisemblable pour nous, doit être celui où il paraîtra le moins de fictions ou de suppositions. Je sais qu’Hérodote plaçant la Libye à l’orient et à l’occident du Nil, écrit que les Libyens appelés Nalamones connaissent ce fleuve plus exactement qu’aucun autre peuple et dit sur leur rapport que le Nil prenant sa source dans un lac, traverse ensuite le pays immense de l’Éthiopie. Si Hérodote avait prouvé ce fait, ou que l’on pût croire les Libyens sur leur parole, c’est là ce qui paraît le plus approchant de la vérité.

Pline l’Ancien Livre 5

V. (V.) [1] La Cyrénaïque ou Pentapole est célèbre par l’oracle d’Hammon, qui est éloigné de la ville de Cyrène de 400.000 pas, par la source du Soleil (II, 10, 6), et surtout par cinq villes: Bérénice, Arsinoé, Ptolémais, Apollonle, et Cyrène elle-même. Bérénice est située sur la corne la plus intérieure de la Syrte; elle a porté jadis le nom des Hespérides, dont nous avons déjà parlé (V, 1); car le théâtre des fables grecques est souvent déplacé. Non loin et en avant de la ville est le fleuve Léthon, et un bois sacré où la tradition a placé les jardins des Hespérides. Elle est éloignée de Leptis de 375.000 pas;

Strabon Géographie Livre I « … 35. Quant à ceux qui ont imaginé de faire des Erembes soit une tribu particulière de la nation éthiopienne, soit une tribu de Céphènes, voire en troisième lieu une tribu de Pygmées, sans parler de mille autres fictions du même genre, s’ils nous paraissent mériter moins de confiance, c’est qu’indépendamment du peu de vraisemblance qu’offre la chose en soi ils font là une sorte de confusion de l’histoire et de la fable. Nous retrouvons cette même confusion chez ceux qui, voulant faire de l’Océan extérieur le théâtre des erreurs de Ménélas, placent les Sidoniens et naturellement aussi les Phéniciens sur les bords de la mer Persique ou sur tel autre rivage de l’Océan. A vrai dire, la façon dont ces auteurs se contredisent entre eux n’entre pas pour peu de chose dans l’incrédulité qu’ils rencontrent. Tandis que les uns, en effet, regardent les Sidoniens de notre mer intérieure comme une colonie des Sidoniens de l’Océan, ajoutant, qui plus est, que le nom de Phéniciens leur est venu de la couleur rouge des eaux de la mer extérieure, les autres affirment précisément l’inverse. Il en est aussi qui transportent l’Éthiopie dans notre Phénicie et font de Jopé le théâtre des aventures d’Andromède, non qu’ils ignorent la véritable situation des lieux en question, mais ils prétendent user des licences du genre mythique, comme ont fait Hésiode et tant d’autres que cite Apollodore. Seulement, en comparant aux fictions d’Homère les fictions de ces auteurs, Apollodore ne sait pas tenir la balance égale. Citant, par exemple, comme terme de comparaison, ce qu’Homère raconte et du Pont et de l’Égypte, il en tire contre le poète une accusation en règle d’ignorance : suivant lui, le poète a voulu dire la vérité, mais, loin de la dire, il a, faute de savoir, donné le faux pour le vrai. Or, nous le demandons, jamais personne se serait-il avisé d’accuser Hésiode d’ignorance, pour avoir parlé d’Hérnicynes, de Macrocéphales et de Pygmées  (102), quand Homère a pu user impunément de fictions semblables, et entre autres précisément de ce même mythe des Pygmées, quand en outre Alcman nous parle de Stéganopodes et Eschyle de Cynocéphales, de Sternophthalmes et de Monommates  (103), quand surtout nous tolérons tant d’ouvrages en prose, écrits soi-disant dans le genre historique, et qui contiennent, sans que leurs auteurs l’avouent, tant de mythes véritables. C’est qu’en effet il saute aux yeux d’abord que c’est de propos délibéré et nullement par ignorance historique que les auteurs de ces ouvrages ont entremêlé de fables leurs récits, imaginant ainsi l’impossible afin de flatter le goût du public pour le merveilleux. Seulement, ce qui peut faire croire à leur ignorance, c’est qu’en général, et pour trouver plus aisément créance, ils ont choisi de préférence comme théâtre de leurs fictions les parties de la terre les plus mystérieuses et les plus ignorées. Au moins Théopompe a-t-il la bonne foi d’avouer ce qui en est : il déclare hautement qu’il mêlera plus d’une fois la fable à l’histoire, mieux seulement que n’ont su le faire Hérodote, Ctésias, Hellanicus et les différents historiens qui ont écrit sur l’Inde. … »

Pseudo-Scylax, Périple de Scylax de Caryande

La Libye :

Plus loin est l’île Cercinnitis, avec une ville. A une journée et demie de navigation est Thapsos la petite, sise dans le golfe Tritonites, où est aussi le petit golfe Syrtis, appelé Cercinnitique, où la navigation est beaucoup plus dangereuse et difficile que dans l’autre Syrtis. La petite Syrtis a deux mille stades de diamètre. Là est l’île Tritonos; à l’embouchure du fleuve du même nom est le temple de Minerve Tritonienne. L’ouverture de ce golfe est très petite, et il s’y forme une île lorsque la mer se retire. Ses bas fonds sont tels qu’à la haute marée même, les vaisseaux ne peuvent en approcher. Le lac que forment ici les eaux de la mer, est très grand. Son diamètre est d’environ mille stades. Ses côtes sont entièrement habitées par des Libyens, dont la ville capitale est au couchant. Tous ces Lybiens sont beaux hommes, de couleur blonde, et sans parure artificielle. Le pays qu’ils habitent est très riche et très fécond. Ils ont de nombreux troupeaux, d’une espèce très belle. Aussi, sont-ils aussi opulents qu’ils sont remarquables par la richesse de leur taille.

Hérodote Livre 4

CLXXVIII. On dit qu’il avait été prédit par les oracles que les Lacédémoniens enverraient une colonie dans cette île (de Tritonis) : on raconte le fait de cette manière.

CLXXIX. Quand Jason (conte inspiré du récit de Hannon ? mythologie géographiquement absurde comparable au mytne des 4 fleuves de sources impossiblement commune du Jardin d’Eden) eut fait construire, au pied du mont Pélion, le navire Argo (43), et qu’il y eut embarqué une hécatombe avec un trépied d’airain, il se mit en mer, et doubla le Péloponnèse, dans le dessein d’aller à Delphes. Lorsqu’il fut arrivé vers le promontoire Malée, il s’éleva un vent du nord qui le jeta en Libye, et il se trouva dans les bas-fonds du lac Tritonis avant que d’avoir découvert la terre. Ne sachant comment sortir de ce pas dangereux, on dit qu’un triton lui apparut et lui demanda son trépied, lui promettant de lui montrer une route sûre et de le tirer de ce péril. Jason y ayant consenti, le triton lui montra le moyen de sortir de ce bas-fond il prit ensuite le trépied, le mit dans son propre temple, et, s’asseyant dessus, il prédit à Jason et aux siens tout ce qui devait leur arriver. Il lui annonça aussi que, lorsque ce trépied aurait été enlevé par quelqu’un des descendants de ceux qui étaient dans le navire Argo, il était de toute nécessité que les Grecs eussent cent villes sur les bords du lac Tritonis. On ajoute que les Libyens voisins du lac, ayant appris cette réponse de l’oracle, cachèrent le trépied.

Le territoire de la Libye antique et de l’Ethiopie des éthiopiens séparées en deux nations en Afrique :

Homère Od.,I, 23, Hérodote (His VIII.70), Pline l’Ancien HN Livre 5.8 et Strabon (Geo XV.21) parlent tous de deux Éthiopies toutes deux situées sur le continent africain :

  • l’une orientale ou Ethiopie sub-égyptienne (le Soudan du Nord) qui correspond en général au Soudan Napatéen ou au Soudan dit Méroitique
  • l’autre occidentale, l’Ethiopie hespérienne ou nigrite (Pline l’Ancien V, 30) situé au Sud-Ouest de l’Oasis ammonite égyptien de Siwah (Diodore HU Livre XVII Ch 49,50) depuis les territoires Tamacheqs de Libye et du Niger jusqu’au Bassin et à la boucle du fleuve Niger-Nigris.

L’Ethiopie moderne s’appelait Abyssinie (Périple de la Mer Erythrée), dans les textes classiques des géographes grecs, l’Abyssinie portait les noms de Troglodyte, Midoé (Madian dans la Bible) ou Molgie (ha-malek dans la bible ou Ahmaric). Dans les textes juifs classiques ou bibliques les noms utilisés pour désigner l’Abyssinie sont Madian, Sukkéa ou Troglodyte (TM à LXX), Solyma-Kéynie, kéynie, pays des Kéniens. C’est en 1945 que l’Abyssinie a prie le nom d’Ethiopie à la SDN (ONU actuel).

De meme, quand nous parlons de libyens ou Libye, dans ce livre, nous ne parlons pas de « la République arabe de Libye » créé en 1969 et dont le territoire est une création des européens ou occidentaux à travers l’ONU en 1951 à partir de la Tripolitaine réunie à la Cyrénaique et le Fezan sous le nom de Royaumes-Unis Arabe de Libye. Ici, nous parlons de l’entendement, du contenu sémentique ou signification du mot Libye ou libyens dans l’esprit des grecs et des anciens depuis l’antiquité. Le mot libyens signifiait autochtones africains pour les grecs (Hérodote, Scylax etc), et tous les africains ou libyens étaient noirs jusqu’au temps d’Hérodote.

Les libyens Gétules ou berbère noirs (de langue Tamacheq) de Siwa, Niger, Mali, Burkina et d’Afrique du Nord

Les libyens éthiopiens gétules mélanogétules de Libye intérieure et les gétules de Maurusie ou gétules de la maurétanie césarienne :

Les gétules (berbères ou tamacheq) bien que non nommés par Hérodote sont considéré comme des peuples éthiopiens (noirs) par lui car Hérodote nous informe que tous les pharaons étrangers au nombre de dix-huit (y compris les pharaons berbères, cad gétules) sont tous éthiopiens et que les berberes siwi (aujourdhui encore noirs ou mulatre de l’Oasis de Siwah en Egypte) appelés ammoniens ou ammonites sont un peuple mixte d’Egyptiens et d’Ethiopiens et que leur langue berbères est aussi un mixte entre l’égyptien et l’éthiopien (la langue gétule). Les gétules de l’antiquité sont donc des noirs et sont aujourd’hui appelés berberes noirs ou tamacheq. Le terme de Mélanogétule est apparu seulement quand les perses, les Mèdes et les arméniens, venus en Afrique dans la période des guerres puniques via l’Espagne se sont mélangés avec les gétules authentiques pour donner les gétules leucoderme de la Maurétanie césarienne. Ainsi donc, les mélanogétules sont des noirs et les authentiques gétules et les gétules de la maurétanie césarienne sont des numides d’origine irano-arménienne venu de Mycène et de Palestine et qui se sont mélangé aux gétules comme le confirment Hiempsal et Juba 2. Cette distinction des gétules est encore observable aujourd’hui avec d’une part, les berbères blancs (gétules de maurétanie césarienne) caractérisié principalement par les génomes haplogroupe E-M81/E-M183, J (J1 et J2) puis E-M123 et d’autre part, les berbères originaux (gétules de libye intérieure ou mélanogétules) qui sont principalement au Niger (mais aussi de Libye moderne et d’Egype dans l’Oasis de Siwah et du Mali etc) avec les haplogoupe A/B, E1b1a, E-M78, R-V88 (commun avec les Haoussa et les Peuls du Nord Cameroun). Les haplogroupes des mélanogétules (Tamacheq) antiquement classés comme des nations éthiopienne sont caractéristiques des peuples noirs sub-sahariens. Les Haplogroupes les plus dominants des berbères blancs sont tous caractéristique du Caucase, de l’Arménie antique, de l’Arabie et de l’Iran en confirmation des propos de Hiempsal et de Juba 2 sur l’origine ethnique des numides.

Selon Jugurtha ;

Numide = métisse de Perses+gétules

Maures = métisse de Mèdes+Arméniens+libyens

https://remacle.org/bloodwolf/historiens/salluste/jugurtha.htm

Bien évidement, Jugurta tente de faire croire que les libyens et les gétules étaient des sauvages incultes avant l’arrivée en Afrique des Perses, Mèdes et Arméniens. On sait que Jugurtah a menti car les auteurs classiques grecs et les textes des chroniques de la bible (Samuel, Rois et Chroniques) reconnaissent que les libyens étaient civilisés connaissaient l’agriculture et la conception des chars qu’ils (notament les nigrites) ont enseigné aux grecs. Les égyptiens du temps d’Hérodote se disaient de race libyenne, Hérodote dit que les libyens sont les hommes les plus sains après les égyptiens.

Le fait que dans Salluste, Jugurta distingue les libyens des gétules prouve que les gétules ne peuvent etre que les éthiopiens nomades dont parlent Hérodote car ce dernier parle de deux races autochtones en Afrique (Lbye) : les libyens et les éthiopiens. Salluste distingue aussi les numides des gétules et des libyens. Donc les gétules sont à la base un peuple éthiopien.

Les Libyens et Les gétules (nations éthiopienne nomades) étaient donc tous noirs avant l’arrivée des numides (Mèdes, Arméniens et perses).

Ptolémée (G. IV, 6, 5, Müller p. 743) classe les Mélanogétules (Tamacheq ou Touareg noirs, Niger, Libye, Mali Burkina) parmi les grands peuples de Libye intérieure. Il les situe à l’ouest (Libye, Niger etc) des Garamantes (Centre Tchad ou Sud de Siwah ou des Ammonites selon Diodore) qui s’étendent jusqu’aux sources du Bagradas, et à partir du mont Ousargala d’où précisément ce fleuve prend son cours (IV, 6, 3, p. 736), jusqu’au mont Sagapola d’où le Soubos (oued Sebou) s’élance (IV, 6, 3, p. 735). Cela revient à leur assigner un immense territoire dans les hautes plaines et du territoire saharien. On ne saurait être plus vague que l’est ici Ptolémée dans son apparente précision. Les Garamantes sont au sud des Nasamons (Toubous Libye Nord-Tchad, Est-Nord Soudan). Les Garamantes sont au Sud des Nasamons.

Les Gétules semblent apparaître dans nos sources avec la relation que fit l’historien Polybe de son périple de reconnaissance au long de la côte atlantique de l’Afrique, dans l’été de 146 avant J.-C. (J. Desanges, Recherches, p. 121-147). Mais il est difficile de déterminer, dans ce rapport transmis par Pline l’Ancien (V, 9-10), probablement par l’intermédiaire d’Agrippa, ce qui revient à Polybe et ce qui a été ajouté par le gendre d’Auguste (Id., éd. de Pline l’Ancien, H.N., Livre V, 1-46, Paris, CUF, 1980, p. 113). Quoi qu’il en soit, il est hors de doute que, quarante ans plus tard, Artémidore d’Ephèse faisait mention des Gétules (St. de Byz., Ethn., s.v., Meineke, p. 195 ; Eustathe, Comm. à Denys, Périég., 215). Pour l’époque de la guerre contre Jugurtha (111-105 av. J.-C), Salluste en fait état à plusieurs reprises, en précisant (Jug., LXXX, 1) que cette peuplade sauvage et inculte ignorait au début du conflit jusqu’au nom des Romains. Mais Tite-Live (XXIII, 18, 1), d’après un annaliste romain, signale déjà les Gétules dans l’armée d’Hannibal en 216 avant notre ère.

2Il n’est pas aisé d’établir avec quelque précision la limite septentrionale de la Gétulie qui, au surplus, a dû fluctuer. C’est dans la partie orientale de l’Afrique Mineure qu’on la connaît le mieux. Du temps de la guerre jugurthine (Sall., Jug., CIII, 4) puis encore à l’époque de César (B. Afr., XXV, 2), les Gétules n’étaient pas éloignés de Cirta, sans doute en direction du sud. Gadiaufala (Ksar Sbahi) (Table de Peutinger, segm. IV, 2) et Madaure (Mdaourouch) (Apulée, Apol, 24,1) paraissent avoir été situées à la limite de la Gétulie ; puis, à en croire le témoignage de la Table (IV, 5-V, 1), cette limite passait par Ad Aquas Ca(e)saris (Youks), un peu à l’ouest de Theueste (Tebessa) mais englobait Thelepte (Medinet el-Kdima) et Capsa (Gafsa). Cependant, à une époque il est vrai antérieure, les Cinithi* de Gightis* (Bou Ghara) pourraient avoir été tenus pour gétules (J. Desanges, éd. de Pline, H.N., V, 1-46, p. 338-339) ; en tout cas, la Table de Peutinger (VU, 2) signale des Bagigetuli ou Gétules errants (uagi) aux sources d’un fleuve Ausere qui se jette dans la mer face à l’île de Girba (Djerba). Au-delà, vers l’est, des Gétules étaient établis le long du littoral de la Tripolitaine (Strab. XVII, 3,9, C 829 ; Virg. Aen., V, 192 ; Florus, II, 31 ; Table de Peutinger, VU, 3 : Getullu, à l’est d’Oea, sur la mer). Ce sont peut-être ces Gétules syrtites qui ont fourni des rameurs et de l’infanterie de marine aux Pompéiens, adversaires de César (B. Afr., LXII, 1 ; St. Gsell, HAA.N., V, p. 111, n. 13).

3Il est très vraisemblable qu’au cours des temps, la perception de la Gétulie s’est quelque peu estompée vers le sud, car la Table de Peutinger (III, 2-5) paraît en exclure Thamugadi (Timgad) et Lambèse. Mais quand Augustin (Enarr. in psalm., CXLVIII, 10, dans C.C., séries Latina, XL, Turnhout, 1956, p. 2172-3) oppose la sécheresse de la Gétulie aux pluies qui arrosent Hippone, il est probable que, pour lui, la Gétulie représente la région des hauts plateaux qui s’étend au nord de l’Aurès et des monts des Nemencha. C’est là sans doute qu’il faut situer la « province » de Gétulie de l’époque vandale (Victor de Vita, I, 13).

4La Gétulie est groupée avec la Maurétanie par des textes inspirés des Commentaires d’Agrippa (Dimens. prou., 25, dans G.L.M., p. 13 ; Diu. orb. terr., 26, ibid., p. 19). La raison en est, à notre avis, que Juba II en avait reçu une partie d’Auguste, en plus des États de Bogud et de Bocchus II (Cassius Dio, LUI, 26,2). L’existence de cette Gétulie unie au royaume protégé de Maurétanie explique sans doute que Ptolémée (IV, 2, 7, p. 611-612) ait situé, beaucoup plus tard, dans la province de Maurétanie Césarienne un vaste territoire méridional, qu’il aurait dû attribuer à la Numidie, de Zarai (Zraia) à Thabudeos (Thouda), en passant par Tubunae (Tobna). En tout cas, l’expression « Gétulie de Maurousie » est attestée chez Dioscoride (De mat. med.,II, 66), tout comme, chez Pline l’Ancien (XXI, 77), l’expression « Gétulie de Maurétanie Césarienne ». Vers le sud, la limite entre la Gétulie et l’Éthiopie était, d’après Pline (V, 30), le Fleuve Nigris, considéré comme une partie du haut cours d’un Nil supposé, après pertes et résurgences, prendre source dans l’Atlas de Tingitane. Les Mélanogétules mentionnés par Ptolémée (IV, 6, 5, p 743) parmi les grands peuples de la Libye Intérieure.

5À l’ouest, en Tingitane, toujours selon Pline (V, 5), les Gétules Autololes* étaient installés sur l’itinéraire menant de Sala (Le Chellah, près de Rabat) à l’Atlas. A l’en croire (V, 17), les Maures ou Maurusii*, diminués par les guerres, concédaient dans la Maurétanie de l’intérieur une place de plus en plus grande aux Gétules Baniurae* (à situer dans le Haut Rharb ?) et à ces mêmes Autololes (appelés en l’occurrence Autoteles). Les Gétules s’étendaient jusqu’à l’Atlas, sur les pentes duquel ils récoltaient l’euphorbe (Diosc, III, 82 ; Pline, XXV, 78-79). Vers le sud, ils touchaient aux Éthiopiens (Pline, V, 17). Ils peuplaient le Haut Draa (Id., V, 10) et également les rivages de la région de Mogador, si bien que la pourpre fabriquée dans les îlots était qualifiée de gétulique (Id., VI, 201). En revanche, le littoral qui s’étend depuis l’embouchure du Sous jusqu’à celle du Draa et au-delà, était plutôt peuplé d’AethiopesMais ces derniers vivaient aussi dans une partie des montagnes de l’Atlas méridional voisin de l’Océan (Athénée, II, 62 (62e), à rapprocher de Strab., XVII, 3, 5, C 827).

6Qui étaient ces Gétules, disséminés des sables des Syrtes aux rivages de l’Atlantique sur une bande latitudinale géographiquement assez hétérogène ? Il semble qu’ils n’aient jamais constitué de royaume. Le grand ensemble de populations mal différencié et peu structuré qu’ils formaient (« le plus grand des peuples libyques », selon Strabon, XVII, 3, 2, in fine ; natio frequens multiplexque, d’après Méla, I, 23), en général nomade (Sali., Jug. XIX, 6 ; Méla, D3, 104, etc.), ne peut être considéré comme une unité ethnique s’opposant aux Maures ou aux Numides*, comme l’a observé St. Gsell (H.A.A.N., V, p. 110). Même leur nomadisme ne saurait les caractériser par rapport à certains de ceux-ci. Faute d’un critère plus évident, Gsell (ibid.) a supposé que furent considérées comme gétules les populations qui restèrent en marge des royaumes maures, masaesyle et massyles.

7De fait, depuis l’époque de Marius, qui leur concéda des terres (B.A. fr., LVI 3) les Gétules lièrent leur sort au parti populaire du Sénat romain, soucieux de limiter les pouvoirs des rois massyles. Le dernier de ces rois, Juba Ier, semble avoir été en mauvais termes avec eux (Élien, N.A., VII, 23). La création du royaume protégé de Maurétanie changea les données du problème : désormais les Gétules se heurtaient à la coalition du pouvoir romain et du roi vassal (cf. M. Coltelloni-Trannoy, Royaume de Maurétanie, p. 31, 48-49, 72-75). Juba II eut maille à partir avec eux (Pline, VIII, 48 ; Cassius Dio, LV, 28, 3-4) ; son fils Ptolémée joua un rôle important dans la phase finale de la campagne contre Tacfarinas, dont une grande partie des fidèles était gétule (Tac, Ann., IV, 24, 3 et 26, 4).

8La position de Gsell nous paraît sage : c’est une attitude commune à l’égard de la notion d’État, si embryonnaire fût-elle, plutôt qu’un critère ethnique ou un genre de vie particulier, qui peut, très imparfaitement il est vrai, rendre compte de l’identité gétule, à condition de ne pas perdre de vue que ces populations avaient en commun, par ailleurs, d’habiter des hauts plateaux peu arrosés, éloignés des rivages montagneux : elles n’atteignaient la mer ou l’océan qu’aux deux extrémités du Maghreb dans un climat prédésertique. Cette marginalité préserva longtemps leur identité.

9Les Gétules furent assez rapidement incorporés dans l’Empire. Dès le milieu du ier siècle de notre ère, six nations gétules implantées sur le territoire militaire de la Numidie avaient à leur tête un préfet romain (C.I.L., V, 5267). Certains d’entre eux furent intégrés dans l’armée romaine et stationnés loin de l’Afrique. Il y eut, au moins depuis Vespasien, une ala Gaetulorum, qui participa à la guerre juive (C.I.L., V, 7007), puis fut utilisée dans le sud de la province d’Arabie : on ne sait si elle est identique à l’ala I Flauia Gaetulorum, stationnée en Mésie Inférieure, puis en Pannonie Inférieure au iie siècle de notre ère.

La langue tamacheq : une langue négro-africaine

Les berbères isolés de l’Oasis de Siwa en Egypte sont encore aujourd’hui très noirs ou mulâtre et sont génétiquement liés aux sub-sahariens (haplogroupe R-V88 haoussa, Peulh, touaregs noirs ou Tamacheq noirs du Niger, A/B et E1b1a Bantou, E-M78 Tamacheq du Niger et du Burkina) et non aux kabyles blancs E-M81 : la langue tamacheq est donc une langue négro-africaine : C’est ce qui explique les millions de Touaregs noirs et noirs-mulâtre du Mali, les touaregs noirs du Niger et du Burkina et dans tout le magreb. En effet, les habitants de Siwa sont des descendants des anciens égyptiens noirs et des Tamacheq noirs (appelés éthiopiens deux fois par Hérodote), c’est ce qui explique que Alexandre le grand est allé consulter l’oracle d’Ammon chez eux pour se faire légitimer, ils étaient qualifiés de libyens (négro-africains=libyens) au meme titre que les véritables égyptiens (thébains) qui se voulait libyens et non égyptiens car le mot égypte désignait uniquement les colons de la région cosmopolite du Delta depuis Sanchérib qui y a instalé les arabes, les grecs, les perses, les babyloniens. Ce sont donc les amazighs blancs d’Afrique qui ont adopté une langue africaine. Les amazighs blancs sont en fait des scythibères ou celtibère venus en Afrique comme mercenaires dans la période des guerres punique entre Carthage et Rome. Ce sont eux les Espagnols recrutés par Hannibal. Mais ils (Masinissa) ont fini par trahir l’Afrique Hannibal pour aider les romains à vaincre l’Afrique. Tous comme les Colchidiens étaient une nation de noirs en Europe, les numides ou berbères blancs étaient une nation blanche en Afrique qui était exclusivement peuplée de noirs autochtones jusqu’au temps d’Hérodote. La génétique des populations prouve que les berbères blancs sont originaires d’ibérie (Espagne -Portugal). Des études ont aussi montré que les variantes de berbère parlé par les berbere blancs sont curieusement proches de la langue basque entre l’Espagne et la France. La langue basque n’étant pas une langue latine mais un isolat.

Sources :

Hérodote

Tite-Live livres 21, 22, 23 et 27

Strabon

Pline l’ancien

https://en.m.wikipedia.org/wiki/Y-DNA_haplogroups_in_populations_of_Sub-Saharan_Africa

https://fr.m.wikipedia.org/wiki/Haplogroupes_Y-ADN_dans_les_populations_de_l%27Afrique_du_Nord

https://en.m.wikipedia.org/wiki/Haplogroup_E-M35

https://en.wikipedia.org/wiki/Haplogroup_R1b

L’origine négro-tamasheq des mots « niger »,  »nègre » et  »noir » puis ‘’Nil’’ :

Le mot « niger », en latin, signifie « noir ». Ainsi, dans toutes les langues européennes, les mots tournant autour de la couleur noire sont traduits par « negro » ou « nigger ». L’orthographe étymologique du mot NiGeR (nom du fleuve Niger qui a donné les mots nigris, nigrite dans l’antiquité et nègre dans les temps moderne) selon les touaregs viendrait du mot Ajer Njer signifiant le fleuve des fleuves.

A.JeR = le fleuve (le A initial signifie Le).

N.JeR = les fleuves (le N initial signifie les, des).

JeR = fleuve, mais le J devenant G dans certaines régions, alors, JeR et GeR sont synonymes

Mais contrairement à ce qu’on croit, le nom du fleuve Niger, qui coule entre son origine la Guinée et le Nigeria à se trouve son delta, en passant par le Mali et le Niger, n’a pas la même origine. Les Tamacheq, par considération pour ce cours d’eau, l’ont de longue date baptisé « egerou n-igerou », qui signifie « le fleuve des fleuves » en langue berbère (Tamacheq noirs).

Le géographe Léon l’Africain (photo), dans sa « Description de l’Afrique » (livre publié en 1526), confirme l’identité du mot latin « niger » latin et le « n-igerou » Tamacheq (Berbères noirs).

Dans l’Antiquité, les géographes donnent le nom de Nigrite aux tamacheq (qui étaient des noirs riverains du fleuve Nigri-Niger entre les régions Tombouctou, Gao, Ménaka et le pays Niger) et les classent parmi les peuples libyens (Strabon) et éthiopiens (Pline l’Ancien). Le mot ‘Noir’ qui vient du mot nigri ou njer est donc un mot d’origine Tamacheq. Les Tamacheq de l’Oasis de Siwah (40 000 habitants) en Egypte (95 millions d’habitants) sont encore des noirs jusqu’au 20 ème siècle, ils deviennent de plus en plus mulâtre à cause du métissage facilité par la mobilité qui caractérise la modernisation au 20 ème et au 21 ème siècle. Les habitants de Siwah étaient appelés éthiopiens ammoniens dans l’Antiquité (Hérodote) ! Les pharaons berbères d’origine Lébw (libyens de Siwah) de la 22ème dynastie étaient en fait donc des noirs Tamacheq appelés éthiopiens ammoniens (Siwi) comme le confirme Hérodote (2 fois) et la bible (une fois) qui dit que Ozorko (Zérakh) fils de Shéshonk est éthiopien. Hérodote dit clairemnt que tous les pharaons étrangers au nombre de dix huit sont des éthiopiens (Nubiens ou ammoniens) y compris donc les pharaons berbères libyens (ammoniens) qui sont forcément des noirs.

Ainsi, les berbères noirs ou Tamacheq Ammoniens (Siwi) et Nigrites (Tamacheque de Gao, Menaka et Niger) sont donc des populations éthiopiennes de la Libye antique. Strabon place la Nigritie en Libye au Nord de l’Ethiopie (Hespérienne).

Les géographes de l’antiquité parlent de deux Ethiopies en Afrique : l’Éthiopie Hespérienne ou sub-Nigrite (Sud Burkina, Côté d’ivoire, Ghana, Togo, Bénin, Sud Nigéria, Sud Cameroun etc) qui se situe au sud du bassin du fleuve Niger-Nigris et l’Ethiopie sub-égyptienne qui correspond au Soudan actuel. L’Ethiopie moderne avec l’Érythrée et Djibouti (Aksoum) portait le nom de Troglodyte (Solymie) ou Midoé (devenu Madian des Kéniens dans la bible). La Nigritie est au Nord (au dessous) de l’Ethiopie (Hespérienne) et les nigrites sont donc des libyens selon Strabon (Livre II Ch V.33). Par contre, les nigrites font partie des nations éthiopiennes selon Pline l’Ancien qui considère le fleuve Niger comme délimitation entre l’Ethiopie Hespérienne et l’Afrique (la Libye au sens réduit). Le géographe Ptolémée aussi classe les nigrites comme étant des peuples éthiopiens. Les ammoniens (Tamacheq ou Berbères de Siwah) qui sont un peuple Libw (libyens) dans les papyrus égyptiens et qui sont formé d’éthiopiens et d’égyptiens c’est-à-dire un peuple d’éthiopyégyptiens selon Hérodote (Livre 2, Ch XLII Larcher) sont appelés libyégyptiens par Pline l’Ancien (Livre V. Ch VIII). Les pharaons berbères Tamacheq sont des lébw (libyens) selon les textes ou papyrus égyptiens alors que le pharaon libyen ou berbère Ozorko (Zérakh) fils de Shéshonk (Shishak 2 Chroniques 12v2ss) est appelé éthiopien (Coushite) dans la Bible (2 Chroniques 14v9).

Une chose est sure, les libyens des textes classiques sont des noirs de meme couleurs de peau que les égyptiens, les éthiopiens hespériens ou sub-nigrites et les éthiopiens nubiens ou sub-égypienne. Hérodote et Diodore confirment tous que les libyens de l’antiquité étaient bel et bien des noirs. Hérodote rapporte meme que les thébains (haut-Egypte) se disent de race libyenne donc de race négro-africaine. Quand aux anciens égyptiens du Delta proprement appelés égyptiens, ils devraient etre de race éthiopienne car étant une colonie d’éthiopiens conduit là (dans le Delta) par Osiris. Flavius (ou la Bible) quand à lui dit que Libye (Lehabim Gn 10v13) est fils de Misraim (Egypte) petit fils de Cham (un autre nom de l’Egypte=Chémia selon Plutarque Tome V, Chémia et les Psaumes Egypte=Cham en Gn 10v20, Ps 105v23,27, 106v22, 1 Chrn 4v40) et que les Gétules sont descendants de Havila fils de Couch fils de Cham Gn 10v7, les libyens et les gétules (selon Flavius) sont donc des noirs. Diodore (livre XVII Ch 50.2) désigne sous le nom d’éthiopiens les habitants du Sud-Ouest du pays des ammoniens ou ammonites l’oasis de Siwah (à l’ouest du Nil égyptien), c’est-à-dire que les Tamacheq ou Touaregs encore appelés Gétules sont des noirs selon Diodore.

Il devient évident que lorque que Pline l’Ancien dit que le Nil et le Niger sont deux fleuves ayant la meme Nature, il ne s’agit pas seulement de ca, meme les mots Niger et Nil sont identiques, Les anciens Égyptiens appelaient le Nil soit Ḥ’pī ou Ḥap, soit itérou (trans. = jtrw)6 signifiant « rivière », qui se déformera plus tard en eior7. Hâpy était la personnification divine du Nil. En copte, le Nil est appelé en fonction des dialectes eioor, piaro en sahidique, phiaro en bohaïrique), eiero, iaro, iero, iera ou ior, termes tous dérivés de l’égyptien ancien. Le mot « Nil » ((ar) nīl), vient du latin Nilus, lui-même issu du grec Νεῖλος / Neîlos, qui serait lui-même une transcription déformée du terme égyptien Na-eiore, pluriel de eior, désignant le delta7 et signifiant « rivière, cours d’eau ». En Arabe, le Nil se dit Al-Niyl. Le mot « Nil » en ancien égyptien a donc la meme éthymologie et la meme significaton que le mot « niger » qui est un mot Tamacheq, démontrant ainsi que l’ancien égyptien et le Tamacheq sont deux dialectes d’une meme langue négro-africaine. YaR = boire en pulaar et sereere, YoR = écoulement de liquide en wolof, YoLe = se noyer en soninke, YoL = course de canots en Martinique.

Il est utile, en soutien de l’étymon d’origine Tamacheq, de mentionner que la table de Peutinger ou Table théodocienne mentionne un fleuve africain, le flumen Girin (« fleuve Girin ») et légende : Hoc flumen quidam Grin vocant, alii Nilum appellant, dicitur enim sub terra Etyopium in Nylum ire Lacum, « ce fleuve est nommé Grin, d’autres l’appellent Nil. On dit qu’il coule au sud de (« sous ») l’Éthiopie (« l’Afrique ») et se jette dans le lac du Nil. » Notons qu’en dépit de ces explications, le Girin et le Nil égyptien ne sont pas, topographiquement parlant, reliés par le cartographe antique. Le géographe Léon l’africain au 16 ième siècle parle aussi du fleuve Niger sous le nom de Nil des Soudanais (de l’Ouest) et le distingue du Nil égyptien. Une dernière source antique est à considérer, Pline l’Ancien mentionne en effet dans son Histoire naturelle, à plusieurs reprises, un fleuve Nigris, dont il indique qu’il est la frontière entre l’Afrique (la libye antique) et l’Éthiopie, dans son sens antique, c’est-à-dire le sud de la boucle du Niger. Lui aussi le compare au Nil, en les séparant très nettement. Il place sa source entre deux peuples et indique le nom d’une ville. Il évoque également le récit de Caius Suetonius Paulinus au sujet d’un fleuve saharien nommé Ger3. Cependant, cette dernière mention concerne peut-être plutôt l’Oued Guir. Le Niger a plusieurs noms locaux dont le mandingue Jeliba ou Joliba ou Dhioliba, le songhaï Issa Beri (littéralement: le grand cours d’eau).

Génétiquement parlant, les tamacheq noirs ou Touaregs (Niger 2 millions, Mali 500 mille, Burkina 80 mille, Libye et Siwah en Egypte 40 mille) sont principalement caractérisés par les haplogroupes négro-africains : E1b1a 40%, R-V88 30%, E-M78 10%. Les numides (berbères blancs du Maghreb) caractérisés par l’haplogroupe E-M81 sont en fait des grecs mycéniens ou philistins d’origine irano-armenienne (Est-Turquie, l’Arménie, la Syrie, Irak, Iran etc) venu via l’Espagne en Afrique entre l’époque des peuples de la mer et la période des guerres puniques comme le disent leurs propres Ancêtres (Hiempsal, Juba 2 et Flavius citant Cléodème, Khorenatsi), les historiens de l’antiquité (Pline, Strabon etc), Ibn Kaldoun, la génétique des populations et l’archéologie.

Les ancêtres des numides (Hiempsal, Juba 2, Flavius etc) disent eux même que les noirs (Libyens-Haratines ou éthiopiens-troglodyte et Gélules-Garramantes-Tamacheq) étaient déjà en Afrique du Nord avant leur arrivée en Afrique depuis l’Espagne.

Origine des mots nègre, Niger et Nil

D’après Myriam Cottias, directrice du Centre international de recherches sur les esclavages et post-esclavages, le mot trouve son origine dans un lieu géographique précis, la région située autour du fleuve Niger, la Négritie. Les Portugais y développent l’esclavage avec l’appui du royaume du Kongo : « Pendant la traite atlantique, cette origine géographique va être indissociablement liée à un statut : la servitude. Les marins portugais appellent les Africains qu’ils capturent sur les côtes pour en faire des esclaves aux Amériques les “negros” »4.

Dans la langue française, le terme « nègre » apparaît au xive siècle sous la forme adjectivale signifiant de « couleur noire ». Ce n’est que deux siècles plus tard, en 1529, dans le Voyage à Sumatra5 des frères Parmentier, qu’il apparaît pour désigner une « personne de couleur noire ». Ensuite, le mot « nègre » s’impose chez les marins et les commerçants esclavagistes, puis dans la société tout entière, comme un synonyme d’« esclave (noir) »6. Selon l’historien Pap Ndiaye, : « Dans les dictionnaires de français du xviiie siècle on peut lire, au mot “nègre” : “Voir esclave”. À l’époque, il y a une équivalence complète entre les deux termes4. »

Le capitaine-gouverneur de Ceuta, Pedro de Meneses Pedro de Meneses (en), effectue razzias et raids dans les campagnes autour de Ceuta. Les prises de guerre alimentent en des milliers de maures captifs les économies d’Andalousie et du Levant espagnol. Ils débarquent dans les ports de Valence et de Barcelone dans un marché de l’esclavage en essor. Entre 1380 et 1440, plusieurs esclaves orientaux proviennent de la traite en mer Noire et d’esclaves sarrasins.

Les Portugais ont été les premiers Européens à avoir déporté des Noirs comme esclaves dans leur propre pays, en 14427.

Les Espagnols ont été les premiers Européens à déporter des Noirs comme esclaves aux Amériques[réf. nécessaire]. Ils désignent alors les Noirs par le mot negro qui signifie « noir » en espagnol, comme l’illustre une scène du film Amistad. En français, on désignait ces populations d’abord par le mot neir (1080) puis par le mot « noir ». L’emploi du mot « nègre » était rare avant le xviiie siècle. L’usage s’en répand, donnant à d’autres formés par dérivation comme négrillon, négrier, puis négroïde, ce dernier terme étant souvent considéré comme raciste8.

Avant l’esclavage, on désignait également les personnes mélanodermes comme des « Maures ».

Le mot «nègre» est peu à peu remplacé par « Noir », avec une majuscule éventuelle quand on souhaite insister sur l’idée de peuple (vers 1960). Les expressions telles que « personne de couleur » ou, dans le langage familier, l’anglicisme « black » (en France), sont devenues courantes pour éviter de dire « noir ».https://fr.wikipedia.org/wiki/Histoire_du_terme_%C2%AB_n%C3%A8gre_%C2%BB

Le mot nigri est juste un ethnonyme qui désigne les populations africaines vivant le long du fleuve niger appelé nigri par les auteurs latins et tritonis par les auteurs grecs plus anciens. Le mot nigri était donc comparable au mot Congo qui ne donne aucune indication sur la couleur de peau au sens éthymologique. Les mots nègres et noirs sont apparus avec les memes mécanismes que le mot esclave dérivé de l’ethnonyme slave.

Le mot « nègre », dérivé de l’adjectif latin niger (fleuve niger), désigne par métonymie une personne à la peau noire, originaire de l’Afrique de l’Ouest dans la boucle du Niger. Ce mot chargé de connotations négatives est aujourd’hui remplacé par « noir »6, sauf raisons particulières comme une revendication identitaire par exemple (cf. la négritude)7.

En relation avec la situation sociale des esclaves déportés par la traite des Noirs dans le monde occidental à partir du xvie siècle, le mot « nègre » désigne dès le xviie siècle une personne que l’on fait travailler très durement et sans respect, le plus souvent dans les champs ou comme domestique8.

Avant le xvie siècle, les mots ‘nègre’, ‘noir’ou ‘négroide’ n’existaient simplement pas ! Le mot qui désignait les africains avec prise en compte de leur couleur de peau brune est simplement le mot ‘maure’.

Les Nigrites sont mentionnés par StrabonPline l’Ancien et Claude Ptolémée. Ils devraient leur nom au fait qu’ils habitaient en bordure du fleuve Nigris. Il y a aussi la montagne Niger mentionnée par Pline dans les environs des Garamantes (Pline l’Ancien, Histoire Naturelle livre 5).

Strabon qui est le premier à les mentionner, classaient les Nigrites (Négroide) parmi les Libyens. Pour d’autres, ils étaient proches des Éthiopiens.

https://mediterranees.net/geographie/strabon/XVII-3.html

D’après Strabon, les Nigrites étaient parmi les peuples appelés libyens et avaient la technologie des chars dont ils étaient des conducteurs.

La présence de chars hypomobiles est documentée sur les images d’arts rupestres dans le Saharah chez les populations noires : https://shs.hal.science/halshs-01800699/document

Un autre facteur, fortuit mais non négligeable, a contribué à cette extension, mais plutôt en direction du sud et du sud-est. De même que les Numides se sont vu conférer abusivement une sorte d’excellence dans le nomadisme en raison de l’assimilation par les Grecs de leur nom avec le terme qui désignait chez eux les bergers conduisant leurs troupeaux d’un pâturage à un autre, à savoir nomades, de même l’ethnonyme transcrit en grec « Mauros » a été souvent assimilé à un adjectif grec mauros (plus anciennement amauros), signifiant « sombre », « opaque », puis « noir ». On observera d’ailleurs qu’en 484, il y avait en Maurétanie césarienne à la fois un évêché Amaurensis et un évêché Maurensis (Notitia prouinciarum, Maur. Caes., 35 et 122, Lancel : 265 et 269). Nous sommes assuré que cette étymologie populaire, déjà signalée par St. Gsell (p. 89), était répandue dès le début du principat de Tibère, puisque Manilius (Astr., IV, 729-730) écrivait alors : et Mauretania nomen | oris habet titulumque suo fert ipsa colore (« La Maurétanie tient son nom de son visage et affiche elle-même son identité par sa couleur »). Virgile qualifie le roi éthiopien Memnon de nigri (Virg. Aen., I, 489, « Et les escadrons de l’Aurore et les armes du noir Memnon. ‘’Eoasque acies et nigri Memnonis arma’’. »). Deux générations plus tard, Silius Italicus (Pun. II, 439) qualifie les Mauri de nigri, et, au IVe siècle de notre ère, Ausone (Par. 5, 3-6) explique le surnom Maura de sa grand-mère, Corinthia, par le fait que les compagnes de celle-ci avaient voulu souligner sa carnation sombre (fusca). Ainsi on en vint à désigner du nom de Maures toutes les populations établies dans le Sud du futur Maghreb, en général plus hâlées ou de carnation plus sombre que celles des abords de la Méditerranée, et l’on parla moins de Gétules et d’Éthiopiens (J. Desanges : 210-211).

Le géograhe Strabon (XVII, 3, 3, C826) relate que, selon des récits auxquels il n’accorde pas de crédit, peut-être le Périple d’Ophélas, Nigritae et Pharousii*, situés, dit-on, à trente jours de marche de Lynx (Larache ou Tanger, souvent confondus), auraient détruit trois cents établissement tyriens sur les golfes qui suivent (en s’éloignant vers le sud ou le sud-est) le golfe Emporique, lequel s’étend, d’après ses indications, au sud de Lynx. La moindre des étrangetés de cette tradition n’est pas que les comptoirs tyriens soient localisés en dehors du golfe « Emporique », alors que cet adjectif le désigne précisément comme le golfe « des Comptoirs » ! La situation des Nigritae à trente jours de marche de Lynx, qu’il s’agisse de Larache ou de Tanger, soit environ 900 km, les rejette loin des limites de la future province de Tingitane. Sans doute venaient-ils, comme les Pharousii, avec lesquels ils sont souvent mentionnés, des confins de l’Éthiopie, s’ils n’étaient eux-mêmes Éthiopiens. Strabon, citant en un autre passage (I, 2, 26, C33) Éphore, nous informe que, selon les habitants du Tartessos, les Éthiopiens auraient envahi la Libye jusqu’en son extrémité occidentale et occupé une grande partie d’un littoral qui, dans le contexte, ne peut être que le littoral atlantique. La mention des habitants du Tartessos permet de supposer que cette tradition s’était répandue à partir de Gades (Cadix). On peut penser qu’elle n’est pas sans rapport avec celle qui mettait en cause Nigritae et Pharousii. Strabon (XVII, 3, 7, C828) mentionne une seconde fois les Nigritae, mais sous la forme Νίγρητες, à nouveau avec les Pharousii. Ces deux peuples habitent au-dessus, c’est-à-dire au sud, des Maurousii*, près des Éthiopiens Hesperii* (occidentaux), sont équipés d’un arc, comme les Éthiopiens, et utilisent des chars à faux. La situation des Nigritae et des Pharousii comme des populations intermédiaires entre les Éthiopiens au sud, et les Gétules au nord, est confirmée par Strabon dans un tableau ethnographique general des peuples de la Libye qui provient de Poseidonios (Str. II, 5, 33, C131), ainsi que par Méla (I, 22). Ce dernier, en un second passage (III, 104), campe les Nigritae près des Gétules : ce sont des nomades qui fréquentent le littoral atlantique là où l’on exploite pourpre et murex (îlots de Mogador ?).2Pline l’Ancien (V, 43) classe au contraire Nigritae et Pharusii parmi les Ethiopiens. Il ajoute, dans une syntaxe quelque peu équivoque (éd. Desanges : 452), que les Nigritae tiennent leur nom du fleuve Nigris qu’il a déjà nommé (en V, 30) et sur lequel il va revenir (V, 44), ce que confirme, très clairement cette fois, Stéphane de Byzance (Ethn., s. u. Νίγρητες, Meineke : 474). Ajoutons que le rapport entre l’hydronyme et Νίγρητες est encore prouvé par Ptolémée (G. IV, 6, 4, Müller : 741), puisque celui-ci nomme le grand marais forme par le fleuve Nigeir, Nigritis (cf., en parallèle, le rapport entre l’hydronyme Ge(i)r/Gir/Giris et les Girrei/Girrhaei*). Contrairement à Méla, Pline (V, 43) fait des Nigritae un peuple de l’intérieur des terres, à l’opposé des Perorsi* qui touchent à l’océan. Ptolémée (IV, 6, 5 : 743) fait état des Nigritae parmi les peuples majeurs de Libye intérieure. Il les situe au nord du Nigeir et à l’est des Daradae* qui sont établis à l’embouchure du fleuve homonyme (oued Dra*).

Le Niger et le Nil, deux fleuves parfois tantot distincts tantot connectés littéralement ou au moins souterainnement selon les auteurs classiques paiens et chrétiens :

La mention du fleuve Nigris par Pline n’est pas d’un grand secours pour localiser les Nigritae. En effet, le Nigris qu’il signale en V, 30, semble situé en une toute autre région que celle qu’il mentionne en V, 44, et indirectement en V, 43 (cf. encore VIII, 77 : le fons Nigris, chez les Éthiopiens Hesperii, qui serait aussi l’origine du Nil, et V, 52 : Nigrum [acc.], mais Solin, 32, 5 : Nigrim. En tout état de cause, il ne doit pas s’agir d’une « source noire »). Selon toute vraisemblance, le flumen Nigris de V, 30, qui sert d’horizon administratif à la province d’Afrique, correspond plutôt au Γείρ de Ptolémée (IV, 6, 4 : 739 ; 5 : 743 ; 12 : 752) et au Giris de la Table de Peutinger « que certains appellent Nil » (segm. VII, 2, et VIII, 1 ; sur Giris comme autre nom du Nil, cf. Pline, V, 53). En revanche le Nigris relativement proche de l’Atlantique (V, 44) correspond au Νίγειρ de Ptolémée (IV, 6, 4 : 741 ; 5 : 743 ; 8 : 749), et peut-être, pour partie, au fleuve Ger rencontré par Suétonius Paulinus lors de sa campagne dans l’actuel Atlas marocain (Pline, V, 15) ; une fraction du haut Nil (Dyris) venu de l’Atlas s’appelle Nigir, selon Vitruve, VIII, 2, 6 ; le Ravennate, passim, nomme Ger le Giris de la Table de Peutinger). Il ne faut pas s’étonner de ces flottements. D’une part, les tenants de l’origine occidentale du Nil imaginaient un ensemble de pertes et de résurgences dans le désert qui permettait de relier idéalement au Nil, en un seul système, un certain nombre d’oueds sahariens indépendants les uns des autres jusqu’en Maurétanie océanique ; d’autre part, les hydronymes Ge(i)r, Gir ou Giris, Nige(i)r ou Nigris semblent reposer sur la même base libyque.

Il est utile, en soutien de l’étymon d’origine Tamacheq, de mentionner que la table de Peutinger ou Table théodocienne mentionne un fleuve africain, le flumen Girin (« fleuve Girin ») et légende : Hoc flumen quidam Grin vocant, alii Nilum appellant, dicitur enim sub terra Etyopium in Nylum ire Lacum, « ce fleuve est nommé Grin, d’autres l’appellent Nil. On dit qu’il coule au sud de (« sous ») l’Éthiopie (« l’Afrique ») et se jette dans le lac du Nil. » Notons qu’en dépit de ces explications, le Girin et le Nil égyptien ne sont pas, topographiquement parlant, reliés par le cartographe antique. Le géographe Léon l’africain au 16 ième siècle parle aussi du fleuve Niger sous le nom de Nil des Soudanais (de l’Ouest) et le distingue du Nil égyptien. Une dernière source antique est à considérer, Pline l’Ancien mentionne en effet dans son Histoire naturelle, à plusieurs reprises, un fleuve Nigris, dont il indique qu’il est la frontière entre l’Afrique (la libye antique) et l’Éthiopie, dans son sens antique, c’est-à-dire le sud de la boucle du Niger. Lui aussi le compare au Nil, en les séparant très nettement. Il place sa source entre deux peuples et indique le nom d’une ville. Il évoque également le récit de Caius Suetonius Paulinus au sujet d’un fleuve saharien nommé Ger3. Cependant, cette dernière mention concerne peut-être plutôt l’Oued Guir. Le Niger a plusieurs noms locaux dont le mandingue Jeliba ou Joliba ou Dhioliba, le songhaï Issa Beri (littéralement: le grand cours d’eau).

La connection imaginaire des fleuves Niger et Nil a fait naitre la fable que Nil qui vient de l’Océan dans l’esprit des géographes anciens car le fleuve Niger prend sa source dans l’Ethiopie (occidentale) et va vers l’Océan (des éthiopiens). L’idée selon laquelle le Nil vient de l’Océan est connue d’Hérodote qui ne le trouve pas crédible. Hérodote rapporte la quète des sources du Nil par les Nasamons qui le place en Libye au dela du pays des pygmées. En identifiant le Pishon biblique au Nil, Rashi s’inscrit évidemment dans la tradition paienne (Juba 2) de la continuété entre le fleuve Niger et le Nil.

L’identification par Flavius de évilat-évilas ou Eviléens aux Gétules (Tamacheq) et l’identiication de Pishon au Nil (des soudanais de l’Ouest ou des éthiopiens ?) par Rashi, prouvent clairement que Pishon ne peut etre que le fleuve Niger qui est le seul fleuve dont les Tamacheq (Gétules ou évilaious) sont riverain et qui est confondu au Nil. Le fleuve Niger est le seul fleuve dont le nom meme est dans la langue des éviléens ou gétules (Tamacheq). Il est vrai que Flavius dit que le fleuve Pishon est le Gange en Inde, cette confusion a deux sources possibles. La confusion entre évilat (gétules Havilah ou éviléens fils Cush-Ethiopie Gn 10v7) en Afrique avec Evilis fils de Jokthan fils de Héber en Inde. Hérodote dit que les indiens et les éthiopiens sont tous noirs et que leur seul différence est que les indiens ont des cheveux plats ou raides alors que les éthiopiens (dont les gétules ou tamacheq) avaient des cheveux crépus ou frisés. Il y a meme des textes classiques qui disent que les maures sont noirs et qu’ils viennent de l’Inde. La confusion entre les noirs d’Afrique et ceux de l’Inde va jusqu’à la confusion entre les fleuves africains (le Nil ou le Niger) avec le Gange en Inde puis que Alexandre de Macédoine (dit Alexandre le Grand ou Zul-Qarnain dans le Coran) croyaient pouvoir attendre l’Afrique sub-Saharienne (l’Ethiopie) en embarquant sur le Gange ou l’indus. Il est est évident donc que Flavius (ou ses sources) croyait (tout comme Alexandre) que le Gange est une branche du Fleuve Niger car il dit que les éviléens d’Evilat (pays du Fleuve Pishon Gn 2v11) sont les gétules en Afrique et que Pishon est le Gange en Inde au pays des évilis.

 

Steinsaltz on Genesis 2:11

The name of the one is Pishon; it is that which encircles the entire land of Havila, where the gold is found. Pishon is generally identified with the Nile (Selon Rashi).

Pour Rachirabbin français du XIe siècle, dans ses commentaires sur la Bible (sur Genèse 2.114), « Pichon C’est le Nil, le fleuve de l’Égypte. Il est appelé Pichon (du mot pachou signifiant «se répandre») parce que ses eaux, par la bénédiction de Dieu, montent et arrosent le sol. C’est comme dans : «et ses cavaliers se répandent (pachou)» . Autre explication : le Pichon fait pousser le lin (pichtan), ainsi qu’il est écrit à propos de l’Égypte : «ils seront confondus, ceux qui travaillent le lin (‘ovdé pichtim)»« 

Gihôn (en hébreu : גִּיחוֹן, Gi’hon, en grec Γηῶν) est un fleuve mentionné dans la Bible, dans le deuxième chapitre de la Genèse (Gn 2,11 & 12). Selon la Genèse, le Gihon ou le Nil, « contourne le pays de Koush« , un nom lié soit à l’Éthiopie sub-égyptienne (le Soudan du Nord), était l’un des quatre fleuves qui abreuveraient le jardin d’Éden, les trois autres étant :

  • le Pishon (fleuve Niger) qui traversait le pays de Havilah (Gétulie ou pays des Tamacheq Niger selon Flavius) où on trouve de l’or du bdellium et la pierre d’Onyx«  ;
  • le Tigre « qui passe à l’Est d’Assur«  ;
  • l’Euphrate qui coulent en plein milieu de la région de Mésopotamie et qui actuellement traversent la Turquie, la Syrie et l’Irak ;

Le Nil 

  • L’historien juif Flavius Josèphe, dans ses Antiquités judaïques2 (fin du Ier siècle), a associé le fleuve de Gihon (qu’il appelle « Geon ») au Nil. Cependant, dans la Bible, un mot hébreu tout à fait différent est employé pour localiser le Nil. De plus, même en ce temps, on se doutait que le Nil ne pouvait avoir la même source que le Tigre et l’Euphrate. On notera tout de même que le fleuve d’Abay constitue la portion supérieure du Nil bleu[réf. nécessaire].
  • Sévérien de Gabala, se basant sur Jérémie 2.18 dans la traduction grecque de la Septante3, identifie le Gihon avec le Nil.
  • Paul Orose : « La Basse-Égypte est limitée à l’est par la Syrie et la Palestine, à l’ouest par la Libye, au nord par la Mare Nostrum, au sud par la montagne appelée Climax, la Haute-Égypte et le Nil. Ce fleuve semble prendre sa source au rivage où commence la mer Rouge, à l’endroit appelé Mossylon Emporium. De là, il coule vers l’ouest sur une longue distance, formant en son milieu l’île de Méroé ; enfin, s’inclinant vers le nord, gonflé par les crues saisonnières, il arrose les plaines d’Égypte. Certains auteurs disent qu’il prend sa source non loin du mont Atlas et disparaît peu à peu dans les sables, d’où, après un court intervalle, il se jette dans un vaste lac, puis glisse vers l’est à travers le désert d’Éthiopie vers l’Océan, et enfin, tournant à gauche, coule vers l’Égypte. Il existe en vérité un grand fleuve de ce genre qui a telle origine et tel cours et qui engendre vraiment tous les monstres du Nil. Les barbares qui habitent près de sa source l’appellent Dara, mais les autres habitants l’appellent Nuhul. Ce fleuve, cependant, est englouti dans un immense lac dans le pays des peuples appelés Libyens-Égyptiens, non loin de l’autre fleuve qui, comme nous l’avons dit, jaillit du rivage de la Mer Rouge, à moins que, comme cela peut être le cas, il ne se déverse d’un canal souterrain dans le lit de ce fleuve qui descend de l’est.
  • Saint Augustin, Livre VIII Le Paradis Terrestre : « CHAPITRE VII. DES FLEUVES QUI ARROSAIENT LE PARADIS TERRESTRE.

…13 « Il sortait d’Eden un fleuve qui arrosait le jardin et delà il se divisait en quatre fleuves. Le nom du premier est Phison; c’est celui qui coule autour de tout le pays d’Evilath, où il y a de l’or : et l’or de le pays-là est bon. C’est là aussi que se trouve le bdellion et la pierre d’onyx. Le nom du second fleuve est Géon ; c’est lui qui coulé autour de tout le pays d’Ethiopie. Le nom du troisième fleuve est le Tigre ; c’est celui qui coule vers l’Assyrie. Et le quatrième fleuve est l’Euphrate (1). »

Faut-il m’évertuer à prouver que ce sont là de véritables fleuves plutôt que des fleuves imaginaires destinés à servir de symboles, quand leur réalité est indiquée par leurs noms seuls, si connus dans les pays qu’ils baignent et répandus pour ainsi dire dans le monde entier? Le temps :. a changé le nom primitif de deux de ces fleuves; de même que le Tibre s’est d’abord appelé l’Albula, le Nil et le Gange sont les noms modernes du Géon et du Phison : quant au deux autres ils portent encore le même nom que dans les anciens temps. Or, si leur existence est avérée, ne devons-nous pas également entendre à la lettre tous les récits de l’Ecriture, et y voir, au lieu de pures allégories, des évènements historiques qui cachaient un sens figuré? Assurément une parabole peut emprunter une couleur historique à des circonstances qui n’ont rien de réel, par exemple, celle où le Seigneur raconte qu’un homme, qui allait de Jérusalem à Jéricho, tomba entre les mains des voleurs (2). Comment ne pas voir que c’est là une parabole et que le langage est allégorique d’un bout à l’autre Cependant les deux villes qui y sont nommées sont véritables et peuvent encore aujourd’hui se voir dans la Judée. Nous expliquerions de la même manière les quatre fleuves, si nous étions obligés d’interpréter au sens figuré tous les détails que l’Ecriture nous transmet sur le Paradis terrestre; (Gen. II, 10-14. — 2. Luc, X, 30) mais comme nous n’avons aucun motif pour ne pas prendre à la lettre les faits à leur origine, pourquoi ne pas s’attacher avec simplicité à l’autorité de l’Ecriture, quand elle raconte des évènements d’un caractère éminemment historique, en passant de la connaissance de la réalité au sens figuré qu’elle peut renfermer?

14. Faut-il nous arrêter, à l’objection que, sur ces quatre fleuves, les uns ont une source connue, les autres une source cachée, et que par conséquent il est littéralement impossible qu’ils sortent de l’unique fleuve du Paradis? Loin de là la situation du Paradis terrestre étant une énigme pour l’esprit humain, il faut croire que le fleuve qui arrosait le Paradis se divisait en quatre bras, selon le témoignage incontestable de l’Ecriture; quant aux fleuves dont les sources, dit-on, sont connues, ils ont disparu quelque part sous terre, et, après avoir parcouru un long circuit, ils ont reparu en d’autres pays où ils passent pour prendre leur source. Qu’y a-t-il de plus fréquent que ce phénomène? Mais on ne le connaît que pour les cours d’eaux qui ne restent pas longtemps cachés sous la terre. Ainsi un fleuve sortait d’Eden, c’est-à-dire, d’un lieu de déliées; ce fleuve arrosait le Paradis, en d’autres termes, les arbres magnifiques et chargés de fruits qui ombrageaient tout l’espace compris dans ce parc.

  • Jean de Mandeville dans son livre4 (rédigé entre 1355 et 1357) identifie aussi ce fleuve (qu’il nomme Gyson) au Nil. Il estime qu’il sort du paradis terrestre (selon lui situé entre les déserts de l’Inde), puis coule longtemps sous terre avant de sortir d’une haute colline, Alothe, entre l’Inde et l’Éthiopie. Ensuite, il entoure toute l’Éthiopie (la boucle du Niger) et la Mauritanie et finit sa course en Égypte.

Histoire Naturele Livre V

V . [7] la ville de Tabidium, la nation Niteris, la ville de Negligemela, la nation où la ville de Bubéium, la nation Enipi, la ville Thuben, la montagne appelée niger (niger), Nitibrum et Rapsa, villes, la nation Discera, la ville Debris, le fleuve Nathabur, la ville Thapsagum, la nation Nannagi, la ville Boin, la ville Pège, le fleuve Dasibari, puis les villes contiguës de Baracum, de Buluba, d’Alasi, de Balsa, de Galla, de Maxala, de Zizama; le mont Gyri, qui, d’après le titre de l’image, produit des pierres précieuses. Jusqu’à présent on n’avait aucun chemin tracé menant aux Garamantes, attendu que les brigands de cette nation recouvrent de sable des puits qu’on trouve sans creuser beaucoup, si l’on a la connaissance des lieux.

Le conte nigérien sur lorigine du Tifinah : l’écriture Tamacheq :

Le conte de Anigouran l’inventeur de Tifinaɣ A proximité des gravures rupestres, on peut voir dans le massif de l’Aïr, (ou Ayăr, est un massif montagneux situé au Niger, en Afrique, dans l’écorégion du Sahara) de nombreuses inscriptions en tifinagh, l’écriture touarègue. En marge de toute analyse scientifique, la tradition orale des kel Tamasheq attribue ces signes à un ancêtre mythique, Anigouran( ou Aligouran, ou bien encore Arigoullan). Anigouran apparaît dans de nombreux récits qui mettent en scène des aventures dans lesquelles son intelligence exceptionnelle et sa ruse lui permettaient toujours de s’en sortir. On raconte aussi, sa grande rivalité avec son neveu Adelasegh, dont la grande perspicacité provoquait sa jalousie. Anigouran eut la charge de ses deux neveux( Adelasegh et sa soeur) après la mort de leur mère. Plus tard, il se mit à enseigner le tifinagh à son neveu et à son fils, mais il constata que ce dernier avait l’esprit borné, alors qu’Adelasegh était très doué. Avec le temps, il devient son rival, il était le seul à pouvoir résoudre les énigmes qu’il posait à son entourage. Ne plus pouvoir surpasser son neveu, Anigouran se mit à compliquer l’alphabet tifinagh , en y ajoutant des lettres et en l’écrivant selon un code particulier. Ce qui rend de nos jours encore, incompréhensibles les gravures que l’on trouve partout dans l’Aïr. La rivalité devenait de plus en plus intense, et il eut une période de duels mémorables durant laquelle les deux savants s’affrontèrent. A plusieurs reprises, Anigouran tenta de piéger et de tuer Adelasegh, et à sa dernière tentative, ses deux neveux furent capturés par des brigands. Satisfait puis attristé, Anigouran passait ses jours à inventer de nouvelles énigmes que personne n’arrivait à résoudre et on fait de lui l’inventeur mythique de plusieurs jeux pratiqués jusqu’à nos jours. Finalement, rongé par le regret et le manque, il décida de se réconcilier avec son neveu. Ne parvenant pas à retrouver leur trace; Anigouran grava sur les rochers du désert des messages codés en tifinagh que seuls Adelasegh et sa sœur pouvaient décoder, et ce, afin de leur indiquer le chemin du retour vers son campement. Ce qui explique la présence actuelle d’inscriptions en tifinagh dans le désert. Vous pouvez retrouver les merveilleuses aventures d’Anigouran dans le livre : Contes et légendes touaregs du Niger. recueillis par Laurence Rivaillé et écrits par Pierre-Marie Decoudras.

Selon Diodore, les Touaregs ou Tamacheq au sud et à l’Ouest de Siwah (ammonite) sont des éthiopiens :

Diodore HU Livre XVII

49 … [6] Le roi interpréta cet augure en bonne part ; et jugeant que le dieu du temple l’attendait avec plaisir, il hâta sa marche et aborda à un marais nommé le marais amer. De là faisant encore cent stades, il entra dans un lieu qu’on appelait les villes d’Hammon (Oasis de Siwah) ; d’où faisant encore un jour de marche, il se trouva auprès du temple. 50 Il est entouré d’un désert aride, sablonneux et sans aucune trace d’habitation d’homme. Mais le temple même est au milieu d’un terrain d’environ cinquante stades de long et de large, qui est arrosé par un grand nombre de fontaines d’eau claire et limpide, entre lesquelles aussi on voit des arbres chargés de fruits de toute espèce. On respire un air de printemps dans cet espace seul et privilégié, quoiqu’environné au loin de déserts arides et couverts de sables brûlants. [2] Les habitants du lieu disent que le temple a été bâti par l’Égyptien Danaüs. Il a pour voisins à son midi et à son couchant les Éthiopiens (les Touaregs ou Tamacheqs du Niger et de la Libye), au nord les peuples nomades libyens (Livýon nomadikón éthnos), ainsi nommés des troupeaux qu’ils font paître ; et au midi les Nasamomes (fils de la nymphe Tritonis, ce sont les Toubous du Soudan, Tchad et Libye). [3] Les maisons des Ammonites (éthiopyégyptiens selon Hérodote) ou desservants du temple ne semblent former que des villages. Mais il y a au milieu de leurs habitations une citadelle environnée d’un triple mur. Dans la distance du premier ou de l’extérieur au second, est le palais ou la demeure des anciens rois. Du second au troisième sont les appartements des femmes, des enfants et de tous les parents du roi. Là commencent les fortifications particulières du temple, son parvis, la fontaine sacrée où on lavait les victimes avant que de les immoler. Au-delà du troisième mur est le logement des satellites ou gardes du roi. [4] À quelque distance du temple principal et hors de la citadelle, il y a un autre temple d’Hammon environné d’arbres touffus qui en dérobent presque la vue.

Les gétules selon Diodore et Flavius : Les gétules sont noirs,

Diodore HU Livre XVII

49 … [6] Le roi interpréta cet augure en bonne part ; et jugeant que le dieu du temple l’attendait avec plaisir, il hâta sa marche et aborda à un marais nommé le marais amer. De là faisant encore cent stades, il entra dans un lieu qu’on appelait les villes d’Hammon (Oasis de Siwah) ; d’où faisant encore un jour de marche, il se trouva auprès du temple. 50 Il est entouré d’un désert aride, sablonneux et sans aucune trace d’habitation d’homme. Mais le temple même est au milieu d’un terrain d’environ cinquante stades de long et de large, qui est arrosé par un grand nombre de fontaines d’eau claire et limpide, entre lesquelles aussi on voit des arbres chargés de fruits de toute espèce. On respire un air de printemps dans cet espace seul et privilégié, quoiqu’environné au loin de déserts arides et couverts de sables brûlants. [2] Les habitants du lieu disent que le temple a été bâti par l’Égyptien Danaüs. Il a pour voisins à son midi et à son couchant les Éthiopiens (les Touaregs ou Tamacheqs du Niger et de la Libye), au nord les peuples nomades libyens (Livýon nomadikón éthnos), ainsi nommés des troupeaux qu’ils font paître ; et au midi les Nasamomes (fils de la nymphe Tritonis, ce sont les Toubous du Soudan, Tchad et Libye). [3] Les maisons des Ammonites (éthiopyégyptiens selon Hérodote) ou desservants du temple ne semblent former que des villages. Mais il y a au milieu de leurs habitations une citadelle environnée d’un triple mur. Dans la distance du premier ou de l’extérieur au second, est le palais ou la demeure des anciens rois. Du second au troisième sont les appartements des femmes, des enfants et de tous les parents du roi. Là commencent les fortifications particulières du temple, son parvis, la fontaine sacrée où on lavait les victimes avant que de les immoler. Au-delà du troisième mur est le logement des satellites ou gardes du roi. [4] À quelque distance du temple principal et hors de la citadelle, il y a un autre temple d’Hammon environné d’arbres touffus qui en dérobent presque la vue.

Antiquité judaique Livre 1 : Les Gétules (Tamacheq noirs) étaient noirs koushites (éthiopiens cad soudanais occidental) :

« CHAPITRE VI

2. [130] Les enfants de Cham occupèrent les pays qui s’étendent depuis la Syrie et les monts Amanos et Liban jusqu’à la mer (Méditerranée) d’une part, et jusqu’à l’Océan de l’astre. Les noms de quelques-uns de ces pays se sont perdus tout à fait ; d’autres, altérés ou changés en d’autres noms sont méconnaissables ; peu se sont gardés intégralement. Des quatre fils de Cham, l’un, Chous(os), a vu son nom épargné par les siècles : les Éthiopiens, ses sujets, s’appellent eux-mêmes encore aujourd’hui et sont appelés par tout le monde en Asie Chouséens. Les Mestréens, eux aussi, ont vu leur nom demeurer, car nous appelons tous, dans ces pays, l’Égypte Mestré et les Égyptiens Mestréens. Phout(ès)[122] fonda la Libye et nomma de son nom les habitants Phoutiens. Il y a même un fleuve dans le pays des Maures qui a ce nom : plusieurs historiens grecs en font mention, ainsi que du pays qu’il baigne, la Phouté. Mais ce pays a changé de nom ; celui qu’il a aujourd’hui vient d’un des fils de Mestraïm[123], Libys[124] ; je dirai prochainement pourquoi on en est venu à l’appeler aussi Afrique. Chanaan(os)[125], quatrième fils de Cham, s’établit dans le pays qui est aujourd’hui la Judée ; il l’appela de son nom Chananée. Ces fils de Cham eurent des fils à leur tour. Chous en eut six : Sabas donna naissance aux Sabéens, Évilas (Εὐίλας=Evílas) aux Éviléens (Εὐιλαίους=Evilaíous), les Gétules d’aujourd’hui (dans LXX : Gn 2v11 évilat, 10v7 évila, Chr 1v9 évilat ; dans TM : Gn 2v11 havilah, 10v7 havilah, Chr 1v9 havilah) ; Sabath(ès)[126] aux Sabathéniens, que les Grecs appellent Astabariens ; Sabacathas[127] aux Sabacathéniens ; Regmos[128] fonda les Regméens ; il eut deux fils : Joudad(as)[129] qui fonda les Joudadéens, peuple de l’Éthiopie occidentale, auxquels il donna son nom ; Sabéos les Sabéens. Nemrod, fils de Chous, resta parmi les Babyloniens, dont il fut le tyran, comme je l’ai déjà indiqué antérieurement. Mestraïm eut huit fils, qui occupèrent tous les pays qui s’étendent depuis Gaza jusqu’à l’Égypte; Phylistin(os) est le seul dont le pays ait conservé le nom ; les Grecs appellent, en effet, Palestine la part qui lui échut. Quant aux autres, Loudiim(os), Enémétiim(os) et Labiim(os)[130], qui seul s’établit en Libye et donna ainsi son nom à la contrée, Nédem(os)[131], Phéthrosim(os)[132], Chesloïm(os) et Chephthorim(os)[133], on ne sait rien d’eux, hormis leurs noms ; car la guerre éthiopienne dont nous parlerons plus tard[134] a ruiné leurs villes, Chanaan eut aussi des fils : Sidon, qui bâtit en Phénicie une ville, à laquelle il donna son nom et que les Grecs encore aujourd’hui nomment Sidon ; Amathous[135], qui bâtit Amathous, que ses habitants appellent encore aujourd’hui Amathe (Hamath) ; les Macédoniens l’ont appelée Épiphanie du nom d’un des épigones. Aroudaios eut l’île d’Arados[136] ; Arucéos[137] habitait Arcé dans le Liban. Des sept autres, Evéos, Chetlaios[138], Jebouséos, Amorréos, Gergéséos, signés dans les Saintes Écritures : les hébreux détruisirent leurs villes, et voici la raison de leurs malheurs. …

4[140]. [143] Sem, le troisième fils de Noé, eut cinq fils, qui habitèrent l’Asie jusqu’à l’océan Indien, en commençant à partir de l’Euphrate. Élam(os) eut pour descendants les Élaméens, ancêtres des Perses. Assour(as) fonde la ville de Ninos et donne son nom a son peuple, les Assyriens, qui eurent une fortune exceptionnelle. Arphaxad(ès) nomma ses sujets Arphaxadéens ; ce sont les Chaldéens d’aujourd’hui. Aram(os) fut le chef des Araméens, que les Grecs appellent Syriens ; ceux qu’ils appellent aujourd’hui Lydiens étaient autrefois les Loudiens, fondés par Loud(as)[141]. Des quatre fils d’Aram(os), l’une Ous(os), fonde la Trachonitide et Damas, située entre la Palestine et la Cœlé-Syrie. Oul(os) fonde l’Arménie, Gather(os) les Bactriens, Mésas[142] les Mésanéens; leur ville s’appelle aujourd’hui Spasinou Charax. Arphaxadès fut père de Salès[143] et celui-ci d’Hébér(os). D’après son nom, les Judéens étaient appelé Hébreux dans le principe. Hébér fut père de Jouctas et de Phaléc(os), qui fut appelé ainsi parce qu’il naquit lors du partage des territoires : phalec, Hébreu, veut dire partage. Ce Jouctas, fils d’Hébér, eut pour fils Elmôdad(os), Saléph(os), Azermôth(ès)[144], Iraês[145], Adôram(os), Aizèl(os), Déclas, Ebal(os)[146], Abimaë(los), Sabeus, Ophairès, Evilis (Εὐίλης, dans LXX : Gn 10v29 évilat (TM havilah), 25v18 ‘Ismael depuis évilat (TM havilah) jusqu’à Sur’, 1 Chrn 1v19-23 absent (TM havilah), 1 Sam 15v7 ‘Ismael depuis évilat (TM havilah) jusqu’à Sur’), Jôbab(os). Ceux-ci, à partir du fleuve Côphen, habitent quelques parties de l’Inde et de la Sérique, qui y confine.
Voilà ce qu’on peut rapporter des enfants de Sem.

Flavius AJ Livre I, CHAPITRE XV

Prospérité d’Abraham et de Chetoura.[238] Abram[236] épouse plus tard Chetoura, qui lui donne six fils d’une grande vigueur au travail et d’une vive intelligence : Zambran(ès)[237], Jazar(ès)[238], Madan(ès), Madian(ès), Lousoubac(os)[239], Soùos[240]. Ceux-ci engendrèrent aussi des enfants : de Soùos[241] naissent Sabakan(ès)[242] et Dadan(ès)[243] et de celui-ci Latousim(os), Assouris et Lououris[244]. Madan[245] eut Ephâs, Ophrès (Afer en hébreux Gn 25v1-4), Anôch(os), Ebidâs[247], Eldâs[248]. Tous, fils et petits-fils, allèrent, à l’invitation d’Abram, fonder des colonies ; ils s’emparent de la Troglodytide et de la partie de l’Arabie heureuse qui s’étend vers la mer Erythrée. On dit aussi que cet Ophren fit une expédition contre la Libye, s’en empara et que ses descendants s’y établirent et donnèrent son nom au pays qu’ils appelèrent Afrique. Je m’en réfère à Alexandre Polyhistor, qui s’exprime ainsi [249] : « Cléodème le prophète, surnommé Malchos, dans son histoire des Juifs, dit, conformément au récit de Moïse, leur législateur, que Chetoura donna à Abram des fils vigoureux. Il dit aussi leurs noms ; il en nomme trois : Aphéras, Sourîm, Japhras. Sourîm donna son nom à l’Assyrie, les deux autres, Aféras et Japhras, à la ville d’Afra et à la terre d’Afrique. Ceux-ci ont combattu avec Hercule contre la Libye et Antée ; et Hercule, ayant épousé la fille d’Afra, aurait eu d’elle un fils Didôros, duquel naquit Sophôn ; c’est de lui que les Barbares tiennent le nom de Sophaques ».

»

Targum de Jonathan Genèse 10

And the sons of Cham, Kush, and Mizraim, and Phut, and Kenaan. And the name of their provinces, Arabia, and Mizraim, and Alichrok, and Kenaan. And the sons of Kush, Seba, and Havilah, and Sabta, and Raama, and Sabteka, and the name of their provinces, Sinirai, and Hindiki, and Semadi, and Lubai, and Zingai. And the sons of Mauritinos, Zmargad and Mezag.

Noter que Afer fils de Madian est fils de Cham et non fils d’Abraham de Gn 25v1-6, 1 Chrn 1v32-33 voir aussi Gn 10v7-12, Habacuk 3v7, Nbr 12v1, Exode 3v1, 4v25, 18v1 où les fils de Coush : Séba, Dedan, Assur pas leuco-syriens Gn 10v10-11, 25v3 et Madian père de Afer etc sont attribués à Abraham qui avait pas plus de deux fils Gn 25v9, Gal 4v22 : Ismael et Isaac. Gn 25v1-6 et 1 Chrn 1v32-33 n’ont aucune citation ou alusion directes ou indirecte nulle part ailleur et que ces passages ne sont pas retrouvés à Qumran ni en fragment, ni en commentaire, ni sous forme de midrashim.

Dans la bible antique Sefer Jasher 7v14 et 28v22, Epher ou Aféra est fils de Heth fils de Canaan. Dans Tite-Live où le mot Afrique ou africain est apparu pour la premères fois, le mot afrique est synonyme de Libyens au sens large d’Hérodote. Chez Sylax (Pseudo-Sylax) et Hérodote, la libye est clairement égale à tout le continent africain. Tite-live associe le mot Afrique ou africains aux libyens (des noirs) et aussi aux phéniciens (cananéens carthaginois noirs).

De meme, les africains ammonites = cananéens (Originaire de l’Oasis de Siwa Esdras 9v1 contre Exode 3v8, Josué 3v10, Gn 15v18-21) sont aussi transformés en des descendants de Lot dont Abraham est l’oncle dans les fables de la Genèse. Il y a meme des arguments bibliques qui prouve que les ammonites sont plutôt des cananéens car Milcom leur Dieu est un dieu cananéen ou phénicien (1 R 11v5,33, 2 R 23v13). Deuteronome 2v19 est, en dehors de Genèse 19v38, le seul passage biblique qui fait des ammonites des descendants de Lot neuveux de Abraham. On observe aussi qu’en dehors de ces passages, les ammonites et les moabites sont toujours cités à coté des peuples descendants de Canaan (Juges 3v13, 10v6-11, 1 R 11v5,33, 2 R 23v13). Esdras 9v1 dit clairement que les Ammonites sont des cananéens donc des descendants de Ham (Hammon ou Ammon père d’Osiris).

Le mot Afrique vient de Ephar (Afar) un fils de Heth petit fils de Canaan (les phéniciens) originaires de la corne de l’Afrique selon Hérodote :

Sefer Jasher : (Gn 10v15, 26v34-35, 27v45-46) 7v14 Les fils de Canaan: Sidon, Heth, Leboussi, Emori, Guigarshi, Hivi, Harqi, Sini, Arvadi, Semari et Hamati. Voilà les fils de Cham, selon leurs familles. … 28v22 Ésaü vit dans le pays de Séir la fille d’un homme de Canaan, son nom était Jehudith, fille de Beéri, fils d’Epher, des familles de Heth, fils de Canaan.

Selon la Bible, les pharaons Tamacheq ou berbères Machouach de la XXII ème dynasie étaient noirs selon la bible car Osorko est appelé éthiopien ou couchite par la bible :

2 Chroniques 12:2,3 La cinquième année du règne de Roboam, Schischak, roi d’Egypte, monta contre Jérusalem, parce qu’ils avaient péché contre l’Eternel.…

2 Chroniques 14:9 Zérach (Ozorko), l’Ethiopien, sortit contre eux avec une armée d’un million d’hommes et trois cents chars, et il s’avança jusqu’à Maréscha.

2 Chroniques 16:8 Les Ethiopiens et les Libyens ne formaient-ils pas une grande armée, avec des chars et une multitude de cavaliers? Et cependant l’Eternel les a livrés entre tes mains, parce que tu t’étais appuyé sur lui.

Selon Hérodote, les Tamacheq d’Egypte, c’est-à-dire les ammoniens de Siwah Mechouech dont Shéshonk et Osorko étaient des pharaonss noirs éthiopiens :

Plus à l’ouest, les Ammoniens ou habitants de l’oasis de Syouah (Siwa), étaient, selon Hérodote (II, 42), des descendants de colons égyptiens (noirs) et éthiopiens (noirs) qui parlaient une langue intermédiaire entre l’égyptien et l’éthiopien, une langue berbère. C’était donc une population noire. Les habitants de Siwah parlent encore ce dialecte berbère. La génétique des populations prouve qu’ils sont purement de race sub-sahariens (haplogroupe A/B, E1b1a et R-V88 qui caractérise Haoussa, les peulhs et les Touaregs noirs du Niger, du Burkina et du Nord-Est Mali) et donc noirs à l’origine et n’ont rien à avoir avec les berbères blancs kabyles (E-M81).

Hérodote livre 4

CXCVII. Tels sont les peuples de Libye dont je peux dire les noms. La plupart ne tenaient pas alors plus de compte du roi des Mèdes qu’ils ne le font encore à présent. J’ajoute que ce pays est habité par quatre nations, et qu’autant que je puis le savoir, il n’y en a pas davantage. De ces quatre nations, deux sont indigènes et deux sont étrangères. Les indigènes sont les Libyens et les Ethiopiens. Ceux-là habitent la partie de la Libye qui est au nord, et ceux-ci celle qui est au midi : les deux nations étrangères sont les Phéniciens et les Grecs.

Hérodote livre 2

XLII. « … Cette coutume a passé des Égyptiens aux Ammoniens. Ceux-ci sont en effet une colonie d’Égyptiens et d’Éthiopiens, et leur langue (le Tamacheq de Siwah) tient le milieu entre celle de ces deux peuples (l’Egyptien et le Tamacheq). Je crois même qu’ils s’appellent Ammoniens parce que les Égyptiens donnent le nom d’Amon (Amoún) à Zeus (Zeus-Hammon ou Ham de la Bible). Les Thébéens regardent, par cette raison, les béliers comme sacrés, et ils ne les immolent point, excepté le jour de la fête de Jupiter. …. XCIX … Ménès, leur premier roi, fit bâtir, au rapport des mêmes prêtres, la ville qu’on appelle aujourd’hui Memphis, dans l’endroit même d’où il avait détourné le fleuve, et qu’il avait converti en terre ferme ; car cette ville est aussi située dans la partie étroite de l’Égypte. Le même lit creuser au nord et à l’ouest de Memphis un lac qui communiquait avec le fleuve, n’étant pas possible de le faire à l’est, parce que le Nil s’y oppose ; enfin il éleva dans la même ville un grand et magnifique temple en l’honneur de Vulcain. C. Les prêtres me lurent ensuite dans leurs annales les noms de trois cent trente autres rois qui régnèrent après lui. Dans une si longue suite de générations, il se trouve dix-huit Éthiopiens (dont les pharaons berbères noirs Tamacheq y compris Ozoko fils de Shéshonk appelé éthiopien dans la Bible) et une femme du pays ; tous les autres étaient hommes et Égyptiens. »

 

Les contes kabyles rapportés par Frobenius : seuls les tamacheq noirs descendents des pharaons (des égyptiens) :

L’ORALITÉ DES PHARAONS TRANSMISE DE GÉNÉRATION EN GÉNÉRATION PAR DES ANCÊTRES BERBÈRES BLANCS

Malgré la distance géographique et temporelle qui sépare la Kabylie de l’Égypte pharaonique, des similarités ont pu être mises en évidence entre les deux.

– D’un point de vue linguistique d’abord, puisque l’égyptien et le kabyle sont apparentés dans le cadre de ce qui est appelé la famille de langues afroasiatiques à la demande des égyptologues occidentaux.

– D’un point de vue des croyances et de leurs représentations dans l’art, des chercheurs ont comparé des mythes kabyles mettant en scène un bélier portant le soleil entre ses cornes, sa représentation dans des peintures rupestres en Kabylie et du Sahara préhistorique, avec la figure de l’Amon Égypto-Nubien et de l’Ammon Libyen, imaginé comme un bélier ou un homme à tête de bélier avec le soleil sur sa tête.

LES CONTES KABYLES DE FROBENIUS

Les mythes kabyles en question ont été relevé par Leo Frobenius (1873-1938). C’est vraisemblablement dans les années 1910 que cet anthropologue et aventurier allemand a collecté des contes auprès de populations kabyles (Pagin 1998 :27).

118 récits populaires kabyles ont ainsi été rapportés dans 29 manuscrits rédigés par Frobenius. Parmi eux se trouve Feraon und die Neger (=Ferraun et les Nègres) publié pour la première fois en allemand dans le volume 1 de Volksmärchen der Kabylen (récits populaires des Kabyles) intitulé « Weisheit (sagesse) » en 1921. Ce n’est qu’en 1995 que ce volume fut traduit en français par Mokran Fetta sous le titre « Contes Kabyles ». Ferraun et les Nègres (sic) a été classé par Breteau et Roth comme prenant place dans un temps légendaire et faisant partie d’une série disparate parmi les autres contes.

LE NOM DE FERAON (FERRAUN)

Elle met en scène le géant « Feraon » ou « Ferraun », qui en arabe signifie « Pharaon ». En Kabyle, qui comme le Sémitique, l’Égyptien et d’autres du continent africain est une langue construisant ses mots sur la base d’une suite de consonnes lui donnant un sens large ainsi que différentes suites de voyelles qui réduisent ce sens en lui donnant notamment des propriétés grammaticales particulières.

En Kabyle en particulier et en Berbère en général, il existe bien une racine [F-R-N] associée à l’idée de « choisir », de « trier », « d’élire », mais aucune suite de voyelles correspondant à celles de « Ferraun » ne peut à ma connaissance être utilisées pour justifier l’existence d’un tel nom en kabyle.

Dans son glossaire kabyle relatif aux textes de Frobenius, Lamara Bougchiche (1998 :301) associe lui aussi « Ferraun » au « Pharaon » égyptien mythique, qui dans les contes berbères apparaît « comme un personnage méchant à l’appétit vorace ». L’identification de Ferraun avec Pharaon est aussi fortement suggérée par son sort dans un autre conte « Feraon et l’ange de la mort ou l’origine des sept mers ». Décrit comme un personnage extrêmement puissant et se croyant invincible mais qui finit par mourir en se noyant. Cette fin rappelle évidemment le sort du Pharaon dans l’Ancien Testament décrit comme s’étant noyé dans la Mer Rouge.

Comme beaucoup d’autres traditions, celle d’un important groupe ethnique berbère d’Algérie, les Kabyles, associe très étroitement les populations noires d’Afrique aux Égyptiens anciens.

LE CONTE RACISTE : « SUR LES FERAONS ET LES NOIRS »

La fonction du conte est d’expliquer plusieurs caractéristiques observées par les Kabyles chez les Noirs qu’ils côtoient. L’explication de ces caractéristiques est croisée avec des croyances historico-légendaires par les conteurs et par la majorité de leur auditoire. Les caractéristiques observées chez les Noirs sont qu’ils mangent beaucoup de haricots noirs, qu’ils vivent dans le désert avec le soleil proche de leurs têtes.

Les croyances historico-légendaires sont que les Noirs sont des descendants de Pharaon. Puis il y a le récit énoncé par le conteur. Celui-ci est exprimé au passé, alors que les croyances historico-légendaires connues de l’auditoire et l’énoncé des caractéristiques qu’observent les Kabyles chez des Noirs le sont au présent.

En français, l’énoncé des caractéristiques observées par les Kabyles chez les Noirs sont introduits par un connecteur logique introduit par « c’est (+ c’est ainsi + et + c’est pourquoi +) alors que la croyance historico-légendaire est introduite par « car » :

()

« En ce temps-là vivait un homme nommé Feraon (ou Ferraün). Feraon mangea un akufin plein d’orge et ne fut pas rassasié. […] Feraon alors mangea des haricots, des haricots noirs. Feraon était friand de haricots noirs. Il mangea goulûment et en grande quantité. […] Il digéra les haricots. Quand il se soulagea, les haricots noirs ressortirent non-digérés. Les haricots noirs devinrent sur terre des noirs (Kémet) ».

« C’est ainsi que les noirs sont nés de Feraon et les noirs jusqu’à aujourd’hui préfèrent les haricots à toute autre nourriture. Quand ils peuvent se procurer des haricots, les noirs laissent de côté de tout couscous et toute viande et ils avalent des haricots ».

« Après que Feraon eût mangé, il eût soif. […] Feraon s’en fut encore plus loin avec sa grande soif et arriva enfin à un grand fleuve. Il se pencha et but, et but, et but. Feraon avait étanché sa soif. Le fleuve pourtant n’avait pas encore diminué, mais s’écoulait au loin, large et profond. Feraon s’emporta contre le fleuve dont il avait bu une si grande quantité et qui pourtant ne baissait pas.

Feraon cria : « Le fleuve serait-il peut-être plus fort que je ne le suis ? » […] Je vais donc le brûler. Car Feraon est plus fort que le fleuve ». Feraon fit un gigantesque feu et charria des forêts d’arbres jusque-là. […] Tous les arbres furent jetés au feu par Feraon. Feraon jeta des arbres en flamme dans l’eau jusqu’à ce qu’elle se fût évaporée et qu’il ne restât qu’un tout petit peu d’eau qui s’évapora au soleil ».

« Feraon anéantit aussi les forêts, et tous les fourrés et les fleuves car il ne voulait pas que le fleuve fût plus fort que lui ».

C’est pourquoi aujourd’hui les nègres vivent dans le désert, là où il faut parfois faire quatorze jours de marche pour trouver une source, et deux mois pour trouver un village. C’est pourquoi les nègres vivent sans être protégés par la forêt dans le sable brûlant, et le soleil n’est qu’à une aune […] A côté de cela, il y a comme au Soudan, la mesure de longueur nephthgirel, qui va de l’épaule jusqu’à la pointe de la main tendue) au-dessus de leurs têtes. Car les nègres sont bien les descendants de Feraon ».

()

Ce conte nous explique donc que le dénommé « Feraon (Pharaon) » a donné naissance aux Noirs. Il l’a fait en déféquant des haricots noirs non digérés qui se transformèrent en Noirs. Le récit qui relate cette création des Noirs à partir d’excréments est une fantaisie négrophobe, mais qui a été inspirée par une observation faite par les Kabyles sur les Noirs. Ils sont particulièrement friands de haricots noirs. Le fait qu’ils vivent dans le désert est expliqué par l’orgueil de « Feraon » qui a brulé toute une forêt et fait évaporer un fleuve à cause de son orgueil.

CONFLIT HISTORIQUE DERRIÈRE « FERAON (PHARAON) ET LES NOIRS »

Lamara Bougchiche (1998 :301) se demande, au sujet de ce personnage de « Feraon » dans la littérature kabyle : « pourrait-il s’agir d’une réminiscence de relations symbiotiques et souvent conflictuelles entre les anciens (Rebou (blancs aux yeux bleus), Temehu (noirs du Sahara), Meschouech (Noirs de Siwa) et les Egyptiens anciens ? ». Si la réponse à la question de Bougchiche se révélait positive, faudrait-il y voir aussi une migration des ancêtres des voisins noirs des Kabyles à partir de l’Égypte pharaonique ? On connaît en effet les théories d’un berceau pharaonique du peuplement de l’Afrique sub-saharienne de Cheikh Anta Diop et de son disciple Aboubacry Moussa Lam.

Ces contes kabyles qui ne demandent qu’à être davantage explorées et argumentées, jouiraient alors d’un nouvel argument qui attestent que les pharaons étaient des noirs, les populations autocthones étaient des noirs. Quoi qu’il en soit, on est ici en présence d’une nouvelle tradition, après celle des Grecs, Latins, Byzantins, Arabes et Juifs, etc. qui assimilent l’Égypte pharaonique aux Noirs d’Afrique.

RÉFÉRENCES :

Lamara Bougchiche : Glossaire kabyle des termes et énoncés figurant dans les chapitres liminaires et dans l’ensemble mythique de du volume I des Volksmärchen der Kabylen

Charles H. Breteau & Arlette Roth / L’ensemble mythique recueilli par Léo Frobenius : un essai de validation

Leo Frobenius / Contes Kabyles

David M. Goldenberg / The Curse of Ham

photo ci-dessous : Berbères noires d’Algérie

Origine des confusions des gobinistes berbériste d’Afrique du Nord :

C’est le général Faidherbe  homme politique et administrateur colonial francais qui a établi pour la première fois (1869, p. 532–542.) une filiation étymologique et ethnologique entre ce « peuple Machauouasch », dans sa dénomination grecque de MacaeMazici, avec les Amazighs6 (sous entendu berbères blancs). Néanmoins elle demeure incertaine. Les Macae et Mazici des textes grecs sont des libyens or pour les grecs notamemnt Hérodote (Livre 2 ch XXII), les libyens sont des noirs. En plus, les berbère d’Egypte (notamment ceux de la 22 ème dynastie) étaient noirs africains (Coushites ou éthiopiens) comme le prouvent la bible (2 Chrn 12v2-3, 14v9 éthiopien Zérach ou Osorko, 2 Chrn 16v8), Hérodote (II, 42) et la génétique des populations (Haplogroupes A/B ou R-V88) sur les habitants berbères de Siwa. Des représentations des Cyrénéens dont font partie les berbères de Siwa en Egypte sont aussi représentés comme de purs noirs sur des artéfacts archéologiques datant du V-ème siecle av EC. Donc il n’y a aucun lien génétique ou de parenté entre les berbères blancs qui sont des descendants berbérophones des numides massilys et les berbères noirs mazics ou machouach qui ont dirigé l’Egypte à la 22 ème dynasie.

https://tribusalgeriennes.wordpress.com/2019/01/01/%d9%83%d8%b4%d9%81-%d8%b9%d9%84%d9%85%d9%8a-%d8%ba%d9%8a%d8%b1-%d9%85%d8%b3%d8%a8%d9%88%d9%82-%d8%ac%d9%8a%d9%86%d8%a7%d8%aa-%d8%b4%d9%8a%d9%86%d8%b4%d8%a7%d9%82-%d9%84%d8%a7-%d8%b9/

Les lybiens et éthiopiens sont noirs : les vrais kémites rémétus libyès thébaios du Sud du Delta et les faux vrais égyptiens perso-assyro-grècque du delta

Hésiode : les libyens étaient des noirs comme les éthiopiens 

Hésiode ( vers le  VIIIe siècle av. J.-C. ) parle de Memnon comme du « roi des Éthiopiens ». [ 7 ] Dans Les Catalogues des femmes , il affirme que le roi égyptien Épaphus était l’ancêtre des noirs, c’est-à-dire les Libyens et les Éthiopiens. Il écrit :

« Les fils de Borée poursuivirent les Harpies jusque dans les contrées des Massagètes et des fiers Demi-Chiens, des hommes du sous-sol et des faibles Pygmées, jusque dans les tribus des immenses Peaux-Noires et des Libyens. La vaste Terre a donné naissance à ces hommes, des devins qui, par la volonté de Zeus, le maître des oracles, connaissent les devins, mais qui sont des trompeurs, afin que les hommes dont les pensées dépassent leur parole soient soumis aux dieux et qu’ils en subissent le mal, les Éthiopiens, les Libyens et les Scythes qui traient leurs juments. Car Épaphus était le fils du tout-puissant fils de Cronos, et de lui sont issus les noirs : Libyens et Éthiopiens à l’âme orgueilleuse, les hommes du sous-sol (noirs arabes ou troglodytes) et les faibles Pygmées. Tous ces hommes sont les descendants du Seigneur, le Tonnerre bruyant. [ 8 ]« 

 

Hérodote : les libyens sont noirs

Hérodote : les libyens sont noirs par la chaleur et les égyptiens thébains (hors delta) se disent de race Libyens, Livre 2 – Euterpe

Hérodote Livre 2

XXII. Le troisième sentiment est le plus faux, quoiqu’il ait un beaucoup plus grand degré de vraisemblance. C’est ne rien dire, en effet, que de prétendre que le Nil provient de la fonte des neiges, lui qui coule de la Libye par le milieu de l’Ethiopie, et entre de là en Egypte. Comment donc pourrait-il être formé par la fonte des neiges, puisqu’il vient d’un climat très chaud dans un pays qui l’est moins ? Un homme capable de raisonner sur ces matières peut trouver ici plusieurs preuves qu’il n’est pas même vraisemblable que les débordements du Nil dérivent de cette cause. La première, et la plus forte, vient des vents ; ceux qui soufflent de ce pays-là sont chauds. La seconde se tire de ce qu’on ne voit jamais en ce pays ni pluie ni glace. S’il y neigeait, il faudrait aussi qu’il y plût ; car c’est une nécessité absolue que, dans un pays où il tombe de la neige, il y pleuve dans l’espace de cinq jours. La troisième vient de ce que la chaleur y rend les hommes noirs, de ce que les milans et les hirondelles y demeurent toute l’année, et de ce que les grues y viennent en hiver, pour éviter les froids de la Scythie. Si donc il neigeait, même en petite quantité, dans le pays que traverse le Nil, ou dans celui où il prend sa source, il est certain qu’il n’arriverait rien de toutes ces choses, comme le prouve ce raisonnement. …

LV. Les prêtresses des Dodonéens rapportent qu’il s’envola de Thèbes en Egypte deux colombes noires ; que l’une alla en Libye, et l’autre chez eux ; que celle-ci, s’étant perchée sur un chêne, articula d’une voix humaine que les destins voulaient qu’on établît en cet endroit un oracle de Jupiter ; que les Dodonéens, regardant cela comme un ordre des dieux, l’exécutèrent ensuite. Ils racontent aussi que la colombe qui s’envola en Libye commanda aux Libyens d’établir l’oracle d’Ammon, qui est aussi un oracle de Jupiter. Voilà ce que me dirent les prêtresses des Dodonéens, dont la plus âgée s’appelait Preuménia ; celle d’après, Timarété ; et la plus jeune, Nicandra. Leur récit était confirmé par le témoignage du reste des Dodonéens, ministres du temple.

LVI. Mais voici mon sentiment à cet égard : s’il est vrai que des Phéniciens aient enlevé ces deux femmes consacrées aux dieux, et qu’ils les aient vendues, l’une pour être menée en Libye, l’autre pour être transportée en Grèce, je pense que celle-ci fut vendue afin d’être conduite dans le pays des Thesprotiens, qui fait partie de la Grèce actuelle, et qu’on appelait alors Pélasgie ; que, pendant son esclavage, elle éleva sous un chêne une chapelle à Jupiter ; car il était naturel que celle qui dans Thèbes avait desservi les autels de ce dieu lui donnât, dans le lieu où on l’avait transportée, des marques de son souvenir, et qu’ensuite elle instituât un oracle ; et qu’ayant appris la langue grecque, elle dit que sa soeur avait été vendue par les mêmes Phéniciens pour être conduite en Libye.

LVII. Les Dodonéens donnèrent, à ce qu’il me semble, le nom de colombes à ces femmes, parce que, étant étrangères, elles parlaient un langage qui leur paraissait ressembler à la voix de ces oiseaux ; mais quelque temps après, quand cette femme commença à se faire entendre, ils dirent que la colombe avait parlé ; car, tant qu’elle s’exprima dans une langue étrangère, elle leur parut rendre des sons semblables à ceux des oiseaux. Comment, en effet, pourrait-il se faire qu’une colombe rendit des sons articulés ? Et lorsqu’ils ajoutent que cette colombe était noire, ils nous donnent à entendre que cette femme était égyptienne.

LVIII. L’oracle de Thèbes en Egypte, et celui de Dodone, ont entre eux beaucoup de ressemblance. L’art de prédire l’avenir, tel qu’il se pratique dans les temples, nous vient aussi d’Egypte ; du moins est-il certain que les Egyptiens sont les premiers de tous les hommes qui aient établi des fêtes ou assemblées publiques, des processions, et la manière d’approcher de la Divinité et de s’entretenir avec elle : aussi les Grecs ont-ils emprunté ces coutumes des Egyptiens. Une preuve de ce que j’avance, c’est qu’elles sont en usage depuis longtemps en Egypte, et qu’elles n’ont été établies que depuis peu chez les Grecs.

CIII. En parcourant ainsi le continent, il passa d’Asie en Europe, et subjugua les Scythes et les Thraces ; mais je crois que l’armée égyptienne n’alla pas plus avant, car on voit chez ces nations les colonnes qu’il y fit ériger, et l’on n’en trouve point au delà. Il retourna ensuite sur ses pas. Quand il fut arrivé sur les bords du Phase, je ne puis assurer s’il y laissa une partie de son armée pour cultiver le pays, ou bien si quelques-uns de ses soldats, ennuyés de la longueur de ces voyages, ne s’établirent point sur les bords de ce fleuve.

CIV. Quoi qu’il en soit, il paraît que les Colchidiens sont Egyptiens d’origine, et je l’avais présumé avant que d’en avoir entendu parler à d’autres ; mais, comme j’étais curieux de m’en instruire, j’interrogeai ces deux peuples : les Colchidiens se ressouvenaient beaucoup mieux des Egyptiens, que ceux-ci ne se ressouvenaient des Colchidiens.

Les Egyptiens pensent que ces peuples sont des descendants d’une partie des troupes de Sésostris. Je le conjecturai aussi sur deux indices : le premier, c’est qu’ils sont noirs, et qu’ils ont les cheveux crépus, preuve assez équivoque, puisqu’ils ont cela de commun avec d’autres peuples ; le second, et le principal, c’est que les Colchidiens, les Egyptiens et les Ethiopiens sont les seuls hommes qui se fassent circoncire de temps immémorial. Les Phéniciens et les Syriens de la Palestine conviennent eux-mêmes qu’ils ont appris la circoncision des Egyptiens ; mais les Syriens qui habitent sur les bords du Thermodon et du Parthénius, et les Macrons, leurs voisins, avouent qu’ils la tiennent depuis peu des Colchidiens. Or, ce sont là les seuls peuples qui pratiquent la circoncision, et encore paraît-il qu’en cela ils ne font qu’imiter les Egyptiens.

Comme la circoncision paraît, chez les Egyptiens et les Ethiopiens, remonter à la plus haute antiquité, je ne saurais dire laquelle de ces deux nations la tient de l’autre. A l’égard des autres peuples, ils l’ont prise des Egyptiens, par le commerce qu’ils ont eu avec eux. Je me fonde sur ce que tous les Phéniciens qui fréquentent les Grecs ont perdu la coutume, qu’ils tenaient des Egyptiens, de circoncire les enfants nouveau-nés.

CV. Mais voici un autre trait de ressemblance entre ces deux peuples : ce sont les seuls qui travaillent le lin de la même façon ; ils vivent de même, et ont aussi la même langue. Les Grecs appellent lin sardonique celui qui leur vient de la Colchide, et lin égyptien celui qu’ils tirent d’Egypte. …

Hérodote Livre 2 Ch. XVIII. Le sentiment que je viens de développer sur l’étendue de l’Égypte se trouve confirmé par le témoignage de l’oracle de Zeus Ammon, dont je n’ai eu connaissance qu’après m’être formé cette idée de l’Égypte. Les habitants de Marée et d’Apis, villes frontières du côté de la Libye, ne se croyaient pas Égyptiens, mais Libyens. Ayant pris en aversion les cérémonies religieuses de l’Égypte (le Delta), et ne voulant point s’abstenir de la chair des génisses (09), ils envoyèrent à l’oracle d’Ammon pour lui représenter qu’habitant hors du Delta, et leur langage étant différent de celui des Égyptiens, ils n’avaient rien de commun avec ces peuples, et qu’ils voulaient qu’il leur fût permis. de manger de toutes sortes de viandes. Le dieu ne leur permit point de faire ces choses, et leur répondit que tout le pays que couvrait le Nil dans ses débordements appartenait à l’Égypte, et que tous ceux qui, habitant au-dessous de la ville d’Éléphantine, buvaient des eaux de ce fleuve, étaient Égyptiens.

Hérodote : les libyens sont noirs de peau comme les éthiopiens :

Hérodote, Livre IV Melpomène

CXCVII. Tels sont les peuples de Libye dont je peux dire les noms. La plupart ne tenaient pas alors plus de compte du roi des Mèdes qu’ils ne le font encore à présent. J’ajoute que ce pays est habité par quatre nations, et qu’autant que je puis le savoir, il n’y en a pas davantage. De ces quatre nations, deux sont indigènes et deux sont étrangères. Les indigènes sont les Libyens et les Éthiopiens. Ceux-là habitent la partie de la Libye qui est au nord, et ceux-ci celle qui est au midi : les deux nations étrangères sont les Phéniciens et les Grecs.

Hérodote : les éthiopiens sont noirs de peau comme les indiens :

Hérodote, LIVRE III. THALIE :

CI. Ces Indiens, dont je viens de parler, voient publiquement leurs femmes, comme les bêtes. Ils sont tous de la même couleur, et elle approche beaucoup de celle des Éthiopiens. La liqueur séminale n’est pas blanche chez eux, comme chez les autres hommes, mais noire (mélaina) comme leur peau, et ressemble à celle des Éthiopiens. Ces sortes d’Indiens sont fort éloignés des Perses ; ils habitent du côté du midi, et n’ont jamais été soumis à Darius.

Hérodote, Histoire Livre VII, Polymnie :

LXIX. Les habits des Arabes étaient amples et retroussés avec des ceintures, ils portaient au côté droit de longs arcs qui se bandaient dans l’un et l’autre sens. Les Ethiopiens, vêtus de peaux de léopard et de lion, avaient des arcs de branches de palmier de quatre coudées de long au moins, et de longues flèches de canne à l’extrémité desquelles était, au lieu de fer, une pierre pointue dont ils se servent aussi pour graver leurs cachets. Outre cela, ils portaient des javelots armés de cornes de chevreuil pointues et travaillées comme un fer de lance, des massues pleines de noeuds. Quand ils vont au combat, ils se frottent la moitié du corps avec du plâtre, et l’autre moitié avec du vermillon. Les Ethiopiens qui habitent au-dessus de l’Egypte et les Arabes étaient sous les ordres d’Arsamès, fils de Darius et d’Artystone, fille de Cyrus, que Darius avait aimée plus que toutes ses autres femmes, et dont il avait fait faire la statue en or, et travaillée au marteau. Arsamès commandait donc aux Ethiopiens qui sont au-dessus de l’Egypte et aux Arabes. …

LXX. Les Ethiopiens orientaux, car il y avait deux sortes d’Ethiopiens à cette expédition, servaient avec les Indiens. Ils ressemblaient aux autres Ethiopiens, et n’en différaient que par le langage et la chevelure. Les Ethiopiens orientaux ont en effet les cheveux droits, au lieu que ceux de Libye les ont plus crépus que tous les autres hommes. Ils étaient armés à peu près comme les Indiens, et ils avaient sur la tête des peaux de front de cheval enlevées avec la crinière et les oreilles. Les oreilles se tenaient droites, et la crinière leur servait d’aigrette. Des peaux de grues leur tenaient lieu de boucliers.

LXXI. Les Libyens avaient des habits de peaux, et des javelots durcis au feu. Ils étaient commandés par Massages, fils d’Oarizus.

Diodore : les Libyens avaient le même teint que les Ethiopiens :

Diodore Livre XX Ch 57

LV. Pendant que les habitants d’Utique bravaient le danger sans s’émouvoir, Agathocle enveloppa toute la place, força un point faiblement fortifié, et pénétra dans l’intérieur de la ville. Emporté par la colère, Agathocle égorgea les habitants qui cherchaient à se réfugier soit dans les maisons soit dans les temples. Les uns furent massacrés sur place, les autres furent saisis et pendus, et même ceux qui s’étaient réfugiés dans les temples n’échappèrent pas à la vengeance du vainqueur. Agathocle s’empara des richesses d’Utique, et laissa une garnison dans la ville. Il marcha ensuite sur Hippoacra (36), ville environnée d’un lac et naturellement très forte. Il poussa vigoureusement le siège de cette place, défit les indigènes dans un combat naval et s’empara de la 164 ville. Il prit de la même façon la plupart des villes maritimes, et se rendit maître des populations de l’intérieur, à l’exception des Numides. Quelques tribus de ces derniers conclurent avec lui un traité d’alliance, tandis que les autres attendaient les événements.

Quatre races différentes se sont partagé le territoire de la Libye : les Phéniciens qui habitaient alors Carthage; les Libophéniciens, en possession de la plupart des villes maritimes et attachés aux Carthaginois par les liens du sang, ce qui leur a valu le nom qu’ils portent; les Libyens, ou l’ancienne race indigène, la plus populeuse, animés d’une haine implacable contre les Carthaginois qui leur ont imposé un joug pesant; enfin, les Numides, qui habitent une grande partie de la Libye jusqu’au désert.

Agathocle avait alors des forces supérieures aux Carthaginois par les alliances qu’il s’était ménagées avec les Libyens ; mais, inquiet des affaires de la Sicile, il fit construire des navires ouverts et à cinquante rames, et y embarqua deux mille hommes d’infanterie. Il laissa à son fils Archagathus le commandement des troupes de la Libye, et retourna lui-même en Sicile. …

Archagathus qui, après le départ de son père, avait pris le commandement de l’armée en Libye, remporta d’abord quelques avantages par l’expédition confiée à Eumachus dans la haute Libye. En effet, Enmachus s’était emparé de Toca, ville considérable, et avait rangé sous son au- 166 torité plusieurs tribus numides des environs. Il prit ensuite d’assaut Phelline, seconde ville du pays, et força à l’obéissance les populations limitrophes, connues sous le nom d’Asphodélodes (37), qui, par le teint de leur peau, ressemblent aux Éthiopiens.

 

(37) L’historien Hérodote (IV, 190) parle de Libyens nomades (νομάδες) qui avaient construit des cabanes avec des tiges d’asphodèles, plantes de la famille des oignons. Dans Hérodote, νομάδες = Nomade ou hommes des peuples de non agriculteurs ayant une vie de vagabondage pour se nourrir. Hérodote décrit donc des libyens (noirs) nomades ou bien agriculteurs, des éthiopiens nomades ou bien agriculteurs, des Scythes (blancs) nomades ou bien agriculteurs ou royaux. Par contre dans Diodore, Νομάδες ou Νομάδων = numides ou berbères blancs. Le mot « nomade » est comparable au mot « arabe » qui servait à désigner les peuples noirs éthiopiens de l’Est du Nil (Voir Strabon) dont les pygmées et les troglodytes d’Afrique de l’Est avant de servir à désigner les peuples blancs de la péninsule arabique. Le mot nomade chez Hérodote désigne donc un mode de vie (non sédentaire ou non-agriculteur) alors que le mot nomade devenu numide (chez Diodore, Tite-Live, Strabon et Pline) désigne un peuple spécifique, les berbères blancs d’Afrique du Nord qui sont des irano-arméniens venu via l’Espagne en Afrique du Nord dans la période punique comme le disent Hiempsal (Salustre), Juba 2 (Strabon, Pline) et Ibn Kaldoun qui lui parle d’une origine palestinienne ou philistine sachant que les Philistins étaient d’origine grec crétois, càd mycéniens et les mycéniens du 2 ème milenaire av Ec sont des peuples de race irano-arménienne selon l’archéologie.

https://remacle.org/bloodwolf/historiens/herodote/melpomene.htm

https://remacle.org/bloodwolf/historiens/herodote/euterpe.htm

https://remacle.org/bloodwolf/historiens/herodote/clio.htm

https://remacle.org/bloodwolf/historiens/diodore/livre20a.htm#36

Les Berbères blancs encore appelés numide dans l’Antiquité sont des grecs mycéniens d’origine irano-armenienne venu via l’Espagne en Afrique dans la période punique.

https://remacle.org/bloodwolf/historiens/herodote/melpomene.htm

https://remacle.org/bloodwolf/historiens/diodore/livre20a.htm#36

Flavius : les libyens sont des noirs (du Fouta : Sénégal, Sud-Mauritanie, Ouest-Mali, Guinée)

Flavius Livre 1 CHAPITRE VI … 2. [130] Les enfants de Cham occupèrent les pays qui s’étendent depuis la Syrie et les monts Amanos et Liban jusqu’à la mer (Méditerranée) d’une part, et jusqu’à l’Océan de l’astre. Les noms de quelques-uns de ces pays se sont perdus tout à fait ; d’autres, altérés ou changés en d’autres noms sont méconnaissables ; peu se sont gardés intégralement. Des quatre fils de Cham, l’un, Chous(os), a vu son nom épargné par les siècles : les Éthiopiens, ses sujets, s’appellent eux-mêmes encore aujourd’hui et sont appelés par tout le monde en Asie Chouséens. Les Mestréens, eux aussi, ont vu leur nom demeurer, car nous appelons tous, dans ces pays, l’Égypte Mestré et les Égyptiens Mestréens. Fout(ès)[122] fonda la Libye et nomma de son nom les habitants Foutiens. Il y a même un fleuve (Fleuve Sénégal) dans le pays des Maures (Mauron) qui a ce nom (Foutée): plusieurs historiens grecs en font mention, ainsi que du pays qu’il baigne, la Foutée (Foutis ou le Fouta). Mais ce pays a changé de nom ; celui qu’il a aujourd’hui vient d’un des fils de Mestraïm[123], Libys (Gn 10v13) [124] ; je dirai prochainement pourquoi on en est venu à l’appeler aussi Afrique. Chanaan(os)[125], quatrième fils de Cham, s’établit dans le pays qui est aujourd’hui la Judée ; il l’appela de son nom Chananée. Ces fils de Cham eurent des fils à leur tour. Chous en eut six : Sabas donna naissance aux Sabéens, Évilas aux Éviléens, les Gétules d’aujourd’hui ; Sabath(ès)[126] aux Sabathéniens, que les Grecs appellent Astabariens ; Sabacathas[127] aux Sabacathéniens ; Regmos[128] fonda les Regméens ; il eut deux fils : Joudad(as)[129] qui fonda les Joudadéens, peuple de l’Éthiopie occidentale, auxquels il donna son nom ; Sabéos les Sabéens. Nemrod, fils de Chous, resta parmi les Babyloniens, dont il fut le tyran, comme je l’ai déjà indiqué antérieurement. Mestraïm eut huit fils, qui occupèrent tous les pays qui s’étendent depuis Gaza jusqu’à l’Égypte; Phylistin(os) est le seul dont le pays ait conservé le nom ; les Grecs appellent, en effet, Palestine la part qui lui échut. Quant aux autres, Loudiim(os), Enémétiim(os) et Labiim(os)[130], qui seul s’établit en Libye et donna ainsi son nom à la contrée, Nédem(os)[131], Phéthrosim(os)[132], Chesloïm(os) et Chephthorim(os)[133], on ne sait rien d’eux, hormis leurs noms ; car la guerre éthiopienne dont nous parlerons plus tard[134] a ruiné leurs villes, Chanaan eut aussi des fils : Sidon, qui bâtit en Phénicie une ville, à laquelle il donna son nom et que les Grecs encore aujourd’hui nomment Sidon ; Amathous[135], qui bâtit Amathous, que ses habitants appellent encore aujourd’hui Amathe (Hamath) ; les Macédoniens l’ont appelée Épiphanie du nom d’un des épigones. Aroudaios eut l’île d’Arados[136] ; Arucéos[137] habitait Arcé dans le Liban. Des sept autres, Evéos, Chetlaios[138], Jebouséos, Amorréos, Gergéséos, signés dans les Saintes Écritures : les hébreux détruisirent leurs villes, et voici la raison de leurs malheurs.

La septante traduit le mot Phouth (Fouté ou Fouta) par le mot Libyens dans Ezéchiel 27v10, 30v5, 38v5, Nahum 3v9.

Flavius AJ Livre 2, Ch X

[249] A la fin, les ayant poursuivis jusqu’à la ville de Saba, capitale du royaume d’Éthiopie, que Cambyse plus tard appela Méroé d’après le nom de sa sœur, ils en font le siège. Mais c’était une place extrêmement difficile à enlever : le Nil l’entourait d’un cercle, et d’autres fleuves, l’Astapos et l’Astaboras, rendaient l’attaque malaisée à ceux qui tentaient d’en franchir le cours. [250] La ville, se trouvant à l’intérieur, est comme une île ; de fortes murailles l’enserrent et, contre les ennemis, elle a pour abri ses fleuves, ainsi que de grandes digues entre les remparts, de sorte qu’elle ne peut être inondée si la crue vient à être trop violente ; et c’est ce qui rendait la ville imprenable même à ceux qui avaient passé les fleuves.

Dans la bible :

Dans la tradition chrétienne, Siméon de Cyrène (Mt 27v32) était un noir.Dans l’ancien testament écrit entre l’an -400 et et l’an -150 (2 Chrn 12v3, 16v8, Dn 11v43, Nahum 3v9 et Jérémie 46v8-9, Ezé 30v4-5), les peuples Lybiens sont mentionnés 4 fois toujours en compagnie des Koushites (éthiopiens), des puthiens et des égyptiens (tous descendants de Cham Gn 10v6). Les libyens ne sont jamais mentionné ailleurs encore moins comme descendants de Japhet ou Sem. Les textes bibliques antérieurs (Gn 10v6, 1 Chrn 1v8, Jr 46v8-9Ezé 30v4-5) à Esdras principal auteur de 1 et 2 Chroniques citent les égyptiens, les éthiopiens et les puthéens sans citer à coté les libyens contrairement à 2 Chrn 12v3, 16v8, Dn 11v43, Nahum 3v9 qui citent les 4 enssembles.

Genèse 10v13 Septante

καὶ Μεσραιμ ἐγέννησεν τοὺς Λουδιιμ καὶ τοὺς Ενεμετιιμ καὶ τοὺς Λαβιιμ καὶ τοὺς Νεφθαλιιμ

Mesraïm engendra les Ludim, les Ananim, les Laabim (libyens), les Nephtuïm,

2 Chroniques 12:2-3 TM [2] La cinquième année du règne de Roboam, Schischak, roi d’Égypte, monta contre Jérusalem, parce qu’ils avaient péché contre l’Éternel. [3] Il avait mille deux cents chars et soixante mille cavaliers; et il vint d’Égypte avec lui un peuple innombrable, des Libyens, des Sukkiens (Troglodytes ou Aksoumites selon la LXX) et des Éthiopiens.

2 Chroniques 14:9 Zérakh (Ozorko), l’Ethiopien, sortit contre eux avec une armée d’un million d’hommes et trois cents chars, et il s’avança jusqu’à Maréscha.

2 Chroniques 16:8 Les Ethiopiens et les Libyens ne formaient-ils pas une grande armée, avec des chars et une multitude de cavaliers? Et cependant l’Eternel les a livrés entre tes mains, parce que tu t’étais appuyé sur lui.

Daniel 11:43 [43] Il se rendra maître des trésors d’or et d’argent, et de toutes les choses précieuses de l’Égypte; les Libyens et les Éthiopiens seront à sa suite.

Nahum 3:8-9 [8] Es-tu meilleure que No Amon, Qui était assise au milieu des fleuves, Entourée par les eaux, Ayant la mer pour rempart, La mer pour murailles? [9] L’Éthiopie et les Égyptiens innombrables faisaient sa force, Phouth et les Libyens étaient ses auxiliaires.

Genèse 10:6 [6] Les fils de Cham furent: Cusch, Mitsraïm, Puth (Fouté ou Fouta) et Canaan.

Targum Genèse 9v13-14 : 6 Les fils de Cham furent Kush, Mitsraïm, Phut et Kenaan. Leurs provinces furent l’Arabie, Mitsraïm, Alichrok et Kenaan. … 7 Les fils de Koush furent Seba, Havila, Sabta, Raama et Sabteka, et les noms de leurs provinces furent Siniraï, Hindiki, Semadi, Lubaï et Zingaï. Les fils de Mauritinos furent Tsmargad et Mezag. … 13 Et Mitsraïm engendra les Nibatés, les Mariotés, les Libakés et les Pantascinés, 14 et les Pathrosim, les Nasiotes et les Pantapolotes, desquels sortirent les Philistés et les Caphodicées.

Septante LXX Genèse 10v13 Et Meshraïm engendra Ludim, Enemetim, Labiim (Libys) et Nephtaliim, et les Patroshonim et les Haslonim, d’où sont sortis les Philistim et les Kaphuriim.

Genèse 10:13 [13] Mitsraïm engendra les Ludim, les Anamim, les Lehabim, les Naphtuhim, 14 les Patrusim, les Casluhim, d’où sont sortis les Philistins, et les Caphtorim

Flavius AJ Livre 1 translitération assistée par Google « Éktise dé kaí Foúdis tín Libýin Foútous ap’ aftoú kalésas toús epichoríous. [133] Ésti dé kaí potamós en tí Mávron chóra toúto échon tó ónoma, óthen kaí toús pleístous tón Ellinikón istoriográfon éstin ideín memniménous toú potamoú kaí tís parakeiménis aftó chóras Foútis legoménis. Metévale dé ó nýn aftí estin ónoma apó tón Mesrámou yión Líbyos legoménou: met’ ou polý d’ eroúmen tín aitían, di’ ín aftín kaí Afrikín prosagorévesthai »

Les kéniens ou Solymes éthiopiens des montagnes Solymes sont des habitants de la région du lac Tana en éthiopie Moderne :

Dans les textes classiques grecs (Strabon, Hérodote et Chœrilos) les monts solymes sont en Afrique de l’Est en pays Troglodyte et les solymiens sont appelés éthiopiens et sont classés dans la race des phéniciens et non comme juifs contrairement aux affirmations de Flavius. Chez Ezéchiel le tragique, les solymes (kéniens ou madianites compatriotes de Réouel) sont sur le continent africain appelé Libye par les grecs. Les madianites aussi appelés kéniens ou solymes (pentateuques targumiques) étaient simplement des coushites aksoumites ou Afar descendants de Cham comme Jéthros, Juges 8v22-24, Gn 37v25,28 39v1, Habacuc 3v7. Les madianites sont des coushites ou éthiopiens 2 Chrn 21v16 qui vivent dans le voisinage des arabes qui sont fils d’Abraham avec Hagar appelée Kétura, une égypienne (Abraham a eu juste deux femmes et Hagar=l’étrangère en hébreux est Kétura selon les pentateuques targumiques, le talmud, Molon etc). Le mot kéniens (Kény descendants de Cain) qui désigne des madianite est remplacé par Solyme (Shalyma Shlomoah ou Shalmoa) dans les targums de Jérusalem et de Jonathan et Onkelos aux versets Gn 15v19, Nbr 24v21-22, Juges 1v16, 4v11,17, 5v24, 1 Sam 15v6, 27v10, 30v29. Chez Flavius, Melchisédek est roi Solyme et le pays de Madian est (en Troglodyte, Région située entre le lac Tana et la cote Erythéenne ou Djiboutienne) sur le continent Africain appelé Libye par les auteurs classiques grecs. Le fait que Melchisédek soit appelé solyme est simplement le reflet du fait selon lequel les cananéens ou phéniciens sont originaire d’Erythrée comme on en trouve le témoignage à deux fois chez Hérodote. Ezéchiel le tragique et Démétrios situent eux aussi le pays des solymes ou kéniens ou madianites en Ethiopie soit en Afrique à l’Est du Soudan. On sait que les madianites ne peuvent pas etre des fils d’Abraham Nbre 25v16-17. Ismael comme fils d’Abraham n’a jamais été connu dans un aucun texte ancien de la bible avant l’invention du pentateuque pharisien (en citation chez Philon et Flavius) entre l’an -20 et +20 à partir de la compilation des fables inventées par les juifs entre l’an -280 et l’an -40 époque de Polyhistor (Euseb PE Livre IX). En dehors des textes non-P de Genèse 16, 17, 21, 25, 28v9, 36v3 et le passage de Gn 25v12-18 repris dans 1 Chrn 1v28-31, aucun texte crédible et ancien de la bible ne parle d’Ismael comme fils d’Abraham ou ancètre des arabes.

Les madianites sont des coushites et il faut noter que Madian (père des Afar) est fils de Cham et non fils d’Abraham de Gn 25v1-6, 1 Chrn 1v32-33 voir aussi Gn 10v7-12, Habacuk 3v7, Nbr 12v1, Exode 3v1, 4v25, 18v1 où les fils de Coush : Séba, Dedan Gn 10v10-11, 25v3 et Madian père de Afer etc sont attribués à Abraham qui avait pas plus de deux fils à la date de sa mort selon Gn 25v9, Gal 4v22 : Ismael et Isaac. Toutes ces contradictions prouvent que les textes ont été modifiés à plusieurs reprises. Gn 25v1-6 et 1 Chrn 1v32-33 n’ont aucune citation ou alusion directes ou indirecte nulle part ailleurs et que ces passages ne sont pas retrouvés à Qumran ni en fragment, ni en commentaire, ni sous forme de midrashim.

Les juifs, anciennement appelés Ermiouth dans Manéthon (cad arméniens ou araméens=syriens de Judée) ou syriens de Palestine (syriens Philistins) sont différents des phéniciens à proprement parler.

Hérodote, en son temps (Ve siècle av. J.-C.) : «Les Colchidiens [noirs habitant la Georgie pendant l’antiquité], les Égyptiens et les Éthiopiens sont les seuls peuples qui aient de tout temps pratiqué la circoncision. Les Phéniciens et les Syriens de Palestine (les juifs selon Flavius) reconnaissent qu’ils tiennent cet usage des Égyptiens ; les Syriens établis dans la vallée du Thermodon [Cappadoce] déclarent l’avoir depuis peu emprunté aux Colchidiens. Des Égyptiens et des Éthiopiens, je ne saurais dire quel est le peuple qui a pris cette coutume à l’autre, car elle est, de toute évidence, des plus anciennes» (Histoire, II).

STRABON, GEOGRAPHIE, LIVRE UN, Traduction française : Amédée TARDIEU : les monts Solyme sont en Afrique de l’Est au Lac Tana en Ethiopie

 … tous passages, du reste, sur lesquels nous revenons dans notre description d’Ithaque pour les mieux éclaircir. Conséquemment dans ce vers,

« Car Zeus s’en fut hier vers l’Océan pour visiter les vertueux Éthiopiens (79), »

il nous faut généraliser le sens et entendre que l’Océan se déploie sur toute la longueur du climat méridional et l’Éthiopie pareillement, puisque, sur quelque point dudit climat que vous arrêtiez votre pensée, c’est toujours sur l’Océan et sur l’Éthiopie que vous tombez. C’est dans un sens général aussi que le poète a dit ailleurs,

« Mais il fut aperçu de Neptune, qui revenant alors des rivages de l’Éthiopie, du haut des monts Solymes, le découvrit au loin (80), »

cette double expression

« des rivages de l’Éthiopie, du haut des monts Solymes »

étant l’équivalent de celle-ci « des régions du Midi » ; car ce n’est point des Solymes de Pisidie que le poète parle ici, mais d’un peuple imaginaire, avons-nous dit, portant le même nom, et qu’il suppose placé par rapport à l’esquif sur lequel erre son héros et par rapport aux peuples situés au sud de ce point (lesquels ne sauraient être que ses Éthiopiens) juste dans la même position où les Solymes de Pisidie se trouvaient être par rapport au Pont et à l’Éthiopie proprement dite, sise au-dessus de l’Égypte. Ce qu’Homère enfin dit des grues doit être pris également en thèse générale :

« Fuyant l’hiver et les pluies torrentielles, elles s’envolent en criant vers les rivages de l’Océan, et leurs cris annoncent

« à la nation des Pygmées et la guerre et le trépas (81). »

Flavius Joseph : Contre Apion, Livre 1 : Pour prouver que le pentateuque n’est pas une invention du 1 er siècle, Flavius tente de faire passer les kéniens solymiens (dont a parlé Chœrilos) pour des juifs.

« 172 D’autre part, Chœrilos, poète assez ancien (vers le V ème siècle av EC), … :

173 « Derrière eux passait une race d’un aspect étonnant.

« Le langage phénicien sortait de leurs lèvres.

« Ils habitaient dans les monts Solymiens auprès d’un vaste lac.

« Leur chevelure broussailleuse était rasée en rond, et, par dessus,

« Ils portaient le cuir d’une tête de cheval séché à la fumée. »

Eusebe PE Livre IX

 

CHAPITRE XXVIII.

TIRÉ D’ÉZÉCHIEL SUR LE MÊME SUJET.

Après d’autres narrations sur le même sujet, le poète Ezéchiel, dans sa tragédie, fait paraître Moïse. sur la scène parlant ainsi :

« Après que ma première enfance se fut écoulée, ma mère me ramena au palais de la princesse, m’ayant bien endoctriné et répété quelle était ma race paternelle, et les bienfaits dont Dieu l’avait comblée. Tandis que je fus dans l’âge qui précède l’adolescence, la princesse se livra aux soins de mon éducation et de mon instruction, comme si elle m’avait porté dans son sein; mais lorsque le cercle de mon adolescence fut accompli, je désertai là demeure royale : mon ressentiment et les artifices du roi m’en faisaient un devoir. Je vois d’abord deux hommes aux prises, l’un appartenait à la race des Hébreux, et l’autre était Égyptien : reconnaissant que nous étions isolés et sans témoins, je défendis mon frère et tuai son adversaire. Je le cachai aussitôt dans Je sable, afin qu’un tiers ne pût pas nous voir et ne vînt à révéler ce meurtre. Le jour suivant je vis encore deux hommes de ma race, dans la chaleur d’une  lutte mutuelle : (75)Je dis à l’un d’eux, pourquoi ne frappes-tu un plus faible que toi? Lequel me répondit : Qui t’a envoyé comme notre juge ou notre gouverneur en ce lieu? me tueras-tu comme l’homme d’hier? Alors, saisi de crainte, je me dis : Comment cela a-t-il pu se divulguer ? n’y a-t-il pas déjà quelqu’un qui ait rapporté ce fait au roi? et Pharaon cherche peut-être à m’arracher la vie! Ayant donc entendu cette réponse, je me hâtai de me soustraire par la fuite, et je suis errant sur une terre étrangère. »

Après quoi il ajoute, relativement aux filles de Raguel :

« Je vois sept jeunes filles. Moïse ayant demandé de qui elles étaient filles : Toute cette terre, dit Sepphora, ô l’étranger, s’appelle la Libye ; des tribus de différentes origines y ont fixé leur séjour, ce sont des Éthiopiens à la peau noire; le monarque de cette terre gouverne sans contrôle, il règne dans cette ville .et y juge ses sujets, dont il est le prêtre ; c’est mon père et celui de mes sœurs que voici. Ensuite, passant sur l’assistance qu’il leur donna pour abreuver leurs bestiaux, il vient à parler du mariage de Sepphora, amenant  un dialogue entre elle et Chous.

« Chous. — Cependant ô Sepphora, vous devez me dire ce qui en est ?

« Sepphora. — Mon père m’a donnée pour épouse à cet étranger.

CHAPITRE XXIX.

DE DÉMÉTRIUS SUR LE MÊME.

CHAPITRE XXIX.

DE DÉMÉTRIUS SUR LE MÊME.

Démétrius dit absolument les mêmes choses que l’écrivain des livres sacrés sur le meurtre de l’Égyptien, et sur l’altercation entré Moïse et celui qui révélait la mort du premier, savoir : « que Moïse se sauva à Madian, et qu’il y épousa Sepphora fille de Jothor, de laquelle, si on peut conjecturer d’après les noms, on doit croire qu’elle descendait, par Chettura, d’Abraham. D’Abraham et de Chettura naquit lexan, d’I’exan naquit Dadan, de Dadan Raguel et de Raguel Jothor et Abab, enfin de Jothor Sepphora, qui épousa Moïse. Il y a concordance dans la suite des générations, en ce que Moïse était le septième dans sa liguée  à partir d’Abraham, et Sepphora seulement la sixième. En effet, Isaac était déjà marié (or, c’est de lui que provint Moïse) lorsqu’Abraham épousa Chettura étant âgé de 140 ans, et il engendra d’elle pour second enfant Jexan (76). Il avait engendré Isaac à l’âge de cent ans, en sorte que Jexan était venu au monde plus.de 40 ans après Isaac, et c’est de lui que Sepphora tire son origine. Il n’y a donc aucun anachronisme à ce que Moïse et Sepphora aient été contemporains; ils habitaient la ville de Madian, qui avait reçu son nom d’un des enfants d’Abraham; car il dit (l’historien sacré) (Genèse, chapitre 25. 6) qu’Abraham envoya ses enfants se fixer dans les régions orientales. Voici la cause pour laquelle Aaron et Marie disent dans Aseroth (e) que Moïse avait épousé une Éthiopienne»

Genèse 4:1 [1] Adam connut Eve, sa femme; elle conçut, et enfanta Kaïn et elle dit: J’ai formé un homme avec l’aide de l’Éternel.

Nombres 24:21-22 [21] Balaam vit les Kény. Il prononça son oracle, et dit: Ta demeure est solide, Et ton nid posé sur le roc. [22] Mais le Kaïn sera chassé, Quand l’Assyrien t’emmènera captif.

Genèse 6:4 [4] Les Néphylim étaient sur la terre en ces temps-là, après que les fils de Dieu furent venus vers les filles des hommes, et qu’elles leur eurent donné des enfants: ce sont ces héros qui furent fameux dans l’antiquité.

Nombres 13:33 [33]et nous y avons vu les Néphylim, enfants d’Anak, de la race des Néphylim: nous étions à nos yeux et aux leurs comme des sauterelles.

Les Kénizites ou kénaziens ou kénézéens, kadmonites ou Haratines d’Afrique du Nord :

Genèse 15:18-19 [18] En ce jour-là, l’Éternel fit alliance avec Abram, et dit: Je donne ce pays à ta postérité, depuis le fleuve d’Égypte jusqu’au grand fleuve, au fleuve d’Euphrate, [19]le pays des Kéniens (Solymes (Targ. Jéru.) = Madian = Afrique du Centre et de l’Est), des Keniziens[1] (Carthage[2]), des Kadmoniens (Carthage et Cananéens de Palestine),

L’existence d’une civilisation cananéenne consciente d’elle même sur la côte nord de l’Afrique n’excitait pas seulement point de vue du langage l’intérêt des Juifs de l’époque rabbiniqueelle leur fournissait aussi matière à différentes légendes touchanson origine. On racontait dans les milieux rabbiniques, et divers text répètent cette tradition, qu’une des dix peuplades autochtones de la Palestine avait bénévolement quitté ce pays pour émigrer en Afrique du Nord. Ce peuple portait le nom de Guirgaschi 1. Le nom de Guirgasch, chose remarquable, est employé dans des inscriptions puniques pour désigner des individus 2. On ne voit nulle part ailleurs, dans des textes non-juifs, que les colonisateurs de l’Afrique du Nord aient été originaires d’une tribu particulière. Kenizi alterne avec Guirgasch pour désigner la tribu primtivement établie à Carthage dans la même ancienne source rabbnique. Dans un texte du Midrasch, Kadmoni, autre ancienne tribu cananéenne, est traduit par Carthage 3. Aucune tradition fixe ne semble avoir existé à ce sujet chez les Juifs. Les Puniques installés autrefois en Palestine prétendraient la possession du pays du Jourdain. Les Africains seraient venus auprès d’Alexandre le Grand porter plainte contre les Juifs coupables de les avoir dépossédés de leur patrie primitive 4. Ce récit est l’écho de cette circonstance que des délégués de Carthage venus à Tyr pour une fête annuelle, se trouvaient dans cette ville maritime quand Alexandre le Grand la conquit. Les envoyés de Carthage cherchèrent leur salut au temple d’Hercule 5. Enfin Trogue Pompée parle, lui aussi, de députés carthaginois qui, à coté de ceux de la Gaule et de l’Espagne, se présentèrent devant Alexandre 6. D’après le Yosiphon (ix), Alexandre le Grand vint en Sicile, d’où il se rendit en Afrique, où il fut reconnu comme souverain par le général qui vint à sa rencontre et doil reçut le tribut. De là Alexandre gagna la Libye et la Berbérie

Genèse 12 : 9 Abram continua ses marches, en s’avançant vers le midi (Negeb).

Genèse 13 : 1 Abram remonta d’Egypte vers le midi (Negeb), lui, sa femme, et tout ce qui lui appartenait, et Lot avec lui.

Genèse 13 : 3 Il dirigea ses marches du midi (Negeb) jusqu’à Béthel, jusqu’au lieu où était sa tente au commencement, entre Béthel et Aï,

Genèse 13 : 14 L’Eternel dit à Abram, après que Lot se fut séparé de lui: Lève les yeux, et, du lieu où tu es, regarde vers le nord et le midi (Negeb), vers l’orient et l’occident;

Genèse 20 : 1 Abraham partit de là pour la contrée du midi (Negeb); il s’établit entre Kadès et Schur, et fit un séjour à Guérar.

Nombres 13 : 22 Ils montèrent, par le midi (Negeb), et ils allèrent jusqu’à Hébron, où étaient Ahiman, Schéschaï et Talmaï, enfants d’Anak. Hébron avait été bâtie sept ans avant Tsoan en Egypte.

Nombres 13 : 29 Les Amaléks habitent la contrée du midi (Negeb); les Héthiens, les Jébusiens et les Amoréens habitent la montagne; et les Cananéens habitent près de la mer et le long du Jourdain.

Exode 2:18 [18] Quand elles furent de retour auprès de Réuel, leur père, il dit: Pourquoi revenez-vous si tôt aujourd’hui?

Exode 3:1 [1] Moïse faisait paître le troupeau de Jéthro, son beau-père, sacrificateur de Madian; et il mena le troupeau derrière le désert, et vint à la montagne de Dieu, à Horeb.

Nombres 21 : 1 Le roi d’Arad, Cananéen, qui habitait le midi (Negeb), apprit qu’Israël venait par le chemin d’Atharim. Il combattit Israël, et emmena des prisonniers.

Nombres 10:29 [29] Moïse dit à Hobab, fils de Réuel, le Madianite, beau-père de Moïse: Nous partons pour le lieu dont l’Éternel a dit: Je vous le donnerai. Viens avec nous, et nous te ferons du bien, car l’Éternel a promis de faire du bien à Israël.

Nombres 13:29 [29] Les Amaléks habitent la contrée du midi; les Héthiens, les Jébusiens et les Amoréens habitent la montagne; et les Cananéens habitent près de la mer et le long du Jourdain.

Juges 1:16 [16] Les fils du Kénien, beau-père de Moïse, montèrent de la ville des palmiers, avec les fils de Juda, dans le désert de Juda au midi d’Arad, et ils allèrent s’établir parmi le peuple.

Juges 6:3-4,31-35 [3] Quand Israël avait semé, Madian montait avec Amalek et les fils de l’Orient, et ils marchaient contre lui. [4]Ils campaient en face de lui, détruisaient les productions du pays jusque vers Gaza, et ne laissaient en Israël ni vivres, ni brebis, ni boeufs, ni ânes. … [31]Joas répondit à tous ceux qui se présentèrent à lui: Est-ce à vous de prendre parti pour Baal? est-ce à vous de venir à son secours? Quiconque prendra parti pour Baal mourra avant que le matin vienne. Si Baal est un dieu, qu’il plaide lui-même sa cause, puisqu’on a renversé son autel. [32]Et en ce jour l’on donna à Gédéon le nom de Jerubbaal, en disant: Que Baal plaide contre lui, puisqu’il a renversé son autel. [33] Tout Madian, Amalek et les fils de l’Orient, se rassemblèrent; ils passèrent le Jourdain, et campèrent dans la vallée de Jizréel. [34]Gédéon fut revêtu de l’esprit de l’Éternel; il sonna de la trompette, et Abiézer fut convoqué pour marcher à sa suite. [35]Il envoya des messagers dans tout Manassé, qui fut aussi convoqué pour marcher à sa suite. Il envoya des messagers dans Aser, dans Zabulon et dans Nephthali, qui montèrent à leur rencontre.

1 Samuel 15:4-9 [4]Saül convoqua le peuple, et en fit la revue à Thelaïm: il y avait deux cent mille hommes de pied, et dix mille hommes de Juda. [5]Saül marcha jusqu’à la ville d’Amalek, et mit une embuscade dans la vallée. [6]Il dit aux Kéniens: Allez, retirez-vous, sortez du milieu d’Amalek, afin que je ne vous fasse pas périr avec lui; car vous avez eu de la bonté pour tous les enfants d’Israël, lorsqu’ils montèrent d’Égypte. Et les Kéniens se retirèrent du milieu d’Amalek. [7]Saül battit Amalek depuis Havila jusqu’à Schur, qui est en face de l’Égypte. [8]Il prit vivant Agag, roi d’Amalek, et il dévoua par interdit tout le peuple en le passant au fil de l’épée. [9]Mais Saül et le peuple épargnèrent Agag, et les meilleures brebis, les meilleurs boeufs, les meilleures bêtes de la seconde portée, les agneaux gras, et tout ce qu’il y avait de bon; ils ne voulurent pas le dévouer par interdit, et ils dévouèrent seulement tout ce qui était méprisable et chétif.

Ezéchiel 30:3-8 [3]Car le jour approche, le jour de l’Éternel approche, Jour ténébreux: ce sera le temps des nations. [4]L’épée fondra sur l’Égypte, Et l’épouvante sera dans l’Éthiopie, Quand les morts tomberont en Égypte, Quand on enlèvera ses richesses, Et que ses fondements seront renversés. [5]L’Éthiopie, Puth, Lud, toute l’Arabie, Cub, Et les fils du pays allié, Tomberont avec eux par l’épée. [6]Ainsi parle l’Éternel: Ils tomberont, les soutiens de l’Égypte, Et l’orgueil de sa force périra; De Migdol à Syène ils tomberont par l’épée, Dit le Seigneur, l’Éternel. [7]Ils seront dévastés entre les pays dévastés, Et ses villes seront entre les villes désertes. [8]Et ils sauront que je suis l’Éternel, Quand je mettrai le feu dans l’Égypte, Et que tous ses soutiens seront brisés.

Les libyens mauros sont noirs de peau et sont aussi négroides :

« Mauretania uocata a colore populorum ; Graeci enim nigrum μαρον uocant. Sicut enim Gallia a candore populi, ita Mauretania a nigrore nomen sortita est. » (Etym. XIV,5,10) —

« La Maurétanie a été dénommée d’après la couleur de ses habitants ; en effet, ‘nègre’ se dit μαρο (mauros) en grec. De même que la Gaule reçut son nom de la blancheur de ses peuples, de même la Maurétanie reçut le sien d’après la couleur nègre. »

Isidore fait intervenir une étymologie grecque pour expliquer le nom de la Maurétanie et celui de la Gaule. Dans le premier cas, il donne explicitement son étymon, μαρο, traduit en latin par niger. Dans le second cas, il n’introduit l’étymon que par l’intermédiaire du terme latin candor « la blancheur ». Pour comprendre l’étymologie, on doit suppléer un nom qui véhicule la blancheur : le nom grec du lait, γλα 37. Cette substitution se justifie par la ressemblance formelle avec le mot expliqué : γλα — Gallia

1-Au temps d’Hérodote, les thébains se disaient de race libyenne (habitants la valée du Nil entre Memphis, les pyramides de Gizeh et Eléphantine) ne se reconnaissaient pas dans le mot égyptiens, ils n’avaient ni la meme langue ni les meme coutunes que les envahisseurs du Nord :

Hérodote Livre 2 Ch. XVIII. Le sentiment que je viens de développer sur l’étendue de l’Égypte se trouve confirmé par le témoignage de l’oracle de Zeus Ammon, dont je n’ai eu connaissance qu’après m’être formé cette idée de l’Égypte. Les habitants de Marée et d’Apis, villes frontières du côté de la Libye, ne se croyaient pas Égyptiens, mais Libyens. Ayant pris en aversion les cérémonies religieuses de l’Égypte (le Delta), et ne voulant point s’abstenir de la chair des génisses (09), ils envoyèrent à l’oracle d’Ammon pour lui représenter qu’habitant hors du Delta, et leur langage étant différent de celui des Égyptiens, ils n’avaient rien de commun avec ces peuples, et qu’ils voulaient qu’il leur fût permis. de manger de toutes sortes de viandes. Le dieu ne leur permit point de faire ces choses, et leur répondit que tout le pays que couvrait le Nil dans ses débordements appartenait à l’Égypte, et que tous ceux qui, habitant au-dessous de la ville d’Éléphantine, buvaient des eaux de ce fleuve, étaient Égyptiens.

Meme la bible corrobore ce fait rapporté par hérodote :

La septante traduit le mot Phouth (Fouté ou Fouta) par le mot Libyens dans Ezéchiel 27v10, 30v5, 38v5, Nahum 3v9.

Dans les passages où le mot libyens est utilisé, prèsque toute les fois, l’auteur n’utilise plus le mot égyptiens comme si dans son esprit, les égyptiens sont des libyens.

Dans la bible :

Dans la tradition chrétienne, Siméon de Cyrène (Mt 27v32) était un noir.Dans l’ancien testament écrit entre l’an -400 et et l’an -150 (2 Chrn 12v3, 16v8, Dn 11v43, Nahum 3v9 et Jérémie 46v8-9, Ezé 30v4-5), les peuples Lybiens sont mentionnés 4 fois toujours en compagnie des Koushites (éthiopiens), des puthiens et des égyptiens (tous descendants de Cham Gn 10v6). Les libyens ne sont jamais mentionné ailleurs encore moins comme descendants de Japhet ou Sem. Les textes bibliques antérieurs (Gn 10v6, 1 Chrn 1v8, Jr 46v8-9Ezé 30v4-5) à Esdras principal auteur de 1 et 2 Chroniques citent les égyptiens, les éthiopiens et les puthéens sans citer à coté les libyens contrairement à 2 Chrn 12v3, 16v8, Dn 11v43, Nahum 3v9 qui citent les 4 enssembles.

2 Chroniques 12:2-3 [2] La cinquième année du règne de Roboam, Schischak, roi d’Égypte, monta contre Jérusalem, parce qu’ils avaient péché contre l’Éternel. [3] Il avait mille deux cents chars et soixante mille cavaliers; et il vint d’Égypte avec lui un peuple innombrable, des Libyens, des Sukkiens et des Éthiopiens.

2 Chroniques 14:9 Zérach (Osorko), l’Ethiopien, sortit contre eux avec une armée d’un million d’hommes et trois cents chars, et il s’avança jusqu’à Maréscha.

2 Chroniques 16:8 Les Ethiopiens et les Libyens ne formaient-ils pas une grande armée, avec des chars et une multitude de cavaliers? Et cependant l’Eternel les a livrés entre tes mains, parce que tu t’étais appuyé sur lui.

Daniel 11:43 [43] Il se rendra maître des trésors d’or et d’argent, et de toutes les choses précieuses de l’Égypte; les Libyens et les Éthiopiens seront à sa suite.

Nahum 3:8-9 [8] Es-tu meilleure que No Amon, Qui était assise au milieu des fleuves, Entourée par les eaux, Ayant la mer pour rempart, La mer pour murailles? [9] L’Éthiopie et les Égyptiens innombrables faisaient sa force, Phouth et les Libyens étaient ses auxiliaires.

Flavius Livre 1 CHAPITRE VI … 2. [130] Les enfants de Cham occupèrent les pays qui s’étendent depuis la Syrie et les monts Amanos et Liban jusqu’à la mer (Méditerranée) d’une part, et jusqu’à l’Océan de l’astre. Les noms de quelques-uns de ces pays se sont perdus tout à fait ; d’autres, altérés ou changés en d’autres noms sont méconnaissables ; peu se sont gardés intégralement. Des quatre fils de Cham, l’un, Chous(os), a vu son nom épargné par les siècles : les Éthiopiens, ses sujets, s’appellent eux-mêmes encore aujourd’hui et sont appelés par tout le monde en Asie Chouséens. Les Mestréens, eux aussi, ont vu leur nom demeurer, car nous appelons tous, dans ces pays, l’Égypte Mestré et les Égyptiens Mestréens. Phout(ès)[122] fonda la Libye et nomma de son nom les habitants Phoutiens. Il y a même un fleuve dans le pays des Maures qui a ce nom (Foutée): plusieurs historiens grecs en font mention, ainsi que du pays qu’il baigne, la Foutée (Foutis). Mais ce pays a changé de nom ; celui qu’il a aujourd’hui vient d’un des fils de Mestraïm[123], Libys[124] ; je dirai prochainement pourquoi on en est venu à l’appeler aussi Afrique. Chanaan(os)[125], quatrième fils de Cham, s’établit dans le pays qui est aujourd’hui la Judée ; il l’appela de son nom Chananée. Ces fils de Cham eurent des fils à leur tour. Chous en eut six : Sabas donna naissance aux Sabéens, Évilas aux Éviléens, les Gétules d’aujourd’hui ; Sabath(ès)[126] aux Sabathéniens, que les Grecs appellent Astabariens ; Sabacathas[127] aux Sabacathéniens ; Regmos[128] fonda les Regméens ; il eut deux fils : Joudad(as)[129] qui fonda les Joudadéens, peuple de l’Éthiopie occidentale, auxquels il donna son nom ; Sabéos les Sabéens. Nemrod, fils de Chous, resta parmi les Babyloniens, dont il fut le tyran, comme je l’ai déjà indiqué antérieurement. Mestraïm eut huit fils, qui occupèrent tous les pays qui s’étendent depuis Gaza jusqu’à l’Égypte; Phylistin(os) est le seul dont le pays ait conservé le nom ; les Grecs appellent, en effet, Palestine la part qui lui échut. Quant aux autres, Loudiim(os), Enémétiim(os) et Labiim(os)[130], qui seul s’établit en Libye et donna ainsi son nom à la contrée, Nédem(os)[131], Phéthrosim(os)[132], Chesloïm(os) et Chephthorim(os)[133], on ne sait rien d’eux, hormis leurs noms ; car la guerre éthiopienne dont nous parlerons plus tard[134] a ruiné leurs villes, Chanaan eut aussi des fils : Sidon, qui bâtit en Phénicie une ville, à laquelle il donna son nom et que les Grecs encore aujourd’hui nomment Sidon ; Amathous[135], qui bâtit Amathous, que ses habitants appellent encore aujourd’hui Amathe (Hamath) ; les Macédoniens l’ont appelée Épiphanie du nom d’un des épigones. Aroudaios eut l’île d’Arados[136] ; Arucéos[137] habitait Arcé dans le Liban. Des sept autres, Evéos, Chetlaios[138], Jebouséos, Amorréos, Gergéséos, signés dans les Saintes Écritures : les hébreux détruisirent leurs villes, et voici la raison de leurs malheurs.

Flavius AJ Livre 1 translitération Google « Éktise dé kaí Foúdis tín Livýin Foútous ap’ aftoú kalésas toús epichoríous. [133] Ésti dé kaí potamós en tí Mávron chóra toúto échon tó ónoma, óthen kaí toús pleístous tón Ellinikón istoriográfon éstin ideín memniménous toú potamoú kaí tís parakeiménis aftó chóras Foútis legoménis. Metévale dé ó nýn aftí estin ónoma apó tón Mesrámou yión Lívyos legoménou: met’ ou polý d’ eroúmen tín aitían, di’ ín aftín kaí Afrikín prosagorévesthai »

2-Les pyramides sont en Libye et non en égypte (Delta) :

Diodore Livre 1 : VII. Fondation de Memphis : suite des principaux rois. Uchoreus.

LE huitième des descendants d’Osimandué, nommé Uchoreus, comme son père, a bâti la ville de Memphis, la plus fameuse de l’Égypte. Il choisit pour cela le lieu le plus avantageux et le plus agréable du pays, qui est celui où le Nil se partageant en plusieurs canaux forme et embrasse le Delta. Ainsi Memphis est la barrière de l’Égypte et commande absolument l’entrée du fleuve. Son fondateur lui donna cent cinquante stades de tour et la rendit également forte et commode. Car pour la défendre des inondations il fit élever des terres qui la bordaient entièrement du côté du midi et qui servaient de digues contre le fleuve et de rempart contre les ennemis.

Diodore Livre 1 : XV. Chemmis auteur de la grande pyramide.

SON huitième successeur fut Chemmis né à Memphis qui régna cinquante ans. Ce fut lui qui fit élever la plus grande des trois pyramides, qu’on met au rang des sept merveilles du monde. Elles sont du côté de la Libye à 120 stades de Memphis et à quarante-cinq du Nil. Elles étonnent tous ceux qui les voient et par leur hauteur et par leur beauté. La base de la plus grande est un carré dont chaque côté est de sept cents pieds. La pyramide en a plus

Pline Livre 5

XI. [1] L’Égypte, outre la gloire d’antiquité qu’elle s’attribue, se vante d’avoir renfermé vingt mille villes sous le règne d’Amasis. Maintenant encore elle en voit un grand nombre, mais sans renom. On célèbre toutefois la ville d’Apollon, la ville de Leucothée, Diospolis la Grande, ou Thèbes, fameuse pour ses cent portes; Coptos, le marché le plus voisin du Nil pour les marchandises de l’Inde et de l’Arabie: puis la ville de Vénus, une autre Diospolis, Tentyris; au-dessous, Abydus, renommée à cause du palais de Memnon et du temple d’Osiris et éloignée du fleuve de 7.500 pas du côté de la Libye;[2] Ptolémaïs, Panopolis, une autre ville de Vénus: dans le côté Libyque, Lycon, où les montagnes font les limites de la Thébaïde; plus loin, la ville de Mercure, la ville des Alabastres, la ville des Chiens, la ville d’Hercule déjà nommée; puis Arsinoé et Memphis, déjà nommée: entre Memphis et le nome Arsinoïte, dans le côté Libyque, les tours appelées Pyramides (XXVII, 16), le Labyrinthe (XXXV, 19), bâti dans le lac Moeris sans qu’on ait employé le bois ; la ville de Crialon, et une ville située dans l’intérieur, voisine de l’Arabie et fort célèbre, la ville du Soleil.

3-Les faux vrai égyptiens du delta perso-assyro-européens du temps d’Hérodote ne connaissent rien de l’Afrique, pas meme les sources du Nil contrairement aux anciens vrais kèmtyus et leurs descendants libyès-thébaios : selon les faux vrai égyptiens du Delta, le Nil vient tantot de l’Océan, tantot de deux montagne à Eléphantine, c’est un peu comme le scythibère roi numide Juba 2 qui dit que le Nil vient du Sud de Massilissie (Tunisie)

Herodote Livre 2 Ch. XXVIII. De tous les Égyptiens, les Libyens et les Grecs avec qui je me suis entretenu, aucun ne se flattait de connaître les sources du Nil, si ce n’est le hiérogrammatéus, ou interprète des hiéroglyphes de Minerve, à Saïs en Égypte. Je crus néanmoins qu’il plaisantait, quand il m’assura qu’il en avait une connaissance certaine. Il me dit qu’entre Syène, dans la Thébaïde, et Éléphantine, il y avait deux montagnes dont les sommets se terminaient en pointe ; que l’une de ces montagnes s’appelait Crophi, et l’autre Mophi. Les sources du Nil, qui sont de profonds abîmes, sortaient, disait-il, du milieu de ces montagnes : la moitié de leurs eaux coulait en Égypte, vers le nord; et l’autre moitié en Éthiopie, vers le sud. Pour montrer que ces sources étaient des abîmes, il ajouta que Psammitichus, ayant voulu en faire l’épreuve, y avait fait jeter un câble de plusieurs milliers d’orgyies (10), mais que la sonde n’avait pas été jusqu’au fond. Si le récit de cet interprète est vrai, je pense qu’en cet endroit les eaux, venant à se porter et à se briser avec violence contre les montagnes, refluent avec rapidité, et excitent des tournants qui empêchent la sonde d’aller jusqu’au fond.

Diodore Livre I Section 1 Abbé Terrasson : Troglodytes

XVII. Description géographique de l’Égypte,.… Cependant aucun écrivain n’a encore dit qu’il eût vu les sources du Nil ; ni qu’il eût parlé à aucun voyageur qui prétendît les avoir vues, de sorte qu’on n’a encore que des conjectures sur cette matière. Les prêtres d’Égypte (les faux du Delta) prétendent que ce fleuve prend son origine de l’Océan qui environne toute la terre, résolvant ainsi une difficulté par une autre et donnant un fait difficile à croire pour réponse à une question embarrassante. Les Troglodytes appelés Molgiens (Βόλγιοι), que les chaleurs des lieux élevés qu’ils habitaient, ont fait retirer dans les demeures basses et couvertes qu’ils occupent aujourd’hui, allèguent des observations qui porteraient à conclure que le Nil se forme de plusieurs petites sources qui se rassemblent en un seul canal. Ils ajoutent même que ce sont ces sources différentes qui donnent au Nil une fécondité si générale. Les habitants de Meroé auxquels ils semble qu’on pourrait s’en rapporter plus sûrement, puisqu’ils n’ont aucun commerce avec les peuples chez qui les fables ont pris naissance, et que d’ailleurs ils doivent être voisins des sources du Nil, les connaissent néanmoins si peu qu’ils appellent le fleuve même Artape (mot qui signifie en leur langue fleuve de ténèbres) pour marquer qu’ils avouent leur ignorance sur son origine et sur une grande partie de son cours. Le sentiment le plus vraisemblable pour nous, doit être celui où il paraîtra le moins de fictions ou de suppositions. Je sais qu’Hérodote plaçant la Libye à l’orient et à l’occident du Nil, écrit que les Libyens appelés Nasamones connaissent ce fleuve plus exactement qu’aucun autre peuple et dit sur leur rapport que le Nil prenant sa source dans un lac, traverse ensuite le pays immense de l’Éthiopie. Si Hérodote avait prouvé ce fait, ou que l’on pût croire les Libyens sur leur parole, c’est là ce qui paraît le plus approchant de la vérité.

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Les Libyens au Sud de la Syrte en allant vers le Mont Cameroun ou l’Atlas : Osiris vient de Nyse (Nok au Nigéria) en Ethiopie occidentale non loin de Ouèssè (au Bénin) près du Mont Atlas du Cameroun, près des atlantes

Pline l’ancien, histoire Naturel Livre 5.8 .. Rien n’est plus vrai que l’opinion de ceux qui placent au delà des déserts d’Afrique deux Éthiopies, et, avant tous, d’Homère (Od.,I, 23), qui divise en deux les Éthiopiens, ceux de l’orient et ceux du couchant.

(Anatomie) Cuisse, fémur.

ΝῦνδὲΔιόνυσόντελέγουσιοἱἝλληνεςὡςαὐτίκαγενόμενονἐςτὸνμηρὸνἐνερράψατοΖεὺςκαὶἤνεικεἐςΝύσαντὴνὑπὲρΑἰγύπτουἐοῦσανἐντῇΑἰθιοπίῃ. — (Hérodote, Histoires.)

Les Grecs assurent que, aussitôt que Dionysos (Osiris) fut né, Zeus (Hammon) le cousit dans sa cuisse et le porta à Nyse, ville d’Éthiopie, au-dessus (au Sud) de l’Égypte. — (traduction)

Hérodote Livre 2 Ch. CXLVI. De ces deux sentiments chacun est libre d’adopter celui qui lui paraîtra le plus vraisemblable ; je me contente d’exposer le mien. Si ces dieux avaient été connus en Grèce, et s’ils y avaient vieilli, tels qu’Hercule, fils d’Amphitryon, Bacchus, fils de Sémélé, et Pan, fils de Pénélope, ou pourrait dire aussi, quoiqu’ils ne fussent que des hommes, qu’ils étaient en possession des noms des dieux nés dans les siècles précédents. Les Grecs assurent que, aussitôt que Bacchus fut né, Zeus le cousit dans sa cuisse et le porta à Nyse (Kano au Nigéria), ville d’Éthiopie, au-dessus de l’Égypte. A l’égard de Pan,…

Hérodote Livre 4 Ch.

CLXXIII. Les Psylles sont voisins des Nasamons ; ils périrent autrefois de la manière que je vais dire. Le vent du midi avait de son souffle desséché leurs citernes : car tout leur pays était en dedans de la Syrte (41), et sans eau.

Ayant tenu conseil entre eux, ils résolurent, d’un consentement unanime, d’aller faire la guerre au vent du midi. Je rapporte les propos des Libyens. Lorsqu’ils furent arrivés dans les déserts sablonneux, le même vent, soufflant avec violence, les ensevelit sous des monceaux de sable. Les Psylles détruits, les Nasamons s’emparèrent de leurs terres.

CLXXIV. Au-dessus de ces peuples, vers le midi, dans un pays rempli de bêtes féroces, sont les Garamantes, qui fuient le commerce et la société de tous les hommes : ils n’ont aucune sorte d’armes, et ne savent pas même se défendre.

CLXXV. Cette nation habite au-dessus des Nasamons. Elle a pour voisins les Maces. Ceux-ci sont à l’ouest et le long de la mer. Ils se rasent de manière qu’il reste, sur le haut de la tête, une touffe de cheveux. Ils y parviennent en laissant croître leurs cheveux sur le milieu de la tête, et en se rasant de très près des deux côtés. Quand ils vont à la guerre, ils portent, pour armes défensives, des peaux d’autruches. Le Cinyps descend de la colline des Grâces, traverse leur pays, et se jette dans la mer. Cette colline est entièrement couverte d’une épaisse forêt ; au lieu que le reste de la Libye, dont j’ai parlé jusqu’ici, est un pays où l’on ne voit point d’arbres : de cette colline à la mer il y a deux cents stades.

CLXXVI. Les Gindanes touchent aux Maces. On dit que leurs femmes portent chacune, autour de la cheville du pied, autant de bandes de peaux qu’elles ont vu d’hommes ; celle qui en a davantage est la plus estimée, comme ayant été aimée d’un plus grand nombre d’hommes.

CLXXVII. Les Lotophages habitent le rivage de la mer, qui est devant le pays des Gindanes. Ces peuples ne vivent que des fruits du lotos (42) : ce fruit est à peu près de la grosseur de celui du lentisque, et d’une douceur pareille à celle des dattes. Les Lotophages en font aussi du vin.

CLXXVIII. Ils confinent, le long de la mer, aux Machlyes : ceux-ci font aussi usage du lotos, mais beaucoup moins que les Lotophages. Les Machlyes s’étendent jusqu’au Triton, fleuve considérable qui se jette dans un grand lac nommé Tritonis (Lac Tchad), où l’on voit l’île de Phia. On dit qu’il avait été prédit par les oracles que les Lacédémoniens enverraient une colonie dans cette île : on raconte le fait de cette manière.

CLXXIX. Quand Jason (conte inspiré du récit de Hannon ? mythologie géographiquement absurde comparable au mytne des 4 fleuves de sources impossiblement commune du Jardin d’Eden) eut fait construire, au pied du mont Pélion, le navire Argo (43), et qu’il y eut embarqué une hécatombe avec un trépied d’airain, il se mit en mer, et doubla le Péloponnèse, dans le dessein d’aller à Delphes. Lorsqu’il fut arrivé vers le promontoire Malée, il s’éleva un vent du nord qui le jeta en Libye, et il se trouva dans les bas-fonds du lac Tritonis avant que d’avoir découvert la terre. Ne sachant comment sortir de ce pas dangereux, on dit qu’un triton lui apparut et lui demanda son trépied, lui promettant de lui montrer une route sûre et de le tirer de ce péril. Jason y ayant consenti, le triton lui montra le moyen de sortir de ce bas-fond il prit ensuite le trépied, le mit dans son propre temple, et, s’asseyant dessus, il prédit à Jason et aux siens tout ce qui devait leur arriver. Il lui annonça aussi que, lorsque ce trépied aurait été enlevé par quelqu’un des descendants de ceux qui étaient dans le navire Argo, il était de toute nécessité que les Grecs eussent cent villes sur les bords du lac Tritonis. On ajoute que les Libyens voisins du lac, ayant appris cette réponse de l’oracle, cachèrent le trépied.

CLXXX. Immédiatement après les Machlyes (Massala, Ségou au Mali, à Séguéla en Cote d’Ivoire ou à Dédougou au Burkina, à Bénin-City au Nigéria, voir aussi Mansila etc), on trouve les Auséens (Les Haoussa, mosqués en Haoussa se dit Massalacin, comme musulman en Dahoméen se dit Malènou litéralement Malien, ce qui sugère fortement que l’islam est venu en pays Haoussa par le Mali à l’instar du Dahoméy). Ces deux nations habitent autour du lac Tritonis; mais elles sont séparées par le fleuve Triton. Les Machlyes laissent croître leurs cheveux sur le derrière de la tête, et les Auséens sur le devant. Dans une fête que ces peuples célèbrent tous les ans en l’honneur de Minerve, les filles, partagées en deux troupes, se battent les unes contre les autres à coups de pierres et de bâtons. Elles disent que ces rites ont été institués par leurs pères en l’honneur de la déesse née dans leur pays, que nous appelons Minerve ; et elles donnent le nom de fausses vierges à celles qui meurent de leurs blessures. Mais, avant que de cesser le combat, elles revêtent d’une armure complète à la grecque celle qui, de l’aveu de toutes, s’est le plus distinguée; et, lui ayant mis aussi sur la tête un casque à la corinthienne, elles la font monter sur un char, et la promènent autour du lac. Je ne sais de quelle façon ils armaient autrefois leurs filles, avant que les Grecs eussent établi des colonies autour d’eux. Je pense cependant que c’était à la manière des Égyptiens. Je suis en effet d’avis que le bouclier et le casque sont venus d’Égypte chez les Grecs. Ils prétendent que Minerve est fille de Neptune et de la nymphe du lac Tritonis, et qu’ayant eu quelque sujet de plainte contre son père, elle se donna à Zeus, qui l’adopta pour sa fille. Les femmes sont en commun chez ces peuples ; elles ne demeurent point avec les hommes, et ceux-ci les voient à la manière des bêtes. Les enfants sont élevés par leurs mères : quand ils sont grands, on les mène à l’assemblée que les hommes tiennent tous les trois mois. Celui à qui un enfant ressemble passe pour en être le père.

CLXXXI. Tels sont les peuples nomades qui habitent les côtes maritimes de la Libye. Au-dessus, en avançant dans le milieu des terres, on rencontre la Libye remplie de bêtes féroces, au-delà de laquelle est une élévation sablonneuse (le Sahara), qui s’étend depuis Thèbes près de l’Égypte, jusqu’aux colonnes d’Hercule. On trouve dans ce pays sablonneux, environ de dix journées en dix journées, de gros quartiers de sel sur des collines. Du haut de chacune de ces collines, on voit jaillir, au milieu du sel, une eau fraîche et douce. Autour de cette eau on trouve des habitants, qui sont les derniers du côté des déserts, et au-dessus de la Libye sauvage. Les premiers qu’on y rencontre, en venant de Thèbes, sont les Ammoniens (Oasis de Siwa avec des mines de Sel), à dix journées de cette ville. Ils ont un temple avec des rites qu’ils ont empruntés de celui de Zeus Thébéen. Il y a en effet à Thèbes, comme je l’ai déjà dit, une statue de Zeus avec une tête de bélier. Entre autres fontaines, ils en ont une dont l’eau est tiède au point du jour, fraîche à l’heure du marché, et extrêmement froide à midi ; aussi ont-ils soin, à cette heure, d’arroser leurs jardins. A mesure que le jour baisse, elle devient moins froide, jusqu’au coucher du soleil, qu’elle est tiède. Elle s’échauffe ensuite de plus en plus, jusqu’à ce qu’on approche du milieu de la nuit : alors elle bout à gros bouillons. Lorsque le milieu de la nuit est passé, elle se refroidit jusqu’au lever de l’aurore on l’appelle la fontaine du Soleil.

CLXXXII. A dix autres journées de chemin après les Ammoniens, on trouve, sur cette élévation de sable, une autre colline de sel, semblable à celle qu’on voit chez les Ammoniens, avec une source d’eau. Ce canton est habité ; il s’appelle Augiles : c’est là que les Nasamons vont, en automne, recueillir les dattes.

CLXXXIII. A dix autres journées du territoire d’Augiles, on rencontre une autre colline de sel avec de l’eau, et une grande quantité de palmiers portant du fruit, comme dans les autres endroits dont on vient de parler. Les Garamantes, nation fort nombreuse, habitent ce pays. Ils répandent de la terre sur le sel, et sèment ensuite. Il n’y a pas loin de là chez les Lotophages ; mais, du pays de ceux-ci, il y a trente journées de chemin jusqu’à celui où l’on voit ces sortes de boeufs qui paissent en marchant à reculons. Ces animaux paissent de la sorte parce qu’ils ont les cornes rabattues en devant, et c’est pour cela qu’ils vont à reculons quand ils paissent ; car ils ne peuvent alors marcher en avant, attendu que leurs cornes s’enfonceraient dans la terre. Ils ne diffèrent des autres boeufs qu’en cela, et en ce qu’ils ont le cuir plus épais et plus souple. Ces Garamantes font la chasse aux Troglodytes-Éthiopiens ; ils se servent pour cela de chars à quatre chevaux. Les Troglodytes-Éthiopiens sont, en effet, les plus légers et les plus vites de tous les peuples dont nous ayons jamais ouï parler. Ils vivent de serpents, de lézards et autres reptiles ; ils parlent une langue qui n’a rien de commun avec celles des autres nations ; on croit entendre le cri des chauves-souris.

CLXXXIV. A dix journées pareillement des Garamantes, on trouve une autre colline de sel, avec une fontaine et des hommes à l’entour : ils s’appellent Atarantes, et sont les seuls hommes que je sache n’avoir point de nom. Réunis en corps de nation, ils s’appellent Atarantes ; mais les individus n’ont point de noms qui les distinguent les uns des autres. Ils maudissent le soleil lorsqu’il est à son plus haut point d’élévation et de force, et lui disent toutes sortes d’injures, parce qu’il les brûle, ainsi que le pays.

A dix autres journées de chemin, on rencontre une autre colline de sel, avec de l’eau et des habitants aux environs. Le mont Atlas touche à cette colline. Il est étroit et rond de tous côtés, mais si haut, qu’il est, dit-on, impossible d’en voir le sommet, à cause des nuages dont il est toujours couvert l’été comme l’hiver. Les habitants du pays disent que c’est une colonne du ciel. Ils ont pris de cette montagne le nom d’Atlantes, et l’on dit qu’ils ne mangent de rien qui ait eu vie, et qu’ils n’ont jamais de songes.

CLXXXV. Je connais le nom (vers le midi : de Siwa à la Guinée) de ceux qui habitent cette élévation jusqu’aux Atlantes ; mais je n’en puis dire autant de ceux qui sont au delà. Cette élévation (ce désert) s’étend jusqu’aux colonnes d’Hercule, et même par delà. De dix journées en dix journées, on y trouve des mines de sel et des habitants. Les maisons de tous ces peuples sont bâties de quartiers de sel : il ne pleut en effet jamais dans cette partie de la Libye ; autrement les murailles des maisons, étant de sel, tomberaient bientôt en ruine. On tire de ces mines deux sortes de sel, l’un blanc, et l’autre couleur de pourpre. Au-dessus de cette élévation sablonneuse, vers le midi et l’intérieur de la Libye, on ne trouve qu’un affreux désert, où il n’y a ni eau, ni bois, ni bêtes sauvages, et où il ne tombe ni pluie ni rosée.

CLXXXVI. Tout le pays qui s’étend depuis l’Egypte jusqu’au lac Tritonis est habité par des Libyens nomades, qui vivent de chair et de lait. Ils ne mangent point de vaches, non plus que les Égyptiens, et ne se nourrissent point de porcs. Les femmes de Cyrène ne se croient pas permis non plus de manger de la vache, par respect pour la déesse Isis, qu’on adore en Égypte ; elles jeûnent même, et célèbrent des fêtes solennelles en son honneur. Les femmes de Barcé non seulement ne mangent point de vache, mais elles s’abstiennent encore de manger de la chair de porc.

CLXXXVII. Les peuples à l’occident du lac Tritonis ne sont point nomades ; ils n’ont point les mêmes usages, et ne font pas à leurs enfants ce qu’observent, à l’égard des leurs, les Libyens nomades. Quand les enfants des Libyens nomades ont atteint l’âge de quatre ans, ils leur brûlent les veines du haut de la tête, et quelques-uns celles des tempes, avec de la laine qui n’a point été dégraissée. Je ne puis assurer que tous ces peuples nomades suivent cet usage, mais il est pratiqué par plusieurs. Ils prétendent que cette opération les empêche d’être, par la suite, incommodés de la pituite qui coule du cerveau, et qu’elle leur procure une santé parfaite. En effet, entre tous les peuples que nous connaissons, il n’y en a point qui soient plus sains que les Libyens; mais je n’oserais assurer qu’ils en soient redevables à cette opération. Si leurs enfants ont des spasmes pendant qu’on les brûle, ils les arrosent avec de l’urine de bouc ; c’est un remède spécifique : au reste, je ne fais que rapporter ce que disent les Libyens.

CLXXXVIII. Les sacrifices des nomades se font de cette manière : ils commencent par couper l’oreille de la victime (cela leur tient lieu de prémices), et la jettent sur le faîte de leurs maisons ; cela fait, ils lui tordent le cou : ils n’en immolent qu’au Soleil et à la Lune. Tous les Libyens font des sacrifices à ces deux divinités ; cependant ceux qui habitent sur les bords du lac Tritonis en offrent aussi à Minerve, ensuite au Triton et à Neptune, mais principalement à Minerve.

CLXXXIX. Les Grecs ont emprunté des Libyennes l’habillement et l’égide des statues de Minerve, excepté que l’habit des Lybiennes est de peau, et que les franges de leurs égides ne sont pas des serpents, mais des bandes minces de cuir : le reste de l’habillement est le même. Le nom de ce vêtement prouve que l’habit des statues de Minerve vient de Libye. Les femmes de ce pays portent en effet, par-dessus leurs habits, des peaux de chèvres sans poil, garnies de franges et teintes en rouge. Les Grecs ont pris leurs égides de ces vêtements de peaux de chèvres. Je crois aussi que les cris perçants qu’on entend dans les temples de cette déesse tirent leur origine de ce pays. C’est en effet un usage constant parmi les Libyennes, et elles s’en acquittent avec grâce. C’est aussi des Libyens que les Grecs ont appris à atteler quatre chevaux à leurs chars.

CXC. Les Libyens nomades enterrent leurs morts comme les Grecs : j’en excepte les Nasamons, qui les enterrent assis, ayant soin, quand quelqu’un rend le dernier soupir, de le tenir dans cette altitude, et prenant garde qu’il n’expire couché sur le dos. Leurs logements sont portatifs, et faits d’asphodèles (44) entrelacés avec des joncs. Tels sont les usages de ces nations.

CXCI. A l’ouest du fleuve Triton, les Libyens laboureurs touchent aux Auséens ; ils ont des maisons, et se nomment Maxyes. Ils laissent croître leurs cheveux sur le côté droit de la tête, rasent le côté gauche, et se peignent le corps avec du vermillon : ils se disent descendus des Troyens. Le pays qu’ils habitent, ainsi que le reste de la Libye occidentale (Afrique de l’Ouest), est beaucoup plus rempli de bêtes sauvages, et couvert de bois, que celui des nomades ; car la partie de la Libye orientale qu’habitent les nomades est basse et sablonneuse jusqu’au fleuve Triton. Mais depuis ce fleuve, en allant vers le couchant, le pays occupé par les laboureurs est très montagneux, couvert de bois et plein de bêtes sauvages. C’est dans cette partie occidentale de la Libye que se trouvent les serpents d’une grandeur prodigieuse, les lions, les éléphants, les ours, les aspics, les ânes qui ont des cornes (45), les cynocéphales (têtes de chien) et les acéphales (sans tête, des crabes ?), qui ont, si l’on en croit les Libyens, les yeux à la poitrine. On y voit aussi des hommes et des femmes sauvages, et une multitude d’autres bêtes féroces, qui existent réellement.

CXCII. Dans le pays des nomades, on ne trouve aucun de ces animaux ; mais il y en a d’autres, tels que des pygarges, des chevreuils, des bubalis, des ânes, non pas de cette espèce d’ânes qui ont des cornes, mais d’une autre qui ne boit point. On y voit aussi des oryx qui sont de la grandeur du boeuf : on se sert des cornes de cet animal pour faire les coudes des cithares. Il y a aussi des renards, des hyènes, des porcs-épics, des béliers sauvages, des dictyes, des thoès (46), des panthères, des boryes, des crocodiles terrestres qui ont environ trois coudées de long, et qui ressemblent aux lézards ; des autruches, et de petits serpents qui ont chacun une corne. Toutes ces sortes d’animaux se rencontrent en ce pays, et outre cela tous ceux qui se trouvent ailleurs, excepté le cerf et le sanglier, car il n’y a ni sangliers ni cerfs en Libye. On y voit aussi trois sortes de rats, les dipodes, les zégéries, nom libyen qui signifie en notre langue des collines ; les rats de la troisième espèce s’appellent hérissons. Il naît outre cela, dans le Silphium, des belettes qui ressemblent à celles de Tartessus. Telles sont, autant que j’ai pu le savoir par les plus exactes recherches, les espèces d’animaux qu’on voit chez les Libyens nomades.

CXCIII. Les Zauèces touchent aux Libyens-Maxyes ; quand ils sont en guerre, les femmes conduisent les chars.

CXCIV. Les Gyzantes habitent immédiatement après les Zauèces. Les abeilles font dans leur pays une prodigieuse quantité de miel ; mais on dit qu’il s’y en fait beaucoup plus encore par les mains et l’industrie des hommes. Les Gyzantes se peignent tous avec du vermillon, et mangent des singes : ces animaux sont très communs dans leurs montagnes.

CXCV. Auprès de ce pays est, au rapport des Carthaginois, une île fort étroite, appelée Cyraunis ; elle a deux cents stades de long. On y passe aisément du continent ; elle est toute couverte d’oliviers et de vignes. Il y a dans cette île un lac, de la vase duquel les filles du pays tirent des paillettes d’or avec des plumes d’oiseaux frottées de poix. J’ignore si le fait est vrai ; je me contente de rapporter ce qu’on dit : au reste, ce récit pourrait être vrai, surtout après avoir été témoin moi-même de la manière dont on tire la poix d’un lac de Zacynthe. Cette île renferme plusieurs lacs : le plus grand a soixante-dix pieds en tout sens, sur deux orgyies de profondeur. On enfonce dans ce lac une perche à l’extrémité de laquelle est attachée une branche de myrte ; on retire ensuite cette branche avec de la poix qui a l’odeur du bitume, mais qui d’ailleurs vaut mieux que celle de Piérie. On jette cette poix dans une fosse creusée près du lac ; et, quand on y en a amassé une quantité considérable, on la retire de la fosse pour la mettre dans des amphores. Tout ce qui tombe dans le lac passe sous terre, et reparaît quelque temps après dans la mer, quoiqu’elle soit éloignée du lac d’environ quatre stades. Ainsi ce qu’on raconte de l’île qui est près de la Libye peut être vrai.

CXCVI. Les Carthaginois disent qu’au delà des colonnes d’Hercule il y a un pays habité où ils vont faire le commerce. Quand ils y sont arrivés, ils tirent leurs marchandises de leurs vaisseaux, et les rangent le long du rivage : ils remontent ensuite sur leurs bâtiments, où ils font beaucoup de fumée. Les naturels du pays, apercevant cette fumée, viennent sur le bord de la mer, et, après y avoir mis de l’or pour le prix des marchandises, ils s’éloignent. Les Carthaginois sortent alors de leurs vaisseaux, examinent la quantité d’or qu’on a apportée, et, si elle leur paraît répondre au prix de leurs marchandises, ils l’emportent et s’en vont. Mais, s’il n’y en pas pour leur valeur, ils s’en retournent sur leurs vaisseaux, où ils restent tranquilles. Les autres reviennent ensuite, et ajoutent quelque chose, jusqu’à ce que les Carthaginois soient contents. Ils ne se font jamais tort les uns aux autres. Les Carthaginois ne touchent point à l’or, à moins qu’il n’y en ait pour la valeur de leurs marchandises ; et ceux du pays n’emportent point les marchandises avant que les Carthaginois. n’aient enlevé l’or.

CXCVII. Tels sont les peuples de Libye dont je peux dire les noms. La plupart ne tenaient pas alors plus de compte du roi des Mèdes qu’ils ne le font encore à présent. J’ajoute que ce pays est habité par quatre nations, et qu’autant que je puis le savoir, il n’y en a pas davantage. De ces quatre nations, deux sont indigènes et deux sont étrangères. Les indigènes sont les Libyens et les Éthiopiens. Ceux-là habitent la partie de la Libye qui est au nord, et ceux-ci celle qui est au midi : les deux nations étrangères sont les Phéniciens et les Grecs.

CXCVIII. Quant à la bonté du terroir, la Libye ne peut, – à ce qu’il me semble, être comparée ni à l’Asie ni à l’Europe : j’en excepte seulement le Cinyps, pays qui porte le même nom que le fleuve dont il est arrosé. Il peut entrer en parallèle avec les meilleures terres à blé : aussi ne ressemble-t-il en rien au reste de la Libye. C’est une terre noire (de Déméter-Isis ou d’agriculteurs), et arrosée de plusieurs sources : elle n’a rien à, craindre de la sécheresse, et les pluies excessives ne faisant que l’abreuver, elle n’en souffre aucun dommage : il pleut en effet dans cette partie de la Libye. Ce pays rapporte autant de grains que la Babylonie. Celui des Évespérides est aussi un excellent pays. Dans les années où les terres se surpassent elles-mêmes en fécondité, elles rendent le centuple ; mais le Cinyps rapporte environ trois cents pour un.

CXCIX. La Cyrénaïque est le pays le plus élevé de cette partie de la Libye habitée par les nomades. Il y a trois saisons admirables pour la récolte : on commence la moisson et la vendange sur les bords de la mer ; on passe ensuite au milieu du pays, qu’on appelle les Bunes (collines) : le blé et le raisin sont alors mûrs, et ne demandent qu’à être recueillis. Pendant qu’on fait la récolte du milieu des terres, ils viennent aussi en maturité dans les endroits les plus reculés, et veulent être moissonnés et vendangés. On a par conséquent mangé les premiers grains, et l’on a bu les premiers vins, lorsque la dernière récolte arrive. Ces récoltes occupent les Cyrénéens huit mois de l’année. Mais en voilà assez sur ce pays.

Les nigrites (négroïdes) sont aussi des libyens, les numides ne le sont pas, éthymologie de Libyens et éthiopiens

Strabon : Géographie, XVII, 3 – La Libye

2. Les peuples qui l’habitent sont appelés Maurusii par les Grecs, Mauri par les Romains et par les indigènes : ils sont d’origine libyque et forment une nation puissante et riche en regard des Ibères, dont ils ne sont séparés que par un bras de mer, le fameux détroit des colonnes d’Hercule si souvent cité dans le présent ouvrage. Une fois hors du détroit, si l’on gouverne à gauche, on voit se dresser sur la côte de Libye une haute montagne, l’Atlas des Grecs, le Dyris des Barbares. …

3. Depuis la première description qui en fut donnée dans le périple d’Ophélas, tout ce que les historiens ont publié sur cette côte de la Libye extérieure au détroit n’est qu’un tissu de fables et de mensonges. Nous en avons donné un échantillon quelque part dans les livres qui précèdent [et à la rigueur nous pourrions nous en tenir là] : … En veut-on un autre à peu près de même force puisé à la même source ? Il y aurait eu anciennement dans l’intérieur des golfes qui font suite au golfe Emporique des établissements tyriens, et ces établissements, dont il ne reste plus trace aujourd’hui, n’auraient pas compté moins de trois cents villes ; les trois cents villes, jusqu’à la dernière auraient été détruites par les Pharusii et les Nigrites, peuples que les mêmes historiens placent à trente journées de marche de la ville de Lynx.

6. En remontant, maintenant, vers la mer Intérieure, on voit se succéder à partir de Lynx les villes de Zélis et de Tiga, les Tombeaux des Sept frères, et un peu au-dessus de la côte le mont Abyla, rempli de bêtes féroces et couvert de grands arbres. On prétend que le détroit des Colonnes a 120 stades de longueur et, là où il est le plus resserré, près d’Eléphas, 60 stades de largeur. Après s’y être engagé, on relève [sur la côte de Libye] un certain nombre de villes et de cours d’eau jusqu’au fleuve Molochath, qui sert de limite entre le territoire des Maurusii et celui des Masaesylii. Le nom de Metagonium désigne à la fois un grand promontoire voisin de l’embouchure de ce fleuve, un canton aride et pauvre, et, à la rigueur, toute la chaîne de montagnes qui part des Côtes et se prolonge jusqu’ici. La distance du cap des Côtes à la frontière des Masaesylii représente une longueur de 5000 stades. Le point qui correspond le plus exactement au cap Métagonium de l’autre côté du détroit est Carthage-la-Neuve, et Timosthène se trompe quand il dit que c’est Massilia. La traversée depuis Carthagela-Neuve jusqu’à Métagonium est de 3000 stades en ligne droite et de Carthage-la-Neuve à Massilia il y a encore un trajet de 6000 stades à faire le long de la côte.

7. Bien qu’habitant un pays généralement si fertile, les Maurusii ont conservé jusqu’à présent les habitudes de la vie nomade.  … Ceux qui combattent à pied se servent de peaux d’éléphants en guise de boucliers, et de peaux de lions,S de léopards ou d’ours en guise de manteaux et de couvertures. Au reste, on peut dire que les Maurusii, les Masaesylii leurs voisins les plus proches, et tous les peuples compris sous la dénomination commune de Libyens, ont les mêmes armes, le même équipement, et en général toutes les mêmes habitudes. Ils se servent tous, par exemple, des mêmes petits chevaux, si vifs, si ardents, et avec cela si dociles, puisqu’ils se laissent conduire avec une simple baguette. … Les Pharusii et les Nigrètes qui habitent au-dessus des Maurusii dans le voisinage des Ethiopiens occidentaux sont, en outre, comme les Ethiopiens eux-mêmes, d’habiles archers. Ajoutons que l’usage des chars armés de faux leur est familier. 

Les Pharusii communiquent bien encore, mais à de rares intervalles, avec les Maurusii. Ils suspendent alors, pour la traversée du désert, des outres d’eau sous le ventre de leurs chevaux. Dans une autre direction, ils poussent jusqu’à Cirta à travers toute une région de marais et de lacs. Quelques-unes de leurs tribus vivent, dit-on, sous terre, à la façon des Troglodytes, dans des trous creusés exprès. Un autre détail qu’on donne sur le pays des Pharusii, c’est que l’été y est la saison des grandes pluies et l’hiver, au contraire, la saison sèche. Enfin l’on assure que quelques peuples barbares voisins des Pharusii se font des manteaux et des couvertures avec des peaux de serpents et des écailles de poissons. Certains auteurs voient dans les Maurusii les descendants des Indiens qui vinrent en Libye à la suite d’Hercule. A une époque de bien peu antérieure à l’époque actuelle, la Maurusie eut pour rois deux princes amis du peuple romain, Bogus et Bocchus. Mais, ceux-ci étant morts sans laisser de postérité, elle passa aux mains de Juba, qui la reçut en don de César Auguste pour l’ajouter à ses Etats héréditaires : Juba était fils du prince de même nom qui avait fait la guerre, comme allié de Scipion, au divin César. Juba du reste vient de mourir à son tour laissant pour successeur et héritier son fils Ptolémée, né d’une fille d’Antoine et de Cléopâtre.

15. Carthage fut fondée, comme on sait, par Didon, qui avait amené avec elle une nombreuse colonie de Tyriens : or tel fut le profit que les Phéniciens retirèrent de ce premier établissement et de ceux qu’ils fondèrent ensuite dans les différentes parties de l’Ibérie, tant en deçà qu’au delà des colonnes d’Hercule, qu’en Europe ils se trouvent posséder aujourd’hui encore les meilleures terres, soit du continent, soit des îles qui en dépendent, et qu’en Libye ils avaient fini par s’annexer tous les pays qui ne comportaient pas la vie nomade. Fiers d’une telle puissance, ils posèrent Carthage en rivale de Rome et soutinrent contre le peuple romain trois terribles guerres : celle des trois qui mit peut-être le plus en lumière l’immensité de leurs ressources fut précisément la dernière, dans laquelle ils furent vaincus par Scipion Emilien et virent leur ville détruite de fond en comble. Quand commença cette guerre, en effet, ils possédaient trois cents villes en Libye, et Carthage, leur capitale, ne comptait pas moins de sept cent mille habitants ; assiégée et réduite à capituler, elle livrait deux cent mille armures et trois mille catapultes comme gage de sa pleine et entière soumission ; puis tout à coup se ravisant elle décrétait la continuation de la lutte, se remettait à fabriquer des armes, versait par jour dans ses arsenaux cent quarante boucliers épais et forts, trois cents sabres, cinq cents lances et jusqu’à mille traits ou carreaux de catapultes, les femmes esclaves ayant donné leurs cheveux pour qu’on en fît les câbles nécessaires à la manoeuvre de ces machines. Ajoutons qu’on vit ce peuple, dont les forces navales, depuis cinquante ans et par suite des stipulations du traité qui avait mis fin à la seconde guerre [punique], avaient été réduites à douze navires, se construire en deux mois de temps et bien qu’il fût singulièrement à l’étroit dans l’enceinte de Byrsa, cent vingt vaisseaux cuirassés, et, comme l’entrée du Côthôn était bloquée, s’ouvrir dans le roc une autre issue et faire sortir par là une flotte entière improvisée. Il faut dire qu’il y avait dans Byrsa une réserve considérable d’anciens matériaux et tout un monde d’ouvriers logés et entretenus aux frais de l’Etat. En dépit de tout, Carthage fut prise et détruite. Du pays même les Romains firent deux parts : le territoire proprement dit de Carthage forma une nouvelle province, le reste fut donné à Masanassès et passa à ses descendants de la branche de Micipsa. Les Romains avaient toujours eu pour Masanassès une estime particulière à cause de ses vertus et de son loyal attachement à leur cause. Et il est de fait que c’est ce prince qui le premier civilisa les Numides et les façonna à la vie agricole, en même temps qu’il les déshabituait du brigandage pour leur apprendre le métier de soldat. Jusque-là les Numides avaient offert ce spectacle étrange d’un peuple, en possession de terres éminemment fertiles, mais infestées de bêtes féroces, qui, au lieu d’exterminer celles-ci 1 pour cultiver ensuite ses champs en toute sûreté, avait mieux aimé se livrer à un brigandage sans frein et abandonner la terre aux reptiles et aux bêtes féroces, se réduisant ainsi volontairement à mener une vie errante et nomade ni plus ni moins que les peuples qui y sont condamnés par la misère, l’aridité de leur sol et la rigueur de leur climat. C’est même là ce qui a fait donner aux Masaesylii la dénomination particulière de Numides. Dans ce temps-ià naturellement leur vie était des plus simples, ils mangeaient plus souvent des racines que de la viande, se nourrissant en outre de lait et de fromage. Après être restée déserte longtemps, presque aussi longtemps que Corinthe, Carthage se vit, à la même époque à peu près que Corinthe, restaurer par le divin César, qui avait fait partir de Rome à cette fin une colonie composée de tous les citoyens romains qui s’étaient présentés et d’un certain nombre de vétérans ; et aujourd’hui il n’y a pas dans toute la Libye de ville plus peuplée qu’elle.

Strabon Livre II

33. La Libye, qui fait suite à l’Asie, tient à l’Égypte et à l’Éthiopie. L’une de ses côtes, celle qui nous fait face, décrit depuis Alexandrie, où elle commence, presque jusqu’aux Colonnes d’Hercule, une ligne droite, interrompue seulement soit par les Syrtes et quelques autres enfoncements moins considérables, soit par les saillies des caps qui forment ces différents golfes. Mais la côte qui borde l’Océan, après avoir suivi jusqu’à une certaine distance de l’Ethiopie une direction parallèle à celle de la première, se rapproche sensiblement du nord, réduisant ainsi la largeur du continent jusqu’à ne plus former qu’un promontoire, dont l’extrémité, terminée en pointe, tombe un peu au delà des Colonnes d’Hercule, ce qui donne à la Libye la forme d’un trapèze. On s’accorde à dire, et M. Pison, ancien préfet de cette province, nous a confirmé le fait, que l’aspect de la Libye est proprement celui d’une peau de panthère. Ce qui la fait paraître ainsi toute tachetée, c’est le grand nombre d’oasis qui s’y trouvent (les Égyptiens appellent ainsi les divers centres de population que les sables arides du désert entourent de tous côtés). Mais ce n’est pas tout, et la Libye offre encore cette particularité d’être divisée en trois zones distinctes, à savoir : le long de notre mer une première zone d’une extrême fertilité dans la plus grande partie de son étendue, mais surtout dans la Cyrénaïque et dans tout le territoire dépendant de Carthage jusqu’à la Maurusie et aux Colonnes d’Hercule; puis, le long de l’Océan, une autre région passablement fertile; enfin une zone intermédiaire tout à fait stérile, qui ne produit rien que le silphium et qui n’est guère composée que de déserts âpres et sablonneux. On trouve, du reste, la même nature de terrain dans toute la partie de l’Asie située sous ce même parallèle, c’est-à-dire dans l’Éthiopie, la Troglodytique, l’Arabie et la côte de Gédrosie occupée par les Ichthyophages.

Des peuples, maintenant, qui habitent la Libye, la plupart nous sont encore inconnus, car il est rare que des armées ou même des voyageurs étrangers parcourent cette contrée, et, d’autre part, on voit très peu d’indigènes venir de si loin visiter nos pays, sans compter que ceux qui y viennent mentent généralement ou ne disent pas tout ce qu’ils savent. Voici pourtant ce qui paraît résulter de leurs informations. Ils nomment Éthiopiens les peuples les plus méridionaux de la Libye, Garamantes, Pharusiens (49) et Nigrites ceux qui habitent au-dessous de l’Ethiopie, et Gaetules, les peuples placés au-dessous des précédents. Puis viennent, dans le voisinage ou sur le bord même de la mer : 1°, du côté de l’Égypte, les Marmarides, qui s’étendent jusqu’à la Cyrénaïque; 2°, au-dessus de la Cyrénaïque et des Syrtes, les Psylles, les Nasamous, quelques tribus aussi de Gietules, les Sintes (50), et enfin les Byzaciens, qui vont jusqu’à la Carchédonie ou province Carthaginoise.

Au delà de ce pays, qui a une étendue considérable, commence le territoire des Nomades [ou Numides], nation dont les tribus les plus connues portent les noms de Masyliéens et de Masaesyliens. Puis viennent les Maurusiens, les plus reculés de tous ces peuples. De Carthage aux Colonnes d’Hercule, le pays est généralement riche et fertile, mais déjà infesté de bêtes féroces, comme tout l’intérieur de la Libye. On peut même croire que le nom de Nomades, que porte une partie de ces peuples, leur est venu de ce qu’anciennement la multitude des bêtes féroces les avait mis dans l’impossibilité absolue de cultiver leurs terres. Aujourd’hui, sans cesser d’être d’excellents chasseurs (d’autant que les Romains contribuent singulièrement à entretenir leur adresse par cette fureur de thériomachies), ces peuples ont acquis en agriculture la même supériorité qu’ils avaient déjà dans l’art de la chasse. — Nous n’en dirons pas davantage au sujet des continents.

 

Le périple d’Hannon jusqu’au Mont Cameroun :

« C’est l’histoire du long voyage d’Hannon, roi des carthaginois, dans les pays de Libye, au-delà des colonnes d’Hercule, qu’il grava sur pierre dans le temple de Cronos (le Melqart carthaginois).Les Carthaginois décidèrent qu’Hannon devrait naviguer au-delà des colonnes d’Hercule et fonder une colonie de Libyo-Phéniciens (1). Il embarqua donc sur soixante pentécontores, environ trente mille hommes et femmes, des provisions et l’équipement nécessaire.Après avoir navigué au-delà des colonnes d’Hercule pendant deux jours, il fonda la première ville que nous appelâmes Thymiatherion. Elle dominait une large plaine.Naviguant alors en direction de l’ouest, nous arrivâmes à Soloeïs, un promontoire libyen couvert d’arbres, là nous fondâmes un temple dédié à Poséidon (Le Baal Shaphon des carthaginois).Après avoir navigué en direction de l’est pendant une demi-journée, nous atteignîmes un lac, peu éloigné de la mer, encombré d’une grande quantité de hautes herbes, dont se nourrissaient des éléphants et de nombreux autres animaux sauvages.A une journée de navigation, au-delà de ce lac, nous fondâmes, sur la côte, cinq nouvelles cités : Karikon-Teichos, Gytte, Akra, Melitta et Arambys.Continuant notre chemin, nous arrivâmes à la large rivière Lixus, qui vient de Libye et au-delà de laquelle des nomades appelés Lixites(2) font paître leurs troupeaux. Nous restâmes un certain temps avec eux et ils devinrent nos amis.Dans l’arrière-pays infesté de bêtes sauvages et hérissé de grandes montagnes, vivaient des Ethiopiens(3) inhospitaliers. Ils disent que le Lixus coule de cette région et qu’au milieu de ces montagnes habitent des troglodytes (4), d’allure étrange, qui, d’après les récits des Lixites, peuvent courir plus vite que les chevaux.Prenant des interprètes parmi les Lixites, nous naviguâmes pendant deux jours en direction du sud, le long d’un rivage désertique, puis une autre journée en direction de l’est. Nous trouvâmes une petite île de cinq stades de pourtour, à l’extrémité d’un golfe. Nous créâmes un établissement et l’appelâmes Cerné (5). Nous avons estimé, en nous référant à notre itinéraire, que nous nous trouvions alors à l’opposé de Carthage, étant donné que le voyage de Carthage aux colonnes d’Hercule et de là jusqu’à Cerné semblait identique.De là, nous remontons la grande rivière appelée Chrétès ; nous atteignons un lac sur lequel se trouvent trois îles plus grandes que Cerné. Continuant à naviguer pendant une journée, nous arrivâmes à l’extrémité du lac, surplombé par une haute montagne remplie de sauvages vêtus de peaux de bêtes, qui nous jetèrent des pierres et luttèrent contre nous. Ils nous empêchèrent de débarquer (6).Continuant toujours à naviguer, à partir de là, nous arrivâmes à une nouvelle grande rivière pleine de crocodiles et d’hippopotames. Nous retournâmes alors et revînmes à Cerné.Nous naviguâmes vers le sud pendant douze jours, au plus près de la côte tout au long de laquelle apparaissaient les Ethiopiens qui s’enfuyaient quand ils nous voyaient. Leur langage était incompréhensible même pour nos interprètes Lixites.Le dernier jour, nous jetâmes l’ancre à proximité de hautes montagnes recouvertes d’arbres dont le bois dégageait un parfum délicieux.Nous naviguâmes dans les parages pendant deux jours. Nous atteignîmes un immense golfe sur les rivages duquel nous pouvions observer, une fois la nuit venue, de grands feux et d’autres plus petits, s’allumant partout, à tour de rôle.Après avoir refait nos provisions d’eau, nous naviguâmes alors pendant cinq jours le long des côtes, jusqu’à ce que nous arrivions à une grande baie, que nos interprètes appelaient « corne de l’Occident »(7). Dans cette baie, il y avait une grande île et dans l’île, un lac d’eau salée dans lequel se trouvait une nouvelle île où nous mîmes pied à terre. De jour, on ne pouvait rien voir d’autre que la forêt, mais une fois la nuit venue, nous avons vu des feux s’allumer partout et nous entendîmes une grande clameur. La peur nous gagna et nous prîmes le parti de quitter cette île.Nous naviguâmes alors très vite en contournant une côte sauvage, d’où se dégageait un parfum d’encens. Des torrents de feu et de laves se répandaient jusque dans la mer et le pays était inabordable en raison de la chaleur.Effrayés, nous quittâmes cette région à la hâte et naviguâmes encore pendant quatre jours. Nous vîmes un pays la nuit, totalement en flammes. Au milieu, il y avait une flamme plus haute que les autres et il nous semblait qu’elle atteignait les étoiles. De jour, cela ressemblait à une grande montagne qui était appelée « le char des dieux« (8).Nous naviguâmes encore pendant trois jours dépassant cet endroit où coulait cette lave dangeureuse et nous atteignîmes un golfe appelé « corne du sud ».A l’extrémité de cette baie, se trouvait une île plus grande que la première, avec un lac où se trouvait une autre île remplie de singes. Il y avait un beaucoup plus grand nombre de femelles dont les corps étaient velus, et nos interprètes les appelaient des gorilles. Essayant de les poursuivre, nous ne parvînmes à attraper aucun mâle, car ils étaient tous habitués à escalader les précipices. Ils s’enfuirent en nous envoyant des pierres pour protéger leur retraite. Mais nous attrapâmes trois femelles qui mordirent et griffèrent ceux qui les portaient, car elles ne voulaient pas les suivre. Nous les tuâmes alors, et les dépeçâmes. Nous ramenâmes leurs peaux à Carthage, car nous arrêtâmes là notre navigation, notre ravitaillement étant épuisé ».

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Les phéniciens en Amérique (île-continent Atlantide ?) en haute mer au dela des colonnes d’Hercule :

Diodore Livre 5

XIX. Après avoir parlé des îles situées en deçà des colonnes d’Hercule, nous allons décrire celles qui sont dans l’Océan. Du côté de la Libye, on trouve une île dans la haute mer, d’une étendue considérable, et située dans l’Océan. Elle est éloignée de la Libye de plusieurs journées de navigation, et située à l’occident. Son sol est fertile, montagneux, peu plat, et d’une grande beauté. Cette île est arrosée par des fleuves 19 navigables. On y voit de nombreux jardins plantés de toutes sortes d’arbres, et des vergers traversés par des sources d’eau douce. On y trouve des maisons de campagne somptueusement construites et dont les parterres sont ornés de berceaux couverts de fleurs. C’est là que les habitants passent la saison de l’été, jouissant voluptueusement des biens que la campagne leur fournit en abondance. La région montagneuse est couverte de bois épais et d’arbres fruitiers de toute espèce ; le séjour dans les montagnes est embelli par des vallons et de nombreuses sources. En un mot, toute l’île est bien arrosée d’eaux douces qui contribuent non-seulement au plaisir des habitants, mais encore à leur santé et à leur force. La chasse leur fournit nombre d’animaux divers, et leur procure des repas succulents et somptueux. La mer qui baigne cette île renferme une multitude de poissons, car l’Océan est naturellement très-poissonneux. Enfin l’air y est si tempéré, que les fruits des arbres et d’autres produits y croissent en abondance pendant la plus grande partie de l’année. En un mot, cette île est si belle qu’elle paraît plutôt le séjour heureux de quelques dieux que celui des hommes  (50).

XX. Jadis cette île était inconnue à cause de son grand éloignement du continent, et voici comment elle fut découverte: les Phéniciens exerçaient de toute antiquité un commerce maritime fort étendu ; ils établirent un grand nombre de colonies dans la Libye et dans les pays occidentaux de l’Europe. Leurs entreprises leur réussissaient à souhait, et, ayant acquis de grandes richesses, ils tentèrent de naviguer au delà des colonnes d’Hercule, sur la mer qu’on appelle Océan. Ils fondèrent d’abord sur le continent, près des colonnes d’Hercule, dans une presqu’île de l’Europe, une ville qu’ils nommèrent Gadira.  20 Ils y lirait toutes les constructions convenables à cet emplacement. Ils y élevèrent un temple magnifique consacré à Hercule, et instituèrent de pompeux sacrifices d’après les rites phéniciens. Ce temple est encore de nos jours en grande vénération. Beaucoup de Romains célèbres par leurs exploits y ont accompli les vœux qu’ils avaient faits à Hercule pour le succès de leurs entreprises. Les Phéniciens avaient donc mis à la voile pour explorer, comme nous l’avons dit, le littoral situé en dehors des colonnes d’Hercule, et pendant qu’ils longeaient la côte de la Libye, ils furent jetés par des vents violents fort loin dans l’Océan. Battus par la tempête pendant beaucoup de jours, ils abordèrent enfin dans l’île dont nous avons parlé. Ayant pris connaissance de la richesse du sol, ils communiquèrent leur découverte à tout le monde. C’est pourquoi les Tyrrhéniens, puissants sur mer, voulaient aussi y envoyer une colonie ; mais ils en furent empêchés par les Carthaginois. Ces derniers craignaient d’un côté qu’un trop grand nombre de leurs concitoyens, attirés par la beauté de cette île, ne désertassent leur patrie. D’un antre côté, ils la regardaient comme un asile où ils pourraient se retirer dans le cas où il arriverait quelque malheur à Carthage. Car ils espéraient qu’étant maîtres de la mer, ils pourraient se transporter, avec toutes leurs familles, dans cette île qui serait ignorée de leurs vainqueurs.

L’ile Atlantide (Amérique ?) du Timée de Platon :

Nous gardons ici par écrit beaucoup de grandes actions de votre cité qui provoquent l’admiration, mais il en est une qui les dépasse toutes en grandeur et en héroïsme. En effet, les monuments écrits disent que votre cité détruisit jadis une immense puissance qui marchait insolemment sur l’Europe et l’Asie tout entières, venant d’un autre monde situé dans l’océan Atlantique. On pouvait alors traverser cet Océan ; car il s’y trouvait une île devant ce détroit que vous appelez, dites-vous, les colonnes d’Héraclès. Cette île était plus grande que la Libye et l’Asie réunies. De cette île on pouvait alors passer dans les autres îles et de celles-ci gagner tout le continent qui s’étend en face d’elles et borde cette véritable mer. Car tout ce qui est en deçà du détroit dont nous parlons ressemble à un port dont l’entrée est étroite, tandis que ce qui est au-delà forme une véritable mer et que la terre qui

TIMÉE/25a-26b

l’entoure a vraiment tous les titres pour être appelée continent. Or dans cette île Atlantide, des rois avaient formé une grande et admirable puissance, qui étendait sa domination sur l’île entière et sur beaucoup d’autres îles et quelques parties du continent. En outre, en deçà du détroit, de notre côté, ils étaient maîtres de la Libye jusqu’à l’Égypte, et de l’Europe jusqu’à la Tyrrhénie. Or, un jour, cette puissance, réunissant toutes ses forces, entreprit d’asservir d’un seul coup votre pays, le nôtre et tous les peuples en deçà du détroit. Ce fut alors, Solon, que la puissance de votre cité fit éclater aux yeux du monde sa valeur et sa force. Comme elle l’emportait sur toutes les autres par le courage et tous les arts de la guerre, ce fut elle qui prit le commandement des Hellènes ; mais, réduite à ses seules forces par la défection des autres et mise ainsi dans la situation la plus critique, elle vainquit les envahisseurs, éleva un trophée, préserva de l’esclavage les peuples qui n’avaient pas encore été asservis, et rendit généreusement à la liberté tous ceux qui, comme nous, habitent à l’intérieur des colonnes d’Héraclès. Mais dans le temps qui suivit, il y eut des tremblements de terre et des inondations extraordinaires, et, dans l’espace d’un seul jour et d’une seule nuit néfastes, tout ce que vous aviez de combattants fut englouti d’un seul coup dans la terre, et l’île Atlantide, s’étant abîmée dans la mer, disparut de même. Voilà pourquoi, aujourd’hui encore, cette mer-là est impraticable et inexplorable, la navigation étant gênée par les bas fonds vaseux que l’île a formés en s’affaissant. »

Atlas et Hespéria et l’origine des Hespérides ou Atlantides (les éthiopiens de l’Ouest ou du bassin du Niger)

Diodore Livre IV Tome 1

XXVII. Il ne faut point omettre ce que les mythographes racontent d’Atlas et de l’origine des Hespérides. Dans le pays appelé Hespéritis, vivaient deux frères célèbres, Hespérus et  288 Atlas ; ils possédaient des troupeaux d’une rare beauté, de couleur jaune, semblable à de l’or ; et comme les poètes appellent les brebis des pommes, ces troupeaux reçurent le nom de pommes d’or. Hespérus eut une fille nommée Hespéris ; il la donna en mariage à son frère Atlas. C’est d’elle que le pays d’Hespéritis prit son nom. Atlas eut d’Hespéris sept filles, appelées Atlantides du nom de leur père, et Hespérides de celui de leur mère. Comme elles étaient distinguées pour leur beauté et leur sagesse, Busiris, roi d’Egypte, désira, dit-on, s’en emparer. Dans ce dessein, il envoya des pirates avec l’ordre d’enlever ces filles et de les lui amener.

A cette époque, Hercule, achevant son dernier travail, venait de tuer, en Libye, Antée qui provoquait tous les étrangers à la lutte ; il venait aussi de châtier, en Egypte, en l’immolant à Zeus, Busiris, qui égorgeait les voyageurs étrangers. Puis, remontant le Nil jusqu’en Ethiopie, il tua Imathion, roi des Ethiopiens, qui voulait le combattre, et retourna pour prendre l’ordre d’un nouveau travail. Or, les pirates (envoyés par Busiris) trouvèrent les filles d’Atlas jouant dans un jardin ; ils les enlevèrent et s’enfuirent promptement dans leurs vaisseaux. Hercule les ayant surpris au moment où ils mangeaient sur le rivage, et ayant appris de ces filles ce qui leur était arrivé, il tua tous les ravisseurs, et rendit les filles à leur père Atlas. En reconnaissance de ce service, Atlas (un dogon du Mali ?) donna à Hercule non seulement ce qu’il était venu chercher, mais encore il l’initia dans l’astronomie. Atlas avait bien approfondi cette science, et il avait construit avec art une sphère céleste ; c’est pourquoi on le supposait portant le monde sur ses épaules. Comme Hercule apporta le premier en Grèce la science de la sphère, il en retira une grande gloire ; c’est ce qui fit dire aux hommes, allégoriquement, qu’il avait reçu d’Atlas le fardeau du monde.

Strabon Livre I : Les ouest-africains sont d’Origine Soudanaise et l’Atlas est au Cameroun

« 26. … Éphore, enfin, rapporte une autre tradition fort ancienne, qu’on peut supposer sans invraisemblance avoir été connue d’Homère : suivant cette tradition, qui avait cours, dit-il, parmi les Tartessiens, les Éthiopiens auraient poussé leurs incursions dans l’intérieur de l’Afrique jusqu’au Dyris [ou Atlas] (73) et y auraient laissé une partie des leurs, tandis que le reste se serait répandu tout le long du littoral; or Éphore conjecture que c’est le fait de cette séparation qui a suggéré à Homère l’expression suivante :’Les Éthiopiens divisés en deux nations aux extrémités de la terre.’27. Voilà déjà ce qu’on pourrait répondre à Aristarque et à ses partisans ; mais il y a maint autre argument plus plausible encore à faire valoir, pour achever de décharger le poète de l’imputation de grossière ignorance qui pèse sur lui. Ainsi, en me reportant aux opinions des anciens Grecs, en voyant comment ils comprenaient tout ce qu’ils connaissaient de peuples septentrionaux sous le seul et même nom de Scythes, ou sous celui de nomades qu’emploie Homère, et comment plus tard, avec le progrès des découvertes dans l’Occident, ils adoptèrent aussi pour cette partie de la terre des dénominations générales, soit les noms simples de Celtes et d’ibères, soit les noms mixtes de Celtibères et de Celloscythes, étant réduits par ignorance à ranger ainsi sous une seule et même dénomination des peuples séparés et distincts, je crois pouvoir affirmer que le nom d’Éthiopie désignait de même pour eux toute la région méridionale de la terre baignée par l’Océan. Et voici qui le prouve. C’est d’abord un passage du Prométhée déchaîné d’Eschyle  (74):

Avec Vitruve (VIII, 2, 6) apparaît un thème, qui n’était cependant peut-être pas nouveau : l’Atlas donne naissance, dans sa partie septentrionale, au fleuve Dyris (Fleuve Tchad), qui coule vers l’ouest et, après des pertes, devient l’Agger et finalement le Nil. A quelques nuances près, c’est une opinion que partageait et propageait, pour des raisons dynastiques, le roi Juba II (Pline l’Ancien, V, 51) et que partageront Pausanias (I, 33, 6), Dion Cassius (Ep., LXXV, 13, 3-4), lequel allègue le témoignage des Macénites, et Orose (I, 2, 29).

8Pline l’Ancien a décrit longuement l’Atlas (V, 6-7 et 11-16), que, selon lui, les indigènes appellent Addiris ou Diris (V, 13 : la tradition du texte ne permet pas de trancher). Suétonius Paulinus fut le premier à le traverser, au début du princi-pat de Claude (V, 14). On s’y rendait à partir de Sala par le territoire des Autololes* (V, 5). Selon Pline encore, Juba II avait écrit une description de l’Atlas, où son médecin Euphorbe découvrit la plante merveilleuse qui lui doit son nom (V, 16, et XXV, 78). L’Atlas était situé à la limite du pays des Mauri (XIII, 91) ; des Gétules le peuplaient (XXV, 79) et des Ethiopiens, les Perorsi*, étaient établis dans le voisinage, vers le sud (V, 16). Bref, on pouvait dire qu’il s’élève « à l’endroit même où s’arrête la nature » (XXVII, 2).

9Au iie siècle de notre ère, le géographe Ptolémée distingue un Petit Atlas sur la côte, au sud-ouest ( ?) de Sala, comme un promontoire qui s’avancerait dans l’Atlantique (IV, 1, 2, p. 577, Müller), et un Grand Atlas, qu’il situe, également sur la côte, au sud-ouest d’un fleuve Sala (Bou Regreg ?), par une confusion manifeste (ibid., p. 579). Mais il mentionne diverses chaînes de montagnes en Tingitane, jusqu’au promontoire Rhysadeir (cap Ghir ?) (IV, 4, 6, p. 587), ainsi qu’en Libye intérieure (IV, 6, 3, p. 735), qui correspondent, selon toute apparence, à diverses parties de ce que nous appelons l’Atlas marocain.

10Comme on le constate, l’Atlas des Anciens est resté une région mal définie et mal connue (cf. les plaintes de Pline l’Ancien, V, 11-12, à ce sujet). Situé d’abord, semble-t-il, non loin des Colonnes d’Héraclès, il fut par la suite associé à la théorie de l’origine occidentale du Nil. Le voyage de Polybe incita les Anciens à en étendre la localisation loin vers le sud. L’opinion commune l’imaginait à l’angle sud-ouest du continent, non loin de la Corne de l’Occident, dans une sorte de no man’s land entre la Maurétanie et l’Ethiopie (Méla, III, 100-104), c’est-à-dire entre l’Afrique et l’Asie, que partageait plus à l’est le système fluvial « prénilotique », que l’on imaginait perpendiculaire au véritable Nil nubo-égyptien.

Dans un autre passage de Pline (V, 9), qui semble provenir d’Agrippa, sinon de Polybe, les Gétules Autololes sont situés entre le port de Rhysaddir et le fleuve Quosenum , bref, apparemment, beaucoup plus au sud. 

Les colonnes d’Hercule (gibraltar) ne sont pas près de l’Atlas :

Diodore Livre IV Tome 1

XVIII. Après la mort d’Antée, Hercule (beau-fils d’Abraham selon Flavius) se rendit en Egypte, et tua le roi Busiris qui massacrait tous les étrangers (Phrygiens, Bytiniens peuples de la Mer ?) arrivés dans le pays ; il traversa le désert aride de la Libye, et, après avoir trouvé un pays fertile et bien arrosé, il y fonda une ville d’une grandeur prodigieuse. Cette ville reçut le nom d’Hécatompyle (28), à cause du nombre de ses portes, et sa renommée s’est perpétuée jusqu’à ces derniers temps ; les Carthaginois envoyèrent contre elle des troupes considérables, conduites par d’excellents chefs, et s’en rendirent maîtres. Hercule parcourut la Libye jusqu’à l’Océan, qui baigne Gadès, et il éleva deux colonnes sur les bords de l’un et de l’autre continent. De là, abordant avec sa flotte, dans l’Ibérie, il atteignit les fils de Chrysaor qui commandaient trois armées séparées. Hercule les tua dans un combat singulier, soumit l’Ibérie, et emmena ces fameux 279 troupeaux de vaches. En traversant le pays des Ibériens, il fut honorablement accueilli par un roi de ce pays, homme distingué par sa piété et sa justice ; en retour de cet accueil il donna au roi une partie de ces vaches. Le roi les consacra toutes à Hercule, et il lui sacrifia, tous les ans, le plus beau taureau né de ces vaches sacrées. Ces dernières ont été conservées en Ibérie jusqu’à nos jours.

Nous allons nous arrêter un moment sur les colonnes d’Hercule dont nous venons de faire mention. Arrivé aux extrémités de la Libye et de l’Europe, Hercule érigea ces colonnes sur les bords de l’Océan. Pour laisser un souvenir immortel de son expédition, il rapprocha, dit-on, par une digue, les extrémités des deux continents, qui étaient autrefois très distants l’un de l’autre, et il ne laissa aux eaux de la mer qu’un passage étroit, empêchant les cétacés (29) de l’Océan d’entrer dans la mer intérieure : ouvrage immense, qui perpétua la mémoire d’Hercule. Quelques-uns prétendent, au contraire, que les deux continents étant joints, Hercule perça l’isthme, et forma ainsi le détroit qui fait aujourd’hui communiquer l’Océan avec notre mer (30). Chacun est libre d’adopter l’une ou l’autre de ces deux opinions. Hercule avait déjà fait un ouvrage semblable en Grèce. La vallée appelée Tempé, était couverte d’eaux stagnantes dans une grande étendue. Il creusa un canal, par lequel s’écoulèrent ces eaux, et fit ainsi apparaître la plaine de Thessalie, arrosée par le lieuse Pénée. Il fit le contraire dans la Béotie, qu’il ravagea tout entière par une inondation, en barrant le fleuve qui passe près d’Orchomène de Minye. L’outrage qu’il avait exécuté en Thessalie fut un bienfait pour les Grecs, et par celui qu’il avait accompli en Béotie, il vengea les Thébains de la servitude qui leur avaient imposée les Minyens.

LES PLUS ANCIENNES MENTIONS DE LIBYENS A PEAU BLANCHE

Scylax VI è siècle av EC, (Pseudo-Scylax IV è siècle av EC) Périple 110, La Libye

… Une tribu libyenne, connue sous le nom de Lotophages, habite le pays qui s’étend au-delà de Syrtis jusqu’à l’embouchure du second golfe du même nom. Ces peuples emploient le loto tant pour leur nourriture que pour leur breuvage. Après avoir passé la ville de Néapolis, vous trouvez celle de Graphara, qui est dans la dépendance des Carthaginois. Ces deux villes sont éloignées l’une de l’autre d’un jour de chemin. Celle d’Abrotone est à la même distance de Graphara; et d’Abrotone à… il y a la même étendue de chemin. En face de celle-ci est une île appelée Brachion; c’est dans cette île, dont la longueur est de trois; cents stades, et la largeur un peu moindre, qu’habitent les Catarichiens. Elle est éloignée d’environ trois cent stades du continent; là, naît le loto ; il y en a de deux espèces. L’une sert à la subsistance des habitants; et avec l’autre ils font du vin la grosseur de ce fruit est égale à celle du fruit de l’arboisier. Ils font beaucoup d’huile avec le fruit de l’olive sauvage. Le territoire de cette île est très fécond, et outre les fruits en abondance qu’il produit, on y récolte aussi du froment et de l’orge. Pour aller de Tarichie dans cette île, on emploie un jour de navigation. Vient ensuite la ville d’Epichon qui en est éloignée d’un demi-jour. Vis-à-vis, d’elle est une île déserte. Plus loin est l’île Cercinnitis, avec une ville. A une journée et demie de navigation est Thapsos la petite, sise dans le golfe Tritonites, où est aussi le petit golfe Syrtis, appelé Cercinnitique, où la navigation est beaucoup plus dangereuse et difficile que dans l’autre Syrtis. La petite Syrtis a deux mille stades de diamètre. Là est l’île Tritonos; à l’embouchure du fleuve du même nom est le temple de Minerve Tritonienne. L’ouverture de ce golfe est très petite, et il s’y forme une île lorsque la mer se retire. Ses bas fonds sont tels qu’à la haute marée même, les vaisseaux ne peuvent en approcher. Le lac (Chott el-Jérid en Tunisie) que forment ici les eaux de la mer, est très grand. Son diamètre est d’environ mille stades. Ses côtes sont entièrement habitées par des Libyens, dont la ville capitale est au couchant. Tous ces Lybiens (Numides, au Sud de Carthage) sont beaux hommes, de couleur blonde, et sans parure artificielle. Le pays qu’ils habitent est très riche et très fécond. Ils ont de nombreux troupeaux, d’une espèce très belle. Aussi, sont-ils aussi opulents qu’ils sont remarquables par la richesse de leur taille. …

Tite-Livre [38,21] La bataille du mont Olympe; défaite des Gaulois (fin de l’été 189)

(1) Les Gaulois, comptant sur les lieux pour couvrir leurs flancs, ne songèrent à faire occuper que le passage du côté du midi. Ils détachèrent à cet effet environ mille hommes sur une hauteur qui commandait la route, à moins d’un mille de leur camp, se flattant d’avoir là une sorte de fort pour fermer le passage. (2) Les Romains s’en aperçoivent et se disposent aussitôt au combat. À quelques pas en avant des enseignes marchent les vélites, les archers crétois d’Attale, les frondeurs, les Tralles et les Thraces. (3) L’infanterie, comme l’exige la raideur de la pente, s’avance au petit pas, ramassée derrière les boucliers, afin d’être seulement à l’abri des traits, n’ayant pas l’intention d’en venir à un combat pied contre pied.

(4) La bataille s’engage par le tir de projectiles, avec équilibre d’abord, les Gaulois ayant pour eux l’avantage de la position, les Romains celui de la variété et de l’abondance des projectiles. Mais plus l’action se prolonge, plus l’égalité disparaît. Les boucliers longs, mais étroits, des Gaulois les couvrent mal; (5) et puis, ils n’ont bientôt plus d’autre arme que leur épée, qui, tant qu’on n’en vient pas à l’arme blanche, reste inutile entre leurs mains. (6) Ils se voient réduits aux pierres, mais, n’en ayant pas fait provision d’avance, ils n’en trouvent que d’énormes: ils n’ont que celles qui leur tombent au hasard sous la main, et, dans leur inexpérience, ils ne savent ni les diriger, ni leur imprimer de la force.

(7) Cependant flèches, balles de plomb, javelots pleuvent sur eux de toutes parts; ils ne savent que faire, aveuglés qu’ils sont par la rage et la crainte, engagés dans une lutte à laquelle ils ne sont pas adaptés. (8) En effet, tant qu’on se bat de près, tant qu’on peut tour à tour recevoir ou porter des coups, ils sont forts de leur colère. Mais, quand ils se sentent frappés de loin par des javelines légères, parties on ne sait d’où, alors, ne pouvant donner carrière à leur fougue bouillante, ils se jettent les uns sur les autres comme des bêtes sauvages percées de traits. (9) Leurs blessures éclatent aux yeux, parce qu’ils combattent nus, et que leurs corps sont charnus et blancs (Candida), n’étant jamais découverts que dans les combats: aussi le sang s’échappe-t-il plus abondant de ces chairs massives; les blessures sont plus horribles; la blancheur (candor) de leurs corps fait paraître davantage le sang noir (atro) qui les inonde. (10) Mais ces plaies béantes ne leur font pas peur: quelques-uns même déchirent la peau, lorsque la blessure est plus large que profonde, et s’en font gloire. (11) La pointe d’une flèche ou de quelque autre projectile s’enfonce-t-elle dans les chairs, en ne laissant à la surface qu’une petite ouverture, sans qu’ils puissent, malgré leurs efforts, arracher le trait, les voilà furieux, honteux d’expirer d’une blessure si peu éclatante, (12) se roulant par terre comme s’ils mouraient d’une mort vulgaire. D’autres se jettent sur l’ennemi et ils tombent sous une grêle de traits, ou bien, arrivant à portée des bras, ils sont percés par les vélites à coups d’épées. (13) Les vélites portent de la main gauche un bouclier de trois pieds, de la droite des piques qu’ils lancent de loin, à la ceinture une épée espagnole, et, s’il faut combattre corps à corps, ils passent leurs piques dans la main gauche et saisissent le glaive.

Galimaque (305 av EC à 240 av EC) Hymne II, 85

GALLIMAQUE, HYMNE II, 85

… Dieu de Carnus, Sparte fut première à t’adorer sous ce nom : Théra suivit cet exemple, que Cyrène a depuis imité. De Sparte, le sixième descendant d’Œdipe apporta ton culte à Théra, d’où le fils de Polymneste (14) le transmit aux Asbytes (15). Etabli dans leur contrée, il t’éleva ce temple, superbe, institua ces fêtes annuelles où mille et mille taureaux tombent sous la hache de tes prêtres.

O dieu de Carnus ! tes autels, dans la saison des frimas, sont couverts de safran parfumé ; au printemps, ils sont parés de ces fleurs variées que Zéphyr fait éclore en séchant la rosée ; et dans ton sanctuaire brille une flamme éternelle, que jamais la cendre n’a couverte.
Ce fut proche des bois épais d’Azillis, et loin encore des sources de Cyré, que les guerriers doriens célébrèrent, pour la première fois, avec les blondes habitantes de la Libye, les jours consacrés au dieu de Carnus. Tu vis leurs danses, ton oeil en fut réjoui ; et tu les fis remarquer à ton épouse, du haut de ce mont fameux où elle avait terrassé le lion qui désolait les troupeaux d’Eurypyle (16)… Jamais danses ne te plurent davantage ; jamais ville n’éprouva tes bienfaits autant que Cyrène : ils sont le prix des faveurs que tu ravis jadis à ta Nymphe ; aussi, nul des Immortels n’est plus honoré que toi par les enfants de Battus. …

Lucain 39 ap EC à 65 ap EC

LUCAIN, LA PHARSALE

LIVRE X

Au-dedans, on ne voit que des vases de jaspe, que des sièges émaillés de pierreries, que des lits, où la pourpre, l’or, l’écarlate éblouissent les yeux par ce riche mélange que la navette des Égyptiens sait donner à leur tissu. La salle du festin se remplit d’un peuple sans nombre ; d’une multitude d’esclaves différents d’âge et de couleurs raciales (sanguis); ces libyens, les uns sont noirs (brulés, usti en latin), et portant, leurs cheveux relevés en arrière et repliés autour de leur tête ; d’autres sont blond, si clair et si brillant, que César dit n’en avoir pas vu de plus doré sur les bords du Rhin. On y soit aussi une malheureuse jeunesse à qui le fer a ôté la vigueur. Parmi elle, on distingue l’âge viril, mais dénué de ses forces, et ayant à peine sur le menton le duvet de l’adolescence.

Ptolémée et Cléopâtre se mirent à table, et César, plus grand que les rois, prit place entre le frère et la sœur. Peu contente du sceptre de l’Égypte, et du cœur du roi, son frère et son époux, Cléopâtre avait employé tous les sacrifices du luxe à relever l’éclat de sa beauté. Les dons les plus précieux de la mer Rouge brillent dans ses cheveux, et forment, sa parure ; la blancheur de son sein éclate à travers un voile de Sidon, tissé par le peigne des Sères et dont l’aiguille des Égyptiennes a desserré le tissu clair et large. 

LUCAIN, LA PHARSALE, LIVRE X en Latin

… Tyrio cuius pars maxima fuco cocta diu uirus non uno duxit aeno, pars auro plumata nitet, pars ignea cocco,  125 ut mos est Phariis miscendi licia telis. Tum famulae numerus turbae populusque minister. discolor hos sanguis, alios distinxerat aetas; haec Libycos, pars tam flauos gerit altera crines ut nullis Caesar Rheni se dicat in aruis 130 tam rutilas uidisse comas; pars sanguinis usti torta caput refugosque gerens a fronte capillos; nec non infelix ferro mollita iuuentus atque exsecta uirum: stat contra fortior aetas uix ulla fuscante tamen lanugine malas.  135  discubuere illic reges maiorque potestas …

https://www.thelatinlibrary.com/lucan/lucan10.shtml

Ethymologie de sanguis en latin :

Liens du sang, raceparenté, semence, descendant, rejeton. Les grecs et les romains coyaient que la semance (liquide séminal) ou sperme (sanguis) des africains (noirs) et des indien est de couleur noire comme la couleur de peau (Hérodote, Livre III, Thalie, Ch CI).

Lucan, Book X:104-135 Cleopatra’s splendour

She would have sought to sway Caesar’s hard heart in vain, if her beauty had not added to her prayers, and lust pleaded for her. She passed a sinful night with her corrupted arbiter. Caesar’s favour won, purchased by her great gifts, the happy event was celebrated with a feast, and Cleopatra displayed, with tumultuous preparations, a magnificencethat Rome has not yet equalled even now. Her palace itself was like a temple, such as a lesser age would scarce achieve, the very ceiling panels proclaiming riches, the rafters coated with gold.

The walls gleamed with marble, no mere façade, agate stood there proudly, porphyry, alabaster underfoot to tread on throughout the whole hall, while ebony from Meroe, no mere cladding, took the place of the usual wood in forming the great doors, supporting the place not simply decoration. Ivory covered the atrium; the doors were inlaid with Indian tortoiseshell, coloured by hand, its plates adorned with many an emerald. Jewels gleamed from the couches, their furnishings flickering with tawny jasper, the covers deep dyed with Tyrian purple, dipped more than once in the cauldron, some embroidered in shining gold, others ablaze with scarlet, in the Egyptian manner of weaving on the loom.

There were also a swarm of attendants, a host of servants to the multitude, differing in age and cast of skin, some with the dark hair of Libya, some so tawny that Caesar declared he had never seen hair as red on the Rhine; some had black skin, woolly heads, the hair receding from the brow, and there were those wretched effeminate lads, who had lost their manhood to the knife: ranked opposite older youths whose cheeks showed barely any down.

https://www.poetryintranslation.com/PITBR/Latin/PharsaliaXmaster.php

sanguĭs \ˈsaŋ.ɡwis\ masculin

  1. (Anatomie) Sang, liquide vital.
  2. Effusion de sang, meurtrecarnage.
    • usque ad sanguinem incitari — (Cicéron), s’exalter jusqu’au meurtre.
  3. Sang, sanguis : liens du sang, raceparenté, semence, descendant, rejeton. Les grecs et les romains coyaient que la semance (liquide séminal) ou sperme (sanguis) des africains (noirs) et des indien est de couleur noire comme la couleur de peau (Hérodote, Livre III, Thalie, Ch CI).

des africains (noirs) et des indiens est de couleur noire comme la couleur de peau (Hérodote, LIVRE III. THALIE : Ch. CI).

    • saevire in suum sanguinem  — (Live), faire des victimes au sein de sa famille.
    • vos o Pompilius sanguis  — (Horace), ô vous, descendants de Numa.
  1. Force vitale, ardeurvigueurvie.
    • calidus sanguis.

sang chaud, ardeur.

  1. Sucsèveliqueur.
    •  sanguis Baccheus — (Stat.), liqueur de Bacchus (= le vin).

https://fr.m.wiktionary.org/wiki/sanguis#la

Procope (500 ap EC à 565 ap EC)

PROCOPE, HISTOIRE DE LA GUERRE DES VANDALES

LIVRE II

CHAPITRE XIII.

2. Les mêmes Maures s’étaient aussi rendus maîtres de la grande et fertile contrée qui s’étend à l’occident de l’Auras et touche à la région habitée par les Maures sujets d’Orthaïas, prince qui, ainsi que je l’ai dit, avait fait alliance avec les Romains. Il m’a raconté lui-même qu’à la frontière de ses États commence un vaste désert, au-delà (Algérie, Tunisie) duquel habite une race d’hommes qui ne sont pas noires comme les Maures, mais qui ont la peau blanche et la chevelure blonde.

LE VANDALISME DES ARABES D’EGYPTE QUI ONT MANGER LES MOMIE, ET ONT VOULU DETRUIRE LES PYRAMIDES

Les arabes d’Egypte ont détruit des manuscrits dans la bibliothèqued’Alexandrie :

En 1203, ʿAbd al-Latîf al-Baghdâdî, historien arabe41, puis Ibn al Qifti42 imputent la destruction de la bibliothèque au calife Omar ibn al-Khattâb qui aurait donné en 642 l’ordre de détruire la bibliothèque, à son général ‘Amr Ibn al-‘As. Les positions quant à ce récit restent tranchées, selon la valeur accordée à ce témoignage.

Les arabes d’egypte voulaient détruire les pyramides mais en ont ete incapable :

1196 : Al-Aziz Uthman, le sultan d’Égypte, tente de démolir les pyramides. Il a même réussit a défigurer les pyramides en détruisant le revêtement en calcaire qui était encore visible pendant l’antiquité.

Voici enfin ce qu’écrivait l’historien égyptien al-Maqrîzî (1364-1442) dans Al-mawâ’iz wa al-i’tibâr fî dhikr al-khitab wa-l-âthâr :

“Le roi El-Aziz Othman ben Salah El-Din Youssef ben Ayoub, qui régna après son père, fut poussé par des gens ignorants de sa cour à détruire les pyramides. Il commença par la petite pyramide rouge et y envoya des carriers, des tailleurs de pierre, sous la conduite de quelques émirs du royaume et de grands de l’empire, en leur intimant l’ordre de la détruire. Ceux-ci plantèrent leurs tentes près de la pyramide, rassemblèrent des manœuvres et des ouvriers et n’épargnèrent pas la dépense ; ils restèrent là près de huit mois avec leurs gens et leurs chevaux, détruisant chaque jour une ou deux pierres avec des peines infinies et après des efforts inouïs. Des hommes postés en haut soulevaient avec des leviers la pierre que d’autres tiraient d’en bas au moyen de cordes et de câbles. La pierre en tombant faisait un bruit épouvantable qui s’entendait de fort loin, les montagnes en sursautaient et la terre en tremblait ; la pierre s’enfonçait dans le sable, et il fallait de nouveaux efforts pour la soulever au moyen de leviers afin de creuser par dessous un chemin sur lequel on la faisait rouler; alors on la cassait en monceaux, et chaque morceau était porté sur des charrettes et jeté au pied de la montagne voisine. Et après de très longs efforts et des dépenses énormes, épuisés de fatigue et à bout de forces, ils se virent obligés d’abandonner le travail sans avoir pu l’accomplir ; tout ce qu’ils obtinrent fut de défigurer la pyramide et de donner une preuve de leur impuissance et de l’inanité de leurs efforts. Cela se passait en 593.” (Pyramidales)

Au milieu de tout ce pataquès, misons coûte que coûte sur le vrai discernement et un minimum de sagesse, celle qui voit dans l’acte de construire une plus grande noblesse que dans le geste démolisseur. Et continuons de faire nôtre, face aux vents du fanatisme aveugle, l’émerveillement si bien décrit par l’historien égyptien al-Maqrîzî (1364-1442) :

“Par ta vie ! Qu’as-tu vu de plus merveilleuxDans tout ce que tu as vu que les pyramides d’Égypte ? Dressées vers le ciel et plongeant. Dans l’atmosphère plus haut que le phénix et que l’aigle, Elles se tiennent debout, dominant la terre. Comme deux seins dressés sur une poitrine.”
(Pyramidales)

Les arabes voulaient détruire le sphinx mais n’ont pas ete capable :

En 1980, l’historien allemand Ulrich Haarmann39, s’appuyant sur les témoignages de plusieurs auteurs arabes du Moyen Âge (comme Rashidi et Ahmad al-Maqrîzî qui décrit le Sphinx comme le « talisman du Nil » favorisant la saison des inondations), a révélé que le visage du Sphinx fut endommagé en 1378 par Mohammed Sa’im al-Dahr, un soufi iconoclaste originaire du khanqah de Sa’id al-Su’ada qui voulait détruire ce qu’il considérait comme une idole païenne (les paysans égyptiens donnant des offrandes à cette idole pour favoriser leurs récoltes), s’attaquant (tout seul) en particulier au nez et aux oreilles40. Mohammed Sa’im al-Dahr fut pendu pour vandalisme avant que sa dépouille ne fût brûlée par ces mêmes paysans égyptiens, devant le Sphinx.

Les momiephages : les arabes mangeait et vendaient des momie dans des marches en plein air

LES PRATIQUES MOMIPHAGES ET PROFANATOIRE DES ARABES ET DES OCCIDENTAUX DU 7 EME SIECLE AU 19 EME SIECLE QUI PRETENDENT AUJOURD’HUI QUE LES ANCIENS EGYPTIENS SONT DESORMAIS LEURS ANCETRES

https://www.youtube.com/watch?v=-M_-iNEFDWE

Les arabes d’Egypte s’inventent des ascendances pharaoniques au 20 ème siècle

Les arabes d’Egypte qui sont génétiquement un amalgame métissé de peuples envahisseurs berbère, grecs, romains, arabes, mamelouk, turques, se revendique descendants des pharaons seulement au 20 ème siècle après la naissance de l’égyptologie. Il était devenu financièrement plus intéressant d’exposer les momies dans des musées payants que de les découper et de vendre leurs dépouilles au marché comme ils avaient l’habitude de le faire pendant des siècles.

LES ARABES D’EGYPTGE APRES AVOIR:

1- brulé la bibliothèque d’Alexandrie

2- dégradé le revêtement des pyramides faute pouvoir de les détruire complètement

3- brisé le nez du sphinx faute de pouvoir le raser complètement

4- déterré, profané, découpé et vendu les momies dans des marchés en plein air pour en faire des médicaments, la peinture avec la complicité des européens pour se faire de l’argent pendant des siècles,

REJETENT ENFIN LEUR VERITABLES ANCETRES ISMAEL ET ABRAHAM POUR DIRE QUE LES PHARAONS SONT LEUR ANCETRES JUSTE POUR MIEUX SE FAIRE DE L’ARGENT APRES LA NAISSANCE DE L’EGYPTOLOGIE AU 20 EME SIECLE,

LES JUIFS PRETENDENT ETRE LES VRAIS ANCIEN EGYPTIENS

https://www.youtube.com/watch?v=pCQJpj1Mqsc

https://www.youtube.com/watch?v=inIxXYlFpwQ

LES EUROPEENS PRETENDENT QUE LES ANCIEN EGYPTIENS ETAIENT EUROPENS … : INDO-EUROPENS

https://www.france24.com/fr/20170531-premiere-fois-scientifiques-ont-mis-main-ladn-momies-egyptiennes

https://www.journaldugeek.com/2017/05/31/selon-une-etude-les-habitants-de-legypte-ancienne-nont-pas-grand-chose-a-voir-avec-ceux-de-legypte-daujourdhui/

https://ici.radio-canada.ca/nouvelle/1037059/adn-momies-egyptiennes-analyse-patrimoine-genetique

https://www.quebecscience.qc.ca/14-17-ans/encyclo/des-pharaons-europeens/#:~:text=Les%20anciens%20%C3%89gyptiens%20auraient%20donc,l’histoire%20de%20la%20r%C3%A9gion.

LA FAUSSETE DE L’ETUGE ADN QUI AURAIT PROUVEE QUE LES EGYPTIENS ETAIENT BLANC : QUI DISENT QUE LES EGYPTIENS ETAIENT EUROPEENS

https://www.youtube.com/watch?v=dmPbkCPNcLE

Les Egyptiens étaient noirs. Etaient-ils blancs selon une étude génétique de Marc Planck ?

https://www.youtube.com/watch?v=dmPbkCPNcLE

https://www.youtube.com/watch?v=Ahs9RFHyB4w

https://www.youtube.com/watch?v=ZrY6su_liZo

Les copte d’Egypte

A Y-DNA sample of Copts from Egypt was analyzed in Éric Crubézy et al. 2010. The Y-DNA profile was:https://en.wikipedia.org/wiki/Haplogroup_E-V68 et https://en.wikipedia.org/wiki/Haplogroup_E-V12

  • 74% E1b1 dont 15,15 % de E1b1b/E-M78/V12
  • 7% G
  • 3% T
  • 1% J1
  • 15% ambiguous.[71]

Les récentes études génétiques (la génétique ne ment jamais) effectuées par des scientifiques américains et israeliens démontrent que l’haplogroupe du chromosome(transmis de père en fils) Y E1b1b1a M78 est prédominant à 36,1 % chez les égyptiens actuels chrétiens. La masse de la population égyptienne se convertit progressivement à l’islam16 mais les coptes restent majoritaires jusqu’au xive siècle17. C’est vers le xe siècle que la langue copte commence à être reléguée au seul usage liturgique au profit de l’arabe comme langue vivante18. Face à des politiques changeantes, les coptes se révoltent à plusieurs reprises durant cette période, notamment dans le delta, et la répression du pouvoir est alors sévère19. Des persécutions sévères eurent lieu au xvie siècle sous le règne des Fatimides et des Turcs1. Certains coptes s’exilent en Éthiopie, y développent l’Église chrétienne et participent au commerce en Afrique de l’Est entre l’Éthiopie, l’Arabie, l’Inde, l’Indonésie et le pays d’Himyar. La conquête de l’Égypte des Mamelouks, qui connaît une période de déclin économique, par le sultan ottoman Sélim Ier en 1517, ouvre une nouvelle période d’exil pour les coptes. Désormais province ottomane, l’Égypte est gouvernée par un pacha nommé chaque année par Constantinople.

Le nombre de Coptes est l’un des secrets les mieux gardés en Égypte. On admet un chiffre moyen de 7,5 millions de Coptes, ce qui fait 10 % de la population égyptienne1 et constitue la plus importante minorité chrétienne dans le Proche-Orient arabe9.

L’Église copte orthodoxe avance le chiffre de 12 millions de fidèles, ce qui ferait 15 % de la population. Vers l’an 1700, on évaluait ses effectifs à seulement 100 000 fidèles soit 3 % des trois millions d’Égyptiens de l’époque et il n’y avait que 12 diocèses contre 24 aujourd’hui, ce qui témoigne de la vigueur de la communauté treize siècles après l’islamisation du pays1.

À l’issue du scrutin de novembre et décembre 2010, trois coptes ont été élus au parlement égyptien ; s’y sont ajoutés sept députés coptes nommés par décret par le président Hosni Moubarak sur les dix qu’il peut désigner à l’Assemblée du peuple. Sur un total de 518 députés, le parlement compte donc dix coptes (soit 1,93 %)27.

L’haplotype R1b1a2 (R-V88) caractérise de nos jours les populations d’Afrique noire et certaines populations du Levant13,14,15, les fréquences les plus élevées s’observant en Égypte (5%), chez les Berbères Siwi de l’Oasis de Siwah de la frontière égypto-libyienne (23 %), chez les Coptes du Soudan (15%), chez les Haoussa du Soudan (40%), les Peuls du Sahel (54 % au Niger et au Cameroun), et parmi les tribus tchadiques du nord du Nigéria et du Cameroun (95̤%). 

https://fr.wikipedia.org/wiki/Coptes#

https://en.m.wikM81pedia.org/wiki/Haplogroup_E-V68

https://en.wikipedia.org/wiki/Haplogroup_E-V12

  1. Antoine SfeirAtlas des religions, Plon-Mame, 1994 (ISBN 2259026931)
  2. ↑ Revenir plus haut en :a et b Gawdat Gabra, « Langue et littérature coptes », Égypte/Monde arabe, nos 27-28,‎ 31 décembre 1996, p. 57–66 (ISSN 1110-5097DOI 10.4000/ema.1030lire en ligne [archive], consulté le 12 avril 2020)
  3.  La Coptipedia – Section « Notre Église » [archive].
  4. « L’exode des coptes d’Égypte » [archive], sur L’Express, 24 décembre 2008 (consulté le 9 janvier 2011).
  5.  « En lien avec l’actualite en egypte  : qui sont les coptes ? » [archive], sur lesclesdumoyenorient.com (consulté le 7 juin 2023).
  6.  Clio, « Chronologie Égypte, la conquête arabe, le califat fatimide, l’émirat ayyoubide – Clio – Voyage Culturel » [archive], sur www.clio.fr (consulté le 5 mars 2016).

Les coptes du Soudan

Une étude du groupe ethnique copte au Soudan a révélé des fréquences relativement élevées d’haplogroupe B subsaharien (ADN-Y). Les coptes sont des descendants d’Égyptiens ayant récemment émigré d’Égypte. Selon l’étude, la présence d’haplogroupes subsahariens est cohérente avec le récit historique selon lequel le sud de l’Égypte a été colonisé par des populations nilotiques au début de la formation de l’État. Les coptes du Soudan sont à 16% B-M109 et à 15% R-V88, 15% E-V12 (sous-clade de l’E-M78 négro-africain). In North Africa, haplogroup B2a1a1a1 Y-DNA has been found in 12.5% (5/40) of Sudanese[9] and 2% (2/92) of Egyptians.[4]

https://en.wikipedia.org/wiki/Haplogroup_B-M60

Hassan et coll. (2008) signalent une présence importante d’E-V12* au Soudan voisin, dont 5/33 Coptes et 5/39 Nubiens . L’E-V12* représentait environ 20 % de l’E-M78 soudanais. Ils proposent que les sous-clades E-V12 et E-V22 de l’E-M78. Un changement climatique soudain pourrait avoir contraint plusieurs cultures/peuples néolithiques à migrer vers le nord vers la Méditerranée et vers le sud vers le Sahel et la vallée du Nil. [9] Le paragroupe E-V12* est également observé en Europe (par exemple chez les Basques français ) et en Anatolie orientale (par exemple Turcs d’Erzurum ). [3]

L’haplotype R1b1a2 (R-V88) caractérise de nos jours les populations d’Afrique noire et certaines populations du Levant13,14,15, les fréquences les plus élevées s’observant en Égypte (5%), chez les Berbères Siwi de l’Oasis de Siwah de la frontière égypto-libyienne (23 %), chez les Coptes du Soudan (15%), chez les Haoussa du Soudan (40%), les Peuls du Sahel (54 % au Niger et au Cameroun), et parmi les tribus tchadiques du nord du Nigéria et du Cameroun (95̤%). 

  1. Maciamo, « Eupedia » [archive], sur Eupedia (consulté le 5 mai 2020)
  2.  « Origine et diffusion de l’haplogroupe R1b du chromosome Y – Généalogie génétique » [archive], sur secher.bernard.free.fr (consulté le 6 mai 2020)
  3.  (en) Fulvio Cruciani, « European Journal of human genetics » [archive], 7 juillet 2010
  4. 97/445, O. Hassan et al. (2008), Y-Chromosome Variation Among Sudanese: Restricted Gene Flow, Concordance With Language, Geography, and History [archive], American journal of physical anthropology

1-L’arabe al-Mutanabbi conte Abu al-misk Kafur l’Egyptien (noir)

Abu al-Misk Kafur (mort en 968) était un esclave noir africain (égyptien) qui accéda à la tête de l’Egypte et d’une partie du Proche-Orient grâce à ses capacités militaires et de gouvernance.

Né entre 904 et 920 après le début de notre ère, en Egypte, Abu al-Misk Kafur est vendu comme esclave au Caire. Acheté par Muhammad Ibn Tughj al-Ikshid, le fondateur de la dynastie des Ikshid qui allait régner sur l’Egypte, originellement province égyptienne du caliphat abasside. Très vite, al-Ikshid, probablement impressionné par les qualités et la loyauté de Kafur entre temps devenu eunuque, lui confie la direction de l’éducation de ses fils puis la direction de ses troupes. Il dirige notamment les troupes ikshidides protégeant les intérêts de la dynastie en Palestine lorsque ceux-ci sont convoités par Saif al-Dawla, maître de la Syrie sous la dynastie des Hamdanides dans les années 940. Il défera à plusieurs autres reprises Saif, s’emparant et conservant le contrôle de la ville de Damas et matera une tentative de révolte de la part de Ghabun, le gouverneur de la Moyenne Egypte et de Nubiens au sud de l’Egypte. En 946, la mort d’Al-Ikshid verra Kafur hériter du gouvernement de l’Egypte dont il deviendra de fait le souverain régnant. Sa remarquable administration du pays et sa popularité le fera entrer en compétition avec Anujur, ce fils de Muhammad Ibn Tughj al-Ikshid dont il agissait comme régent. Lorsqu’Anujur tentera de se révolter en s’échappant, il mobilisera une armée composée de combattants noirs africains qui lui permettront de l’en empêcher et de le maintenir sous son autorité. Il soutiendra toutefois sa prise du pouvoir officielle en Egypte ainsi que celle de frère et successeur Ali. Son pouvoir sur l’Egypte restera officieux jusqu’à la mort d’Ali en 966, après laquelle il se déclarera seul souverain d’Egypte, utilisant le titre d’al-Ustadh ‘Maître’. Le règne de Kafur a été décrit dans la littérature comme le théâtre de nombreuses constructions, du soutien de nombreux artistes, des fastes qui allaient toutefois entraîner des mécontentements au sein de la population égyptienne. Kafur parvint toutefois à réguler l’économie égyptienne, lui faisant éviter l’inflation grâce à d’intelligentes mesures fiscales.

Ce n’est qu’après la mort de Kafur en 968 que la dynastie des Fatimides rêvant d’intégrer l’Egypte à leur territoire parvint à son but en 969. C’était la fin du règne de la dynastie des Ikshidides en Egypte à laquelle Kafur, l’un des premiers esclaves noirs à être arrivés au pouvoir d’un Etat d’une telle importance dans le monde arabe avait très largement contribué. Le nom de Kafur allait toutefois souvent être considéré dans l’histoire à travers la vision biaisée du poète al-Mutanabbi, considéré comme le plus grand poète arabe de l’histoire. Celui-ci, espérant obtenir un poste de gouverneur en Egypte de la part de Kafur avait composé de poèmes le louant lui et sa couleur de sa peau. Lorsqu’il se vit refuser ce poste, il déversa sa colère dans une campagne négrophobe de diffamation contre Kafur et contre l’Egypte, insultant notamment le premier d’ ‘esclave noir dont la lèvre inférieure fait la moitié de sa taille’ et la seconde de ‘risée du monde’ pour avoir Kafur comme souverain. Le changement d’opinion et l’opportunisme bien attesté du poète montre que cette critique était entièrement motivée par la jalousie et qu’elle n’entache en rien l’importance de ce personnage exceptionnel, dont les capacités l’ont promu du bas au sommet de l’échelle d’une société connue pour sa discrimination.

DE L’INVENTION DE LA RACE NEGROIDE IMAGINAIRE AU 19 ème SIECLE :

LES TÉMOINS OCCULAIRES GRECS AFFIRMENT CLAIREMENT « QUE LES ÉGYPTIENS ANTIQUES SONT DE RACE NOIRE » :

Comme l’affirmait déjà Hérodote témoin visuel qui, voulant prouver que les Colchidiens sont une colonie égyptienne qui s’est égarée près de la mer noire, va faire la démonstration suivante :

« Je soupçonne les Colchidiens d’être une colonie égyptienne d’abord parce que comme les Égyptiens ils ont la peau noire et les cheveux crépus » [Hérodote (Livre II)].

Ici, Hérodote ne compare pas les Colchidiens aux Nubiens mais aux Égyptiens. Diodore de Sicile (90 – 20 av JC) confirme cette négritude qu’il compare aussi au charbon. D’autres comme Plutarque ou Xénophane attestent que la couleur des dieux égyptiens étaient noirs parce qu’ils sont eux-mêmes Noirs. Aristote également dit que :

« Ceux qui sont excessivement noirs sont couards. Ce sont les Égyptiens et les Éthiopiens » [Aristote (384 – 322 av J.C.)].

Notons ici que les grecs ont 4 mots pour dire « noir », « sombre », « brun » ou « ténébreux » : qui se traduisent par : « kêlainos », « eremnos », « aithôn » et « melas ».

« Melas » est le noir physique, le plus total. C’est de cette racine que l’on tire le mot mélanine qui définit le pigment noircissant la peau des Nègres. Pour « brun » on dit « phaios ». C’est « melas » qu’utilise le savant Aristote pour désigner les Égyptiens et les Ethiopiens. Il dit en plus « Les égyptiens et les éthiopiens sont excessivement noir » (agan melanes en grec).

Aristote est un témoin visuel, l’observateur le plus rigoureux de l’antiquité, le fondateur de la classification des espèces. Il ne pouvait se permettre d’être approximatif dans ce livre d’où est extrait cette citation, et qui s’intitule justement Physionomie.

Plus proche de nous, l’académicien Constantin François de Volney écrira :

« … Lorsque ayant été visiter le Sphinx, son aspect me donna le mot de l’énigme. En voyant cette tête caractérisée nègre dans tous ses traits, je me rappelai ce passage remarquable d’Hérodote, où il dit » :

« Pour moi j’estime que les Colches sont une colonie des Égyptiens, parce que, comme eux, ils ont la peau noire et les cheveux crépus, c’est-à-dire que les anciens Égyptiens étaient de vrais Nègres de l’espèce de tous les naturels d’Afrique […] Quel sujet de méditation […] de penser que cette race d’hommes noirs, aujourd’hui notre esclave et l’objet de nos mépris est celle-là même à qui nous devons nos arts, nos sciences, jusqu’à l’usage de la parole ; d’imaginer enfin, que c’est au milieu des peuples qui se disent les plus amis de la liberté et de l’humanité, que l’on a sanctionné le plus barbare des esclavages et mis en problème si les hommes noirs ont une intelligence de l’espèce de celle des hommes blancs ! » [Constantin François de Volney (1757 – 1820) (Voyage en Syrie et en Egypte)].

Egypte est un mot grec. Les égyptiens eux-mêmes se nommaient [Km] (lisible par [Kam] ou [kem]) qui signifie littéralement « noir ». D’ailleurs, les traditions bibliques et coraniques ne manque d’affirmer que Kam est le fils de Noé, et ancêtre des noirs. Ses frères étant Sem ancêtre de sémites, et Japhet, l’ancêtre des blancs.

TENTATIVE D’INVERSION POUR CACHER LA NÉGRITUDE : « ÉGYPTIENS SONT DES BLANCS À LA PEAU NOIRE ET AUX CHEVEUX CRÉPUS »

Mais, Champollion Figeac (frère de Champollion dit : « Le Jeune » le déchiffreur des hiéroglyphes) voulant attaquer au 19ème siècle la négritude des Egyptiens antiques que soutien son frère, trahi ceci :

« L’opinion selon laquelle l’ancienne population égyptienne appartenait à la race nègre d’Afrique est une erreur qui a longtemps été adoptée comme une vérité. […] La peau noire et les cheveux crépus ne suffisent pas à caractériser la race nègre ».

La première phrase indique clairement que jusqu’à une époque récente de Champollion (19ème siècle) la communauté scientifique comme la mémoire collective n’émettaient aucun doute quant à l’origine raciale des Egyptiens antiques. C’était des Noirs-Nègres lippus, aux cheveux crépus et aux jambes grêles. L’aberration de la seconde préposition (« la peau noire et les cheveux crépus ne suffisent pas à caractériser la race nègre ») est, curieusement, le point de départ d’une argumentation de la non négritude des Egyptiens antique et qui jusqu’en ce jour, malgré son aberration, fait autorité dans l’imaginaire collective et même auprès des scientifiques.

L’occident, après des siècles de domination sur les noirs, déploierait-elle une énergie féroce pour ne pas reconnaitre à cette race le génie d’avoir initié la plus grande civilisation de l’humanité ?

Source : herodote.net/

LE GRAND DIEU ET ROI DES DIEUX

Musée du CAIRE – Colosse du Caire ( IIIe siècle avant notre ère)
(Granit rose 4 m 15 ) Provenance : temple d’Amon à Karnak

(1ère mention)

Le scribe royal et plus haut recruteur des scribes  » Amenhotep – fils de Hapou  » de la région d’Athribis.

Offrande donnée par le roi (pharaon) à Amon-Rê,

le Grand Dieu et Roi des dieux,
Le Seigneur du ciel, de la Terre et du monde souterrain, de l’eau, du désert et des rochers,
Pour qu’il transmette au Ka d’Osiris les offrandes de bœufs, de volaille, d’encens et d’eau L’unique, le bien aimé (le plus cher ami) du Roi de Basse Egypte, Amenhotep, le justifié…
Le grand parmi les Grands, Amenhotep le plus précieux des amis ( d’Aménophis III)
Lui qui parle avec la perfection d’Imhotep le Grand en faveur d’Osiris…

Le scribe royal et chef des armées : Amenhotep (fils de Hapou) le justifié dit :

  • Amon roi des dieux, Seigneur des deux royaumes, Premier de Louxor, dit que ma statue reste au milieu du temple…

Amenhotep, le scribe royal et recruteur suprême des scribes a dit :

  • J’ai servi Aménophis III, (nom égyptien ) Neb-Maat-Rê , le roi de Basse et Haute Egypte, fils de Rê et Seigneur de Thèbes. Il m’a récompensé plus qu’à tous les plus hauts dignitaires, il m’a élevé au rang de ses frères, malgré que je n’étais qu’un vrai pupille du roi de Basse Egypte, grand en popularité, il m’a donné pour mes qualités supérieures les louanges et les honneur dans son palais.

Amenhotep, scribe royal et recruteur suprême des scribes, le justifié a dit :

  • Je marche sur les eaux du Seigneur des dieux… Je suis son serviteur…
  • Je change tout ce qui a disparu (s’est éteint au fil des siècles) dans les mots de Dieu
  • Je rétabli ce qui était (perdu) dans les Saintes Ecritures…
  • Il (le roi) m’a couvert de cadeaux pour les années à venir et a il fait sculpter de grandes statues en face de celles de sa majesté, qui dureront pour l’éternité…

 
Commentaires :

C’est un très beau et très éloquent commentaire sur la mission d’Amenhotep fils de Hapou « faire revivre et appliquer les saintes Ecritures« . Est-ce un hasard si Imhotep lui sera étroitement associé et si tout le monde égyptien les considérera comme deux frères malgré que quinze siècle les séparent ? D’ailleurs cette inscription a été elle aussi gravée dans le colosse de pierre plus de onze siècles après la mort d’Amenhotep (fils de Hapou) sous Ptolémée II (ou un de ses successeurs direct) vers 250 avant notre ère donc à peu près en même temps qu’était écrite la première Bible des Hébreux à … Alexandrie…

Pourquoi le peuple égyptien cherche-t-il après tant d’invasions étrangères, à mettre à l’honneur (voir à imposer au pharaon grec) ses anciennes racines religieuses, alors que dans le delta du Nil fleurissent les cultes de la déesse chatte Bastet et de l’antique taureau Apis (symbole de fécondité) qui joue également un très grand rôle dans la mythologie crétoise et grecque ?

Beaucoup de pyramides et notamment les plus grandes n’ont pas livré tous leurs secrets et il est fort probable que certaines contiennent encore les premiers écrits sur les origines du culte au Roi des Dieux et Maître de l’Univers …

Deux extraits de peintures du Livre de la Terre – Mur Est de la salle du sarcophage de Ramsès VI
Le dieu solaire Rê traverse le ciel durant la nuit accompagné d’Osiris et de divinités symbolisant les heures.

COSMOGONIE FON : MAWU N’EST PAS DIEU

Au commencement il y a Nana Buluku qui est l’océan primordial ou l’œuf cosmique, la divinité androgyne était seul. Dans cette dualié, surgit Mawu et Lissa ou Lisà qui est le Dieu du soleil2, de la chaleur, du ciel et du pouvoir au Dahomey, il est le frère jumeau indissociable de la déesse Mawu, et le père de Dan, le serpent cosmique. Il est alternativement décrit comme le frère de Mawu, son mari. Leur relation n’est pas sexuelle, mais exprime l’unité de la dualité ou l’union des contraires. À eux deux, ils symbolisent la divinité suprême.

Après que Mawu ait créé l’univers, Lisa a offert aux hommes la technologie des outils pour déboiser la forêt et travailler la terre. Il représente aussi la guerre et la répression. Son animal symbolique est le caméléon5.

Mawu-Sègbo-Lisa est le chef des esprits vaudou, envoyés sur Terre comme messagers pour aider les hommes.

Lissa est d’origine Aja et leur assure une protection particulière. Ce vôdun a tant d’importance qu’un village, près d’Abomey a été baptisé Lissazoumé6.

A ce titre, Mawu-Sègbo-Lissa est le Dieu suprême (Couple Divin Suprême), l’unique qu’invoque tout le monde, le véritable Dieu.

En langue fon, le mot pour dire le Créateur est Sè et non Mawu, en effet, l’usage du mot Mawu pour dire Créateur est du à une faible maitrise de la langue fon par les missionnaire occidentaux qui ne connaissent pas la cosmogonie du Dahomey et qui se sont juste basé sur une éthymologie apparente du mot Mawu rapproché de Mahou pour en tirer l’éthymologie ‘’ l’indépassable’’ ou ‘’suprème’’. Meme ceux qui écrivent Mahou (l’indépassable) prononcent toujours Mawu, ce qui fausse déjà leur éthymologie. Dans la conception des anciens du Dahomey, le Créateur est donc un couple constitué d’une déesse Mawu et de son époux le dieu Lisa :

  • Sè-gbo (‘Sè’ = Dieu ou Créateur ou sens cosmogonique et ‘Gbo’ = grand), Dada Sè-gbo ou Alonon-Sè sont aussi les mots utilisés pour dire Dieu, ‘Dada’ signifie roi éthymologie père du père, car Daa signifie notable ou père et Diya signifie mère. Le mot Gbè (Univers ou Vie) ou Sè-Gbè de meme que Ayi-Hon-Gbè (Ayi = terre, Hon = illuminé, Gbè = Univers ou Vie) sont aussi utilisés.
  • Djo-Gbé-Sè est comparable à la notion ame-ange-gardien, c’est le concept qui se rapproche le plus de la notion de Djo-gbé-Sè, c’est une sorte d’esprit ou d’ange qui préside à la naissance et à la destinée de chaque individu sur terre. Le Créateur affecte à chaque homme son propre Djo-gbé-Sè qui est prèsque à la fois lui-même et une sorte de miniature du Créateur qui l’assiste au cours de sa vie.
  • Sè signfie éthymologiqument le brillant, comme verbe briller, radier etc

PROXIMITE ENTRE LE FON ET L’EGYPTIEN ANCIEN :

EGYPTIEN ANCIEN

FON

FRANÇAIS

Apou (nom sacré)

Ibou

Bœuf

Par

Kpa (Pascal = Kpasikaa)

Maison, institution, batis

Hwé (le R devient Hw)

Soleil

Konsou

Soun

Lune

Mii

Moi, Je

Ta

To

Pays

Ptah

Dah

Créer(au sens cosmogonique)

Ao ou aa

hoho

Grand, ancien etc

     

Le mot Noir en fon

     

Kon wi

dévètir du noir

Enlever l’honneur

     

Les inventeurs de l’esclavage sont les européens lacédoniens selon Pline l’Ancien, Osiris invente le commerce

PLINE L’ANCIEN, HISTOIRE NATURELLELIVRE SEPT.

LVII. (LVI.) [1] Il paraît à propos, avant de quitter le sujet de la nature humaine, d’indiquer les auteurs des diverses inventions. Bacchus a établi l’usage de vendre et d’acheter; le même a inventé le diadème, les insignes royaux et le triomphe. Cérès a découvert le blé, auparavant les hommes se nourrissaient de glands : elle enseigna dans l’Attique à moudre et à pétrir, et en Sicile les autres préparations; c’est pour cela qu’on en fit une déesse.

[2] Ce fut encore elle qui, la première, donna des lois; d’après d’autres, ce fut Rhadamanthe. Je pense que les lettres ont de tout temps été connues des Assyriens; mais cette découverte serait due à Mercure chez les Égyptiens, suivant les uns, par exemple Gellius; chez les Syriens, suivant les autres. Dans tous les cas, on assure qu’elles ont été appontes en Grèce de Phénicie, par Cadmus, au nombre de seize; que durant la guerre de Troie Palamède en ajouta quatre, ainsi figurées Θ, Ξ, Φ, Χ; qu’après lui Simonide, le poète lyrique, en augmenta le nombre d’autant, que voici : Ζ, Η, Ψ, Ω. La valeur de toutes ces lettres se retrouve dans les nôtres. D’après Aristote, les anciennes étaient au nombre de dix-huit; les voici: Α, Β, Γ, Δ ,Ε, Ζ, Ι, Κ, Λ, Μ, Ν, Ο, Π, Ρ, Σ, Τ, Υ, Φ; il aime mieux attribuer à Épicharme qu’à Palamède l’addition des deux lettres Θ,  Χ.

[3] Anticlides prétend qu’un certain Ménon inventa les lettres en Égypte, quinze ans avant Phoronée, le plus ancien roi de la Grèce; et il s’efforce de prouver son dire par les monuments. Au contraire, Épigène, autorité particulièrement respectable, assure que chez les Babyloniens des observations astronomiques de 720.000 ans sont inscrites sur des briques cuites; ceux qui réduisent au minimum cet espace de temps, Bérose et Critodème, l’évaluent à 490.000; d’où il résulte que l’usage des lettres est de toute éternité. Les Pélasges les apportèrent dans le Latium.

[4] Euryalus et Hyperbius, frères, établirent les premiers, à Athènes, les fabriques de brique et les maisons; auparavant, c’étaient les cavernes qui servaient de demeure. D’après Gellius, Dokius, fils de Caelus, fut l’inventeur du ciment, dont le nid des hirondelles lui donna l’idée. Cécrops appela de son nom la ville qu’il fonda, Cécrople, qui est aujourd’hui la citadelle d’Athènes. Quelques-uns prétendent qu’Argos fut fondée antérieurement par le roi Phoronée; d’autres disent aussi Sicyone. Les Égyptiens prétendent que Diospolis a été bâtie chez eux longtemps avant cette époque. Cinyra, fils d’Agriopas, inventa les tuiles et découvrit les mines de cuivre, les unes et les autres en Chypre; de même les tenailles, le marteau, le levier, l’enclume.

[5] Les puits furent découverts par Danaüs, venu d’Égypte dans cette partie de la Grèce qui s’appelait auparavant Argos sans Eau; les carrières, par Cadmus, à Thèbes, ou, d’après Théophraste, en Phénicie; les murs, par Thrason; les tours, par les Cyclopes d’après Aristote, par les Tirynthiens d’après Théophraste; les étoffes tissée, par les Égyptiens; la teinture des laines, par les Lydiens à Sardes; le fuseau et l’art de filer la laine, par Coster, fils d’Arachné; le lin et les rets, par Arachné; l’art du foulon, par Nicias, de Mégare; l’art de travailler le cuir, par Tychius de Béotie. Les Égyptiens veulent que la médecine ait été inventée chez eux; d’autres, qu’elle l’ait été par Arabus, fils de Babylone et d’Apollon; la botanique et la pharmaceutique, par Chiron, fils de Saturne et de Philyre.

[6] Couler le cuivre et le tremper sont des inventions de Scythès le Lydien, d’après Aristote, de Délas le Phrygien, d’après Théophraste. L’art de fabriquer des instruments de cuivre est attribué par les uns aux Chalybes, par les autres aux Cyclopes; d’après Hésiode, le fer a été trouvé en Crète par ceux qui sont appelés Dactyles Idéens; l’argent, par Érichthonius d’Athènes, par Éaque, d’après d’autres; les mines d’or et l’art de couler ce métal, par Cadmus le Phénicien, au mont Pangée; suivant d’autres, par Thoas et Éaclis dans la Panchaïe, ou par Sol, fils de l’Océan, à qui Gellius attribue aussi l’usage du miel dans la médecine.

[7] Midaerite apporta le premier le plomb de l’île Cassitéride. La fabrication du fer a été inventée par les Cyclopes; la poterie, par Choroebe d’Athènes; la roue du potier, par Anacharsis le Scythe, suivant d’autres, par Hyperbius de Corinthe; l’art de travailler le bois, par Dédale, et en même temps la scie, la doloire, le fil à plomb, la tarière, la colle, l’ichthyocolle; la règle, le niveau, le tour et la clef, par Théodore de Samos; les mesures et les poids. par Phidon d’Argos, ou, au dire de Gellius, par Palemède; l’art de faire jaillir le feu des cailloux, par Pyrode, fils de Cilix; l’art de recueillir le feu sur la moelle de férule (XIII, 42), par Prométhée.

[8] Les voitures à quatre roues sont dues aux Phrygiens, le commerce aux Carthaginois; la culture de la vigne et des arbres, à Eumolpe d’Athènes; le mélange du vin avec l’eau, à Staphylus, fils de Silène; l’huile et les pressoirs à Aristée d’Athènes; l’art de récolter le miel, au même; l’art d’atteler les bœufs et la charrue, à Bazygès d’Athènes; à Triptolème, suivant d’autres.

[9] L’état monarchique est d’établissement égyptien; l’état démocratique est d’établissement athénien après Thésée; le premier tyran fut Phalaris d Agrigente; l’esclavage a été inventé par les Lacédémoniens; le premier procès capital a été jugé devant l’Aréopage; les Africains, dans la guerre contre les Égyptiens, se servirent les premiers des bâtons qu’on appelle phalanges; les boucliers ont été inventés par Proetus et Acrisius qui se faisaient la guerre, ou par Chalcus, fils d’Athamas; la cuirasse par Midias de Messène; le casque, le glaive et la lance, par les Lacédémoniens ; les bottines et les aigrettes par les Cariens, l’arc et la flèche par Scythès, fils de Jupiter (d’autres attribuent l’invention des flèches à Perse, fils de Persée) ;

https://remacle.org/bloodwolf/erudits/plineancien/livre7.htm

Les gbass ou l’envoutement est ancien en Afrique

https://remacle.org/bloodwolf/erudits/plineancien/livre7.htm

Remarques sur l’origine des éthiopiens et des indiens noirs dans la littérature antique

Dans l’abondante littérature que les auteurs antiques ont consacrée aux Éthiopiens1, la question de leur origine n’est pas la seule traitée. Elle mérite qu’on l’étudie parce qu’elle offre un bon exemple du cheminement erratique de la volonté de savoir et de l’instabilité des conclusions auxquelles elle parvient lorsqu’elle porte sur un objet lointain et donc propice à la confusion de l’imaginaire et du réel, de la vérité et de la légende. Tôt inscrite dans une polarité entre l’Occident et l’Orient, elle a suivi les variations de l’équilibre entre ces deux pôles. Dans ces variations, l’histoire a joué son rôle, et aussi le mouvement des idées relatives à la naissance de la civilisation et de la sagesse. Parler de l’origine des Éthiopiens, c’est donc aussi évoquer l’évolution des représentations antiques du monde et de sa destinée.

2Le premier texte antique qui parle des Éthiopiens est aussi le plus important. Il se trouve au début de l’Odyssée. Sur l’Olympe, les dieux réunis en assemblée vont décider qu’il est temps pour Ulysse de rentrer à Ithaque. Ils profitent de l’absence de son pire ennemi, Poséidon :

“Il était parti chez les Éthiopiens qui vivent au loin, les Éthiopiens qui sont partagés en deux, aux extrémités de l’humanité, les uns au couchant d’Hypérion, les autres à son lever, voulant prendre sa part d’une hécatombe de taureaux et d’agneaux. Il prenait du bon temps attablé au banquet, tandis que les autres étaient rassemblés dans le palais de Zeus Olympien2.”

3Homère ne parle pas de l’origine des Éthiopiens, mais de leur situation géographique. Or ce qu’il en dit ne correspond pas à la géographie réelle de l’Éthiopie. Il mentionne deux populations appartenant au même peuple et habitant aux deux extrémités de la terre. Mais, dans l’Antiquité, l’Éthiopie est le nom d’un seul territoire, celui du Soudan actuel3, qui ne se trouve ni en Afrique occidentale ni en Extrême-Orient. Les Éthiopiens des bouts du monde dont parle Homère doivent donc être un peuple imaginaire sans rapport avec les vrais Éthiopiens. Cependant, cette conclusion, aujourd’hui acceptée par la plupart des commentateurs du texte homérique, a été longtemps repoussée. Depuis l’Antiquité, beaucoup se sont efforcés par tous les moyens de faire correspondre la réalité géographique aux propos du poète. Les interprétations les plus diverses et les plus contradictoires du texte homérique se sont multipliées. L’on a, par exemple, voulu faire du Nil l’axe séparant les Éthiopiens occidentaux et orientaux4. Les uns et les autres habiteraient alors l’Afrique et seraient même voisins, ce que le texte grec exclut. Cette explication rappelle celle de Strabon pour qui les Éthiopiens vivent à l’extrémité sud de l’univers, car l’Éthiopie s’étend de sa frontière septentrionale avec l’Égypte jusqu’à sa frontière méridionale qui jouxte le fleuve Océan. Elle est divisée en deux par le Nil et occupe tout le Sud du monde, du sud-est au sud-ouest5. Une telle interprétation donne une idée des efforts déployés par le rationalisme grec pour faire s’accorder la légende et la réalité6. Ils concernent aussi l’origine des Éthiopiens.

4Les auteurs antiques traitent, en effet, de ce sujet en l’inscrivant dans le cadre initial établi par Homère, les Éthiopiens constituent un peuple unique scindé en deux et vivant aux deux bouts du monde. Mais lequel de ces deux séjours est-il leur patrie ? Plus les Grecs acquièrent de connaissances sur l’Égypte et sur son peuplement, plus ils considèrent l’Éthiopie comme une réalité africaine7.

5En 663 a.C., Psammétique ier monte sur le trône d’Égypte. Des Ioniens et des Cariens l’ont aidé à le conquérir. Il les récompense en leur donnant des terres pour s’établir8. Des Milésiens fondent Naucratis. Un siècle plus tard, Amasis en fait une ville grecque autonome et permet aux Grecs de pratiquer leurs cultes sur le sol égyptien9. Dès le vie s. a.C., une importante communauté grecque se trouve donc établie dans le pays. Elle est à même de connaître sa géographie, sa population et ses confins. Cette connaissance se répand en Grèce par son intermédiaire et détermine la vision que les Grecs ont des Éthiopiens. Ils les considèrent comme des Africains qui habitent le pays du Nil. Eschyle les chante ainsi dans un fragment d’origine incertaine :

“Je sais grâce à ma science célébrer la race de la terre d’Éthiopie où le Nil aux sept courants, qui charrie la terre lorsque les vents causent un déluge au moment où une lumière de feu d’où jaillit l’éclat d’une flamme fait fondre la neige sur les montagnes10”.

Euripide évoque aussi, dans son Archélaos, le fleuve “qui gonfle ses flots en venant de la terre éthiopienne peuplée de mortels noirs”11.

6C’est en Éthiopie que le Soleil finit sa course et se repose. Dans un fragment du Prométhée délivré, Eschyle décrit “avec son éclat d’airain au bord de l’Océan le lac nourricier de tous les Éthiopiens où le Soleil qui voit tout toujours fait reposer de sa fatigue le corps immortel de ses chevaux dans les eaux chaudes et douces qui s’y déversent”12. Les Éthiopiens habitent donc à l’ouest du monde, du côté où le soleil se couche. Aucun lecteur d’Hérodote ne peut en douter. L’historien parle, en effet, bien plus longuement des Éthiopiens occidentaux13 que de leurs homonymes d’Orient14. Ces derniers vivent au Béloutchistan, entre l’Iran et le Pakistan actuels. Ils portent le même nom que les Éthiopiens d’Afrique parce qu’ils ont, comme eux, la peau noire. Mais ils ne parlent pas la même langue et ont les cheveux raides alors que les Africains ont les cheveux crépus. Si Hérodote reproduit la polarité énoncée par Homère, il y introduit un déséquilibre flagrant en faveur des Éthiopiens d’Afrique. Ce sont, pour lui, les vrais Éthiopiens. Il n’explique pas leur origine. Diodore de Sicile le fera quatre siècles plus tard.

7En consacrant les trois premiers livres de sa Bibliothèque historique aux antiquités barbares, il est conduit à décrire les Éthiopiens et à dire d’où ils viennent en s’appuyant sur les travaux de ses prédécesseurs :

“Les historiens rapportent que les Éthiopiens furent les premiers de tous les hommes et ils affirment que les preuves en sont évidentes. En effet, que les Éthiopiens ne soient pas venus de l’extérieur et que, originaires du pays, ils méritent leur nom d’autochtones, cela est presque universellement admis ; que les premiers auxquels la Terre a donné la vie doivent être ceux qui habitent les régions du midi, cela est évident pour tous : c’est, en effet, la chaleur du soleil qui a asséché la terre encore humide au moment de la création de l’univers et qui a donné la vie, de sorte qu’il est raisonnable de penser que la région la plus proche du soleil a été la première à porter des créatures animées15”.

8L’origine des Éthiopiens est donc particulièrement remarquable. Ils ont été les premiers habitants de la terre et sont sortis de son sein. Difficile d’imaginer autochthonie plus prestigieuse puisqu’elle est liée à la fois au début du peuplement de la terre et aux réalités physiques qui ont présidé à la naissance de l’univers.

9Diodore les aborde au livre I. Il estime en effet, comme les Stoïciens, que le monde et les êtres qui le peuplent n’existent pas de toute éternité (1.6.3). Il explique leur apparition par l’interaction de certains éléments :

“La terre, chauffée par les feux du soleil, prit d’abord de la consistance ; ensuite, comme sa surface fermentait sous l’effet de la chaleur, certaines de ses parties humides se gonflèrent en maints endroits et des pustules apparurent, enveloppées d’une membrane mince… Les parties humides fécondées par la chaleur, ainsi que nous l’avons dit, recevaient aussitôt pendant la nuit la nourriture que leur apportait la brume venue de l’air ambiant ; pendant le jour, elles se solidifiaient sous l’effet de l’ardeur solaire. Finalement, ces germes ayant atteint leur plein développement et leurs membranes s’étant désséchées et déchirées, les espèces animales les plus variées vinrent au jour”16.

10Parmi ces espèces, il y avait les hommes qui naquirent à l’endroit où l’action du soleil sur la terre était la plus intense, c’est-à-dire dans la partie sud du monde, par un phénomène de génération spontanée17. Les Éthiopiens furent donc les premiers hommes. Leur origine est de nature cosmique et ne doit rien à la légende ni à l’histoire. En revanche, l’histoire leur doit beaucoup.

11En effet, les Éthiopiens, peuple originel de la terre, ont été à l’origine d’éléments essentiels de la civilisation. Diodore leur attribue l’invention du culte des dieux (2.2.2). De là vient qu’ils sont renommés pour leur piété que les dieux récompensent en protégeant leur territoire (3.2.4). Diodore continue ici une tradition ancienne : Homère parle dans l’Iliade des Éthiopiens parfaits”18. Ils sont si renommés pour leur piété et leur vertu19 qu’Hésiode les considère comme fils de Poséidon20 et que Lycophron parle d’un “Zeus éthiopien”21. Diodore assigne une cause historique à leur réputation : leur rôle fondateur en matière cultuelle. Ce rôle, lié à leur apparition originelle sur la terre, explique la protection divine dont ils bénéficient. Diodore ajoute que les Égyptiens qui, selon les Éthiopiens, étaient des colons venus de chez eux, leur ont emprunté nombre de leurs usages (3.3.1 sq.). Les Ethiopiens se trouvent donc à la fois à l’origine de la présence humaine sur la terre, des cultes rendus aux dieux ainsi que de la population et de la civilisation égyptiennes. Un opuscule apocryphe de Lucien, le De astrologia, va dans le même sens : il leur attribue toutes les vertus et l’invention de l’astrologie (§ 3). Ces hommes parfaits méritent l’attention. Diodore décrit leur civilisation (3.4 sq.) et leur apparence physique.

12Comme de nombreux auteurs22, il relève leur peau noire, leur nez camus et leurs cheveux crépus (3.8.2). Il n’indique pas sur le moment l’origine de ces traits, mais en donne plus tard l’explication en formulant un principe général. Constatant les différences climatiques considérables qui existent entre les pays qu’il décrit et la région où il vit, il conclut : “Comme la différence de climat est grande malgré la médiocrité des distances, il n’y a rien d’étonnant à ce que le régime et les modes de vie, et même les corps humains, soient très différents de ceux de chez nous” (3.34.8). Ce principe a son origine dans la théorie médicale. On le trouve énoncé à plusieurs reprises dans la Collection hippocratique23. Rendant compte du physique des habitants d’un pays par sa nature et par son climat, il permet d’expliquer les traits caractéristiques des Éthiopiens. Aussi beaucoup y ont-ils eu recours pour parler d’eux. Hérodote (2.22) et Pline 2.189) (expliquent par la chaleur la couleur de leur peau. Pour Ovide (Mét., 2.236), elle devint noire lorsque le monde s’embrasa à cause du cataclysme causé par Phaéthon incapable de conduire le char du Soleil. C’est aussi au climat qu’ils doivent leurs cheveux crépus. La démonstration en est souvent faite sous la forme d’un parallèle opéré avec un autre peuple et qui permet de relever les symétries et les différences.

13Cette forme d’exposition se rencontre aussi dans la littérature médicale. On la trouve ainsi dans le traité hippocratique Airs, eaux, lieux où l’auteur établit une symétrie entre les Scythes et les Égyptiens24. Mais ce sont les Indiens et les Éthiopiens que l’on compare pour expliquer que ces derniers ont les cheveux crépus. Strabon (15.1.13-24), après Aristote (Gén. An., 5.3.782b), impute cette réalité à la sécheresse de l’atmosphère dans laquelle ils vivent. Rejetant la thèse de ceux qui pensent que le soleil est plus proche de la terre à l’Occident qu’à l’Orient, il souligne qu’il provoque en Éthiopie une évaporation supérieure à celle qu’on observe en Inde. Aussi les Indiens n’ont-ils pas les cheveux crépus et sont-ils moins noirs que les Éthiopiens. On retrouve le rapprochement entre les deux peuples chez d’autres auteurs qui traitent du même sujet25. Ainsi la polarité établie par Homère prend-elle une forme heuristique. Si les Éthiopiens appartiennent bien à l’ouest du monde, on leur trouve à l’autre bout des homologues qui portent un autre nom, mais leur ressemblent assez pour qu’il soit éclairant de les mettre en rapport. A partir de l’époque hellénistique, ces rapprochements se multiplient26 et, dépassant le stade de la comparaison, conduisent parfois à des assimilations.

14L’Inde présentait avec l’Éthiopie des points communs. Ils concernaient le physique des habitants, mais aussi la faune terrestre et fluviale. En voyant des crocodiles dans l’Hydaspe et dans l’indus, Alexandre crut d’abord qu’il avait découvert les sources du Nil27. Il comprit ensuite son erreur. Elle s’expliquait par une tradition ancienne qui considérait la Mer Rouge comme une mer fermée bordée au sud par un continent reliant l’Afrique à l’Inde et le Nil comme un fleuve coulant d’Est en Ouest28. Ainsi Polybe écrit-il (3.2.38) que l’Asie et l’Afrique se rejoignent vers l’Éthiopie. Cette tradition était propice à une assimilation de l’Inde et de l’Éthiopie. L’on en trouve des échos chez les poètes. Au vie s. a.C., Mimnerme évoque le voyage du Soleil d’Ouest en Est : endormi sur un lit construit par Héphaïstos, il est transporté sur le lieu de son lever “depuis le pays des Hespérides jusqu’à la terre des Éthiopiens”29. L’Éthiopie se trouve donc à l’Est, à la place de l’Inde. C’est aussi le cas dans les vers des Suppliantes où Eschyle évoque des “Indiennes nomades, qui chevauchent des chameaux sur des selles à dossier à travers les régions qui avoisinent l’Éthiopie”30, à moins qu’il ne faille comprendre que le poète emploie le mot « Indiennes pour le mot “Éthiopiennes”. Car cette substitution est aussi attestée. Pour Virgile, le Nil est « un fleuve qui descend de chez les Indiens hâlés”31. Martial relève parmi les nombreux amants de Célia “même des Indiens noirs venus des eaux de la Mer Rouge32. Ovide écrit que Persée a emporté Andromède de chez les noirs Indiens”33. Dans une épigramme de l’Anthologie Palatine, (11.428) attribuée à tort à Lucien, on lit : ‘‘A quoi bon en vain t’escrimer à frotter le corps d’un Indien ? Cesse ton ouvrage. Tu ne peux dans une nuit ténébreuse faire briller le soleil. Dans cette variation sur un lieu commun ancien qui présente toute tentative pour faire devenir blanc un Éthiopien comme le symbole d’une peine perdue34, c’est le mot Indien qui est employé pour le mot “Éthiopien”. L’on ne saurait expliquer ces textes en parlant de confusion ou de contrainte métrique. Ils assimilent les populations habitant aux deux bouts du monde. Cette assimilation est un nouvel avatar de la polarité énoncée par Homère et elle conduit à poser à nouveau la question de leur origine.

15Si ces populations sont interchangeables, c’est qu’elles constituent le même peuple D’où vient-il ? Une riche tradition le fait naître à l’Ouest, et une autre à l’Est. Selon Strabon35, Suse fut fondée par Tithon, père de Memnon, le héros éthiopien tué par Achille devant Troie. Pour Pausanias36, Memnon quitta Suse et le fleuve Choaspès pour porter secours à Priam. Diodore37 rapporte que certains en faisaient un Assyrien, fils du roi Teutamos et qui construisit un palais à Suse avant de partir pour Troie. Il ajoute que les Ethiopiens frontaliers de l’Égypte contestent cette version des faits. C’est qu’ils avaient la leur qui faisait de Memnon, fils d’Aurore et de Tithon, un roi africain. Elle prévalut dès l’époque classique, mais celle qui lui attribuait une origine asiatique ne disparut pas. Elle ne faisait pas venir d’Orient tous les Éthiopiens. Ce pas fut franchi au iiie s. par Philostrate.

16Il est singulier qu’il en soit l’auteur, lui qui, décrivant dans les Images (806) un tableau qui représente la délivrance d’Andromède par Persée, commence par cette précision : Eh bien ce n’est pas la mer Rouge que nous voyons, nous n’avons pas devant nous des Indiens, mais des Éthiopiens et un Grec en Éthiopie.” A ces deux peuples qu’il distingue, il assigne dans la Vie d’Apollonios de Tyane une origine commune. Le sage pythagoricien parcourt, au premier siècle de notre ère, l’ensemble du monde habité. Son voyage en Inde (1.18-3.50) constitue le couronnement de sa formation spirituelle. Il y rencontre les Gymnosophistes. Leur chef, Iarchas, évoque devant lui le passé de l’Inde :

“Il fut un temps, continua-t-il, où les Éthiopiens habitaient dans ce pays, car c’était une race indienne ; l’Éthiopie n’existait pas encore, mais les frontières de l’Égypte dépassaient Méroé et les Cataractes, incluant, d’une part, les sources du Nil et, de l’autre, s’étendant jusqu’à ses embouchures. Donc, en ce temps-là, les Éthiopiens habitaient ici, et ils étaient les sujets du roi Gangès, et leur terre suffisait pour les nourrir et les dieux les protégeaient ; mais lorsqu’ils eurent tué leur Roi dont je te parle, les autres Indiens les considérèrent comme impurs, et la terre ne leur permit pas de demeurer sur elle ; elle gâtait les semences qu’ils lui confiaient avant qu’elles ne devinssent des fruits, elle faisait périr avant terme les enfants des femmes et ne donnait aux troupeaux qu’une pauvre nourriture, et partout où ils essayaient de fonder une ville, la terre s’effondrait et l’engloutissait. Bien plus, le fantôme de Gangès les poursuivit sur leur route, jetant le trouble dans leur multitude, et ne les quitta point qu’ils n’eussent offert à la terre en sacrifice expiatoire les meurtriers et ceux qui avaient versé le sang de leurs mains38”.

17Philostrate reprend donc la tradition qui unissait l’Inde et l’Éthiopie sur un même territoire. Il y ajoute le drame qui a mis fin à cette union, le meurtre d’un Roi qui a contraint à l’exil la race éthiopienne. Les Éthiopiens ont donc eu deux origines, celle qui les a fait naître en Inde et celle qui les en a chassés. A cette seconde origine, ils doivent une condition dégradée. Car les conséquences du meurtre perdurent. Iarchas précise que le fantôme du roi Gangès cessa de poursuivre les Éthiopiens lorsqu’ils eurent sacrifié ses meurtriers. Mais ils continuent en fait à payer les conséquences de leur crime, car ce passé lointain est toujours présent. Iarchas fait l’éloge du roi assassiné et révèle en conclusion qu’il est sa réincarnation (3.21). Cette révélation authentifie son récit et abolit le temps. Il n’a pas oublié le passé qui se poursuit en sa personne et dont les effets se font toujours sentir. Ils concernent les Éthiopiens. Apollonios leur rend plus tard visite (6.1-27). Il rencontre chez eux d’autres Gymnosophistes. Ils le reçoivent mal parce qu’ils ont cru aux calomnies répandues sur son compte, preuve de la pauvreté de leur science, ils s’adonnent à la polémique, à la chicane, et c’est Apollonios qui leur fait la leçon. Seul échappe à sa réprobation leur jeune disciple Nilos. Le père de ce jeune homme était naguère allé en Inde et lui avait dit « que les Indiens étaient les plus sages des hommes et que les Éthiopiens étaient des colons venus de l’Inde, qui pratiquaient une sagesse héritée de leurs pères et gardaient les yeux fixés sur leur première patrie” (6.16). Aussi s’attacha-t-il aux Gymnosophistes de son pays, mais il trouva leur sagesse inférieure à celle des Indiens qu’ils dénigraient au lieu de les imiter. L’expérience d’Apollonios vient confirmer la sienne. Les Gymnosophistes éthiopiens s’avèrent de piètres héritiers de leurs homologues indiens, ils en sont comme la copie dégradée, et le rappel de l’origine indienne des Éthiopiens, en venant confirmer par une autre source les révélations d’Iarchas, souligne leur indignité. Philostrate n’en précise pas la cause, mais fait en sorte que le lecteur se rappelle le meurtre du roi Gangès. L’Éthiopie qu’il dépeint n’est pas le foyer de piété, de vertu et de civilisation évoqué par la tradition classique, mais une terre peuplée de colons contraints à l’exil par un crime et où même les plus sages ne font pas bonne figure. Le royaume de la sagesse et du Bien se trouve en Inde. Philostrate reprend la polarité homérique en y introduisant un déséquilibre inverse à celui qui prévalait avant lui. En exaltant la supériorité spirituelle et morale de l’Inde qu’il oppose à la décadence de l’Éthiopie, il reflète l’évolution des esprits qui, en son temps, se tournent vers l’Orient pour y trouver la vérité39. Certains considèrent même alors que la philosophie n’est pas née en Grèce, mais en Inde, et Plotin suit l’expédition de Gordien contre la Perse dans l’espoir de rencontrer les Gymnosophistes et de s’initier à leur sagesse40. Ainsi commence un nouveau chapitre dans l’histoire de l’origine des Éthiopiens.

18Rares, cependant, sont ceux qui l’écrivent avec Philostrate. L’on trouve seulement dans le Chronicon d’Eusèbe de Césarée cette assertion issue de la Chronique de Sextus Julius Africanus : “Les Éthiopiens quittèrent le fleuve Indus et s’établirent en Égypte.”41 Gardons-nous pourtant de minimiser cette nouvelle généalogie des Éthiopiens qui correspond à une nouvelle carte de la sagesse. Elle donne à l’Asie la suprématie sur l’Afrique. Mais celle-ci aura sa revanche. Après l’avoir cru asiatique au xiie et au xiiie s., c’est en Éthiopie que l’on situera, à partir du xive s., le fabuleux royaume chrétien du prêtre Jean.42

19Par ses implications géographiques, climatologiques, physiologiques, historiques et philosophiques, la question de l’origine des Éthiopiens dépasse le cadre de la curiosité folklorique et relève de l’histoire des sciences et des mentalités. Inscrite dans un cadre défini par Homère, elle montre aussi l’inlassable curiosité des Anciens pour la présence de l’humanité aux extrémités du monde, aux frontières de l’inconnu43. Les Éthiopiens y faisaient figure d’avant-garde. Aussi ont-ils suscité beaucoup d’hypothèses et de récits dont le relief, l’ingéniosité et la poésie justifient peut-être qu’un historien de la littérature ait cru pouvoir les aborder.

BIBLIOGRAPHIE

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Dihle, A. (1962) : “Der fruchtbare Osten”, RhM, 105, 97-110.

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Snowden, F. M. (1970) : Blacks in Antiquity. Ethiopians in the Greco-Roman Experience, Cambridge-Mass.

Spoerri, W. (1959) : Späthellenistische Berichte über Welt, Kultur und Götter, Basel.

NOTES

1 Cf. Jacoby 1958, 277-337.

2 Hom. Od., 1.22-27.

3 Voir Snowden 1970.

4 Cf. Bérard 1955, 970 n. 7.

5 Cf. Str. 1.2.27-28 ; 2.3.7-8. Strabon défend les vers d’Homère contre les critiques d’Apollodore, d’Aristarque et de Cratès (1.2.24-25) et contre l’interprétation de Posidonios qui en corrige le texte (2 3 7-8) Il rapporte aussi (1.2.26) que, pour Éphore (voir FGrHist 70 F 128), les Éthiopiens habitant au couchant d’Hypérion sont les Mauritaniens, mais n’indique pas dans quel pays Éphore situe ceux du Levant.

6 Voir Lesky 1959 ; Nadeau 1970.

7 Snowden 1970, 103-106.

8 Hdt. 2.152-154.

9 Hdt. 2.178-179.

10 Fr. 300 Nauck, Fabula incerta, 1-5.

11 Fr. 228 Nauck, Archélaos, 3-4.

12 Fr. 192 Nauck, Prométhée délivré, 3-8.

13 Cf. Hdt. 2.22, 29-30, 42, 110 ; 3.17, 20-21, 23, 114.

14 Cf. Hdt. 3.94 ; 7.70.

15 Diod. 3.2.1 (trad. Bommelaer 1989).

16 Diod. 1.7.3-4 (trad. Vernière, in Bertrac et al. 1993).

17 Ovide décrit un processus analogue dans les Métamorphoses 1.416-421. Cf. Spoerri 1959, 117-131 Capelle 1955.

18 Hom., Il., 1.423.

19 Cf. e. g. Hom., Il., 1.423-424 et 23.205-207 ; Hdt. 3.20-24 ; Héliodore Éth.

20 Hés. fr. 150 Merkelbach & West, 17-19.

21 Lycophron, Alex., 535-537.

22 Voir Snowden 1970, 1-7.

23 Cf. Hippocr., Airs, eaux, lieux, 13.5 et 24.7 ; Du Régime, 2.37.1.

24 Cf. Hippocr., Airs, eaux, lieux, 18.1 ; 19.1 ; 20.2. Ce traité devait comporter un développement relatif aux Éthiopiens. Il a été perdu avec l’ensemble des chapitres consacrés à l’Égypte et à la Libye. Cette lacune commence en 12.6. Sur l’utilisation de la symétrie comme forme d’exposition, voir Jouanna 1996, 54-71 et notes aux chapitres 18 à 20.

25 Cf. Posidonios d’après Strabon 2.3.7 ; Pline 6.22 et 70 ; Arrien, Anab., 5.4.4 ; (L’Inde) 6.9.

26 Voir Dihle 1962, 100 sq.

27 Cf. Str. 15.1.25 ; Arrien 6.1.2.

28 Voir André 1949, 160 sq.

29 Fr. 12, 8-9, cité par Athénée 11.39.

30 Esch., Suppl., 284-286 (trad. Mazon 1920).

31 Virg., Géorg., 4.293.

32 Martial 7.30.4.

33 Ovide, A.A., 1.53.

34 Voir Snowden 1970, 2-5, et p. 197 sq.

35 Str. 15.3.2.

36 Paus. 10.31.7.

37 Diod. 2.22.

38 Philostrate, Vit. Apol., 3.20 (trad. Grimal 1958, légèrement modifiée).

39 Sur cette évolution, voir Le Glay et al. 1991,402-406.

40 Cf. Diogène Laërce 1.1 : Porphyre, Plot., 3.

41 Cf. Hiéron. Chronic., ed. R. Helm, Eusebius Werke, vol. 7, Berlin, 1956, 38b 1. 21-23. H Gelzer 1880 I, 126.

42 Voir Anfray 1990, 147-153.

43 Voir Romm 1992.

AUTEUR

Alain Billault, Université de Lyon III.

Quelques sources antiques dans Hérodote et autres textes postérieurs ou modernes

„ CHALDÉENS „

Ils s’occupaient d’observer les astres à l’instar des prêtres, physiciens et astrologues „ d’Égypte „.

Les „ ÉGYPTIENS „ disent que les „ CHALDÉENS „ ne sont renommés en astrologie que pour avoir suivi l’enseignement des prêtres „ ÉGYPTIENS „.

Diodore de Sicile

La Bibliothèque Historique

Dans son ouvrage consacré à la Chaldée, le professeur Hoefer note à ce sujet :

 » Suivant les Égyptiens, dans Diodore, les Chaldéens (Assur) étaient une colonie de leurs prêtes que Bélus avait transportés sur les bords de l’Euphrate. Gn 10v8-12

Et l’avait organisés sur le modèle de la caste mère. Cette colonie continue de cultiver la connaissance des étoiles qu’elle avait apportée de sa patrie ( L’ÉGYPTE ). »

Selon Diodore de Sicile…

Même les palais de Persépolis, de Suse et de plusieurs autres villes, furent construits par des ouvriers et architecte d’Egypte.

D’après Strabon…

La ville Suse fût même fondé par un roi Éthiopien nommé :

* Tithon.

Livre XV

AL-JAHIZ
« Les Éthiopiens, les Berbères, les Coptes, les Nubiens, les Zaghawa, les Maures, le peuple de Sind, les Hindous, les Qamar, les Daliba, les Chinois, et ceux d’au delà… les îles des Mers… regorgent de Noirs, jusqu’à l’Hindoustan et la Chine »

Al-Jahiz (776-869), Noir d’Irak, savant multidisciplinaire, reconnu comme un des plus grands écrivains en langue arabe, extrait de son oeuvre « Livre de la gloire des Noirs sur les Blancs ». Ce témoignage précieux nous permet de voir à quel point la présence noire était importante au 9e siècle encore en Afrique du nord, en Inde-Pakistan, en Chine, et probablement dans les îles du Pacifique.

Source : Cent mille ans de présence africaine en Asie, Runoko Rashidi, page 33.

Les Lébou du sénégal

Les Lébous constituent une communauté au Sénégal. Traditionnellement pêcheurs mais aussi agriculteurs, ils sont concentrés dans la presqu’île du Cap-Vert (Dakar) qu’ils occupent déjà à l’arrivée des premiers colons dans la région2. Ils parlent Wolof depuis les origines. Ils sont un sous-groupe wolof3,4. Ils sont désormais majoritairement musulmans5, mais ont conservé des pratiques issues de leur religion traditionnelle. Selon le professeur Cheikh Anta Diop et d’autres, ils ont migré de l’Égypte ancienne8,9,10,11

  1. (en) Cheikh Anta Diop, The African origin of civilization : myth or reality, New York, L. Hill, 1974, 317 p. (ISBN 978-1-55652-072-3OCLC 798305372), p. 198-199
  2.  Cheikh Anta Diop. Nations Nègres et culture : de l’antiquité Nègre Égyptienne aux problèmes culturels de l’Afrique noire d’aujourd’hui. 1954
  3.  Cheikh Anta Diop. Parente génétique de l’égyptien pharaonique et des langages Négro Africaines. Nouvelles éditions africaines. 1977. Dakar

Les noirs des cotes nord africaines au 21 ème siecle

On voit qu’il y a encore aujourd’hui des autochtones en Afrique du nord très souvent isolées des dans oasis et donc moins influencé par le métissage avec les envahisseurs blancs de l’Egypte notamment à Siwa ou à Bahariya en Egypte, les Toubous de Libye, jusqu’en Tawergha en Libye, en Tunisie, au Maroc et en Mauritanie etc ! Pour résoudre le probleme de leurs contradictions, les magrébins blancs s’empressent de les qualifier de soudanais ou d’anciens esclaves subsaharien alors que la génétique prouve que ce sont des autochtones qui pour la plus part, ont le meme génomeque les anciens pharaons de l’Egypte comme Toutankamon (d’haplogroupe R-V88 28% sub-saharien) et de Ramses 3 (haplogroupe E1b1a 6,5% sub-saharien), l’haplogroupe A/B porté par les égyptiens de Siwa à 28% et 15% par les copte du Soudan, est aussi sub-saharien etc. C’est le cas des noirs libyens de Tawergha en Lybie jusqu’aux noirs des Oasis de Siwa et de Bahariya en Egypte que les sites internets arabes ou occidentaux blancs s’empresse que qualifer de soudanais ou d’anciens esclaves.Ce qui est ridicule, c’est que ces arabes blancs ont tous sous leurs peaux des haplogroupe amazigh (E-M81) et arabe (J1 ou J2) tous d’origines eurasiennes.

En réalité, quand les arabo-berbères blancs disent que ces noirs d’afrique du Nord sont des esclaves, peut etre qu’ils mentent seulement en partie, mais c’est sur l’origine de ces gens qu’ils mentent en prétendant qu’ils sont sub-saharien. En effet, ces gens sont les dencendants des anciens égyptiens de la période pharaonique que les arabes et les berbères sont réduits en esclaves après avoir envahi l’Afrique pendant l’antiquité et au moyen age et faire fuir une grande majorité des descendants des anciens égyptiens vers le Sahel ou encore plus au Sud.

https://www.passion-egyptienne.fr/oasis%20Siwa.htm.

https://www.francetvinfo.fr/monde/afrique/societe-africaine/tawergha-la-ville-fantome-de-libye-interdite-a-ses-habitants_3155567.html

https://en.wikipedia.org/wiki/Genetic_history_of_Egypt#Genetic_studies_on_ancient_Egyptians

Les berbers mulatres de l’oasis de siwa qui sont à 27%¨R-V88, ils ont la peau très mulatre : https://web.facebook.com/watch/?v=1515342025610939

R1b1a2 (PF6279 / V88; auparavant R1b1c) est défini par la présence du marqueur SNP V88, dont la découverte a été annoncée en 2010 par Cruciani et al. Outre les individus du Sud de l’Europe et de l’Asie occidentale, la majorité du R-V88 a été trouvée dans le Sahel, en particulier parmi les populations parlant des langues afro-asiatiques de la branche tchadienne.

Parmi les plus vieux individus identifiés R1b-V88, on a un individu Mésolithique d’Ukraine daté entre 7 446 et 7 058 av. J.-C.18.

Des études menées en 2005-2008 ont révélé des taux élevés de « R1b* » en Jordanie, en Égypte et au Soudan. Des recherches ultérieures indiquent que les échantillons concernés appartiennent très probablement au sous-groupe R-V88, qui est maintenant concentré en Afrique subsaharienne, à la suite de la migration en provenance d’Asie.

Le pharaon Toutankhamon aurait des origines communes avec les Européens de l’Ouest, selon des analyses réalisées par des généticiens suisses du centre généalogique iGENEA.

Selon Roman Scholz, le roi égyptien mort en 1323 avant Jésus-Christ à 19 ans, après un règne de 9 ans, appartenait à l’haplogroupe R1b1a2, comme environ 50 % des hommes de l’Europe de l’Ouest. Ils auraient ainsi un ancêtre commun, pense le chercheur.

https://ici.radio-canada.ca/nouvelle/525725/toutankhamon-genetique-europe

ADN de Toutankamon : le volteface et le mensonge par omission de wikipédia et iGENEA

Agence Reuters

ODDLY ENOUGH NEWS

AUGUST 1, 20117:10 PMUPDATED 12 YEARS AGO

Half of European men share King Tut’s DNA

By Alice Baghdjian

2 MIN READ

LONDON (Reuters) – Up to 70 percent of British men and half of all Western European men are related to the Egyptian Pharaoh Tutankhamun, geneticists in Switzerland said.

A worker arranges a replica of a sarcophage of Pharaoh Tutankhamun ahead of the opening of a major exhibition on the Ancient Egypt called ‘Tutankhamun, his Tomb and his Treasures’ in Brussels April 11, 2011. REUTERS/Yves Herman

Scientists at Zurich-based DNA genealogy centre, iGENEA, reconstructed the DNA profile of the boy Pharaoh, who ascended the throne at the age of nine, his father Akhenaten and grandfather Amenhotep III, based on a film that was made for the Discovery Channel.

The results showed that King Tut belonged to a genetic profile group, known as haplogroup R1b1a2, to which more than 50 percent of all men in Western Europe belong, indicating that they share a common ancestor.

Among modern-day Egyptians this haplogroup contingent is below 1 percent, according to iGENEA.

“It was very interesting to discover that he belonged to a genetic group in Europe — there were many possible groups in Egypt that the DNA could have belonged to,” said Roman Scholz, director of the iGENEA Centre.

Around 70 percent of Spanish and 60 percent of French men also belong to the genetic group of the Pharaoh who ruled Egypt more than 3,000 years ago.

“We think the common ancestor lived in the Caucasus about 9,500 years ago,” Scholz told Reuters.

It is estimated that the earliest migration of haplogroup R1b1a2 into Europe began with the spread of agriculture in 7,000 BC, according to iGENEA.

However, the geneticists were not sure how Tutankhamun’s paternal lineage came to Egypt from its region of origin.

The centre is now using DNA testing to search for the closest living relatives of “King Tut.”

“The offer has only been publicised for three days but we have already seen a lot of interest,” Scholz told Reuters.

Edited by Paul Casciato

Our Standards: The Thomson Reuters Trust Principles.

Anatole Klyosov : Origine et diffusion de l’haplogroupe R1b du chromosome Y

Klyosov fait remarquer que l’haplotype de Toutankhamon est R1b. Ce dernier a été déduit d’une vidéo sur la génétique du pharaon et dernièrement mis en avant par la compagnie de tests ADN Suisse IGenea. Malheureusement il n’y a pas de confirmation officielle de cet haplotype. Selon Klyosov l’haplotype de Toutankhamon est un vieil haplotype R1b-M269. Klyosov remarque que la dynastie égyptienne a été fondée par le roi Narmer qui vivait il y a environ 5.200 ans. Cette date correspond bien à l’arrivée de l’haplogroupe R1b dans la région. Klyosov émet l’hypothèse que la population R1b pourrait être à l’origine de l’ancienne dynastie égyptienne.

http://secher.bernard.free.fr/blog/index.php?post/2012/05/31/Origine-et-diffusion-de-l-haplogroupe-R1b-du-chromosome-Y

Nofi

En 2011, la presse occidentale était envahie d’articles présentant le Pharaon Toutankhamon d’Egypte comme génétiquement apparenté à la moitié des hommes européens. Retour sur une fausse rumeur qui continue d’être tenue pour véridique des années plus tard.

Par Sandro CAPO CHICHI / nofi.fr

En 2010 était publié dans la revue scientifique Journal of the American Medical Association un article intitulé Ancestry and Pathology in King Tutankhamun’s Family. Sur la base de données génétiques, il était établi pour la première fois de manière décisive que Toutankhamon était le fils d’Akhenaton. Si des données sur l’ADN de Toutankhamon et sa famille étaient présentées dans l’article, celles permettant de déterminer l’haplogroupe patrilinéaire (représentant le plus ancien ancêtre masculin de certains hommes) du pharaon n’étaient pas présentées.

En 2011 était diffusé sur la chaîne américaine Discovery Channel un documentaire intitulé King Tut Unwrapped (littéralement ‘le roi Toutankhamon désenmaillotté’) et basé sur l’information fournie dans l’étude de 2010. Dans celui-ci, apparaissaient à un certain moment du film les données génétiques d’une personne sur un écran d’ordinateur.

Puisque le documentaire était à propos de l’héritage génétique de Toutankhamon, les membres d’iGENEA, une société suisse proposant des services d’aide à la généalogie, en ont conclu qu’il s’agissait des informations relatives à l’ADN de ce pharaon. A l’aide d’une capture d’écran, ils ont comparé les données représentées avec leur base de données et estimé que Toutankhamon partageait l’haplogroupe patrilinéaire R1b1a2 (R-V88) qui se trouve beaucoup plus chez les populations d’Europe qu’ailleurs dans le monde (il est aussi très présent chez les populations de langue tchadique du Nord-Nigéria ou du Nord Cameroun mais bien moins présent ailleurs sur le continent). Les conclusions d’iGENEA, publiées dans une dépêche par la prestigieuse agence de presse Reuters fut ensuite reprise puis par une grande partie des médias occidentaux avec le titre « Plus de la moitié des hommes européens apparentés à Toutankhamon ».

https://www.nofi.media/2017/11/adn-toutankhamon/45904

La volteface d’iGENEA entre 2011 et 2021 et la complicité des mythomanes du wikipedia francais

En 2021, les memblres de iGENEA revient sur l’information qu’elle avait fait publier dans l’agence de presse Reuter en disant maintenant que King Tut n’est plus du sous-clade africaine R1b1a2 (R-V88) dont ils avaient parlé en 2011 mais qu’il est désormais de l’haplogroupe R1b-M269 cette fois-ci, véritablement européenne avec un gros bonton commercial vert ‘’commander votre test adn’’. Le wikipédia francais modifié par HarveyZaras fait les modifications nécésaire pour accompagner iGENEA dans son mensonge raciste et commercial anté-daté. Pourtout il est dit sur la version en anglais que le lien génétique du Pharaon Toutankamon avec les sub-sahariens est confirmé par Kéita en 2022.

Version archivée de cette page, en date du 25 avril 2021 à 22:33 et modifiée en dernier par HarveyZaras (discuter | contributions). https://fr.wikipedia.org/w/index.php?title=Tout%C3%A2nkhamon&oldid=182289041

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Version archivée de cette page, en date du 17 décembre 2019 à 22:29 et modifiée en dernier par Arnaud.Serander  https://fr.wikipedia.org/w/index.php?title=Tout%C3%A2nkhamon&oldid=165494707

iGENEA et son site de volteface : https://www.igenea.com/en/tutankhamun

Keita confirme iGENEA 2011

In 2022, S.O.Y. Keita analysed 8 Short Tandem loci (STR) data originally published by Hawass et al. in studies from 2010 and 2012. The first of these studies had investigated familial relationships among 11 royal mummies of the New Kingdom, which included Tutankhamun and Amenhotep III, as well as potential inherited disorders and infectious diseases.[118] The second of these studies (described above) had investigated the Y-haplogroups and genetic kinship of Ramesses III and an unknown man buried along with him in the royal cache at Deir el Bahari.[119] Keita analysed the STR data from these studies using an algorithm that only has three choices: Eurasians, sub-Saharan Africans, and East Asians. Using these three options, Keita concluded that the majority of the samples had a population « affinity with ‘sub-Saharan‘ Africans in one affinity analysis ». However, Keita cautioned that this does not mean that the royal mummies « lacked other affiliations », which he argued had been obscured in typological thinking. Keita further added that different « data and algorithms might give different results », reflecting the complexity of biological heritage and the associated interpretation.[120]

https://en.wikipedia.org/wiki/Tutankhamun

  1.  « Analysis of the short tandem repeat (STR) data published on Ramesses III and the Amarna ancient royal family (including Tutankhamun) showed a majority to have an affinity with « sub-Saharan » Africans in one affinity analysis, which does not mean that they lacked other affiliations—an important point that typological thinking obscures ». Keita, S. O. Y. (September 2022). « Ideas about « Race » in Nile Valley Histories: A Consideration of « Racial » Paradigms in Recent Presentations on Nile Valley Africa, from « Black Pharaohs » to Mummy Genomest ». Journal of Ancient Egyptian Interconnections. 35: 93–127.(subscription required)
  1. Les juifs et les établissements puniques en Afrique du Nord Mathias, Mieses pages 61

  2. https://www.persee.fr/doc/rjuiv_0484-8616_1932_num_93_185_5969#rjuiv_0484-8616_1932_num_93_185_T1_0064_0000

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